« Grâce à Dieu » pourra sortir le 20 février dans les salles

Posté par vincy, le 18 février 2019

Grâce à Dieu de François Ozon, Grand prix du jury à Berlin samedi, a été autorisé par la justice à sortir en salles mercredi 20 février, selon les avocats de la défense.

Le réalisateur avait été assigné en référé par l’un des avocats du père Preynat, homme d'église suspecté d’avoir abusé d’enfants dans le diocèse de Lyon, pour obtenir un report de la sortie du film. Le prêtre est suspecté d’avoir abusé de dizaines de jeunes scouts dans les années 1980 et 1990 mais il n’a pas encore été jugé pour les faits qui lui sont reprochés (et filmés comme avérés dans Grâce à Dieu). La date du procès n'est pas encore connue et la présence de messages au début et à la fin du film rappelant l'absence de jugement "suffit à garantir" les droits des présumé innocents.

Selon le juge, "la demande de report n’était « pas proportionnée » à l’atteinte à la présomption d’innocence du père Preynat que pouvait représenter le film."

Quand François Ozon a commencé le tournage du film l'an dernier, tout le monde pouvait penser que le verdict tomberait avant sa sortie. Le litige est dans l'usage des vrais noms de trois présumés innocents. En effet, cette fiction basée sur des faits réels n'a pas modifié le nom de trois "accusés" le cardinal Barbarin, dont le jugement pour « non-dénonciation d’atteintes sexuelles » sera rendu le 7 mars par le tribunal correctionnel de Lyon, le père Preynat et Régine Maire, ex-membre du diocèse de Lyon. Tous les autres noms ont été changés.

L'accusation avait demandé que le film sorte après le procès du père Preynat, ce qui retardait de plusieurs mois la sortie du film.

Celui-ci met en valeur le rôle de l’association La Parole libérée. C'est la construction des liens entre les victimes, de la constitution de cette communauté d'hommes abusés sexuellement qui est au cœur de Grâce à Dieu.

Le film devrait sortir dans plus 300 salles, distribué par Mars films.

Berlinale 2019: Adam McKay et André Téchiné, le vice sans la vertu

Posté par vincy, le 12 février 2019

Deux des rares films de la sélection officielle de la 69e Berlinale signés par des cinéastes connus et récompensés abordent l’Etat islamique.

Vice d’Adam McKay en retrace les origines. Avec son cinéma mashup - reportage, fiction, satire et politique -, ce film d’infotainment suit le parcours de Dick Cheney, étudiant raté et mec médiocre, qui a su et pu grimper les échelons jusqu’à là vice-présidence américaine sous George W. Bush. D’où le titre, Vice.

Qu’on peut aussi interpréter autrement : le vice, celui qui lui permet sournoisement et malicieusement de s’imposer sans scrupules comme le président bis. De ses calculs explosera la guerre en Irak, deuxième session, et le désir de revanche de certains au Moyen-Orient. Trop occupé avec Saddam Hussein, proie exutoire, trop concentré à cacher ses mensonges et ses erreurs, trop obsédé à réussir sa propagande anti Al-Qaida, le brillant stratège laissera échapper un monstre. Il a semé les graines bien fertiles de cet Etat Islamique devenu au fil des attentats en Occident la bête noire à abattre, prolongeant sans fin le conflit au Moyen-Orient.

La suite, on la trouve dans le film d’André Téchiné, L’adieu à la nuit. Ou plutôt le bonjour au brouillard. Ce drame reprend les trois axes des films du réalisateur: les liens du sang, la transgression et la faute souvent morale et induisant toujours la notion de responsabilité.

Une grand-mère est coincée dans un dilemme personnel lorsqu’elle découvre que son petit-fils va partir en Syrie combattre aux côtés de l’Etat islamique. Nous sommes plus de dix ans après la fin de l’ère Cheney. Désormais de jeunes occidentaux sont enrôlés, consentants, pour faire la guerre aux sociétés occidentales, « pourries » par la luxure, l’individualisme et le consumérisme. On en revient aux vices.

