Venise 2011, la citazione del giorno : Philippe Garrel ne comprend pas les femmes

Posté par vincy, le 2 septembre 2011

"J'essaie de peindre les femmes. Dans le temps on pensait que l'âme de la femme n'existait pas. On sait bien qu'elle existe maintenant. Il y a des parties de mon film qui appartiennent totalement aux femmes. Même si nous, on ne comprend pas tout, entre elles, elles se comprennent". Philippe Garrel évoquant le sexe féminin, objet de désir ardent de son dernier film, Un été brûlant, incendié par la critique.

Le film sera dans les salles en France le 28 septembre, avec dans les rôles principaux Monica Bellucci et Louis Garrel. C'est aussi le dernier rôle de Maurice Garrel.

Harry Potter : toute la saga, du meilleur au moins bon

Posté par vincy, le 13 juillet 2011

8 films. 8 notes. Ecran Noir a parfois été emballé, parfois déçu par les épisodes de la série Harry Potter. Passage en revue, du meilleur au pire.

La Coupe de feu. Le grand saut. ****
"Candeur à la séduction, magique inexpérience amoureuse, chocs culturels, lâchers de bonne conscience avec ce délicieux bal de Noël qui finira underground… Maturation, clashs, pression/décompression de nos personnages, direction d'acteurs millimétrée, toujours en mouvements."

Le Prisonnier d'Azkaban. Harry mage solide. ***
"Un cinéaste peut faire la différence. Ce troisième Harry Potter possède la touche de magie nécessaire pour être un cran au dessus des autres : plus court, plus adulte, plus dynamique."

Les Reliques de la mort, 2e partie. Vol de morts. ***
"Apocalypse pas joyeuse, où chacun doit choisir son camps à l’aube d’un nouveau monde. Pour ceux qui n’ont vu aucun des épisodes précédents, cet ultime opus serait incompréhensible, et apparaîtra comme une énorme production, très soignée, vide de sens. (Mais c')est tout autant nerveux que spectaculaire, fidèle au livre et ça conclut joliment l'épopée cinématographique."

L'Ordre du Phénix. L'armée des ombres. ***
"L'épisode de la transition qui traduit aussi bien l'évolution intime des personnages que la mise en place d'un monde bipolaire dans lequel chacun doit choisir son camp. (...) Moins en lien avec l'imaginaire (peu de magie et d'effets spéciaux), plus ancré dans le réel (au travers notamment de la ville de Londres et des codes vestimentaires contemporains), il gagne en profondeur ce qu'il perd en pur divertissement."

Les Reliques de la mort, 1e partie. Le sacre du Prince Harry attendra. ***
"La tonalité finale est morbide et inquiétante, mais manque de panache. L’achèvement de cette première partie n’a aucun élan et repose juste sur un suspens, dont on peut rester à l’écart tant cette aventure s’étire."

L'Ecole des Sorciers. C'est pas sorcier. ***
"La force de l'illusion et le poids des images retraitées numériquement font de Harry Potter, le film, une oeuvre dans l'air du temps, passe-partout, habile, mais sans génie."

Le Prince de sang-mêlé. Mon sorcier bien-aimé ***
"Si le film répond à peu de questions et donne l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose de spectaculaire, ce serait pourtant une erreur d’y voir une simple parenthèse entre deux combats. Car, bien que moins profond et plus divertissant que les précédents opus, (il) pose avant tout les bases du dénouement final."

La Chambre des secrets. Harry cantonné. **
"Du spectacle consommable qui ne dégage pas une magie suffisante pour faire oublier le pouvoir évocateur de l'œuvre littéraire d'origine. La tâche mériterait sans aucun doute un réalisateur un peu plus audacieux…"

Le DG de TF1 Droits Audiovisuels sur le départ?

Posté par vincy, le 9 juillet 2011

Patrick Binet, ancien président de TF1 International devenu directeur général de TF1 Droits Audiovisuels, serait sur le point de quitter son poste, selon la Correspondance de la presse datée du vendredi 8 juillet.

