Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Loco 33


Uruguay / 2003

31.03.04
 



PAPY S'EN VA-T-EN-GUERRE





"- La Loco 33 attend quelqu'un qui ait assez de couilles pour lui rendre sa dignité"

Du Brésil en passant par l'Argentine, l'Amérique du Sud pourrait bien se dresser en championne du "road movie" intimiste voire inclassable. Un filon hérité du cinéma hollywoodien des seventies. Aujourd'hui exploité à outrance. Recette pour les amateurs : une grande et généreuse pincée de rebondissements. Soigneusement enrobé d'un panorama de préférence verdoyant et ensoleillé. Le tout relevé d'un climat politique et social bien épicé. Une généreuse cuvée de comédiens sympas et charismatiques comme accompagnement... Succès (presque) garanti.

Pour son deuxième long métrage Diego Arsuaga se garde bien de déroger à la règle. En apparence. En bon artisan le metteur en scène uruguayen accumule les ressorts propres à instaurer la farce et le suspense : rythme soutenu émaillé de gags burlesques. Police maladroite et dépassée. Presse sensationnelle aux aguets et "méchant" de service opportuniste et incorruptible. Réducteur mais efficace. A mesure pourtant que le charbon se consume et les poursuivants s'essoufflent, le récit de Loco 33 lui, s'emballe. Et se fait plus personnel. L'irrésistible folie initiale s'estompe. La défense aveugle du vieux monument national s'avère vite n'être qu'un prétexte. Pour le trio le challenge est tout autre. Prouver en dépit de la vieillesse et l'usure que l'aventure est à portée de main. Même la plus improbable. Quitte à tomber les masques. Pepe, faux héros de la guerre d'Espagne gagne là une occasion unique d'empocher ses premiers galons ; El secretario endosse l'habit du doux voyageur distrait pour conjurer les premiers symptômes d'Alzheimer ; El professor, enfin, accepte une fois n'est pas coutume, de se laisser guider par son instinct et fuir une retraite trop tranquille.

Diego Arsuaga pouvait attiser les faiblesses de chacun. Et attendre du public qu'il s'apitoie. Bien au contraire. Plus l'inquiétude et la fatigue s'installent au sein de la bande, plus le paysage se métamorphose. Le périple prend l'allure d'un voyage dans le passé. La Loco 33 lancée à pleine vapeur paraît traverser des siècles entiers. Avec une infinie précaution, la caméra capte les regards inquiets, les visages marqués... et cet Uruguay sorti de nulle part. A voir la magie opérer si naturellement, on rêverait presque à voir la photographie virer au noir et blanc. Le souvenir de Loco 33 n'en serait que plus fort. On pardonnera volontiers à Diego Arsuaga une fin plutôt paresseuse et un discours caricatural sur la mondialisation (l'Américain est naturellement un salaud). Et seulement retenir sa nostalgie bienveillante et la courageuse leçon de vie de ses papis baroudeurs.
 
jean-françois

 
 
 
 

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