Moonlight complètement altéré par la censure indienne

Posté par wyzman, le 23 février 2017

A quelques jours des Oscars, le second film de Barry Jenkins est au cœur d'une bien triste polémique. Un utilisateur de reddit a récemment mis en lumière la censure dont Moonlight est actuellement victime en Inde. En effet, le Central Board of Film Certification (soit l'office de régulation et de censure du cinéma indien) a tout simplement modifié un nombre considérable de scènes du film.

Centré sur le parcours d'un jeune garçon noir qui tente de comprendre sa sexualité, le film qui a reçu pas moins de 8 nominations aux Oscars n'a visiblement pas plu aux censeurs dans son état d'origine. Vraiment pas plu ! Ainsi, les mots "bitch", "bitches", "motherfucker" et "dick" ont été assourdis. De plus, la scène au cours de laquelle l'un des protagonistes a un rapport sexuel avec une jeune fille de son école a été coupée, tout comme le rapport sexuel largement suggéré de deux garçons sur la plage.

Dans un pays où même un simple baiser peut choquer les censeurs (ce qui explique pourquoi dans Lion, le couple Dev Patel/Rooney Mara ne s'embrasse pas, par respect pour le public indien, selon son réalisateur), on comprend que cela les révulse...

Mais ce n'est pas tout ! Le CBFC a également pris la peine d'ajouter des spots alertant contre le méfaits du tabagisme avant et au milieu du film et des messages statiques lorsque les personnages fument à l'écran.

L'homosexualité étant toujours un sujet tabou et un crime passible de la prison à vie en Inde, il va sans dire que la sortie de Moonlight ne pouvait avoir lieu sans incident. Néanmoins, les censeurs ont ici complètement altéré le sens et la beauté de Moonlight. Privé de scènes-clés et d'un langage nécessaire à l'appréhension du personnage, le public indien risque d'avoir bien du mal à comprendre la complexité du film et les enjeux de la troisième et dernière partie.

Pragmatique, un autre utilisateur de reddit a tenté la comparaison avec John Wick 2 et écrit ainsi : "toute la violence gratuite [de John Wick 2] est présente dans son ensemble. Le [CBFC] a cette étrange habitude de couper des injures et des scènes intimes mais un gars tué après un coup de fusil de chasse dans sa bouche ? C'est tout à fait acceptable !"

Pour rappel, Moonlight est le film le plus récompensé de l'année. Il a récemment reçu le Golden Globe du meilleur film dramatique et pourrait faire, on l'espère!, une petite razzia aux Oscars de dimanche soir.

Des femmes fantastiques sacrées par les Teddy Awards

Posté par vincy, le 18 février 2017

Le vendredi c'est Teddy à la Berlinale. Le Festival de Berlin est un senior plus ou moins vaillant de 67 ans. Un bon retraité allemand, daddy sur les bords. Les Teddy sont insolents de jeunesse du haut de leurs 31 ans d'existence, prêts à faire la fête toute la nuit sur des musiques tendances, ou s'amuser sur un France Gall des sixties, ou attendre Conchita sur scène. Au milieu d'élus politiques et de cinéastes et comédiens des différentes sélections, des "créatures" sublimes égayent la foule avec leurs perruques démesurées, leurs robes de princesse ou leurs tenues d'Halloween. Tout est normal. L'esprit de Cabaret sera le fil conducteur de cette cérémonie, qui n'est pas une remise de prix comme les autres.

Après tout on n'y remet que six prix en deux heures (très "timées"), si on compte le Teddy d'honneur pour la cinéaste Monika Treut, ouvertement féministe, lesbienne et femme cinéaste. Le show est aussi important. Tout, ou presque, en anglais. Mais attention, les prix LGBT n'ont rien d'un palmarès underground dépravé. "No sex tonight" (ou alors après la soirée dansante, dans les bars et boîtes de Berlin). "C'est presque tendance d'être homosexuel à Berlin" clame le Maître de Cérémonie. On veut bien le croire tant le nombre d'hétérosexuels dans la grande salles de la Haus der Berliner Festpiele, au cœur de Berlin Ouest, est faible. Les compteurs des applications de rencontre ont du exploser en géocalisant des centaines de LGBT à moins de 20 mètres. Mais ici, on n'a pas l'oeil rivé sur son téléphone. Habillés pour l'occasion ou casual, les invités sont de nature bienveillante, se mélangeant sans préjugés.

