Cannes 2012 : Qui est Matthias Schoenaerts ?

Posté par vincy, le 17 mai 2012

Cette masse physique a 35 ans. Né en pays flamand, dans la ville des diamantaires, il est plutôt brut mais bien taillé. Et quand il joue, Matthias Schoenaerts est aussi délicat qu'une pierre précieuse. Cela fait 20 ans qu'il tourne et 12 ans qu'il brille, étoile montante du cinéma belge.

Fils d'acteur (Julien Schoenaerts), il connait parfaitement les rouages du métier et enchaîne courts métrages, séries télévisées, premiers films. Il est souvent enrôlé pour des personnages violents, cassés par le destin, conflictuels. Puis Paul Verhoeven (Basic Instinct, Total Recall) l'engage pour un second rôle important dans Black Book. Sa notoriété prend son envol. Malgré une incursion en France en gothique dans La Meute, rien qui ne le fasse vraiment connaître en dehors du Royaume de Belgique.

Il faut attendre 2011 pour que Schoenaerts devienne un comédien qui compte. D'abord avec Bullhead, sorti en février en France, qui lui a permis de récolter tous les prix belges cette année. En paysan trafiquant des hormones (et s'en injectant), le corps transformé, ressemblant à un taureau prêt à boxer, il épate. Lorsque Jacques Audiard le choisit pour le rôle principal de son nouveau film, De rouille et d'os, aux côtés de Marion Cotillard, l'acteur change de dimension. Cannes va sans doute le révéler à de nombreux spectateurs. Il reviendra dans le remake américain de Loft, thriller belge qui a triomphé au box office il y a quelques années et où il était l'un des rôles principaux. Là il sera "rétrogradé" dans le générique, mais promu aux yeux des producteurs américains. Il tourne actuellement sous le regard de Guillaume Canet, Blood Ties, toujours avec Marion Cotillard.

Joël Franka sème sa graine de folie en Belgique

Posté par cynthia, le 19 avril 2012

Cette semaine a débuté le tournage du premier long métrage de Joël Franka, Une chanson pour ma mère, dans les Ardennes belge. C'est aux côtés de Patrick Timsit, Sylvie Testud, Fabrizzo Rongione, et Mathilde Goffart entre autres, que Dave fera son "retou"r au cinéma en interprétant son propre rôle. Le chanteur populaire Dave avait été invité en guest-star dans La cité de la peur en 1993.

Joël Franka nous raconte l'histoire loufoque d'une famille décomposée, qui part à la recherche du chanteur Dave, afin de réaliser le rêve de leur mère, extrêmement fan du chanteur et qui est entre la vie et la mort. Mais voilà, il ne s'agit pas vraiment du tableau de la famille traditionnelle et aimante. Vivant de silence et de non-dits, les difficultés vont se faire sentir pour nos protagonistes. Mais pour l'amour de leur mère et par la force des liens familiaux qui se formeront petit à petit, ils trouveront le courage nécessaire et la folie qu'il faut pour atteindre leur objectif, au grand désespoir de Dave lui-même.

Un scénario original, des personnages haut en couleur et inspirés par l'entourage du réalisateur devrait faire de ce long métrage une comédie pétillante, attendue par les fans du genre. Interprété par des acteurs "qui associent une folie et une humanité" selon le réalisateur, Une chanson pour ma mère fera remuer la Belgique jusqu'en fin mai et sortira dans les salles obscures en 2013.

Joël Franka avait réalisé un court métrage, en 2009, La sortie.

Intouchables cartonne à l’étranger et Harvey Weinstein le prend en main aux USA

Posté par vincy, le 5 mars 2012

7,3 millions d'entrées dans le monde : Intouchables a déjà dépassé les 55 millions d'euros de recettes hors territoire français. Son total mondial en fait le 2e film de l'année, juste derrière Voyage au centre de la terre 2. Un score exceptionnel pour un film produit en dehors d'un studio hollywoodien.

