Edito: Harrison Ford, éternel héros

Posté par redaction, le 5 octobre 2017

Vous en connaissez beaucoup des stars qui parviennent à rester populaires au bout de 40 ans de carrière? Hollywood, usine qui aime créer et détruire les vedettes, n'a plus fabriqué de légendes depuis des lustres. Tom Cruise en sera sans doute une. Meryl Streep a largement surclassé la concurrence féminine de sa génération. Mais des années 1960-1970, en exercice, il ne reste guère que Robert Redford. Et Harrison Ford.

C'est un cas particulier le Ford. Vous avez pu le croiser dans Apocalypse Now récemment diffusé sur Arte. Il a une gueule, il est crédible dans l'action (et quand il est un peu grippé, il opte pour le revolver plutôt que le fouet ou les poings), il peut-être inquiétant ou innocent. Il a surtout cette pointe d'ironie délicieuse, cette dérision qui apporte la touche d'humour nécessaire qui a fait le bonheur des spectateurs. Pas loin d'un Bruce Willis de ce côté là.

Mais Harrison Ford est un homme qui pèse beaucoup plus lourd à Hollywood. Avec Blade Runner 2049, il va passer le cap symbolique des 5 milliards de dollars de recettes en Amérique du nord (10 milliards si on ajuste avec l'inflation), tous rôles confondus. Tom Hanks est le seul à jouer dans cette catégorie.

Ford c'est Le fugitif, Jack Ryan, Witness, Air Force One, Présumé innocent: des thrillers, des comédies, des films d'action... C'est une star avant d'être un acteur. Il impose son style plutôt que de chercher à être un autre.

La particularité de Ford c'est d'être la vedette de deux des franchises les plus importantes de l'histoire du cinéma, au point d'avoir créé deux mythes cinématographiques et même culturels contemporains: Han Solo dans Star Wars (la trilogie historique et le 7e épisode où il meurt tragiquement), chevalier à l'esprit un peu rebelle et farouchement indépendant, et Indiana Jones (un cinquième opus est sur les rails), aventurier mixant Tintin et héros de western.  L'autre particularité est qu'on vieillit avec. Entre le premier Star Wars et le dernier où il est apparu, il s'est écoulé 38 ans. Entre le premier Indiana Jones et le dernier en date, 27 ans ont passé.

Avec Blade Runner, il a fallu 35 ans pour le revoir incarnant Rick Deckard. "Harrison Ford en grande forme, (...) parvient même à ménager les rares moments d’humour du film" peut-on lire dans notre critique. Certes, il a des rides, des cheveux blancs, ... Mais en vieillissant sur le grand écran, devant nos yeux, avec les mêmes personnages issus de notre pop-culture, il entretient l'image d'un héros immortel, un demi-dieu de l'Olympe que le temps ne semble pas atteindre, prêt à reprendre du service comme un bon soldat défendant sa patrie: celle du blockbuster dont il a été le hérault fondateur. A sa manière, il est un gardien d'une galaxie où des milliers d'étoiles brillent plus ou moins, entre John Wayne et Gragory Peck.

Star Wars : J.J. Abrams écrira et réalisera l’Episode IX

Posté par wyzman, le 12 septembre 2017

La nouvelle est tombée il y a quelques minutes sur le site officiel de la franchise : c'est finalement J.J. Abrams qui écrira et réalisera l’Épisode IX de Star Wars. Une nouvelle qui ne surprend pas tellement tant le monstre racheté à prix d'or par Disney connaît quelques soucis du côté de ses réalisateurs ces temps-ci.

Eh oui, c'est Colin Trevorrow qui devait normalement réaliser cet Episode IX, faisant ainsi suite à J.J. Abrams (Episode VII - Le Réveil de la Force) et Rian Johnson (Episode VIII - Les Derniers Jedi). Mais suite à des désaccords artistiques, le réalisateur de Jurassic World a été remercié la semaine dernière.Le scénario de l’Épisode IX sera écrit en partie par Chris Terrio, le co-scénariste de Batman v Superman et Justice League.