"Il y a plus d'énergie à vouloir nous rendre inégaux qu'à chercher à nous rendre égaux" - Wieland Speck, directeur de la section Panorama de la Berlinale

Ainsi, on passe de Zazie de Paris à un acrobate aux allures de jeune prince (torse nu), du ministre de la justice de Berlin interrogé par un présentateur télévisé qui aurait pu être dans une vidéo Bel-Ami à deux membres du jury, l'un originaire du Pakistan, l'autre de Turquie, rappelant les difficiles conditions de création, de liberté dans leurs pays (avec, notamment, un appel vibrant de tous les cinéastes turcs sélectionnés à Berlin pour que le Président Erdogan cesse sa politique liberticide). C'est ça les Teddy: un moment d'expression libre où on chante une ode à Marlène Dietrich, disparue il y a 25 ans, et on se prend un très beau discours d'une grande figure politique nationale qui égraine 24 crimes homophobes (comme 24 images par seconde) sur la planète l'an dernier. Un mix entre des fantasques frasques artistiques et des revendications sur le mariage pour tous (l'Allemagne est le dernier grand pays européen qui maintient les gays et lesbiennes dans l'inégalité des droits) et la reconnaissance et réhabilitation des victimes du Paragraphe 175, qui criminalisait l'homosexualité masculine, de 1871 à 1994 (quand même) et a permis aux Nazis de déporter 50 000 personnes.

Bon, évidemment, entre l'apéro avant, les cocktails après, entre une séance de maquillage by L'Oréal Paris (et une Tour Eiffel dorée en porte-clés comme cadeau) et l'organisation précise et parfaite, les Teddy sont avant tout l'occasion de décerner des récompenses. 6 prix ont ponctué la soirée.

Un palmarès où la transsexualité est reine

Le prix du public, appelé Harvey en hommage à Harvey Milk, a distingué le film britannique de Francis Lee, God's Own Country, qui dépeint une relation père-fils dans un milieu rural. Le fils endure sa routine et ne parvient à s'échapper d'elle que par des relations d'un soir avec des hommes et l'alcool qu'il boit au pub du coin. Le film a été présenté à Sundance le mois dernier.

Le Teddy du meilleur court-métrage est revenu à Min homosister (My Gay Sister) de la suédoise Lia Hietala, qui raconte l'histoire d'un jeune couple de lesbiennes à travers les yeux de la petite sœur de l'une d'entre elles.

Le Teddy du meilleur documentaire a été remis à Hui-chen Huang pour son film Ri Chang Dui Ha (Small Talk), portrait de Anu, garçon manqué depuis toujours, épouse et mère de deux enfants avant de tout plaquer et de se mettre en couple avec des femmes. C'est l'histoire vraie de la mère de la réalisatrice, qui a rappelé avec fierté, que Taïwan était depuis l'an dernier le premier pays asiatique à reconnaître l'union entre deux personnes de même sexe.

L'identité sexuelle a d'ailleurs fait l'unanimité dans ce palmarès. On devrait même parler de changement de sexe. Le jury, composé de directeurs de festivals internationaux qui font vivre les films LGBT de l'Ouganda au Japon en passant par la Turquie et la Macédoine, a récompensé deux films dont les héroïnes sont des transsexuels.

Ainsi le Prix spécial du jury a honoré le film de la japonaise Naoko Ogigami, Karera Ga Honki De Amu Toki Wa (Close-Knit), superbe mélo magnifiquement écrit, sensible et subtil, où une gamine abandonnée par sa mère incapable de gérer sa vie de femme et son rôle maternel, se réfugie chez son jeune oncle, qui vit avec un homme en phase de changement de sexe. Dans un Japon très conservateur, des mots mêmes de la cinéaste, le film apparaît comme un hymne à la tolérance et montre qu'une bonne mère est avant tout une personne responsable et affectueuse, même si celle-ci a un pénis sous la culotte et de sacrés bonnets pour maintenir des nouveaux seins.

Le Teddy Award a sacré le film en compétition de Sebastian Lelio, Una mujer fantastica. L'actrice Daniela Vega est venue elle-même chercher le petit ours (costaud). Elle incarne Marina, une jeune chanteuse transsexuelle, qui vient de perdre son compagnon. La famille de celui-ci entend la tenir à distance des funérailles et supprimer au plus vite tout ce qui avait pu les relier. Mais elle se bat pour obtenir son droit le plus élémentaire: dire adieu au défunt et pouvoir faire son travail de deuil. "La transphobie est ici terriblement palpable et banale, d'une facilité déconcertante, puisqu'elle s'adresse à un individu considéré comme fantomatique et sans consistance, puisque sans étiquette" écrivions-nous en début de festival. "Un film indispensable qui fait acte de pédagogie tout en racontant l'histoire éminemment universelle d'un combat pour le droit à l'égalité."

Ces deux prix montrent que le combat n'est pas terminé. Que les droits acquis ne sont pas garantis. Il y a encore des luttes à mener. La cérémonie des Teddy se termine alors avec le "Freedom" du récemment disparu George Michael. Liberté, c'est bien le maître mot de cette soirée.

