Cannes 2012 : Nanni Moretti, Signor Président

Posté par vincy, le 20 janvier 2012

Nanni Moretti sera le Président du Jury du 65e Festival de Cannes, qui aura lieu du 16 au 27 mai 2012, après les élections présidentielles françaises.

Moretti est un grand habitué du Festival. Il succède à de nombreux présidents de jury américains. On aurait pu attendre une femme (elles ont été rares ces dernières années) mais la désignation d'un grand cinéaste européen paraissait toute aussi logique.
Le directeur du Festival Thierry Frémaux confie de son côté que « c’est avec un Président de jury européen que le festival souhaitait célébrer sa 65e édition. Marqués par sa fougue, sa modernité et son intelligence, les films de Nanni Moretti incarnent ce que le cinéma a donné de meilleur ces trente dernières années. Son œuvre toujours en construction continue à faire vivre la promesse d’un cinéma en prise avec le monde et avec son temps. »

A 59 ans, le cinéaste, scénariste, comédien et directeur de Festival italien est l'une des personnalités du cinéma les plus respectées dans le monde. Moretti déclare dans le communiqué de presse du Festival : « C’est une joie, un honneur et une grande responsabilité de présider le jury du festival cinématographique le plus prestigieux du monde, festival qui se déroule dans un pays qui a toujours considéré le cinéma avec attention et respect. Comme réalisateur, j’ai toujours vécu avec émotion la participation de mes films au Festival de Cannes. Je me souviens aussi avec bonheur de mon expérience en tant que membre du jury durant l’édition du cinquantenaire, l’attention et la passion avec laquelle notre jury a vu et discuté de tous les films. Comme spectateur, je conserve heureusement la même curiosité que dans ma jeunesse et c’est donc pour moi un grand privilège d’entreprendre ce voyage dans le cinéma mondial contemporain. »

En tant que réalisateur, il est venu sur la Croisette dès son deuxième film, Ecce Bombo, en 1978, en compétition. Il y reviendra en 1994 avec Journal intime (prix de la mise en scène). En 1996, il présente, hors compétition, un court métrage, Il giorno della prima di Close Up. Il reviendra avec deux autres courts métrages hors compétition, The Last Customer et Il grido d'angoscia dell'uccello predatore 20 tagli d'aprile en 2003. En 1998, il présente Aprile en compétition. Mais c'est en 2001, avec La chambre du fils, que Moretti bouleverse la Croisette et triomphe avec une Palme d'or. En 2006, Moretti devient Le Caïman, toujours en compétition. Pour le 60e anniversaire du Festival, il réalise un segment de Chacun son cinéma en 2007. Et l'an dernier, il est de nouveau en compétition avec Habemus Papam, l'un de ses plus gros succès public en France comme en Italie.

Moretti a déjà été membre du jury, en 1997, sous la présidence d'Isabelle Adjani. Il avait aussi été Président du Jury du Festival de Venise en 2001.

Dans d'autres festivals, les films de Moretti ont évidemment brillé : à Berlin, il reçoit l'Ours d'argent (prix spécial du jury) pour La messe est finie en 1986 et à Venise, il obtient le Prix spécial du jury pour Sogni d'Oro en 1981. Les David di Donatello (Césars italiens) l'ont également distingué : 9 de ses films ont été nommés une ou plusieurs fois, et il a lui-même reçu le prix du meilleur réalisateur pour Le caïman (qui fut aussi primé comme meilleur film et meilleur producteur) et du meilleur acteur pour Il portaborse,

Entre cinéma intime et oeuvres engagées, militant politique et critique de la société contemporaine, drame émotionnel et humour acide, les films de Moretti, pessimistes et légers, sont reconnaissables entre tous. Le narcissisme d'apparence est substitué rapidement par un discours plus global, où les dérives de la société italienne, ses perversions, sont pointées du doigt avec sarcasmes et ironie. Il a été un résistant de la première heure à Silvio Berlusconi.

