Premier film "américain" de Mélanie Laurent, Galveston est un mélo noir, où l'humanité l'emporte sur la violence, où la nature est dominante et où la justice est défaillante. Mérite le détour.



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Nos batailles






 (c) Ecran Noir 96 - 18


© Warner Bros.  



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Man of Steel


USA / 2013

19.06.2013
 



SUPERMAN 1.3





« Que représente le « S » ?
- Ce n’est pas un « S ». Dans mon monde, ça signifie « espoir ».
- Ici, c’est un « S ».


Les super héros sont immortels. Hollywood ne se lasse de nous le prouver année après année en ressuscitant les mêmes icônes, quitte à raconter la même histoire. Le public leur donne raison en répondant présent le plus clair du temps comme si la trame était inusable. Et pourtant on pouvait commencer à laisser poindre un doute l’année dernière tandis que Spider-Man tentait une fois de plus de se rajeunir et de nous passionner avec le pourquoi du comment il en était arrivé là. A raison puisque la lassitude fut bien réelle au bout du compte. On finirait par croire que chaque personnage de Marvel ou de DC Comics ne compte qu’une poignée d’albums à son actif quand il y en a pourtant pléthore et assurément matière à offrir autre chose aux fans.

Zack Snyder et Christopher Nolan ayant eux aussi la délicate tâche de nous livrer une troisième resucée de Superman, après une édition encore récente qui n’avait pas produit l’effet recherché, il leur était imposé de se montrer un peu plus malins. Et ils l’ont été. Non pas en nous proposant de l’inédit, mais au moins en rompant avec l’approche trop révérencieuse de Bryan Singer. Sans faire l’impasse sur la genèse de l’homme à la cape, le projet consiste à condenser les deux premiers films de Richard Donner afin d’obtenir une œuvre dense. Deux pour le prix d’un, vous n’aurez alors certainement pas le temps de vous ennuyer en théorie. Tout dépend de votre approche du cinéma de divertissement en fait. En l’occurrence si vous êtes plus Nolan ou plus Snyder. Car loin de se compléter et de s’additionner, les deux approches des ténors du film d’action tendent à se confronter. Et c’est Snyder plus porté sur la surenchère de l’épate à la Sucker Punch que sur la psyché du héros à la Dark Knight qui l’emporte par ko. Certes toute la dimension christique de celui qui va s’employer à sauver le monde sans pouvoir se fondre dans la quiétude de la norme est là, par évocations fugitives. La construction du personnage à l’aide de quelques flashbacks plutôt judicieux donne le change. Mais tout ceci est vite emporté dans un déluge cataclysmique qui ne laisse plus trop le temps à deux neurones de s’aligner. Car la motivation première de ce Superman (Warner qu’on a connu plus audacieux) n’est autre que de coller une grande raclée à The Avengers de Disney qui avait cassé la baraque en fixant les nouvelles limites de la baston homérique l’année dernière. Man of Steel après avoir passé la cinquième vitesse pour négocier sa bataille finale s’apparente même plus à un Transformers de Michael Bay dans sa frénésie destructrice tirant sur l’abstraction narrative. On aime ou on déteste. De notre côté, on doit avouer qu’on se lasse de l’atomisation systématique d’une ville en numérique (allez vous friter à la campagne, ça tue moins de gens), même en battant le record de buildings abattus en copier coller. D’autant qu’on perd inévitablement au passage toute portée émotionnelle, sacrifiée sur l’autel de la religion du vandalisme à grande échelle.

