Le box-office estival oublie les LGBTQ

Posté par wyzman, le 23 septembre 2017

Une fois n'est pas coutume, la GLAAD (Gay & Lesbian Alliance Against Defamation) vient de mettre en ligne un nouveau rapport concernant la visibilité et le traitement de la communauté LGBTQ à travers des œuvres de la pop culture. Cette fois, il est question des films de grands studios sortis cet été, c'est-à-dire entre le 1er juin et le 1er septembre. Et comme vous pouvez vous en douter, le constat est sans appel : les LGBTQ ont encore une fois été oubliés des "gros films".

Le rapport se base donc sur 25 films sortis entre ces dates et les analyse sous le spectre du test Vito Russo. Nommé après l'un des fondateurs de la GLAAD, le test s'intéresse à la présence de personnages LGBTQ, à l'importance donnée à la sexualité du ou des personnages dans chaque film ainsi qu'au poids du personnage LGBTQ au sein de l'intrigue principale. Malgré les sorties de (bons) films tels que Moonlight, Get Out et Les Figures de l'ombre qui ont été des succès critiques et publics, la GLAAD regrette que l'été soit encore un véritable désert pour les projets portés par des personnages issus de la diversité ou de la communauté LGBTQ.

Ainsi, seuls deux films ont réussi le test Vito Russo. Il y a tout d'abord Pire Soirée, une comédie dans laquelle Scarlett Johansson et quatre amies de fac se retrouvent pour une soirée entre célibataires (un flop au box office). Puis vient Do It Like An Hombre, une autre comédie mais cette fois sur un trio d'amis légèrement homophobes qui implose le jour où l'un d'entre eux fait son coming out et tente de changer la mentalité de ses compères. Bien que maladroits et parfois juste offensants, Pire Soirée et Do It Like An Hombre comptent chacun 4 personnages LGBTQ.

Mais le rapport pointe également l'absence cruciale de diversité dans les autres films sortis cet été. De Spider-Man : Homecoming à Dunkirk en passant par Wonder Woman, Baby Driver, La Momie ou encore Hitman & Bodyguard, tous ont échoué au test Vito Russo. Néanmoins, cet échec peut s'expliquer pour certains et en partie par l'intrigue même du film.

Iran: le cinéaste Mohammad Rasoulof privé de passeport et convoqué par la justice

Posté par vincy, le 20 septembre 2017

Grand prix Un certain à Regard à Cannes en mai dernier avec Lerd (Un homme intègre), le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof a reçu une invitation à se présenter devant la justice de son pays après s'être vu confisquer son passeport à l'aéroport de Téhéran, selon une dépêche de l'AFP publiée dans la soirée du mardi 19 septembre.

Depuis ce prix, Mohammad Rasoulof était rentré par deux fois en Iran sans rencontrer de difficultés. Cette fois-ci, il revenait des Etats-Unis.

Vendredi 15 septembre, le réalisateur "a été retenu pendant deux heures à l'aéroport et on lui a confisqué son passeport sans lui fournir la moindre explication", a déclaré à l'AFP Kaveh Farnam, coproducteur d'Un homme intègre. Le film doit sortir le 6 décembre en France, distribué par ARP Sélection. Il vient d'être présenté au festival de Telluride. "On lui a donné une lettre l'invitant à se présenter en personne au parquet chargé des médias et de la culture. Il s'y rendra probablement la semaine prochaine" a ajouté le producteur.

Jamais deux sans trois

On ignore pour l'instant les griefs retenus contre le cinéaste. Déjà, en 2011, il n'avait pas pu quitter le pays pour aller chercher son prix de la mise en scène Un certain Regard pour son film Au revoir, présenté au Festival de Cannes. Quelques mois plus tard, il avait été condamné à un an de prison pour "activités contre la sécurité nationale et propagande", simultanément à la condamnation de Jafar Panahi (six ans de réclusion pour le même motif).

Deux ans plus tard, en 2013, l'Iran avait de nouveau confisqué son passeport alors qu'il devait se rendre dans un festival allemand.

Cette fois-ci, on voit bien ce qui a pu gêner les autorités iraniennes.

Un homme intègre est une histoire dénonçant la corruption et l'injustice dans le pays. Mohammad Rasoulof avait bien reçu l'autorisation de tournage, mais il avait du signer une lettre l'engageant à ne pas faire un film sans espoir. Comme son héros, le cinéaste ne semble pas porter sur le compromis.