Moretti, fondateur de la société de production Sacher Film (du nom de son gâteau préféré), a aussi ouvert une salle de cinéma à Rome (le Nuovo Sacher) et a créé le Festival Sacher, dédié aux courts métrages. Il est aussi le directeur artistique du Festival de Turin.

Pour Gilles Jacob, président récemment réélu du Festival, la boucle est bouclée. Ecce Bombo était l'un des films de sa première sélection en 1978. Il déclare : « Quand nous avons décidé de mettre Ecce Bombo, un film en super 8 !, en Compétition dès mon arrivée en 1978, c’est que je pressentais que Nanni Moretti allait bientôt devenir NANNI MORETTI. C’est ce qui s’est passé et je me réjouis de cette longue et affectueuse collaboration. »

Gilles Jacob et Thierry Frémaux reconduits à la tête de Cannes jusqu’en 2014

Posté par vincy, le 20 décembre 2011

C'est plutôt une bonne nouvelle. Depuis le dernier Festival de Cannes, les rumeurs et les manoeuvres - parfois indécentes - occupaient les conversations et les colonnes des médias autour de l'éventuel départ de Gilles Jacob (voir notre article du 31 mai 2011).

Le conseil d'administration de l'Association du Festival de Cannes a rendu son verdict mardi 20 décembre. Gilles Jacob ne sera remplacé par aucun de ceux qui convoitaient son poste : il conservera la présidence du festival de Cannes jusqu'en 2014, tout comme Thierry Frémaux, dont les prérogatives sont désormais élargies.

Le duo a été reconduit par "acclamation". manière de renvoyer les prétendants et les jaloux aux vestiaires. Après tout, ni l'un ni l'autre n'ont démérité. La dernière sélection de Frémaux, tant la compétition officielle qu'Un certain regard, a prouvé au fil des mois sa qualité : succès publics (Polisse, Drive, The Artist ont dépassé le million d'entrées en France) et dans les palmarès (The Artist est dans les favoris pour les Oscars, Melancholia a reçu le prix du meilleur film européen, Le Havre a obtenu le prix Louis-Delluc, ...).

Il n'y a pas eu besoin de changer les règlements. La continuité a été plébiscitée. Gilles Jacob, 81 ans, président du Festival depuis 10 ans, a su éviter tous les écueils politiques et diplomatiques pour garder son fauteuil face à une meute de personnalités avides de le remplacer. Thierry Frémaux, 50 ans, délégué général depuis 3 ans, rempile aussi, avec des fonctions plus larges, lui donnant quasiment tous les pouvoirs : il aura à sa charge l'ensemble des fonctions exécutives du festival : budget, ressources humaines, développement... Parmi les chantiers à surveiller : le nouveau Palais des Festivals, les relations tendues avec la Quinzaine des réalisateurs, l'émergence du cinéma sur le web.

Cette nouvelle gouvernance arrange ainsi les deux protagonistes, mais aussi le conseil d'administration qui souhaitait éviter une crise médiatique. A quelques mois de l'élection présidentielle et après des nominations hasardeuses par le Ministre de la Culture, les institutions ne voulaient certainement pas être accusées de "fait du Prince" ou de "parachutage" politico-amical. La tentation fut grande - qui résisterait d'être à la tête du plus grand (et du plus flamboyant) Festival de cinéma du monde? - mais la sagesse l'a emporté.

Le 65e Festival de Cannes se déroulera du 16 au 27 mai 2012.

Martin Scorsese soutient Le Jour le plus court

Posté par vincy, le 8 décembre 2011

A l'occasion de son voyage promotionnel à Paris pour la sortie du film Hugo Cabret, Martin Scorsese a accepté d'apporter son soutien à la grande fête du court métrage initiée par le CNC, Le jour le plus Court.

L'événement aura lieu le 21 décembre 2011.

Martin Scorsese a tenu à saluer, auprès de Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes, et Eric Garandeau, P-DG du CNC, "l'initiative qui permet de faire la promotion du format court auprès d'un large public partout en France" selon les termes du communiqué.

