Dinard 2018: Hommes brisés et Femmes fortes

Posté par redaction, le 30 septembre 2018

Si on doit synthétiser le pouls du cinéma britannique cette année à travers la sélection du seul festival qui lui est dédié en France, le Dinard Film Festival, on notera deux grandes tendances: des hommes brisés par le destin et des femmes fortes et combattantes.

Le film d'ouverture, Breathe, premier film d'Andy Serkis, a d'ailleurs parfaitement résumé cette synthèse avec un brillant jeune homme condamné à rester immobile à cause de la polio qui le foudroie en pleine ascension et son épouse qui est déterminée à le faire vivre le plus longtemps possible par tous les moyens. Le mari est impuissant, paralysé, tandis que l'épouse regorge de vitalité et de force. On se croyait dans Out of Africa, on bascule dans Mar Adentro.

Des mecs abimés, il y en a eu plusieurs, notamment en compétition. Rupert Everett a écrit un Oscar Wilde en pleine déchéance, entre sa sortie de prison et sa mort à Paris, dévasté par sa condamnation et la maladie. Au point que les spectateurs qui ignorent qui il étai n'apprendront rien de sa période de gloire et de son génie. The Happy Prince est un biopic où les désirs de la vie butent contre une forme de morbidité. Et les autres hommes qui l'entourent ne sont pas en meilleur état, se disputant une partie du grand homme au point de se détruire eux aussi.

Dans Winterlong, de David Jackson, c'est un adolescent abandonné par sa mère, qui est accueilli par un père qu'il ne connaissait pas et qui vit coupé du monde. Deux mâles paumés. Pour eux, il y a de l'espoir: des femmes dont ils tombent amoureux. Las, par un malencontreux accident, leur bonheur va être amoché: les hommes sont parfois bêtes (surtout quand ils sont amoureux).

L'amour est aussi au cœur de Old Boys de Toby MacDonald. L'histoire tourne autour d'un ado brillant, binoclard et maladroit et d'un leader costaud, macho et pas futé. Ce "Cyrano" dans un collège anglais, sous forme de comédie légère, montre toutes les difficultés d'un jeune mâle pour séduire une jeune femme, thème assez récurrent cette année.

Car les femmes, dans la compétition, sont finalement le moteur des diverses intrigues. Il n'y avait pourtant qu'un film sur six réalisé par une cinéaste (malheureusement le moins convaincant de la sélection).

Dans Jellyfish, de James Gardner, Hitchcock d'or et Hitchcock de la critique, les hommes sont faibles mais l'héroïne est une ado déterminée et débrouillarde, jouant le rôle de mère pour sa maman comme pour ses frère et sœur, capable de tout pour gagner de l'argent et ne pas se faire expulser de chez eux. La tonalité sociale à la Ken Loach, l'absurdité d'un système, la mise en scène sans faute de goût auraient suffit à en faire un très bon film. Mais le personnage (et l'actrice qui l'incarne, la jeune Liv Hill), peu charismatique au premier abord, s'avère d'une force exemplaire, joué avec un naturel bluffant.

Pin Cushion et Funny Cow mettent aussi des femmes au centre de l'histoire. Dans le premier, réalisé par Deborah Haywood, c'est une mère excentrique et une adolescente un peu simplette qui veut s'intégrer à une bande de filles, qui conduit à parler de harcèlement, et de rejet. Dans le second, réalisé par Adrian Shergold, on est dans l'Angleterre prolétaire mais c'est bien une femme humoriste qui cherche à faire rire, comme la jeune ado de Jellyfish: les blagues les plus "proches" sont les meilleures.

Et hors de la compétition, les tendances sont les mêmes. Dans The Bookshop, les femmes sont à la manœuvre, de deux classes sociales différentes, dans un village anglais. Les hommes sont soumis, effacés ou carrément à l'écart volontairement pour ne pas se mêler de leurs affaires. Bill Nighy interprète ainsi un "ermite" dévoreur de livres qu'on sent épuisé par les mesquineries de l'humanité.

Dans Men of Honor, avec son gros casting masculin (Sam Claflin, Paul Bettany, Toby Jones, c'est la guerre (celle de 14-18) qui anéantit le moral, le physique et finalement l'humain. Piégés dans leurs tranchées, ils sont littéralement cassés ou envoyés à l'abattoir. Dans Journeyman, Paddy Considine est un boxeur qui va faire le match de trop, s'effondrant sur le ring. Victime d'un grave traumatisme crânien, il a besoin de rééducation des membres et retrouver la mémoire. Les destinées sont aussi chaotiques pour les demi-frères de Eaten by Lions, le jeune Leon dont les espoirs s'amenuisent en grandissant dans Obey, le batteur bipolaire de The Dreamer and the Keeper... Les hommes ont bien du mal à canaliser leurs émotions ou à déclarer leur flamme (Lucid, Crooked House...).