Il n’y a pas forcément de vertu. Les deux films ne sombrent pas dans la leçon moralisatrice ou le happy end réconciliateur ou salvateur.

Cheney (Christian Bale) survit mais il n’a jamais été président et subit la colère profonde de l’une de ses filles adorées. Muriel (Catherine Deneuve) perd ses repères et semble ne plus sortir de la nuit qui obscurcit ses pensées.

En dialoguant involontairement et sous des formalismes très différents - l’un avec une maitrise très hollywoodienne de la narration par le montage, l’autre avec un savoir-faire à la française qui se repose sur le scénario et les acteurs - Vice et L’adieu à la nuit montre comment la puissance d’un homme (aiguisée par l’ambition de son épouse) peut avoir des répercussions dramatiques sur des familles  à l’autre bout du monde, des années plus tard.

Vice démontre la capacité d’action de la politique. L’adieu à la nuit expose les conséquences de ces mêmes politiques.

Le citoyen lambda peut en effet s’estimer victime.

Berlinale 2019 : Grâce à Dieu de François Ozon, reconstitution sensible rattrapée par l’actualité

Posté par MpM, le 8 février 2019

Première entrée française de cette 69e Berlinale, Grâce à Dieu, le nouveau film de François Ozon aborde la question de la pédophilie dans l'Eglise en relatant l'histoire des victimes du prêtre Bernard Preynat accusé d'attouchements sexuels sur de jeunes scouts dans la région de Lyon. Le film, qui s'est fait en secret, arrive au moment-même où le cardinal Barbarin et Régine Maire, psychologue au service du diocèse, attendent le verdict du procès dans lequel ils sont accusés d'avoir couvert les agissements du prêtre, et avant même que le principal accusé n'ait été jugé. Un recours a d'ailleurs été déposé pour reporter la sortie du film, prévue le 20 février, afin qu'il ne soit pas sur les écrans avant la fin de la procédure judiciaire.

Et le film, dans tout ça ? On comprend que les accusés (qui bénéficient jusqu'au verdict de la présomption d'innocence) ne soient pas particulièrement ravis d'y apparaître sous leur véritable nom, sans le voile pudique de la fiction pure (d'autant que les victimes, elles, n'apparaissent pas sous leur véritable identité). La narration est en effet un mélange de reconstitution quasi documentaire et d'enquête minutieuse racontant comment le premier plaignant a porté plainte contre le prêtre Preynat après avoir tenté une conciliation avortée avec l'Eglise, puis comment d'autres victimes se sont jointes à son combat en montant l'association "la parole libérée".

La première partie du film consiste ainsi notamment en un échange épistolaire (lu en voix-off) entre Alexandre Guérin (Melvil Poupaud) et Régine Maire d'une part, et le cardinal Barbarin d'autre part. Les enjeux y sont clairement posés, entre le besoin qu'éprouve la victime de voir le responsable sanctionné et la volonté de la hiérarchie religieuse d'amener l'affaire sur le terrain du pardon et de la repentance. Ces allers et retours entre les deux "camps", par le biais des lettres et des rencontres, se font sans temps mort, dans une forme de sécheresse narrative qui laisse très peu de place pour la fiction. Du personnage principal, on ne saura que ce qui a rapport à l'affaire, toute digression étant bannie, ou laissée hors champ.

François Ozon dresse ainsi en creux le portrait de l'accusé (pas vraiment à son avantage) mais aussi de Barbarin et de son équipe, présentés comme les gardiens d'une énorme machine rigide et froide qui ne pense qu'à sa propre sauvegarde. Le film décortique alors la stratégie d'évitement du cardinal, ainsi que l'incompréhension agacée, dénuée du moindre tact, de ceux qui l'entourent : "Pourquoi toujours remuer ces vieilles histoires ?" s'exclame l'un des responsables du diocèse.

