Quel futur pour DC Comics sur grand écran?

Posté par vincy, le 15 août 2019

On a beaucoup parler de Marvel avec l'annonce de la Phase IV du Marvel Cinematic Universe au Comic-con de San Diego. Mais qui s'est soucié de l'absence de DC Comics? Pour certains professionnels, le concurrent de Marvel ne sait plus trop bien où il en est. Après la trilogie flamboyante et sombre de Christopher Nolan autour du chevalier noir, les nouveaux films avec Batman et Superman n'ont jamais pu rivaliser avec ceux de Marvel, ni en qualité ni en dollars. Que ce soit Man of Steel, Justice League ou même le combo Batman v Superman, rien n'a égalé les éloges et le milliard de dollars de The Dark Knight et de The Dark Knight Rises.

C'est finalement avec un environnement plus pop et moins poli que DC Comics a semblé trouver la martingale. Suicide Squad puis Wonder Woman et surtout Aquaman (recordman mondial des recettes de DC Comics avec 1,15 milliard de dollars) ont prouvé que la marque avait du potentiel, avec plus de fun et moins de psychologie. Wonder Woman est même, avec les deux Dark Knight, le seul non Marvel du Top 10 historique nord-américain.

On sent que la construction d'un univers étendu des super-héros de DC a du mal à se mettre en place. L'ordre des films est moins maîtrisé que chez Disney/Marvel.  La Justice League qui aurait pu être un lien entre les différents films n'a pas su s'imposer comme Avengers. Shazam!, au succès relatif mais prometteur, est le deuxième film consécutif avec un nouveau super-héros, sans qu'il n'y ait de débouchés pour lui dans un avenir proche.

A cela s'ajoute un nombre de films qui chaque année, et une faible fidélisation des spectateurs.

DC Comics expérimentateur, précurseur

Pourtant la Warner a bien l'intention vouloir combattre Disney. Et n'a peut-être pas envie de calquer le modèle DC sur celui de Marvel. Après tout, les Dark Knight ont été encensés et ont rarement été égalés en qualité (hormis par les Spider-Man de Sam Raimi , chez Sony, et Black Panther, chez Disney), tout en étant dans un registre esthétique très différent des Marvel.

C'est aussi DC Comics qui a initié la mort tragique d'un super-héros (en l'occurrence Superman dans Batman v Superman), bien avant que Thanos n'élimine la moitié d'entre eux dans Avengers Endgame.

Et on doit également à Warner/DC le premier mélange hybride animation/super-héros avec les Légo, bien avant l'excellent Spider-Man de Sony.

Ensuite le carton de Wonder Woman a été précurseur pour Hollywood, arrivant avant ceux de Black Panther et de Captain Marvel: c'est bien la Warner qui a prouvé qu'une super-héroïne était bankable et que l'ère du super-héros masculin blanc était révolue. Le film a aussi révélé une actrice. Idem pour Aquaman, le studio a imposé un "nouveau" nom, avec succès.

Mais ces deux cartons ont aussi changé l'orientation de Warner/DC Comics. Terminé le noir: la franchise DC se met au bling-bling et aux couleurs. Bref le spectateur veut du pop-corn, on va donc lui en donner, peu importe si les scénarios sont plus simplistes voire incohérents.

Ça part un peu dans tous les sens côté récit, comme côté stratégie, en apparence. On se demande comment tout les projets du studio vont s'imbriquer. Surtout que DC Comics, contrairement à Marvel, ne parvient pas à conserver ses acteurs. Will Smith a déjà abandonné la Suicide Squad. Et on ne compte plus le nombre de Batman et de Superman, qui, à chaque fois, provoquent l'hystérie des fans pro ou contre.

Les versions alternatives et arty

Le studio promet de rationaliser tout ça. En voyant le programme, on s'interroge malgré tout. Prochaine sortie : The Joker de Todd Phillips, en compétition à Venise, avec Joaquin Phoenix. On revient à l'esprit de Nolan mais avec un spin-off déconnecté des autres films. Bref, un épisode "arty" pour les Oscars plus que pour les dollars. Ou une version alternative, à la manière du film d'animation Spider-Man sorti en décembre dernier.

Dans le même registre, Warner a dégainé The Batman, réalisé par Matt Reeves. Robert Pattinson a été choisi pour être le chevalier noir dans ce film qui doit se concentrer sur sa jeunesse. Une autre version alternative. Ou un reboot en attendant un Justice League 2 convaincant? Pour l'instant rien de tout ça. Juste un Batman de plus où on reverra sans doute ses parents tués en sortant du cinéma. Ce sera le 25 juin 2021.