Cet état des lieux reflète finalement une société où l'inégalité des sexes s'inverse. C'est d'autant plus intéressant, peu importe le genre de cinéma ou la forme du film, que les blockbusters américains sont très loin d'avoir été aussi loin, malgré un affichage contraire (ethnies, genres, femmes...) et que les films populaires européens continuent de véhiculer des clichés sexistes. Il n'y avait peut-être pas beaucoup de films réalisés par des femmes mais ce sont bien les femmes qui intéressent de plus en plus le cinéma anglais, cette année en tout cas.

Dinard 2018: tout le monde succombe au charme de Jellyfish

Posté par vincy, le 29 septembre 2018

6 films en compétition par des cinéastes émergents ou des talents confirmés qui font leurs débuts, avec ou sans stars, dramatiques ou drôlatiques, ou les deux. Le Dinard Film Festival a décerné son palmarès ce samedi 29 septembre, après trois jours sous le soleil, et dans le vent. Un bon air marin qui a fait oublier le Brexit. Des salles pleines même un samedi matin aux soirées dansantes tard dans la nuit, cela n'a pas empêché le jury de Monica Bellucci de rendre son verdict.

Par ailleurs, cette année, pour la première fois, un nouveau prix Hitchcock a été remis, celui de la Critique, décerné par un jury de journalistes. Avec le Hitchcock d'or du jury et le Hitchcock du public, cela aurait pu faire trois grands prix à donner pour une compétition certes inégale mais variée et inspirante.

Pourtant il n'y a qu'un grand vainqueur, plusieurs fois récompensé par le jury, y compris avec un prix créé pour l'interprétation, mais aussi par la critique.

Assez logiquement, Jellyfish a remporté les suffrages. Dans la veine de Ken Loach, James Gardner, pour son premier long métrage, suit une adolescente débrouillarde qui cherche à sauver sa famille (sa mère, atteinte d'un trouble psychologique, son frère et sa sœur), tout en poursuivant ses études, en travaillant à mi-temps et en s'affranchissant de limites morales pour gagner un peu plus d'argent. Ce drame doux, amer et drôle est porté par une mise en scène délicate et simple, qui a enthousiasmé les professionnels.

C'était le premier film sélectionné pour la compétition, dès le mois de mai. Comme s'il s'agissait d'une évidence. Liv Hill, dont c'est le premier rôle au cinéma, et Sinead Matthews, qui incarne la mère, ont reçu en juillet le prix d'interprétation au Festival d'Edimbourg. Liv Hill, actuellement à l'affiche de The Little Stranger de Lenny Abrahamson, a été révélée l'an dernier avec la série Three Girls. Le film avait aussi été montré à Tribeca à New York en avril en avant-première mondiale. Espérons que ce beau parcours intéresse un distributeur en France...

Old Boys, qui a gagné le prix du public est un choix assez évident tant le film réunit tous les attraits de la comédie britannique avec une intrigue à la Cyrano.

Avec seulement deux films sur six récompensés, et rien pour Winterlong par exemple, le palmarès ne reflète sans doute pas l'éclectisme de la sélection et certaines qualités des films retenus, mais on espère au moins que pour le 30e anniversaire l'an prochain, malgré la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, Dinard continue de chercher une pépite comme Jellyfish. Mais il faudra aussi revoir le règlement et contraindre le jury à ne pas cumuler les prix pour un seul film.

Le palmarès

Hitchcock d'or du jury: Jellyfish de James Gardner

Prix d'interprétation: Liv Hill pour Jellyfish de James Gardner

Meilleur scénario: Jellyfish de James Gardner

Hitchcock d'honneur: Ian Hart

Hitchcock d'or du public: Old Boys de Toby MacDonald

Hitchcock d'or de la critique: Jellyfish de James Gardner

Hitchcock "Coup de cœur" La règle du jeu: The Bookshop d'Isabel Coixet

Hitchcock shortcuts du jury: Bridge de Lain Robertson
Mention spéciale: Cabin de Matthew Lee

Hitchcock shortcuts du public: Two strangers who meet five times de Marcus Markou

Dinard 2018 – Monica Bellucci: « Le monde de l’image m’a toujours inspiré »

Posté par kristofy, le 29 septembre 2018

monica bellucci © ecrannoir.fr« Je suis comme une muse, prenant plaisir à observer le talent de l'artiste qui fait son portrait, et qui ne vient à la vie qu'au travers de celui qui lui donne forme. Au fond cela ressemble à l'amour : on ne se donne avec ardeur et générosité qu'à celui qui saura nous faire vibrer et nous révéler à nous-mêmes. » Ce sont les mots de Monica Bellucci, pour la préface du livre de ses plus belles photos, à propos de ses diverses expériences devant un objectif de caméra. Lors de sa conférence de presse, l'ex-mannequin passée actrice internationale a refusé de séparer la mode, la photo et le cinéma: "Le monde de l'image m'a toujours inspiré."

