Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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À bout portant


France / 2010

01.12.2010
 



POUR ELLES





«- Tu sais que tu es mariée avec un héros ? »

Fred Cavayé remet le couvert. Après Pour elle qui suivait un mari prêt à tout pour soustraire sa femme à la justice, voici un nouveau thriller familial à la française, où "monsieur tout le monde" doit se transformer en gangster pour sauver sa famille. Car cette fois, petite cerise sur le gâteau, notre héros ordinaire a entre ses mains la vie de sa femme enceinte et de son futur enfant. Double responsabilité, donc, pour ce malheureux aide-soignant plus habitué à faire des pansements qu’à brandir une arme.

On s’en doute, le réalisme n’est pas le but premier du deuxième film de Fred Cavayé. Ça tombe bien, car les rebondissements sont tous plus invraisemblables les uns que les autres, à commencer par la manière dont le personnage principal se sort de toutes les situations dangereuses et compliquées malgré son peu d’entraînement. L’instinct de conservation fait des miracles, on n’en doute pas ! De toute façon, là n’est pas l’essentiel. Comme dans tout thriller, ce qui compte, c’est le rythme du récit et sa faculté à maintenir l’attention toujours à son maximum. Et sur ce plan-là, A bout portant ne démérite pas. Certes, on a déjà vu mieux (plus rapide, plus haletant, plus spectaculaire…), mais on se laisse embarquer aux côtés du personnage. Même en spectateur blasé qui sait au fond de lui que tout finira bien, on tremble avec le héros et l’on s’imagine à sa place, en plein cauchemar, menacé de toutes parts et tremblant pour la vie de ceux qu’on aime.

Dommage que la mise en scène soit un cran en-dessous de l’émotion recherchée. En effet, à force de préférer le mouvement à l’ampleur, Fred Cavayé surdécoupe chaque séquence, et laisse sa caméra partir dans de longues crises épileptiques. Comme pour équilibrer cette absence de précision dans les scènes d’action, une musique que l’on croirait spécialement conçue pour être diffusée en ascenseur tourne en boucle. Elle est censée accompagner (voire renforcer artificiellement) la montée en tension, mais s’avère si insupportable qu’elle en gâcherait presque le film.

Malgré ses ambitions (réinventer le polar américain, la french touch en plus), A bout portant a ainsi du mal à s’extraire de l’honnête série B où les habitudes ont la vie dure. On rêve par exemple de voir enfin un film où ce serait une femme qui risque sa vie pour sauver l’homme qu’elle aime (et sans chantage émotionnel si possible), ou encore un scénario qui ne réduirait pas chaque personnage à un stéréotype morne. Dans le genre, Gilles Lellouche et Gérard Lanvin en font des tonnes, chacun dans son registre, et Elena Anaya n’a pas grand-chose à jouer en potiche de service. Heureusement, Roschdy Zem est impeccable (comme toujours ?) et Mireille Perrier parfaitement convaincante en commandant de police qui en a marre de se laisser marcher sur les pieds. On aime aussi le côté trouble de ce personnage féminin (Valérie Dashwood) qui n’a pas peur de s’en prendre physiquement à une femme enceinte. Preuve qu’il y a de très bonnes choses dans A bout portant, germes d’une audace scénaristique en devenir, qui permettra peut-être un jour de se dire que c'est un Français qui a renouvelé le genre.
 
MpM

 
 
 
 

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