Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Inde / 2006

28.03.2007
 



DES CENDRES DU PERE





«- Nous sortons tous du manteau de Gogol. Un jour tu comprendras.»

Mira Nair prolonge son exploration de l’ambivalence et du métissage des cultures. Cette Inde qui s’occidentalise et cet Occident qui « s’exotise » semblent la fasciner jusqu’à s’interroger sur les racines de ceux qui cherchent un équilibre entre tradition et modernité, entre une réalité indienne, fascinante, et une utopie américaine, illusoire.
Sous le haut parrainage de Gogol, et d’une littérature tragico-mélancolique, la cinéaste parvient difficilement à donner de l’harmonie à son ensemble, trop foisonnant sans doute. Cependant, il est impossible de résister au charme ambiant. L’histoire de ce mariage arrangé aurait pu suffire en soi. Lui, intello pas très beau mais doux, elle sublime et malicieuse, et réunis, attentifs et respectueux, touchants. Le crash du train, le choix du prétendant en essayant des chaussures, la première dispute, le vieillissement, tout contribue à un portrait fin et subtil de deux jeunes personnes qui apprennent à s’aimer. Nair juxtapose au milieu du film une autre histoire, celle du fils. Plus banale, plus ambitieuse aussi, elle ne réussit pas complètement à nous nous faire comprendre son intention et met du temps à nous le rendre sympathique.
Casse-gueule, le script, qui s’étale sur deux générations, deux époques et deux pays, reflète le parcours de la réalisatrice, un temps tentée par Hollywood. Elle cible juste lorsqu’elle traite de la dilution de la culture : son cinéma en porte toutes les empreintes. La perte des repères, l’irrespect du savoir, le diktat de l’image personnelle seront quand même jugés immoraux par Nair en confrontant les nombrilistes au choc esthétique du Taj Mahal ou au bouleversement émotionnel des révélations liées au père. L’ingratitude de l’adolescence est ainsi filmée avec tact. Tout comme le pardon et le remerciement.

Mais, hélas, le scénario ne pose jamais clairement les enjeux. Il faut attendre la dernière demi heure pour comprendre où toutes ces histoires nous mènent, nous perdant parfois en route. Il faut ce clash où chacun est touriste dans son propre pays pour nous intriguer. Les jolis moments de comédie ne comblent pas les digressions inutiles (notamment la francophilie de l’un des personnages). Le film n’expurge pas entièrement le livre. A la fois absente et présente, la littérature (le nom du personnage, le métier de la mère, l’objet transmis en héritage) hante trop les images pour nous subjuguer réellement. « D’après mon grand père, les livres sont faits pour ça. Voyager sans bouger d’un pouce. » Les films, aussi, censément. Mais entre le choc des cultures et la fusion de celles-ci, Mira Nair n’a pas su arbitrer. Malgré un montage un peu trop long, des répliques superflues (« Qu’est-ce qui t’a rendu sexy ? Paris! »), le film, coloré, a le bon goût de finir (bien) en clin d’œil moqueur bollywoodien. N’aurait-il pas fallut oser commencer par là ?
 
vincy

 
 
 
 

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