Le cinéma portugais menacé par un décret-loi du gouvernement

Posté par vincy, le 13 février 2017

joao pedro rodrigues

Dans la boîte aux lettres ce matin, il y avait une lettre de protestation et appel à solidarité venant du Portugal: réalisateurs, producteurs, acteurs, techniciens, distributeurs, syndicats et festivals de cinéma ont signé cette lettre au gouvernement portugais et demande le soutien de la communauté internationale du cinéma, dont plusieurs artistes et professionnels (Almodovar, Costa-Gavras, Audiard, Carax, Assayas, Solondz, Ade, Jaoui, Rohrwacher, Salles, Bonello, Tavernier, Desplechin, Dumont, Klapisch, Sciamma...) se joignent aux signatures nationales, de Joao Pedro Rodrigues à Miguel Gomes (la liste complète ici).

"La production portugaise passe rarement le seuil d’une douzaine de longs métrages par an. Malgré cela, un pourcentage très élevé de ses films est présent dans les festivals internationaux. Cette visibilité mondiale est due à une politique culturelle aujourd’hui en danger.

Depuis plusieurs décennies, le Portugal est un cas à part au sein de la production cinématographique mondiale. Dans ce petit pays sans marché interne pour nourrir une industrie, rares sont les années où la production nationale passe le seuil d’une douzaine de longs métrages. Malgré cela, un pourcentage très élevé de ces films est présent dans les festivals internationaux. A partir de la décennie 80, et de manière systématique, le cinéma portugais a fait l’objet de cycles et d’hommages ; des rétrospectives des films de nombreux cinéastes portugais ont été organisées - les uns en activité (certains signataires de ce texte), les autres malheureusement déjà disparus (João César Monteiro, Paulo Rocha, Fernando Lopes, António Reis, José Álvaro Morais, António Campos ou, bien sûr, Manoel de Oliveira). Le «miracle» de cette visibilité internationale, disproportionnelle au regard d’une production si faible - et qui a perduré pendant plusieurs décennies et concerné plusieurs générations d’auteurs - est certainement dû au mérite des réalisateurs, des techniciens, des acteurs et des producteurs de cinéma portugais. Mais le mérite revient aussi à une politique culturelle qui a établi des bases pour garantir la liberté de création et qui a rendu possible la production d’un cinéma marqué par la forte singularité de ses propositions. C’est ainsi que s’est consolidée l’image du cinéma fait au Portugal.

Cette politique culturelle, qui a permis l’existence de ce cinéma et qui a ouvert les portes à la diversité, a mis en place des lois du cinéma et un Institut public (l’Institut du cinéma et de l’audiovisuel, l’ICA) pour les appliquer, organisant de manière continue des concours publics pour le soutien financier à la production de films. Ces concours se déroulent selon des règles de participation transparentes et des critères d’évaluation compatibles avec la politique mise en œuvre par le ministère de la Culture, avec des jurés choisis par l’Institut et définis par la loi comme «personnalités compétentes, au mérite culturel reconnu». Ainsi, des cinéastes et des techniciens du cinéma, mais aussi des critiques, artistes plasticiens, écrivains, architectes, musiciens, programmateurs culturels ou professeurs universitaires ont été appelés à être jurés pour évaluer les projets de films.

Depuis 2013, un décret-loi revenant sur la loi du cinéma et une nouvelle direction de l’ICA, allergique aux responsabilités et méconnaissant son rôle de régulateur dans ce processus, ont transféré la tâche de choisir des jurés à un comité où sont représentés tous les intéressés par les résultats des concours : associations professionnelles, représentants des télévisions, représentants des opérateurs de télécommunications jouant un rôle de diffuseur, entre autres. C’est à ce comité corporatif qu’est revenu le rôle d’indiquer à l’ICA les noms des jurés pour évaluer les projets de films, avec, dans de nombreux cas, une très claire connivence entre ceux qui nomment et ceux qui sont nommés.

Le résultat ne s’est pas fait attendre : les exigences inscrites dans le règlement quant aux profils des jurés, «personnalités au mérite culturel reconnu», ont manifestement cessé de faire sens au regard des jurés actuels. Dans les dernières années, on a pu compter parmi les décisionnaires des projets de films des administrateurs de banques liés au cinéma, des acteurs de telenovelas ou des directeurs de marketing d’opérateurs de télécommunications…

Le gouvernement actuel, otage de la pression exercée par les opérateurs de chaînes câblées, se prépare maintenant à homologuer un nouveau décret-loi qui perpétue et aggrave cette procédure. Un ensemble très représentatif de réalisateurs et de producteurs portugais s’est manifesté contre ce système vicié par les conflits d’intérêts, et ils ont assuré à la tutelle qu’ils se refusent fondamentalement à faire partie de ce processus de nomination : ils ne veulent pas influencer la nomination des jurés ni n’acceptent que d’autres, ayant des intérêts dans les résultats des concours, puissent participer au processus. Ils croient que la transparence ne peut être assurée que si la nomination des jurés revient à l’exclusive compétence de l’ICA. Une bonne fois pour toutes, ils veulent une direction de l’ICA capable d’assumer ses responsabilités, en toute conscience de son double rôle d’exécuteur de la politique culturelle pour le cinéma et de régulateur de cette activité.

