Once Upon a Time... in Hollywood, 9e film de Tarantino, est reparti les mains vides de Cannes. Mais le public est bien présent. Et les Oscars sont en ligne de mire pour ce film nostalgique où le fantasme est au coeur de tout...



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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Flight


USA / 2013

13.02.2013
 



LOOPING UN PEU LOUPÉ





Après quelques (ré)créations animées qui auront duré près de dix ans (Le pôle express, Beowulf, L’étrange Noël de M. Scrooge), Zemeckis retrouve enfin le plaisir de diriger de « vrais » acteurs. Ce retour aux sources d’un cinéma sans pixel, synonyme d’une approche plus adulte de l’histoire narrée, demeure, paradoxalement, bien fade. Presque terne. Bouffé, à dire vrai, par la logique implacable d’un ciné US moralisateur tétant comme une ogresse gloutonne – pléonasme, quand tu nous tiens ! – les mamelles de la rédemption et de la repentance publique. Flight, qui n’échappe pas à cette règle, n’est pourtant pas anodin dans la filmographie de Zemeckis puisqu’il est question d’addiction, celle de l’alcool, mal qui aura rongé le cinéaste quelques années durant.

Hélas, on ne se refait pas. L’explicite, même virtuose (la scène du crash aérien vaut le détour), ne peut supplanter à elle seule la portée introspective que Zemeckis fait endosser à son antihéros. L’expression d’une (sur)démonstration générale – c'est-à-dire étendue aux différentes parties / séquences du film – balise sans aucune nuance la perdition d’un homme usé par l’abus de boissons alcoolisées en tout genre. Le réalisateur ne s’attarde pas, ou si peu, sur les méfaits d’une telle addiction. Il préfère oser la confrontation avec soi-même suite au crash pourtant admirablement maîtrisé par un pilote saoul (Denzel Washington toujours aussi crédible). Le paradoxe s’affiche, fièrement. La morale prend forme, inéluctablement. Et les pensums sur le principe de culpabilité, de renoncement, de chute et de rédemption s’accumulent…

Point d’implicite dévoilé dans les meurtrissures de l’âme, l’enchainement se veut didactique façon thriller bien ficelé. Ainsi le film se structure péniblement, très péniblement, selon un canevas rebattu, très rebattu entre événement déclenchant (le crash), enquête, procès, dénouement. Le classique hollywoodien en somme ! Le personnage principal se retrouve pris au piège d’une mécanique trop bien huilée, agite donc les bras et roule des yeux pour exister au-delà de la simple tentation par l’alcool. Il « contextualise » par son comportement la thématique à traiter mais ne peut, de fait, que survoler celle-ci dans l’énumération monotone des différentes étapes jusqu’à la prise de décision, certes courageuse, mais attendue. Le salut filmique viendra, par intermittence seulement, de la rencontre avec Nicole, camée paumée en recherche de rédemption. Kelly Reilly, qui illumine le film de sa présence (hélas beaucoup trop vite évacuée), amorce ce qu’aurait dû être l’orientation du long-métrage dans le dur labeur d’exister avec et par-delà la dépendance.

Le spectacle se veut spectaculaire, un peu comme si Zemeckis se cachait derrière sa mise en scène aussi fluide que percutante. Incapable de maintenir l’inspiration initiale osant le nu féminin frontal, dans une première séquence fun, rock’n’roll, rythmée, impudique, factuelle, intrusive. La pudeur, celle de Zemeckis, s’invite, hélas, dans ce flot anti-moralisateur assez rare concernant le ciné US de divertissement. La gangrène des bons sentiments et autres poncifs sur le pardon dans le rachat de ses erreurs façonnent un film bâtard incapable d’assumer sa désinvolture première sur le comportement d’un homme alcoolique. Et des dégâts que cela peut occasionner.
 
geoffroy

 
 
 
 

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