Pour rappel, J.J. Abrams n'a jamais caché son amour pour la saga Star Wars et c'est d'ailleurs celui-ci qui l'a fait quitter une partie de ses fonctions du côté du reboot de Star Trek au cinéma. L’Épisode VII - Le Réveil de la Force a marqué la fin 2015 puisqu'au total le blockbuster a rapporté 2 milliards de dollars au box-office mondial - dont 936 millions rien qu'aux Etats-Unis.

L’Épisode IX de Star Wars était prévu pour le 22 mai 2019 mais vient d'être décalé au 18 décembre, une semaine après la sortie de Wonder Woman 2. L’Épisode VIII - Les Derniers Jedi sortira le 15 décembre 2017.

Star Wars : Obi-Wan Kenobi s’offre son spin-off

Posté par wyzman, le 18 août 2017

La nouvelle est tombée il y a quelques heures seulement : un spin-off de Star Wars centré sur le personnage d'Obi-Wan Kenobi est actuellement en développement. The Hollywood Reporter était le premier média à avoir vent de ce projet et le magazine américain affirme qu'il s'agira, comme pour Rogue One et Han Solo, d'un film unique et non du premier volet d'une future trilogie. Pour l'instant en tout cas !

Interprété sur grand écran par Alec Guinness et Ewan McGregor, le personnage d'Obi-Wan Kenobi est l'un des plus appréciés des fans de Star Wars. Maître d'Anakin Skywalker, connaître les origines du personnages permettrait d'enrichir encore un peu plus l'univers de l'une des sagas les plus rentables au monde.

Toujours d'après The Hollywood Reporter, c'est Stephen Daldry qui pourrait réaliser ce film. Déjà auteur de The Hours et The Reader, ce Britannique de 56 ans toucherait le gros lot. Pour rappel, Le Réveil de la Force et Rogue One sont à ce jour les plus gros cartons de la saga. Le 8ème volet, Les Derniers Jedi sort le 13 décembre en France.

Ron Howard aux commandes du spin-off sur Han Solo

Posté par vincy, le 22 juin 2017

Phil Lord et Chris Miller à peine virés du spin-off de l'univers Star Wars sur la jeunesse d'Han Solo, les producteurs ont misé sur une vieille valeur sûre d'Hollywood, Ron Howard.

La productrice Kathleen Kennedy a assumé l'un des clashs les plus retentissants de ces derniers mois en renvoyant les deux cinéastes en plein tournage du film, toujours prévu dans les salles en mai 2018.

Les "différences créatives" n'ont pas pu être résolues, alors que le film avait déjà bien amorcé sa phase de production. Auteurs de Tempête de boulettes géantes, 21 Jump Street (et sa suite) et de La Grande aventure Lego, ils ont insufflé un ton frais, décalé, parfois provocateur à des films qui ont su être largement rentables. On imagine qu'ils avaient été choisis pour ça: leur insolence et leur sens de l'ironie collaient parfaitement au personnage créé par Harrison Ford dans la trilogie originelle de George Lucas.

Malheureusement, l'alchimie n'a pas fonctionné entre la productrice issue de l'écurie Spielberg et les deux jeunes cinéastes. Les personnalités ne s'accordaient pas. Kathleen Kennedy ne comprenaient pas leur manière de réaliser le film, tout simplement. Et eux ne comprenaient pas pourquoi ils n'étaient pas libres de faire du cinéma comme à leur habitude, sans le contrôle permanent de la productrice.

C'est assez rare, en tout cas depuis que les cinéastes ne sont plus des employés de studios, qu'un réalisateur (et ici une paire de cinéastes même) soit viré en plein milieu du tournage.