Les signataires de ce texte veulent rappeler à l’Etat que le cinéma portugais n’est pas qu’une question nationale. C’est pourquoi, ils manifestent leur solidarité avec les réalisateurs et les producteurs portugais qui se sont opposés à ce processus et manifestent leur rejet au cas où le décret-loi serait homologué."

Le Pakistan autorise de nouveau les films en provenance de Bollywood

Posté par vincy, le 5 février 2017

Le Pakistan a finalement levé l'interdiction de projeter des films indiens dans le pays. Le Premier ministre Nawaz Sharif a donné son accord jeudi dernier à la proposition du ministère de l'information et du patrimoine.

Kaabil, avec Hrithik Roshan et Raees avec Shah Rukh Khan et l'actrice pakistanaise Mahira Khan (photo) seront les premiers films indiens autorisés dans les cinémas pakistanais, dès cette semaine.

Depuis le mois de septembre, les salles du pays avaient arrêté de projeter des films indiens après de nouvelles tensions entre les deux voisins autour du territoire qu'ils se disputent, le Cachemire. Cela avait d'abord conduit l'Association des producteurs de cinéma Indiens à interdire le travail pour tous les artistes pakistanais dans les productions bollywoodiennes. La réplique du Pakistan a suivi, en bannissant les films indiens des écrans de cinéma dans le pays.

Interdépendance

70% du box office pakistanais provient de films produits par l'Inde. Autant dire que la levée de l'interdiction de films indiens a été vécue comme un soulagement par les exploitants pakistanais qui commençaient à suffoquer économiquement, dans un pays où la vidéo et le piratage restent la principale manière de voir des films.

Cependant, les distributeurs pakistanais doivent désormais soumettre les titres des films qu'ils souhaitent diffuser au Ministère.

Du côté Indien, les artistes pakistanais ont quand même pu travailler à Bollywood, même si à l'automne, un mouvement nationaliste avait tenté de bloquer la sortie d'un film - Ae Dil Hai Mushkil de Karan Johar - parce que l'acteur et chanteur pakistanais Fawad Khan était au générique de celui-ci (lire aussi notre édito du 1er décembre).

« Muslim Ban »: Asghar Farhadi boycotte les Oscars, Hollywood se révolte contre Trump

Posté par redaction, le 30 janvier 2017

Donald Trump a décidé par décret de bloquer l’accès aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans et de réfugiés (Iran, Irak, Yémen, Somalie, Soudan, Libye et Syrie).

Il ne se doutait sans doute pas qu'il allait avoir des juges (qui ont suspendu le décret temporairement), des avocats et même Hollywood contre lui. Tout a commencé avec l'actrice iranienne Taraneh Alidousti, vedette féminine du film d'Asghar Farhadi, Le client, nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. La comédienne a annoncé dès le jeudi 26 janvier qu'elle boycotterait la cérémonie pour protester contre le projet de décret «raciste» du président américain concernant les immigrants musulmans. Elle l'a fait directement sur Twitter: "L'interdiction de visa portée par Trump contre les Iraniens est raciste. Qu'elle s'applique ou non à un événement culturel, je n'assisterai pas aux #AcademyAwards 2017 en signe de protestation".

Dimanche 29 janvier, c'est le réalisateur lui-même Asghar Farhadi, Oscar du meilleur film en langue étrangère et nommé à l'Oscar du meilleur scénario pour Une séparation, qui a finalement renoncé à faire le voyage à Los Angeles pour la cérémonie des Oscars le 26 février. Les agences de presse iraniennes étaient visiblement heureuses que le cinéaste s'oppose à l'administration Trump - pour l'Iran, ce décret est "un cadeau pour les extrémistes" et le pays a annoncé qu'il allait appliquer la réciprocité et interdire l'entrée des ressortissants américains.

"Pas acceptable"

Initialement le réalisateur devait venir aux Oscars, accompagné de son chef opérateur. Le communiqué d'Ashgar Farhadi a gelé sa décision qu'il justifie ainsi: "Mon intention n’était pas de ne pas assister à la cérémonie ou de la boycotter pour montrer mes objections (aux politiques de Trump), car je sais que beaucoup de gens dans l’industrie américaine du cinéma et au sein de l’Académie des arts et sciences du cinéma sont opposés au fanatisme et à l’extrémisme qui règnent plus que jamais aujourd’hui. Mais il semble maintenant que la possibilité même de ma présence soit soumise à des “si” et des “mais” et ce n’est pas acceptable pour moi, même si l’on venait à faire exception pour mon voyage."