Mélies sur trois écrans géants à la Gare Montparnasse

"Ce soutien marque aussi l'attachement de Martin Scorsese au réalisateur Georges Méliès dont on célèbre cette année le 150ème anniversaire de la naissance" et qui est la vedette du film Hugo Cabret. A l'occasion du Jour le plus Court, le public pourra découvrir 4 films de Mélies toute la journée, au coeur de la Gare Montparnasse, sur 3 écrans géants. Dans Hugo Cabret, Mélies tient une boutique de jouets et de confiserie au coeur de la gare...

Ecran Noir fêtera aussi le court métrage ce jour-là (voit lejourlepluscourt.com).

Sleeping Beauty, interdit aux moins de 16 ans pour « incitation à la prostitution, climat malsain et pervers »

Posté par vincy, le 31 octobre 2011

On n'a pas du voir le même film.

Premier long métrage en compétition projeté à Cannes, le premier film de Julia Leigh, Sleeping Beauty, pourrait être interdit aux moins de 16 ans en France. Le film australien, qui sort le 16 novembre dans les salles françaises, se voit accuser par l'avis de la Commission de classification des films "d'incitation à la prostitution, climat malsain et pervers". "En raison de la peinture de personnages à la dérive dans des situations difficilement compréhensibles par un public jeune et susceptible de heurter ce dernier", le couperet est tombé sévèrement.

On n'a pas du voir le même film car Sleeping beauty joue davantage avec l'onirisme et le mal être de sa jeune héroïne qu'avec des actes sexuels filmés de manière pornographiques. La prostitution, un sujet parmi d'autres, est avant tout un rituel sophistiqué et très critiqué dans le film. Certes, des scènes peuvent déstabiliser, l'érotisme masochiste n'est pas très loin dans certains plans, mais si cela dérange un spectateur de 15 ans, l'effet peut être similaire sur un adulte de 45 ans.

La distributrice, Michèle Halberstadt (ARP Sélection) a immédiatement décidé de faire appel de cette décision auprès du Ministre de la culture et de la communication. "J'espère que le ministre va peut-être soit trancher, s'il a vu le film, soit demander à la commission de reconsidérer sa position". Elle affirme qu'il n'y a rien de justifier dans cette interdiction lourde (qui tue le film dès sa sortie). D'autant que le distributeur aurait accepté une interdiction aux moins de 12 ans avec avertissement. "Le film est passé à Cannes à 19H30, ce qui prouve qu'il n'y avait aucune ambiguïté dans la tête des sélectionneurs, sinon ils l'auraient mis à 22H30", rappelle Halberstadt.

Bien sûr il ne s'agit que d'un avis consultatif. C'est le Ministre qui décide. Mais cette affaire en dit long sur l'Américanisation de notre regard sur la culture. Le puritanisme revient-il en force? Alors que le Théâtre de la Ville est assailli par des catholiques intégristes à cause d'un spectacle de Romeo Castellucci, on s'interroge sur la vision conservatrice qui reprend le dessus dans le débat culturel, pas franchement soutenu par une télévision de plus en plus conformiste. "Une oeuvre d'art n'est jamais immorale. L'obscénité commence où l'art fini" écrivait Raymond Poincaré. Ce serait bien qu'on se le rappelle, ad minima au nom de la liberté d'expression.

Pour Sleeping Beauty, un avertissement aurait du suffire. Le film avait peu de chance de séduire un public jeune et il est stupide de refuser l'entrer à des ados éventuellement accompagnés d'adultes avec qui ils peuvent débattre après la projection. Dans Le Skylab, les parents de la jeune héroïne interprétés par Julie Delpy et Eric Elmosnino expliquent qu'ils l'ont emmenée voir Apocalypse Now et Le Tambour alors qu'elle n'a même pas 12 ans... Ce ne serait plus possible?

Il y a encore 1/5e des films qui sont frappés d'un avertissement ou d'une interdiction.

