Glass clôt une trilogie commencée il y a 18 ans avec Incassable. Mélangé à Split, M. Night Shyamalan réussit son retour avec un film de genre, presque de série B, où le scénario et la mise en scène l'emportent sur les effets.



Ayka
Ben Is Back
Capri-Revolution
Colette
Doubles vies
Glass
Holy Lands
L'incroyable histoire du facteur Cheval
Le musée des au revoir
Le phallus et le néant
Mallé en son exil
The Front Runner
Une jeunesse dorée



Les Veuves
Assassination Nation
Les Confins du monde
Une affaire de famille
Utøya, 22 juillet
Spider-Man: New Generation
Roma
L'homme fidèle
Wildlife, une saison ardente
Grass
Les invisibles



Bohemian Rhapsody
Cold War
Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald
Amanda
Le Grinch
Les héritières
Robin des Bois
Voyage à Yoshino
Astérix - Le secret de la potion magique
Leto
Pupille
Mortal Engines
Pachamama
Rémi sans famille
Asako I & II
Aquaman
Bienvenue à Marwen
Mirai, ma petite soeur
Le retour de Mary Poppins
Premières vacances
Monsieur
The Bookshop
The Happy Prince
Undercover - une histoire vraie
Border
Creed 2
Edmond
L'ange
L'heure de la sortie






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 14

 
Red Sparrow


USA / 2018

04.04.2018
 



RED STAR





"Vous serez former à la manipulation psychologique"

Dans la lignée des Wanted et Atomic Blonde, voici Red Sparrow. En tout cas le film de Francis Lawrence (la trilogie Hunger Games) se veut un de ces thrillers d’espionnage avec agent double sexy. On est dans le même format : on doute des intentions de l’héroïne dans ce jeu de manipulations et de trahisons.

Mais à la différence d’Angelina Jolie à Washington et de Charlize Theron à Berlin, Jennifer Lawrence n’est pas une « action-girl ». Red Sparrow, et c’est ce qui peut surprendre le fan du duo Lawrence/Lawrence, est avant tout un film à suspense, entre polar violent et froid, et jeu de pouvoirs.

Finalement, le « moineau rouge » donne peu de coups. A l’origine danseuse brillante du Bolshoi, elle a pour atout son intelligence, son instinct, son physique. Et si elle frappe peu, elle encaisse beaucoup. Sa chair n’est pas ménagée entre douches glaciales et armes blanches, diverses tortures et une dépossession « officielle » de son corps. Un vrai calvaire, brutal.

Le film frustrera sans doute ceux qui attendent des courses-poursuites et quelques bonnes bastons. Même s’il y a quelques séquences où les effusions de sang ne manquent pas, Red Sparrow reste avant tout un thriller cérébral avec indices, fausses pistes et manigances. C’est convenu et pourtant on évite le récit surligné, le message surappuyé ou la morale surexposée.

Patriotisme broyeur d'identité

Le réalisateur recherche davantage à séduire qu’à épater. A l’instar de ce long prologue où s’alternent un ballet classique sans enjeu (a priori) et un rendez vous entre une taupe et un agent de la CIA (qui va mal tourner). Francis Lawrence refuse le sensationnalisme, le rythme trépidant. Il installe sa séquence et ses deux personnages. Prend son temps.

Dans ce jeu à triple bande, parfois un peu sadique, et en tout cas masochiste, l’histoire de l’héroïne importe finalement peu. On est pris dans les méandres de ce méli-mélo qui ne surprendra pas les amateurs de littérature policière (John le Carré n’aurait pas renié le pitch). Hormis le poutinien oncle au sang froid (Mathias Schoenaerts) et la reptilienne professeure sans affect (Charlotte Rampling), les rôles secondaires sont trop synoptiques pour créer des enjeux humains. On reste dans un récit binaire d’une femme sous l’emprise d’un système et qui cherche à s’en échapper. Une victime qui a scellé son destin en faisant volontairement les mauvais choix ? Pas si simple.

Survival séducteur

C’est tortueux, malin. Sans être original, Red Sparrow est séduisant, mais s’oublie assez vite, malgré un final machiavélique et une actrice déployant tout son talent. Cependant, on reste assez stupéfait par la dureté, la noirceur et la froideur du propos. Ce film clairement anti-russe, un peu construit sur les vestiges d’une guerre froide officiellement achevée, fait un écho étrange à l’actualité et pourrait nous faire croire à la résurrection d’un affrontement glaçant entre l’Occident et cette Russie patriotique et broyeuse de destins.

Divertissement bien calibré, bien fabriqué, avec ce qu’il faut de glam et de gore, il manque sans doute d’une profondeur psychologique pour avoir un peu plus de relief. Au moins se détache-t-il des films du genre récents (effet Jason Bourne) pour retrouver un certain classicisme. Red Sparrow réussit à ne pas nous perdre dans son labyrinthe grâce à un scénario efficace et limpide, au service d’une actrice qui prend plaisir à jouer les simulatrices. Un joli pas de deux entre « Lawrence », aussi harmonieux que précis.
 
vincy

 
 
 
 

haut