Tenet : Christophe Nolan dévoile un teaser de son nouveau film avant les projections de Hobbs & Shaw

Posté par wyzman, le 2 août 2019

Si l'on en croit les informations de Variety, les fans américains de la franchise Fast & Furious ont eu droit à un joli aperçu du nouveau film de Christopher Nolan.

Teaser énigmatique

Depuis jeudi soir, les spectateurs se rendant à certaines projections de Fast & Furious : Hobbs & Shaw ont eu la chance d'apercevoir les première images de Tenet, le prochain thriller d'action de Christopher Nolan. Sur ces images que vous pouvez dès à présent voir ici (en qualité moindre) [La vidéo a été désactivée à la demande des ayant-droits depuis la parution de l'article, ndlr], John David Washington est en quête de réponses. Le teaser indique "L'heure est venue pour un nouveau protagoniste... L'heure est venue pour un nouveau type de missions."

Bien que le casting comporte également Elizabeth Debicki, Robert Pattinson, Aaron Taylor-Johnson, Kenneth Branagh, Clémence Poésy, Dimple Kapadia et Michael Caine, ceux-ci ne figurent pas dans la vidéo de 40 secondes. Attendu pour le 22 juillet 2020 en France, le 11e long-métrage de Christopher Nolan est à nouveau produit par Syncopy Films et distribué par Warner Bros.

Kyoto Animation: 35 morts, 34 blessés, un film et un serveur sauvés

Posté par redaction, le 29 juillet 2019

Le 18 juillet dernier, le studio Kyoto Animation a été victime d'un incendie criminel. Le bilan est de 35 personnes sont mortes (dont 21 femmes) et 34 blessées (dont une dizaine dans un état sérieux), parmi lesquels l'auteur de l'incendie. Un carnage humain qui a ému le monde de l'animation. Créé en 1981, le studio a notamment travaillé avec les studios Ghibli (Porco Rosso) et OLM (Pokémon). Depuis qu'il n'est plus un sous-traitant mais un studio à part entière, Kyoto Animation a sorti de nombreuses séries TV, dont La Mélancolie de Haruhi Suzumiya, Sound Euphonium ou encore Violet Evergarden. Il a aussi produit des films déclinés de ces séries et surtout le splendide anime Silent Voice et le récent Liz & l'oiseau bleu.

KyoAni était un studio singulier, fondé par un couple, embauchant majoritairement des femmes, et réputé pour ses bonnes conditions de travail, en plus de persévérer à employer des animateurs qui lui sont propres. Aujourd'hui il est en cendres. On ne sait pas ce qui a motivé le pyromane, Shinji Aoba, 41 ans, qui a déjà été emprisonné pour vol et qui souffre apparrement de désordres mentaux. Il semblerait que le studio lui aurait "plagié" un de ses romans, sans qu'il n'y ait aucune preuve. L'enquête vient de confirmer qu'il était obsédé par le studio, dont ils possédait quasiment tous les mangas et les dvd.

C'est le pire meurtre de masse au Japon depuis la seconde guerre mondiale. Un fonds d'aide japonais pour les victimes et un autre, initié par le distributeur américain Sentai Filmworks sur la collecte GoFundMe ont déjà récolté 7 millions d'euros. Le gouvernement, en réaction à l'émotion suscitée, a décidé d'apporter son aide pour la réouverture du studio et pour faciliter les donations reçues par KyoAni.  Techniquement, il y a au moins une bonne nouvelle: un des serveurs où une partie des créations et des données sont stockées, aurait survécu à l'incendie. Tout le reste a disparu en fumée.

Cette tragédie n'affectera pas la sortie du spin-off de Violet Evergarden, Violet Evergarden Side-Story: Eternity and the Auto Memories Doll, programmée au Japon pour septembre et qui doit être présenté au festival Animagic Convention à Mannheim en Allemagne samedi prochain. En revanche, on ignore toujours si Violet Evergarden the Movie pourra sortir au Japon en 2020 comme prévu. Netflix gère la diffusion internationale .

Le cinéaste iranien Mohammad Rasoulof condamné

Posté par vincy, le 25 juillet 2019

Le réalisateur iranien Mohammad Rasoulof, primé à Cannes en 2017 pour son film Un homme intègre, a été condamné en Iran le 23 juillet à un an de prison ferme suivi de deux ans d'interdiction de sortie de territoire et d'interdiction de se livrer à une activité sociale et politique. Son distributeur français, ARP Sélection, a immédiatement exigé sa libération. Le Festival de Cannes a également demandé qu'il soit libéré, rappelant qu' "À travers son travail il ne cesse de conter la réalité de son pays, affrontant ainsi la censure imposée chez lui par les autorités iraniennes."