Star Wars : J.J. Abrams écrira et réalisera l’Episode IX

Posté par wyzman, le 12 septembre 2017

La nouvelle est tombée il y a quelques minutes sur le site officiel de la franchise : c'est finalement J.J. Abrams qui écrira et réalisera l’Épisode IX de Star Wars. Une nouvelle qui ne surprend pas tellement tant le monstre racheté à prix d'or par Disney connaît quelques soucis du côté de ses réalisateurs ces temps-ci.

Eh oui, c'est Colin Trevorrow qui devait normalement réaliser cet Episode IX, faisant ainsi suite à J.J. Abrams (Episode VII - Le Réveil de la Force) et Rian Johnson (Episode VIII - Les Derniers Jedi). Mais suite à des désaccords artistiques, le réalisateur de Jurassic World a été remercié la semaine dernière.Le scénario de l’Épisode IX sera écrit en partie par Chris Terrio, le co-scénariste de Batman v Superman et Justice League.

Pour rappel, J.J. Abrams n'a jamais caché son amour pour la saga Star Wars et c'est d'ailleurs celui-ci qui l'a fait quitter une partie de ses fonctions du côté du reboot de Star Trek au cinéma. L’Épisode VII - Le Réveil de la Force a marqué la fin 2015 puisqu'au total le blockbuster a rapporté 2 milliards de dollars au box-office mondial - dont 936 millions rien qu'aux Etats-Unis.

L’Épisode IX de Star Wars était prévu pour le 22 mai 2019 mais vient d'être décalé au 18 décembre, une semaine après la sortie de Wonder Woman 2. L’Épisode VIII - Les Derniers Jedi sortira le 15 décembre 2017.

Primé à Venise, Ziad Doueiri sous la menace d’une condamnation au Liban

Posté par vincy, le 11 septembre 2017

Le réalisateur franco-libanais Ziad Doueiri, ancien assistant de Quentin Tarantino, vit sans doute son plus étrange week-end. Samedi soir, son dernier film, L'insulte, coproduit par Julie Gayet, a été distingué à Venise avec le prix d'interprétation masculine pour l'acteur palestinien Kamel El Basha. Il revient au Liban dimanche, auréolé de ce prix prestigieux pour le cinéma de son pays. Et en fait il est arrêté à l'aéroport...

Durant deux heures et demi, il est interrogé. On lui confisque ses passeports français et libanais. Ziad Doueiri apprend alors qu'il doit "comparaître [lundi] à neuf heures du matin devant un tribunal militaire pour une investigation concernant un chef d'accusation" qu'il ignore.

Selon le quotidien libanais L’Orient le jour, le réalisateur, après trois heures au tribunal militaire de Beyrouth ce lundi, a bénéficié d’un non-lieu: le juge en charge de l’affaire ayant estimé que les faits étaient prescrits.

Le réalisateur "était accusé d'avoir violé l'article 285 du code pénal libanais qui interdit toute visite en territoire ennemi sans autorisation préalable" des autorités libanaises, a précisé son avocat Najib Lyan au quotidien. Cela concernait son film L'attentat, récompensé à San Sebastian, Marrakech et Istanbul.

En effet, pendant qu'il était en Italie, des journalistes et militants libanais ont lancé une polémique, en réclamant de sa part des excuses pour avoir tourné en Israël une partie de L'attentat, son avant-dernier film. Pour certains, il s'agissait de trahison, d'autres l'accusaient d'acter une "normalisation" des relations avec le territoire voisin ennemi (les frontières entre les deux pays sont fermées). Le film avait d'ailleurs été interdit au Liban en 2013 à sa sortie, parce que le cinéaste avait tourné partiellement en Israël avec quelques acteurs israéliens.

"Les gens qui me combattent essaient d'empêcher la diffusion de mon nouveau film L'insulte. Mais j'ai été longuement interrogé et la justice a constaté que je n'avais aucune intention criminelle vis-à-vis de la cause palestinienne" a expliqué le réalisateur après sa matinée au Tribunal. Profondément blessé, il a ajouté: "Des membres de ma famille sont morts en défendant la cause palestinienne".