Une poignée de films tournés presque à la suite révèle à la planète Monica Bellucci l'actrice aux multiples facettes; à la recherche d'esthétiques ou d'expériences éclectiques : L'Appartement de Gilles Mimouni, Dobermann de Jan Kounen, Malèna de Giuseppe Tornatore, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat, Irréversible de Gaspar Noé. Dès lors c'est toute une galaxie de réalisateurs qui ont voulu la filmer : le duo Wachowski, Mel Gibson, Spike Lee, Terry Gilliam, Bertrand Blier, Alain Corneau, Marina De Van, Philippe Garrel, Emir Kusturica...

Durant ce Dinard Film Festival britannique on découvre Monica Bellucci dans un nouveau rôle, celui de présidente du jury. A l'heure du thé elle s'est prêtée au jeu des photos et de quelques confidences.

Monica, la spectatrice: "Le cinéma est un message important pour la culture et l'esprit, ce qui nous fait évoluer. Je suis une spectatrice avec un regard presque enfantin, j’ai toujours cette capacité d’être éblouie. Mon amour pour le cinéma a commencé avec les films italiens de Rossellini, Fellini, Visconti, ..."

Monica, l'actrice : "Toute jeune ça m’arrivait de regarder 2 ou 3 films par jour, toute seule. Le cinéma français m’a accueillie, et ensuite mon parcours est passé par des tournages dans plein de pays différents. Je mesure cette chance. Je ne choisi pas un projet en fonction du temps de présence à l’écran du personnage, ce qui compte pour moi c’est surtout le scénario. Par exemple j’ai travaillé plusieurs années sur le film de Emir Kusturica et trois minutes avec David Lynch. J’ai dit non à certaines propositions de très grands réalisateurs à cause du scénario."

Monica, la présidente : "Quand on est jeune on est d’abord jurée et plus tard on est président de jury : l’âge a ses avantages (sourire). C’est parce que j’ai déjà eu cette expérience de jurée à Cannes que j’ai accepté ce rôle de présidente de jury à Dinard. La sélection des films est très étonnante, mais je ne peux rien vous dire encore de mon préféré. Ce que j’attends c’est la surprise."

Et si on lui demande dans quel film d'Hitchcock elle aurait aimé jouer, elle répond tout simplement: "J'étais trop brune pour lui".

Dinard 2018: Quatre actrices légendaires sans filtre dans Nothing Like a Dame

Posté par vincy, le 28 septembre 2018

Roger Mitchell (Coup de foudre à Notting Hill), grand habitué du Dinard Film Festival, est sélectionné cette année hors-compétition avec un documentaire, Nothing Like a Dame.

Quatre actrices légendaires s'installent dans un cottage britannique. Pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de la résidence de Sir Laurence Olivier et Lady Joan Plowright, par ailleurs anoblie au titre de Dame. C'est la plus ancienne d'entre elle, à 88 ans. Cette immense comédienne de théâtre, aux rares apparitions à Hollywood (Les 101 Dalmatiens, Last Action Hero, Les chroniques de Spiderwick) a été une fois nommée aux Oscars et deux fois gagnante aux Golden Globes.

A 84 ans, Dame Eileen Atkins, outre les planches londoniennes, a brillé dans Equus en 1977, mais aussi dans des films comme Wolf, Retour à Cold Mountain, Gosford Park, The Hours ou récemment Paddington 2.

Mais le réalisateur met davantage en lumière les deux autres comédiennes, elles aussi nées sur scène après la seconde guerre mondiale. Elles aussi pas forcément des canons de beauté quand elles étaient jeunes. Sans doute parce que le grand public les connait davantage. Dame Maggie Smith, 83 ans, amie et membre de la troupe de Laurence Oliver et de Joan Plowright, a eu de beaux rôles sur grand écran (Mort sur le Nil, Chambre avec vue, Hook) avant de devenir incontournable grâce à son second-rôle dans Sister Act. On la voit aussi dans Gosford Park (comme Atkins), Nanny McPhee et le Big Bang, Indian Palace et évidemment dans la saga Harry Potter en Minerva McGonagall. Un Oscar et cinq autres nominations, 3 Golden Globes et dix nominations: un beau palmarès. Mais finalement c'est Violet, comtesse douairière de Grantham, qui, durant 52 épisodes de Downton Abbey, la rend immortelle. Série dont elle a le coffret et qu'elle n'a toujours pas vue! De loin, elle balance les meilleures répliques.

