Premier film "américain" de Mélanie Laurent, Galveston est un mélo noir, où l'humanité l'emporte sur la violence, où la nature est dominante et où la justice est défaillante. Mérite le détour.



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 (c) Ecran Noir 96 - 18


  



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Venom


USA / 2018

10.10.2018
 



INSIDE MAN





« Vous ne nous avez pas trouvés. C’est nous qui vous avons trouvés. »

Le slogan du film (« Le monde a assez de super-héros »), suggérant que ce n’est pas du tout ce dont il s’agit ici, est assez abusif. Même s’il met en scène un personnage plus intéressant que ce boy-scout de Captain America et la plupart de ses semblables, Venom reste classiquement un film de super-héros, construit comme tel (prologue présentant le héros avant « transformation », période d’adaptation, puis doute et révolte, et enfin acceptation et osmose) et aux enjeux parfaitement dans la ligne du genre : sauver la planète et, accessoirement, (re)trouver sa place dans la société et surtout reconquérir la femme de sa vie.

Mais là où le Blockbuster de la semaine se distingue, c’est dans le choix de son protagoniste, un humain tête brulée façon archétype de journaliste d’investigation idéaliste, avec lequel vient littéralement fusionner une créature extra-terrestre avide de chair humaine fraîche (et si possible vivante), pas franchement embarrassée par des notions de bien et de mal. Le duo (si l’on peut dire) est évidemment irrésistible, et l’on ne pouvait que se réjouir a priori de le voir enfin rejoindre la longue lignée des héros Marvel portés sur grand écran.

Et malgré un récit relativement classique (un peu mou dans ses scènes d’exposition, banal dans ses enjeux, et avec un personnage de méchant pas franchement à la hauteur), il faut avouer que la personnalité fantasque de Venom emporte toutes les réticences, et cela bien que le film gomme totalement son aspect de « Super-vilain » pour en faire au contraire un instrument du « bien ». Cet extra-terrestre brutal et cru, au physique particulièrement laid selon les normes terrestres (mais admirablement rendu à l’écran grâce à des effets spéciaux de toute beauté), contrebalance efficacement l’aspect un peu lisse de son acolyte humain, et offre à la fois de jolis moments de comédie et de magnifiques scènes d’action. Les supers pouvoirs de l’entité (capable de s’étendre à l’infini et de changer de forme) sont notamment parfaitement exploités visuellement, permettant quelques séquences à très grand spectacle. A défaut d’être totalement inventif, le film revisite ainsi intelligemment tous les passages obligés de ce type de films, de la poursuite à moto à l’escalade de façade à mains nues, en passant par des combats à un contre cent et autres chocs de titan.

On notera au passage que les scénaristes hollywoodiens sont particulièrement obsédés ces temps-ci par les questions de surpopulation et d’environnement, puisqu’après Thanos qui voulait éliminer la moitié de la population mondiale pour permettre à la planète de survivre (dans le dernier Avengers), le millionnaire fou de service dans Venom cherche quant à lui une manière de permettre aux hommes d’émigrer dans l’espace avant que la vie ne soit devenue impossible sur Terre. On ne sait trop si on doit se réjouir de voir ces enjeux de société s’inviter dans les plus hauts lieux de la culture populaire, ou au contraire s’inquiéter de leur relative banalisation, alors qu’ils deviennent des éléments de fiction exactement au même titre que la menace d’une invasion extra-terrestre et les méfaits d’un industriel sociopathe.

Quoi qu’il en soit, si Venom est un film d’action efficace et plutôt réussi, il risque malgré tout de décevoir les fans des comics, tant le scénario peine à exploiter toutes les ressources potentielles du personnage. A moins que les volets suivants (déjà dans les tuyaux) ne parviennent à s’abstraire d’une tonalité largement bon enfant (dans la ligne de Deadpool, mais en plus sage) pour amener le symbiote et son porteur vers le côté plus obscur de leur double personnalité…
 
MpM

 
 
 
 

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