Délit d'entrée sur le territoire d'un pays ennemi

Cependant tout n'est pas terminé puisque le juge a expliqué qu'il était "possible que l'affaire soit déférée devant un tribunal militaire, pour un délit d'entrée sur le territoire d'un pays ennemi sans autorisation préalable". Un délit passible d'une peine d'emprisonnement d'au moins un an au regard du droit libanais.

La coproductrice Julie Gayet a réagit dans les colonnes du Figaro: "Nous sommes tous choqués et dénonçons cette absurdité, qui n'est qu'une intimidation. C'est un prétexte absurde et moyenâgeux qui fait surface la veille de la sortie de son film à Beyrouth. Tout ceci est complètement fou, surtout quand on sait que L'insulte est un film qui prône la discussion, la paix et l'importance de s'ouvrir." L'Union nationale des critiques de films (SNCCI), et la Semaine de la critique de Venise, apportant leur soutien au réalisateur, ont aussi évoqué un "inacceptable acte d’intimidation" et un "intolérable abus de pouvoir".

L'insulte doit être présenté en avant-première nationale mardi. Il doit être aussi présenté aux festivals de Telluride et Toronto. Il était jusqu'à présent le candidat officiel pour les Oscars 2018.

Edito: Ôtez-nous d’un doute…

Posté par redaction, le 7 septembre 2017

Il y a presque un mois, une jeune femme antiraciste a été tuée par un suprémaciste blanc à Charlottesville, en Virginie. La question / division raciale aux Etats-Unis est toujours aussi vivace. Pas seulement aux Etats-Unis d'ailleurs, puisque, désormais, le politiquement correct domine l'ensemble de la communication des uns et des autres (au points d'être choqué ou amusé dès que quelqu'un sort des clous dictés par le code de bonne conduite).

Chaque citoyen occidental pèse un statut ou un tweet pour ne pas subir les trolls opposants. On anéantit le débat, on écrase la réflexion sous un torrent d'insultes, de vannes, de piques, de punch-lines. Le second degré disparaît. L'esprit se meurt. La nuance n'a plus le droit d'exister. La liberté d'expression est "sous contrôle" et "sous pression".

Cela conduit à des situations absurdes, proche d'un révisionnisme historique ou/et cinématographique inquiétant. Une salle de cinéma de Memphis a ainsi annulé la présentation annuelle d'Autant en emporte le vent, projeté depuis 34 ans en août à l'Orpheum Theatre. Brett Batterson, président du cinéma, considère qu'en tant qu’organisation "dont la mission est de divertir, d’éduquer et de mettre en valeur la communauté que nous servons, The Orpheum ne pouvait diffuser un film qui est insensible à une grande partie de la population locale", suite aux nombreux messages sur les réseaux sociaux. Le film le plus vu au cinéma dans l'Histoire du 7e art est qualifié de "potentiellement raciste". Sic.

En 1939, les producteurs savaient que le contenu racial du film pouvait être offensant pour certaines personnes. Pour adapter le roman de Margaret Mitchell, quelques modifications avaient été apportées afin d'atténuer l'esclavagisme ou même les stéréotypes liés aux afro-américains. Malgré cela, la comédienne Hattie McDaniel, qui incarnait une domestique bienveillante, a été la première Afro-Américaine à gagner un Oscar (meilleur second-rôle féminin), près de 25 ans avant la fin de la ségrégation dans les Etats du sud.

Mais oui, en effet, Autant en emporte le vent peut-être vu comme "potentiellement raciste". Ce qui ne retire rien aux qualités du film. Car cet aspect dérangeant est aussi celui qui prévalait (parfois encore plus durement) à l'époque où se déroule les aventures de Scarlett O'Hara. La guerre de Sécession était aussi un combat pour l'abolition de l'esclavage et l'affranchissement des Afro-américains. Les Sudistes, héros du livre comme du film, n'étaient pas dans le bon camp (et d'ailleurs, ils perdent). C'est toujours mieux que d'effacer complètement le sujet comme dans Les Proies de Sofia Coppola.

Censure

Si on en vient à refuser de projeter ce film mythique, quid des Westerns (franchement anti Amérindiens pour la plupart)? Quid des films de guerre où les ennemis étaient régulièrement caricaturés (propagande oblige)? Peu de films seraient finalement "visibles".