Déjà, en 2011, il avait été condamné à un an de prison pour "activités contre la sécurité nationale et propagande" et en 2013, l'Iran lui avait déjà confisqué son passeport.

Depuis septembre 2017, le cinéaste ne pouvait plus circuler librement, travailler et se rendre à l'étranger. Son passeport a été confisqué dès son arrivée à l’aéroport de Téhéran. Il a ensuite été soumis à un long interrogatoire par les Renseignements des Gardiens de la Révolution. Ceux-ci l’empêchent alors d’assurer le reste de la promotion de son film à l’étranger. Les acteurs du film subissent aussi une perquisition à l’issue de laquelle leurs passeports et ordinateurs sont saisis.

3 raisons d’aller voir « L’étincelle, une histoire des luttes LGBT+ »

Posté par vincy, le 24 juillet 2019

Le pitch: Une histoire de la lutte LGBT des années soixante à nos jours, après que l’étincelle des émeutes de Stonewall a embrasé l’action militante qui, de New York, devait se répandre partout dans le monde. De San Francisco à Paris en passant par Amsterdam, entre les premières Gay Pride, l’élection d’Harvey Milk, la « dépénalisation » française, l’épidémie du Sida et les premiers mariages homosexuels, ces quelques décennies de lutte s’incarnent au travers de nombreux témoignages d’acteurs et actrices de cette révolution arc-en-ciel.

Des témoignages forts. Avec ce documentaire initialement prévu pour la TV, Benoît Masocco a capté la parole des décideurs et des activistes ou des artistes qui ne secachent pas, de ceux qui ont vécu le combat pour l'affirmation comme ceux qui ont traversé l'apocalypse des années Sida, qu'ils soient américains, français, néerlandais... A chaque fois, c'est bouleversant. Qu'il s'agisse d'une confession intime ou d'un engagement politique, les écouter est une épreuve émotionnelle: ils partagent leur souffrance, leur désespérances ou leur combattivité avec une belle pudeur, une dignité respectable ou une flamme vivace. On voit ainsi défiler Robert Badinter et Didier Lestrade, Bertrand Delanoë et Gérard Lefort, Dustin Lance Black (When We Rise, scénariste de Harvey Milk et J. Edgar) et l'écrivain Edmund White, John Cameron Mitchell (Shortbus) et Cleve Jones... Tous, femmes ou hommes, rappellent le parcours semé d'embûches des homosexuels, des années 1960 à aujourd'hui... Ils se sont battus politiquement, médiatiquement, collectivement. Ils revendiquent une culture queer alternative face à ceux qui se sentent bien dans une société "normalisante". Ils se souviennent avec amusement des rébellions contre les forces policières, avec douleur des morts du sale virus, avec joie des avancées pas à pas pour la cause, avec regrets des années folles, avec bonheur des victoires, amères ou triomphales.

50 ans de luttes nécessaires. Car ce combat n'est pas fini. Et les débats changent de forme. L'histoire commence avec la révolte de Stonewall à New York et l'année suivante, la naissance des marches de la fierté. La fameuse étincelle. L'émancipation sexuelle, l'égalité civique des noirs américains, la progression du féminisme: tout conduit la communauté LGBT à revendiquer ses droits, sortir du placard et casser les lois discriminatoires. Le documentaire montre l'horreur de certaines lois anti-homosexuels à l'époque. L'avènement d'Harvey Milk et son assassinat, la loi Badinter de 1982 dépénalisant l'homosexualité et les horreurs des anti-Pacs ou anti-Mariage pour tous, la liberté folk des années 1970 et l'enfer pop des années 1980: tout contribue à la libération des mœurs et leur concrétisation politique. Le Sida va siffler la fin de la fête. Un autre combat va commencer. Puis ce sera celui de l'égalité des droits. Aujourd'hui commence un travail de mémoire avec la réhabilitation des grandes personnalités LGBT, la création de centres d'archives ou de chaires universitaires, les droits des transsexuels ... Aujourd'hui, on parle d'homoparentalité dans les pays où le mariage est déjà acquis. Mais il ne faut pas oublier que l'homosexualité reste interdite dans des dizaines de pays (voire passible de peine de mort), qu'en Europe des gouvernements agitent une homophobie populiste qui peut s'avérer meurtrière, que les crimes homophobes augmentent un peu partout.