Il est considéré parmi les personnalités les plus influentes de la profession, toujours en quête de l'adaptation qui pourrait faire un carton, grand amoureux des Arts (spectacle vivant, littérature, cinéma, arts plastiques...). Après le triomphe d'Amélie Poulain qu'il avait vendu dans le monde entier, Binet avait été débauché de son poste de P-DG d'UGC international par TF1 en 2002. TF1 voulait redynamiser son portefeuille de cinéma. C'est à Patrick Binet que l'on doit le montage financier et la sortie de La Môme. Sous sa direction, TF1 s'est rapprochée d'UGC après la perte du contrat de distribution avec Miramax (TFM).

Ce départ pourrait-être la première conséquence de la lourde condamnation qu'a subit TF1 D.A. cette semaine (voir notre actualité du 6 juillet) concernant le dernier film de Spike Lee. A cela s'ajoute une autre condamnation, personnelle, en 2010, pour une affaire de moeurs survenue en 2008 et qui avait défrayé la chronique.

Bille August adapte un roman suisse et adopte un acteur anglais

Posté par vincy, le 28 juin 2011

Bille August, paradoxale double Palme d'or au festival de Cannes (Pelle le Conquérant en 1988 et Les meilleures intentions en 1992) n'a rien tourné depuis 2007 (Goodbye Bafana). Pour son retour, il s'attaque à l'adaptation du roman du suisse Pascal Mercier, Train de nuit pour Lisbonne (2006). Le budget de cette production germano-suisse est modeste (2 millions d'euros).

C'est l'histoire d'une rencontre entre une femme penchée sur le parapet d'un pont, un soir, à Berne, sous une pluie battante, et la découverte d'un poète portugais, Amadeu de Prado, bouleversent la vie du professeur Raimond Gregorius. Il part pour Lisbonne afin de découvrir qui était le poète. Son enquête l'entraîne dans une ronde de personnages qui l'ont connu. Ce poète s'étant longtemps battu contre le dictateur portugais Antonio de Oliveira Salazar.

Jeremy Irons interprétera le professeur suisse. Il sera l'une des vedettes de la série Les Borgias, réalisée par Neil Jordan, qui sera diffusée en France cet automne sur Canal +. On le verra aussi dans The Words, aux côtés de Bradley Cooper, et dans Margin call, avec Kevin Spacey et Paul Bettany.

Inception et Dark Knight visibles sur iPhone, iPod Touch et iPad

Posté par vincy, le 20 février 2011

La filiale de Warner, Warner Bros Digital Distribution, lance une "app édition" pour deux de ses plus gros succès, réalisés par Christopher Nolan : Inception et The Dark Knight. Disponibles sur l'App Store d'Apple, le propriétaire d'un iPhone, d'un iPod Touch ou d'un iPad peut ainsi visionner le film.

Bon franchement, voir de tels films sur un iPod Touch ou un iPhone, ça mériterait une sanction pénale au Tribunal des cinéphiles. Mais bon, il suffit de télécharger pour avoir accès aux visionnage continu, bonus, musique, jeux, bandes son, médias sociaux.

Le communiqué précise : "« Inception: App Edition » et « The Dark Knight : App Edition » incluent les cinq premières minutes d'un long-métrage, ainsi qu'une sélection de bonus, dont des jeux, quiz, bandes sons, bibliothèques de sons... L'intégralité du film peut être débloquée via un achat In-app, qui autorise le téléchargement et le visionnage en continu illimité, ainsi que l'accès à l'ensemble des bonus disponibles dans l'application." Prix de lancement : 14,99 euros pour Inception, 7,99 euros pour Dark Knight.

Les menus sont entièrement personnalisés en 16 langues, et le sous-titrage est possible en 34 langues. Les fans peuvent se connecter avec leurs amis tout en regardant le film, partager leurs répliques préférées via Facebook et Twitter, et accéder en temps réel au contenu des chats directement liés au film.