On suit ensuite successivement deux autres personnages (interprétés par Denis Ménochet et Swann Arlaud) ayant été abusés par le prêtre, qui poursuivent le travail commencé par Alexandre Gérin. Le premier se met en quête d'autres victimes, en créant l'association "la parole libérée", et le second s'engage dans le mouvement, y trouvant un moyen de reconstruire sa vie. Le film bascule plus clairement dans le format de l'enquête, sans céder pour autant aux sirènes du sensationnalisme. L'aspect très clinique de la première partie laisse place à une fiction plus classique, avec quelques scènes qui permettent d'en savoir plus sur les personnages, et notamment d'appréhender les traces laissées, dans leur vie d'adulte, par les abus subis dans leur enfance.

François Ozon propose ainsi un récit sensible et pudique (malgré des flashbacks répétitifs qui n'apportent pas grand chose au récit) sur une tragédie humaine qui est celle des victimes de Lyon, mais qui pourrait être plus largement celle de toutes les victimes d'abus sexuels. Toutefois, difficile de nier que le film se fait plus précisément à charge contre l'Eglise en tant qu'institution toute-puissante qui n'a pas été capable de prendre la mesure de ce qui se passait dans ses rangs, et contre tous ceux qui ont été, volontairement ou non, les complices des agissements du prélat.

Quitte, parfois, à flirter avec un certain didactisme dans son propos. D'autant que les témoignages proposés par le film, ainsi que le récit qui est fait des agissements du cardinal Barbarin ou de ses proches, n'amènent pas vraiment le spectateur à douter de leur culpabilité, ce qui pose un vrai problème éthique. Car si on ne peut reprocher au réalisateur d'avoir voulu raconter "sa" vérité, qui est celle des victimes, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur la pertinence de laisser le verdict de fiction s'exprimer avant celui de la justice.

Bird Box : 45 millions d’abonnés Netflix ont regardé le film de Susanne Bier

Posté par wyzman, le 30 décembre 2018

Si l'on en croit le géant du streaming, un tiers de ses abonnés a donné une chance au thriller d'épouvante porté par Sandra Bullock.

Des chiffres impressionnants

Ce vendredi, le compte Twitter @NetflixFilm s'est empressé d'annoncer : "J'ai retiré mon bandeau ce matin pour découvrir que 45 037 125 comptes Netflix ont déjà regardé Bird Box, les sept meilleurs premiers jours pour un film Netflix !" Bien qu'aucun institut ne soit actuellement capable de mesurer l'audience des programmes de Netflix — qui les communique rarement —, si ces chiffres s'avéraient exacts, cela signifierait qu'un tiers des 137,1 d'abonnés s'est laissé tenté par le film de Susanne Bier.

Disponible depuis le 21 décembre, Bird Box a rapidement trouvé son public. Dans ce film, Sandra Bullock incarne une mère de famille qui prend la fuite avec ses deux enfants alors qu'une force mystérieuse décime la population mondiale. Pour y échapper, une seule solution : se bander les yeux — et ne pas l'affronter de visu. Cela étant, le service de streaming n'a pas tenu à préciser si ces chiffres correspondent à des visionnages complets de Bird Box.

Un projet pas comme les autres

Comme le précise Variety, Bird Box a bénéficié d'une sortie en salle une semaine avant sa mise en ligne. Le film était en effet visible dans quelques salles de Los Angeles, New York, San Francisco et Londres dès le 13 décembre, à l'instar de Roma d’Alfonso Cuarón et La Ballade de Buster Scruggs des frères Coen.

Expérience traumatisante pour certains, Bird Box a également su tirer avantage de Noël puisque les réunions de famille auraient été propices à des visionnages massifs du film de Susanne Bier. Déjà derrière la caméra pour la mini-série de The Night Manager (10 millions de téléspectateurs outre-Manche), Susanne Bier connaît sans doute ici le plus gros succès critique et public de sa carrière.

Pour rappel, Bird Box dispose d'un casting très impressionnant. Trevante Rhodes (Moonlight), Sarah Paulson (Ocean's 8), ainsi que John Malkovich (Deepwater Horizon), Jacki Weaver (Les Veuves), BD Wong (Jurassic World : Fallen Kingdom), Tom Hollander (Bohemian Rhapsody) et le rappeur Machine Gun Kelly accompagnent Sandra Bullock.

