Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Maggie a un plan (Maggie's Plan)


USA / 2015

27.04.2016
 



PLAN PAS PLAN-PLAN





"Dommage que tu ne puisses pas le rendre à son ex-femme."

Elle sait ce qu’elle veut et elle sait comment faire, elle ne sait plus vraiment ce qu’elle veut et elle ne sait plus quoi faire. Quand Maggie a un plan, elle est séduite par un autre plan mais elle préfère changer de plan. Maggie est une belle trentenaire qui a connu plusieurs petites aventures sentimentales mais qui décide de ne plus attendre le grand amour : elle voudrait faire un bébé toute seule, mais elle rencontre un homme déjà marié…

Le film se déroule dans un New-York proche de celui de Woody-Allen, sauf qu’ici l’intellectuel forcément névrosé est démultiplié dans les trois personnages principaux universitaires : Greta Gerwig est une lectrice qui analyse, Ethan Hawke est un écrivain bloqué, Julianne Moore théorise sur des livres. Tout ce petit monde a quelques petites idées sur les autres mais des grands doutes sur eux-mêmes. Maggie a un plan est un film moderne puisque Maggie tout en étant célibataire veut avoir un bébé, et elle a le projet de le faire avec une insémination. Au même moment elle est séduite par un homme déjà marié et déjà père de plusieurs enfants… Le genre de la comédie romantique qui tourne souvent autour de la rencontre de l’âme-sœur pour fonder un couple prend ici la direction inhabituelle d’une histoire autour du remariage et d’une famille recomposée. De même, le sempiternelle idéal du “ils vécurent heureux pour toujours” est là bousculé par une remise en question au bout de trois ans de vie commune.
Alors que Woody-Allen préfère désormais s’amuser avec un passé nostalgique (Café Society, Magic in the moonlight, Minuit à Paris…), New-York semble cristalliser aujourd’hui les doutes romantiques modernes à travers les femmes (la série Girls…). Maggie a un plan est d’ailleurs adapté d’un livre de Karen Rinaldi et réalisé par Rebecca Miller, et le personnage principal est une femme qui décide elle-même d’agir sur sa vie (faire un bébé, quitter un homme…). C’est peut-être cette différence de ton avec un humour à la fois léger et caustique qui rend ce film si curieusement attachant.

La réalisatrice avait bien su filmer les passions et les excès de différentes générations dans son film précédent Les vies privées de Pippa Lee, avec, déjà, certaines questions sur le rôle de mère où la vie de couple. On regrettera ici un certain manque de fraicheur dans la mise en scène plutôt figée où elle se contente principalement de filmer des dialogues, sans compter un final un peu trop happy-ending.
La carte maîtresse du film est bien entendu l’actrice Greta Gerwig : elle compose encore une fois un personnage sympathique avec sa grâce et irrésistible avec ses défauts. Les comiques Maya Rudolph et Bill Hader sont presque réduits à deux séquences de figuration, Julianne Moore cherche sa place avec du cabotinage, Ethan Hawke est comme souvent parfait, mais la présence de Greta Gerwig (et ses costumes) polarise l’attention tout le long du film. Elle transforme presque malgré elle Maggie a un plan en une comédie ‘Gerwig-esque’ : ici elle est moins une cousine du succès Frances Ha mais plutôt une sœur de Lola versus qui l’avait révélée avant. Pourtant Greta Gerwig veut s’en défendre, lors de l’avant-première à Paris elle avouait : « je passe du temps à essayer de faire de mes personnages des êtres différents avec leurs propres singularités, et c’est difficile d’entendre que c’est quand-même souvent la même personne, et que c’est moi... ».
Maggie a un plan sous couvert d’un amusant marivaudage se révèle être une comédie romantique plus subtile qu’il n’y parait sur la difficulté à s'émanciper en tant que femme dans la jungle urbaine contemporaine.
 
Kristofy

 
 
 
 

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