"En 2011, Warner Bros. prévoit la sortie de toute une série de App Editions, comprenant à la fois des nouveaux films et des films au catalogue »."

L’instant Court : Hôtel Chevalier avec Natalie Portman et réalisé par Wes Anderson

Posté par kristofy, le 11 février 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Tron suédé par les frères Huéon, voici l’instant Court n° 19.

 Le film Black Swan d’abord découvert en septembre dernier au festival de Venise est enfin sorti dans les salles en France, et c’est le film du moment à ne pas manquer. Black Swan deviendra même peut-être un des meilleurs films de l’année, le meilleur film du réalisateur Darren Aronofsky, le meilleur film de l’actrice Natalie Portman… bientôt un Oscar ?

Depuis son premier rôle quand elle était encore une fillette de douze ans dans Léon de Luc Besson en 1994, son regard d’enfant-femme a su séduire les caméras des plus prestigieux réalisateurs en passant par Michael Mann, Woody Allen, Tim Burton, Amos Gitaï, Milos Forman, Wong Kar-Wai… Quand elle est choisie pour être incarner une héroïne c’est pour son allure de femme-enfant : qu’il s’agisse de la prélogie Star Wars, de V pour Vendetta, et cette fois dans Black Swan, Natalie Portman est encore et toujours à l’écran une jeune fille qui est dans le devenir d’une femme.

 Si l’actrice est devenue une star glamour (et même un fantasme autant chez les garçons que chez les filles), elle est en réalité une femme de 29 ans qui vient de révéler qu’elle attend un bébé. Natalie Portman s’intéresse aussi à la réalisation de films (elle a mis en scène le court Eve présenté à Venise, aussi un segment de New-York I love you) ainsi qu’à la production (à venir The Other Woman, Hesher, et peut-être un possible remake du Suspiria de Dario Argento).

 Natalie Portman a pourtant eu peu d’occasion d’interpréter des rôles de femme entière, comme par exemple une femme fatale qui fait irruption dans la chambre d’un homme pour une étreinte qui va le laisser malheureux…

Voila donc le court-métrage Hôtel Chevalier avec Natalie Portman réalisé par Wes Anderson. Ce court est en fait devenu un prologue à son film The Darjeeling Limited où le personnage de Jason Schwartzman parlera d’une rupture à ses frères réunit dans un train… Hôtel Chevalier a été rarement projeté sur écran comme première partie du film (comme à Venise), mais il était visible sur internet dans un but promotionnel (Natalie Portman nue ça fait du buzz...). Hôtel Chevalier est aussi et surtout un court-métrage qui se suffit à lui-même (indépendamment du long-métrage dont il est une introduction) car réalisé avec maestria par Wes Anderson, et avec une Natalie Portman peut-être plus beaucoup plus femme dans ces douze minutes de court que dans ses autres films…


Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Hôtel Chevalier.

2010 – Acteurs : Leonardo DiCaprio et Romain Duris

Posté par vincy, le 1 janvier 2011

Chacun a leur façon, ils ont atteint un cap. D'abord au box office, où ils ont brillé avec leurs films. Mais surtout, l'un en sélectionnant minutieusement des cinéastes ambitieux et l'autre en s'autorisant à sortir de sa famille d'auteurs, ils nous ont procuré un immense plaisir de spectateur.

Leonardo DiCaprio a cumulé 1,1 milliard de $ de recettes dans le monde (record annuel) avec un thriller poisseux de Martin Scorsese (pour qui il est devenu un nouveau De Niro) et un film métaphysique haletant de Christopher Nolan. Que ce soit dans Shutter Island ou Inception, il excelle dans l'intensité psychologique comme dans une action plus banale, dans la folie de ses personnages comme dans l'univers baroque des deux réalisateurs. Il nous fait croire à une intégrité trompeuse, et enlève le masque pour mieux faire rejaillir ce qui le motive : montrer que la vérité est ailleurs. À lui seul, il porte le flambeau de son métier. Un acte de simulation qui nous renvoie à nos cauchemars, ou à nos rêves.

