M, primé à Locarno, Namur et séville, est le documentaire choc du moment. Yolande Zauberman réussit à allier bienveillance et effroi, scandale pédosexuel chez les juifs ultra-orthodoxes et parcours d'hommes fragiles et touchants.



Comprame un revolver
Dernier amour
Du miel plein la tête
Entre les roseaux
L'homme qui a surpris tout le monde
Le corps sauvage
Le rêve de Sam et autres courts
Leur souffle
M
Qui m'aime me suive
Résistantes
Sauvages
Social Business
Sunset
Us
Walter



Roma
Les invisibles
Green Book: sur les routes du sud
Le château de Cagliostro
Un grand voyage vers la nuit
Sorry to Bother You
Tout ce qu'il me reste de la révolution
Une intime conviction
La Favorite
La chute de l'empire américain
Les funérailles des roses
Nice girls don't stay for breakfast
Les étendues imaginaires
Funan
We The Animals



Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde
Dragons 3: Le monde caché
My Beautiful Boy
Nicki Larson et le parfum de Cupidon
Alita: Battle Angel
Deux fils
Les drapeaux de papier
Ralph 2.0
Vice
Destroyer
Euforia
Les moissonneurs
Grâce à Dieu
La grande aventure Lego 2
Le Chant du loup
The Wife
Celle que vous croyez
Le garçon qui dompta le vent
Marie Stuart, Reine d'Ecosse
Les éternels
Wardi
Captain Marvel
Exfiltrés
Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
Stan et Ollie
Triple frontière
McQueen
Rosie Davis
Ma vie avec John F. Donovan
Convoi exceptionnel
Aïlo : une odyssée en Laponie






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Mary Shelley


Royaume Uni / 2017

08.08.2018
 



PASSION ET PRÉJUGÉS





« Les gens aimaient ces romans gothiques. »

Six ans après Wadjda, la cinéaste saoudienne Haifaa Al Mansour poursuit son exploration de l’émancipation féminine avec ce « biopic » sur la jeunesse de l’écrivaine Mary Shelley. L’auteure de Frankenstein, écrit bien avant les romans fantastiques de Robert Louis Stevenson, H.G. Wells et Bram Stoker, a été la première romancière populaire britannique avec les sœurs Brontë. De quoi intriguer.

Avec pédagogie, la réalisatrice nous explique toutes les facettes de sa personnalité. En soi, c’est un film : une mère, décédée, icône féministe engagée avant l’heure, un père, intellectuel et amoureux des Lettres, une demi sœur fusionnelle, un imaginaire débordant, une passion immorale pour un poète connu (qui deviendra son mari et son nom : Shelley), un bébé perdu à la naissance. Rebelle aux conventions, éprise de liberté, aspirant à l’égalité, Mary Shelley ne manquait pas d’obstacles entre le mâle dominant (nombre d’éditeurs n’ont pas voulu croire qu’elle avait écrit Frankenstein) et les mœurs coincés de son pays.

A l’instar d’un Kubrick qui aimait dépeindre autant le cadre qui étouffait les gens que les sentiments qui les habitaient, Haifaa Al Mansour réalise un film d’époque aussi bien critique sur la société que révélateur des carcans qui étouffaient les émotions. Mais c’est davantage Jane Auster qui respire dans ce film avec la relation mouvementée entre Mary et son « mari », le poète Percy Bisshe Shelley. La (dé)raison, les sentiments, l’orgueil et les préjugés se mélangent ainsi dans une liaison dramatique et sincère, avant-gardiste et naturelle.

« On devrait vivre et aimer comme on le désire »

Elle Fanning et Douglas Booth forment le couple parfait pour le film, jeunes, beaux et crédibles. Ils contrastent avec la mocheté environnante et la médiocrité des gens. Malgré leurs failles, parfois béantes, malgré parfois la trop grande pudeur du film, le romantisme de cette période est parfaitement incarné par ce duo prêt à la marginalité et aux excès.

La musique est parfois trop présente, le rythme souffre de temps en temps du manque d’élan nécessaire, le dynamisme du récit est parfois sacrifié sur l’autel de fulgurances esthétiques, mais l’histoire se suffit presque à elle-même. Hommage à la lecture et à l’imagination, combat contre les illusions et le conformisme, les deux scandaleux et idéalistes démontrent qu’il faut parfois résister aux pressions collectives pour s’envoler.

De drames ancrés à jamais en bonheurs éphémères, leur itinéraire de libertins et libertaires séduit. Mais surtout Haifaa Al Mansour réussit là où de nombreux cinéastes échouent : la construction de la création. C’est bien dans chaque épisode de la vie de Mary Shelley, dans ce qu’elle voit ou ce qu’elle ressent, que réside les ingrédients qui la mèneront à Frankenstein. En filmant en creux les inspirations de l’écrivaine, la réalisatrice révèle ce qui fait de ce roman une œuvre si forte dans la littérature, et pas seulement une histoire de « monstre ».

Ce Prométhée moderne devient alors la parabole d’une humanité ni bonne ni mauvaise, mais malheureuse et maladroite, le portrait d’une femme qui manquait d’amour et devient ainsi une créature incomprise. Mary Shelley est un film classique qui veut prouver que l’amour a de multiples vérités, tolérant aussi bien les déviants que les anticonformistes. En cela, il est résolument moderne et toujours d’actualité.
 
vincy

 
 
 
 

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