Le 21 décembre, c'était le Jour le plus court ! Ecran Noir s'est associé à cet événement national et vous propose une semaine de courts métrages, dont certains exceptionnellement visibles seulement jusqu’à cette date.
Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, après cette première fête du court-métrage, voici l’instant Court n° 59.
Il était une fois une jeune actrice qui fut repérée dans le court-métrage L'escalier de Frédéric Mermoud, puis révélée dans la comédie Mes copines (comme Léa Seydoux). Elle tourna ensuite dans d’autres films plus sérieux comme A l’origine de Xavier Giannoli en compétition officielle à Cannes, ce qui lui valut une nomination pour le César du meilleur espoir féminin.
Cependant, c’est par la musique que la jeune femme veut s’exprimer. Elle compose et chante jusqu’à enregistrer un disque... qu’elle préfère finalement ne pas sortir pour en refaire un autre, meilleur. Elle continue de donner des concerts un peu partout dans le monde en parallèle avec ses tournages en tant que comédienne. Elle interprète le premier rôle face à Vincent Lindon dans le film Augustine que tourne en ce moment Alice Winocour, et on la verra au printemps dans le film Bye Bye Blondie de Virginie Despentes. Pour son parcours de musicienne, elle s’est choisi comme nom le diminutif "Soko", et son album sera enfin disponible le 20 février.
Voila donc le clip I thought I was an Alien, réalisé par Soko elle-même. Celui-ci a été tourné à Echo Park en Californie durant le mois d’août, certains plans additionnels ayant été tournés par le célèbre Spike Jonze ! En fait, Spike Jonze avait déjà proposé à Soko de jouer dans son court-métrage de robots I’m here mais ça ne s’était pas fait, et ensuite ils ont travaillé ensemble sur le court Mourir auprès de toi (co-réalisé par Jonze et Simon Cahn) présenté à Cannes.
Ce clip de Soko a été filmé avec un téléphone portable, c’est l’occasion de vous rappeler que vous pouvez participer au prochain Mobile Film Festival (1 minute, 1 mobile, 1 film).
Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film I thought I was an Alien.
Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après la nouvelle publicité Schweppes, avec l’actrice Uma Thurman, voici l’instant Court n° 32.
Une séance spéciale de La Semaine de la Critique permettait de découvrir, avant le nouveau film de Jonathan Caouette, le court-métrage Mourir auprès de toi écrit et réalisé par Spike Jonze et Simon Cahn, qui dure six minutes.
Dans une librairie fermée en fin de journée, soudain des personnages sur des couvertures de livres prennent vie et s’animent : le squelette de Macbeth avec un poignard planté dans ses os et Mina la fiancée de Dracula vont plonger dans le livre de Moby Dick pour le début d’une romance macabre… Ce court-métrage d’animation a la particularité d’avoir été conçu de manière très artisanale : il s’agit surtout de marionnettes de tissus manipulées à la main image par image.
Voila donc le making-of du court-métrage Mourir auprès de toi de Spike Jonze et Simon Cahn. On y découvre la façon de travailler d’une partie de l’équipe clip. La chanson qui est celle du générique de fin du court est de l’actrice SoKo qui est la voix du personnage de Mina. La voix du squelette est celle de Spike Jonze.
Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Mourir auprès de toi.
Charles Tesson prendra pour trois ans la délégation générale de la Semaine de la Critique. Il a été élu pour succéder à Jean-Christophe Berjon, en poste depuis 2004.
La section parallèle la plus excitante du Festival de Cannes célèbre cette année ses 50 ans, avec en cadeau surprise la venue de Spike Jonze pour l'avant-première mondiale de Mourir auprès de toi, co-réalisé avec Simon Cahn. Ce court-métrage d'animation sera présenté les 14 et 15 mai sur la Croisette : c'est le récit d'une drôle de romance entre un squelette échappé de Macbeth et la Mina Harker de Dracula.