Ron Howard a donc du pain sur la planche. La presse professionnelle s'inquiète de dépassements budgétaires (réécritures, scènes à refaire). Car, il reste plusieurs semaines de tournage, et quelques semaines devraient être ajoutées pour refaire des prises plus tard dans l'année. Et qui, au final, sera crédité au générique? Les réalisateurs initiaux ou / et le remplaçant? La décision pourrait revenir à la Director's Guild of America.

Ron Howard a déjà travaillé pour LucasFilm (Willow, 1988). Mais son dernier succès date de 2009... Aux commandes d'un film qu'il réalise sur commande, le réalisateur devrait être un simple chef de projet chargé de mettre en images le scénario de Lawrence Kasdan. Ce qui conviendra parfaitement à Kathleen Kennedy qui veut être seule à décider.

Dans ce film, Alden Ehrenreich incarne le personnage, jeune, créé par Harrison Ford il y a 40 ans. Donald Glover, Thandie Newton, Woody Harrelson, Michael K. Williams et Emilia Clarke complètent le casting.

Cannes 2017 : Nos retrouvailles avec Mark Hamill

Posté par wyzman, le 26 mai 2017

Présent sur la Croisette cette année, Mark Hamill a tout de ce grand-oncle que l'on connaît peu mais sur lequel tout le monde a de bonnes anecdotes. Repéré dans Le Cosby Show (1970) et le soap opera General Hospital (1972-1973), Mark Hamill est essentiellement connu pour son rôle de Luke Skywalker dans Star Wars. Pour rappel, les quatre films dans lesquels il a joué (Un nouvel espoir, L'Empire contre-attaque, Le Retour du Jedi, Le Réveil de la Force) ont rapporté pas moins de 3,5 milliards de dollars au box-office mondial.

Un score qui a fait de lui une star planétaire mais qui lui a sensiblement porté la poisse. Car outre Star Wars, ses rôles au cinéma ne sont pas ce qui ont fait sa renommée. Loin de là (addictions, dépression, etc...) ! Ceci dit, excellent conteur, l'acteur désormais âgé de 65 ans a prouvé qu'il n'était pas qu'une superstar branchée des années 1980 en faisant du doublage son dada. Films d'animation (Batman contre le fantôme masqué), séries animées (La Petite Sirène, Les Simpsons, Totally Spies!, Family Guy, Star Wars: The Clone Wars), jeux vidéo (Les Aventures de Batman et Robin, Batman: Arkham City) ou encore livres audio (Les Aventures de Pinocchio, Les Chroniques de Spiderwick, World War Z), Mark Hamill a tout fait ! Plus encore, il a tout réussi.

Mais on oublie trop souvent qu'il a eu des rôles secondaires voire vraiment éphémères à la télévision. De L'incroyable Hulk à Chuck en passant par Esprits criminels, Mark Hamill est constamment là où on ne l'attend pas. En 2015, il a ainsi repris le rôle de James Jesse (alias The Trickster) dans la série de The CW The Flash, un rôle qu'il tenait déjà dans la version de 1991 ! Et qu'elle ne fut pas notre surprise de le voir en professeur maboule dans Kingsman puis d'apercevoir son visage à la fin du Réveil de la Force, le 7ème volet de la saga Star Wars. Retour en force contractuel et rentable, Mark Hamill sera également dans Les Derniers Jedi - dont on ne cesse de se passer la bande annonce.

Et si l'on vous parle de lui aujourd'hui, c'est parce que la route de Mark Hamill a récemment re-croisé  celle de Dave McCarry, l'un des réalisateurs du Saturday Night Live pour lequel Mark a déjà figuré. Ensemble, ils ont ainsi tourné Brigsby Bear. Cette comédie dramatique s'intéresse aux aventures d'un jeune homme qui a toujours vécu avec ses parents et semble être le seul à connaître l'émission Brigsby Bear Adventures. N'ayant jamais eu de fin, il décide de lui en donner une en mettant en pratique les leçons délivrées par le programme. Brigsby Bear fera la clôture de la Semaine de la Critique , avec un casting très hollywoodien Claire Danes (Homeland), Andy Samberg (Brooklyn Nine-Nine) et Kyle Mooney (Parks and Recreation).