Romain Duris est aussi le champion du nombre d'entrées, en France. Une comédie romantique, un film à suspens et un dessin animé en ont fait la tête d'affiche incontournable (et grand public) de l'année. Loin de ses fidélités passées, il a surtout amorcé son virage vers des rôles plus adultes. En se frottant à des genres et des histoires inhabituelles, il a pris sa part de risque, tout en voulant partager sa volonté de séduire. La profession ne l'estimait pas "bankable" pour être le Dom Juan de L'Arnacoeur? Pourtant, il nous y enchante, entre deux pas de Dirty Dancing et une porte qui claque à la Feydeau. Dans L'Homme qui voulait vivre sa vie, il prolonge son motto "klapischien" où la liberté prime sur tout. Le regard perdu, mais précis, il a foi en l'avenir. Prince (Disneyien dans Raiponce) hexagonal du 7e Art, Duris confirme qu'il est là pour durer.

Loin d'être des sexe-symboles épilés et musclés, les deux hommes, virils et vulnérables, sont les allégories parfaites de la masculinité contemporaine : à la fois objets de fantasme et mecs ayant les pieds sur terre.

Sundance 2011 se dévoile et affiche sa bonne santé

Posté par vincy, le 2 décembre 2010

3 812 films soumis. Une hausse de 88 oeuvres par rapport à 2010 (voir le palmarès 2010). Le Festival de Sundance ne connaît pas la crise. De l'aveu même de son nouveau directeur, pour qui c'est la deuxième édition, l'état du cinéma indépendant est même en "bonne santé".

115 fictions et documentaires ont été finalement sélectionnés pour être projetés du 20 au 30 janvier 2011. L'espoir est, désormais, de voir des pépites comme pour l'édition 2010 qui comprenait Winter's Bone, The Kids Are All Right, Blue Valentine ou encore Waiting for Superman (voir le palmarès 2010).

Compétition / Fiction

  • Another Earth - Mike Cahill, avec William Mapother, Marling, Jordan Baker, Robin Lord Taylor, Flint Beverage.
  • Benavides Born - Amy Wendel, avec Corina Calderon, Jeremy Ray Valdez, Joseph Julian Soria, Julia Vera, Julio Cesar Cedillo.
  • Circumstance - Maryam Keshavarz, avec Nikohl Boosheri, Sarah Kazemy, Reza Sixo Safai, Soheil Parsa, Nasrin Pakkho.
  • Gun Hill Road - Rashaad Ernesto Green, avec Esai Morales, Judy Reyes, Harmony Santana, Vanessa Aspillaga.
  • Here - Braden King, avec Ben Foster, Lubna Azabal, Narek Nersisyan, Yuri Kostanyan and Sofik Sarkisyan.
  • Higher Ground- Vera Farmiga, avec Farmiga, Joshua Leonard, John Hawkes, Dagmara Dominczyk, Norbert Leo Butz.
  • Homework - Gavin Wiesen, avec Freddie Highmore, Emma Roberts, Michael Angarano, Elizabeth Reaser, Rita Wilson, Blair Underwood.
  • The Ledge - Matthew Chapman, avec Charlie Hunnam, Liv Tyler, Patrick Wilson, Terrence Howard, Christopher Gorham.
  • Like Crazy - Drake Doremus, avec Anton Yelchin, Felicity Jones, Jennifer Lawrence, Charlie Bewley, Alex Kingston.
  • Little Birds - Elgin James, avec Juno Temple, Kay Panabaker, Leslie Mann, Kate Bosworth, Kyle Gallner.
  • Martha Marcy May Marlene - Sean Durkin, avec Elizabeth Olsen, Brady Corbet, Hugh Dancy, John Hawkes, Sarah Paulson.
  • On the Ice - Andrew Okpeaha MacLean, avec Josiah Patkotak, Frank Qutuq Irelan, Teddy Kyle Smith, Adamina Kerr, Sierra Jade Sampson.
  • Pariah - Dee Rees, avec Adepero Oduye, Pernell Walker, Kim Wayans, Charles Parnell, Aasha Davis.
  • Take Shelter - Jeff Nichols, avec Michael Shannon, Jessica Chastain, Shea Whigham, Katy Mixon, Kathy Baker.
  • Terri - Azazel Jacobs, avec Jacob Wysocki, John C. Reilly, Creed Bratton, Olivia Crocicchia, Bridger Zadina.
  • The Untitled Sam Levinson Project - Sam Levinson, avec Demi Moore, Kate Bosworth, Jeffrey DeMunn, Ellen Barkin, Ellen Burstyn, Thomas Haden Church.

