Viendra le feu a reçu le prix du jury Un certain regard. Le film d'Oliver Laxe laisse au spectateur toute liberté de se projeter dans le film pour y lire son propre rapport à la nature et ses propres obsessions face à la déliquescence du monde.



Ad Astra
D'un clandestin, l'autre
De sable et de feu
Edith en chemin vers son rêve
El Otro Cristobal
Kusama: Infinity
Les fleurs amères
Lucky Day
Ma folle semaine avec Tess
Nous le peuple
Portrait de la jeune fille en feu
Trois jours et une vie
Un jour de pluie à New York



Parasite
Toy Story 4
Le Roi Lion
Give Me Liberty
Ils reviennent...
L'étincelle, une histoire des luttes LGBT +
Fanny & Alexandre
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Le mystère des pingouins
Les faussaires de Manhattan
Nuits magiques
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 23

 
Hunger Games: La révolte - 1ère partie (The Hunger Games: Mockingjay - Part 1 - Hunger Games 3)


USA / 2014

19.11.2014
 



LA PRODUCTION DE L'IDÉOLOGIE DOMINANTE





"Le feu se propage, et si nous brûlons, vous brûlerez avec nous!"

Concrétisation d'une civilisation contrôlée atrocement par le gouvernement (et la propagande médiatique), les Hunger Games se sont achevés à tout jamais sous les yeux enragés de son inspirant le président Snow. Katniss, héroïne et gagnante malgré elle des jeux, se voit endosser la lourde tâche de conduire le peuple à la révolte. Ou comment un jeu-réalité se transforme en coup d'état. Voilà comment commence ce troisième et avant dernier volet des aventures de Hunger Games. Katniss joue toujours de ses flèches mais cette fois, elle les dirigent vers le Capitol et son président. Ce dernier aussi a une arme redoutable: Peeta qu'il retient en otage. Des chaînes officielles aux vidéos pirates (comme un écho pas si lointain à notre monde), les deux clans vont s'affronte à coups de médias. Une véritable guerre froide, sous l'emprise de la terreur,  avant le grand final.

Katniss, devenue emblème de la rébellion et toujours incarnée par une Jennifer Lawrence idoine pour le rôle exigeant du charisme et de la sensibilité, revient plus adulte et forte que jamais. Au revoir la fille du feu et ses fans, là voilà geai moqueur et en quête d'un peuple meurtri par le gouvernement. Elle se soumet au cri du peuple, consent à devenir l'élue, prépare sa revanche. Finis les petits sourires et des robes enflammées à l'écran, elle veut voir le Capitol en flamme et sauver Peeta coûte que coûte, quitte à y laisser quelques plumes.

Après la saga Harry Potter ou encore Twilight, les spectateurs et autres lecteurs passionnés par la littérature jeunesse se soumettent à ces volets finaux divisés en deux parties (le lucratif l'emporte sur l'artistique). Stratégie de communication redoutable, cela permet tout bonnement de perdurer la franchise et donc de faire du profit. La saga Labyrinthe ou encore Divergente risquerait de subir le même sort).

Comme Harry Potter s'était arrêté en plein «cliffhanger» (en anglais comprenez une scène de suspens intense), Hunger Games: La révolte nous frustre en plein désarroi, nous plongeant dans une expectative qui devra patienter un an. Forcément, le récit se dilue et le film se complait dans de longues scènes de batailles pour "enrichir" le scénario et le spectacle. Mais qu'on ne s'y trompe pas: la guerre n'est pas une question d'armes mais bien de stratégies. Ici, les combats physiques sont moins importants que la guérilla des images. C'est là où la franchise prend un relief passionnant, et orwellien. Inattendu pour une série jeunesse, Hunger Games  surprend aussi à défier le grand écran en nous focalisant sur les petits (le cadrage est d'ailleurs très serré).

L'autre (bonne) surprise du film tient dans sa dialectique. L'histoire prend le temps de confronter les discours. Et donc d'opposer les clans. Sous son apparence de films mixant les genre (documentaire, reportage, film de guerre, théâtralisation politique...), cette Révolte explore tous les points de vue d'un débat qui n'aurait pas déplu à Bourdieu.

Enfin, difficile de rester de marbre, malgré cette vision glaciale du monde, face à un charnier, un cynisme systémique, et un massacre sans espoir. La série sombre dans une noirceur que seul l'attirance des corps et la force des sentiments peuvent illuminer.

Explosif et captivant Hunger Games: La révolte reste fidèle à sa version papier tout en étant illuminé par le pouvoir du septième art. Une saga en or est en train de tirer sa révérence, avec, au passage, et ce n'est pas négligeable, la manipulation des images. Un décryptage quasiment pédagogique (et effroyable) où les amants d'hier deviennent les ennemis d'aujourd'hui, avec comme enjeu la puissance de l'humain face aux technologies et idéologies. Vaste programme dont la suite est désormais attendue comme le Messie.
 
cynthia

 
 
 
 

haut