Nous vieillirons ensemble. L'un des mérites du film est avant tout de déterrer les racines d'un combat qui est devenu public il y a cinquante ans. Et, par conséquent, de montrer des femmes et des hommes homosexuels qui étaient adolescents sous Woodstock et qui sont de beaux seniors aujourd'hui. Pour la première fois, une génération née après la guerre peut être ouvertement et publiquement gay et toujours en vie. Et la génération LGBT post-SIDA peut apprendre de son passé commun, et comprendre qu'après 30 ans, on n'est pas forcément condamné à être obsolète (sauf sur Grindr). Car c'est, en creux, l'un des aspects les plus intéressants de ce documentaire. Avec ses archives, son voyage dans le temps, ses souvenirs qu'on aurait pu croire révolus voire éteints, il dévoile une histoire qui n'est plus si jeune et qui aurait pu disparaître avec la propagation du HIV ou l'obligation de vivre caché. Grâce à ses anciens combattants, la communauté LGBT d'aujourd'hui, peut s'engager dans les combats de demain. L'étincelle devient alors un film qui sert de relais entre ceux qui ont vécu toutes ces batailles et ceux qui aujourd'hui profitent de cette liberté chèrement acquise. Or, on le sait, la liberté est une valeur fragile. Comme une flamme est facile à éteindre. Les luttes continuent.

Mark Rylance, William Shakespeare et une sale odeur de pétrole

Posté par vincy, le 23 juin 2019

Le comédien britannique Mark Rylance (Le Pont des espions, Dunkerque, Ready Player One) va quitter la Royal Shakespeare Company. En soi, pas une nouvelle extraordinaire. Excepté qu'il le fait pour une raison politique: il refuse de joindre son nom à une troupe aussi prestigieuse soit-elle qui se vend au mécénat de la compagnie pétrolière BP (British Petroleum). Il jouait au sein de la RSC depuis plus de 37 ans. De 1995 à 2005, il a également été le directeur artistique du Shakespeare's Globe Theatre.

L'acteur - Prix Laurence Olivier Awards en 1994 pour Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare et en 2010 pour Jerusalem de Jez Butterworth, trois fois récompensé par les Tony Awards (Boeing Boeing, Jerusalem, La nuit des rois, toujours de Shakespeare), et meilleur acteur dans un second rôle pour Le Pont des espions de Steven Spielberg aux Oscars et aux Baftas - en a fait une cause engagée.

Engagé

"J'ai informé la Royal Shakespeare Company que je pensais devoir démissionner car je ne souhaite pas être associé à BP, comme je ne souhaiterais pas l'être à un marchand d'armes, un vendeur de tabac ou toute personne qui détruit délibérément la vie de personnes vivantes et à naître. William Shakespeare ne le voudrait pas non plus, je crois", écrit le comédien dans The Guardian.

Opposé de longue date à ce mécénat, et ne voyant pas la direction de la compagnie changer sa position, il a dramatisé la situation: "Je suis sûr que la RSC veut être du côté des jeunes qui changent le monde, pas des entreprises qui détruisent le monde".

La RSC voit là une mauvaise publicité et a répondu laconiquement qu'elle reconnaissait l'importance du débat face à l'urgence environnementale et climatique, qu'elle ne conteste pas (il manquerait plus que ça). Quant au mécène, il rappelle que ce soutien financier permet à 10000 jeunes d'acheter des billets à bas coûts.

BP et les autres compagnies pétrolières sont sous les feux des artistes et des militants environnementaux, qui critiquent leurs liens financiers avec des institutions culturelles alors qu'elles détruisent la planète. Tous réclament la fin de ces mécénats toxiques et anti-climatiques.

Cabourg 2019 : la comédies romantiques, un genre stéréotypé pas si « genderfluid »

Posté par kristofy, le 20 juin 2019

On en a tous vu des dizaines de comédies romantiques et on adore ça. Courir à l'aéroport pour rattraper l’autre avant de partir loin ou se précipiter à une église où se prépare un mariage pour intervenir avant le ‘oui je le veux’ à quelqu'un d'autre; on connaît ces clichés de fin de films avec un personnage qui doit faire se battre contre un délai fatal et faire une grande tirade aussi sentimentale que désespérée, avec l’espoir que ça ne soit pas tout a fait trop tard... Beaucoup de ce genre de clichés se retrouvent dans les comédies romantiques. Certains sont d’ailleurs presque attendus : par exemple se déclarer sous la pluie (Orgueil et préjugés de Joe Wright, N'oublie jamais de Nick Cassavetes). La ‘RomCom’ est un genre de film très codifié. Souvent deux personnages différents que tout oppose  vont se séduire malgré des obstacles - un quiproquos ou une trahison qui va tout casser entre-eux - avant une ultime grande déclaration d’amour et un baiser passionné en guise de happy-end. Le summum étant évidemment Quand Harry rencontre Sally.