Star Wars donne un titre à l’épisode VIII

Posté par vincy, le 23 janvier 2017

star wars the last jediCe sera l'événement cinématographique de cette fin d'année. Star Wars, épisode VIII (en salles en France le 15 décembre) s'intitulera Le dernier Jedi (The Last Jedi).

Réalisé et écrit par Rian Johnson à qui l'on doit Une arnaque presque parfaite et  Looper, le film, 8e de la saga donc, se déroule logiquement après Le Réveil de la Force qui était signé J.J. Abrams et qui en reste producteur exécutif. A priori, ce dernier Jedi est bien entendu Luke Skywalker, incarné par Mark Hamill (et qu'on voit lors du dernier plan de l'épisode VII, en haut d'une île loin de tout). Mais peut-être qu'il s'agir de Rey (Daisy Ridley) qui vient à sa rencontre et dont le lien avec Luke va être l'un des moments clés de l'histoire. De ce que l'on sait, Rey, Finn (Boyega) et Poe (Isaac) seront au centre du récit qui explorera leurs motivations diverses.

Carrie Fisher sera de l'aventure puisqu'elle avait tourné ses scènes avant son décès survenu fin décembre. En revanche, elle devait aussi apparaitre dans l'épisode IX et George Lucas a confirmé que l'actrice ne serait pas recréée numériquement.On retrouvera également Adam Driver, Domhnall Gleeson, Oscar Isaac, Lupita Nyong'o, Andy Serkis et John Boyega. Parmi les nouveaux venus, il y aura Benicio Del Toro, Laura Dern et Kelly Marie Tran.

Pourquoi le musée George Lucas sera (finalement) à Los Angeles ?

Posté par vincy, le 12 janvier 2017

Il y a deux ans, le musée de George Lucas devait s'installer à Chicago, pour 700M$. La ville d'Obama, et ville de naissance de son épouse Mellody, l'avait emporté sur San Francisco et Los Angeles. Finalement, après maintes controverses, le créateur de Star Wars a remis son projet en compétition entre sa ville californienne, San Francisco, où est installé sa société, et Los Angeles, capitale du cinéma et des arts (la ville va accueillir plusieurs nouveaux musées dans les prochaines années dont celui des Oscars). Et c'est Los Angeles qui a gagné.

Le Musée de l'art narratif (Museum of Narrative Art) abritera les 10000 pièces de la collection d’art (Degas, Renoir...) et d’objets provenant des tournages des films de George Lucas (dont le masque de Dark Vador). Le milliardaire financera quasiment intégralement le projet, étendu sur trois hectares.

L'Université de l'étudiant George Lucas à deux pas

Le musée de l’Art narratif sera situé dans le Parc des expositions de Los Angeles, à proximité de l'historique stade olympique, le Los Angeles Memorial Coliseum, mais aussi du Musée d'histoire naturelle, du California Science Center et du California African American Museum. Ce quartier universitaire (avec la University of South California, où le cinéaste a fait ses études) est desservi par la ligne Expo du métro de L.A., qui relie le centre-ville à Santa Monica.

La victoire de Los Angeles reste une surprise tant George Lucas (comme Coppola) a toujours été attaché à son indépendance depuis l'installation du Skywalker Ranch et de Lucas Films à San Francisco. "Frisco" proposait le site de Treasure Island, assez isolé en pleine baie. Les aspects pragmatiques ont sans doute contribué au processus de décision : L.A. accueille près de 50 millions de touristes par an quand San Francisco n'en reçoit que moins de 20 millions.