Phénomène européen

En Italie, où il vient de démarrer sa carrière en tête du classement, Quasi Amici, titre italien du film, a attiré 226 000 spectateurs le premier week-end. Ils se sont ajoutés au million d'entrées en Suisse (record depuis plus de 20 ans) et aux 900 000 en Belgique. Et surtout aux 5,5 millions d'Allemands (dont 440 000 Autrichiens) qui ont déjà été le voir en salles, devenant ainsi le film en langue Française le plus populaire depuis plus de trente ans (Le Gendarme et les Extra-terrestres). Cela fait sept semaines de suite qu'Intouchables (Ziemlich beste Freunde en allemand) domine les autres films Outre-Rhin. A lui tout seul, il a attiré autant de spectateurs germanophones que tous les films français l'an dernier.

Il va désormais affronter le marché espagnol (Intocable, 9 mars) et surtout américain (25 mai). Aux USA, le film est entre les mains d'Harvey Weinstein, qui vient de remporter un joli succès personnel avec The Artist, en passe de devenir l'un des cinq plus important succès de sa nouvelle compagnie de distribution, The Weinstein Company. "Un film français, c'est ce qu'il y a de plus cool en ce moment" a-t-il confié.

Polémique sur le racisme présumé du film

Le dernier nabab du cinéma américain a déjà commencé à déminer le terrain. Intouchables est en effet au coeur d'un mauvais buzz depuis sa sortie en France. Accusé de racisme par la critique américaine, Weinstein anticipe. Il a notamment dénoncé les propos de Jean-Marie Le Pen qui s'en prend à un film où un "délinquant immigrant" aide un handicapé : "Il y a cet homme politique en France, (...) il a dit que le personnage de François représente la France handicapée et que le personnage d'Omar représente les immigrés, et que la France ne sera pas sauvée par ces immigrés." Il a ajouté : "Jean-Marie, j'ai deux mots pour vous, et ce n'est pas "happy birthday" !" Le producteur et distributeur américain se dit effrayé par le soutien populaire à la candidate éventuelle Marine Le Pen et répugné par l'opinion - "bigote" selon Weinstein - du père sur Intouchables. "Ce serait un désastre pour la France si ces idées se répandaient".

Jeudi dernier, Intouchables vient de débuter sa série d'avant premières en ouvrant les Rendez-vous du cinéma français à New York. L'accueil a été chaleureux. Mais tout le monde a en tête la critique de Variety cet automne (voir notre actualité du 24 décembre), où la comédie était qualifiée de film raciste et Omar Sy de "singe savant". Le New York Times n'a pas été plus tendre en février :  "une grossière fiction qui exploite tous les vieux stéréotypes de l'homme noir en libérateur de culture".

A cause de leur histoire, les Américains voient du racisme partout. Viola Davis, citée à l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de bonne dans La couleur des sentiments, en a fait l'expérience l'an dernier. Un film est considéré comme raciste si le Noir est dans le rôle du "soumis". Il ne l'est pas si les personnages peuvent être interchangeables et le scénario indifférent à la couleur de peau. Apparemment, cela vaut quelque soit le message ou le contexte historique.

Le Monde a interviewé Manthia Diawara, Américain d'origine malienne, professeur à l'université de New York et auteur d'African Film : "c'est un film inoffensif et plutôt drôle" mais "le Blanc s'éloigne par sa rationalité ou par une manière de négliger l'intuition, l'émotion, et, de temps en temps, il a besoin du Noir pour lui rappeler qu'il est humain. C'est son contemporain primitif". Omar Sy ne serait donc qu'un Noir malin et amusant.

Harvey Weinstein honoré à Paris en juin

Peu importe qu'Intouchables séduise ou pas les Américains. Weinstein peut toujours en faire un remake puisqu'il en a acquis les droits en juillet dernier. Selon Olivier Nakache, "c'est dans les tuyaux". Pour l'instant, il prépare la bande annonce, les affiches et a programmé le film dans différentes avant premières. On parle aussi d'un événement à Cannes pour célébrer le succès phénoménal du film.