Il ajoute une tonalité engagée, plus surprenante quand on connait son discours plutôt consensuel et rarement polémique sur les sujets politiques. "Durant des années, des deux côtés de l’océan, des groupes de gens adeptes d’une ligne dure ont essayé de présenter à leur peuple des images irréalistes et effrayantes des gens d’autres cultures afin que les différences deviennent des désaccords, les désaccords des inimitiés et les inimitiés des peurs. Instiller la peur de l’autre est un des moyens préférés pour justifier des comportements extrémistes et fanatiques par des gens étroits d’esprit." Notons qu'il reprend là l'élément de langage du pouvoir iranien (qui, rappelons-le, n'a pas vraiment de leçons à donner concernant la liberté d'expression et l'ouverture au monde).

"Muslim Ban" et bouclier de protestations

A Hollywood aussi on s'offusque de ce décret. Les stars tweetent leur colère et leur choc. L'Académie des Oscars a officiellement protesté, "extrêmement troublée qu'on puisse barrer l'entrée du pays à cause de la religion ou du pays d'origine". Au festival de Sundance lors de la cérémonie du palmarès et à la soirée des Producers Guild Awards, toutes deux samedi soir, ou à la remise des prix des Screen Actors Guild Awards hier soir, les artistes n'ont pas eu leur langue dans la poche. Lily Tomlin a même comparé les tactiques de Trump à celles des Nazis.
Le "Muslim Ban" devrait être dans toutes les têtes (et quelques vannes) aux prochains Oscars. Aux SAG Awards, John Legend, producteur de La La Land, acteur, auteur et chanteur, a rappelé que "Los Angeles est le foyer de tellement d'immigrants, de tellement de personnes créatives, de tellement de rêveurs. Notre Amérique est grande, elle est libre et elle est ouverte aux rêveurs de toutes les races, de tous les pays, de toutes les religions. Notre vision de l'Amérique est directement antithétique de celle du président Trump. Je veux spécifiquement rejeter ce soir sa vision et affirmer que l'Amérique doit être meilleure que ça."

Le réalisateur Michael Moore s'est lui excusé au nom des "dizaines de millions d'Américains".

Entre les frontières: les infiltrés prennent la parole

Posté par vincy, le 11 janvier 2017

Les murs se construisent partout: en Inde, aux Etats-Unis, en Hongrie, au Maroc, au Brésil, en Turquie, en Iran... Et en Israël. Avi Mograbi signe un documentaire percutant sur les immigrés clandestins venus d'Afrique, attendant d'avoir le statut de réfugiés en Israël. Ils sont parqués dans des camps (un comble quand on y pense de la part de l'Etat israélien), entassés en plein désert par centaines. Israël veut les renvoyer chez eux, dans leurs dictateurs ou pays en guerre. Finalement, Entre les frontières pourrait être filmé dans de nombreux pays. Le camp de Holot regroupe des "infiltrés" installés depuiz plusieurs années. Ils ont le droit de travailler, de se déplacer hors-les-murs, mais doivent revenir à chacun des trois appels de la journée.

"L’idée du film m’est venue lorsque j’ai entendu parler de l’histoire d’un groupe de vingt-et-un Érythréens, attrapés à la frontière, et qui avait été refoulés dans le désert égyptien, à l’exception de deux femmes et d’un adolescent qui avaient pu entrer en Israël", se souvient le réalisateur. "Cela m’a particulièrement choqué, parce que je me suis souvenu qu’à l’école, on m’avait appris, comme à tous les petits Israéliens, la façon dont la Suisse avait traité les Juifs arrivant d’Allemagne ou de France. On ne leur a pas accordé l’asile au prétexte que la persécution pour des motifs raciaux ou religieux n’était pas, alors, reconnue. Que ceux qui ont survécu à un tel rejet avant de fonder Israël rejettent aujourd’hui des humains comme leurs parents ou leurs grands-parents ont été rejetés me paraît incroyable".

Sa caméra s'installe ainsi au plus près de ces hommes, désespérés, incompris, mais résolus à ne pas revenir dans leur pays d'origine. "A Tel Aviv, il y a des gens qui disent "on ne veut pas de noirs"" explique l'un d'entre eux. Le cinéaste donne la parole aux exclus. Une seule fois, le réalisateur ose un doute :" des blancs seraient-ils traités pareil en Erythrée?"

Théâtre de l'opprimé

Un texte vient nous appeler les moyens déployés par Israël pour s'en débarrasser: l'objectif notamment législatif est d'inciter ces immigrants à partir d'eux-mêmes puisqu'ils ne sont pas expulsables selon les conventions internationales. Ils s'habituent, parfois se révoltent, vivent leur quotidien. Mais ici, rappelons-le, ce camp se situe dans une démocratie. Certes habitée par des racistes, des hypocrites, des populistes. Mais cela n'explique pas et ne justifie pas les conditions imposées à ces Africains fuyant l'horreur ou la famine.

Pour le film, Avi Mograbi a reproduit le Théâtre de l'opprimé, créé par le Brésilien Augusto Boal dans les années 1970. Avec Chen Alon, ils ont repris cette démarche où une troupe de marginaux ou d'opprimés interprète leur vie. Plutôt que de filmer leur longue migration et leurs multiples privations, le théâtre improvisé entre amateurs devient alors une réplique de leur parcours et de leur calvaire, depuis leur pays d'origine jusque dans les camps. Ces séquences donnent de la vie et de la poésie dans un film essentiellement basé sur le témoignage.

