Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



Comme des bêtes 2
Fanny & Alexandre
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Halte
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Le mystère des pingouins
Les faussaires de Manhattan
Nuits magiques
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille



Douleur et Gloire
Parasite
Etre vivant et le savoir
So long, My son
Toy Story 4
Le Roi Lion
Yuli
Wild Rose
Give Me Liberty
Ils reviennent...
L'étincelle, une histoire des luttes LGBT +



Avengers: Endgame
Rocketman
Sibyl
The Dead don't Die
Amazing Grace
Greta
Les Particules
Men in Black International
Zombi Child
X-Men: Dark Phoenix
Spider-Man: Far From Home
Yesterday
Anna
Les enfants de la mer
Uglydolls
Vita & Virginia
Yves
Ville neuve
The Mountain: une odyssée américaine
Contre ton cœur
Bunuel après l'âge d'or
Bixa Travesty
Noureev
Tolkien
L'œuvre sans auteur
Le coup du siècle
Factory






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 0

 
Les faussaires de Manhattan (Can You Ever Forgive Me ?)


USA / 2018

31.07.2019
 



ASSOCIATION DE MALFAITEURS





« Tu pourras être odieuse quand tu seras célèbre. »

Les faussaires de Manhattan n’a rien d’un biopic. Ce ne serait pas une histoire vraie, on pourrait difficilement croire à cet incroyable récit de contrefaçon épistolaire sous la forme d’une arnaque amatrice bluffante.

Mais le film ne se contente pas de raconter une escroquerie aux correspondances entre célébrités défuntes, qui mêlent une écrivaine au fond du trou, un homo dealer et des revendeurs de manuscrits et lettres originales ayant pignon sur rue.

C’est avant tout un portrait admirable et bouleversant d’une femme hors-normes. Une écrivaine rejetée par son milieu, fauchée, dormant au-dessus de crottes félines, préférant d’ailleurs la compagnie des chats à celle des humains, lesbienne solitaire, alcoolique, méfiante. Elle vit presque recluse. Elle se cache surtout du regard des autres, avec plusieurs carapaces sous le gilet, et comme seules armes, l’écrit et l’esprit. Car elle est caustique, doté d’un humour noir, et plutôt lucide. C’est une nostalgique et le film de Marielle Heller a d’ailleurs toutes les couleurs et le parfum d’une époque révolue, avec ces machines à écrire, ce papier omniprésent, ces livres reliés un peu poussiéreux, ces bars enfumés, ces vêtements laineux, cette époque où déjà la qualité littéraire s’évaporait au profit des best-sellers…

Souffrant d’un très mauvais karma, Lee Israel trouve la martingale pour mettre du paté dans la gamelle du chat et continuer à verser du whisky sur les glaçons. Son duo avec Jack Hock « big cock » est savoureux. Il n’y a plus vraiment de place pour cette amoureuse de Fanny Brice et de Dorothy Parker, et ce vieux dandy qui rêve de retrouver sa vingtaine. « Sache que je suis une meilleure Dorothy Parker que Dorothy Parker ».
Avec contrefaçon, elle est mieux qu’un garçon d’ailleurs cette Lee, c’est une garce assumée et qui s’en prévaut. Ce qu’elle imagine est une porte vers un monde qui respectait encore l’écrit. Tout est dit.

Bien sûr, on imagine bien que tout cela finira mal. Mais ce n’est pas le sujet. D’ailleurs la séquence au tribunal substitue les plaidoiries par une confession détonante qui résume le film. Les faussaires de Manhattan est un hommage à une femme malheureuse (à ses faiblesses comme à ses talents), incarnée avec justesse et sensibilité par une Melissa McCarthy parfaite dans le rôle.

C’est d’ailleurs elle qu’on retient : elle habite tellement le personnage qu’elle n’a pas besoin d’aller dans les excès ou le grimage, contrairement à de nombreux films biographiques. C’est sans doute pour cela que le film répond à la question de son titre d’origine (Can you ever forgive me ?, Pourras-tu un jour me pardonner ?). Le personnage est tout à fait pardonnable grâce à l’humanité que l’actrice parvient à faire exister. L’histoire vraie s’estompe, laissant la place à une fiction sur une société cynique où les agents comme les revendeurs assument parfaitement l’escroquerie intellectuelle, tandis que la faussaire paye pour un crime aussi anodin que brillant. Il y a chez Lee Israel une forme de panache à défier cette Amérique déshumanisée où seuls les dollars ont de la valeur.
 
vincy

 
 
 
 

haut