Et il y a le cas de Dame Judi Dench, 83 ans aussi. Deux films film ont changé sa vie en 1995 et 1997, respectivement un James Bond (GoldenEye, où elle créé un M iconique dans 6 épisodes de la franchise) et La dame de Windsor qui va l'abonner aux rôles de reines. Avant la comédienne avait fait beaucoup de théâtre et de télévision (y compris une sitcom). C'est l'un des rares cas d'école où un/une artiste est devenu mondialement célèbre après ses 60 ans. Avec Smith, elle tourne aussi Indian Palace. Avec Smith et Plowright, elles sont à l'affiche de Un thé avec Mussolini. Tout se croise. Dench devient avec Helen Mirren, la comédienne "senior" la plus demandée à Hollywood (les trois autres "filles" du Docteur Mitchell en plaisantent d'ailleurs), tournant avec Burton, Eastwood, Frears, Branagh, Fukunaga, Marshall... récoltant au fil de sa carrière un Oscar (et six nominations) ainsi que deux Golden Globes (et 9 nominations). Avec humilité, elle prend son rôle de "reine" du quartet sans jamais le revendiquer.

Quartet harmonieux

Voilà donc quatre grandes comédiennes partageant leurs souvenirs personnels et leurs parcours professionnels, leur jardin secret et leurs peurs, malgré la mémoire défaillante, la vue déclinante, l'ouïe peu fiable. Un mélange de sérieux et d' inside jokes, de gravité et de dérisions, d'humour anglais et d'élégance intime, de franchise et de connivence. Tout est bienveillant, même si parfois c'est superficiel et léger, comme le Ruinart servi à la fin. Elles peuvent être théoriciennes du jeu et du théâtre comme elles peuvent se rappeler leurs 400 coups.

Il y a des moments franchement hilarants. On comprend qu'elles ont été connectées toute leur vie, par le travail (films ou pièces ou partenaires en commun) comme par l'amitié extra-professionnelle. Si on rit, c'est bien parce qu'elles nous divertissent. Mais au-delà des anecdotes et des archives rares déterrées, ou encore de l'admiration portée par le cinéaste Roger Mitchell sur ces quatre grandes "drama-queens", on retient finalement l'essentiel: des vérités sur ces déesses de l'illusion.

Si ici, elles sont de drôles de Dames, sans filtre et très expressives, elles s'interrogent toujours et encore sur les moyens de rendre le vrai en faisant du faux. Le jeu plutôt que le je. Comme si toute leur vie, elles n'avaient voulu que tendre à ce but: être une autre en restant en soi-même.

Dinard 2018: la crème de la crème anglaise

Posté par kristofy, le 28 septembre 2018

Le Dinard Film Festival est lancé, depuis le 26 septembre jusqu'au 30. C'est la 29e édition de ce festival du film britannique : toute la ville s'est mise à l'heure anglaise avec drapeaux et cabine téléphonique d'outre-Manche. C'est l'occasion de découvrir en avant-première sur grand-écran un large panorama de films inédits avec, au générique, Emily Mortimer, Bill Nighy, Andrew Garfield, Claire Foy, Glenn Close, Gillian Anderson, Terence Stamp, Tom Wilkinson, Colin Firth, Paddy Considine, Jodie Whitaker, Billy Zane, Sam Claflin, Toby Jones, Paul Bettany, Judi Dench, Maggie Smith, Eileen Atkins, Kelly Reilly... La crème de la crème anglaise...

Des hommes cassés

Dinard c'est aussi le festival qui révèle au public français les jeunes talents en devenir de demain : par exemple l'acteur Andrew Garfield a vu son premier film Boy A recevoir il y a 10 ans le Grand prix du jury Hitchcock d’or et le Prix du public en 2008. Cette année, le film d'ouverture est justement le premier film en tant que réalisateur de Andy Serkis (Gollum, César et autres performances numériques), Breathe avec en vedette ce même Andrew Garfield et Claire Foy. Il s'agit du biopic bouleversant de Robin Cavendish qui, à peine marié, avec son épouse (enceinte) est atteint par la polio, qui va le paralyser de tout ses membres. Il se retrouve allongé relié à une machine respiratoire, emprisonné dans une existence qu'on pense de courte durée, mais l'amour de sa femme lui redonne goût à la vie : une chaise roulante équipée du respirateur va lui permettre de rentrer à la maison et même de voyager! Cette renaissance aventureuse et romantique va au fil des années poser des questions comme l'intégration du handicap dans la société ou le choix de l'euthanasie... Le film a été initié et produit par leur fils.

Par ailleurs le premier film de Paddy Considine Tyrannosaur avait remporté en 2011 le Grand prix du jury Hitchcock d’or et le Prix du scénario. C'est comme une évidence de voir ici son nouveau long métrage Journeyman dans lequel il se donne le premier rôle avec Jodie Whittaker (venue plusieurs fois à Dinard). La thématique de guérison quand on a tout perdu traverse là aussi cette histoire : un champion du monde de boxe s'effondre victime d'un grave traumatisme crânien, il a besoin de rééducation des membres mais surtout il a perdu la mémoire et ne reconnait plus sa femme, son bébé ni même ses amis...