De la même manière le raciste Tintin au Congo serait interdit (il l'est parfois dans certaines bibliothèques). Comme on a gommé la pipe de Monsieur Hulot ou le clope de Lucky Luke au nom du dogme "Le tabac c'est mal". On révise l'histoire, on la transforme au gré de nos humeurs, morales, et autres contextes sociétaux. Mais il est évident qu'un film réalisé dans les années 1930 ou 1950 ne peut pas avoir le même point de vue qu'un film contemporain. Ce n'est pas pour rien aussi que les minorités se battent pour être "visibles" ou plaident pour "l'égalité" des salaires. Le combat n'est pas fini. Cependant, on constate que sur les Afro-américains, les Amérindiens, les homosexuels, etc..., le cinéma américain a évolué. Et peut-être que dans 30 ans, les futurs spectateurs seront choqués de voir des acteurs/actrices se fréquenter dans un fast-food ou conduire une voiture (autant de choses qu'on jugera sans doute nocives dans le futur). Pour l'instant, fumer semble moins tolérer que baiser (et souvent c'est sans capotes). Doit-on pour autant juger les films où Bogart allume une cigarette comme "potentiellement dangereux" pour la santé? Et que dire de tous les grands films pourtant très sexistes réalisés au fil des décennies?

Le racisme n'a aucun sens et être raciste est un délit indiscutable et condamnable. On ne reviendra pas là dessus. Mais plutôt que d'interdire à un spectateur de voir ou revoir un grand film sous prétexte qu'il n'est pas politiquement correct "de nos jours", il suffit d'accompagner la projection d'un débat pédagogique pour expliquer son contexte.

Car si on efface l'identité d'une époque, la vérité d'un moment de l'Histoire, l'art illustrant/traduisant cette période, alors on risque de censurer de nombreuses œuvres plastiques, littéraires ou cinématographiques. Autant en emporte le vent, les John Wayne ou les James Bond sont datés. Pas forcément cinématographiquement, mais socialement, politiquement. Mais ils font aussi partie d'un grand récit artistique, de notre mythologie par l'image, de ces fictions qui construisent notre perception du monde et reflètent la vérité de leur époque, donc de notre Histoire. Donc de notre présent.

3 raisons d’aller voir Une famille syrienne

Posté par wyzman, le 7 septembre 2017

Huit ans après Le Jour où Dieu est parti en voyage, le chef-op Philippe Van Leeuw repasse derrière la caméra. Pendant 1h26, il nous présente dans un huis-clos suffocant le quotidien d'une famille devenue atypique, confirmant la bonne forme du cinéma belge. Le film a reçu le Prix du public et le Prix Label Europa Cinémas à Berlin, où il était dans la sélection Panorama. A Angoulême, Une famille Syrienne est reparti avec le Valois de la mise en scène, le Valois du public et le Valois de la meilleure actrice pour Hiam Abbbass et Diamand Abou Abboud.

1. La guerre est invisible mais omniprésente. Dans la Syrie en guerre, une mère, ses enfants et leur grand-père tiennent bon, cachés dans leur appartement. Par solidarité, ils accueillent un couple et leur nouveau-né et tentent de garder espoir. Voilà pour le pitch. Si le film frappe c'est parce qu'avec précision, Philippe Van Leeuw montre la lourdeur d'un conflit. Les personnages attendent, tentent de se contenir et de se soutenir durant cette page de l'histoire qui dure. Intelligemment, le réalisateur belge laisse les soldats et les milices de l'autre côté de la porte, pour nous faire ressentir une promiscuité touchante et terrible à la fois.

2. Le scénario est en béton. On ne le dira jamais assez mais sans un bon scénario, un film ne peut pas être bon. Et avec Une famille syrienne, on frôle la perfection. En effet, si le synopsis du film peut faire redouter un projet dramatique et particulièrement difficile à regarder, il n'en est rien. Une famille syrienne est un drame qui s'intéresse frontalement et honnêtement au calvaire de ceux qui refusent ou ne peuvent pas fuir plutôt qu'aux tenants et aboutissants d'un conflit qui dure depuis maintenant 6 ans. Les dialogues sont justes et les rebondissements bien placés en plus d'être presque toujours imprévisibles.

