Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



5 est le numéro parfait
Abominable
Au bout du monde
Braquer Poitiers
Hors normes
L'âcre parfum des immortelles
Les charbons ardents
Les municipaux (mais pas trop)
Serendipity
Sorry We Missed You
Théâtre du radeau, triptyque



Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque



Once Upon a Time... in Hollywood
Roubaix, une lumière
La vie scolaire
Les hirondelles de Kaboul
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Gringo


USA / 2018

08.05.2018
 



COMMENT SE PAYER SON PATRON ?





« Ne me faites pas peur avec vos histoires de cartels »

La valeur de Gringo est-elle liée à son seul casting ? Thriller aux twists multiples, il apparaît davantage comme un produit cherchant à divertir qu’un film renouvelant le genre. A l’heure des séries où la manipulation du spectateur et les rebonds narratifs sont de mieux en mieux maîtrisés, le pari est risqué de vouloir condenser ce qui aurait pu être un feuilleton à suspens en un film à l’esthétique convenue.

« C’est compliqué de trouver un noir au Mexique ? »

Aussi, on se doute bien que de réunir Charlize Theron, Joel Edgerton, David Oyeolow, Amanda Seyfried et Thandie Newton est le principal moteur du plaisir coupable qu’offre Gringo.

Si l’ensemble est déjà vu, et si les personnages que tout ces acteurs campent sont stéréotypés, avouons que le cynisme de chacun apporte un peu de piment à cette arnaque à tiroirs. Car la particularité de cette histoire de manipulations, faux-semblants, kidnapping, chantage, trahisons, mensonges et autres trafics, est qu’ils sont (presque) tous imbuvables, arrogants, susceptibles, vulnérables, égoïstes. Cela les rend d’ailleurs assez sympathique tellement leur monstruosité est acceptée dans la société libérale et brutale actuelle. Mais - l’honnêteté ne payant pas dans cette époque absurde où les bons sont plutôt des victimes et des pauvres - cela révèle aussi l’hypocrisie et la bestialité qui animent les individus pour survivre dans une telle société.

« Quand vous pouvez gérer 35 enfants, vous pouvez gérer un dealer »

L’exclusion d’un homme est ici l’énergie d’une revanche chaotique où s’invitent une OPA, un cartel mexicain, la brigade des stups, un humanitaire. Plaqué, bientôt viré, le mec semble en plus avoir la poisse dans ce monde de requins, salauds ou tarés. Assumant son aspect politiquement incorrect (aussi bien sur l’impérialisme colonisateur américain que sur les clichés mexicains), Gringo prend du relief grâce aux caractères et aux excès de chacun.

Quelques dialogues vachards et des situations absurdes font le reste pour distraire. Car côté action et même narration, le scénario joue plutôt la paresse. Ce « beau merdier » glamour et parfois drôle se contente quand même le plus souvent de jouer sur le double jeu de chacun, sans vraiment approfondir leurs contradictions, et déroule ainsi ses pièges et chausse-trapes vers un épilogue où la morale sera sauve.
 
vincy

 
 
 
 

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