Compétition / documentaire :

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Reprise : Lenny de Bob Fosse, une bio pas lénifiante

Posté par Claire Fayau, le 16 octobre 2010

L'histoire : Après la mort du comique américain le plus célèbre et le plus controversé des années 60, un intervieweur recueille les témoignages de ses proches et tente de retracer sa vie… Au début de sa carrière, en écumant les cabarets du nord-est des États-Unis, Lenny Bruce rencontre Honey, une stripteaseuse qui devient sa compagne. Ensemble, ils créent un duo qui flirte avec le politiquement incorrect, et Lenny devient un provocateur admiré pour ses saillies qui frappent la société américaine avec une insolente méchanceté. À plusieurs reprises, il est arrêté pour propos obscènes. Tout en exaltant sa virulence, ces attaques mettent à jour la personnalité complexe du comique, dévoré par une sexualité débridée et une forte dépendance aux drogues ( In DP)

Notre avis : Lenny, biopic qui pique d'un comique unique en son genre date de 1974, mais n'a pas pris une ride... Bob Fosse signe ici un film sombre, sans concession (comme pouvait l'être Lenny Bruce.) Est-ce un écho à sa propre réflexion sur le monde du spectacle ? En tout cas, la forme du film est troublante, et le vrai et le faux se mélangent : noir et blanc intemporel, allure de faux documentaire, mélange d'interview, d'images d'archives, et de scènes de spectacles (admirablement filmées.)...

L'emploi de Dustin Hoffman est lui aussi troublant de naturel : il incarne superbement le rôle ô combien difficile de Lenny Bruce, père du stand-up américain, entre coup d'éclat et zones d'ombres. Avec sa partenaire féminine,Valerie Perrine, il compose un couple attachant et attaché malgré toutes leurs erreurs...

Mathieu Amalric serait un très grand fan de ce film qui l'a d'ailleurs inspiré pour son dernier film : Tournée. Comme on le comprend.

Un film à voir et revoir en ces temps de politiquement correct où l'humour ravageur est souvent incompris. Pour découvrir le portrait d'un homme qui s'est battu avec des mots contre la pudibonderie . A côté, nos comiques français et les "entertainers" actuels US font figure de Bisounours...

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Lenny de Bob Fosse (1974)
En salles depuis le 13 octobre

Locarno 2010 : une fréquentation en baisse à cause du mauvais temps

Posté par vincy, le 18 août 2010

Le Festival de Locarno s'est risqué pour sa 63e édition à une programmation audacieuse et des films réalisés par de jeunes talents. Le premier festival régit sous la direction d'Olivier Père a été aussi marqué par une baisse de la fréquentation, en grande partie à cause du temps médiocre qui s'est abattu sur la Suisse italienne.

148 436 spectateurs se sont déplacés pour découvrir 280 films. Si la fréquentation est en baisse de 8,6% par rapport à 2009, le nombre d'entrées par film est en hausse de 34%. Ce sont les grandes projections en plein air de la Piazza Grande qui ont souffert du temps frais et de la pluie (quatre soirées au total). De même Locarno a subit la suppression d'une salle de cinéma. Et, malgré la réduction du nombre de chambre d'hôtels, le Festival a pu accueillir 3 852 accrédités (dont 875 journalistes). Locarno conserve sa place de grand festival mais va devoir élaborer une stratégie pour pouvoir se développer : les chambres d'hôtels deviennent inabordables, sauf si l'on est invité.