3. La pédagogie d'Une famille syrienne réconforte. Très réaliste, le second long-métrage du Belge profite d'un véritable créneau : rares sont les films de fiction et européens qui traitent de ceux qui vivent au quotidien la guerre en Syrie. En ne montrant qu'à de petits moments ce qu'est l'enfer de la guerre et en se focalisant sur les épreuves que subissent les civils, Philippe Van Leeuw propose une œuvre didactique et prenante. Happé par cette histoire qu'il finit par s'approprier, le spectateur attend un rebondissement, un signe annonçant une quelconque résolution. Une famille syrienne ne fait jamais dans le larmoyant mais tire son épingle du jeu  par l'efficacité de l'ensemble. Une belle réussite.

Star Wars: l’Episode IX se fera sans Colin Trevorrow

Posté par wyzman, le 6 septembre 2017

La nouvelle est tombée il y a quelques heures : Colin Trevorrow ne réalisera finalement pas l’Épisode IX de Star Wars. Le communiqué officiel explique ainsi : "Lucasfilm et Colin Trevorrow ont mutuellement choisi de se séparer pour Star Wars: Episode IX. Colin a été un merveilleux collaborateur tout au long du processus de développement, mais nous sommes tous arrivés à la conclusion que nos visions pour le projet diffèrent. Nous souhaitons à Colin le meilleur et partagerons bientôt plus d'informations sur le film."

Devenu le roi du box-office après le carton de Jurassic World (1,6 milliards de recettes mondiales), Colin Trevorrow s'est malheureusement crashé cet été avec The Book of Henry qui n'a rapporté 4,2 millions de dollars aux États-Unis. Le nom de Rian Johnson est néanmoins déjà évoqué pour le remplacer. Et si la nouvelle de cette séparation n'est pas pour rassurer les fans de Star Wars, elle ne les étonne pas non plus. Pour rappel, en juin dernier, Lucasfilm s'est séparée de Phil Lord et Christopher Miller, les deux hommes qui devaient réaliser le standalone consacré à Han Solo. Avant cela, Tony Gilroy avait été engagé en urgence pour retourner certaines scènes du Rogue One de Gareth Edwards.

Malgré le carton de Rogue One et ses critiques dithyrambiques, ces changements de réalisateurs et ces désaccords artistiques ne présagent rien de bon pour les films à venir. Pour rappel, l’Épisode IX est toujours calé au 22 mai 2019 tandis que le spin-off sur Han Solo doit sortir le 23 mai 2018. Enfin, notez que Les Derniers Jedi, l'épisode VIII de Star Wars sera en salles le 13 décembre 2017 et qu'un standalone sur Obi-Wan Kenobi est en préparation.

Le cinéaste russe Kirill Serebrennikov (Le disciple) assigné à résidence

Posté par redaction, le 4 septembre 2017

La justice russe a rejeté aujourd'hui l'appel du réalisateur et metteur en scène russe Kirill Serebrennikov. Cette décision confirme l'assignation à résidence décidée le 23 août. Elle doit durer jusqu'au 19 octobre dans le cadre de son inculpation dans une affaire de détournement présumé de fonds publics. Cette assignation à résidence peut aussi être prolongée tant que le procès n'a pas eu lieu.

Le tribunal a "généreusement" autorisé Kirill Serebrennikov à sortir de chez lui pour deux heures de promenade quotidienne dans son quartier, selon l'agence de presse Interfax reprise par l'AFP. Par ailleurs, il n'a pas été autorisé à se rendre sur son lieu de travail

Directeur artistique du théâtre contemporain moscovite Centre Gogol, Serebrennikov, 47 ans, a signé plusieurs films comme Raguine, Jouer les victimes, Un jour sans fin à Youriev (trois fois primé à Locarno), Izmena (L'adultère, en compétition à Venise) et Le disciple, sélectionné à Un certain regard à Cannes en 2016. Le film avait reçu le Prix François Chalais et plusieurs prix dans différentes cérémonies en Russie. Il avait aussi présenté "Les Idiots" au Festival d'Avignon en 2015.

