Le cinéaste tunisien Karim Belhadj arrêté pour « homosexualité »

Posté par vincy, le 27 mars 2017

La SRF (Société des réalisateurs de films) a annoncé ce lundi 28 mars que le cinéaste (engagé) tunisien Karim Belhadj avait été "arrêté le 13 mars 2017, à son domicile, en compagnie d’un homme qui a reconnu avoir eu une relation homosexuelle avec lui." "Sur cette base, le juge d'instruction a ordonné un test anal et a émis un mandat de dépôt contre eux" précise le communiqué.

"Les cinéastes de la SRF sont indignés, condamnent avec fermeté de telles pratiques et appellent à la libération immédiate des deux hommes" et rappelle que "Le test anal ordonné depuis quelques temps par les juges tunisiens est assimilé à un acte de torture."

Selon la SRF, les deux hommes sont actuellement incarcérés à la prison de Mornaguia. "L'article 230 du code pénal tunisien prévoit une peine de 3 ans d'emprisonnement pour les actes de sodomie."

Diplômé de l'institut maghrébin de cinéma (IMC) en 2001, puis de l'école supérieure des études cinématographiques (Essec) à Paris spécialité assistanat à la réalisation. Karim Belhadj a travaillé en tant qu'assistant sur plusieurs courts métrages et spots publicitaires. Après avoir réalisé S.O.S (2011), son premier documentaire, il a sorti son premier court métrage de fiction Case départ en 2012, avec le soutien du ministère de la culture, qui évoque la vie difficile des diplômés de l'enseignement supérieur en Tunisie.

Edito: Jours de l’espoir perdu

Posté par redaction, le 15 mars 2017

Il y aurait de quoi désespéré avec cette actualité! Allez c'est bientôt le printemps, dans un mois les films cannois seront connus. Et cette semaine quatre grands films sortent sur les écrans. Inégalement sans doute.

Mais leurs différences et leurs qualités méritent de se détourner des comédies françaises un peu faciles dont le pitch a été pioché dans les magazines féminins et des blockbusters américains où les effets visuels impressionnent plus que le récit.

Chacun à leur manière, James Gray, Aki Kaurismäki, Jérôme Reybaud et Julia Ducournau racontent une quête de soi. L'idée de trouver ou/et retrouver la part humaine et la part de paix qui se sont enfouies sous notre animalité et sous notre folie.

Dans son entretien avec Ecran Noir, l'acteur Sherwan Haji regrette que les médias ne fassent pas plus de place à l'amour et à la solidarité. On pourrait ajouter à la culture et aux progrès de la science. Cela peut d'ailleurs expliquer le succès de films comme Demain ou Intouchables.

Que ce soit l'obsessionnelle découverte d'un monde inconnu dans The Lost City of Z, la bienveillance par rapport à l'étranger dans L'autre côté de l'espoir, la rencontre curieuse des autres dans Jours de France ou la difficile acceptation d'être autre dans Grave, les films montrent que c'est en allant par-delà nos peurs - qui ne doivent pas guider notre avenir comme le rappelle le personnage de Sienna Miller dans le James Gray - qu'on peut se construire, s'enrichir et s'épanouir.

Alors que nous baignons dans un torrent de fake news pas filtrées, le cinéma, à travers son sens de la fiction, n'a jamais semblé aussi près de la vérité en faisant de l'humain son matériau brut, de la nature humaine son inspiration. Chaque être devient ainsi une possible porte ouverte vers un inconnu incertain, désirable et mystérieux. Tout n'est pas perdu. Rien n'est vraiment grave. Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas: il y a définitivement un autre côté à explorer et ça s'appelle l'espoir.

Edito: La belle Emma et les bêtes

Posté par redaction, le 9 mars 2017

La Belle et la bête version Disney n'avait, a priori, aucune raison de faire l'objet d'un édito: film grand public, consensuel, adapté d'un dessin animé aussi familial que séduisant, loin de la version de jean Cocteau (malgré ses multiples références). Franchement, il n'y avait pas de quoi s'énerver.

Perversité

Et pourtant. La Russie a interdit le film aux moins de 16 ans. La raison est simple: pour la première fois, Disney a inséré - les fourbes! - un personnage gay! Alerte! La semaine dernière, Vitali Milonov, un député ouvertement homophobe, il ne s'en cache pas, avait même réclamé l'interdiction pure et simple du film parce qu'il fait la "propagande flagrante et éhontée du péché et des relations sexuelles perverses." Question propagande, y compris à travers le cinéma, la Russie est experte. Mais là on a envie de rire. Evidemment, il n'y a aucune relation sexuelle dans La Belle et la Bête. Il y a en revanche un personnage, LeFou, l'homme à tout faire de Gaston, qui est ouvertement homosexuel.
Le seul idiot dans cette histoire, qui n'aurait pas déplu à Fiodor Dostoïevski, est bien ce Milonov. C'est un bon récidiviste puisqu'il est à l'origine de la loi adoptée en 2013 condamnant pénalement toute "propagande" homosexuelle devant mineurs. Il veut protéger les enfants et les jeunes de ces "impuretés" occidentales.