Sleeping Beauty raconte l'histoire d'une étudiante fauchée qui multiplie les petits boulots et qui accepte, finalement, de dormir nue sous somnifère pendant que des hommes âgés viennent partager sa nuit, en ignorant tout de ce qui se passe. Le film n'avait suscité aucune controverse, aucune polémique à Cannes.

Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, est lui aussi etonné "face à une telle mesure qui frappe un film de la compétition, programmé à 19h, qui ne nous semble à aucun moment faire l'apologie de quoi que ce soit".

La réalisatrice Julia Leigh rappelle que son film "se réfère au conte du même nom, mais aussi aux œuvres de Yasunari Kawabata et Gabriel Garcia Marquez, qui ont tous deux reçus le Prix Nobel de littérature, et qui ont abordés cette thématique des hommes âgés dormant avec des filles bien plus jeunes. Et même dans la Bible, le Roi David cherche à passer la nuit aux cotés de jeunes vierges endormies". Elle ajoute avec panache et provocation que "le vrai film à interdire, c'était Pretty Woman, car voir cette fille se prostituer, et gagner à la fin et le mec et l'argent, était bien plus incitatif à la prostitution! Dans Sleeping Beauty, l'héroïne hurle d'effroi en comprenant que, même s'il n'y a pas pénétration, offrir son corps endormi n'est pas anodin..."

Quoique décide Frédéric Mitterrand, le film n'attendait pas autant de publicité : ce ne sera pas un mal face à une effroyable concurrence le 16 novembre. Mais c'est aussi une fausse publicité : le film n'a rien du caractère sulfureux dont on l'accuse.

Lumière 2011 : Stephen Frears et Jacques Becker, Nicolas Saada et Samuel Fuller

Posté par Morgane, le 5 octobre 2011

Au programme, de nombreux films, des rencontres, des dédicaces etc. Une journée classique sous le signe du Festival Lumière en somme.

Quand Stephen Frears parle de Jacques Becker

À 14h30, le célèbre Casque d’Or (1952) de Jacques Becker est présenté par le non moins célèbre Stephen Frears, en compagnie de Thierry Frémaux.

Quand Thierry Frémaux lui demande quelle est sa relation au cinéma français, Stephen Frears lui répond qu’il en est « tombé amoureux et que c’est là le désastre ».

Il confie qu'il a des goûts assez éclectiques allant d’un cinéma dit classique à un cinéma français beaucoup plus contemporain. Pourquoi ce choix de Casque d’Or ?

Il est tout d’abord tombé amoureux de Simone Signoret lorsqu’elle est venue en Angleterre pour tourner Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton. « On n’avait jamais vu une actrice pareille » s’est-il exclamé.

Mais ce n’est que lorsqu’il a eu une trentaine d’années qu’il voit Casque d’Or, ce « magnifique film qui [lui] rappelle les peintures de Pierre-Auguste Renoir ». Pour lui, c’est l’histoire très moderne d’un amour passionné dans lequel Simone Signoret joue admirablement, aussi bien la femme soumise que la femme libérée.

Et Stephen Frears de dire qu’il aime Jacques Becker car « il est un paradoxe » puisque à l’intérieur de ce cinéma français des années 60, le cinéaste est, derrière ses côtés classiques, un authentique moderne.

À la découverte de Samuel Fuller

Dans la petite salle du CNP Terreaux, on change d'univers avec Park Row (1952) de Samuel Fuller. Les festivals sont des moments aériens où l'on peut voyager de territoires connus en véritables découvertes. C’est Nicolas Saada, critique aux Cahiers du Cinéma, scénariste et réalisateur, grand amoureux du film de Fuller, qui vient nous le présenter.

Pour lui, Samuel Fuller, journaliste, soldat au front lors de la seconde guerre mondiale, est un des premiers cinéastes cultes. Plutôt connu pour ses westerns et ses films policiers, Fuller présente ici un film très singulier et très personnel mettant en lumière une idée qui lui est particulièrement chère : la liberté de la presse.

Réalisant ici un de ses premiers films, « il doit encore faire beaucoup avec très peu de moyens ». Le résultat est bluffant et on a du mal à imaginer que le film ait été tourné en 14 jours seulement.