Après trois mois d'enquête, le metteur en scène avait été interpellé dans la nuit du 21 au 22 août alors qu'il se trouvait en plein tournage d'un film à Saint-Pétersbourg et qu'il devait monter prochainement un opéra à Stuttgart, en Allemagne. Selon les enquêteurs, le réalisateur est soupçonné d'avoir, par un système de devis et factures gonflés, détourné 68 millions de roubles (un peu plus d'un million d'euros au taux actuel) entre 2011 et 2014 sur des subventions publiques de 214 millions de roubles (3 millions d'euros) accordées au projet "Plateforme" réalisé par son précédent théâtre, le Studio-7.

"Ces accusations sont impossibles et absurdes", avait estimé le 23 août le metteur en scène devant le tribunal.

Un artiste qui ne plaît pas au Kremlin

On sait surtout que Kirill Serebrennikov a plusieurs fois critiqué les pressions croissantes exercées par le régime russe sur la création artistique sous prétexte de promotion des valeurs conservatrices. Ses œuvres étaient également critiquées par les militants orthodoxes ou les autorités.

L'affaire s'étant propagée à l'extérieur des frontières du pays, le pore-parole du Kremlin s'est senti obligé de défendre une contre-attaque: ce n'est pas de la "censure" mais une affaire "purement financière", a déclaré mercredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

En juillet, le célèbre théâtre moscovite du Bolchoï a annulé quelques jours avant la première un ballet mis en scène par Serebrennikov consacré à Rudolf Noureev, danseur soviétique réfugié en France en 1961 et mort du sida en 1993, assurant que le spectacle n'était pas prêt. Pourtant les répétitions générales avaient bien eu lieu, avec succès, début juillet. L’agence d’information TASS a ensuite annoncé que la décision avait été prise par le ministre de la Culture Vladimir Medinski en personne, qui aurait estimé que le spectacle faisait “la propagande des relations sexuelles non traditionnelles” (rappelons que Noureev comme Serebrennikov sont homosexuels). Mais le ministre s'est empressé de démentir l’information et a juste qualifié de "mauvais" ce ballet. Sans l'avoir vu.

Venise 2017: avec Suburbicon, George Clooney explose l’American Dream

Posté par kristofy, le 2 septembre 2017

Quel est le point commun entre George Clooney et les frères Joel & Ethan Coen ? Certes ils ont tourné quatre films ensemble. Mais ils ont aussi un même sens de l’humour sarcastique pour des (anti)héros pris dans une spirale criminelle, et surtout: ils sont amis et ils ont les même amis… C’est ainsi qu’est né le générique de Suburbicon, en compétition au 74e festival de Venise: au scénario, les frères Coen et George Clooney (et son co-scénariste Grant Heslov), et à l’écran Matt Damon, Julianne Moore, Oscar Isaac (qui ont d’ailleurs tous été dirigés par les Coen), mais aussi Alexandre Desplat pour la musique. Soit une dream team prête à tout pour le 6ème film de George Clooney derrière la caméra. Et c’est jouissif!

Suburbicon est le nom d’une ville idéale des Etats-Unis vers la fin des années 50. C’est même l’incarnation idyllique du rêve américain de cette époque, quand on découvrait le consumérisme, l'électro-ménager et la télévision. Le facteur et bientôt tout le voisinage vont se rendre compte d’un événement déplaisant pour eux : dans une maison vient d’arriver une nouvelle famille pas comme les autres, avec la peau noire. Tout le monde y va de son commentaire négatif et raciste… La maison juste à côté est celle de Matt Damon avec sa femme Julianne Moore (blonde), leur fils et la sœur de son épouse, toujours incarnée par Julianne Moore (mais rousse). Chez eux tout va basculer le temps d’une nuit : deux malfaiteurs se sont introduits chez eux, ils ont été immobilisés et brutalisés, et malheureusement la femme est décédée. Après l’épreuve des funérailles Matt Damon et sa belle-sœur Julianne Moore (la rousse si vous suivez) sont convoqués par la police pour une séance d’identification de suspects arrêtés : ils ne reconnaissent aucun de leurs agresseurs. On ne procède par conséquent à aucune arrestation. Mais leur fils est persuadé que les coupables étaient bien là, devant eux…