Le musée devait initialement ouvrir en 2018 à Chicago. L'opposition des habitants, tout comme l'opposition de ceux de San Francisco ont aussi contraint les Lucas à revoir leur projet. Finalement, le musée devrait ouvrir en 2020. Le chantier sera amorcé dès cette année aux coins des avenues Vermont et Exposition. A terme, il devrait générer 1000 emplois permanents. Le budget est réévalué à un milliard de dollars.

L'architecture du bâtiment est conçue par le jeune chinois Ma Yansong.

Carrie Fisher (1956-2016): l’Empire en deuil de sa Princesse

Posté par vincy, le 27 décembre 2016

C'est injuste. mais Carrie Fisher restera pour des centaines de millions de spectateurs la Princesse Leia avec sa drôle de coiffe. C'était l'âme, la battante, l'égale des héros dans ce mythe contemporain intergalactique. Avec Harrison Ford, elle donnait du relief, de l'humour à l'épopée. L'héroïne de la trilogie originelle Star Wars, était revenue dans Le Réveil de la Force l'an dernier. Pire, on la voyait en image de synthèse dans Rogue One, qui cartonne actuellement sur les écrans. Prémonitoire, c'était le chant du cygne. On la reverra, cependant, dans le 8e épisode de la franchise: elle avait terminé ses prises pour le film, qui doit sortir en l'année prochaine.

Après un week-end de Noël éprouvant, suite à une violente attaque cardiaque, elle est morte le 27 décembre 2016 à l'âge de 60 ans. Née le 21 octobre 1956 à Beverly Hills, l'actrice et scénariste était une fille de. Sa mère, Debbie Reynolds, est une star (une des dernières légendes de l'âge d'or hollywoodien encore de ce monde), connue pour son rôle principal dans Chantons sous la pluie. Son père, Eddie Fisher, chanteur et acteur qui collectionna les plus belles femmes d'Hollywood, a enregistré quelques tubes, dont pas mal de numéro 1 au Top 50 américain.

Le destin de Carrie Fisher se joue à peu de choses. Elle auditionne pour Carrie de Brian de Palma et La guerre des étoiles de George Lucas. Elle refuse le premier pour cause de nudité. Elle se fera avaler par le second au point que sa tenue très suggestive dans la saga restera longtemps un symbole érotique couru par les fétichistes. Francophone, la fille (et belle-fille de Liz Taylor), n'était pourtant pas que la Princesse Leia de la saga mythique. On l'aperçoit dans Shampoo d'Hal Ashby, gros succès de 1975, délirante dans Les Blues Brothers de John Landis, comédie culte de 1980, dans le beau A la recherche de Garbo de Sydney Lumet en 1984. Si elle se bat contre les addictions, si elle gère difficilement la célébrité et notamment le culte voué à son personnage d'héroïne héroïque, elle mène une carrière singulière à Hollywood.

Bipolaire, cérébrale, spirituelle et lucide

Carrie Fisher est ainsi du casting d'Hannah et ses sœurs, l'un des plus beaux Woody Allen et surtout la meilleure amie de Meg Ryan dans Quand Harry rencontre Sally, de Rob Reiner, deux films pour névrosés. Plus cérébrale qu'on ne le pense, elle est quand même cantonnée à des seconds rôles chez Joe Dante (Les banlieusards), Wes Craven (Scream 3), Nora Ephron (Ma vie est une comédie), McG (Charlie's Angels : Les anges se déchainent), ou à des caméos chez Spielberg, Jay Roach et même Cronenberg (Maps to the stars).