Pour la même raison, un cinéma en plein-air de l'Alabama, a retiré de décidé de déprogrammer le film. Depuis, le cinéma a reçu des multiples plaintes et a du fermer sa page Facebook.
Cacher ce réel que je ne saurai voir...

Mais si ce n'était que ça. L'actrice principale du film, Emma Watson, féministe revendiquée, prosélyte de la lecture, a aussi été prise au cœur d'une autre polémique. Motif? Elle est en couverture du prestigieux Vanity Fair, édition US, avec un simple gilet blanc ouvert sur sa poitrine, dévoilant une partie de ses seins. Très belles photos, by the way.

On peut voir des footballeurs torse nu à heure de grande écoute, on peut constater que Tom Cruise ou Zac Efron exhibent leurs abdos sans complexe, mais une femme qui expose ses "boobs" resterait choquant... Au choix, on pourrait croire que c'est un problème freudien avec la mère ou que cela découle d'une vision patriarcale ou gynophobe, en tout cas inégalitaire et rétrograde, qui contraint le corps de la femme à n'être qu'un objet érotique.

Sois belle et tais-toi

Même pas! Ce sont des féministes qui ont hurlé. Sur Twit­ter la journaliste britannique Julia Hart­ley Brewer a ouver­te­ment critiqué la comédienne en résumant sa pensée: "Emma Watson : Fémi­nisme, fémi­nis­me… Écarts sala­riaux, pourquoi, oh pourquoi ne suis-je pas prise au sérieux… Fémi­nis­me… Oh, et puis tiens voilà mes seins." Manière de dire que Watson n'était pas crédible pour parler de l'inégalité hommes-femmes parce qu'elle ose poser en montrant une partie de ses seins. Les réseaux sociaux se sont emballés en critiquant l'ex-Hermione de jouer de son sex-appeal. Une femme n'a pas le droit d'être attirante pour être crédible sur des combats égalitaires.

Watson a répondu sur la BBC: "Tout ça révèle à quel point il y a des idées fausses concer­nant le fémi­nisme". "Le fémi­nisme, c'est donner aux femmes le choix, ce n'est pas un bâton avec lequel il faut battre les femmes. C'est la liberté, la libé­ra­tion, l'égalité. Je ne vois vrai­ment pas ce que mes seins ont à voir là-dedans, c'est vrai­ment dérou­tant" a-t-elle déploré. "Ils disent que je ne peux pas être féministe et avoir des seins": il y a une contradiction en effet dans les propos des accusateurs. C'est d'autant plus paradoxal que le féminisme, soit l'émancipation et la libération de la femme en vue d'avoir les mêmes droits que les hommes, s'est notamment illustré par le "topless". Les femmes, à partir des années 1960 et jusqu'aux Femen, ont exposé leurs seins, sur les plages ou ailleurs, pour revendiquer et assumer leur corps, et le droit de l'utiliser librement.

Sortir de l'ombre

On aurait envie de rappeler à tous ces "bêtes", politiques ou médiatiques, russes, britanniques ou autres, ce que la jeune Emma Watson avait dit à la tribune de l'ONU il y a deux ans et demi quand elle liait l'éducation à l'égalité: "L’expérience universitaire doit dire aux femmes qu’elles ont une valeur intellectuelle, et pas que ça : qu’elles ont leur place dans les hautes sphères. Elle doit montrer que la sécurité des femmes, des minorités et de chaque personne qui peut être vulnérable est un droit et non un privilège." Emma Watson invitait même les "féministes introverti(e)s" à sortir de l'ombre - "si ce n’est pas vous, qui agira ? Si ce n’est pas maintenant, quand impulserons-nous le changement ?".

C'est exactement l'un des thèmes du film Les Figures de l'ombre qui sort en salles cette semaine: des femmes noires qui doivent s'imposer dans un système d'hommes blancs. C'est d'ailleurs par leur savoir, elles sont de brillantes mathématiciennes, qu'elles vont insuffler ce fameux changement, et conquérir leurs droits. Il est toujours anormal, et nous en parlons régulièrement dans nos articles, qu'une femme, à métier égal, gagne moins d'argent qu'un homme.

Pureté, puritanisme, pourquoi pas épurés? C'est la même racine. Ces attaques contre la liberté des femmes, des gays, des minorités ethniques (il faut avoir lu certains commentaires sur Moonlight après sa victoire aux Oscars) montrent que les soi-disant vertueux sont finalement ceux qui veulent vicier nos esprits. Le cinéma, comme tous les arts, doit continuer de leur résister et à nous montrer qu'on peut aimer et s'aimer librement, sans qu'on nous juge ou qu'on nous dicte le bon chemin. Pour le coup, on choisit la belle et LeFou que ces bêtes d'un autre temps.

