Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Captain Marvel


/ 2018

06.03.2019
 



A STAR REBORN





« Qu’est-ce que vous me cachez ? »

Après 20 longs métrages plus ou moins qualitatifs, l’écurie Marvel accueille sa première origin story centrée sur sur une super-héroïne. Sans être une révolution, le blockbuster porté par Brie Larson a le mérite de faire le travail. Explications.

Qui est Vers ?

Dans les années 1990, Carol Danvers devient l’une des super-héroïnes les plus puissantes qui aient jamais existé alors que la Terre est l’enjeu d’une guerre galactique entre deux races extraterrestres, les Kree et les Skrulls. Tel était le pitch balancé par Marvel en amont de la sortie de Captain Marvel. Très succinct, celui-ci omet un détail important : Captain Marvel est avant tout un film dans lequel le personnage principal tente de comprendre qui il est après avoir compris que son esprit, malmené par divers traumatismes, regorge de souvenirs anormaux.

Ecrit à six mains, le scénario de Captain Marvel peut sembler bancal : le début est en effet très laborieux. Bien qu’il soit nécessaire de poser les bases de cette possible saga, même les fans du MCU ont de quoi être rebuter par ce rythme peu constant. Recrutée par les Kree, Vers (alias Carol Danvers alias Captain Marvel) a été dotée de superpouvoirs. Particulièrement puissante, elle finit tout de même kidnappée par les Skrulls au cours d’une mission. Après que le vaisseau à bord duquel elle était s’est écrasée sur la Terre, Vers part sans le savoir à la recherche de ses souvenirs. Et c’est bien sa rencontre avec Nick Fury (et Phil Coulson) qui lance véritablement Captain Marvel.

La suite, pleine de rebondissements plus ou moins appréciables, de scènes de combats plus ou moins réussies et de clins d’oeil plus ou moins savoureux saura ravir les fans de la première heure mais devraient laisser les moins investis complètement perplexes. Et cela, notamment parce que Captain Marvel a beaucoup (trop) à voir avec Captain America : The First Avenger et Captain America : The Winter Soldier. Il est question de souvenirs perdus, d’un idéal détruit, de retrouvailles entre amis de longue date et de multiples trahisons. Rien de bien étonnant donc dans un film qui aurait pu bouleverser les codes d’une franchise extrêmement bien huilée et devenue un peu monocorde.

Un bon divertissement

Après 124 minutes de film, le spectateur finit tracassé par une question : pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant d’introduire un personnage qui aura une véritable importance dans la suite du MCU ? S’il va sans dire que Captain Marvel est la réponse de Marvel au Wonder Woman de DC Comics, le film de Ryan Fleck et Anna Boden est loin de briller autant que le bébé de Patty Jenkins.

La photographie est quelconque, les effets n’ont rien d’extraordinaires et les compositions musicales sont fades — à l’inverse de cette bande son d’époque qui regroupe Beck, TLC, Garbage, No Doubt ou encore Nirvana. Important en raison de son contexte de production (le premier film de super-héroïne de Marvel doit être vu avant la sortie d’Avengers : Endgame), Captain Marvel ne parvient jamais à voler de ses propres ailes.

Par chance, Meg LeFauve, Nicole Perlman et Geneva Robertson-Dworet sont parvenues à y insuffler suffisamment d’humour pour faire passer la pilule. Carol Danvers est une tête brûlée qui rappelle Peter Quill des Gardiens de la Galaxie. Nick Fury fait preuve d’un humour presque touchant. Et la complicité de Carol et de sa meilleure amie Maria Rambeau est palpable. Mais c’est peut-être Talos, le leader des Skrulle incarné par le génial Ben Mendelsohn qui balance les meilleures répliques. A méditer.

De ce 21e long-métrage Marvel, on retiendra surtout la forme physique de Brie Larson et Jude Law, le rajeunissement réussi de Nick Fury et Phil Coulson, l’adorable chat Goose et ce message qui mérite d’être scandé : à l’instar des hommes, les femmes peuvent et savent se relever.
 
wyzman

 
 
 
 

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