Pour Nicolas Saada, Park Row est aussi un film de guerre, de tacticiens, dans lequel on retrouve « les germes d’un cinéma moderne » dont s'est inspiré Martin Scorsese pour la réalisation de son film Gangs of New York.

Toujours est-il que ce film relatant la naissance, en 1880, d’un journal, The Globe, en plein cœur de l’enfer de Park Row, la rue new-yorkaise de la presse, donne envie de plonger dans le reste de sa filmographie.

Festival Lumière, silence… On ouvre !

Posté par Morgane, le 4 octobre 2011

La Halle Tony Garnier de Lyon a fait salle comble hier soir pour l’ouverture du festival Lumière 2011. Environ 4 000 spectateurs étaient présents pour voir The Artist (présenté par l’équipe du film) ainsi qu’un grand nombre d’invités du festival.

Parmi eux, on a pu voir Benicio del Toro, Gilles Lellouche, Stephen Frears, Luc Dardenne, Agnès Varda, Charlotte Rampling, Dominique Blanc, Clotilde Coureau, Maria de Medeiros, Nelly Kaplan, Anouk Aimée, Fatih Akin, Bertrand Bonello, Frédéric Diefenthal, Yousry Nasrallah, Laurent Gerra, Jean-Paul Rappeneau, Serge Toubiana, Christian Carion etc.

Pour la région lyonnaise, ont également assisté à la soirée le Maire de Lyon Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne, Président du conseil régional de Rhône-Alpes.

La soirée était présentée par Thierry Frémaux, président du Festival, accompagné de Bertrand Tavernier et son éternelle écharpe, blanche pour l’occasion, président de l’Institut Lumière. Ce dernier a d’ailleurs mentionné être, ce soir, "particulièrement heureux d’être né à Lyon".

Le film de présentation du festival a été projeté ainsi que deux films de 50 secondes des Frères Lumière sur les Krémo, famille de saltimbanques qui ont laissé place aux mots de Clint Eastwood et Milos Forman, les deux précédents, et uniques au monde, teneurs du Prix Lumière à qui va succéder, samedi prochain, Gérard Depardieu.

Comme l’ont dit en chœur tous les invités présents puis le public rassemblé, "le Festival Lumière 2011 est ouvert !!!"

L’équipe du film The Artist, Michel Hazanavicius (réalisateur), Bérénice Béjo (que l’on félicite pour leur petite Gloria née il y a quelques jours – s’ils voulaient garder cela quelque peu secret, c’était sans compter sur l’intervention de Thierry Frémaux), Jean Dujardin et Thomas Langmann (producteur) venus sur scène remercier le public qui a longuement applaudi The Artist ainsi que Thierry Frémaux pour son grand soutien au film.

The Artist a en effet cette beauté singulière d’un film muet en pleine époque du parlant, parfois pour ne rien dire, mais reste trop  consensuel, nous laissant un peu sur notre faim, en attente d’autre chose. On sent un grand potentiel qui ne demandait qu’à s’épanouir mais Michel Hazanavicius conserve les codes de l’époque sans véritablement les transgresser, nous promenant dans cette comédie romantique sans surprise, créant ainsi quelques longueurs. Néanmoins, le film a un petit goût de bonbon acidulé qu’on se plait à regarder avec une étrange nostalgie.

L’ouverture s’est donc déroulée dans une ambiance conviviale et sympathique donnant, on le souhaite, le ton des jours suivants. Rendez-vous donc demain pour la suite des événements…

Cannes 2011 (bilan) : ils veulent tous la place de Gilles Jacob

Posté par redaction, le 31 mai 2011

Lors de ce 64e Festival de Cannes, le Palais a bruissé de rumeurs, de commentaires sur les rapports de forces, soulignant une emprise toujours plus grande de Thierry Frémeaux, ou s'inquiétant de l'éventuel départ de Gilles Jacob. L'affaire Lars Von Trier a d'ailleurs (d)étonné puisque le cinéaste danois est ami avec les deux hommes.