Terre de roses, quand les femmes se battent pour la liberté

Posté par MpM, le 8 mars 2017

La journée internationale des Droits des femmes n'est pas seulement une opération marketing permettant de vendre des fleurs ou de promouvoir des parfums, de s'enthousiasmer sur ces femmes qui font des métiers d'hommes, ou ces sportives qui battent tous les records. C'est surtout l'occasion de rappeler très concrètement que les femmes continuent d'être exploitées, maltraitées et considérées comme des êtres inférieurs à travers la planète. Que même dans les pays occidentaux, leurs droits élémentaires sont régulièrement remis en cause. Qu'elles sont toujours fréquemment victimes de violences conjugales ou sexuelles. Mais aussi qu'elles sont les cibles privilégiées en période de conflits, et notamment de la guerre de conquête menée par Daech en Irak et en Syrie, car elles ne sont pas seulement tuées, mais également violées, vendues et transformées en esclaves sexuelles.

C'est avec ce constat en tête que l'on découvrira Terre de roses, un documentaire canadien qui montre le quotidien de combattantes du Parti des travailleurs kurdes (PKK) dans un camp caché au milieu des montagnes du Kurdistan. Ces femmes, vives et joyeuses, ont toutes choisi de rejoindre la guérilla kurde pour s'opposer aux horreurs de l'auto-proclamé Etat islamique. Zaynê Akyol, la jeune réalisatrice, les filme à l'entraînement et pendant les réunions politiques, mais aussi au repos et même dans des moments intimes de toilette ou de confidence. Si l'on sent dans les propos des combattantes l'influence de l'idéologie politique propre au PKK, les raisons qu'elles ont de se battre n'appartiennent qu'à elles. Elles expriment d'ailleurs avec beaucoup de force leur désir d'agir au nom de toutes les femmes du monde, afin d'affirmer non seulement l'égalité entre les sexes, mais surtout leur refus de se laisser réduire par tous les Daech du monde en éternelles victimes.

Terre de roses (ainsi nommé car il s'agit de la traduction française du nom "Gulistan" qui évoque la baby-sitter de Zaynê Akyol partie rejoindre la résistance kurde lorsque la réalisatrice était enfant) s'avère ainsi un document précieux pour connaître la réalité de ces combats lointains qui hantent nos journaux télévisés. C'est aussi un très beau portrait collectif, entre amitié et émulation, bienveillance et bravoure, complicité et abandon. On sent que ces femmes se sont créé une nouvelle famille, une communauté d'esprits tous tendus vers un même but : défendre leur peuple contre la barbarie et l'horreur. Elles savent mieux que quiconque que le prix à payer pour vivre libre et selon ses convictions ne peut jamais être trop élevé.

__________________

Terre de roses de Zaynê Akyol
En salles le 8 mars
Distribué par Eurozoom

Edito: Life is bigger than films

Posté par redaction, le 2 mars 2017

On croyait les scénaristes dotés d'une imagination sans limites. On critiquait même, parfois, l'exagération de certains scripts hollywoodiens, toujours prompts à la surenchère ou au rebondissement artificiel. Mais on doit reconnaître que ce final des Oscars, épiphénomène médiatique qui nous régale mais qu'on aura vite oublié tant il a peu d'importance sur le cours de nos vies, était sacrément machiavélique.

Un twist digne d'Usual Suspect ou de Sixième sens. C'est l'épilogue de Lost en spectacle vivant. Et en plus, à la fin, c'est le plus petit qui gagne. Moonlight, en partie auto-produit, tourné rapidement, avec un sujet engagé, plaidoyer vibrant pour les minorités, l'a finalement emporté. Le chaos qui régnait alors sur la scène du Dolby Theatre était inimaginable.

En France, c'est la vie politique qui nous offre le meilleur feuilleton de l'année, à raison d'un épisode de la saga par semaine. C'est House of Cards en live. Rien ne se passe comme prévu. Et malin celui qui pourra prédire la fin de la saison début mai. On en vient à suivre les péripéties d'une campagne électorale comme on se captive pour une série télévisée, commentaires sur les réseaux inclus. Quiconque aurait écrit un scénario de ce genre aurait été accusé d'en faire trop. Pourtant le trop est bien réel.

Ironiquement, pendant que la vie présente nous offre des histoires à dormir debout, le cinéma se teinte de nostalgie. Aucun rebondissement dans Logan, T2 Trainspotting, Patients ou 20th Century Women, qui sortent cette semaine dans les salles. Ces films regardent dans le rétroviseur et rappellent que la vie est courte et semée d'embûches, ponctuée d'erreurs, et se termine toujours de la même façon: on vieillit, on meurt. Point de héros, juste des hommes et des femmes abimés par l'existence, physiquement ou psychologiquement. Il n'y a pas, ici, un retournement de situation où Wolverine rajeunirait, où Rent Boy et ses potes vivraient heureux, où des handicapés seraient de nouveau entièrement valides, où Abbie guérirait de son cancer. Le cinéma est, paradoxalement, plus réaliste que la fiction.