Brexin

Cette année la présidente du jury est Monica Bellucci. Une italienne. Elle avait fait succomber l'agent secret britannique James Bond dans Spectre.Mais, après tout, la nationalité des cinéastes ou des comédiens, importent peu. Il suffit de voir The Bookshop, typiquement britannique dans son ADN (intrigue, décors, acteurs, ...), qui est réalisé par la catalane Isabel Coixet. Là aussi d'ailleurs on y voit un homme brisé (Bill Nighy, formidable) par les hypocrisies et les méchancetés des gens, et qui se réfugie dans les livres, tout en renouant avec le goût de la vie grâce à une libraire.

Autour d'elle, il y a Rupert Grint (de la sage Harry Potter), très entouré de jolies filles aux soirées, Emmanuelle Bercot, Kate Dickie, fidèle et adorée du festival, Sabrina Ouazani, Thierry Lacaze, de Studiocanal, Alex Lutz, et l'acteur Ian Hart  (auquel Dinard va rendre hommage). Pour la récompense du Hitchcock d'or, ils verront, comme le nouveau jury de la presse qui décernera le premier Hitchcock d'or de la critique:

- Funny Cow d'Adrian Shergold (Prix du public à Dinard en 2006), avec Maxine Peake, Paddy Considine et Stephen Graham.
- The Happy Prince de Rupert Everett, avec Rupert Everett, Colin Firth et Emily Watson. Premier film de l'acteur, présenté à Sundance et Berlin.
- Jellyfish de James Gardner, avec Liv Hill, Sinead Matthews et Cyril Nri. Double prix d'interprétation à Edimbourgh cet été, après avoir été présenté au Festival de Tribeca.
- Old Boys de Toby MacDonald, avec Alex Lawther, Pauline Etienne et Denis Ménochet. Le film a fait son avant-première à Edimbourgh.
- Pin Cushion de Deborah Haywood, avec Lily Newmark et Joanna Scanlan. Prix du public à Créteil, trois fois nommé aux British Independent Film Awards et en sélection à Venise l'an dernier.
- Winterlong de David Jackson, avec Francis Magee, Carole Meyers et Doon Mackichan. Premier film présenté en avant-première à Edimbourgh.

Malgré le soleil radieux de la Bretagne, les salles obscures sont pleines. A quelques mois du Brexit qui menace la Culture au Royaume-Uni, notamment dans ses liens avec les coproducteurs européens, le cinéma britannique montre encore sa vitalité et sa diversité.

Dinard Film Festival 2018 : une vingtaine de films « british », Agatha Christie et un sorcier de Poudlard dans le jury

Posté par vincy, le 31 août 2018

Du 26 au 30 septembre, le 29e Dinard Film Festival, anciennement Film du festival britannique, posera déroulera son tapis rouge et déploiera les Union jacks dans la ville bretonne. Le jury, présidé par l'italienne Monica Bellucci, sera composé d'Emmanuelle Bercot, Kate Dickie, grande chouchou du Festival, Sabrina Ouazani, Rupert Grint, loin de Poudlard, Ian Hart, Thierry Lacaze et Alex Lutz.

Les vedettes seront aussi nombreuses à l'écran avec plusieurs des films britanniques de la saison, même si on peut regretter l'absence du Mike Leigh, en compétition à Venise cette semaine. Ainsi les festivaliers pourront voir des films avec Emily Mortimer, Bill Nighy, Andrew Garfield, Claire Foy, Max Irons, Glenn Close, Gillian Anderson, Terence Stamp, Tom Wilkinson, Forest Whitaker, Eric Bana, Paddy Considine, Jodie Whitaker, Billy Zane, Sam Claflin, Toby Jones, Paul Bettany, Judi Dench, Maggie Smith, Eileen Atkins, Luke Evans, Kelly Reilly...

Outre les films qui seront présentés, Dinard rendra hommage à Agatha Christie avec 6 adaptations dont le récent Crooked House, de Gilles Paquet-Brenner, et une conférence sur l'écrivaine. D'autres événements sont prévus: une rencontre accompagnée d'une série de courts métrages sur l'état actuel du Royaume Uni, des masterclasses sur la série Peaky Blinders, sur les héros de la classe ouvrière dans le cinéma social britannique, sur les "Teen-series), la traduction de films, sur John Lunn, qui a travaillé à la Hammer et surtout signé la série "Downtown Abbey", et une rencontre professionnelle sur la place des femmes dans la programmation du festival.

La compétition pour le Hitchcock d'or est composée de six films.
- Funny Cow d'Adrian Shergold (Prix du public à Dinard en 2006), avec Maxine Peake, Paddy Considine et Stephen Graham.
- The Happy Prince de Rupert Everett, avec Everett, Colin Firth et Emily Watson. Premier film de l'acteur, présenté à Sundance et Berlin.
- Jellyfish de James Gardner, avec Liv Hill, Sinead Matthews et Cyril Nri. Double prix d'interprétation à Edimbourgh cet été, après avoir été présenté au Festival de Tribeca.
- Old Boys de Toby MacDonald, avec Alex Lawther, Pauline Etienne et Denis Ménochet. Le film a fait son avant-première à Edimbourgh.
- Pin Cushion de Deborah Haywood, avec Lily Newmark et Joanna Scanlan. Prix du public à Créteil, trois fois nommé aux British Independent Film Awards et en sélection à Venise l'an dernier.
- Winterlong de David Jackson, avec Francis Magee, Carole Meyers et Doon Mackichan. Premier film présenté en avant-première à Edimbourgh.