Entre les frontières est un joli réquisitoire contre ces No Man's Land choquants que des pays libres construisent pour mettre à l'écart des êtres. Un No Man's Land peuplé de parias. Le documentaire peut réveiller des consciences assoupies, révolter des humanistes incrédules, interpeller des spectateurs ignorants. C'est déjà ça. Il faudra quand même s'interroger sur cette époque où les capitaux et les armes circulent si facilement d'un pays à l'autre pendant que des Hommes voulant échapper à la mort ou à la misère sont jetés aux oubliettes ou traités comme un bétail en quarantaine.

Edito: 2017, année de l’esthète?

Posté par redaction, le 5 janvier 2017

Une nouvelle année commence. Même si la plupart des films qui sortent en salles ont été tournés l'an dernier, ont déjà été vus dans des festivals ces douze derniers mois, ont déjà bénéficié d'avant première en 2016, on remet les compteurs à zéro.

2017 s'annonce riche en respectables ou vénérables signatures. Scorsese, Kaurismäki, Haneke, Coppola (fille), Villeneuve, Lelouch, Gray, Payne, Dolan, Desplechin, etc... Il y aura aussi la dose de blockbusters, des Marvel aux DC Comics, de Transformers à World War Z, de Ghost in the Shell à l'épisode VIII de Star Wars. Sans oublier les suites de Alien et Blade Runner.

Une année prometteuse, d'autant qu'on découvrira aussi des nouveaux talents inattendus, des propositions cinématographiques audacieuses et des coups de cœur qui marqueront nos esprits. Plus de 700 films sont sortis l'an dernier en France. Autant dire que le choix sera vaste, sans doute trop vaste. Qu'il y en aura pour tous les goûts (même si une écrasante majorité ira voir à peu près les mêmes films que les autres).

Spotlight

Si la critique a de moins en moins d'impact comparé au marketing publicitaire, elle a encore son importance pour des films art et essai. La bonne visibilité du cinéma dans les médias en France contribue sans doute au succès public de films comme ceux de Dolan, Loach, Farhadi ou Almodovar.

On peut mépriser la critique, parce qu'elle ne va pas dans le sens du goût populaire, parce qu'elle est parfois trop radicale ou exigeante. Néanmoins, elle est avant tout là pour éclairer le spectateur. Elle décrypte une œuvre, tente de départager les grands films des bons films. Elle n'est pas si méchante que ça même avec des films dits populaires (Deadpool, Zootopie ont été plutôt très apprécié). Mais le travail de la critique cinématographique, musicale ou littéraire c'est de défendre un film bien, davantage que de descendre un film médiocre.

Mais comme chaque année, on veut y croire, on a l'espoir, on a même la foi de découvrir des films enthousiasmants. On veut être éblouis, séduits, stupéfaits. L'art doit déranger. Il n'y a pas de recettes: un film peut transporter chaque spectateur par son récit, son émotion, son esthétique. C'est une expérience unique. C'est ça le cinéma: une religion, qui relie les gens, où il faut garder les yeux ouverts, et s'éloigner de l'esprit de chapelles.

Le film que j’attends le plus en 2017 : Moonlight de Barry Jenkins

Posté par wyzman, le 29 décembre 2016

Bien que Moonlight dispose d'un confortable mini-buzz depuis plusieurs mois, c'est finalement le chapô d'un article du Huffington Post qui m'a contraint à m'intéresser pleinement au deuxième film de Barry Jenkins. "Le film n'explore pas seulement ce que cela signifie d'être un homme noir et gay, mais d'être un homme." A un moment où les polémiques autour de la diversité s'enchaînent à une vitesse ahurissante, dire que je suis impatient de découvrir Moonlight (ou l'histoire du passage à l'âge adulte d'un jeune homme noir et gay) serait un bel euphémisme.

L'une des premières raisons, c'est son caractère unique. Eh oui, à mieux y regarder, il n'existe à ce jour aucun film traitant principalement des problèmes d'un homme noir et gay sur plusieurs années. Cela peut paraître anodin, mais après une belle année 2016 en ce qui concerne la cause LGBT et 8 années de présidence Obama, 2017 ne pourrait pas mieux commencer à mes yeux qu'avec la sortie de Moonlight. Parce que l'homosexualité a déjà été régulièrement été traitée au cinéma par le biais de personnages blancs, Moonlight me rend également très réticent. Quand on sait que la recherche Google gay+black+movie ne mène qu'à des articles sur Moonlight ou des sites pornographiques, qui ne le serait pas ?

