90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



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Snowden


USA / 2016

01.11.2016
 



MENSONGES D’ÉTAT

«- On peut être patriote sans approuver ses dirigeants. »





On désespérait un peu d’Olivier Stone ces dernières années. Il est évident que l’affaire Edward Snowden l’a inspiré, retrouvant ce mélange d’énergie et de pédagogie, de fiction et de documentaire qu’il avait génialement mis en scène dans JFK. Snowden est une version à peine romancée de la vie de ce lanceur d’alerte qui s’est mis son employeur (les Etats-Unis) à dos. Stone s’offre même le culot de se servir du tournage de Citizenfour, le documentaire oscarisé de Lauae Poitras, comme fil conducteur de son scénario. Les premières scènes montrent ainsi un homme traqué, méfiant, à Hong Kong, donnant rendez-vous à la documentariste et à un journaliste du Guardian. L’une va en tirer son film (qu’il faut absolument voir) et l’autre des révélations qui vont mettre en lumière les techniques de surveillance massive des USA. De là, dans cette chambre d’hôtel, Snowden va nous raconter sa vie et ce qu’il a vu.

Autant dire que c’est palpitant. Sans doute parce que le réel se mêle à cette vision cinématographique. Pour tous ceux qui ont été largués par l’affaire des écoutes de la NSA, voilà un film qui sert de manuel pour les Nuls et vous donne envie de mettre votre smartphone dans un microonde et un scotch opaque sur votre webcam.
On ne vous fera pas l’offense de raconter la vie de ce geek qui a d’abord voulu briller dans les Forces spéciales (petit clin d’œil à Platoon). Stone le présente d’emblée comme un patriote, plutôt conservateur, pas du genre complotiste. Passé à la CIA, il comprend vite que l’informatique et les grosses têtes à fort QI sont plus importants que les bombes dans les guerres qui s’annoncent. Stone donne une suite à son World Trade Center en explorant les traumas et les idéologies post-11 septembre 2001. Mais, plus fidèle à sa propre idéologie, il montre surtout comment un « bon américain moyen qui a voulu servir son pays » va évoluer vers la rébellion et même une forme de défiance à l’égard de son propre pays. A l’instar de son héros de Né un 4 juillet. Oliver Stone continue de fouiller dans le passé récent de l’Histoire des Etats-Unis, en éclairant les zones d’ombres, en décryptant le système et le pouvoir décisionnel et surtout les mensonges d’Etat.

Un cauchemar moderne

L’évolution de l’opinion de Snowden se fait par deux systèmes d’influence qui se croisent : l’empirisme, soit son expérience au contact de décideurs qui utilisent ses outils technologiques pour en faire des armes de surveillance et de manipulation ; la dialectique, soit son perpétuel dialogue, avec ses conflits et ses incompréhensions, entre lui et sa compagne (Shailene Woodley, très juste de bout en bout, qui sait s’imposer dans les quelques scènes où elle est présente). Elle est son opposé, gauchiste et constitutionnaliste.
Le cybercrime, le terrorisme, les outils technos, les nouveaux ennemis : on pourrait se croire dans un Jason Bourne, y compris dans la forme. Mais dans le fond, c’est bien d’un film « politique » dont il s’agit. Michael Moore n’est même pas très loin dans les références. Oliver Stone éclaire la face cachée, le côté obscur de son pays, disséquant les stratégies pour inféoder un puissant financier ou pour déclencher des guerres économiques ou sociales afin de maintenir la suprématie des Etats-Unis.

Au milieu de tout ça, il n’oublie pas le romanesque. Déjà avec ce très beau couple, qui doit résister malgré leurs divergences. Et puis par l’aspect psychologique de Snowden lui-même, dévoré par son boulot, déchiré par sa conscience, dévasté par ce qu’il a créé malgré lui. Le cinéaste n’hésite pas à mettre en scène certaines séquences de manière sublime, comme cette conversation à distance où son supérieur envahit un écran dans une salle vide, et apparaît comme un démiurge, un Big Brother incarné.

Voyage au bout de l'enfer

Tout n’est pas parfait dans le film : les rôles secondaires, tous excellents, manquant peut-être de profondeur et de relations entre eux pour exister autrement qu’à travers leurs stéréotypes. Mais, le scénario met tous les éléments en place pour nous faire comprendre la menace qui pèse sur nos démocraties, et on est assez certain qu’à la fin le Rubik’s cube sera réalisé. On sent l’effort de synthèse, la volonté d’écrire une narration pour le cinéma, sans vouloir se perdre dans les sujets. Evidemment, Olivier Stone ne peut pas s’empêcher de jouer les dénonciateur : d’alerter sur l’importance et la vulnérabilité des lanceurs d’alerte. Il est clairement du côté de Snowden, aujourd’hui exilé à Moscou avec son épouse, et dont les Etats-Unis réclame toujours la tête. Dommage alors de finir sur une petite faute, en optant pour une propagande inutile (le film parlait de lui-même). Certes, la surprise fait son effet. Mais elle enlève aussi à Joseph Gordon-Levitt (impeccable) la possibilité d’incarner jusqu’au bout son personnage et l’éventualité d’une véritable scène finale de fiction.
Stone a préféré opter pour un message qui force un peu l’empathie. Comme s’il voulait que son film soit validé par Snowden lui-même. Il n’en avait pas besoin tant il avait maîtrisé son récit sur toute la longueur, malgré sa complexité.
 
vincy

 
 
 
 

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