Et si en fait tout les comédies romantiques les plus populaires racontent aussi en creux une toute autre histoire ? C'est justement le sujet du documentaire Romantic Comedy de Elizabeth Sankey, présenté lors du Festival de Cabourg, qui interroge le message de ces films. Sa première observation est que "tout le monde est blanc, hétéro, et veut se marier"...

Romantic Comedy analyse avec une multitudes d’extraits des films les plus connus (principalement américains et britanniques) ce qui caractérise leurs personnages et leurs cheminements. Il en ressort que ces comédies romantiques ne sont pas seulement des histoires mièvres à regarder en pleurant avec  un pot de glace (un autre cliché, comme le début de Bridget Jones), ces histoires sont aussi un reflet de notre société et en particulier d’une certaine évolution du regard porté sur les femmes. Ainsi dans les années 50, la femme est un personnage fort, pleine de qualités et consciente de son pouvoir de séduction (comme Katharine Hepburn, Audrey Hepburn ou Marilyn Monroe) et face à elle l’homme est parfois stupide et maladroit (comme Cary Grant ou Tom Ewell).

Il y a eu un glissement inverse jusqu’aux années 90 : l’homme est supérieur et plein d’assurance, à l’aise avec sa fortune et son travail (Richard Gere, Colin Firth) alors que la femme est elle désormais faible, maladroite, avec des complexes ou un manque de confiance (Drew Barrymore, Sandra Bullock). C’est la femme qui doit évoluer pour séduire l’homme (Jennifer Lopez, Katherine Heigl). Seul Pretty Woman est l'exception, puisque les deux protagonistes sont obligés de faire des efforts pour conquérir l'autre (tout comme Notting Hill et Quatre mariages et un enterrement qui poursuivent la tradition des années 40-50). D'ailleurs cette inversion des rôles est condensée avec Bridget Jones, sorte de Orgueil et préjugés à l'envers : le féminisme d'antan a disparu dans les récentes comédies romantiques...

L'homme est l'avenir de la femme

Avec un montage d'une multitude d'extraits de films, Elizabeth Sankey remarque que la femme est rarement sur un pied d'égalité avec l'homme. Parfois le but de l’ héroïne est de séduire l'homme pour le rendre heureux, moins pour être heureuse elle (hystérique, indécise, insatisfaite, complexée: elle est toujours responsable de son malheur et victime de son statut).

L’homme est parfois manipulateur voir presque agressif dans sa séduction (Mary à tout prix, American pie). Quand la femme travaille, elle est vue comme incompétente, ingérable ou malheureuse (encore Bridget Jones, Anne Hathaway dans Le nouveau stagiaire, Sandra Bullock dans la Proposition). Le plus souvent la femme est idéalisée comme une muse qui permettrait l’accomplissement de l’homme : Zooey Deschanel dans 500 jours ensemble, Natalie Portman dans Garden state, Drew Barrymore dans Le come-back... Cette représentativité de la femme au service de l’homme avait d’ailleurs été dénoncée par Zoé Kazan dans Elle s'appelle Ruby. Dans une immense majorité de comédies romantiques on y voit un univers de personnage blanc, hétérosexuel, riche : ce n’est que ces dernières années qu’un peu plus  de diversité arrive. Quand il y a un personnage gay c’est souvent un meilleur ami dont l’utilité est de donner plus d’épaisseur au personnage principal hétéro ou de faire rire. Un couple interracial est rare, il y a eu récemment Kumail Nanjiani dans The Big Sick (un pakistanais avec une américaine) ou Yesterday de Danny Boyle. Même la différence d'âge continue d'être le plus souvent un homme âgé avec une femme plus jeune.

Cendrillon et le Prince Charmant

Dans son documentaire Elizabeth Sankey observe justement que ce sont les comédies romantiques les plus populaires qui ont un fort impact dans la mémoire collective, mais aussi, justement, que ces dernières années il y a de plus en plus de comédies romantiques avec de la diversité qui sont produites. Cependant, ces films sont plutôt catégorisés en 'film dramatique' comme Le club des coeurs brisés ou La tentation de Jessica. Et c'est surtout en Europe qu'on voit ce type de film : Seule la terre de Francis Lee, Week-end de Andrew Haigh, Kyss Mig, une histoire suédoise de Alexandra-Therese Keining, Imagine me and you de Ol Parker... Aucun n'a vraiment eu le succès des gros hits romantiques où régnaient Roberts, Diaz, Lopez, Anniston, Zelwegger et Bullock.