Le Prix Sakharov pour Oleg Sentsov

Posté par vincy, le 26 octobre 2018

Le cinéaste ukrainien emprisonné en Russie Oleg Sentsov a obtenu hier le Prix Sakharov (du nom du Prix Nobel de la paix russe) décerné par le Parlement européen. C'est la première fois qu'une personnalité issue du cinéma reçoit ce prix dédié à la défense des droits de l'Homme.

Sentsov, symbole de l'opposition ukrainienne à la Russie, a été condamné à 20 ans de réclusion pour "terrorisme" et "trafic d'armes" lors d'un procès jugé "stalinien" par les ONG.  Originaire de Crimée, presqu'île annexée par les russes au mépris du droit international, Oleg Senstov a été l'une des personnalités les plus engagées publiquement contre la Russie. Il prépare son film Rhino quand il décide de s'engager dans un mouvement politique pro-européen en Ukraine.

Le 14 mai dernier, il avait entamé une grève de la faim pour exiger la libération de tous les ukrainiens détenus en Russie. Malgré l'intense pression diplomatique et de nombreuses manifestations de soutien, le président russe Vladimir Poutine n'a jamais cédé. 145 jours de grève de la faim: Oleg Sentsov a annoncé l'arrêt de son jeûne le 5 octobre dernier, de peur d'être nourri de force. Sa santé a été "gravement éprouvée", touchant, notamment le foie, le cœur et le cerveau.

La libération du réalisateur de Gamer n'est toujours pas d'actualité.

D'autant que le Kremlin, en apprenant qu'Oleg Sentsov recevait le Prix Sakharov, a jugé cette décision "totalement politisée". Selon l'AFP, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, dans une mauvaise foi absolue, a ainsi réagit : "Pourquoi ont-ils choisi Sentsov et pas Savtchenko?", a en référence à la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée lors d'un échange de prisonniers en 2016 avant d'être arrêtée de nouveau dans son pays pour la préparation d'une attaque contre le Parlement.

"Attribuer un prix à une personne reconnue coupable de terrorisme est la dernière étape d'un mépris marqué pour les normes et les lois", a expliqué Piotr Tolstoï, vice-président de la chambre basse du Parlement russe.

Une chose est certaine: Oleg Sentsov ne pourra pas venir chercher le Prix Sakharov cette année.

Naomi Kawase signera le film officiel des JO de Tokyo

Posté par vincy, le 25 octobre 2018

La cinéaste japonaise Naomi Kawase a été choisie pour réaliser le film officiel des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Le comité olympique a rappelé que la réalisatrice enrichira ainsi "un héritage de plus d'un siècle de films olympiques, comprenant notamment les documentaires réalisés pour les Jeux Olympiques organisés au Japon" : Tokyo 1964 (Kon Ichikawa), Sapporo 1972 (Masahiro Shinoda) et Nagano 1998 (Bud Greenspan, qui a signé une grande partie des films olympiques depuis 1984).

Elle sera la cinquième femme à réaliser un film officiel, après Caroline Rowland (Londres 2012), Gu Jun (Beijing 2008), Mai Zetterling (pour un des segments de Munich 1972) et Leni Riefenstahl (Berlin 1936).

Pour chaque édition des Jeux Olympiques, le Comité International Olympique, en étroite collaboration avec le comité d'organisation des Jeux, examine les propositions des plus grands cinéastes du pays hôte qui participent à un concours lancé pour la réalisation du film officiel.

"Le réalisateur du film officiel doit illustrer l'expérience des Jeux Olympiques en question sous un angle original et chercher à saisir l'âme d'une édition spécifique des Jeux tout en considérant le contexte social et culturel plus large" rappelle le CIO. "Naomi Kawase a été choisie pour la force de sa proposition qui traduit une compréhension nuancée de la culture japonaise et des valeurs olympiques, ainsi que pour son solide palmarès et sa remarquable réputation internationale" ajoute le communiqué.

