Deneuve au premier plan à Angers

Posté par vincy, le 2 décembre 2017

Pour sa 30e édition anniversaire, le Festival Premiers Plans d'Angers s'est choisi une Impératrice. Catherine Deneuve présidera le jury de la manifestation, qui se déroulera du 11 au 21 janvier 2017.

Elle croisera une Reine, Isabelle Adjani, qui viendra le 13 janvier faire une lecture de scénario dans le cadre d'une actrice / un texte, pour faire le lien entre théâtre et cinéma par la lecture d’une œuvre dramatique de la littérature américaine portée au cinéma par un immense réalisateur.

S'ajoutera une autre diva du cinéma français: le Festival rendra hommage à Jeanne Moreau, disparue en août dernier, présidente du Festival en 2003 et co-fondatrice des Ateliers d’Angers en 2005.

Quatre rétrospectives seront au programme: Pedro Almodovar (en intégralité), Agnès Varda (longs, courts et docus), les Monthy Python et "Drôles de familles", où l'on retrouvera aussi bien Jacques Tati qu'Ettore Scola, Maurice Pialat que Yasujirô Ozu, Richard Linklater que Yorgos Lanthimos, Ma vie de Courgette que Festen.

Pépinière de futurs talents et découvreurs de cinéastes, le festival programmera plus de 70 films dans le cadre des 6 sections de la compétition.

Cannes 2017 : 10 questions (im)pertinentes pour faire le bilan

Posté par kristofy, le 31 mai 2017

Le 70ème Festival de Cannes est terminé officiellement, mais en réalité il va continuer durant quelques mois encore sous une autre forme au rythme des sorties de films en salles de cinéma. Pourquoi la Palme d'or à The Square et pas à 120 battements pas minute ? Que s'est-il est passé avec Okja et Netflix ? Et du côté des films de Lynne Ramsay et de Sofia Coppola ? On s'est déjà posé 10 questions (im)pertinentes, avec des réponses possibles. Avec des si on referait le monde... alors refaisons Cannes.

1 - Pourquoi Okja de Bong Joon-ho ne figure pas au palmarès ?

En ouverture de festival, Pedro Almodovar a été questionné en tant que président du jury à propos d'une éventuelle Palme d'or à un film distribué par Netflix. Il a fait une déclaration qui a été comprise comme une exclusion de deux films en compétition (Okja et The Meyerowitz Stories) pour la récompense suprême : « Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix à un film ne puisse pas être vu en salles, il ne faut pas que cette nouvelle plate-forme se substitue au fait d'aller voir des films en salles... » (il ne faut pas découvrir un film sur un écran plus petit que sa chaise... lire aussi notre actualité du 19 mai). A savoir qu'il y aurait eu recadrage pour une correction diplomatique dès le lendemain : «Ni moi ni aucun des membres de mon jury ne ferons de distinction entre les deux films Netflix et les autres en compétition. Nous sommes ici pour juger les dix-neuf longs métrages sélectionnés sur le plan artistique... ». Reste que Bong Joon-ho est l'un des plus grands réalisateurs de sa génération et que son film Okja était l'un des meilleurs de la sélection cette année. Alors l'ignorer en dit long sur la capacité à juger un film populaire et divertissant, tout en étant porté par un message politique (coucou les jurés du festival de Cannes 2006 qui ont oublié dans leur palmarès Le Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro).

2 - Quel est le vrai problème avec Netflix ?

En France il y a diverses règlementations liées à la chronologie des médias, avec un délais pour un film entre son exploitation en salles de cinéma et sa diffusion en VàD sur internet. Le système est plutôt vertueux en France. Le cinéma français est en partie financé via le CNC avec un pourcentage prélevé sur chaque ticket de cinéma vendu. Les plateformes de VàD sont soumises à un impôt sur leurs revenus (comme toute entreprise). Netflix diffuse des films en France sans vraiment être taxé - le problème de l'évasion fiscale est d'ailleurs un macro-problème européen puisque des sociétés géantes de par leurs bénéfices minimisent leur imposition au maximum (dont Amazon qui distribue aussi des films, dont L'Oréal partenaire du festival de Cannes, dont Renault, autre partenaire, qui a installé son siège au Pays-Bas...).
Pedro Almodovar (et son frère producteur Agustin Almodovar) connait bien le sujet pour avoir été impliqué en avril 2016 dans le scandale des 'Panama papers' avec un compte offshore, au point d'arrêter la promotion de son film Julieta en Espagne (lire notre actualité du 12 avril 2016). Cela ne l'a pas empêché d'ailleurs de venir présenter Julieta ensuite en mai à Cannes.
Netflix, dont on ne conteste absolument pas la qualité des productions, loin de là, c'est avant tout un problème d'argent : les impôts d'une part, le financement du cinéma d'autre part. Ce n'est donc pas simplement un souci de chronologie des médias.

