Alita Battle Angel, manga culte, production de James Cameron, réalisation de Robert Rodriguez. Avec sa dose d'action et son héroïne cyborg plus vraie que nature, le blockbuster va essayer de conjurer le mauvais sort fait aux adaptations hollywoodiennes des mangas japonais.



Alita: Battle Angel
All Inclusive
Comme un seul homme
Dans la terrible jungle
Deux fils
Happy Birthdead 2 You
L'illusion verte
Le silence des autres
Les drapeaux de papier
Long Way Home
Moi, maman, ma mère et moi
Ralph 2.0
Regarde ailleurs
The Raft
Un ange
Vice



Une affaire de famille
Spider-Man: New Generation
Roma
Les invisibles
Glass
The Front Runner
Green Book: sur les routes du sud
Le château de Cagliostro
Un grand voyage vers la nuit
Sorry to Bother You
Tout ce qu'il me reste de la révolution
Une intime conviction
La Favorite



Asako I & II
Aquaman
Mirai, ma petite soeur
Le retour de Mary Poppins
Premières vacances
Border
Creed 2
Edmond
L'ange
L'heure de la sortie
Ayka
Ben Is Back
Colette
L'incroyable histoire du facteur Cheval
Holy Lands
Une jeunesse dorée
Doubles vies
Another Day of Life
La Mule
The Hate U Give, La haine qu'on donne
Un berger et deux perchés à l'Elysée
Si Beale Street pouvait parler
Pearl
Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde
Les estivants
L'amour debout
Mango
La cabane aux oiseaux
Dragons 3: Le monde caché
My Beautiful Boy
Nicki Larson et le parfum de Cupidon






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Galveston


USA / 2018

10.10.2018
 



ROY ET ROCKY





« Je veux pas d’un mort parce qu’un con a pété un câble. »

Après le ratage de Plonger, Mélanie Laurent signe un film « de commande », américain (production, casting, roman originel, univers). Et c’est plutôt une heureuse surprise. Si le film manque parfois un peu de personnalité, sans doute sous la contrainte d’une production qui cherchait à allier un style singulier à une ambition un peu formatée, l’ensemble séduit.

Sans doute parce que Mélanie Laurent a composé entre des impératifs (l’atmosphère du roman de Nic Pizzolatto, le créateur de la série True Detective) et son inspiration personnelle, avec cette belle lumière eighties qui éclaire tout le film. Cela se remarque particulièrement dans l’écriture des personnages et la direction d’acteurs mais aussi dans la splendeur des paysages qu’elle se complaît à filmer comme des protagonistes à part entière de l’histoire.

Des bas-fonds d’un bled texan aux plages sablonneuses du Golfe du Mexique, en passant par des bars ou restos « country » et un motel banal et impersonnel, la réalisatrice filme une Amérique qui flirte avec les clichés et en tout cas, une impression de déjà-vu. L’ambiance poisseuse, mafieuse, virile est vite compensée par la fragilité et l’humanité de la brute et l’arrivée d’une femme fatale (en robe rouge) aussi fébrile qu’attachante.

Les codes sont respectés et le film noir semble écrit pour l’époque #metoo tant le mâle est respectueux de cette jeune femme pourtant prostituée (on n’en sort pas quand même de cette vision binaire dans le polar : le mec et ses flingues, la femme et son corps).

Mélo noir

Dans ce traquenard, l’homme de main et l’escort fuient une vie de merde pour tenter de s’en échapper. Ils s’offrent une parenthèse heureuse, une respiration bienvenue, avant que tout cela ne tourne mal. C’est ce qui est intéressant dans le récit de Galveston. Pendant une grande partie du film, la psychologie et la relation entre les deux personnages prennent le dessus, sans se soucier des menaces qui pèsent sur eux. Or, le spectateur, sait que la violence va interrompre ce petit bonheur idéaliste et factice. Mais il ignore quand cela va survenir. Et elle surgit au moment où on ne s’y attend plus. C’est là que Mélanie Laurent surprend.

L’attente est longue. L’intranquillité règne. La mauvaise passe semble infinie. Et quand le piège se referme, tout va très vite et se déroule de manière inattendue. On est avec le repenti, en espérant qu’il s’en sortira, on croit que le salaud va payer. Or, tout va être plus « simple », « crédible », « anti-héroïque » et même anti-hollywoodien. La longue séquence dans l’usine de nettoyage est maîtrisée et captivante. Elle s’achève d’ailleurs si brusquement qu’on reste un temps scotché.

Sauvage

Si l’épilogue n’a rien de classique dans le cinéma américain, s’offrant même une fin « romantique » au sens littéraire du terme, Galveston reste finalement un portrait d’une Amérique sauvage entre sublimes paysages naturels (la tendance écolo de la réalisatrice) et humains à l’animalité palpable (prédateurs et proies). Avec ses toquards, honnêtes gens, qui composent une société complexe, humaniste, misérable, où le dominants n’est pas forcément perdants en l’absence de morale. C’est presque un mélodrame qui s’imprègne de polar.

Galveston n’est d’ailleurs qu’un film sur deux êtres à la dérive en quête de rédemption, ou de renaissance. Comme dans tous les films de Mélanie Laurent. Elle veut croire qu’il y a quelque chose de bon en chacun de nous. Le récit reste un peu simpliste et il manque sans doute un regard plus approfondit sur les auteurs de cette tragédie, ceux qui provoquent la perte de Roy et de Rocky. En ne prenant qu’un angle, le film s’empêche une certaine profondeur pour se complaire dans une histoire d’amour dont il ne faut surtout pas prononcer le nom. Noir et lumineux à la fois, Mélanie Laurent signe avant tout un film sincère où l’honnêteté sert de fil conducteur jusqu’au bout.
 
vincy

 
 
 
 

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