"J'espère saisir "l'instant" et tirer pleinement parti de l'attrait du film documentaire et de sa capacité à figer ces moments dans “l'éternité”, et contribuer ainsi à communiquer au monde entier tout l'intérêt des Jeux de Tokyo 2020" a expliqué la réalisatrice, dont le dernier film, Vision (Voyage à Yoshino) , avec Juliette Binoche, sera dans les salles françaises le 28 novembre.

La collection des films olympiques, débutée en 1912, comprend plus de 50 longs métrages, dont ceux signés par Milos Forman, Claude Lelouch, Arthur Penn, John Schlesinger (tous pour Munich en 1972), Im Kwon-taek, Carlos Saura...

Des subventions sous conditions pour le cinéma israélien?

Posté par redaction, le 22 octobre 2018

Ce dimanche, le gouvernement israélien a adopté un projet de loi qui fait polémique. Cette loi permettrait de retirer des subventions aux films et aux spectacles qui ne seraient pas "loyaux" envers l'Etat. Ce projet est évidemment dénoncé par les milieux culturels, qui y voient une manière d'interférer dans la liberté d'expression et la liberté de création.

La ministre israélienne de la Culture et des Sports Miri Regev commence un long parcours parlementaire avant que sa loi n'entre en vigueur. Selon l'AFP, les ministères des Finances et de la Culture auraient "le pouvoir de supprimer les subventions à toute institution présentant des œuvres artistiques niant le droit à l'existence de l'Etat d'Israël, s'attaquant au drapeau national, présentant le jour de l'indépendance du pays comme un jour de deuil, ou incitant au racisme et au terrorisme."

"Oui à la liberté de la culture, non aux provocations!", a proclamé la ministre sur Facebook, qui s'en prend souvent aux artistes, jugés élitistes et considérés à gauche. Cette loi découle en fait d'une indignation publique de la ministre très à droite quand, l'an dernier, Foxtrot, a reçu le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise et le prix du meilleur film étranger au National Board of Review. La ministre affirmait "avoir honte" que l'académie israélienne ait choisi le film pour représenter le pays aux Oscars, considérant qu'il "salit l’image de l’armée" du pays.

Défiance mutuelle

Miri Regev a publiquement exprimé sa révulsion à l'égard d'une scène du film montrant des soldats israéliens qui tuaient accidentellement des civils palestiniens  innocents à un check-point, avant de dissimuler leur bavure avec un bulldozer. "Quand un film israélien remporte un prix international, le cœur s’emplit de fierté, et d’instinct, je veux renforcer et encourage la réussite israélienne. Mais il y a une exception à cette règle, quand le monde s’enflamme autour de l’auto-flagellation et la coopération avec le discours anti-israélien" avait-elle écrit lors du sacre vénitien du film.

De là est née sa loi: la ministre a menacé de couper les vivres aux films jugés « anti-israéliens ». Dès le mois de mars, elle a demandé des informations détaillées sur le processus d’approbation des films afin d'encadrer le financement en fonction de certains critères. Cela s'apparente à une forme de censure. Si le cinéma israélien dépend beaucoup des aides de l'Etat, la plupart des cinéastes ont recours à des coproductions internationales.

Il ne fait jamais bon de mélanger politique et création, et, conséquence de cette polémique l'an dernier, elle n'avait pas été invitée à la cérémonie de remise des prix Ophir (les César du cinéma israélien). Foxtrot a remporté 8 trophées dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Miri Regev n'aime pas grand chose de toute façon: la nudité, les œuvres qui critiquent le pays ou la politique de son chef de gouvernement, les poèmes palestiniens, ... Elle se fâche régulièrement avec les artistes.

Dina Aldor, directrice de la prestigieuse et populaire Batsheva Dance Company, l'une des compagnie de danse majeure dans le monde, a rappelé cet été à Montpellier: "L’argent des subventions, c’est celui de nos impôts à tous, c’est celui du peuple. Le gouvernement a l’obligation de le distribuer à la culture comme à la santé ou à l’éducation selon des critères objectifs précis : nombre de représentations, de danseurs, de créations. Quand la nouvelle ministre Miri Regev a émis l’idée de soumettre ces subventions à la reconnaissance de la politique du gouvernement dans les Territoires occupés, cela a déclenché une panique, une prise de position dure d’Ohad Naharin et des artistes. Ensuite, nous avons vérifié avec des avocats : la loi nous protège, elle n’a pas le droit de changer les critères (objectifs) d’attributions des subventions. Alors aujourd’hui, on la laisse parler, et nous on travaille. Les gouvernements passent, les artistes restent."