Parmi les avant-premières, on notera The Bookshop d'Isabel Coixet, Breathe d'Andy Serkis, Forgiven de Roland Joffé, Journeyman de Paddy Considine, le docu Nothing Like a Dame de Roger Mitchell ou encore Outfall de Suzi Ewing.

Dinard 2018 : Monica Bellucci présidera le jury de la 29e édition

Posté par wyzman, le 20 juin 2018

A trois mois du Festival du film britannique de Dinard, ses organisateurs viennent d'annoncer que l'actrice italienne présidera la 29 édition qui se tiendra comme toujours en Île-et-Vilaine. Elle fait suite à Nicole Garcia.

Une présidente pas comme les autres

Révélée au grand public par L'Appartement de Gilles Mimouni, qui lui a valu une nomination aux César dans la catégorie meilleur espoir féminin, Monica Bellucci est ce que l'on appelle communément une star mondiale. Icône populaire et passionnée de cinéma d'auteur, elle s'est fait une place de choix dans le cœur des Français grâce à ses performances dans Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Le Pacte des loups ou encore Irréversible.

Maîtresse de cérémonie du Festival de Cannes en 2003 et 2017, elle a déjà fait ses preuves sur la scène internationale en apparaissant entre dans Matrix Reloaded et Matrix Revolutions, La Passion du Christ, Shoot' Em Up : Que la partie commence, L'Apprenti sorcier et à 50 ans dans 007 Spectre, devenant ainsi la James Bond Girl la plus âgée de la saga.

Régulièrement classée parmi les femmes les plus sexy de la planète, Monica Bellucci présidera donc le Festival de Dinard du 26 au 30 septembre prochains. Et comme tous les ans, cette vitrine d'un cinéma pointu et populaire tentera de permettre à des films originaux de rencontrer distributeurs et public français.

3 raisons d’aller voir A l’heure des souvenirs

Posté par kristofy, le 4 avril 2018

Le pitch: Dans A l'heure des souvenirs, Jim Broadbent essaie de renouer des liens plus forts avec sa fille enceinte qui fait un bébé toute seule et son ex-femme qui lui reproche toujours son caractère grognon. Arrive un courrier de notaire qui fait de lui l’héritier d’un journal intime de quelqu’un qu’il avait connu il y a longtemps durant ses années de lycée. Dès lors le film alterne entre présent et flashbacks à l’époque de sa jeunesse entouré d’un groupe d’amis, au moment où il vouait un amour platonique à une jeune fille. Il ne l'avait jamais revue, mais il va la retrouver : une lettre va faire remonter différents souvenirs qui révéleront un dramatique secret...

Notre vie est-elle l'histoire qu'on se raconte ou... ? 3 raisons de le découvrir :

- Jim Broadbent : ce trésor national britannique est au générique des plus populaires films britanniques; c'est lui le professeur Horace Slughorn de Harry Potter, lui le papa de Bridget Jones, il accompagne aussi avec l’ours Paddington. Plus inattendu on le voit aussi dans des films comme Superman 4, Brazil, Les Chroniques de Narnia... Il a tourné plusieurs fois avec Mike Leigh, Neil Jordan, Mike Newell, tout comme dans des gros films de Martin Scorsese, Steven Spielberg, Baz Luhrmann (Moulin Rouge). Enfin il est l'Archimestre Marwyn dans la série Game of Thrones. Dans A l'heure des souvenirs, on le voit passer avec beaucoup de nuances du solitaire grincheux au papy attendrissant. Il va remuer sa mémoire pour se remémorer plusieurs moments enfouis de sa jeunesse...

- un casting british très classe : autour de Jim Broadbent, on découvre celui qui l'incarne jeune, la révélation Billy Howle. Il était déjà apparu dans le Dunkerque de Christopher Nolan mais il trouve ici son premier grand rôle, et on devrait le revoir régulièrement à l'avenir : il sera le héros de On Chesil Beach avec Saoirse Ronan, il jouera encore avec elle et avec Annette Bening dans The Seagull, et il sera à l'affiche du prochain gros film de David Mackenzie Outlaw King. Côté féminin on retrouve la trop rare Emily Mortimer, Charlotte Rampling (également à l'affiche de Red Sparrow cette semaine), dont le personnage est interprété par Freya Mavor pour les flashbacks. D'ailleurs le saviez-vous ? Tout comme Charlotte qui a fait de la France son pays d'adoption, Freya est elle aussi bilingue puisqu'elle a grandi plusieurs années en France : découverte dans la série anglaise Skins elle a déjà tourné pour Joann Sfar et Danièle Thompson.

