Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
La daronne
Lux Æterna
Peninsula
Petit pays
Rocks
Tenet
Un pays qui se tient sage



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 24


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 26

 
Gosford Park


/ 2001

20.03.02
 








RENDEZ VOUS AVEC LA MORT

"-Ne l'encouragez pas!"

Derrière ce drame policier subtil, maniant l'humour noir, Robert Altman dépeint avec précision, et même perfectionnisme, une lutte des classes qui a du panache.
Toute en fluidité, sa réalisation passe d'une chambre à l'autre, descend les étages puis les remonte, scrute les visages des nobles puis ceux des domestiques. Un portrait magnifique, filmé comme une chorale, d'une société anglaise reclue sur elle-même, et ses traditions. Gosford Park illustre ainsi la quintessance de ces films de troupe qu'affectionnent particulièrement le réalisateur de MASH, Un Mariage, The Player et Short Cuts. Les destins s'entremêlent, les espoirs s'entrecroisent. Derrière chaque personnage, il y a un drame, une vie, une douleur ou même une lucidité. Altman filme la vie et ses mouvements, ses souffles, et ce, sans effets. Nulle part. L'assassin est presque virtuel. Le sexe n'est qu'allusion. Il n'y a aucune envolée dramatique. Aucune justice immanente. Même si l'univers emprunte à Agatha Christie, avec un flic burlesque, les différents tableaux fournissent un portrait au vitriol des relations humaines, et de leurs hypocrisies. En fait Altman utilise le cadre d'un meurtre pour le dépasser et tisser une toile où tous les destins varient sur la fin. Derrière les apparences, les masques tombent lentement évoquant le succès, l'échec, la ruine, le rêve, la métamorphose...
L'ennui est absent. Mieux que n'importe quel soap opéra, cette opérette de chambre est un ballet où chacun a une partition admirable à jouer dans un labyrinthe dont les méandres sont essentiellement les parois d'une psychologie nuancée. Les comédiens sont merveilleux, contrastés, plaisants, cyniques. Ils incarnent leurs failles. Et le meurtre ne fait que les revéler, et même réveiller leurs démons. On songe évidemment fortement à La Règle du jeu. Plus récemment, et de manière plus lointaine, à 8 femmes, où le crime n'est là que pour exalter la vérité. De propos acerbes en répliques cinglantes, de dialogues légers et humoristiques en situations cocasses, Altman n'est jamais aussi bon que lorsqu'il torturre par un peu de ridicule et de méchanceté ses "héros" qu'il affectionne.
Gosford Park est un miroir sur l'étranger, la fascination, l'argent, la sexualité, les secrets. Il y a une folie silencieuse pesant sur ce brouhahas de conventions. Il y a beau avoir les planchers, les murs, les escaliers, tout se sait, tout s'entend, tout se murmure. Tout se mélange.
Lorsque le château se vide, c'est une époque qui disparaît, c'est un Empire qui décline. Une façon de vivre qui s'éteint. Dans un clip de Travis, cette aristocratie se jette poulpe et crustacés de façon trash à la tête. Altman n'a pas besoin d'en arriver là. Avec un style parfait, une élégance sublime, il entredéchire les riches, réconcilie les pauvres et renverse du café brulant sur le personnage qui aura osé avancer masqué. Un cruel jeu de vérité où le régal verbal est à la hauteur des perfidies du regard. Un assemblage qui aurait pu s'écrouler comme un château de cartes, et qui prend ses fondations dans un scénario de maître, où les personnages dominent l'intrigue, dévoilant la jubilation d'un spectateur face à un chef d'oeuvre.
 
vincy

 
 
 
 

haut