Avec Etre vivant et le savoir, Alain Cavalier montre que l'art rend hommage à l'art, que le cinéma peut être un hommage grâce à l'image. Dialogue incessant entre le réel des vivants et les souvenirs d'une morte, le film est d'une poésie sublime.



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Avengers: Endgame


USA / 2018

24.02.2019
 



GAME OF STONES





Attention, cette critique contient des spoilers.

« Je t’aime plus que trois fois mille. »

Longtemps annoncé comme la titanesque conclusion d’une décennie de blockbusters bons et mauvais, Avengers : Endgame va encore une fois diviser les cinéphiles. Il y aura d’un côté ceux qui savoureront ce long métrage de trois heures à coup de pop corn et ceux qui, une fois de plus, n’y verront qu’une surenchère d’effets spéciaux. Explications.

Une œuvre majeure à l’intrigue mineure ?

Après leur défaite face à Thanos dans Avengers : Infinity War, les Avengers et les Gardiens de la Galaxie qui ont survécu à son claquement de doigts tentent de trouver une solution qui leur permettrait de ramener leurs coéquipiers disparus à la vie — et par la même occasion de vaincre Thanos. Par chance, Captain Marvel (personnage intronisé dans l’esprit du spectateur 7 semaines plus tôt) pourrait peser lourd dans la balance.

Tel est le point de cet Avengers : Endgame qui, comme son nom l’indique marque la fin pour l’un des camps. Mais duquel s’agit-il ? Ou plutôt, Thanos a-t-il vraiment réussi à faire disparaître certains personnages emblématiques de la saga Avengers si « facilement » ? Comme nous pouvions nous en douter, la réponse est négative. Mais au-delà de nous montrer des personnages combattant ensemble contre un être violet, Avengers : Endgame fait ici et là le pari d’aller plus loin et de prouver aux détracteurs des films Marvel qu’il ne s’agit pas simplement d’un film de super-héros.

C’est sans doute la meilleure idée que les scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely aient eu ici. En effet, au cours de leurs 181 minutes de film, les deux hommes prennent un malin plaisir à redistribuer les cartes, à abreuver le spectateur de rebondissements potentiels et de menaces inéluctables. A tel point que l’on en vient à se demander en cours de route si l’on souhaite vraiment assister au grand final des Avengers. Mais ce n’est pas tout ! Les deux hommes déjà à l’oeuvre sur Avengers : Infinity War et la trilogie Captain America réussissent à remettre le sacrifice au centre du film. Car si l’univers cinématographique de Marvel a fait la part belle aux performances extraordinaires et aux créatures venus de toute la galaxie, l’honneur et le sacrifice ont toujours été des valeurs porteuses et fédératrices.

Cela étant dit, tous leurs efforts sont torpillés par un seul personnage : Thanos. Rapidement tué au début du film, l’antagoniste des Avengers (ou du moins ce qu’il en reste) finit rapidement par être une ombre trop pesante sur le tableau. Le personnage d’Ant-Man et l’idée du voyage dans le temps ont beau redynamiser le récit, ce dernier impose aux scénaristes de trouver une solution presque tirée par les cheveux pour faire du vilain violet le super vilain que tout le monde craint depuis plus d’un an. Un effort supplémentaire dans un film aux intrigues trop nombreuses… Parfois présenté comme un film de casse (« on récupère le gant et on tue Thanos »), Avengers : Endgame souffre malgré lui d’un sérieux problème de rythme, lié à toutes ces intrigues secondaires voire tertiaires et qui forment le gros du projet.

Du grand fan service

Avec un budget de production oscillant entre 350 et 400 millions de dollars, il va sans dire que les équipes technique et artistique ont pu se faire plaisir. Et cela se voit ! Notamment lors des multiples incrustations que les sauts dans le temps nécessitent et de ces sauts spatio-temporels faits de manière efficace. Si Marvel n’a jamais lésiné sur les gros sous pour réaliser les rêves de ses fidèles lecteurs de comics, ces derniers en ont clairement pour leur argent ici. Même les personnage de Captain Marvel et Hulk, parfois difficiles à bien mettre en relief à cause des nombreux déplacements et mouvements qu’ils peuvent effectuer simultanément, sont de toute beauté.