- un mélodrame émouvant : l'histoire cache un mystère qui sera dévoilé au bout d'un jeu de pistes au fil de différents souvenirs dont certains pourraient changer la façon de considérer sa vie. Le rythme du film balance entre présent et passé pour raconter à la fois les différentes trajectoires personnelles, et en creux deux époques avec leurs conventions. Le scénario est en fait l'adaptation d'un roman de Julian Barnes, écrivain britannique auteur d'une dizaine de romans depuis les années 80 qui est en fait aussi très francophile (il lui a été remis l'année dernière une Légion d'honneur) : dans plusieurs de ses livres, l'histoire se déroule en partie en France. La jeune fille qui danse (The Sense of an Ending), le livre adapté ici, a reçu plusieurs récompenses dont le "Goncourt" britannique en 2011. L'adaptation est signé du jeune dramaturge Nick Payne  et la réalisation a été confiée à Ritesh Batra dont c'est le second film, après le succès en Inde et à l'international de The Lunchbox présenté à Cannes. Il fallait sans doute cette conjugaison inhabituelle de talents pour que l'écrit transposé à l'écran devienne ce film. A l'heure des souvenirs est émouvant et nous rappelle que nos souvenirs ne font pas toute notre histoire.

[DVD/VàD] Golem le tueur de Londres, une enquête horrifique avec Bill Nighy

Posté par kristofy, le 24 janvier 2018

Le pitch: Londres, 1880. Une série de meurtres secoue le quartier malfamé de Limehouse. Selon la rumeur, ces crimes ne peuvent avoir été perpétrés que par le Golem, une créature des légendeas d'Europe centrale. Scotland Yard envoie Kildare (Bill Nighy), l'un de ses meilleurs détectives, pour tenter de résoudre l'affaire...

Golem, le tueur de Londres avait fait le tour des festivals de cinéma de Toronto à Sitges en passant par Bruxelles (le BIFFF), en France par ceux de Beaune (Prix spécial), de Paris (le PIFFF) et avant ça au Festival du Film Britannique de Dinard où l'acteur Bill Nighy était venu accompagné le film. Bonne nouvelle, c'est enfin possible de le découvrir en dvd, blu-ray et vàd.

Dans ce Londres victorien il y aurait un tueur en série qui signe ses crimes du surnom de 'Golem' et un des suspects serait un comédien de music-hall, sauf qu'il aurait été lui tué par sa femme... Il y aura presque autant de suspects que de fabuleux acteurs au générique : Olivia Cooke, Douglas Booth, Eddie Marsan, Sam Reid, Maria Valverde, Daniel Mays... Qui a vraiment tué qui et pourquoi? Les assassinats vont-ils continuer? Il y a plus d'un mystère dans cette histoire que doit débrouiller l'enquête de l'inspecteur Kildare (alias Bill Nighy).

Un second-rôle de premier plan

Bill Nighy c'est la personnification même de la classe britannique que l'on croise depuis une quarantaine d'années entre télévision et cinéma : on le retrouve plusieurs fois chez Richard Curtis (dans Love actually en star pop sur le retour, Good morning England et Il était temps) tout comme chez Edgar Wright (dans Shaun of the deadHot fuzzLe dernier pub avant la fin du monde), et aussi dans des sagas spectaculaires comme les Harry PotterUnderworldPirates des Caraïbes... ). Le temps d'une rencontre avec lui à Dinard il avait particulièrement évoqué l'époque de cette histoire qui imprègne d'un certain climat gothique ce film qui tient en haleine jusqu'à son final.

Tous suspects: "Cette époque victorienne est visuellement très intéressante comme cadre pour un film. Le scénario était étonnant avec un mix de personnages de fictions et de personnages réels. J’ai adoré l’idée que Karl Marx puisse être un suspect tout comme George Gissing qui est un grand écrivain, et Dan Leno qui était un comédien célèbre de l’époque. Le scénario est très intelligent, il se rapproche d’une sorte de film de genre en étant peut-être un sub-genre, j’aime beaucoup les films de détectives. A cette époque l’Est de Londres c’était un peu une sorte de Far-West dangereux, ce qu’on appellerai presque aujourd’hui une no-go zone, personne n’y allait si on n'avait aucune nécessité à y aller. Il y avait des vols et des meurtres... "

Flic paria: "J’ai aimé le fait que ce policier ait été un peu mis à l’écart, peut-être à cause d’une rumeur d’homosexualité, sans que le film ne précise vraiment ce qui s’est passé ou pas. En tout cas ce genre de chose à Londres en 1880 était presque synonyme de bannissement si on était un représentant de l’ordre. Bref, Ce que j’admire c’est la subtilité du scénario qui laisse deviner que ce détective est probablement gay tout en étant aussi séduit d’une manière romantique par cette femme jouée par Olivia Cooke, puisqu'il ressent une certaine attraction envers elle pour différentes raisons. Cet homme est mis de côté par sa hiérarchie, il y a de la corruption parmi ses supérieurs. Son sens de l’injustice est aiguisé et il est donc sensible à sa situation d’avoir été mise en prison, alors il est sans doute un peu protecteur pour elle. On lui a confié l’enquête avec la supposition qu’il échouerait, car la résolutions des meurtres semble insolubles. C’est lui qui serait discrédité et pas d’autres. On lui a confié une affaire vraiment empoisonnée..."