Girl Power

Le 19 février prochain, c'est un autre spin-off autour de la badass girl Harley Quinn (Suicide Squad) qui va profiter de la notoriété de son actrice (Margot Robbie) qui déclenchera les hostilités avec Birds of Prey. Harley Quinn se battra aux côtés de Black Canary (Jurnee Smollett-Bell), Huntress (Mary Elizabeth Winstead), la détective Renée Montoya (Rosie Perez) pour sauver Batgirl (Ella Jay Basco, choix définitif?) des mains de Black Mask (Ewan McGregor) et le tueur Victor Zsasz (Chris Messina). Tout un programme au féminin.

Avant que Marvel ne démarre sa phase IV, le 1er mai, avec son longtemps attendu Black Widow. Mais le 5 juin, DC Comics pourrait emporter ce match féminin avec son autre super-héroïne, Wonder Woman 1984. On se demande juste comment Patty Jenkins va ressusciter Chris Pine. Et, en même temps, il ne s'agirait pas d'une suite (on va se perdre à force). Mais il n'est pas impossible que DC gagner la guerre du box office sur Marvel en 2020 grâce à Margot Robbie et Gal Gadot.

Aquaman 2 dans trois ans

En août l'année prochaine, on retrouvera un reboot de Suicide Squad (cinq ans après l'unique film de l'équipe) par James Gunn (transfuge Marvel), avec Margot Robbie, Joel Kinnaman, Jai Courtney, Viola Davis mais pas Will Smith. Idris Elba héritera d'un nouveau personnage, avec une fille incarnée par Storm Reid. Ce qui augure peut-être d'un revirement narratif pour construire (enfin) un univers DC au cinéma, surtout si le script prend en compte le personnage d'Harley Quinn. Pour l'instant le programme s'arrête à décembre 2022 avec la suite d'Aquaman, face à un Star Wars. Pari risqué. Aucun Justice League, pas de troisième Wonder Woman, nul Superman à l'horizon. On sait juste que le super-héros Black Adam, antithèse de Shazam!, est en préparation (il devait d'ailleurs apparaître dans Shazam). Dwayne Johnson a été enrôlé pour être le super-héros et Jaume Collet-Serra devrait réaliser ce film, sans date précise pour l'instant.

Mais Warner décline différemment son partenariat avec DC Comics. D'un côté des films pop-corns pour lui assurer des grosses recettes mondiales (et consolider son statut de 2e studio hollywoodien). De l'autre des films plus dramatiques, avec des acteurs de premier niveau, à la manière de "hors-série" classieux. Et enfin des spin-offs autour de super-héros plutôt bad-ass, moins sages que ceux de Marvel en tout cas.

Cependant, à l'instar de Disney/Marvel/Fox/Lucasfilms/Pixar avec Disney +, Warner Bros va aussi envisager ses super-héros pour sa future plateforme de streaming, HBO Max. Ainsi les Watchmen débarqueront sur HBO cet automne en série, avec Jeremy Irons, Regina King et Tim Blake Nelson. La nouvelle patronne du studio, Ann Sarnoff, a d'ailleurs reçu pour mission d'étendre le partenariat avec DC Comics et de développer tout azimut les franchises du studio, tous supports confondus.

Elle va devoir faire le ménage et trier dans les cartons du studio, qui a repoussé Justice League Dark, Flashpoint et Batgirl, pourtant annoncés il y a deux ans. Et Warner n'a jamais caché son intention de donner une suite à Aquaman, un spin-off sur Deadshot (Will Smith dans Suicide Squad), ou des films dédiés à la Fosse (Aquaman) et à Nightwing. Ava DuVernay travaillerait sur New Gods. Il y a un scénariste officiellement recruté pour Supergirl, sans date de pré-production. Gotham City Sirens est un peu dans les limbes. On ne sait pas ce qu'il advient de Blackhawk par Steven Spielberg. Enfin le projet Lobo a finalement été orienté en série TV.

Il faut s'attendre à des surprises: le studio a aniticipé six créneaux dans le calendrier entre 2020 et 2022, sans mentionner le titre du film.

2009, année prophétique et apocalyptique ?

Posté par vincy, le 28 décembre 2009

tehotihuacan.jpgCourrier international vient de consacrer un énorme dossier sur un sujet que n'importe quel cinéphile connaît sur le bout des doigts : Prophéties, apocalypses et fins du monde.

C'est dans l'actu : le Musée du Quai Branly expose triomphalement la civilisation mésoaméricaine de Tehotihuacan (photo). Au bout du parcours, un panneau pédagogique nous apprend, selon les croyances des habitants de cette grande cité antique, que les Dieux, en tant que créateurs, décideront eux-mêmes de la fin de leur civilisation.