3 - Un film Netflix peut-il sortir en salles de cinéma ?

Netflix est, selon certains films et certaines séries, co-producteur et/ou diffuseur. Quand Netflix achète un titre pour le diffuser dans le monde via sa plateforme on dit alors qu'il s'agit d'un "film Netflix". Ainsi le film Message from the King réalisé aux Etats-Unis par le belge Fabrice Du Welz est un film Netflix qui est donc diffusé via Netflix, mais un accord a été trouvé avec la société de distribution The Jokers pour la France qui aura été l'un des rares pays à sortir ce film en salles de cinéma, c'était le 10 mai bien avant le débat à Cannes... Okja sortira en salles le 28 juin en Corée du Sud. Quant à The Meyerowitz Stories, s'il veut concourir aux Oscars, il devra au moins être diffusé à Los Angeles sur grand écran. Preuve que quand Netflix veut, Netflix peut. En France, il semblerait qu'aucun accord n'ait été trouvé avec des distributeurs. Mais il s'agirait plutôt d'un manque de volonté de la part de la plateforme. Dans cette histoire, c'est le spectateur qui est perdant. Il va falloir revoir la Loi. Pour l'instant, seul Arte a réussi à contourner le problème avec des films comme Carole Matthieu ou I am not your Negro, les diffusant en exclusivité durant 7 jours sur sa chaîne en "replay" après une diffusion en prime-time, avant de les rendre disponible pour une sortie en salles. D'un côté un million de téléspectateurs ont vu le documentaire de Raoul Peck. De l'autre, il n'a été vu que par 31000 spectateurs en salles.

4 - Quel est l'enjeu pour Okja?

Pour Okja de Bong Joon-ho, c'est bien plus compliqué que pour un (télé)film avec Isabelle Adjani. Ce film est considéré comme une poule aux œufs d'or par Netflix, qui attend un retour sur investissement après l'avoir financé à hauteur de 50 millions de dollars ! Il faut savoir que le film précédent du réalisateur Snowpiercer, le Transperceneige avait été exploité aux Etats-Unis par the Weinstein Company en VàD avec succès, c'était même un record de bénéfices de l'année en vidéo à la demande. Snowpiercer, le Transperceneige est devenu un 'gamechanger' pour l'industry : distribuer ce film en VàD a coûté moins cher et a rapporté plus d'argent que via un circuit de salles de cinéma (nuançons: les Weinstein avait massacré au montage la version cinéma aux USA)...
Il faut se souvenir que en France cette expérience de produire un film et de maximiser les recettes sans passer par les salles avait déjà eu lieu. Wild Bunch l'avait expérimenté en 2014 avec Welcome to New-York de Abel Ferrara avec Gérard Depardieu, tout en profitant de Cannes pour son lancement (mais lors de projections hors sélections cannoises, lire aussi notre actualité du 4 mai 2014).

Okja est produit et diffusé par Netflix, mais ce film est aussi coproduit par Plan B, la société de production de Brad Pitt, dont le dernier film, War Machine n'est visible que sur Netflix. Plan B produit donc des films dans lesquels Brad Pitt est acteur bien entendu mais aussi quantité de films d'auteur qui ont été récompensés aux Oscars, comme il y a quelques mois Moonlight, mais aussi The big short: Le casse du siècle ou 12 years a slave... Plan B a eu aussi des films sélectionnés en compétition au Festival de Cannes comme en 2012 Cogan: killing them softly, et avant en 2011 The Tree of life de Terrence Malick qui a obtenu la Palme d'or. En dehors du débat Netflix, Okja de Bong Joon-ho avait bien évidement toute sa place en compétition à Cannes.

5 - Comment juger de la qualité de la sélection des films en compétition ?

Environ 1500 longs métrages ont été vus par le comité de la sélection officielle, et 19 films ont été retenus en compétition, le tout sous la responsabilité de Thierry Frémaux. Il a d'ailleurs publié un livre à ce sujet (Sélection officielle, journal) où il indique notamment avoir refusé le dernier film de Emir Kusturica pourtant déjà double-palmé d'or et avoir avertit Sean Penn qu'il fallait mieux revoir le montage de son The last face (hué l'année dernière)... Certains films ne sont pas achevés lors de leur sélection, d'autres revoient leur montage après les projections cannoises.

Cannes se doit d'être dans une certaine mesure fidèle à "ses" auteurs, les fameux "abonnés" comme Michael Haneke, Naomi Kawase, Andreï Zviaguintsev, Sergei Loznitsa, Hong Sang-soo... (et bien entendu Pedro Almodovar, au détriment de tout autre réalisateur espagnol), tout en étant une vitrine du meilleur du cinéma international. Difficile donc de figurer en compétition pour un premier film (même si ça a été le cas). Généralement, il y a une sorte de parcours fléché, qui va d'un premier film en section parallèle, à une sélection à Un certain regard puis un passage en compétition. Il arrive aussi que des fidèles et même des palmés, à l'instar de Kawase ou Cantet ou même Van Sant, soient retenus à Un certain regard et pas en compétition.