"La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir la vraisemblance, mais non pas de la réalité” disait Mark Twain. On est en plein dedans: dans ce monde absurde et irrationnel. On croit davantage à un mutant aux griffes de métal qu'à notre propre système médiatique ou politique, qui n'inspire désormais que le doute ou la méfiance.

Oscars 2017: La La Land, Moonlight, deux enveloppes et un addict aux tweets

Posté par cynthia, le 1 mars 2017

Dans la nuit de dimanche à lundi, le plus grand malaise de l'histoire des Oscars a eu lieu au Dolby Theater. Non ce n'est pas Jennifer Lawrence qui s'est encore cassée la figure, c'est bien pire: ils ont annoncé le mauvais gagnant. Alors si vous vivez dans une grotte et que vous n'avez pas vu cet accident industriel, on vous rappelle les faits.

Le pataquès sur scène devant les caméras

La cérémonie touche à sa fin lorsque Faye Dunaway et Warren Beatty, le duo de Bonnie & Clyde (ça finissait mal d'ailleurs ce film) sont appelés à annoncer le grand gagnant, soit l'Oscar du meilleur film. Silence dans la salle, Warren ouvre l'enveloppe, semble mal à l'aise, regarde son amie, regarde l'enveloppe, regarde de nouveau son amie qui termine par lui lancer un "Non mais vas-y" avant d'hésiter (deux fois), de regarder le papier de la discorde puis l'actrice à ses côtés. N'en pouvant plus, Faye lui arrache l'enveloppe, mot devenu très tendance, et annonce le titre du film qu'elle voit: "La La Land!" Damien Chazelle sert dans ses bras avec fougue sa petite copine, toute l'équipe saute de joie et monte sur scène. Les producteurs Jordan Horowitz, Fred Berger, Marc Platt remercient tout le monde. Mais soudainement, alors qu'il discute avec Ryan Gosling, Horowitz déboule devant le micro. Il a entendu quelque chose et balance dans la confusion la plus totale: "Les gars, il y a eu une erreur! Moonlight c'est vous qui avez gagné ! Ce n'est pas une blague !" Alors que tout le monde s'attend à ce qu'il découpe son Oscar tel Adele avec son Grammy, afin de le partager avec l'équipe de Moonlight, le producteur de La La Land arrache la nouvelle enveloppe que l'on vient de donner à Warren Beatty pour montrer à la caméra et à l'assistance que c'est bien le film de Barry Jenkins qui est marqué sur le carton... Le temps que l'équipe de La La Land se mette en retrait, que Jimmy Kimmel intervienne un peu hagard, que Warren Beatty explique sa confusion, et que l'équipe de Moonlight monte sur scène et reçoive ces applaudissements: le mal était fait.

Choc dans l'assemblée nous avons eu le droit aux meilleures réactions de l'histoire du septième art, entre Ryan Gosling qui pouffe de rire sur scène (on adore), l'équipe de Moonlight où chacun se maintien la poitrine, Dwayne Johnson qui lève tellement son sourcil que ce dernier s'est réfugié en son crâne, Casey Affleck aussi mal à l'aise que lorsqu'il a été accusé d'agressions sexuelles ou encore Michelle Williams et Meryl Streep la bouche bloquée dans un "WHAT"! En 89 ans, c'était une première. Tout a foiré.

Pendant ce temps, dans les coulisses...

Dans les coulisses, Jimmy Kimmel prépare sa sortie avec Matt Damon. Il est tranquille mais l'acteur lui dit qu'il a entendu le régisseur parler d'erreur sur le gagnant. Kimmel ne comprend pas tout de suite, de son propre aveu, et son ami Damon le pousse à aller sur scène pour calmer l'effervescence.

Damien Chazelle sert dans ses bras le réalisateur de Moonlight (mais quel homme ce Damien) avant de s'éclipser, le regard sombre, avec son équipe de la scène. Warren Beatty s'excuse en expliquant qu'il avait la précédente enveloppe dans les mains (Oscar à Emma Stone pour LA LA LAND) et non celle qu'il devait avoir. Or, Emma Stone (grande fan de Moonlight), lors de son interview en backstage, explique qu'elle était très excitée pour Moonlight "car c'est le meilleur film de tous les temps" et qu'elle s'est mise sur le côté tout en tenant dans ses mains le carton où était inscrit son nom. "J'étais ultra-excitée pour Moonlight et je tenais la carte avec mon nom en tant que meilleure actrice tout ce temps! Je n'ai pas envie de commencer une histoire ou quoique ce soit mais je veux juste préciser que j'avais cette carte dans les mains! Du coup je ne sais pas ce qui s'est passé et j'ai vraiment eu envie de vous en parler en premier!"

