Hors-compétition à Cannes, The Spy Gonbe North est l'un des rares grands films coréens de cette année à sortir en salles. Ce thriller d'espionnage vaut le détour, sans passer par la Corée du nord.



8, avenue Lénine
André Robillard en compagnie
Arthur et la magie de Noël
Carmen et Lola
Célébration
Chien de garde
Festen
Frères de sang
Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald
Les chatouilles
Les neiges de la soie
Millénium : Ce qui ne me tue pas
Mon cher enfant
Petits contes sous la neige
Pour l'amour de l'art
Premières solitudes
Sami, une jeunesse en Laponie
Suspiria



A Star is Born
Chris the swiss
RBG
Un 22 juillet
Yéti & Compagnie
Le grand bain
En liberté !
The Spy Gone North



Mademoiselle de Joncquières
Première année
Les Frères Sisters
Nos batailles
Dilili à Paris
Domingo
Galveston
Girl
La particule humaine
Venom
Tazzeka
Capharnaüm
First Man: le premier homme sur la lune
The House that Jack Built
Bamse au pays des voleurs
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Chacun pour tous
Cold War
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Silvio et les autres
Ta mort en shorts
Touch Me Not
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Heureux comme Lazzaro
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Samouni Road
Un amour impossible






 (c) Ecran Noir 96 - 18


  



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Red Sparrow


USA / 2018

04.04.2018
 



RED STAR





"Vous serez former à la manipulation psychologique"

Dans la lignée des Wanted et Atomic Blonde, voici Red Sparrow. En tout cas le film de Francis Lawrence (la trilogie Hunger Games) se veut un de ces thrillers d’espionnage avec agent double sexy. On est dans le même format : on doute des intentions de l’héroïne dans ce jeu de manipulations et de trahisons.

Mais à la différence d’Angelina Jolie à Washington et de Charlize Theron à Berlin, Jennifer Lawrence n’est pas une « action-girl ». Red Sparrow, et c’est ce qui peut surprendre le fan du duo Lawrence/Lawrence, est avant tout un film à suspense, entre polar violent et froid, et jeu de pouvoirs.

Finalement, le « moineau rouge » donne peu de coups. A l’origine danseuse brillante du Bolshoi, elle a pour atout son intelligence, son instinct, son physique. Et si elle frappe peu, elle encaisse beaucoup. Sa chair n’est pas ménagée entre douches glaciales et armes blanches, diverses tortures et une dépossession « officielle » de son corps. Un vrai calvaire, brutal.

Le film frustrera sans doute ceux qui attendent des courses-poursuites et quelques bonnes bastons. Même s’il y a quelques séquences où les effusions de sang ne manquent pas, Red Sparrow reste avant tout un thriller cérébral avec indices, fausses pistes et manigances. C’est convenu et pourtant on évite le récit surligné, le message surappuyé ou la morale surexposée.

Patriotisme broyeur d'identité

Le réalisateur recherche davantage à séduire qu’à épater. A l’instar de ce long prologue où s’alternent un ballet classique sans enjeu (a priori) et un rendez vous entre une taupe et un agent de la CIA (qui va mal tourner). Francis Lawrence refuse le sensationnalisme, le rythme trépidant. Il installe sa séquence et ses deux personnages. Prend son temps.

Dans ce jeu à triple bande, parfois un peu sadique, et en tout cas masochiste, l’histoire de l’héroïne importe finalement peu. On est pris dans les méandres de ce méli-mélo qui ne surprendra pas les amateurs de littérature policière (John le Carré n’aurait pas renié le pitch). Hormis le poutinien oncle au sang froid (Mathias Schoenaerts) et la reptilienne professeure sans affect (Charlotte Rampling), les rôles secondaires sont trop synoptiques pour créer des enjeux humains. On reste dans un récit binaire d’une femme sous l’emprise d’un système et qui cherche à s’en échapper. Une victime qui a scellé son destin en faisant volontairement les mauvais choix ? Pas si simple.

Survival séducteur

C’est tortueux, malin. Sans être original, Red Sparrow est séduisant, mais s’oublie assez vite, malgré un final machiavélique et une actrice déployant tout son talent. Cependant, on reste assez stupéfait par la dureté, la noirceur et la froideur du propos. Ce film clairement anti-russe, un peu construit sur les vestiges d’une guerre froide officiellement achevée, fait un écho étrange à l’actualité et pourrait nous faire croire à la résurrection d’un affrontement glaçant entre l’Occident et cette Russie patriotique et broyeuse de destins.

Divertissement bien calibré, bien fabriqué, avec ce qu’il faut de glam et de gore, il manque sans doute d’une profondeur psychologique pour avoir un peu plus de relief. Au moins se détache-t-il des films du genre récents (effet Jason Bourne) pour retrouver un certain classicisme. Red Sparrow réussit à ne pas nous perdre dans son labyrinthe grâce à un scénario efficace et limpide, au service d’une actrice qui prend plaisir à jouer les simulatrices. Un joli pas de deux entre « Lawrence », aussi harmonieux que précis.
 
vincy

 
 
 
 

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