Si la sélection ressemble parfois à du name-dropping Thierry Frémaux le premier sait bien que les films choisis sont de qualité inégale. Certains décèlent un indice de faiblesse quand le film "monte les marches" en pleine après midi (cette année ce fut le cas avec Wonderstruck de Todd Haynes, Le jour d'après de Hong Sang-soo, Rodin de Jacques Doillon, Une femme douce de Sergei Loznitsa, tous ignorés du palmarès). Chaque année on se dit rétrospectivement que tel film ne méritait pas la compétition et aurait été mieux dans la sélection Un Certain Regard, et inversement. Ainsi Jeune Femme le premier film français de Leonor Seraille était à découvrir à Un Certain Regard et a d'ailleurs remporté le prix de la Caméra d'or. Mais comme on le constate dans les tableaux d'étoiles des divers critiques de la presse écrite mondiale, tous les goûts sont dans la nature. Et une chose est sûre: la moitié de la compétition, comme chaque année, fera l'événement lors des palmarès de fin d'année et des sorties en salles (il suffit de voir tous les prix récoltés par Toni Erdmann alors que le film n'a pas reçu un seul prix au palmarès cannois).

6 - Quelle place pour les femmes réalisatrices ?

La question revient chaque année: il faudrait plus de femmes en compétition. Mais doit-on se soucier qui est derrière la caméra quand on doit sélectionner la crème du cinéma? Michel Ciment nous confiait lors de cette 70e édition qu'il s'agissait d'un faux procès: combien de chefs d'œuvre réalisés par une femme ont été oubliés sur la Croisette ? Le problème est en amont: dans l'accès à la réalisation pour les cinéastes femmes. Pas dans une sélection qui choisi en fonction des films qu'on lui propose. L'actrice Jessica Chastain membre du jury a déclaré après le palmarès: « Il y a des exceptions, mais pour la majeure partie j'ai été surprise par la représentation des personnages féminins à l'écran, cette vision des femmes à l'écran est assez perturbante pour être honnête ». Névrosée, soumise, battue, violée, trompée, victime, absente, abusée: on ne peut pas dire que les personnages féminins étaient radieux cette année. La réalisatrice allemande Maren Ade a ajouté: « Nous n’avons pas primé des femmes parce que ce sont des femmes, mais il est vrai que c’est la première fois que le prix de la mise en scène est remis à une femme » (en fait c'est la deuxième fois: en 1961, la russe Ioulia Solntseva était entrée dans l'Histoire en étant la première réalisatrice primée) et par l’actrice chinoise Fan Bing Bing « très heureuse d’avoir remis le prix à Sofia Coppola qui a fait un travail remarquable ».

On aime vraiment beaucoup les films de Sofia Coppola, mais son dernier Les Proies n'est pas son film le plus fort : ce remake de Don Siegel d'après un roman écrit par un homme ((lire notre décryptage sur le sujet) et où les personnages féminins se perdent dans la jalousie jusqu'à préméditer torture et meurtre est même un peu le contraire de l'intention féministe affichée. Donner un prix de mise en scène à Sofia Coppola parce que ce serait une femme, si c'est le cas, c'est aussi troublant que si Naomi Kawase avait été palmée pour Vers la lumière, moins convaincant que le sublime Still the Water (ignoré par le jury à l'époque). Et quitte à faire du féminisme, alors Lynne Ramsey méritait une Palme d'or pour You Were Never really Here, l'un des rares chocs du Festival. La britannique est repartie avec un prix du scénario ex-aequo. Dommage que Jessica Chastain, Maren Ade et Fan Bing Bing n'aient pas vu Jeune Femme de Leonor Seraille (où d'ailleurs dans l'équipe technique il y avait quasiment que des femmes cheffe de poste à l'image, au montage, au son...)...

7) Pourquoi la réalisatrice Lynne Ramsay n'a pas eu le prix de mise en scène ou la Palme d'or ?