Donc, DOUX JESUS que s'est-il passé? Un complot afin de discréditer le film hollywoodien par excellence que tout le monde voyait gagner? Miles Teller aurait-il jeter un sort à Damien Chazelle après avoir été évincé du projet La La Land?

Selon d'autres rumeurs et même si Emma Stone affirme avec force qu'elle avait son carton, l'un des responsables des enveloppes, Brian Cullinan, à ce poste depuis 4 ans, était plus occupé à tweeter des photos avec les lauréats (qu'il a retiré par la suite, comme par hasard) qu'à surveiller le bon échange des papiers sacrés. Quand on vous dit que les réseaux sociaux sont un fléau! Mais désormais on en a la preuve: Variety a réussit à obtenir des photos de Brian Cullinan en coulisses durant toute cette séquence.

Le distrait

En fait il y a deux piles d'enveloppes : pour chacune des catégories, il y a deux cartons si vous préférez. L'une à la gauche de la scène, l'autre à la droite. Selon par où entrent les remettants. Le rigoureux cabinet PwC, en charge de l'opération "enveloppe", ne s'était jamais trompé pourtant en 83 ans. C'est arrivé ce soir là. Quelqu'un, distrait par son narcissisme, a confondu de pile. Mais immédiatement, Cullinan et sa collègue Martha Ruiz, qui connaissent par cœur la liste des vainqueurs, comprennent qu'il y a une erreur. Martha Ruiz ouvre alors l'enveloppe de sa pile pour vérifier que c'est normalement Moonlight le gagnant. Et Cullinan a alors prévenu toute la production. Cela a quand même pris deux minutes entre La La Land de Dunaway et Moonlight de Horowitz.

Avec ce scandale, soit le moment le plus dingue de toute l'histoire de l'académie, les Oscars ont réussi à faire parler d'eux alors que c'est le film le moins coûteux de l'histoire de la récompense qui a été primé. PwC a évidemment pris l'entière responsabilité de son erreur. Cela a empêché Jimmy Kimmel de faire son épilogue avec Matt Damon. En revanche, les internautes ont très vite détourné ce moment, de M. Night Shyamalan qui avoue avoir écrit la fin de cette cérémonie, à Kimmel qui confesse qu'un tel final ne s'était jamais vu à la TV depuis l'épilogue de Lost, en passant par ceux qui ont parodié le carton.

L'académie s'est excusée. Une enquête est en cours. Des têtes vont tomber. Pendant ce temps, on peut dire que la victoire de Moonlight a été un peu volée (le temps des discours a été fortement réduit) et que le triomphe de La La Land a été amoché.

Moonlight complètement altéré par la censure indienne

Posté par wyzman, le 23 février 2017

A quelques jours des Oscars, le second film de Barry Jenkins est au cœur d'une bien triste polémique. Un utilisateur de reddit a récemment mis en lumière la censure dont Moonlight est actuellement victime en Inde. En effet, le Central Board of Film Certification (soit l'office de régulation et de censure du cinéma indien) a tout simplement modifié un nombre considérable de scènes du film.

Centré sur le parcours d'un jeune garçon noir qui tente de comprendre sa sexualité, le film qui a reçu pas moins de 8 nominations aux Oscars n'a visiblement pas plu aux censeurs dans son état d'origine. Vraiment pas plu ! Ainsi, les mots "bitch", "bitches", "motherfucker" et "dick" ont été assourdis. De plus, la scène au cours de laquelle l'un des protagonistes a un rapport sexuel avec une jeune fille de son école a été coupée, tout comme le rapport sexuel largement suggéré de deux garçons sur la plage.

Dans un pays où même un simple baiser peut choquer les censeurs (ce qui explique pourquoi dans Lion, le couple Dev Patel/Rooney Mara ne s'embrasse pas, par respect pour le public indien, selon son réalisateur), on comprend que cela les révulse...

Mais ce n'est pas tout ! Le CBFC a également pris la peine d'ajouter des spots alertant contre le méfaits du tabagisme avant et au milieu du film et des messages statiques lorsque les personnages fument à l'écran.

L'homosexualité étant toujours un sujet tabou et un crime passible de la prison à vie en Inde, il va sans dire que la sortie de Moonlight ne pouvait avoir lieu sans incident. Néanmoins, les censeurs ont ici complètement altéré le sens et la beauté de Moonlight. Privé de scènes-clés et d'un langage nécessaire à l'appréhension du personnage, le public indien risque d'avoir bien du mal à comprendre la complexité du film et les enjeux de la troisième et dernière partie.

Pragmatique, un autre utilisateur de reddit a tenté la comparaison avec John Wick 2 et écrit ainsi : "toute la violence gratuite [de John Wick 2] est présente dans son ensemble. Le [CBFC] a cette étrange habitude de couper des injures et des scènes intimes mais un gars tué après un coup de fusil de chasse dans sa bouche ? C'est tout à fait acceptable !"

