Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Jack Reacher


USA / 2012

26.12.2012
 



ONE SHOT OF BAD





"Je suis juste un mec qui veut qu'on lui foute la paix"

Jack Reacher n'est pas un énième action-movie avec le mégalo Tom Cruise (dont le nom est toujours aussi gros que le titre du film sur les affiches). Polar âpre, sec, acide parfois, bien noir surtout, cette adaptation d'une série littéraire à succès est avant tout une enquête dans les abîmes d'une Amérique corrompue et déréglée.

Dans cette ville de Pittsburgh, parfaite représentation de la métropole moyenne américaine, de ce genre de ville sans caractère, non identifiable, à l'inverse d'une New York ou d'une Miami, un tireur isolé cible cinq passants, a priori sans rapports entre eux. Tir au pigeon. Tel Columbo, Jack Reacher est celui qui va déjouer les complots, retourner les évidences, comprendre les incohérences de l'enquête. Tom Cruise se la joue dur à cuire, sans esbroufe, la mâchoire serrée, le regard pénétrant, le sourcil souvent froncé, et quand il le faut le poing et le jeu de jambe facile pour se battre contre des "musclors". Il trouve ici l'un de ses meilleurs personnages, et avouons-le sans hésitation, exploite enfin son talent, qu'on croyait perdu depuis 10 ans et Minority Report.

Ce film, vendu comme un blockbuster, n'est pourtant qu'un humble thriller. La réalisation est efficace sans être stylisée ou marquée par la patte d'un réalisateur charismatique. Même si Reacher a les atouts d'un "héros" - un de ces "super militaires", cicatrisé de partout et incontrôlable, ne laissant aucune trace derrière lui, doté d'une dose d'humour pince-sans-rire -, le film se repose essentiellement sur un scénario solide, sans être épatant ou singulier. De quoi procurer un divertissement sans faille, où la justice, les salauds, les flics et ce trublion de Reacher se mélangent en franchissant chacun leur ligne jaune quitte à perdre un peu de leur éthique.

Ce qui est peut-être regrettable c'est finalement la banalité du final, trop prévisible, des méchants qui ne servent qu'à être tués tant ils sont stéréotypés, ou cette relation ambivalente entre un père procureur et une fille avocate trop rapidement évacuée. C'est d'autant plus dommage que l'humour vachard un peu noir donne une tonalité intéressante à l'ensemble, différenciant le film des productions similaires actuelles. Le film ne va jamais assez loin : ni dans la noirceur, ni dans la torture, ni même dans les dilemmes qu'il créé. Reacher, individualiste et égoïste, concentre toute l'attention. Tueur froid, enquêteur méticuleux, presque omniscient, il est tour à tour traqué, suspecté, alternant ses associés, de l'élite pourrie aux prolos honnêtes.

C'est ce qui rend cette production un peu meilleure que les nombreuses séries B hollywoodiennes du genre. Mais jamais il n'atteint le niveau d'un Bullitt. Il se rapproche davantage d'un film des années 30 reformaté au goût actuel. Très classique, il peut cependant, en cas de succès, donner l'idée d'une franchise. Il faudra alors lui donner un peu plus de personnalité, de fougue et d'audace. Pour le reste, toutes les bonnes bases sont bien là.
 
vincy

 
 
 
 

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