Charles Tesson est critique et historien de cinéma. Il enseigne à l'Université l'histoire et l'esthétique du 7e art. De 1998 à 2003, il fut rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, dont il était l'un des piliers depuis 1979. Il a aussi écrit de nombreux essais : Hong Kong cinéma (avec Olivier Assayas), Satyajit Ray, Luis Buñuel, Photogénie de la série B, Théâtre et cinéma, Akira Kurosawa, Abbas Kiarostami : Textes, entretiens, filmographie complète (avec Laurent Roth, Jean-Michel Frodon et Alain Bergala), tous publiés aux éditions des Cahiers du cinéma. Il a préfacé un livre sur Carl Dreyer, collaboré à un autre sur Allan Dwan, dirigé un autre sur Straub et Huillet. On lui doit aussi, chez Larousse, Les grands réalisateurs, co-écrit avec Jean A. Gili, Daniel Sauvaget et Christian Viviani.
Après une semaine bien chargée, la programmation "longs métrages de fiction" du festival SXSW touche à sa fin. C'est donc le moment d'aborder la sélection qui regroupe les courts, moyens métrages et documentaires.
On a été agréablement surpris par le court-métrage canadien de Kire Paputts, Animal Control, dans lequel un homme se lie d'amitié avec un chien, alors que jusqu'à présent ses meilleurs amis étaient des animaux empaillés. L'univers très "science-fiction" du français Eric Dinkian, dans Yukiko, a également créé un étonnant contraste avec le reste de la sélection
Dans la catégorie documentaire, le dernier film de Marie Losier, The ballad of Genesis and Lady Jaye, était un des plus intéressants. La réalisatrice a suivi pendant sept ans le chanteur du groupe Psychic TV (Genesis P-Orridge) et l'évolution de sa relation amoureuse avec Lady Jaye. Cela donne un documentaire très émouvant sur le couple, la personnalité - pour le moins - extravagante de Genesis et le thème de la pandrogynie. Il sera d'ailleurs projeté au Centre Pompidou à Paris le 26 mars prochain. Dans un au style très différent, le documentaire autrichien Inside America de Barbara Eder, sur la vie quotidienne de lycéens texans vivant à la frontière mexicaine, dresse un portrait effrayant de leurs vies, leurs combats et leurs destinées. Un portrait édifiant et véridique de la jeunesse de ces "Américains-Mexicains".
Enfin, une nouvelle catégorie a été ajoutée cette année pour les films se situant entre les courts et les moyens métrages, intitulée « medium cool ». On y trouvait le déjà célèbre Scenes from the Suburbs de Spike Jonze, qui a collaboré avec le groupe Arcade Fire pour donner une vision glaçante des suburbs. La bande son est basée sur le dernier album du groupe et les adolescents du film sont touchants de vérité. C'est aussi dans cette catégorie que l'on a pu voir Clear blue de Lindsay MacKay, une fantastique et tragique histoire d'amour entre un maître-nageur et une personne ayant un terrible secret. Il faudra suivre la jeune réalisatrice de ce film intrigant.
Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Music For One Apartment And Six Drummers réalisé par Ola Simonsson et Johannes Stjarne Nilsson, voici l’instant Court n° 14.
C’est le tout début de l’année 2011 et enfin le moment de découvrir en salles le film Somewhere de Sofia Coppola qui était parvenu à remporter le Lion d’or du festival de Venise. C’est son 4ème long-métrage, mais Sofia Coppola a réalisé encore plus de formats courts : le court-métrage Lick the star, deux publicitéx pour un parfum, une poignée de clips musicaux (notamment pour the White Stripes, the Flamming Lips…). Sofia Coppola est passée aussi parfois devant la caméra (des apparitions dans les films de son père Francis Ford Coppola) pour faire l’actrice dans quelques clips-vidéos, dont on retiendra Sometimes Salvation de the Black Crowes mis en images par Stéphane Sednaoui.
A l’aube des années 90, Sofia Coppola devient amie avec Spike Jonze en passe de devenir un des réalisateurs de clips les plus remarqués du moment, ils se marieront en 1999 avant de divorcer en 2003. Cette séparation va être abordée par Sofia dans son premier scénario original (qui lui fera gagner un Oscar) Lost in translation : une jeune femme s’ennuie dans un hôtel pendant que son amoureux qui réalise des clips s’amuse de son côté…
Voila donc le court-métrage Electrobank réalisé par Spike Jonze, un clip pour le groupe the Chemical Brothers (dont on voit la photo à la fin), avec en actrice principale Sofia Coppola. On la découvre dans un rôle de gymnaste qui n’est pas très éloignée de ce que la jeune Sofia Coppola de 1997 va devenir ensuite : elle veut à la fois être la meilleure possible dans son art et en même temps briller aux yeux de ses amis et parents. A noter que dans son dernier film Somewhere Sofia Coppola intègre une scène qui fait un peu écho à ce clip : à la patinoire la fillette voudrait que son père remarque ce qu’elle sait faire…
Le réalisateur Spike Jonze s’est depuis illustré au cinéma avec Dans la peau de John Malkovitch, Adaptation et Max et les maximontres. Il continue de réaliser des clips de musique et autres courts-métrages comme I’m here.