Le prix de mise en scène au remake Les Proies de Sofia Coppola est une hérésie, surtout que plus de la moitié des cinéastes en compétition méritait davantage ce prix (de Hong Sang-soo aux frères Safdie). Au fait, et pourquoi ce prix de mise en scène n'a pas été à Lynne Ramsay qui, avec son You were never really her, était largement plus justifié ? Il y a une explication : le règlement actuel du festival n'autorise plus que ce prix de la mise en scène puisse être cumulé avec un autre prix. Et comme le jury voulait pour ce film remettre le prix du meilleur acteur à Joaquin Phoenix, alors il a cité Lynne Ramsay ailleurs dans le palmarès avec un prix ex-aequo du scénario. Ce qui d'ailleurs est assez cocasse vu le scénario minimaliste du film : "un tueur à gages au grand-coeur sensible va protéger une jeune fille victime d'une élite pourrie" (soit la même trame dont se sert Luc Besson pour produire Léon, Le baiser mortel du dragon, Le Transporteur, Hitman, Taken...). Ici, évidemment, c'est brillant, percutant, audacieux. C'est bien grâce à sa direction d'acteur, sa réalisation, son jeu avec le hors-champs, son sens du montage, que le film se distingue des autres.

8 - Pourquoi les marches avaient un air de déjà-vu ?

On constate depuis quelques années un autre groupe de fidèles: les acteurs et actrices. Quand il y a au générique Isabelle Huppert, Marion Cotillard, Juliette Binoche, Vincent Lindon, Nicole Kidman, Robert Pattinson, Kirsten Stewart, Tilda Swinton ou encore Jessica Chastain, la probabilité d'être à Cannes augmente. Il y a un "casting" Cannes. Des acteurs qui choisissent les bons auteurs ou des auteurs qui préfèrent la sécurité d'un comédien ou d'une comédienne renomé(e) dans le circuit art et essai? Reste que cette concentration ne favorise pas l'excitation. Voir quatre fois Kidman, aussi bonne soit-elle et aussi judicieux soient ses choix, ou Huppert (l'an dernier) en douze jours, ça frôle l'overdose. Retrouver Cotillard tous les ans sur les marches depuis quelques festivals, ça lasse un peu. Il manque de la fraîcheur, de la nouveauté, du jamais vu à Cannes. D'où le "hot buzz" autour de Will Smith cette année ou de Julia Roberts l'année dernière. En compétition au 70e Festival, ce sont finalement les jeunes qui ont apporté cet oxygène (Okja, 120 BPM, Wonderstruck, ...) et ce sont deux acteurs plus rares à Cannes qui ont emporté le prix d'interprétation: Diane Kruger (pour la deuxième fois en compétition sur 6 films en sélection officielle) et Joaquin Phoenix, qui n'avait pas eu de films en compétition depuis quatre ans (et qui l'a toujours été avec James Gray jusque là).

9 - C'est quoi un bon film de minuit ?

L'année dernière on a été gâtés avec la Corée du Sud et Dernier train pour Busan, mais ce n'est pas pour autant qu'il faut considérer le polar coréen comme un réservoir où trouver des films de minuit. Pourtant ce fut encore le cas en 2017 avec The Villainess et The Merciless, certes plaisants, parfois jouissifs, mais sans plus. Quitte à mettre un film d'action coréen en séance de minuit il aurait mieux valu choisir par exemple The Battleship Island de Ryoo Seung-wan en avant-première (sortie en juillet en Corée). Si d'autres années les séances de minuit ont été inoubliables avec L'armée des morts de Zack Snyder ou Jusqu'en enfer de Sam Raimi, ce n'est pas seulement parce que il y avait des zombies ou des démons : c'est parce que c'était avant tout des bons films, qui nous font revivre un genre de cinéma qu'on a découvert bien plus jeune (et différent de certains films trop longs de 2h20 avec des plans fixes...). Le mot-clé pour une séance de minuit c'est 'divertissement', une séance de minuit ça doit être un peu festif comme par exemple avec la venue l'année dernière de Mel Gibson pour Blood Father ou carrément sulfureux comme Love de Gaspar Noé. On aurait bien voulu une séance de minuit idéale avec le film Baby Driver réalisé par Edgar Wright en sa présence avec sa bande d'acteurs (Ansel Elgort, Lily James, Jamie Foxx, Kevin Spacey, Jon Hamm...) qui va sortir en juillet. Malheureusement, cette année, les films hors-compétition ou séances spéciales étaient avant tout des (bons) documentaires, trois films d'auteurs grand public plutôt ratés (Miike, Cameron Mitchell, Polanski) et des formats singuliers (série TV, Réalité virtuelle). Pas l'ombre d'un blockbuster hollywoodien, pour la première fois depuis très longtemps.

10 - Et si le festival de Cannes interdisait qu'un film en compétition sorte en salles durant le festival ?

Rodin de Jacques Doillon est sorti en salles le 24 mai, L'amant double de François Ozon est sorti en salles le 26 mai : ces films qui étaient en compétition officielle furent donc visibles dans n'importe quel cinéma en même temps (voir même avant) que la projection officielle de Cannes. C'est le cas chaque année pour certains titres. Le règlement actuel impose que le film en compétition ne soit pas sorti avant dans un autre pays que le sien (ainsi les Almodovar sortent souvent en avril, même s'ils sont à Cannes en mai).

