Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
Cervin, la montagne du monde
Chambre 212
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
Joker
La fameuse invasion des ours en Sicile
La grande cavale
Nos défaites
On va tout péter
Papicha
Pour Sama
Quelle folie
Soeurs d'armes
Tout est possible



Parasite
Le Roi Lion
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man






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Le Roi Lion (The Lion King)


USA / 2019

17.07.2019
 



IT'S GOOD TO BE A KING





« Faut-il que tout cela se finisse encore dans la violence ? »

Toutes les adaptations en prises de vues réelles des classiques de Dinsey ne sont pas égales. Certaines prennent un peu trop de liberté avec le récit originel (Dumbo, Oz the Great and Powerful), d’autres ne trouvent pas le ton (Cinderella, Maléfique). Et puis il y a ces « réimaginations » qui parviennent à s’émanciper un peu du matériau d’origine tout en trouvant l’esthétique et la technique justes et ainsi retranscrire, sans trahir, l’histoire d’Alice au pays des merveilles ou de Mowgli dans Le Livre de la Jungle.

Le Roi Lion est de loin la plus réussie de toutes ces adaptations. A la fois parce que le récit est calqué sur le dessin animé de 1994 et parce que la technologie lui permet de surpasser la 2D classique. En donnant « vie » aux personnages de la savane et aux décors, cette nouvelle version (après celle de Broadway en musical) de l’histoire de Simba s’avère à la fois déjà vue, attendue et innovante.

A peu de choses près, c’est la même histoire, chansons comprises. Certes, les auteurs ont bien mis au goût du jour la vie de Pumbaa et Timon (une communauté hippie et vegan), accentuer le discours écologique de l’ensemble et atténuer les parties les plus enfantines. Pour le reste, c’est un calque. On pourra une fois de plus reprocher la morale très conservatrice (la domination patriarcale et la transmission du pouvoir de façon aristocratique) où le devoir et la responsabilité collective sont plus forts que la liberté personnelle.

Pour dépasser ces limites, Disney a eu raison de choisir Jon Favreau pour la réalisation. Si l’aspect le plus bluffant est évidemment du côté de la technique (dont la maîtrise s’est encore améliorée depuis Le livre de la jungle), rendant le moindre frémissent de vent dans la crinière crédible, le moindre regard de frayeur palpable et le moindre jeu de lumière réaliste, c’est la mise en scène qui transforme le film d’animation pour le faire oublier.

Rugissant

Obsolescence programmée du classique oscarisé. C’est le pari de Disney qui veut désormais toucher une autre génération tout en fidélisant l’ancienne. Jon Favreau a pris soin de rendre réaliste son espace de jeu – la savane, le cimetière des éléphants, … -, de donner une couleur aux chapitres de sa tragédie – l’opulence luxuriante, la noirceur de l’obscurantisme, …-, de jouer avec le climat – du soleil au ciel de plomb – ou avec les éléments – le feu infernal ou la terre aride ou désolée.

Chaque acte est un tableau, souvent convenu artistiquement (l’harmonie est un été sans fin tandis que la tyrannie est un éternel hiver). Le plus saisissant est de voir l’épilogue tragique ressembler davantage au final du film d’animation Blanche Neige, ce qui ne frappait pas dans Le Roi Lion de 1994.

La plus belle réussite est pourtant ailleurs : les scènes d’action sont spectaculaires. La débandade des gnous comme le piège dans les galeries des hyènes valent leur dose de sensations. C’est bien dans le mouvement que Jon Favreau assume son cinéma hollywoodien, entre épate du montage et coup de bluff numérique. Il suffit de voir le splendide prologue (Le cercle de la vie) pour comprendre comment le réalisateur sait rendre hommage au film originel tout en la rendant plus proche du documentaire animalier (évidemment fictif).

L'émotion plutôt que le naturalisme

Mais ce n’est pas un docu de National Geographic ou de Disney Nature. L’anthropomorphisme règne, comme toujours dans le cinéma d’animation des studios américaines. Le perfectionnisme ne laisse pas beaucoup de place au naturel de toute façon.

Le Roi Lion repose ainsi sur une dramatisation très académique, de la musique aux enjeux des personnages, et une mise en scène classique. La mort du roi est opératique et le final revanchard est proprement infernal. Cette imagerie stéréotypée, du lionceau craquant à la vilenie des maléfiques, est évidemment au service de la puissance hollywoodienne. Un divertissement royal et rugissant.
 
vincy

 
 
 
 

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