Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le géant de fer (The Iron Giant)


USA / 1999

08.12.99
 



GÉANT





"- J'ai quelque chose pour toi. Du métal. Du bon métal croquant. le déjeuner est servi!"

Il est si rare de voir un film nous émouvoir, qu'on ne va pas se priver d'écrire tout le bien que l'on pense de cet excellent dessin animé, sorti des studios Warner.
Car on est loin du cartoon-pâte de Disney, avec ses chants, sa morale, son esbrouffe visuelle. Outre la sincérité de l'histoire (assez proche de E.T. l'extra-terrestre), il y a un dessin singulier (s'adressant à des adultes), un message digne des mangas japonais, et des références multiples (X-Files, BD style Superman, La Famille Addams, etc...). On pensera évidemment à Goldorak mais aussi à ces comics quj'on trouve dans les quotidiens, avec le trait un peu forcé et une vrai portrait de caractères spéciaux.
Car, il y a du "Simpsons" dans le décor. La communauté, et donc la société, est très précisméent reconstituée, avec ses personnages, son univers, ses influences (gouvernement, éducation, télévision...). Un dessin animé sur un quotidien qui décidément obsède les cinéastes américains : celui des années 50, où l'on rêve d'une société utopique (buvons du lait), qui donc fabrique des tarés (ici l'agent du gouvernement) et qui vit dans une totale paranoïa (afin de garder la main mise sur ces gens dits libres et avant tout consommateurs). Tout est invasion. La peur de l'étranger, de "l'alien". A l'époque des grecs, on appelait ça des barbares. On se rappellera 1941 de Spielberg ou Dr Follamour de Kubrick. Et aujourd'hui on l'alimente avec du surnaturel genre agents Mulder et Scully. N'oublions pas que les Américains du Kansas viennent de révoquer la théorie de Darwin. pas étonnant que dans les années 50, ils aient cru à toute la propagande anti-communiste et que cette peur du nucléaire les ait rendus un peu déboussolés. C'est la même folie, la même inquiétude qui traverse ce dessin animé étonnament mature, critique assumé de la bêtise administrative.
Au delà du contexte et du thème, il y a le film d'animation en lui-même. Et c'est une vraie réussite, jouant à fond le contre-courrant disneyien d'une part, et utilisant toutes les forces d'une fiction en images d'autre part : musique, personnages, séquences, humour, armes du robot... Rien ne manque. Tout s'orchestre parfaitement autour d'un scénario nickel-chrome. L'histoire est admirablement bien construite. La relation entre l'enfant et le robot s'harmonise à la perfection, avec en second-rôle la mère et l'artiste-ferrailleur, le copain Dean. Un casting juste et réel, sans animaux pour jouer les comiques. Les situations, ici, suffisent à nous emballer : le Géant faisant un plongeaon dans le lac, la main qui se balade dans l'appart, l'écureil dans le restaurant, ou encore le combat entre l'armée US et le robot, avec une apothéose risquée mélangeant le sentimentalisme et le sacrifice guerrier. L'émotion nous emporte jusqu'à l'épilogue. L'ultime scène est superbe de simplicité.
On sent la tragédie poindre dès le milieu du film, on sent le conflit qui va nous arracher à cette belle histoire, on ressent aussi toute 'amitié entre deux êtres si différents. Bref, The Irion Giant est un film. Tout court. Un film familial, pour les enfants comme pour les adultes. Un film génial et grand. Le seul problème c'est le robot-héros. Ca ne doit pas être disponible en peluche, et c'est dommage....
 
vincy

 
 
 
 

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