Tout juste trentenaire, Adèle Haenel s'est rapidement imposée dans le cinéma français en moins d'une décennie. Avec Portrait de la jeune fille en feu, elle brille de mille éclats entre regards de braise et flamme amoureuse. Déjà épatante dans Le Daim, à l'affiche de films qui font le buzz à Cannes et aux César, la jeune comédienne, déjà deux fois césarisée, est attendue dans Les héros ne meurent jamais, présentée à la Semaine, d'Aude-Léa Rapin.



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L’AGE DE LA SÉDUCTION





Ses boucles blondes, on les a d’abord remarquées chez Xavier Dolan, dans J’ai tué ma mère. Il a 22 ans, une beauté grecque, et le goût du jeu. Issu d’une famille deu spectacle émigrée vers le Québec dans les années 90, Niels Schneider commence avec du doublage.

Il a 16 ans quand il perd son frère aîné, vedette d’une série télévisée québécoise. Une tragédie qu'il surmontera avec sa vocation. Mais c’est le théâtre qui l’appelle. Harold draguant la vieille Maude, mais aussi Kafka, Feydeau… et Shakespeare à Paris à l’hiver 2014, avec Ana Girardot. Il est Roméo, elle sera Juliette.

Niels Schneider est le parfait jeune premier : séduisant, charmeur, dramatique, et même charismatique. Il peut être le fantasme d’un jeune homme attiré par les garçons ou le courtisan romantique des plus jolies filles. Il est un amour imaginaire pour reprendre le titre du film de Dolan qui en fit une star montante du cinéma francophone (Trophée Chopard de la révélation masculine l’année d’après à Cannes).

S’il planche beaucoup sur scène, il est aussi très actif sur les plateaux. D’abord au Québec évidemment. Quelques courts et moyens métrages pour se faire la main. Yves Christian Fournier lui offre un petit rôle dans Tout est parfait, qui glane quelques prix dans les festivals. Xavier Dolan en fait son complice de pensionnat dans son premier long métrage très réussi (et récompensé plusieurs fois à Cannes comme au Québec). Le jeune cinéaste prodigue de la Belle province lui offre son premier grand rôle avec Les amours imaginaires, celui de Nicolas, intrus qui va perturber et troubler le duo amical fusionnel Francis/Marie. Il est l’objet du désir, forcément élément dévastateur.

Mais derrière ce physique apollonien qui sied si bien à l’esthétique très stylisé et symboliste de Dolan, est-ce que l’acteur peut s’aventurer dans des territoires moins lisses ? On le sait capable de dérision (Fatal de Michaël Youn). Mais après ? Schneider, conscient que peu de jeunes réalisateurs français écrivent des rôles pour des jeunes hommes (et a fortiori quand ils sont beaux, satané héritage de la Nouvelle Vague), se dirigent vers le petit écran. Gabriel Aghion (Un autre monde), Héléna Klotz (Val d’or) ou encore la série Clash lui offrent de la matière pour montrer une autre image.

Au cinéma, il est sollicité pour des films d’auteurs pointus. L’Âge atomique (de Klotz) où il apparaît en bourgeois voyou. Belle performance. Les Rencontres d’après minuit (de Yann Gonzalez) qui fait sensation à cannes en 2013. Il est l’homme d’un couple qui se confronte à une orgie. Le candide parfait jeté dans la fosse aux lions. Désordres (Etienne Faure) où il incarne un jeune étudiant inquiétant. Opium (d’Arielle Dombasle) où il devient Maurice Sachs.

Un plus large public le voit à la télévision, dans la série péplum Odysseus de Stéphane Giusti. Schneider est le fils d’Ulysse, Télémaque. Dénudé ou torse nu la plupart du temps, l’acteur a le physique de l’emploi, beau comme un demi-dieu, à la fois innocent et guerrier. Il continue son apprentissage. Ne se ferme aucune porte. Mais loin de lui l’idée de devenir un de ces comédiens à groupies. Il dit oui à Anne Fontaine pour une comédie franco-britannique (Gemma Bovery).

Ange et démon, sensuel et ambiguë, beau gosse labellisé par la presse, comédien exigeant et hors sentiers battus si l’on regarde de près ses choix. Il aime se gaver d’expos et de films, produit des clips vidéos, pense écrire un scénario… Couche tôt et pas trop alcoolo, plutôt bio et amoureux du boulot, aimant quand même trainé dans les bars de temps en temps, sa vie semblerait même presque banale. Ce fan de Patrick Dewaere, égérie de stylistes dans le vent a du Robert Pattinson en lui, avec l’allure d’un Tadzio (Mort à Venise) un peu plus mur. C’est sans doute là son plus gros problème : à Hollywood, il aurait sans doute déjà été une star.

vincy


 
 
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