La violence y sera-t-elle gratuite ? Les personnages noirs secondaires seront-ils des stéréotypes ? Les prix me sembleront-ils mérités ? Moonlight sera-t-il à la hauteur de mes attentes ? Parviendrai-je à m'identifier à un quelconque personnage ? Serai-je touché par cette histoire ? Autant de questions que je me pose depuis plusieurs semaines et qui resteront certainement sans réponse jusqu'au 1er février, date de sortie du film en France. Cela étant dit, la question que je me pose le plus souvent est la suivante : à un moment où tous mes amis (queer et/ou blancs) sont capables de citer des personnages qui leur ont servi de modèles et au moins un film qui leur a ouvert les yeux, Moonlight et son héros Chiron auront-ils cet effet sur mois ?

Encensé par la critique, Moonlight est de toutes les cérémonies : Hollywood Film Awards, Gotham Awards, New York Film Critics Circle, British Independent Film Awards, Los Angeles Film Critics Association, American Film Institute, Boston Online Film Critics Association, Boston Society of Film Critics, Critics Choice Awards, Chicago Film Critics Association, etc. A l'heure actuelle, le seul film capable de barrer la route de Moonlight aux Oscars 2017 s'appelle... La La Land !

Sausage Party gagne une manche contre ses attaquants

Posté par vincy, le 14 décembre 2016

Le film d'animation Sausage Party, jugé pornographique par des activistes religieux, restera interdit aux moins de 12 ans. Les plaignants souhaitaient qu'il soit interdit aux moins de 16 ans: C'est rapé. Le film ne sera pas retiré de l'affiche.

Le tribunal a estimé que "le film ne diffusait pas un message à caractère violent et que les scènes à caractère sexuel ne visaient pas à corrompre les mineurs". Dans l'ordonnance, il est affirmé que "la protection de l'enfance et de la jeunesse" n'est pas négligée, puisque "compte tenu notamment de la dimension humoristique du film, l’absence d’interdiction aux jeunes adolescents ne méconnaissait pas l’exigence de protection de l’enfance et de la jeunesse." "L'interdiction de la diffusion aux moins de douze ans, le titre, l’affiche et la bande annonce du film mettent suffisamment en relief son caractère subversif et l'omniprésence des connotations sexuelles", est-il indiqué, confirmant ainsi que "les visas accordés n’avaient pas à être complétés par un avertissement."

L'affaire étant en référé, la requête n'a pas été jugée sur le fond et peut faire l'objet d'une suite dans le cadre d'une procédure judiciaire.

L'audience au tribunal hier avait quand même quelque chose de comique. L'AFP en a fait un florilège hilarant:
"- Maître, sauf erreur, la bande-annonce contient la scène très violente d'épluchage de légumes que vous venez d'évoquer.
- Oui, mais pas celle de la partouze finale
".

Déjà pris en grippe par La Manif pour Tous, le film d'animation, très cru reconnaissons-le, a provoqué la colère outrancière et bien calculée de l'association proche des catholiques traditionalistes Promouvoir (qui adore attaquer le cinéma, avec souvent quelques victoires en faveur d'une censure plus stricte) et d'Action pour la dignité humaine. Les deux associations considéraient que ce film (à peine 60000 spectateurs à date), était "susceptible de créer un trouble chez le jeune public".

"La poire vaginale cherche à tout prix un cul"

Le ridicule ne tue pas si on lit les arguments de leur avocat, Me Bonnet: "Il s'agit d'une entreprise délibérée de toucher les plus jeunes, avec des images et des concepts qui ne sont pas adaptés à eux", allant jusqu'à parler d'une "question de civilisation et de protection de l'ensemble de la société". Il n'a sans doute jamais joué au docteur ou à la poupée.

S'enfonçant un peu plus il ose: "Oui, vous mettez en scène des légumes. Que peut-on reprocher à des légumes? Et après,vous aurez très vite des films d'animation avec des scènes pornographiques". Ça existe déjà, il faut le prévenir. Mais apparemment, il n'a pas supporté la scène finale d'orgie: "une orgie sidérante entre scènes de fellation, de sodomisation (...) où l'on voit un paquet de corn-flakes - un objet assez corpulent - assénant des mouvements de va-et-vient brutaux et demandant tu aimes ça salope?" .

Et de citer d'autres extraits qui donnent envie de voir le film: "La poire vaginale cherche à tout prix un cul, car, nous dit-on, elle est faite pour ça", "Qu'est-ce que ça doit être bon de glisser la saucisse dans le pain!". Avec ou sans moutarde, oignons, cornichons?

La défense, assurée par Me Molinié, évoque "la volonté de censure" de ses contradicteurs "à l'égard d'un film qui est un peu libertaire": "L'un des buts du film est de critiquer sur un mode humoristique la société de consommation, la religion aussi en prend pour son grade, mais il ne s'agit pas d'inciter à la violence".

Il précise qu'il "n'y a pas de représentation de sexe, juste une activité sexuelle" sur le ton "du grotesque" : "tout ce qui est montré n'est pas réaliste".