Harvey Weinstein sera ensuite en France début juin pour l'hommage qui lui sera rendu au premier Champs Elysées Film festival (6-12 juin, voir notre actualité du 23 octobre 2011). C'est bien le minimum pour celui qui a permis à un film français d'obtenir l'Oscar suprême avec The Artist. Il avait déjà distribué l'autre film phénomène des années 2000, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, et produit Le Patient anglais, qui avait valu un Oscar à Juliette Binoche. Le Festival lui décernera un trophée pour l'ensemble de sa carrière et projettera une sélection des plus grands films qu'il a produit (y compris durant la période Miramax).

Les Géants et Bullhead se partagent les prix Magritte

Posté par vincy, le 5 février 2012

Les Magritte du cinéma belge, 2e clap, l'équivalent de nos Césars, ont couronné Les Géants, de Bouli Lanners, qui avait fait la clôture de la Quinzaine de réalisateurs en mai dernier à Cannes. Le film a remporté cinq Magritte, dont celui de meilleur film et de meilleur réalisateur.

Les Magritte sont censés récompensé le cinéma belge francophone. Le gamin au vélo aurait pu ainsi prétendre à de nombreux prix. Mais c'est un film flamand, cofinancé avec des producteurs francophones, Bullhead, qui a été l'autre grand vainqueur de la soirée d'hier, présidée par Bertrand Tavernier. Le film a récolté quatre prix et sera présent aux Oscars dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.

Le film des Dardenne n'est reparti qu'avec le prix du meilleur espoir masculin tandis que Lubna Azabal a reçu celui de la meilleure actrice pour le film québécois Incendies. Les émotifs anonymes, de Jean-Piere Améris, a été distingué comme meilleur film étranger en coproduction. Et le belge Jérémie Rénier n'a pas été oublié en fils à maman de Potiche, comme second rôle masculin. Enfin Nathalie Baye a reçu un Magritte d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.

Le palmarès:

Les géants : film, réalisateur (Bouli Lanners), second rôle féminin (Gwen Berrou), image, musique (Bram Van Parys (The Bony King of Nowhere))

Bullhead : film flamand, scénario, acteur (Matthias Schoenaerts), montage

La fée : son, costumes

Les émotifs anonymes : film étranger

Incendies : actrice (Lubna Azabal)

Potiche : second rôle masculin (Jérémie Rénier)

Elle ne pleure pas, elle chante : espoir féminin (Erika Sainte)

Le gamin au vélo : espoir masculin (Thomas Doret)

Quartier lointain : décors

Dimanches : court métrage

LoveMEATender : documentaire

Bilan 2011 : Tour du monde des champions du box office

Posté par vincy, le 23 janvier 2012

Les box office annuels des différents marchés cinématographiques se suivent, mais ne se ressemblent pas. Il y a les pays complètement inféodés à Hollywood, ceux qui offrent un cinéma si puissant qu'ils résistent très bien aux studios américains. Ainsi les champions de l'année ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Etat des lieux, et tour du monde.

MONDE
1er : Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie avec 947,1 millions de $ dans le monde (hors Amérique du nord).
1er film non anglosaxon (et 21e au global) : Intouchables avec 174,6 millions de $.
1er film asiatique (et 31e au global) : Hankyu densha (Hankyu Railways - A 15-minute Miracle) avec 118,8 millions de $.
Deux autres films non anglosaxons se classent dans le Top 50 international : Rien à déclarer (44e) et The Inbetweeners Movie (48e). Au total 22 films non hollywoodiens s'invitent dans le Top 100.

AFRIQUE DU SUD

Seul pays où Twilight 4, 1ere partie arrive en tête avec 3,899 millions de $ dans un pays où Hollywood domine le Top 30.

ALLEMAGNE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie a rapporté la somme de 78,043 millions de $. Mais le cinéma allemand se défend bien avec une comédie, Kokowääh en troisième place (42,932 millions de $).

ARGENTINE

Cars 2 en tête avec 11,996 millions de $ au box office. Le premier film "local" est Un cuento chino (12e du classement avec 4,417 millions de $). Les deux sont distribués par Disney.