Plus au sud, les Mayas avaient prédit une fin du monde pour 2012. Prétexte au film de Roland Emmerich sorti cet automne, avec succès. Car l'apocalypse est un produit inusable. Fantasme destructeur imparabale, Hollywood nous en fait régulièrement des variations sur le même thème. En fait le cinéma a commencé à s'en préoccuper dès les années 1915.

Rien que cette année, des robots ont menacé notre planète dans Transformers, un super-héros a sacrifié les centres des plus grosses mégapoles dans Watchmen, un religieux du Vatican a survécu (temporairement) à une explosion à forte déflagration au dessus du Vatican dans Anges et démons, sans oublier Prédictions, District 9, ou le post-apocalyptique La route. A une différence de taille pour le spectateur : dans 2012, les êtres humains sont des silhouettes et des petites poupées numériques écrasées par l'intérêt du réalisateur de montrer des villes te des régions entières se détruire. L'Homme n'a que peu d'importance dans ce jeu de massacre. Dans La Route, c'est l'inverse, seule compte la détresse des survivants, et finalement leur désolation psychologique.

Les occasions n'ont pas manqué pour casser la belle planète bleue dans tous les sens. Et ce n'est pas nouveau. Emmerich avait déjà réalisé deux films dans le domaine, Independance Day et Le jour d'après. Extra-terrestre, spatiale (Armageddon), scientifique (Mr. Nobody, à venir en salles) ou climatique, les menaces sont toujours "bigger than ever". Et pourtant, à chaque fois, le monde est sauvé.

Fascinations qui jouent avec nos peurs et titillent notre existentialisme. Nous sommes si peu. De Nostradamus (mauvais biopic) à la science-fiction, les hommes ont toujours eu besoin de vivre par procuration l'ultime mort : celle de leur espèce. Mais à ce jeu là, le cinéma produit des visions inégales. La guerre des mondes de Steven Spielberg, farce horrifique sentimentale, a peu de choses à voir avec Terminator 2 : le jugement dernier de James Cameron, série B dopée aux emphés mais dotée, aussi, d'une scène ultra-réaliste d'une explosion nucléaire à Los Angeles. Là on rigole beaucoup moins. Très loin de Mars Attacks! de Tim Burton qui s'amuse avec les codes, tout en montrant les inévitables monuments du patrimoine mondial se faire dévaster.

Mais, sans effets spéciaux, et souvent avec une sobriété toute aussi saisissante, le cinéma, parfois imagine cette fin du monde sous le regards d'auteurs comme Don McKellar dans Last Night. Tout s'arrête à l'heure dite. Il n'y a plus rien. Ou comme les frères Larrieux cette année, dans Les derniers jours du monde, où, la nuit envahit tout, le temps s'est arrêté, la vie n'existe plus vraiment. Deux fables où l'écran, soudainement, devient noir.

Blockbusters 2009 : à l’heure des pronostics…

Posté par geoffroy, le 29 avril 2009

terminator4.jpgCette année Ecran Noir a décidé de vous présenter chaque mois, et ce jusqu’à juillet, une liste non exhaustive des sorties les plus attendues de l’été US (elle prendra la forme d’une énumération en pour et contre). D’autre part, l’équipe se prêtera volontiers au jeu des pronostics en proposant son « favori » box-office des mois de mai, juin, juillet et août.

Sans cesse avancée depuis des années, l’été des blockbusters commence désormais dès le mois de mai. Alors que certains films tirent plutôt incroyablement bien leur épingle du jeu en ce premier semestre 2009 – on pense au Taken de Besson (142 millions de dollars rien que sur le sol américain !) –, des gros bras comme le Watchmen de Zack Snyder ont mordu la poussière. Si le dessin animé Dreamworks cartonne comme un Dreamworks (Monstres contre Aliens a toute les chances de dépasser les 180 millions de dollars de Madagascar 2) et le Vin Fast Diesel rugit des mécaniques, la première salve de l’été sera lancée par le polémique mais très attendu X -Men Origins : Wolverine.

Avant d’aborder le cœur de notre affaire, pointons du doigt un phénomène devenu, au fil des ans, aussi préjudiciable pour les studios que pour le public. Avides de billets verts et de possibles franchises à décliner, les studios n’hésitent plus à sortir dès le mois de mai leurs poids lourds supposés (du moins financièrement) quitte à provoquer un embouteillage monstre proche de la saturation. C’est bien simple, cette accumulation de films week-end après week-end s’accompagne de la dose habituelle, mais fort lassante, d’un marketing à tout va et d’une surenchère d’images pas très loin du mauvais racolage.