Le documentaire Romantic Comedy relève les différents stéréotypes de ces films, remix du mythe de Cendrillon, qui a rejeté l'émancipation des femmes (et le combat féministe) pour propger l'idée qu'elle ne seront heureuses qu'avec un grand amour (et des enfants), tout en laissant tomber leur job s'il le faut. Loin de nous empêcher de prendre du plaisir à regarder ces histoires, on peut quand même remarquer l'égocentrisme de ces déclarations d’amour où c'est la femme qui doit accepter l'homme tel qu'il est. Que de régressions depuis 30 ans et l'orgasme simulé de Meg Ryan au restaurant.

Le Festival de Cabourg avait d'ailleurs judicieusement sélectionné cette année des comédies romantiques riches de diversité : Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, Matthias et Maxime de Xavier Dolan, Benjamin avec un cinéaste et un chanteur, Pour vivre heureux avec une étudiante belge d'origine algérienne et un jeune homme d'une famille pakistanaise, Aurora de Mila Tervo (Prix de la Jeunesse) avec un immigré iranien et une finlandaise, et aussi Yesterday de Danny Boyle (Prix du Public) avec Himesh Patel et Lily James.

En attendant la première grande comédie romantique où ce sera la femme qui paiera un jeune escort sur Hollywood Boulevard, où ça finira en polyamour bienheureux, où l'homme décidera de rester à la maison pour s'occuper des enfants. Bref une rom-com dans l'air du temps, avec des récits qui se fichent des étiquettes et qui affirment un retour à l'égalité des sexes.

La Russie raccourcit Rocketman

Posté par vincy, le 31 mai 2019

Il fallait s'y attendre. Taron Egerton, qui incarne Elton John dans le biopic Rocketman, avait d'ailleurs anticipé le problème. "Je me fous de savoir si le film marchera en Russie" affirmait-il il y a quelques semaines en pointant un pays qui peut rejeter sa distribution pour "atteintes au valeurs traditionnelles". "Ça n’a pas d’importance, poursuit-il. Ça ne veut pas en avoir. Qu’est-ce que 25 millions de dollars en plus au box office ? Pourquoi faire cela ? Pour ne pas dormir la nuit parce que tu as tout édulcoré ?"

Et bien, ça n'a pas coupé. En fait, si ça a bien coupé. L'AFP rapporte que des scènes d'amour homosexuelles (il y en a trois) et de consommation de drogues ont été retirées de la version russe du film selon des critiques ayant assisté vendredi à une projection en Russie. "Toutes les scènes de baisers, d'amour et de sexe oral entre hommes ont été coupées", a écrit sur Facebook le critique de cinéma russe Anton Doline. C'est d'autant plus ironique qu'on ne voit pas grand chose à part la tête entre les jambes d'un homme ou deux corps presque nus enlacés.

Le distributeur du film a confirmé que ces modifications avaient été faites pour "respecter les lois russes". Depuis 2013, la loi punit d'une amende ou de prison tout acte de "propagande" homosexuelle auprès des mineurs. En l'occurrence, le gouvernement n'a rien demandé, si on en croit le ministère russe de la Culture.

Déshumanisation

Amnesty International a dénoncé un cas de "censure" "ridicule" qui "déshumanise les relations homosexuelles". L'ONG exige la sortie de la version originale du film au nom du respect des droits des minorités sexuelles. Ce sera vain, évidemment.

Le distributeur Central Partnership a aussi modifié le texte précédent le générique de fin. Dans la version normale, il est rappelé qu'Elton John est marié avec un homme et a adopté deux enfants avec son époux. Dans la version russe, il est indiqué qu'il a créé une association contre le sida. Mais aucune mention sur son mariage et sa paternité.

Etrangement, les scènes d'amour gay, plus rares avouons-le, dans Bohemian Rhapsody n'avaient pas été coupées en Russie.

Peut-être qu'il faut y voir une petite revanche sur Elton John, qui a souvent critiqué le pays sur ses lois discriminatoires envers les homosexuels. Là aussi, c'est assez ironique: en 1979, il a été l'une des premières stars occidentales à se produire dans l'Union soviétique d'alors, lors d'une tournée. Sans compter la chanson "Nikita" très russophile. Il n'a cessé de passer par la Russie lors de ses tours de chant. En 2014, il s'est même exprimé sur le sujet: "En tant qu’homme gay, je me suis toujours senti aussi bien accueilli ici en Russie. Les histoires de fans russes - des hommes et des femmes qui sont tombés amoureux en dansant sur "Nikita" ou de leurs enfants qui chantent pour "Le cercle de la vie" - définissent le monde selon moi. Si je ne suis pas honnête avec qui je suis, je ne pourrais pas écrire cette musique. Ce n’est pas de la propagande gay. C’est comme ça que j’exprime la vie. Si nous commençons à punir les gens pour cela, le monde perdra son humanité. "

Cannes 2019: Un doc écologique (et salutaire) au Festival vs un (sérieux) gâchis environnemental à Cannes

Posté par vincy, le 30 mai 2019

Projeté à Cannes en séance spéciale, La Glace en feu de Leila Conners sera diffusé sur OCS le 11 septembre prochain. Produit et narré par Leonardo DiCaprio, tout comme le premier documentaire de la réalisatrice, La 11ème heure, le dernier virage (présenté à Cannes en 2007), La glace en feu est moins un cri d'alarme sur l'état écologique de la planète qu'une succession de solutions et de témoignages pour espérer freiner la catastrophe climatique annoncée. En cela, il se rapproche plus de Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent.

