Hafsia Herzi n'est pas absente du cinéma. On l'a vue dans Fleuve noir, Persona non grata, les deux volets de Mektoub My love en tantine ces derniers mois. Mais elle s'offre un rôle bien plus important et bien plus intense avec son premier long métrage de réalisatrice Tu mérites un amour, au premier plan devant comme derrière la caméra. Ce qui lui a valu un Valois de la mise en scène à Angoulême. Elle sera au générique du biopic Madame Claude de Sylvie Verheyde.



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C’est la jeune comédienne française du moment. Douée, très jolie, une voix reconnaissable entre toutes, et prix un Romy Schneider qui l’installe parmi les actrices de sa génération les plus en vues.
Pourtant qui connaît Audrey Dana ? Qui se souvient d’elle ? Pas le genre à faire les couvertures de magazine people, ni le style à être la blonde du moment dans les films d’auteurs à la mode.
On a presque tendance à l’oublier. Elle assume. Ça lui pose certainement un problème mais ne s’en soucie pas. Elle s’en remet aux maquilleurs, aux coiffeurs, aux costumiers. La création est un acte collectif. Elle n’est pas de celles qui ont un physique singulier ou atypique, qui plaisent immédiatement dans leur splendide jeunesse.
Audrey Dana est une discrète. Une mère de famille, fiancée à un cinéaste d’origine tunisienne, Mabrouk El Mechri (JCVD). Franco-américaine de naissance. Milieu éduqué et médiatique. Un premier prix d’art dramatique au conservatoire. Bref une fille sans histoire. Qui aime les films aux belles histoires.

Hypersensible, élégante, la voix entre deux sexes – sa tessiture a changé bruquement le jour de la mort de son père, s’épaississant et perdant une partie de sa féminité, mais gagnant en sensualité – la Dana joue surtout avec des mecs. Des gros calibres. Chesnais, Marielle, Berléand, Cornillac, Dujardin, Lindon… Langage nature qu’elle adopte : « ce sont tous de putains de bons acteurs. »

Elle a débuté sur les planches. A New York avec sa troupe durant deu ans puis dans des pièces comiques dans les théâtres de boulevard ou de poche parisiens. Elle décolle tard. A 30 ans, on lui offre enfin un rôle au cinéma. Un flop. Mais Bernard Werber lui permet de s’acclimater aux plateaux, de construire un personnage. La même année, elle est remarquée dans Roman de gare. Le Claude Lelouch le plus inspiré depuis des lustres. Elle sera d’ailleurs nommée aux César, catégorie espoir. Lelouch la reprend pour son court métrage du film hommage au Festival de Cannes, Chacun son cinéma.

Mais là encore c’est la comédie qui la propulse. La gentille comédie de moeurs à la française, parfaite pour les Fêtes du cinéma ou les mois de mars grisâtres. Second rôle lumineux à l’ombre de Mélanie Doutey dans Ce soir je dors chez toi. 500 000 spectateurs. Sœur trop ressemblante de la pétillante Armelle Deutsch dans La différence c’est que c’est pas pareil. Un bide. Heureusement le consensuel et suavement incorrect Tellement proches la remet sur les rails dans ce genre. Elle est l’épouse de François-Xavier Demaison, frère d’Isabelle Carré, elle-même mariée à Vincent Elbaz. Comme Elbaz, elle subit la pression d’une belle-famille complexe. Elle est délicieusement drôle en mère élevant ses enfants comme on élève des chevaux. 800 000 entrées.

Mais c’est dans un drame qu’elle éblouit. Welcome de Philippe Lioret, l’un des meilleurs films français de ces dernières années, lui permet d’explorer un registre plus proche de son talent, plus sensible, et foncièrement romantique. Elle incarne l’ex-femme d’un maître nageur qui va tenter de « sauver » un Kurde de sa condition d’immigré clandestin, pour la reconquérir. Deuxième nomination aux César, catégorie second rôle féminin. Gros succès.

La voilà très demandée. Si des projets tombent à l’eau, elle enquille quelques jours de tournage dans le nouveau Blier. On ne refuse pas un Blier, comme on ne refuse pas un Audiard ou un Chabrol. Un nouveau Lelouch, où elle se met à danser. Et puis 600 kilos d’or pur. Film d’aventures, entourée de mecs, héroïne malgré elle. Un tournage cauchemardesque : la jungle, les bêtes, des sales fièvres, des mygales dont elle a horreur. Elle a à peine accoucher qu’elle va au delà de ses limites : la violence dans le scénario comme l’hostilité de l’environnement.

Elle se remet sur les planches, mais monte d’un cran, avec une pièce de Jean-Claude Carrière, dans un grand théâtre, mise en scène par Bernard Murat. Elle tourne ses courts-métrages, en pensant à son long. Love Love Love. Qu’elle ne fera pas, découragée par le temps que ça prend, ou au contraire lucide sur ses propres limites.

Actrice vénérée par un club de fans, elle peut l’agrandir en continuant avec des films populaires. Ou nous séduire davantage en harponnant un grand film qui donnerait la mesure de son talent.

vincy


 
 
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