Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Medianeras


Argentine / 2011

01.06.2011
 



ASPHALT JUNGLE





"Quoi de plus décourageant au XXIe siècle qu’une boîte de réception vide ?"

Le premier personnage de Medianeras, c’est Buenos Aires, ville foisonnante et complexe, contrastée et changeante, relevant d’une absence totale de planification qui, de l’avis du héros masculin, Martin, rappelle la vie elle-même. Les premiers plans du film donnent ainsi un aperçu de ses façades variées et innombrables derrière lesquelles s’abritent quelque trois millions d’habitants. Fascinante verticalité à laquelle le long monologue de Martin, en voix-off, apporte quelque chose de symbolique et d’édifiant. Une série de micro-impressions empruntant autant au traité d’architecture qu’à l’essai sociologique.

Pourtant, derrière sa réflexion urbaine sur l’anonymat et la solitude engendrées par les grandes métropoles, Medianeras est avant tout une fable romantique sur l’espoir un peu fou de réussir à y trouver quand même l’âme sœur. Les deux protagonistes ne cessent donc de se croiser tout au long du film, mais sans jamais se voir. Tantôt l’un sort du bus quand l’autre y monte, tantôt une étagère les sépare dans un magasin. Le spectateur, lui, voit bien qu’ils partagent une certaine communauté de pensées et de valeurs. Il assiste à leurs efforts touchants pour privilégier la fantaisie et la légèreté malgré leurs angoisses, leurs doutes et leurs failles.

Le montage parallèle permet au cinéaste de s’offrir quelques jolies idées de cinéma, comme les mannequins que Mariana restaure, le chien de Martin qui a les mêmes névroses que son maître, ou le livre Où est Charlie qui fait office de guide spirituel. Il y a dans le récit quelque chose d’élégant, de posé et de décalé qui donne au film une petite musique intérieure bien à lui. Tranquillement, en suivant le rythme des saisons, Gustavo Taretto décline les difficultés de ses personnages sans porter de jugement sur eux, ou sur l’époque dont ils sont en quelque sorte les produits.

Comme il le dit lui-même, "ils vivent dans un monde digital et ont des problèmes analogiques". D’où cette incapacité à utiliser leur maîtrise des nouvelles technologies pour dépasser leur vulnérabilité et s’adapter enfin à leur société. Mais sans doute n’ont-ils pas envie de s’adapter à cette société du tout consumérisme (perçue à travers leurs deux amants de passage). Ils ont juste envie d’y trouver une place qui soit la leur, à défaut de s’y sentir à l’aise.

Aussi, plus le temps passe et plus le spectateur est impatient de les voir réunis. Mais le final, que l’on ne révélera pas, parvient comme le reste du film a toujours être là où on ne l’attend pas. Ce qui marque sans doute la différence entre une énième comédie romantique formatée et cette rêverie amoureuse lunaire et tendre, pétillante comme une bulle de champagne.
 
MpM

 
 
 
 

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