En Europe, derrière la caméra, on est encore très loin de la parité

Posté par vincy, le 13 décembre 2016

A l’occasion du Festival de cinéma européen des Arcs, une étude sur l’émergence d’une nouvelle génération de réalisatrices européennes, coréalisée avec le soutien de France Télévisions, la Fondation Sisley et le CNC a été publiée alors que le Festival met à l’honneur ces mêmes jeunes réalisatrices. La compétition est d’ailleurs paritaire. Jérémy Zelnik, Responsable des événements professionnels du festival, veut, par cette étude, « faire bouger les choses ». Et c’est en effet nécessaire. « On est très loin de la parité » insiste-t-il.

Le constat est douloureux : sur quatre ans, de 2012 à 2015, dans 30 pays, seuls 19,4% des films sont réalisés par des femmes. Même dans les pays les plus « féminisés » comme la Norvège ou la Suède, la proportion ne dépasse par un film sur trois. Les cinémas italiens et britanniques sont en queue de peloton, tandis que le cinéma français atteint les 25%, se situant ainsi au dessus du niveau moyen européen. Cette étude recoupe les chiffres d'une autre étude de l'European Women's Audiovisual Network, "Rapport sur l'égalité des genres au sein de l'industrie cinématographique européenne", parue au moment du Festival de Cannes où 21% des films dans les 7 pays étudiés était réalisés par une femme.

La parité n’est pas forcément souhaitable. Pour Jérémy Zelnik, « l’importance c’est l’égalité des chances. Les femmes n’ont pas moins de talents que les hommes ». Dans des pays où la production n’est pas très importante, la parité n’est pas l’objectif principal. Par ailleurs, la politique de quotas peut s’avérer contre-productive et doit s’adapter au temps nécessaire de la création. L’an dernier les femmes étaient majoritaires aux Work in Progress des Arcs, cette année, elles sont minoritaires. "La parité est plus intéressante à imposer dans les comités de décision ou les écoles de cinéma" selon lui. Mais Jérémy Zelnik confirme qu’il faut constamment porter une attention particulière pour que les femmes ne soient pas oubliées. C’est l’idée de ce focus aux nouvelles femmes réalisatrices européennes, accompagné de deux tables rondes : mettre en lumière ces nouveaux talents.

Car le renouvellement des générations est l’autre grand axe de l’Etude, et l’autre problème dans une grande partie des pays. Une fois de plus, le cinéma italien se fait remarqué par l’âge de ses réalisatrices : avec la moyenne la plus élevée, il s’agit du cinéma qui se renouvelle le moins. Face à ce cinéma le plus ancien, on peut opposer des cinémas « plus jeunes » comme ceux de Lettonie, Bulgarie, Slovénie, Belgique, Slovaquie, Irlande ou Norvège. « En Europe, les hommes qui ont réalisé un film entre 2012 et 2015, en sont à leur 3,7ème film, tandis que pour la même période les femmes en sont à leur 2,7ème film. Le cinéma européen féminin est en moyenne plus jeune d’une génération par rapport au cinéma européen masculin » explique l’étude.

Encore une fois, l’Italie est en tête de file, avec 5,7 films réalisés en moyenne par les hommes et 3,06 par les femmes. En Suède, de la même façon, on passe de 4,19 films réalisés par les hommes à 1,93 films réalisés par les femmes. En France, ce sont 2,53 films pour les femmes contre 4,07 films pour les hommes.

Il y a quand même une évolution. Ainsi, si 19,4% des films ont été réalisés par des femmes en France, 22,44% des premiers et deuxièmes films sont l’œuvre d’une cinéaste. Pour les premiers et deuxièmes films, la proportion atteint même plus de 35% pour la Suède et la Norvège. En France, le chiffre est à 28,2% mais si « l’évolution transgénérationnelle française existe », elle reste « progressive ». En revanche, au Royaume Uni, en Turquie comme en Italie, on reste en dessous des 15%. « Si les chiffres du Royaume-Uni sont donc bas et, en plus de cela, ne présentent aucune évolution transgénérationnelle » ceux de « L’Italie, au contraire, bien qu’elle se situe en bas de l’échelle en termes de proportion de femmes réalisatrices, gagne des échelons dans les jeunes générations. »

Globalement, la présence des femmes derrière la caméra est en hausse dans de nombreux pays, à quelques exceptions. Grâce à des politiques dédiées, la Norvège, la Suède et la Suisse font figure de bons élèves. La France, l’Allemagne et la Slovaquie, sans avoir de politiques spécifiques concernant le cinéma au féminin, sont au dessus de la moyenne et continuent de miser sur de nouveaux talents féminins. Des pays comme la Roumanie, la Russie, l’Italie, la Pologne, la Turquie et le Portugal connaissent des évolutions et révolutions culturelles « qui vont mettre un peu de temps à s’installer » souligne l’étude. Et puis il y a les cancres comme le Royaume Uni et la Grèce, tous deux très en retard.