"Il y a des solutions". L'horloge tourne mais on se veut encore relativement optimiste. Après tout, 12 ans après la 11ème heure, la catastrophe est déjà là. Il ne s'agit plus de la stopper mais d'inverser toutes les courbes. Des espèces sont en voie d'extinction. Et à la lecture du dernier livre de Fred Vargas, L'humanité en péril (Flammarion), on va rapidement manquer de matières premières essentielles, à commencer par le phosphore et l'eau. Car nous sommes à la fois la première génération à prendre conscience et vivre ces dysfonctionnements environnementaux mais aussi la dernière à pouvoir y remédier .

Un doc scientifique, technique et pédagogique

Avec une espèce humaine en croissance démographique, le formidable gâchis des ressources primaires et un climat qui se dérègle fortement, l'avenir est plutôt noir comme des nuages prêts à se vider dans un déluge de pluie. Du Colorado à la Californie, d'Islande à l'Ecosse, du MIT de Boston à la Norvège, de la Croatie à Zurich, de Berlin au Nouveau-Mexique, ce n'est pas une tournée internationale des cataclysmes que filme Leila Conners. Non, ce qui l'intéresse ce sont les gardiens du temple, qui observent et préservent la Nature, et les chercheurs qui trouvent de nouveaux modèles ou des solutions innovantes pour réparer, améliorer, voire effacer l'empreinte carbone.

De l'océan (étonnant pouvoir du varech) au soleil, du méthane au permafrost, la réalisatrice signe un film pédagogique et scientifique, et même assez technique. Pas forcément cinématographique d'ailleurs. Mais l'image, avec ses infographies et ses illustrations, a une grande importance pour comprendre les enjeux. Pas besoin de filmer un mur pour savoir qu'on fonce dedans. "On est tous connectés" et on détient chacun des fragments de solutions. Leila Conners veut croire que l'individu peut contribuer au sauvetage de la planète, sans responsabiliser les pollueurs majeurs, même si elle dénonce leurs actes. On peut aussi regretter que le documentaire fasse l'éloge du solaire quand on sait le coût environnemental d'un panneau photovoltaïque. Ces petites approximations n'enlèvent rien au propos global et à l'intention originelle.

Mais cela ne doit pas faire oublier le message: "ça va dégénérer".

D'ailleurs, à Cannes, on voit bien que ça ne fait qu'empirer. Embouteillages boulevard Carnot, rue d'Antibes, avenue Bachaga Saïd Boualam. Des voitures Renault pas électriques qui amènent les invités prestigieux et autres stars pour faire moins de 500 mètres jusqu'aux marches (heureusement certaines vedettes optent pour le mode piéton). Vitrines de magasin et affiches publicitaires allumées toute la nuit. Quasiment pas de bio ou de produits locaux dans les restaurants autour du Palais. Du coca-cola jusque dans la salle de presse (quand on connait l'effet néfaste sur les nappes phréatiques et sur la santé, on ne peut plus dire qu'on ne savait pas). Sous l'eau, les sacs plastiques et autres déchets s'amoncellent. Trop de bouteilles en plastique (puisque les gourdes ne sont pas autorisées dans les salles au-dessus de 50ml).

Ballet incessant d'hélicoptères (il n'y en a jamais eu autant) qui font tourner leurs hélices au-dessus du port. Gros paquebots de croisières - de véritables barres d'immeuble - stagnant dans la baie, et tout ce que la induit en consommation énergétique. On peut critiquer l'avion (le pire c'est quand même les jets privés) mais critiquons aussi la SNCF qui a diminué le nombre de TGV relativement directs (avec certains trains qui reliaient Paris en 6 heures au lieu de 5), ce qui pousse logiquement les festivaliers venus d'Asie ou des Amériques à préférer un Paris-Nice en correspondance directe à un Paris-Cannes en train. On peut râler que les festivaliers utilisent des taxis ou vtc dans le périmètre de la Croisete, mais où sont les vélos en libre service ?