AUSTRALIE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie, triomphe, logiquement dans ce pays du Commonwealth envahit par Hollywood, avec 51,329 millions de $ aux box office.

BELGIQUE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie s'impose avec 9,983 millions de $ mais de justesse puisque le deuxième, le presque belge Tintin de Spielberg, a cumulé 9,890 millions de $. En troisième place, on retrouve le film franco-belge Rien à déclarer (8,990 millions de $). Le premier film 100% belge est Bullhead, 8e du classement, avec 4,335 millions de $ de recettes.

BRÉSIL

Presque chauvins ces brésiliens. Le film en tête est pourtant américain puisqu'il s'agit du dessin animé de la Fox, Rio. Du nom de la ville brésilienne qui sert de cadre aux aventures des volatiles exotiques. Le film a rapporté 42,946 millions de $, loin devant le premier film brésilien, Cilada.com, 14e du classement avec 17,113 millions de $.

CHINE (HORS HONG KONG)

Un peu plus ouvert aux productions américaines, le marché chinois résiste avec une inflation de gros budgets chinois. Ainsi Transformers 3 : Dark of the Moon a gagné le titre de champion de l'année avec 172,86 millions de $, loi devant ses deux premiers poursuivants. In extremis, c'est un film chinois qui obtient la médaille d'argent : The Flowers of War, de Zhang Yimou, avec Christian Bale (photo), doté de moyens hollywoodiens, a dépassé les 97 millions de $  de Kung-fu Panda 2. The Flowers of War est sorti à la fin de l'année et devrait encore voir sa fréquentation augmenter avec les congés du nouvel an. En ayant franchi la barre des 2 milliards de $, le marché cinématographique chinois est devenu le troisième plus important au monde derrière les USA et le Japon.

CORÉE DU SUD

Transformers 3 n'a pas eu de rivaux à sa hauteur puisque le film y a rapporté 69,068 millions de $. Mais en 2e et 3e films les plus populaires sont coréens, comme les 2/3 du Top 20. Preuve de la vitalité locale. En 2e place on retrouve Sseo-ni (Sunny) avec 50,765 millions de $, et en 3e position, Choi-jong-byeong-gi Hwal (War of the Arrows) avec 50,295 millions de $. Les trois films ont dépassé les 7 millions de spectateurs.

ESPAGNE

Cette fois-ci, le héros local Torrente (pour Torrente 4) s'impose loin devant ses rivaux toutes nationalités confondues avec 29,031 millions de $. Torrente 3 en 2005 n'était arrivé que 4e, Torrente 2, malgré un triomphe incontestable était 2e en 2001 (derrière un autre film espagnol, les autres) ; seul le premier Torrente était leader en 1998.

INDE

C'est le film bollywoodien Bodyguard qui a supplanté tous les films mêmes les plus attendus ou importants. Le film, avec la star Salman Khan, avait réalisé la meilleure première semaine dans l'histoire du cinéma indien. Au total, il a ramassé plus de 43,7 millions de $ au box office.

ITALIE

Le cinéma italien est en vedette cette année puisque le film le plus populaire est une production nationale. Che bella giornata a récolté 59,370 millions de $.

JAPON

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie au Japon ce n'est rien de moins que la 2e plus grosse recette mondiale du film, derrière les Etats-Unis. 124,332 millions de $ pour le magicien. Et c'est un autre magicien, japonais ce coup-ci, qui signe le plus gros succès local de l'année : les Studios Ghibli avec La colline aux coquelicots est 4e du B.O. 2011 avec 56,029 millions de $.

MEXIQUE

Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie leader incontestable dans un pays où le cinéma national a disparu du box office. Le dernier épisode de la saga a rapporté 34,164 millions de $.

PAYS BAS

Adaptation d'une série TV ultra-populaire, Gooische vrouwen (Jardins secrets) est devenu le plus gros hit de l'année chez nos amis les bataves avec 21,517 millions de $.