Ce début pétaradant va être le point de départ pour une implosion de la famille: mensonges et manipulations vont s’ensuivre à un rythme effréné. Les apparences ne sont pas seulement trompeuses, elles vont être mortelles. On y reconnaît bien l’humour noir particulier des frères Coen, en particulier le ton de leurs films Fargo et Burn After Reading. Alors qu’une machination dérape de pire en pire, pour la maison voisine, celle de la famille noire, les évènements empirent aussi : un mur est construit autour comme clôture, des dizaines de gens viennent les importuner en faisant du vacarme, puis une centaine de ‘citoyens’ fanatiques l'encercle…

Le contexte de la ségrégation raciale a particulièrement retenu l’attention puisque la présentation du film arrive quelques semaines après la dramatique actualité de Charlottesville, où le KKK, les néo-nazis, les suprémacistes blancs et autres groupuscules d'extrême-droite se sont confrontés à des antiracistes, notamment issus du mouvement Black Lives Matter, causant la mort d'une entre eux (Heather Heyer) et en blessant 19 autres.

George Clooney a dû évidemment apporter à Venise un commentaire politique : "Le slogan de Trump ‘Make America Great Again’ est tourné vers l’Amérique de Eisenhower, il s’adresse uniquement à un homme, blanc, hétérosexuel. Il a fallu environ deux ans pour mettre en route la production de ce film et le terminer, on ne se doutait pas que Suburbicon allait être autant en phase avec l’actualité. Oui, c’est un film de colère. Il y a beaucoup d’américains en colère aujourd’hui contre la façon dont le pays est dirigé."

Pourquoi Hitman & Bodyguard est le parfait buddy movie

Posté par wyzman, le 24 août 2017

On a malheureusement peu l'occasion d'en parler sur Ecran Noir mais on adore jeter un coup d'œil aux buddy movies. Pour les non-initiés, le buddy movie désigne un genre de films où l'intrigue principale repose sur deux héros souvent très différents. Dans la catégorie buddy movie, on peut ainsi mettre Taxi, Rien à déclarer, De l'autre côté du périph' pour le cinéma français et Bad Boys, Wild Wild West et The Nice Guys pour ce qui est des États-Unis.

Un exemple à suivre

Si l'on vous parle de ce genre cinématographique, c'est parce qu'il vient de trouver un nouveau représentant en la personne de Hitman & Bodyguard de Patrick Hughes, sorti hier en France. Centré sur les péripéties d'un garde du corps (Ryan Reynolds) engagé pour protéger un tueur à gages (Samuel L. Jackson) devant témoigner dans le procès d'un dictateur biélorusse (Gary Oldman), Hitman & Bodyguard est un superbe exemple de "comédie d'action pour potes".

Grâce à un comique de répétition (cf l'expression "motherfucker"), des quiproquos, des joutes verbales sans fin et de l'action bien introduite, le scénario de Tom O'Connor s'avère finalement assez fin - pour ce type de films. Outre les scènes d'action, le scénariste de Fire with Fire parvient à faire la part belle à tous les acteurs présents au casting. Ryan Reynolds est ainsi excellent en garde du corps déclassé tandis que Samuel L. Jackson rayonne en taulard vulgaire et amoureux.

Des qualités indéniables

Plus encore, Hitman & Bodyguard vaut le détour pour ses personnages féminins. Il y a tout d'abord la complexe Amelia (jouée par Elodie Yung) qui donne du fil à retordre au cœur de Michael (Ryan Reynolds). Puis vient Sonia ! Incarnée à l'écran par la superbe Salma Hayek, Sonia est sans conteste le personnage le plus délirant et original de Hitman & Bodyguard. En anglais, on l'appellerait un "scene-stealer" car c'est précisément ce que fait Salma Hayek dans le film. Chacune de ses apparitions est un tel régale qu'elle en éclipse ses partenaires et c'est en cela que le film se démarque des autres cités plus haut. Il n'a pas peur de faire d'un personnage secondaire un élément clé de son intrigue. Et c'est avec beaucoup de joie que l'on accueille ces deux personnages féminins aussi attachants et nécessaires que les deux protagonistes.

Enfin, et parce qu'il s'agit d'un film d'action, impossible de passer à côté des scènes de combat qui sont très bien chorégraphiées et souvent audacieuses. Le réalisateur d'Expendables 3 est parvenu ici à rendre drôle et crédible un accident de la route dans lequel Ryan Reynolds est projeté à travers le pare-brise pour finalement atterrir sur ses pattes. Entre ça et le mémorable combat dans un magasin de bricolage, que demander de plus ?