Or, en initiant la première édition des Jours de l'Industrie  (900 accrédités, dont 242 acheteurs) et en confirmant le succès de la Journée portes ouvertes (12 projets aiatiques sélectionnés, 366 rendez-vous), qui ont été un véritable succès, le festival va être vite confronté à un problème de dimension, qui risque de le rendre plus professionnel et élitiste que populaire. Bref, Locarno pourrait perdre sa marque de fabrique : le public.

leopard dLe Festival s'est conclu avec une remise des prix. Le palmarès  est aussi éclectique que sa compétition. Quatre films se détachent particulièrement et semblent avoir emporté tous les suffrages. Et le message envoyé est clair : un regard porté sur l'avenir.

Léopard d'or : HAN JIA (Winter Vacation) de LI Hongqi, Chine

Prix spécial du jury : MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Prix de la mise en scène : Denis Côté pour CURLING, Canada

Prix d'interprétation féminine : Jasna Duricic pour BELI BELI SVET (White White World) de Oleg Novkovic,
Serbie

Prix d'interprétation masculin : Emmanuel Bilodeau pour CURLING de Denis Côté, Canada

Prix du public UBS : THE HUMAN RESOURCES MANAGER de Eran Riklis, Israël

Léopard d'or Cinéastes du présent : PARABOLES de Emmanuelle Demoris, France

Prix spécial du jury Ciné Cinéma Cinéastes du présent : FOREIGN PARTS de Verena Paravel et JP Sniadecki, États-Unis /France

Mention spéciale Cinéastes du présent : IVORY TOWER de Adam Traynor, Canada

Léopard d'or de la première oeuvre : FOREIGN PARTS de Verena Paravel et JP Sniadecki, États-Unis /France

Mention spéciale de la première oeuvre : AARDVARK de Kitao Sakurai, États-Unis /Argentina

Léopard d'or pour le court métrage international  : A HISTORY OF MUTUAL RESPECT de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt, Portugal

Léopard d'or pour le court métrage suisse : KWA HERI MANDIMA (Good Bye Mandima) de Robert-Jan Lacombe

Léopard d'argent prix Kodak du court métrage : POUR TOI JE FERAI BATAILLE de Rachel Lang, Belgique et YURI LENNON’S LANDING ON ALPHA 46 de Anthony Vouardoux, Suisse

Prix du jury des jeunes : 1er - XU Xin, KARAMAY, Chine ; 2e - Daniele Gaglianone, PIETRO, Italie ; 3e : MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Prix Variety Piazza Grande : RARE EXPORTS: A CHRISTMAS TALE de Jalmari Helander, Finlande

Prix FIPRESCI de la critique internationale :  HAN JIA (Winter Vacation) de LI Hongqi, Chine

Mention spéciale FIPRESCI : KARAMAY de XU Xin, Chine

Prix du jury oecuménique :  MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Mentions spéciales :  HAN JIA (Winter Vacation) de LI Hongqi, Chine et KARAMAY de XU Xin, Chine

Prix Don Quichotte de la Fédération internationale des Ciné Clubs : MORGEN de Marian Crisan, Roumanie

Mention spéciale :  KARAMAY de XU Xin, Chine

Prix Art & Essai CICAE : BELI BELI SVET (White White World) de Oleg Novkovic, Serbie

Prix Semaine de la Critique : REINDEER SPOTTING – ESCAPE FROM SANTALAND de Joonas Neuvonen, Finlande

Mentions spéciales : BLOOD CALLS YOU de Linda Thorgren, Suède et THE FURIOUS FORCE OF RHYMES de Joshua Litle, États-Unis