La ville de Cannes, côté empreinte carbone, n'est pas vraiment un modèle, même si le festival a fait des efforts récemment avec des poubelles pour le tri des dossiers de presse et autres papiers distribués aux journalistes. Il va falloir imposer rapidement un objectif de décarbonisation d'un événement qui attire des dizaines de milliers de personnes dans une industrie qui a encore un peu de retard sur le sujet, et qui n'est pas forcément aidée ou accompagnée.

Leila Conners a encore de quoi filmer avant que la mer Méditerranée ne monte, faisant disparaître les plages pour les soirées, noyant également tout le rez-de-chaussée et les sous-sols du Palais des festival. Tout cela est prévu pour la fin du siècle. D'ici là, est-ce que le cinéma existera encore? C'est une autre affaire.

Producteurs et réalisateurs signent des tribunes pour préserver le modèle français

Posté par vincy, le 16 mai 2019

Le Festival de Cannes est toujours le moment que choisissent différents collectifs et organisations pour s'exprimer politiquement. Tous ont en commun de s'inquiéter de la baisse des financements, de la remise en cause du système français, de la domination du droit contractuel (Netflix et autres) sur le droit moral ou encore la fragilité grandissante du secteur.

Il y a celle du Syndicat des producteurs indépendants (SPI), qui interpelle les pouvoirs publics sur le rôle des producteurs indépendants dans la création cinématographique, qu'il estiment sous-estimé. Ils rappellent qu'ils agissent pour "préserver les droits moraux et patrimoniaux des artistes, dans un contexte qui s’internationalise, s’uniformise et se durcit."

"Les producteurs sont les premiers à subir les conséquences de la raréfaction des financements" expliquent-ils, se plaignant que leur "liberté d’action des producteurs est mise à mal, alors qu'[ils sont] la profession la plus réglementée de [l']écosytème."

Dans Le Monde, un collectif de réalisateurs, producteurs et acteurs du monde entier revient sur ce rôle primordial du modèle d’exception français, qui est défendu par toutes les organisations et exige de ne pas le remettre en cause. Là aussi, on retrouve plusieurs sélectionnés comme Karim Aïnouz, Pedro Almodovar, Marco Bellocchio, les frères Dardenne, Corneliu Porumboiu, Diao Yi’nan, mais aussi des habitués de Cannes tels Jane Campion, David Cronenberg, Jodie Foster, Michael Haneke, Mahamat-Saleh Haroun, Naomi Kawase, Sergei Loznitsa, Cristian Mungiu, Walter Salles, Abderrahmane Sissako, Gus Van Sant, Paul Verhoeven, Thomas Vinterberg, Lars von Trier, Lou Ye ou Jia Zhangke.

A l'occasion du plan de réformes pour l’audiovisuel public, qui portera sur la régulation du secteur, sur la refonte de la gouvernance ainsi que sur le financement de la création, ils s'inquiètent que le ministère de la culture intègre "les nouveaux acteurs du numérique à travers la transposition de la directive Service des médias (SMA), qui définit des obligations d’investissement et d’exposition des œuvres aux plateformes (Netflix, Amazon…), ainsi que celle sur les droits d’auteurs."

Les propositions émises par le producteur Dominique Boutonnat dans son rapport sur le financement du cinéma et de l’audiovisuel publié hier peuvent en effet agiter la profession, notamment la remise en cause de la chronologie des médias.La réforme peut impacter plusieurs étapes de la production: la préservation du droit moral, la régulation des plates-formes numériques, la  défense du service public, ou encore la garantie d’un accès aux œuvres.

Les signataires affirment : "C’est grâce à la France que nous avons pu si souvent nous exprimer librement à travers nos films. Le maintien d’une régulation forte nous aidera, nous tous, à continuer de créer librement. Sans la France, sans son modèle de financement et cette protection des créateurs, nos œuvres ne pourraient exister. Toute réforme qui reviendrait à abattre le modèle français d’exception et de diversité culturelles signifierait la mort de notre cinéma, de son financement et de son exposition dans le monde."

Enfin, la Tribune de la Société des réalisateurs de films (SRF): "Pendant des décennies, cette conception duale (art et industrie) a fondé toutes les politiques françaises de soutien au secteur, faisant du cinéma français le contre-modèle le plus puissant au cinéma américain." Parmi les signataires, il y a quelques réalisateurs sélectionnés cette année: Bertrand Bonello, Arnaud Desplechin, Christophe Honoré, Aude-Léa Rapin, Céline Sciamma, Justine Triet ou encore Rebecca Zlotowski.