Certes, il faut bien rentabiliser les sommes investies (aux recettes d’exploitation en salles s’ajoute les droits TV, la vente de DVD et Blue-Ray et le marchandising entourant les films), mais certainement pas au détriment d’une respiration nécessaire ente les films qui est, sans doute possible, désirée par le public. Alors quand on placarde pour le seul mois de mai pas moins de six films méga attendus (Wolverine, Star Trek, Anges & Démons, Terminator renaissance, la Nuit au musée 2 et Là-haut), il ne faut pas s’étonner d’engendrer des conséquences parfois très préjudiciables. Baisse de la qualité cinématographique (la date de sortie devient plus importante que la qualité intrinsèque du film, le marketing faisant le reste), mauvaise date de sortie (Speed Racer, Le monde de Narnia : chapitre 2), succès public en deçà des objectifs fixés (Hulk, X-Men 3, Mission Impossible III), syndrome de « cannibalisation » entre les films (Spider-Man 3, Shrek 3 et Pirates des Caraïbes 3 sorties à seulement trois semaines d’intervalle au cours de l’été 2007).

Arc boutés sur leur position les studios créent l’évènement (sorte d’assurance vie pour exister dans ce monde du tout image), se tirent dans les pattes, se battent pour placer Le film ouvrant la saison, produisent un marché de blockbusters dont les coûts de production dépassent l’entendement (Pirates des Caraïbes 3 aurait coûté 300 millions de dollars) et prient pour que leurs champions se placent sur le podium du box office de l’année. Bien sur tout n’est pas si sombre et des films comme The Dark Knight,The Bourne Ultimatum, les Pixar et bien d’autres encore continuent de nous faire aimer ce cinéma spectacle parfois si foisonnant d’invention et d’évasion.

Watchmen, ça ne fait que continuer…

Posté par denis, le 25 février 2009

Toujours à l’occasion de la sortie imminente de Watchmen, l’adaptation de la BD culte d’Alan Moore par Zack Snyder, voici quelques news sur le blog dudit film.

Pour tous ceux qui ont eu le plaisir de visionner la bande annonce, sachez que ce futur orgasme cinématographique dure près de trois heures !!! Si les studios commencent à produire des films fleuves sur des super héros, nous ne sommes pas au bout de nos surprises. En attendant les crossovers de la Marvel…

Projection pour la presse cette fin de semaine pour savoir si le film sera une révélation, ou une déception.

Watchmen, ça ne fait que commencer…

Posté par denis, le 11 février 2009

watchmenPour tous ceux qui attendent avec impatience la sortie de Watchmen, les gardiens, la fameuse adaptation du comic d’Alan Moore et de Dave Gibbons par Zack « 300 » Snyder, voici la bande annonce, disponible sur le compte You Tube d'Ecran Noir.

Le film sort le 4 mars dans les salles françaises. Sortie très attendue tant le roman graphique est culte et considéré comme l'une des oeuvres littéraires les plus marquantes du siècle dernier.

2008 : le top 5 de Denis

Posté par anne-laure, le 27 décembre 2008

Ecran Noir revient, auteur par auteur, à ses coups de coeur de l’année passée…

1. Martyrs de Pascal Laugier. Rarement un film d’horreur, français qui plus est, est parvenu à ce degré de folie avec tant de maestria. Si Laugier n’avait pas été réalisateur les pouvoirs publics l’auraient enfermé.

2. De la guerre de Bertrand Bonnello. Le pornographe, Tiresia, et aujourd’hui De la guerre… sûrement l’un des parcours les plus passionnants d’un cinéaste autant intellectuel qu’organique. Indispensable en ces temps de massification de l’esprit.

3. Surveillance de Jennifer Lynch. Un film qui sent bon le souffre et le pétage de plomb pour une autopsie déviante de l’Amérique profonde. Une claque comme on aimerait en voir plus souvent.

4. REC de Jaume Balaguero et Paco Plaza. Comment avec deux francs six sous réaliser un film de pétoches qui durant 80 petites minutes vous scotche au fauteuil ? Et le pire c’est qu’on en redemande.

5. The Mist de Frank Darabont. Malgré son look télévisuel, The Mist met K.O. avec un final bouleversant de nihilisme et de foi en l’homme.

Film le plus attendu en 2009 : Watchmen de Zack Snyder. Parce que Alan Moore, parce que Zack Snyder, et parce que jugé inadaptable.