Le documentaire sur le Dr Mukwege, Nobel de la paix, dans quelques UGC

Posté par vincy, le 8 octobre 2018

JHR Films est heureux. La société a appris "avec joie et émotion" que le docteur Denis Mukwege était le co-lauréat du Prix Nobel de la Paix, vendredi 5 octobre à Oslo, aux côtés de Nadia Murad.

Le distributeur avait sorti en France le film de Thierry Michel et Colette Braeckman, L'homme qui répare les femmes, en février 2016. A l'occasion du Nobel, dans le cadre d'UGC Doc, plusieurs salles UGC diffuseront le film le 12 octobre à 20h: Les Halles, Paris 19 et Gobelins à Paris, à La Défense, au Confluence à Lyon et à Bordeaux.Le film avait reçu le prix Magritte du meilleur documentaire en Belgique.

La yézidie Nadia Murad et le médecin gynécologue congolais Denis Mukwege ont été "nobélisés" "pour leurs efforts pour mettre fin à l'emploi des violences sexuelles en tant qu'arme de guerre".

Récompensé par plusieurs prix humanitaires, recevant les Chefs d'Etat pour les sensibiliser aux crimes portés contre les femmes en tant qu'armes de guerre (viol comme mutilation), le docteur Mukwege est internationalement connu comme l’homme qui répare ces milliers de femmes, violées durant 20 ans de conflits à l’Est de la République Démocratique du Congo.

La coréalisatrice Colette Braeckman est aussi l'auteure d'un livre réédité il y a deux ans, L'homme qui répare les femmes: le combat du docteur Mukwege.

En Pologne, le film « Kler » bat des records au box office et se transforme en polémique politique

Posté par vincy, le 5 octobre 2018

935000 spectateurs le week-end dernier pour Kler (Clergé en français) au box office polonais. Le film de sorti le 28 septembre réalisé par Wojciech Smarzowski a battu tous les records locaux depuis 30 ans, surclassant Cinquante nuances de Grey, Star Wars et n'importe quel film polonais. Cold War, primé à Cannes et représentant du pays pour les Oscars, n'a ainsi attiré "que" 755000 spectateurs au cours de sa carrière. Un phénomène d'autant plus marquant que ce drame aborde un sujet brûlant : les prêtres et la pédophilie, dans un pays encore très catholique.

Il reste encore de la marge pour battre le record de recettes historique dans le pays (Avatar, seul film à avoir dépassé les 20M$ aux box office). Mais ce devrait être le plus gros succès polonais dans le pays, record détenu par Lejdis, comédie sortie en 2008.

Le film dénonce pourtant les méthodes et les affaires d'une église omniprésente dans le champ politique polonais et à laquelle le peuple reste très attaché 40% des Polonais croient encore aux lois de l'Eglise et un peu plus vont régulièrement à la messe). Dans les débats, l'Eglise encaisse et compte sur ses relais.

Le chef du parti ultraconservateur et nationaliste (au pouvoir), Jaroslaw Kaczynski, a même parlé d'un "coup porté contre la Pologne", le chef du bureau de sécurité nationale Pawel Soloch hurle au "film de propagande odieux". Le film attise les passions dans un pays où la religion catholique est encore enseignée à l'école et où l'Eglise intervient intensément dans la politique (l'avortement est toujours interdit, le blasphème est un délit pénal).

"Tous ceux qui portent la Patrie dans leur coeur, qui aiment Dieu et la Pologne, doivent dire clairement aujourd'hui "non" à la destruction de nos valeurs nationales", a affirmé une association de journalistes catholiques, appelant au retrait d'un film profondément "anticlérical, anticatholique et antipolonais" qui "fausse" l'image de l'Eglise, rapporte l'AFP.