Pour le cinéma français, depuis Cyrano, en salles deux mois avant sa sélection cannoise, les films peuvent, au mieux, sortir le même jour que sa montée des marches. Ce qui est surprenant c'est que la plupart des distributeurs ont cessé de sortir un film cannois pendant Cannes. A une époque, durant le Festival, plusieurs films essayaient de profiter du buzz de la Croisette et de son exposition médiatique maximale pour séduire les spectateurs. Il s'avère que c'était assez contre-productif. D'une part, le distributeur et l'attaché de presse frôlaient le burn-out entre la présence cannoise et la sortie du film. Ensuite, pour peu que le film ait été mal reçu par la presse à Cannes, cela le plombait.

Généralement, désormais, les films cannois sortent entre la mi-août et le début de l'hiver. Il y a plusieurs avantages. La presse peut revoir à la hausse son évaluation du film avec le temps. En sortant plus tard, il revient à la mémoire des professionnels quand il s'agit de voter pour les césar, Oscars & co. Cela permet aussi d'installer une attente sur certains films, notamment quand ils figurent au palmarès. Enfin, il y a plus de spectateurs adeptes de films art et essai en octobre et décembre dans les cinémas qu'entre mai et juillet, où les productions hollywoodiennes dominent les écrans.

La moindre des choses seraient au moins d'attendre la fin du festival et un éventuel prix au palmarès. On sent bien que Cannes ne sert que de vitrine promotionnelle. Le Festival a déjà pris des mesures en 2018 pour qu'un film Netflix ne soit pas en compétition sans la possibilité d'une sortie en salles en France (ce qui laisse une porte ouverte à une sélection de prestige hors-compétition...). Il faudrait aussi contraindre les films en compétition à ne pas sortir durant le Festival. Chiche ?

Cannes 2017 : une cérémonie d’ouverture avec Trump dans le viseur

Posté par kristofy, le 18 mai 2017

« Sur l'écran noir de mes nuits blanches, moi je me fais du cinéma... » Benjamin Biolay et Louane ont chanté la célèbre chanson de Claude Nougaro et de Michel Legrand, accompagnés de la danseuse Blanca Li. Quand on entend 'Ecran Noir' ça nous plaît beaucoup car suit après la promesse que l'écran va s'illuminer d'images projetées...

C'est la maîtresse de cérémonie Monica Bellucci (la deuxième fois dans ce rôle) qui a ensuite éclairer de sa présence la scène avec une robe aux transparences audacieuses (l'alerte tétons n'était pas loin). Un discours dont la politesse a aussi permis d'être un peu féministe et politique : « Ici toutes les voix peuvent être écoutées, l'identité du cinéma n'a ni sexe ni drapeau ni frontière ».

Et comme pour lui donner raison, Asghar Farhadi, qui a déclaré le festival ouvert aux côtés de Lily-Rose Depp, qui avait boycotté les Oscars suite au bannissement de musulmans de certains pays aux Etats-Unis, a rappelé que Cannes reste "une place où les gens dialoguent entre eux avec enthousiasme à propos de cinéma et partagent de mémorables moments.". Sa présence même était une pique à l'Amérique de Trump.

Après la présentation des différents membres du jury présidé par Pedro Almodovar ("Je promets d'être subjectif, passionné et souple" a-t-il promis), on a eu le droit à un petit numéro de danse inspiré de ses films, avec en bonus Monica Bellucci embrassant Alex Lutz, remake moins glam que le baiser fougueux entre Laurent Laffite et Catherine Deneuve l'an dernier.

La petite blague avec une erreur d'enveloppe (so hiver 2017 et pas gentil pour les Oscars) était inutile et ringarde. Mais bon passons. Les cérémonies ne sont pas un savoir-faire très français.

Mais c'est un film très français, Les Fantômes d’Ismaël d'Arnaud Desplechin, qui a fait l'ouverture

«Bonne lumière à tous ! »

Daily Cannes: Sécurité, Marion, Monica, Pedro et un tweet

Posté par cynthia, le 17 mai 2017

Des caméras partout, un système de sécurité renforcé, Cannes est non seulement sous le signe du soleil mais aussi sous le signe de la protection cette année. 10 mois après les attentats de Nice, la ville aux mille étoiles a fortement investi dans sa protection afin d’accueillir comme il se doit les célébrités et autres fans présents tous les ans sur la croisette.

Cette 70e édition du festival démarre sous surveillance et sous le signe du glamour avec Monica Bellucci qui préside les festivités en tant que maîtresse de cérémonie et l'équipe du nouvel Arnaud Desplechin qui illumine le premier tapis rouge.

La conférence de presse du jour: Les fantômes d' Ismaël d'Arnaud Desplechin.

