Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 20

 
Equalizer (The Equalizer)


USA / 2014

01.10.2014
 



LE SOLITAIRE





« Il ne voulait pas le feu vert. Il voulait la permission. »

Denzel Washington est peut-être l’une des stars les plus fascinantes d’Hollywood. Comme Tom Cruise, il aime être seul sur l’affiche, le héros, avec sa face sombre, prêt à en découdre contre les pourris, au nom d’une morale assez binaire le plus souvent. Il ne cherche pas, à quelques exceptions près comme 2 Guns, American Gangsters ou L’affaire Pélican à se confronter à d’autres stars. Cela lui réussit plutôt bien : même si aucun de ses films n’a dépassé les 200 millions de $ au box office nord-américain, il réalise à chaque fois, depuis dix ans, un démarrage entre 20 et 40 millions de $. Washington est un des rares comédiens réellement bankable, une valeur sûre pour les studios.

En cela, et The Equalizer renforce cette analyse, il se rapproche de la carrière de Jean-Paul Belmondo (période années 70-80). Un pitch, une star. C’est le concept. Au point de retrouver Peur sur la ville dans The Taking of Pelham 1 2 3, Le Professionnel dans The Manchurian Candidate, et ici Le Solitaire. Les personnages héroïques incarnés par les deux comédiens portent une certaine ambiguïté. Mais là où Bébel aimait joué avec son côté pourri, affranchi, franc-tireur, Washington, en bon chrétien, opte davantage pour un rôle façon Dirty Harry, en justicier sans pitié.

Dans The Equalizer, il ajoute une tonalité nouvelle : la courtoisie. Diplomate et sensible, presque boy scout, son personnage joue sur le mystère de son passé (qu’on devine cependant dès sa première action de « bravoure ») et sur le choix que chacun peut faire : revenir dans le droit chemin ou persévérer dans l’axe du mal. En fonction, il laisse la vie sauve ou il tue. Homme sans passé et juge suprême, il a beau accusé un peu son âge (il met 28 secondes au lieu de 16 secondes pour tuer 5 salauds), il massacre aisément les forces vives de la mafia russe avec malice et tactique. On le sent tellement invincible qu’on ne croit pas un instant aux périls qui pourraient menacer sa vie. Adapté d’une série TV, The Equalizer en a gardé le précepte fondamental : le héros ne peut pas mourir, ni ses protégés.

Cela tue tout suspens, toute tension. Antoine Fuqua doit donc trouver des astuces pour nous captiver. Une atmosphère, qu’il prend le temps d’installer, et une ultra-violence fulgurante et presque gore (deux séquences, dont un final assez long très « vintage »), pour nous stimuler le rythme cardiaque. Cette « économie » de moyens est louable. Cela évite la surenchère habituelle des films hollywoodiens, et nous fait revenir aux films policiers des seventies (avec musique très eighties), période Bébel/Eastwood donc, où le personnage était le pivot du scénario.

Thriller efficace, sans style particulier, cette guerre contre les corrompus aurait sans doute mérité un travail plus ambitieux au niveau artistique. A cause des ralentis et effets visuels à la Michael Bay, Fuqua gâche un peu l’ensemble avec des artifices « dans l’air du temps » et déjà un peu désuets.

C’est d’autant plus regrettable que le script a ses qualités. Il ne manque pas d’humour (dialogues comme situations) et de stéréotypes drôles (le sociopathe russe, la jeune pute, le collègue latino). The Equalizer, paradoxalement, nous séduit davantage dans cet aspect décalé, y compris dans ses ellipses réjouissantes où l’on devine le crime que le justicier a commis sans en avoir rien vu. En se focalisant sur deux séquences d’atrocités, le cinéaste a sans doute considéré que cela suffisait (à juste titre) pour comprendre la force et expliquer le passé du personnage. Et là, il faut en effet un Denzel Washington pour nous habiter l’écran. A certains moments, l’acteur pourrait être confondu avec Forrest Whitaker. Même allure, même tranquillité, même dureté. Un Ghost Dog de série B. Un de ces fantômes revenus des morts et qui passe dans le paysage pour régler quelques comptes dans ce monde pourri. Le spectre d’un film incarné, un peu daté, pas désagréable, qui réapparaît dans un univers de super-héros en images de synthèses.
 
vincy

 
 
 
 

haut