Quand Spike Jonze n’est pas Dans la peau de John Malkovich ou avec Max et les Maximonstres, il redevient le bricoleur original de petits films. Il a réalisé certains des clips les plus réussis pour des artistes comme Weezer, Daft Punk, Fat Boy Slim, The Beastie Boys, Bjork... Il s’est d’ailleurs récemment illustré avec un clip en forme de court-métrage d’une dizaine de minutes avec le rappeur Kanye West en filmant une soirée de débauche.
Spike Jonze a réalisé I’m Here, un curieux court-métrage avec une romance entre robots vraiment réussi. Diffusé sur Internet, vous pouvez aussi le voir gratuitement dans une salle de cinéma. Il est régulièrement projeté dans un container en métal qui voyage de ville en ville, aménagé en mini-salle de cinéma de 14 places. Il s’agit d’une installation éphémère qui est en fait une opération publicitaire pour une marque de spiritueux (Absolut Vodka, à boire avec modération), qui figure seulement dans le générique : bien que cet alcool soit le producteur rien ne l’évoque dans le film. Spike Jonze avait carte blanche pour sa création, et il en a profité. Il en résulte un petit bijou de cinéma d’environ 30 minutes présenté au dernier festival de Sundance. I’m Here (a robot love story) est donc un court-métrage avec des robots dans un monde d’humains. Le robot Sheldon rentre chez lui se recharger, il va à la bibliothèque, c’est un solitaire avec son pantalon un peu trop court. Après avoir été embarqué dans une virée en voiture il rencontre une jolie robote, et le courant passe. Une scène de séduction dans un parking avec la musique de l’autoradio est d’ailleurs très réussie, tout comme d’autres moments de tendresse. Ils vont aller ensemble à un concert rock où la robote va perdre un bras, et…
On voit que I’m Here se déroule dans une quelconque ville contemporaine et que l’allure des robots est à la limite du déguisement artisanal mais les expressions des visages sont très humaines. C’est une histoire d’amour pas comme les autres entre deux êtres pas comme les autres.
Ce court-métrage de Spike Jonze est à découvrir en ce moment à Paris place Beaubourg (sur le parvis du centre Pompidou), il suffit juste de se présenter devant le container pour être invité à la projection. Il y a des séances toutes les 45 minutes chaque jour de midi jusqu’à 20h15, jusqu’au lundi 29 mars. D’autres projections auront lieu ensuite (du 4 au 16 mai au 104 à Paris) à partir de juillet dans d’autres villes.
Drôle de bonhomme avec sa silhouette frêle, son allure de jeune prince du début du XXe siècle. Pourtant le new yorkais Charlie Kaufman a 50 ans cette année. Trois fois nommé à l'Oscar du meilleur scénario, il l'a obtenu pour Eternal Sunshine of the Spotless Mind, il est un des rares scénaristes dont le nom et le talent ont du pouvoir à Hollywood. On lui doit notamment les oeuvres absurdes et surréalistes des films de Spike Jonze : Dans la peau de John Malkovich (1999), Adaptation (2002). Il a aussi écrit pour Michel Gondry (outre Eternal Sunshine en 2004, il est l'auteur de Human Nature en 2001). Enfin il a signé le script du premier film de George Clooney (Confessions d'un homme dangereux, 2002).
Il aime prendre des personnages, réels ou fictifs, et les immerger dans un monde de moins en moins réel, dans des situations de plus en plus improbables. Ses films explorent l'existentialisme, la multitude de vie qui se cache en nous, la quête de l'amour absolu et impossible. Il est sans doute l'auteur qui appréhende le mieux les tourments psychologiques des hommes déprimés.
Synecdoche, New York, présenté en compétition officielle à Cannes est son premier film en tant que réalisateur.