L'équipe du film a illuminé le photocall et la conférence de presse. Si Marion brille, Charlotte Gainsbourg nous a scotchés dans sa tenue sublime mais "casual" ou comment l'actrice/chanteuse a su allier le naturel à la croisette. La star, c'est évidemment Marion Cotillard, qui, bonne joueuse est également admirative de Charlotte Gainsbourg. "Les actrices de ma génération sont toutes sous le charme de Charlotte Gainsbourg".
Côté boulot, l'ancienne Môme affirme ne pas avoir de méthode de travail et qu'elle a su interpréter son personnage en ayant appris sa respiration. Un peu psychédélique comme réponse. Connaître le corps pour pénétrer l'âme, jolie formule.
Lors de cette conférence, la question "femme" a été abordée: "J'ai rencontré plus d'hommes que de femmes dans ma carrière... J'aimerais bien que ça change d'ailleurs (rires) même si j'ai tourné avec des acteurs merveilleux, j'aimerais beaucoup tourner avec plus de femmes".

Focus: Marion Cotillard et Monica Bellucci

L'une est italienne, l'autre est française, chacune n'est plus à présenter et connaît Cannes par cœur. Ces deux brunettes arpentent la Croisette avec glamour depuis longtemps: Monica huit fois, Marion sept. Les deux actrices font limite parties du décor.
Maîtresse de cérémonie pour la seconde fois, Monica Bellucci confie à la télévision française que cette année nous allons beaucoup parler de femmes grâce aux 12 réalisatrices en sélection officielle en ajoutant que le réalisateur Almodovar, président du jury est "un amoureux des femmes". Vous l'aurez compris, la femme est à l'honneur cette année (et tant mieux).
L'actrice italienne confie même son attachement en tant que professionnelle à Cannes: "Mon parcours cinématographique ne serait pas le même sans Cannes."
Côté Cotillard: elle confie la pression qu'elle ressent à chaque fois qu'elle monte les marches: "J'ai trouvé mes marques dans l'exercice du red carpet comme on l'appelle, mais à Cannes c'est particulier...à chaque fois j'ai le trac."

Deux films en moins pour la Palme d'or?

"Ce serait un énorme paradoxe que la Palme d'or ou un autre prix à un film ne puisse pas être vu en salles" a déclaré Pedro Almodovar lors de la conférence de presse du jury, pointant du doigt The Meyerowitz Stories de l'Américain Noah Baumbach et Okja du Sud-Coréen Bong Joon-Ho, tous deux en compétition et qui ne sont prévus que pour une diffusion sur Netflix. Le cinéaste a ajouté: "Tout ça ne signifie pas que je ne suis pas ouvert aux nouvelles technologies ou à tout ce que ces technologies nous apportent". "A mon sens, ce qui est déterminant lorsqu'on voit un film pour la première fois, c'est la taille de l'écran: la taille ne devrait pas être plus petite que la chaise sur laquelle vous êtes assis. Il faut vraiment avoir le sentiment d'être humble et petit par rapport au grand écran". Il épaissit la couche en précisant:"La seule solution est que les nouvelles plateformes acceptent les règles en place (...) et notamment aussi toutes les règles financières ou fiscales".

L'instant tweet

Parce que sur Twitter on trouve des perles rares, on a décidé en ce 70e festival de Cannes de vous faire partager un tweet pertinent, drôle (ou les deux) par jour.

Aujourd'hui c'est @CliveTwo qui mélange politique et cinéma en taclant Manuel Walls et son extrême dévotion à vouloir être partout.

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Cannes 2017 : le jury du 70e Festival

Posté par wyzman, le 25 avril 2017

A trois semaines de la 70ème édition, les organisateurs du festival de Cannes viennent de dévoiler la liste des jurés. Du 17 au 28 mai, et comme nous vous l'avions déjà annoncé, Pedro Almodóvar (réalisateur espagnol) présidera ce jury.

Il sera épaulé par Jessica Chastain (actrice américaine), Will Smith (acteur américain), Fan Bingbing (actrice chinoise), Maren Ade (réalisatrice allemande), Park Chan-wook (réalisateur sud-coréen), Agnès Jaoui (actrice française), Paolo Sorrentino (réalisateur italien), Gabriel Yarde (compositeur français). Très international, ce jury est également assez paritaire : quatre femmes et quatre hommes aux côtés de Pedro Almodovar.

Le 70e Festival de Cannes choisit Pedro Almodóvar comme Président du jury

Posté par vincy, le 31 janvier 2017

pedro almodovar

Le cinéaste, scénariste et producteur espagnol Pedro Almodovar, emblème de la renaissance du cinéma de son pays, depuis la fin des années 1970, sera président du jury du 70e Festival de Cannes (17-28 mai 2017), 25 ans après avoir été "simple" membre du jury.