Paradoxalement, son plus beau rôle fut celui de scénariste, quand elle adapte son propre livre autobiographique, Poscards from de the Edge (Bons baisers d'Hollywood) réalisé par Mike Nichols en 1990, avec Meryl Streep et Shirley MacLaine. Elle s'y met à nu et règle ses comptes avec l'industrie du cinéma, mirage aux alouettes. Pour elle, L.A. était un monde d'artifices. Carrie Fisher se savait bipolaire, elle était discrète, elle essayait d'affronter un réel qui ne lui convenait pas. Sans pitié sur son univers, lucide sur ses failles, consciente que l'ombre de la Princesse Leia lui survivrait après l'avoir hanté toute sa vie, "Je n'ai finalement été qu'elle. Elle a fait partie de ma vie durant 40 ans" écrivait-elle. Seule sa plume l'évadait, la calmait. Script doctor réputée, autobiographe populaire, elle préférait l'authenticité de l'écriture aux jeux factices des célébrités d'Hollywood. Comme elle le soulignait elle-même: "Je ne veux pas que ma vie imite l'art mais je veux que ma vie soit de l'art."

Rogue One : A Star Wars Story, le film du mois ?

Posté par wyzman, le 11 décembre 2016

A l'approche de Noël, la machine Disney semble plus huilée que le corps de Zac Efron dans le premier trailer de Baywatch. Comme chaque année, l'empire a décidé de sortir la grosse artillerie quelques jours avant les fêtes. Et après avoir mis la main sur Lucasfilm pour la modique somme de 4,05 milliards de dollars, la compagnie ne va pas se priver. En attendant la suite du Réveil de la Force (Star Wars - Episode 8 donc) et le spin-off centré sur la jeunesse de Han Solo, c'est à un film standalone que nous aurons droit cette année.

Comprenez ici que Rogue One s'inscrit dans la saga Star Wars (plus précisément entre les épisodes 3 et 4) mais que le film se suffit à lui-même. Il n'aura donc pas droit à une suite. Et rien que pour cela, nous ne saurions que trop vous conseiller de courir le voir. Conçu comme un film de guerre, Rogue One est clairement le blockbuster dont nous avons tous besoin pour finir 2016 en beauté. Non pas que l'on ait manqué d'explosions cette année ! Captain America : Civil War, Deadpool, Batman v Superman : L'Aube de la justice, Suicide Squad, Doctor Strange, Les Animaux fantastiques, Jason Bourne, Star Trek Beyond et X-Men : Apocalypse ont fait le travail mais rien ne remplacera jamais un Star Wars.

Anormalement dans l'ère du temps, le film traite d'une rébellion au sein d'un régime totalitaire. Le parallèle avec l'état actuel des Etats-Unis est d'ailleurs tel qu'un artiste a récemment détourné les affiches du film en faveur de Donald Trump. Film de guerre oui, Rogue One regorge de scènes plus spectaculaires les unes que les autres. Et passé le micro-scandale des reshoots de Tony Gilroy, le film du très bon Gareth Edwards (Godzilla) n'a pas grand-chose à envier au Réveil de la Force, le bébé pondu par notre cher J. J. Abrams l'an dernier. Si les 2,07 milliards de dollars du Réveil de la Force risquent d'être inatteignables, Rogue One a tout ce qu'il faut pour faire un carton. A tel point que les experts du secteur estiment déjà qu'il réalisera le deuxième plus gros démarrage pour un mois de décembre… juste après Le Réveil de la Force !

Vient alors le moment de répondre à la question "Mais qu'est-ce qui fait de Rogue One un film important ?" Eh bien la réponse est simple : tout ! Non-présenté à la presse pour l'Awards Season, Rogue One s'inscrit dans la lignée de ces films faits par les fans et pour les fans et est d'ores et, paradoxalement, il est déjà dans la course à l'Oscar des meilleurs effets spéciaux. Pourquoi ? Eh bien parce que face à Suicide Squad et Les Animaux fantastiques, Rogue One dispose d'un budget on ne peut plus confortable. Si le chiffre exact demeure encore un mystère, il convient de rappeler que pour Le Réveil de la Force, J. J. Abrams a pu bosser avec 245 millions de dollars sous le coude. Rien que ça ! A côté des drames  larmoyants qui vont pleuvoir à l'approche des Oscars, Rogue One pourrait donc être notre bouée de secours, notre chocolat chaud à la fin d'une longue journée de travail. Dès lors, pourquoi ne pas en profiter ?