Bien évidemment, il est difficile de ne pas se réjouir au moment de retrouver Clint Barton et Ant-Man mais les deux personnages ne servent ici encore que de renforts au moment de ramener tous les autres, ceux qui ont davantage compté dans la saga ou disposent d’ores et déjà d’une fanbase bien plus grande. Et c’est sans doute pour cela que le film tourne essentiellement autour d’un Tony Stark désormais père, d’un Steve Rogers plus proche que jamais des Américains qui ont survécu, d’un Thor qui s’est engraissé rongé par les remords, d’un Bruce Banner complètement fusionnel avec Hulk et d’une Natasha Romanoff plus que jamais prête à en découdre. Tous ces personnages souvenez-vous, étaient l’essence même du premier Avengers. C’est pourquoi leur destin respectif a droit à un sacré travail d’écriture.

Et si ce fan service est étonnamment visible dans le choix des duos formés et des conclusions apportées, il ne fait aucun doute que celui-ci est bénéfique à cette saga qui aura su brasser des dizaines de personnages et les ramener ici et maintenant pour ce grand final. Un final qui se veut épique, décoiffant mais parfois un peu longuet. Les fans de Thor seront ravis de le retrouver prêt à explorer la galaxie tandis que ceux de Captain America risquent de pleurer à chaudes larmes en découvrant le plan final du film. Les amoureux de Nébula adoreront l’évolution de son personnage quand ceux de Wanda ne pourront qu’applaudir ses quelques répliques et ses initiatives. Enfin, les passionnés de Black Widow et d’Iron Man pourraient bien voir cet Endgame comme le début d’une nouvelle ère.

Et après ?

Si le coeur du film est peine à satisfaire (tout le monde attend ce fameux combat final !), Avengers : Endgame parvient tout de même à retourner le cerveau et à jouer avec nos nerfs. Grâce à différents sauts dans le temps et voyages spatiaux, Christopher Markus et Stephen McFeely prennent le temps d’étudier les parcours des personnages qui ont véritablement marqué la saga. Plus qu’un hommage rendu à ces êtres fictifs que l’on retrouve régulièrement depuis dix ans, Avengers : Endgame boucle la boucle et offre la possibilité à ceux qui seraient lassés de décrocher officiellement.

Côté réalisation, le travail d’Anthony et Joe Russo mérite d’être discuté. On regrette notamment l’absence de prise de risque au niveau des mouvements de caméra et de la photographie. Mais cette dernière a le mérite d’offrir un film lisible de tous. Hormis quelques punchlines lancées par Thor (« Elle, elle me plaît » dit-il en parlant de Captain Marvel) et le sens de l’autodérision de son interprète Chris Hemsworth, le reste semble en plein pilotage automatique. Comme pour un film qui aurait coûté 600 millions de dollars en tenant compte des frais de promotion et dont on gommerait le plus d’aspérités possibles dans l’espoir de le voir entrer au panthéon des films de super-héros.

Comme à chaque fois, les plus courageux iront défendre la musique d’Avengers : Endgame. Mais c’est cette réunion absolument spectaculaire d’acteurs qui devrait faire la différence. Entre ceux connus par trois générations (Robert Downey Jr., Don Cheadle, Josh Brolin, Angela Bassett, Samuel L. Jackson, Gwyneth Paltrow), ceux massivement adoubés par le public (Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Jeremy Renner, Paul Rudd, Karen Gillan, Tom Holland, Chdadwick Boseman, Anthony Mackie), ceux connus de l’Académie (Scarlett Johansson, Brie Larson, Zoe Saldana, Tom Hiddleston, Letita Wright) et ceux qui ont cartonné sur le petit écran avant de faire un malheur sur le grand (Bradley Cooper, Benedict Cumberbatch, Chris Pratt, Sebastian Stan, Evangeline Lilly, Tessa Thompson, etc.), il y en a pour tous les goûts.

De ce mois d’avril 2019, on ne retiendra que l’ultime saison de Game Of Thrones côté séries. Mais côté cinéma, on ne saurait faire plus incontournable qu’Avengers : Endgame. Peut-être parce que dans les deux cas, il y aura un avant et un après.
 
wyzman

 
 
 
 

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