Mais en France, tout est politique. Maintenant que le Palais se transforme (en blanc, c'est plus beau), que la gare de Cannes va se métamorphoser (enfin), que le virage du numérique est bien engagé (le site du Festival est un modèle), que la sélection officielle a été bien accueillie (et même mieux que ça), que le Marché du film est en forme, certains sous-entendent qu'il faudrait remplacer le Pape.

Quelle drôle d'idée. Gilles Jacob, délégué général depuis 1977, président du Festival depuis 10 ans, est indissociable du Festival. Surtout, il n'y a pas grand chose à lui reprocher. Il assure le "job" quand Jafar Panahi est arrêté et interdit de filmer, quand il faut expliquer la révolution technologique actuelle, quand il faut se faire l'ambassadeur d'un Festival plus que jamais "pays des cinémas du monde". Il est un fervent cinéphile, un passionné habité, un symbole atemporel dans ce monde qui va (inconsciemment) trop vite.

Grâce à lui, le Festival de Cannes est resté le plus grand festival de cinéma du monde durant 25 ans. C'est sans doute pour cela que le poste de Gilles Jacob attise les convoitises. Nombreux sont ceux qui veulent cette place si prestigieuse. Cumulard (Alain Terzian, président des César), ex-Ministre qui se croit toujours Ministre (Jack Lang) ou Ministre qui voudrait être ex-Ministre (Frédéric Mitterrand), personnalité politico-cinématographique (Marin Karmitz), anciens patrons de Canal + (Pierre Lescure, Marc Tessier) ou d'Arte (Jérôme Clément, qui se croyait encore le boss de la chaîne culturelle cette année sur la Croisette)... les candidats ne manquent pas. N'est-ce pas prématuré? Image-t-on le séisme que sa non réélection provoquerait dans le milieu?

Pourtant rien ne dit que Gilles Jacob ne sera pas candidat à sa propre succession en novembre. Nous le souhaitons, nous l'espérons. Et dans le cas contraire, le plus légitime des candidats ne serait-il pas Thierry Frémaux lui-même? Ce sera au conseil d'administration de choisir, voire de voter une modification des statuts. Dans le conseil, on retrouve, entre autres, le directeur du CNC, un représentant du Ministère de la Culture, le contrôleur d'Etat, un représentant de la ville de Cannes, un représentant du Syndicat Français de la Critique de Cinéma.

A la veille du 65e anniversaire du Festival, on imagine mal Gilles Jacob éconduit. Selon lui, le poste peut être occupé par des talents très divers : "tout le monde peut être directeur du Festival de Cannes, à condition bien sûr d'être très cinéphile, de travailler beaucoup et d'avoir un peu de chance. J'ajouterais la patience comme qualité essentielle. Mais alors, une énorme dose de patience !" Les prétendants vont devoir encore patienter 3 nouvelles années (durée d'un mandat).

Dans une interview de 2009, il évoquait avec humour cette succession : "je sais qu'un jour ma femme me dira : “Sais-tu que tu es en train de devenir gâteux ?” Je lui fais entièrement confiance pour ne pas me laisser faire l'année de trop."

Jafar Panahi : la mobilisation s’organise

Posté par MpM, le 23 décembre 2010

Depuis l'annonce de la sentence qui a frappé Jafar Panahi le 20 décembre dernier (6 ans de prison et 20 années d'interdiction de travailler et de sortir de son pays), de nombreuses voix se sont élevées en France et dans le monde pour prendre la défense du cinéaste iranien condamné au silence.

Thierry Frémaux, le délégué général du festival de Cannes, a immédiatement réagi, tentant d'organiser dès le 20 au soir un comité de soutien avec la cinémathèque française et la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), présidée par le réalisateur Bertrand Tavernier. "Serge Toubiana, Costa-Gavras (les directeur-général et président de la cinémathèque], la SACD... tout le monde est d'accord", a-t-il précisé avant de rappeler qu'au "terme de son premier emprisonnement l'an dernier, Jafar Panahi nous avait fait savoir à quel point le soutien venu de l'étranger lui avait été précieux. C'est important qu'il sache que nous sommes là. Ce qui vient de se passer montre qu'on avait eu raison de prendre au sérieux les premières menaces à son encontre..."