POLOGNE

Là aussi c'est un film local qui prend la tête du box office annuel : Listy do M. (Lettres au Père Noël) a cumulé 12,605 millions de $ de recettes.

ROYAUME-UNI

C'est le seul pays où les trois premiers films sont "nationaux" même si le premier d'entre eux a largement bénéficié de moyens hollywoodiens et le deuxième d'une part importante de financement américain. Harry Potter et les Reliques de la mort, 2e partie s'est enrichi de 117,228 millions de $. Le discours d'un roi, Oscar du meilleur film, a empoché 74,878 millions de $. Quant à The Inbetweeners Movie a surpris les blockbusters hollywoodiens en enregistrant 71,1789 millions de $ dans ses caisses.

RUSSIE

C'est Pirates des Caraïbes 4 (La fontaine de Jouvence) qui a séduit le plus de russes dans les salles. Le film a encaissé 63,662 millions de $ de recettes. Le premier film russe est 8e du classement, lui aussi distribué par Disney : Vysotskiy. Spasibo, chto zhivoy (Vysotsky: Thank God I'm Alive), pourtant sorti en fin d'année, a déjà encaissé 27,79 millions de $.

TURQUIE

C'est une suite à un gros succès local qui a séduit les Turcs. Eyyvah eyvah 2 a ramassé 20,506 millions de $. Il est sorti dans l'indifférence en France.

Potiche passe le cap des 500 000 entrées à l’étranger

Posté par vincy, le 1 avril 2011

Grâce à sa sortie en Allemagne, Autriche, en Espagne et aux Etats-Unis, le film de François Ozon, Potiche, a franchi le cap des 500 000 entrées à l'étranger.

En novembre, il avait réussi à trouver un public en Belgique (frôlant le score de 8 femmes) et en Italie (plus de 150 000 entrées), bénéficiant de son avant-première mondiale à Venise.

Lors de son premier week-end en Allemagne, Potiche (Das Schmuckstück) est entré à la 7e place, faisant quasiment jeu égal avec Hell Driver 3D. La comédie a séduit 88 000 spectateurs dès ses cinq premiers jours, distribuée dans 153 salles. En Autriche, il s'est aussi classé 7e. La venue de Catherine Deneuve pour la promotion a clairement bénéficié au film. Elle a notamment participé à l'émission surréaliste et très populaire Wetten Dass ... ? (voir la vidéo sur YouTube).

En Espagne, Potiche (Mujeres al poder), le film se classe 13e dans un contexte extrêmement concurrentiel.  Avec une présence dans 71 salles, il a attiré 26 000 spectateurs et peut espérer atteindre un total de 90 000.

Aux Etats Unis, Potiche (Trophy Wife) est arrivé 37e du box office avec une recette de 86 017 $ dans seulement 7 salles de New York et Los Angeles. La campagne américaine a essentiellement été centrée sur Catherine Deneuve et sa prestation ("She will always be impossibly glamorous" pouvait-on lire dans le New York Times).

Deneuve vient d'ouvrir le 12e Festival du cinéma francophone avec le film. Elle a évoqué la crise que traverse le pays et fait l'éloge de la solidarité européenne.

Déjà sorti au République tchèque, en Russie, au Japon et au Portugal, il devra s'attaquer au marché anglais en juin.

En France, la comédie de Ozon a séduit 2 315 000 spectateurs et vient de sortir en DVD.

Océans a passé le cap des 5 millions d’entrées mondiales

Posté par vincy, le 13 mars 2010

En France, le film de Jacques Perrin, Océans, a déjà séduit 2,5 millions de spectateurs. Les 3 millions d'entrées seront franchies avant ou pendant la Fête du cinéma printanière.

Mais c'est son score impressionnant à l'étranger qu'il faut souligner. Fin février, le film avait déjà attiré 19 millions de  spectateurs dans le monde. Faîtes le calcul. Sorti sur quatre territoires (Japon, Allemagne, Belgique et Suisse), avec cinq fois moins de copies que From Paris with Love, il dépasse, de justesse pour le moment, la production de Luc Besson avec John Travolta.