Mais outre l'aspect financier, Rogue One dispose d'un atout non-négligeable : un casting plus que talentueux. Après Daisy Ridley dans Le Réveil de la Force, Disney continue dans le girl-power efficace en confiant le rôle-titre à une quasi-inconnue, j'ai nommé Felicity Jones. Bien évidemment, les plus cinéphiles d'entre vous auront déjà reconnu la britannique passée par The Amazing Spider-Man et Une merveilleuse histoire du temps, mais en termes de mémoire eidétique, nous ne sommes pas logés à la même enseigne. Après Daisy Ridley, Jennifer Lawrence (Hunger Games) et Charlize Theron (Mad Max : Fury Road), Felicity Jones aura donc le plaisir de faire de ses partenaires masculins de superbes faire-valoirs. Et à en voir les différents trailers, l'actrice de 33 ans s'en sort très bien. Diego Luna (Harvey Milk), Ben Mendelsohn (Bloodline), Forest Whitaker (Le Dernier roi d'Ecosse), Mads Mikkelsen (Hannibal) et Riz Ahmed (Night Call) n'ont donc qu'à bien se tenir : la tornade Felicity Jones n'est pas prête de s'arrêter !

Edito: La saison de l’amour et de l’amitié est ouverte

Posté par redaction, le 23 juin 2016

Le carton nord-américain du Monde de Dory n'est pas un épiphénomène. Plus fort démarrage pour un film d'animation (en recettes), le nouveau Pixar s'inscrit dans une tendance qui risque de servir de modèles si les sequels et spin-offs de S.O.S. Fantômes et Independence Day séduisent les masses de spectateurs. Car si on regarde bien, hormis les films à base de héros de Comics, cette année, les suites se sont bien plantées, avec parfois de gros coups de mou (Divergente, Alice, Tortues Ninjas...). Ce qui attire les spectateurs ce sont les bons vieux films remis au goût du jour: Le livre de la jungle, d'une certaine manière, mais surtout Star Wars ou Jurassic World.

Jusque là, une suite limitait la casse même si elle ne rapportait pas autant. Aujourd'hui, sans les marchés étrangers, elle afficherait de lourdes pertes dans les bilans financiers des studios. Les spectateurs préfèrent de la bonne vieille marque, celle de leur enfance ou celle de leurs parents, du vintage "update". Cette nostalgie agit comme une Madeleine de Proust. Même James Bond ou Ethan Hunt, et sûrement Jason Bourne dans quelques semaines, en ont profité. En revanche le Chasseur de Blanche Neige, les X-Men, le Panda as du Kung-fu, La chute de Londres ou le mariage grec, les Neighbors ou les magiciens de Now You See Me ont tous souffert d'un manque de désir, d'attachement, et donc d'affection.

Pas étonnant ceci dit: dans une époque agressive et violente, où le dialogue semble impossible, où l'on parle plus de fracture irréconciliable ou de divorce fatal, où les uns s'opposent aux autres sans jamais pouvoir trouver une entente commune (suffit de regarder Captain America), on cherche du réconfort. Des gentils poissons, d'adorables Minions, des mammifères en folie, ou une Jungle solidaire, un super-héros coule même s'il est défiguré, l'orphelin Courgette, doublement primé à Annecy, et actuellement en France, une quadra qui retourne chez sa mère. C'est symptomatique. Après les Tuche, la valeur sûre semble être la famille. Dernière zone de réconfort, dernier refuge de résistance à ce monde de brutes. Pixar l'a bien compris avec sa suite du Monde de Nemo: Le Monde de Dory est une ode à toutes les familles et réveille en nous des souvenirs de plus de treize ans. S'il n'y a plus d'utopie, il reste de l'amour et de l'amitié. Lire du Jane Austen ou retrouver son âme d'enfant avec un dessin animé. Ce n'est ni "in", ni "out". C'est juste atemporel.