Du côté de Berlin, qui avait invité Jafar Panahi à être membre de son jury 2011, le directeur Dieter Kosslick a assuré le cinéaste de son soutien le plus total, avouant son inquiétude et son indignation face à la décision de la justice iranienne.

A Rotterdam, c'est la colère qui prédomine. "Il est inacceptable que le travail d'un cinéaste majeur, humain et impliqué comme Panahi, soit soumis à l'oppression" ont déclaré les organisateurs dans un communiqué, appelant à à la libération immédiate de Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof (son coréalisateur). "Le Festival international du film de Rotterdam espère que la protestation trouvera un écho dans le monde entier et appelle tous les cinéphiles à condamner cette scandaleuse sentence", déclarait également le communiqué.

Bernard-Henri Lévy a quant à lui souligné que le pouvoir iranien a inventé "le délit de synopsis" et "déclaré la guerre à ses artistes et à sa société civile toute entière". Il promet de mettre "toutes ses forces", dont celles de sa revue "La règle du jeu" et d'Arte dont il préside le conseil de surveillance, pour remporter "ce bras de fer symbolique" avec les autorités de Téhéran.

En attendant de connaître la forme exacte que prendra cette mobilisation générale, une pétition est disponible en ligne pour tous ceux qui souhaitent manifester leur soutien à Jafar Panahi et Mohammad Rasoulof.

Festival Lumière… on coupe !

Posté par Morgane, le 19 octobre 2009

lyonfest1.jpgLe Festival Lumière a déjà fermé ses portes. Durant ces six jours, les salles obscures du Grand Lyon ont très souvent rempli leurs rangs avec 50 000 tickets vendus. On peut dire que le festival a connu un véritable engouement de la part d’un public qui semblait plutôt ravi. Lyon pourrait devenir un rendez-vous incontournable, sans réelle concurrence à cette période de l'année hormis Rome, en Europe.

Quel bonheur de revoir sur grand écran et dans une salle comble un film comme Mon nom est Personne ou encore de découvrir les films de Don Siegel ou de pouvoir admirer le dernier chef d’oeuvre de Murnau, Tabu, accompagné par l’Orchestre National de Lyon dans la belle salle de l’Auditorium.lyonfest2.jpg

Ce Grand Lyon Film Festival (le nom est clairement calibré pour faire partie de la communication de la ville au niveau mondial), lancé par Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière et délégué général du Festival de Cannes, fut une très belle idée qui a su trouver son public immédiatement même si la cohérence de la programmation peut sembler un peu floue. C’est un très bel hommage au 7e Art qui trouve très naturellement sa place au coeur de la ville des Frères Lumière et qui s’est clôturé par la présence prestigieuse et honorifique de Clint Eastwood à qui était remis le prix Lumière 2009 pour l’ensemble de son oeuvre. Un choix logique pour un festival qui se veut un pont entre le patrimoine et l'oeuvre, entre hier et aujourd'hui.

La 1ère édition tire à peine sa révérence que l’on a déjà hâte de voir fleurir la seconde…

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photos (c) morgane postaire : emir kusturica & marjane satrapi ; asia argento, francis ford coppola & les frères dardenne

Les mots de Cannes : Coppola par Thierry Frémeaux

Posté par vincy, le 15 mai 2009

"Il est néanmoins amusant de se voir reprocher de ne pas présenter son film par ceux-là même qui jugent que la sélection officielle présente trop de cinéastes connus."

- Thierry Frémaux qui se voit reprocher d'une part le faible nombre d'Américains, d'autre part le trop grand nombre de cinéastes déjà venus, et enfin le fait que Coppola soit aller à la Quinzaine des réalisateurs et pas en en Sélection officielle.