C'est évidemment un habitué de la Croisette, même s'il a fallu attendre 1999 pour e voir monter les marches avec un de ses films. Tout sur ma mère (Prix de la Mise en scène), Volver (Prix du Scénario et Prix collectif d’Interprétation féminine), Étreintes brisées, La Piel que Habito et Julieta l'an dernier ont été sélectionnés en Compétition. La Mauvaise Éducation a fait l’ouverture du Festival en 2004 tandis que le réalisateur avait figuré sur l’affiche officielle de la 60e édition.

"J'ai le trac!"

Pedro Almodovar s'est déclaré "très heureux de fêter le 70e anniversaire du Festival du Film de Cannes dans cette fonction si privilégiée." "Je suis reconnaissant et honoré et j’ai le trac ! Être Président du Jury est une lourde responsabilité et j’espère être à la hauteur des circonstances. Je peux vous dire que je vais me dévouer corps et âme à cette tâche, qui est à la fois un plaisir et un privilège" précise-t-il.

Avec vingt longs métrages à son actif, Almodovar, l'Homme de La Mancha, a accompagné la "movida", ce mouvement artistique post-dictature qui a réveillé l'Espagne. Du Polar au mélo en passant par la comédie et le fantastique, son cinéma a puisé dans les grands films noirs comme dans les récits passionnels, en trouvant sa cohérence à travers une direction artistique identifiable dès la première image. "La passion, la filiation, le destin, la culpabilité ou les secrets enfouis" sont ses thèmes de prédilection indique le communiqué

"Un artiste unique qui jouit d’une immense popularité"

"Pour sa 70e édition, le Festival de Cannes est heureux d’accueillir un artiste unique qui jouit d’une immense popularité. Son œuvre s’est déjà inscrite pour toujours dans l’histoire du cinéma. Une longue fidélité unit Pedro Almodóvar au Festival, dont il a été membre du Jury en 1992 sous la présidence de Gérard Depardieu", déclarent Pierre Lescure, Président du Festival, et Thierry Frémaux, Délégué général.

Pedro Almodovar a été récompensé dans le monde entier. Femmes au bord de la crise de nerfs a reçu le Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise, le Goya du meilleur film et du meilleur scénario original; Talons aiguilles a obtenu le César du meilleur film étranger ; le cinéaste a été distingué par un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en 1999; la même année, avec Tout sur ma mère, il est sacré aux Oscars et aux Golden Globes (meilleure film en langue étrangère), et se voit décerné un deuxième César du meilleur film étranger, en plus des Goya du meilleur film et du meilleur réalisateur; en 2003, Parle avec elle est oscarisé pour son scénario, et primé par un Golden Globe du meilleur film étranger et un César du meilleur film de l'Union européenne ; avec Volver en 2007, il réalise de nouveau le doublé Goya du meilleur film et du meilleur réalisateur ; en fin en 2013, il reçoit le Prix du cinéma européen et en 2014 le Prix Lumière du Festival de Lyon.

"À travers la présence de ce cinéphile passionné qui ne cesse de célébrer les pouvoirs magiques du cinéma et de rendre hommage aux maîtres Sirk, Franju, Hitchcock ou Buñuel, le Festival de Cannes fête un grand auteur international et une Espagne moderne et libre" explique le Festival.

Le Festival Télérama fête ses 20 ans

Posté par vincy, le 18 janvier 2017

Le 20e Festival Cinéma Télérama commence aujourd'hui, pour une semaine. 15 films de 2016, sélectionnés par l'équipe cinéma du magazine, seront "rattrapables" en salles pour ceux qui les ont manqués. L'an dernier, l'opération avait séduit 315000 spectateurs. La séance est à 3€50 dans 322 salles de France.

Les 15 films retenus, avec leur box office (en gras, les 5 films que l'on vous conseille de découvrir absolument). On y retrouve des habitués du festival (et donc chouchous des lecteurs de l'hebdomadaire), Woody Allen, Pedro Almodovar et Xavier Dolan. Mais cette année, ni Coen, ni Fontaine, ni Dumont, ni même Divines, The Assassin, Carol ou Spotlight, ne sont dans la liste qui ne comprend aucun film de genre (hormis peut-être le Nichols), ni aucun documentaire. En tout cas, on remarque que 12 des 16 films (avec le film "jeune public") ont été présentés au Festival de Cannes.