Rien qu'au Japon le film, toujours dans le Top 10,  a cumulé en 7 semaines 25 millions de $ de recettes, se classant deuxième de l'année 2010 derrière Avatar, et loin devant des films comme La Princesse et la Grenouille ou Percy Jackson. Et en Allemagne, en deuxième semaine,  est 5e du box office. La Belgique Wallone fut la moins océanophile (700 000 $), battue par Le Mac. En Suisse romande, le documentaire a fait plus de succès que Sherlock Holmes et La princesse et la grenouille. Là encore seul Avatar fait mieux. La Suisse allémanique va découvrir le film la semaine prochaine. Les Américains seront les prochains  l'accueillir mi-avril.

Festival du Cinéma Nordique : de Rembrandt à Eva Joly

Posté par geoffroy, le 18 mars 2009

nordic-2009-225.jpgDu 18 au 29 mars prochain la ville de Rouen (Seine-Maritime) accueille la 22e édition du festival du cinéma nordique.
Créé en 1988 celui-ci est devenu, au fil des ans, un évènement incontournable pour la création cinématographique du nord de l’Europe. Original, vivant, parfois méconnu mais capable d’offrir de grands cinéastes comme Lars Von Trier, Roy Andersson, Thomas Vinterberg, Aki Kaurismäki ou plus récemment Balstar Kormakour (Jar City) et Bent Hammer (La nouvelle vie de monsieur Horten), le cinéma scandinave ne cesse de se rénover en proposant une vision singulière du monde. Cette force créative se retrouve dans une programmation avant tout éclectique, où fiction, documentaire, court-métrage et animation s’entremêlent. De la Finlande à l’Islande en passant par la Belgique, cette 22e édition brassera pas moins de 60 films autour de sections variées et ambitieuses.

Une sélection officielle comptant 10 films venus de 7 pays différents (petit regret néanmoins de ne pas retrouver les pays Baltes) et une attente particulière autour de deux films. Instants Eternels du maître suédois Jan Troell (les Emigrants 1971 et le Vol de l’aigle 1982) et Mariage à l’islandaise, premier long métrage de la monteuse islandaise Valdis Oskarsdottir ayant travaillé sur Mongol et Mister Lovelly.

Une programmation thématique déclinée sur trois axes.

- L’actu du nord tout d’abord, qui proposera des films pour la plupart inédits, sera marquée par la présentation du documentaire de Hege Dehli, Eva Joly, une justice malgré tout consacré à la magistrate norvégienne aujourd’hui candidate aux élections européennes de juin 2009 en Ile-de-France sur la liste des Verts. Celle-ci sera d’ailleurs présente le 21 et 22 mars.

- Ensuite, un regard sous forme d’éloge au peintre néerlandais du XVIIe, Rembrandt. Huit films tenteront de percer le mystère de ce maître baroque dont le tout dernier et admirable Peter Greenaway, la Ronde de nuit.

- Pour finir, une invitation au cinéma de genre fantastique en plein essor depuis une dizaine d’années dans ces contrées du froid viendra saisir le public avide de frissons et de découvertes. Pour tous ceux qui ont raté le dernier Grand Prix au festival de Gérardmer, Morse de Tomas Alfredson s’affichera au côté de ses petits camarades horrifiques.

Enfin et pour clore cette programmation naviguant sur deux cinémas et trois salles autour de débats, de premiers films et de rencontres avec le public, le festival proposera un pont entre littérature et cinéma par l’hommage rendu au romancier de polar norvégien Gunnar Staalesen.