Pour rappel, Moonlight est le film le plus récompensé de l'année. Il a récemment reçu le Golden Globe du meilleur film dramatique et pourrait faire, on l'espère!, une petite razzia aux Oscars de dimanche soir.

Des femmes fantastiques sacrées par les Teddy Awards

Posté par vincy, le 18 février 2017

Le vendredi c'est Teddy à la Berlinale. Le Festival de Berlin est un senior plus ou moins vaillant de 67 ans. Un bon retraité allemand, daddy sur les bords. Les Teddy sont insolents de jeunesse du haut de leurs 31 ans d'existence, prêts à faire la fête toute la nuit sur des musiques tendances, ou s'amuser sur un France Gall des sixties, ou attendre Conchita sur scène. Au milieu d'élus politiques et de cinéastes et comédiens des différentes sélections, des "créatures" sublimes égayent la foule avec leurs perruques démesurées, leurs robes de princesse ou leurs tenues d'Halloween. Tout est normal. L'esprit de Cabaret sera le fil conducteur de cette cérémonie, qui n'est pas une remise de prix comme les autres.

Après tout on n'y remet que six prix en deux heures (très "timées"), si on compte le Teddy d'honneur pour la cinéaste Monika Treut, ouvertement féministe, lesbienne et femme cinéaste. Le show est aussi important. Tout, ou presque, en anglais. Mais attention, les prix LGBT n'ont rien d'un palmarès underground dépravé. "No sex tonight" (ou alors après la soirée dansante, dans les bars et boîtes de Berlin). "C'est presque tendance d'être homosexuel à Berlin" clame le Maître de Cérémonie. On veut bien le croire tant le nombre d'hétérosexuels dans la grande salles de la Haus der Berliner Festpiele, au cœur de Berlin Ouest, est faible. Les compteurs des applications de rencontre ont du exploser en géocalisant des centaines de LGBT à moins de 20 mètres. Mais ici, on n'a pas l'oeil rivé sur son téléphone. Habillés pour l'occasion ou casual, les invités sont de nature bienveillante, se mélangeant sans préjugés.

"Il y a plus d'énergie à vouloir nous rendre inégaux qu'à chercher à nous rendre égaux" - Wieland Speck, directeur de la section Panorama de la Berlinale

Ainsi, on passe de Zazie de Paris à un acrobate aux allures de jeune prince (torse nu), du ministre de la justice de Berlin interrogé par un présentateur télévisé qui aurait pu être dans une vidéo Bel-Ami à deux membres du jury, l'un originaire du Pakistan, l'autre de Turquie, rappelant les difficiles conditions de création, de liberté dans leurs pays (avec, notamment, un appel vibrant de tous les cinéastes turcs sélectionnés à Berlin pour que le Président Erdogan cesse sa politique liberticide). C'est ça les Teddy: un moment d'expression libre où on chante une ode à Marlène Dietrich, disparue il y a 25 ans, et on se prend un très beau discours d'une grande figure politique nationale qui égraine 24 crimes homophobes (comme 24 images par seconde) sur la planète l'an dernier. Un mix entre des fantasques frasques artistiques et des revendications sur le mariage pour tous (l'Allemagne est le dernier grand pays européen qui maintient les gays et lesbiennes dans l'inégalité des droits) et la reconnaissance et réhabilitation des victimes du Paragraphe 175, qui criminalisait l'homosexualité masculine, de 1871 à 1994 (quand même) et a permis aux Nazis de déporter 50 000 personnes.

Bon, évidemment, entre l'apéro avant, les cocktails après, entre une séance de maquillage by L'Oréal Paris (et une Tour Eiffel dorée en porte-clés comme cadeau) et l'organisation précise et parfaite, les Teddy sont avant tout l'occasion de décerner des récompenses. 6 prix ont ponctué la soirée.

Un palmarès où la transsexualité est reine

Le prix du public, appelé Harvey en hommage à Harvey Milk, a distingué le film britannique de Francis Lee, God's Own Country, qui dépeint une relation père-fils dans un milieu rural. Le fils endure sa routine et ne parvient à s'échapper d'elle que par des relations d'un soir avec des hommes et l'alcool qu'il boit au pub du coin. Le film a été présenté à Sundance le mois dernier.

Le Teddy du meilleur court-métrage est revenu à Min homosister (My Gay Sister) de la suédoise Lia Hietala, qui raconte l'histoire d'un jeune couple de lesbiennes à travers les yeux de la petite sœur de l'une d'entre elles.

Le Teddy du meilleur documentaire a été remis à Hui-chen Huang pour son film Ri Chang Dui Ha (Small Talk), portrait de Anu, garçon manqué depuis toujours, épouse et mère de deux enfants avant de tout plaquer et de se mettre en couple avec des femmes. C'est l'histoire vraie de la mère de la réalisatrice, qui a rappelé avec fierté, que Taïwan était depuis l'an dernier le premier pays asiatique à reconnaître l'union entre deux personnes de même sexe.