"Fait d'époque, tout le monde, financeurs, décideurs ou algorithmes, ne cesse de penser qu'ils savent mieux que nous. Tous donnent leur avis sur le scénario, le casting, les thèmes à développer, le montage, le rythme du film... Pire encore, dans cette course éperdue au film qui marchera, plus personne n'ose désormais s'appuyer sur son propre goût mais sur ce qu'il fantasme de celui du public. (...) Jusqu’à quand pourrons-nous affirmer qu’une image de cinéma n’est pas une image comme les autres ? Que ce n’est pas une image de plus? Nous assistons à un changement radical de paradigme."

Car la consommation des images change, et son traitement médiatique avec. "Face à un monde saturé d’images de toutes sortes, on a besoin, plus que jamais, de films qui interrompent ce flux, qui offrent un point de vue singulier, complexe et sensible sur le monde contemporain ou proposent de nouveaux imaginaires. Ces films-là sont pourtant de plus en plus difficiles à produire et atteignent de moins en moins souvent leur public", s'inquiète la SRF face à la baisse globale de la cinéphilie (et encore en France, elle résiste un peu mieux qu'ailleurs). "La pression du marché est devenue telle aujourd’hui qu'elle contamine tout le processus, de l'écriture à la commercialisation des films L’idée mortifère qu’une œuvre ne puisse être jugée qu'à l'aune de ce qu'elle rapporte progresse tous les jours dans une indifférence générale et désarmante" explique la SRF, pessimiste, évoquant même "un certain désamour pour le cinéma" voire ,"une forme de mépris plus ou moins affiché, quand ce n’est pas de la franche hostilité".

Premières accusées: les chaîne de télévision, "à l’exception remarquable d’Arte". Puis les salles de cinéma, où "Le poids de la grande exploitation ne cesse de s’accentuer et met tout le secteur sous tutelle. L’unicité de chaque film se dissout dans la pure rentabilité d’établissements gigantesques. Un film chasse l’autre, dans une sorte d’obsolescence programmée, sans que les pouvoirs publics n’aient jamais jugé bon de prendre des mesures réellement efficaces pour freiner cette évolution".

Forcément, on en vient aux plateformes de streaming. Elles sont mises en cause pour "la vision industrielle des œuvres" où les producteurs doivent "faire face à des pratiques contractuelles qui s’installent sans respect du droit moral de l’auteur et sans garantie de rémunération pour l’exploitation monde de son œuvre (en dehors de la France)"

La SRF en appelle aux institutions publiques car, selon elle, "Nous avons plus que jamais envie et besoin de renouveler et moderniser la production. Plus que jamais envie de formes nouvelles, de récits hybrides, vivants et audacieux. Plus que jamais envie de dialoguer avec les films des nouvelles générations en leur disant que oui, le cinéma est une industrie; et par ailleurs, c’est aussi un art"

Disney repousse la sortie d’Avatar 2

Posté par wyzman, le 7 mai 2019

Suite à l’acquisition de la majeure partie des actifs cinématographiques de la 21st Century Fox, Disney vient d’annoncer que la suite d’Avatar ne sortira pas avant 2021.

Une suite plus très attendue

Malgré ses 2,8 milliards de dollars amassés, Avatar semble avoir bien du mal à laisser son empreinte dans la pop culture. Et ce n’est pas Disney qui dira le contraire. En effet, la firme qui s’est offert pour une bonne partie du catalogue cinématographique et télévisuel de la 21st Century Fox ce printemps-ci dans le cadre d’une fusion sans précédent et pour la somme de 71,3 milliards de dollars, a annoncé faire quelques changements au niveau de son agenda des sorties.

La suite d’Avatar de James Cameron n’atteindra pas les salles de cinéma avant une année supplémentaire, soit en 2021. A l’origine prévu pour une sortie le 18 décembre 2020, Avatar 2 sera normalement visible le 17 décembre 2021 aux Etats-Unis — et quelques jours plus tôt dans l’Hexagone. Résultat : Avatar 3 passe du 17 décembre 2021 au 22 décembre 2023 tandis que Avatar 4, initialement annoncé pour le 20 décembre 2024, ne tentera de battre des records au box-office américain qu’à partir du 19 décembre 2025.

Dans cette même logique d’annonces peu attendues, la firme américaine a révélé que trois nouveaux films Star Wars sortiront au cinéma en 2022, 2024 et 2026. Ces films pour l'instant sans titre viendront s'intercaler entre les Avatar.

Pour rappel, Avatar raconte comment un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant est envoyé sur la planète Pandora et recruté par un groupe industriel afin d'exploiter un minerai rarissime et destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Le film sorti en France en décembre 2009 a attiré pas moins de 14,7 millions de curieux dans les salles obscures. Au box-office mondial où il siège toujours au sommet, le film sera prochainement battu par Avengers : Endgame.