Soyons braves, ignorons la migraine distillée par un Dolby Digital poussé dans le rouge, du moment que le récit tienne la route. Sauf que c’est là que le bas blesse franchement et que notre clémence s’efface. Car le script de Man of Steel se révèle bourré de maladresses inadmissibles et de trous d’air dans des enchaînements de séquences qui confinent cette fresque dans l’incohérence brouillonne (syndrome Prometheus). Bien la peine de craquer un tel budget et de ne même pas engager un script doctor respectable. Allez expliquer comment on peut logiquement épargner une bande de militaires belliqueux portés sur le génocide en les expédiant dans l’espace quand votre planète est sur le point d’exploser, sinon pour s’assurer que l’enfant que vous souhaitez sauver du désastre aura un avenir très perturbé. On vous évite les autres pour ne pas gâcher votre séance, mais l’agacement est régulier tout le long du film.

A perdre la raison

Alors il faudrait sauver cet homme d’acier, parce que nous on l’aime néanmoins ce grand gaillard si serviable. On sera tout d’abord reconnaissant de nous avoir privés (sur cette première livraison en tout cas) du folklore comédie du benêt à lunettes adepte des cabines téléphoniques, lié à la double identité de la légende. Clark Kent au civil est un intérimaire sans domicile fixe et mal rasé. Un peu plus crédible pour personnifier le tourment d’un mec qui peine à accepter sa destinée et cherche sa place dans ce monde. Généralisation de la violence oblige, Superman n’hésitera pas à se mettre du sang sur les mains. C’est ennuyeux puisque le refus du létal reste paradoxalement une des caractéristiques originales de ce justicier qui tape dur.
On adoubera l’ensemble de la distribution, aucun acteur n’étant hors sujet, à commencer par un Henry Cavill qui a doublé d’épaisseur (régime miracle d’Hollywood dont on ne veut pas savoir le secret). Certes il n’a pas grand-chose à jouer de profond quand il monte au front, mais il impose une présence qui marque l’écran et pourrait l’imposer pour emporter réellement le sceptre de l’indétrônable Christopher Reeve. Russel Crowe et Michael Shannon s’acquittent du job en se reposant sur les acquis qui les placent naturellement au dessus du lot. Les autres donnent dans le faire valoir de bon alois y compris Amy Adams qui n’a pas encore vraiment droit au chapitre en Lois Lane, Superman ayant pas mal de cuissons sur le feu et donc peu de disponibilités pour flirter.
On louera enfin les parties techniques et artistiques assez irréprochables sur l’affaire. Le film bénéficie d’une vraie inventivité visuelle et d’une maitrise de ses effets spéciaux à toute épreuve, au-delà du fait qu’il est aujourd’hui terriblement banal de voir au cinéma des types voler dans les cieux comme des fusées et se balancer à travers des bâtiments pour régler leurs différends. Ajoutons que la 3D trouve une justification acceptable dans le format démesuré des situations. Le tout orchestré par un Hans Zimmer symphoniquement très en verve qui signe une partition mémorable dans ses accents les plus inquiétants. En même temps avec les moyens conséquents en présence sur la table, on pouvait s’attendre à avoir les meilleures compétences à pied d’œuvre (exception faite pour les scénaristes, c’est entendu).

Nos facultés cérébrales ayant été une fois encore plus éprouvées que notre cœur véritablement chamboulé, il convient de revenir du coup aux récentes prédictions prophétiques des deux wonder boys George Lucas et Steven Spielberg peu optimistes sur l’avenir du blockbuster américain moderne (qu’ils ont eux-mêmes inventé) embarqué dans sa course à l’inflation apocalyptique et budgétaire. Les investissements colossaux mettent en danger des studios s’apparentant de plus en plus à des joueurs de casino, nourrissant une exaltation spéculative inconsidérée dans la quête du gain facile (mais risqué) peu propice à la création sereine. Fatalement les perspectives ne peuvent être que sombres pour le cinéphile. Les chiffres mirobolants du premier week-end d’exploitation internationaux à peine tombés, Warner en pleine euphorie laisse déjà planer la rumeur d’une suite pour l’année prochaine (le scénariste va encore déguster). On est au seuil du délire où la raison n’a plus sa place.
 
petsss

 
 
 
 

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