L'identité sexuelle a d'ailleurs fait l'unanimité dans ce palmarès. On devrait même parler de changement de sexe. Le jury, composé de directeurs de festivals internationaux qui font vivre les films LGBT de l'Ouganda au Japon en passant par la Turquie et la Macédoine, a récompensé deux films dont les héroïnes sont des transsexuels.

Ainsi le Prix spécial du jury a honoré le film de la japonaise Naoko Ogigami, Karera Ga Honki De Amu Toki Wa (Close-Knit), superbe mélo magnifiquement écrit, sensible et subtil, où une gamine abandonnée par sa mère incapable de gérer sa vie de femme et son rôle maternel, se réfugie chez son jeune oncle, qui vit avec un homme en phase de changement de sexe. Dans un Japon très conservateur, des mots mêmes de la cinéaste, le film apparaît comme un hymne à la tolérance et montre qu'une bonne mère est avant tout une personne responsable et affectueuse, même si celle-ci a un pénis sous la culotte et de sacrés bonnets pour maintenir des nouveaux seins.

Le Teddy Award a sacré le film en compétition de Sebastian Lelio, Una mujer fantastica. L'actrice Daniela Vega est venue elle-même chercher le petit ours (costaud). Elle incarne Marina, une jeune chanteuse transsexuelle, qui vient de perdre son compagnon. La famille de celui-ci entend la tenir à distance des funérailles et supprimer au plus vite tout ce qui avait pu les relier. Mais elle se bat pour obtenir son droit le plus élémentaire: dire adieu au défunt et pouvoir faire son travail de deuil. "La transphobie est ici terriblement palpable et banale, d'une facilité déconcertante, puisqu'elle s'adresse à un individu considéré comme fantomatique et sans consistance, puisque sans étiquette" écrivions-nous en début de festival. "Un film indispensable qui fait acte de pédagogie tout en racontant l'histoire éminemment universelle d'un combat pour le droit à l'égalité."

Ces deux prix montrent que le combat n'est pas terminé. Que les droits acquis ne sont pas garantis. Il y a encore des luttes à mener. La cérémonie des Teddy se termine alors avec le "Freedom" du récemment disparu George Michael. Liberté, c'est bien le maître mot de cette soirée.

Le cinéma portugais menacé par un décret-loi du gouvernement

Posté par vincy, le 13 février 2017

joao pedro rodrigues

Dans la boîte aux lettres ce matin, il y avait une lettre de protestation et appel à solidarité venant du Portugal: réalisateurs, producteurs, acteurs, techniciens, distributeurs, syndicats et festivals de cinéma ont signé cette lettre au gouvernement portugais et demande le soutien de la communauté internationale du cinéma, dont plusieurs artistes et professionnels (Almodovar, Costa-Gavras, Audiard, Carax, Assayas, Solondz, Ade, Jaoui, Rohrwacher, Salles, Bonello, Tavernier, Desplechin, Dumont, Klapisch, Sciamma...) se joignent aux signatures nationales, de Joao Pedro Rodrigues à Miguel Gomes (la liste complète ici).

"La production portugaise passe rarement le seuil d’une douzaine de longs métrages par an. Malgré cela, un pourcentage très élevé de ses films est présent dans les festivals internationaux. Cette visibilité mondiale est due à une politique culturelle aujourd’hui en danger.

Depuis plusieurs décennies, le Portugal est un cas à part au sein de la production cinématographique mondiale. Dans ce petit pays sans marché interne pour nourrir une industrie, rares sont les années où la production nationale passe le seuil d’une douzaine de longs métrages. Malgré cela, un pourcentage très élevé de ces films est présent dans les festivals internationaux. A partir de la décennie 80, et de manière systématique, le cinéma portugais a fait l’objet de cycles et d’hommages ; des rétrospectives des films de nombreux cinéastes portugais ont été organisées - les uns en activité (certains signataires de ce texte), les autres malheureusement déjà disparus (João César Monteiro, Paulo Rocha, Fernando Lopes, António Reis, José Álvaro Morais, António Campos ou, bien sûr, Manoel de Oliveira). Le «miracle» de cette visibilité internationale, disproportionnelle au regard d’une production si faible - et qui a perduré pendant plusieurs décennies et concerné plusieurs générations d’auteurs - est certainement dû au mérite des réalisateurs, des techniciens, des acteurs et des producteurs de cinéma portugais. Mais le mérite revient aussi à une politique culturelle qui a établi des bases pour garantir la liberté de création et qui a rendu possible la production d’un cinéma marqué par la forte singularité de ses propositions. C’est ainsi que s’est consolidée l’image du cinéma fait au Portugal.