Qui est le coupable ? Vous le découvrirez sur le petit écran.

Golem, le tueur de Londres (The Limehouse Golem) de Juan Carlos Medina
distribué par Megalys / Condor à partir du 23 janvier 2018
1h50
avec Olivia Cooke, Douglas Booth, Adam Brown, Daniel Mays, Sam Reid, Morgan Watkins, Clive Brunt, Henry Goodman, Eddie Marsan et María Valverde


Dinard 2017 : retour sur la compétition courts métrages

Posté par MpM, le 2 octobre 2017

Pour la 2e année consécutive, le Festival de Dinard proposait une compétition de courts métrages constituée de douze films datant des deux dernières années. Le jury présidé par Phil Davis et composé de la productrice française Manon Ardisson, la journaliste française Stéphanie Chermont et l’acteur britannique Michael Smiley, a décerné deux récompenses : une mention à The party de Andrea Harkin (drame sur le conflit irlandais mettant en scène des règlements de comptes sanglants entre une milice protestante et des adolescents catholiques) et le Grand Prix à We love Moses de Dionne Edwards (drame intime autour de l'homosexualité raconté à la première personne par une jeune adolescente). Le public, lui, à plébiscité The driving seat de Phil Lowe, comédie sur un couple d'âge mûr qui tente de pimenter sa vie sexuelle en faisant l'amour dans sa voiture.

Leurs choix vont dans le sens de la sélection elle-même, qui privilégiait majoritairement une forme de cinéma classique, narratif et consensuel, donnant du court métrage une vision assez balisée et traditionnelle : histoire courte reposant sur une idée ou un sujet, tenant souvent uniquement par ses dialogues, et ménageant une forme de chute finale. Face à ces propositions, le jury est allé dans la direction la plus logique, privilégiant un cinéma de bonne facture, pas franchement subtil, mais au sujet facilement identifiable et à l'impact émotionnel indéniable sur le spectateur.

Le reste de la sélection proposait notamment un court métrage maladroit sur les expulsions locatives à Londres (The nest de Jamie Jones), une comédie sympathique sur le sexisme bon teint de la première moitié du XXe siècle (Domestic policy d'Alicia MacDonald), un drame complaisant sur le veuvage et la difficulté de faire la paix avec son passé (Edith de Christian Cooke), une blague programmatique sur le décalage entre le discours d'experts et leur comportement (Bad advice de Matthew Lee) ou encore une allégorie un peu simpliste autour de la parentalité (Homegrown de Quentin Haberham). Des œuvres inégales qui ne brillent pas plus par leurs qualités cinématographiques que par leur finesse d'écriture.

On peut malgré tout distinguer Ghosted de Neville Pierce, sorte de comédie romantique hantée dans laquelle une jeune veuve (Alice Lowe) est importunée par le spectre de son mari (infidèle, en plus) lors de chacun de ses rendez-vous amoureux. Les dialogues loufoques et la construction assez rythmée font oublier l'aspect légèrement répétitif des situations, et surtout font pardonner une fin que l'on voit venir de loin.

Se détachent également deux films singuliers qui apportent à la sélection une autre forme de cinéma : White riot : London de Rubika Shah est un documentaire sur les affrontements liés aux questions d'immigration et de racisme qui ébranlèrent la Grande Bretagne à la fin des années 70. Avec des images d'archives et des témoignages actuels, il retrace la naissance d'un mouvement punk réuni autour du fanzine Temporary Hoarding qui relayait les informations tues par les autres médias, et dresse le parallèle avec la société actuelle.

Le principal reproche que l'on puisse faire au film est d'être trop court, ce qui tombe bien, car la réalisatrice a décidé de traiter le même sujet dans son premier long métrage.

Dans une veine plus expérimentale, mais tout aussi passionnante, Dear Marianne de Mark Jenkin est une succession de cartes postales en super 8 enregistrées par un voyageur originaire de Cornouailles qui cherche des points communs entre sa terre natale et les comtés irlandais de Wexford, Waterford et Cork qu'il traverse. Très simple et assez hypnotique, le film a à la fois une grande puissance d'évocation et une tonalité éminemment poétique. Quelque chose entre la magie de la découverte et la nostalgie des lieux de son enfance.

Et si tout cela reste forcément très subjectif, c'est sans hésiter le film que l'on retiendra de cette sélection en demi-teinte, dont on voit bien qu'elle se cherche encore,  essayant pour le moment de privilégier la pédagogie (amener le grand public au court métrage) au détriment d'une certaine audace de programmation.