Poitiers : des nouvelles d’Afrique

Posté par MpM, le 12 décembre 2008

Où sont-ilsDepuis quelques années déjà, l’Afrique semble le continent oublié (négligé ?) des grandes compétitions internationales. Alors que l’Asie et l’Amérique latine sont tour à tour les chouchous des comités de sélection, l’Afrique, elle, passe systématiquement son tour. Kini et Adams d'Idrissa Ouedraogo, le dernier film africain à avoir été présenté en compétition à Cannes, remonte déjà à 1997 ! Une des excuses souvent avancée pour justifier cette absence est le fait que le continent tourne peu. Or, rien qu’à Nollywood, l’équivalent nigérian d’Hollywood, il se produit chaque année quelque 1200 films. Et les écoles fleurissent sur le continent, du Maroc à la Tunisie, du Ghana au Burkina Faso, du Bénin à l’Afrique du Sud.

D’où ce focus sur l’Ecole africaine organisé par les Rencontres Henri Langlois, avec preuve par l’image que le cinéma africain existe et mérite d’être montré. En 6 longs métrages et 14 courts, les festivaliers ont ainsi la possibilité de se faire une idée plus précise du dynamisme et de la créativité de ses cinéastes, ainsi que de ce qui les préoccupe. Sur l’échantillon des films d’école présentés à Poitiers, on compte notamment une large part de documentaires et de fictions réalistes, inspirées de faits réels, qui confirment le pouvoir de témoignage, voire de dénonciation, conféré au cinéma par les jeunes générations. Au Maroc, Alaa Eddine Aljem critique les rituels ancestraux liés au mariage. Au Sénégal, Fabacary Assymby Coly et Angèle Diabang Brener interrogent la "douleur de l’exil" en rencontrant deux opposants politiques haïtiens exilés depuis quarante ans. Au Ghana, Afeafa Nfojoh dénonce l’esclavage moderne de la pratique Trokosi qui consiste à donner ses filles au prêtre du village pour expier les pêchés de la famille.

Les jeunes cinéastes compensent le manque de moyens techniques et d’expérience par une vitalité d’esprit et une audace qui forcent le respect. D’accord, les jeunes actrices d’Ezanetor, le court métrage d’Afeafa Nfojoh, ont un jeu outré, mais en dépit de ses innombrables maladresses, le film sensibilise le public au problème du Trokosi et n’hésite pas à dénoncer la complicité passive de la société. Entre les mains de tels cinéastes, le cinéma redevient mode d’expression, vecteur de prise de conscience et moteur d’action collective.

Son pouvoir de divertissement n’en est d’ailleurs pas pour autant nié, comme le prouve le très réussi Où sont-ils de Kossa Lelly Anité, ou la quête impossible de Lelly, jeune cinéaste du Burkina Faso, désireuse de rencontrer le "Belge typique". A la fois réflexion sur l’identité (construite, innée, revendiquée, héritée, acquise…) et déambulation pleine d’humour dans le Bruxelles contemporain, ce documentaire réconcilie un cinéma africain qui serait irrémédiablement lié aux traumatismes du passé avec un cinéma occidental forcément détenteur de la modernité et du savoir-faire. Logique, puisque le film est le résultat d’une collaboration entre Belgique et Burkina Faso, donnant un aperçu très prometteur de ce que pourrait être une telle collaboration à grande échelle.

Loft d’Erik van Looy : quand un thriller flamand captive le public belge

Posté par MpM, le 28 octobre 2008

Loft d’Erik van LooyPour son premier week-end sur les écrans belges, Loft, du réalisateur Erik van Looy (La mémoire du tueur), a attiré 126 400 spectateurs, soit plus de la moitié du total des entrées. Il se place ainsi directement en 3e position du classement annuel des films nationaux les plus populaires, juste après Moscow, Belgium de Christophe van Rompaey et Samson en Gert: Hotel Op Stelten de Bart Van Leemputten.

Loft est un thriller mettant en scène cinq hommes mariés qui découvrent, dans la luxueuse garçonnière où ils invitent leurs maîtresses, le cadavre d’une femme qu’ils ne connaissent pas. Le film, projeté sur 32 écrans, a dû bénéficier de séances supplémentaires pour répondre à l’afflux de spectateurs. Aucune sortie n'est pour le moment prévue en France de ce qui s'annonce comme le Bienvenue chez les Chtis (avec probablement moins de bons sentiments et plus de suspense inquiétant) de nos voisins belges.