La vérité sur une Eglise intouchable

En s'attaquant aux crimes pédophiles des prêtres, Kler tombe à pic. Des scandales de ce genre, il y en a chaque semaine qui sont révélés du Chili aux Etats-Unis, d'Irlande à l'Allemagne, du Canada à la France. Il y a déjà eu des films sur le sujet (Sleepers, Spotlight) et le prochain Ozon, Grâce à Dieu, sera sur ce thème.

En montrant les coulisses de l'institution cléricale, le réalisateur Wojciech Smarzowski, qui a du tourner une partie de son film en République tchèque, met en lumière ce que pensent les Polonais sur la sacro-sainte Eglise. Nombreux sont ceux qui avouent que le pays a besoin de voir son Eglise en face, de comprendre cette vérité.

Le film raconte l'histoire de trois prêtres. L'un d'eux est accusé (à tort) d'actes pédophiles tandis qu'un autre utilise tout son pouvoir pour masquer ses propres "écarts". Victimes ou témoins de tels crimes dès leur enfance, c'est en fait un combat pour que le mensonge gagne sur la vérité. C'est aussi un film qui expose la corruption, l'hypocrisie, l'abus de bien social, l'alcoolisme et l'homosexualité des élites religieuses. Le cinéaste a fait relire son scénario à des membres du clergé, qui ont authentifié chacune des déviances racontées.

"Aucun réalisateur n'a jamais osé présenter une vision aussi critique de l'Eglise catholique en Pologne. Kler s'attaque ouvertement à l'Eglise et dénonce tous ses péchés cardinaux allant de cas de pédophilie, au versement d'argent par les fidèles pour accéder aux sacrements, aux appels d'offres truqués et à la démoralisation généralisée de la hiérarchie", explique Janusz Wroblewski, critique de cinéma.

Controversé, dérangeant, le film a remporté six prix au Polish Film festival dont celui du public.

Fan Bingbing doit 129M$ au fisc chinois

Posté par redaction, le 3 octobre 2018

Une semaine après les inquiétudes parues dans la presse internationale sur l'étrange disparition de l'a star chinoise Fan Bingbing, celle-ci est réapparue. Ce mercredi 3 octobre l'actrice a présenté ses excuses à ses fans comme au Parti communiste. On sait très bien comme ce genre d'acte de contrition est piloté par les autorités politiques. Un mélange de confessions sous contraintes et de propagande téléguidée, diffusé sur le réseau Weibo, implorant ses fans de lui pardonner ses erreur: "Sans les bonnes politiques du Parti et du pays, sans l'attention pleine d'amour des masses, il n'y aurait pas de Fan Bingbing". A côté les excuses publiques de Hugh Grant ou George Michael quand ils ont été surpris dans des relations sexuelles clandestines paraissent bien mièvres.

On apprend ainsi que le fisc chinois lui réclame 112 millions d'euros d'impôts, amendes et pénalités. Cette somme serait liée à la politique du double contrat (un officiel pas trop imposé et un officieux où elle est rémunérée de manière bien plus importante). Elle peut éviter les poursuites si elle règle la note dans le délai imparti. Ce qui n'empêchera pas certaines arrestations.

En révélant le litige réel entre le pouvoir chinois et l'actrice, le fisc dissipe le mystère autour de la disparition de la star, alors que les rumeurs s'emballaient. L'agence officielle Chine nouvelle a servi de relais et a confirmé qu'une personne a déjà été arrêtée dans le cadre de cette enquête pour dissimulation et destruction de documents comptables.

Depuis l'enquête sur Fan Bingbing, le fisc a décidé de procéder à une grande investigation dans les industries du spectacle.  Rappelons que l'actrice n'a jamais été citée nommément: ce sont les entreprises qu'elle possède qui étaient dans le viseur. Les intermédiaires (comptables, avocats, ...) seraient tous inquiétés actuellement.

Mise à jour le 4 octobre: L'actrice Fan Bingbing a été libérée aujourd'hui selon le South China Morning Post de Hong Kong. Ce qui prouve bien qu'elle était en détention, a priori dans une résidence de luxe près de Wuxi.