Cette politique culturelle, qui a permis l’existence de ce cinéma et qui a ouvert les portes à la diversité, a mis en place des lois du cinéma et un Institut public (l’Institut du cinéma et de l’audiovisuel, l’ICA) pour les appliquer, organisant de manière continue des concours publics pour le soutien financier à la production de films. Ces concours se déroulent selon des règles de participation transparentes et des critères d’évaluation compatibles avec la politique mise en œuvre par le ministère de la Culture, avec des jurés choisis par l’Institut et définis par la loi comme «personnalités compétentes, au mérite culturel reconnu». Ainsi, des cinéastes et des techniciens du cinéma, mais aussi des critiques, artistes plasticiens, écrivains, architectes, musiciens, programmateurs culturels ou professeurs universitaires ont été appelés à être jurés pour évaluer les projets de films.

Depuis 2013, un décret-loi revenant sur la loi du cinéma et une nouvelle direction de l’ICA, allergique aux responsabilités et méconnaissant son rôle de régulateur dans ce processus, ont transféré la tâche de choisir des jurés à un comité où sont représentés tous les intéressés par les résultats des concours : associations professionnelles, représentants des télévisions, représentants des opérateurs de télécommunications jouant un rôle de diffuseur, entre autres. C’est à ce comité corporatif qu’est revenu le rôle d’indiquer à l’ICA les noms des jurés pour évaluer les projets de films, avec, dans de nombreux cas, une très claire connivence entre ceux qui nomment et ceux qui sont nommés.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : les exigences inscrites dans le règlement quant aux profils des jurés, «personnalités au mérite culturel reconnu», ont manifestement cessé de faire sens au regard des jurés actuels. Dans les dernières années, on a pu compter parmi les décisionnaires des projets de films des administrateurs de banques liés au cinéma, des acteurs de telenovelas ou des directeurs de marketing d’opérateurs de télécommunications…

Le gouvernement actuel, otage de la pression exercée par les opérateurs de chaînes câblées, se prépare maintenant à homologuer un nouveau décret-loi qui perpétue et aggrave cette procédure. Un ensemble très représentatif de réalisateurs et de producteurs portugais s’est manifesté contre ce système vicié par les conflits d’intérêts, et ils ont assuré à la tutelle qu’ils se refusent fondamentalement à faire partie de ce processus de nomination : ils ne veulent pas influencer la nomination des jurés ni n’acceptent que d’autres, ayant des intérêts dans les résultats des concours, puissent participer au processus. Ils croient que la transparence ne peut être assurée que si la nomination des jurés revient à l’exclusive compétence de l’ICA. Une bonne fois pour toutes, ils veulent une direction de l’ICA capable d’assumer ses responsabilités, en toute conscience de son double rôle d’exécuteur de la politique culturelle pour le cinéma et de régulateur de cette activité.

Les signataires de ce texte veulent rappeler à l’Etat que le cinéma portugais n’est pas qu’une question nationale. C’est pourquoi, ils manifestent leur solidarité avec les réalisateurs et les producteurs portugais qui se sont opposés à ce processus et manifestent leur rejet au cas où le décret-loi serait homologué."

Le Pakistan autorise de nouveau les films en provenance de Bollywood

Posté par vincy, le 5 février 2017

Le Pakistan a finalement levé l'interdiction de projeter des films indiens dans le pays. Le Premier ministre Nawaz Sharif a donné son accord jeudi dernier à la proposition du ministère de l'information et du patrimoine.

Kaabil, avec Hrithik Roshan et Raees avec Shah Rukh Khan et l'actrice pakistanaise Mahira Khan (photo) seront les premiers films indiens autorisés dans les cinémas pakistanais, dès cette semaine.

Depuis le mois de septembre, les salles du pays avaient arrêté de projeter des films indiens après de nouvelles tensions entre les deux voisins autour du territoire qu'ils se disputent, le Cachemire. Cela avait d'abord conduit l'Association des producteurs de cinéma Indiens à interdire le travail pour tous les artistes pakistanais dans les productions bollywoodiennes. La réplique du Pakistan a suivi, en bannissant les films indiens des écrans de cinéma dans le pays.

Interdépendance

70% du box office pakistanais provient de films produits par l'Inde. Autant dire que la levée de l'interdiction de films indiens a été vécue comme un soulagement par les exploitants pakistanais qui commençaient à suffoquer économiquement, dans un pays où la vidéo et le piratage restent la principale manière de voir des films.

Cependant, les distributeurs pakistanais doivent désormais soumettre les titres des films qu'ils souhaitent diffuser au Ministère.

Du côté Indien, les artistes pakistanais ont quand même pu travailler à Bollywood, même si à l'automne, un mouvement nationaliste avait tenté de bloquer la sortie d'un film - Ae Dil Hai Mushkil de Karan Johar - parce que l'acteur et chanteur pakistanais Fawad Khan était au générique de celui-ci (lire aussi notre édito du 1er décembre).