Avec Etre vivant et le savoir, Alain Cavalier montre que l'art rend hommage à l'art, que le cinéma peut être un hommage grâce à l'image. Dialogue incessant entre le réel des vivants et les souvenirs d'une morte, le film est d'une poésie sublime.



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X-Men: Dark Phoenix


USA / 2019

05.06.2019
 



CINQUANTE NUANCES DE JEAN GREY





« Ce que tu peux faire de ton don, c’est toi qui le choisis. »

7e film de la franchise X-Men en bientôt 20 ans, X-Men Dark Phoenix prolonge la chronologie de la deuxième fournée – la jeunesse des mutants – en revenant au début des années 1990. Pourtant, il se distingue des autres, et pas seulement avec son scénario étonnement simple et l’absence de nouveaux enjeux.

En se focalisant sur un personnage – la légendaire Jean Grey – le film se mue en spin—off plutôt qu’en suite, en épisode « hors-série » plutôt qu’une transition ou une conclusion. Avec ce parti-pris, tous les autres rôles semblent secondaires pour ne pas dire accessoires, hormis peut-être celui de l’indéboulonnable Professeur X (avec un James McAvoy très sous exploité). La dynamique de groupe est mise à mal, les émotions ne passent pas, et on globalement, ce X-Men s’avère un peu trop faible pour être emballant.

Le choix d'une menace extra-terrestre comme trame dramatique rend cet épisodeassez binaire (les terriens unis contre les aliens) alors que cette saga a trouvé ses forces dans des conflits plus intérieurs (entre mutants ou/et contre le pouvoir dominant).

Là où on pouvait y voir un sous-texte politique, voire une métaphore du monde contemporain, Dark Phoenix s’avère un simple divertissement qui radote un peu ses thèmes sans exploiter une quelconque profondeur. Il s’agit d’une énième histoire de super-héros combattant le monstre qui est en eux. Même le vilain – une vilaine (Jessica Chastain, transparente) – ne fait jamais vibrer.

Le véritable intérêt est en fait ailleurs. Ce film « Girl Power » fait la place belle aux héroïnes (les mâles dominants sont même contestés ou / et vulnérables, payant chacun leurs erreurs). Outre la méchante extra-terrestre génocidaire, c’est bien Jean Grey (Sophie Turner, en ado résiliente et traumatisée, force tranquille invincible) qui est le fil conducteur et Raven/Mystique (Jennifer Lawrence, seule interprètes tous sexes confondus à réellement jouer son rôle avec conviction), qui sera maltraitée dans cet épisode à l’image de Black Widow dans le dernier Avengers.

Ce combat de femmes puissantes (« Ce sont les femmes qui sauvent les hommes. On devrait nous rebaptiser les X-Women ») est proprement filmé. Surtout, gros avantage, il maintient le rythme. La fluidité du récit, même s’il manque de complexité, est à mettre à son crédit. Si on peut-être blasé des effets visuels, on reconnaît que l’action est rondement menée, notamment ce double final assez long et très pêchu, qui va laisser le monde en cendres. De quoi renaître à l’instar du phénix.

L’espoir contre la haine, le choix de sa famille, l’emprise des émotions sont les messages effleurés par cet opus. Rien de bien méchant. Un peu trop superficielle pour être marquante, cette fausse suite reste efficace. Mais on ignore dans quelle direction la franchise va et on n’apprendra rien de plus sur le Fauve, Tornade ou Cyclope. Reste que cette étape distrayante n’est pas déshonorante dans le genre. Le comble est que la meilleure franchise Marvel soit devenue aussi modeste et peu ambitieuse quand les Avengers et ses « stand-alone » gagnaient en moyens et en muscles. A quand un X-Men (ou X-Women) qui épate de nouveau ?
 
vincy

 
 
 
 

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