Juste la fin du monde – Xavier Dolan - 1,03 million d'entrées **/****
Café Society – Woody Allen - 0,95 million d'entrées **
Moi, Daniel Blake - Ken Loach - 0,91 million d'entrées **
Julieta – Pedro Almodovar - 0,77 million d'entrées **
Victoria - Justine Triet - 0,64 million d'entrées ***
Frantz - François Ozon - 0,61 million d'entrées ****
Elle - Paul Verhoeven - 0,56 million d'entrées ***
La Tortue rouge – Michael Dudok de Wit - 0,34 million d'entrées ***
Toni Erdmann – Maren Ade - 0,34 million d'entrées ***
Paterson - Jim Jarmusch - 0,29 million d'entrées ***
Midnight Special - Jeff Nichols - 0,26 million d'entrées **
L’économie du couple - Joachim Lafosse - 0,19 million d'entrées ***
Aquarius – Kleber Mendonça Filho - 0,16 million d'entrées ****
Les Ogres - Léa Fehner - 0,1 million d'entrées *
Nocturama – Bertrand Bonello - 0,05 million d'entrées ***

Un film « Jeune public» s'ajoute à la sélection, l'incontournable Ma vie de courgette de Claude Barras (680 000 entrées).

A cela s'ajoute, pour le 20e anniversaire, des séances événements avec 20 films de 20 ans choisis par les lecteurs (dont deux Woody Allen et seulement cinq films français).

1. Mommy, de Xavier Dolan
2. Mulholland Drive, de David Lynch
3. Little Miss Sunshine, de Jonathan Dayton et Valérie Faris
4. Match Point, de Woody Allen
5. De battre mon coeur s’est arrêté, de Jacques Audiard
6. Mustang, de Deniz Gamze Erguven
7. Le Voyage de Chihiro, de Hayao Miyazaki
8. Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois
9. The Big Lebowski, de Joel et Ethan Coen
10. Eternal Sunshine of the spotless mind, de Michel Gondry
11. Drive, de Nicolas Winding Refn
12. Tout sur ma mère, de Pedro Almodovar
13. Blue Jasmine, de Woody Allen
14. Une séparation, d’Asghar Farhadi
15. Ida, de Pawel Pawlikowski
16. Valse avec Bachir, d’Ari Folman
17. Dans ses yeux, de Juan José Campanella
18. Camille redouble, de Noémie Lvovsky
19. The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson
20. L’Exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller

Quatre films de la compétition cannoise en tête des nominations des European Film Awards 2016

Posté par vincy, le 5 novembre 2016

Le 29e European Film Awards ont révélé leurs nominations au Festival du film européen de Séville en Espagne. Notons que l'écrivain et scénariste français Jean-Claude Carrière recevra un prix en l'honneur de toute sa carrière et que l'acteur et producteur Pierce Brosnan sera distingué par un prix honorifique européen pour sa contribution au cinéma mondial.

La cérémonie aura le 10 décembre à Wroclaw en Pologne, capitale européenne de la Culture, dans un pays qui, néanmoins, n'est pas un modèle concernant la liberté d'expression des médias et le soutien à son cinéma.

Le film allemand Toni Erdmann, en compétition à Cannes, domine la liste des nominations avec 5 citations, suivi de la Palme d'or britannique, Moi, Daniel Blake, de Ken Loach (4 nominations), l'espagnol Julieta, de Pedro Almodovar et le français Elle de Paul Verhoeven, tous deux également en compétition à Cannes (3 nominations).

Le Festival de Cannes fait d'ailleurs une razzia sur cette liste avec des films venus d'Un Certain regard et de la Quinzaine des réalisateurs dans différentes catégories.

Meilleur film: Elle, Moi Daniel Blake, Julieta, Room, Toni Erdmann
Meilleure comédie européenne: Mr. Ove, Look who's Back, La vache
Meilleur nouveau talent (Prix Fipresci): Dogs, Liebmann, Sand Storm, Olli Mäki, Thirst (Jajda)
Meilleur documentaire: 21 x New York, A Family Affair, Fuocoammare, Mr Gaga, S is For Stanley, Land of the Enlightened
Meilleur film d'animation: Ma vie de Courgette, Psiconautas los ninos olvidados, La tortue rouge

Meilleur réalisateur: Paul Verhoeven, Cristian Mungiu (Baccalauréat), Ken Loach, Pedro Almodovar, Maren Ade
Meilleure actrice: Isabelle Huppert, Emma Suarez & Adriana Ugarte, Valeria Bruni Tedeschi (Folles de joie), Trine Dyrholm (La Commune), Sandra Huller
Meilleur acteur: Rolf Lassgard, Hugh Grant (Florence Foster Jenkins), Dave Johns, Burghart Klaussner (Fritz Bauer, un héros allemand), Peter Simonischek, Javier Camara (Truman)
Meilleur scénario: Baccalauréat, Moi Daniel Blake, Room, Toni Erdmann, United States of Love

Penelope Cruz et Javier Bardem dans le prochain Asghar Farhadi ?

Posté par vincy, le 28 mai 2016

Penelope Cruz et Javier Bardem, couple à la ville, seraient en négociation pour être de nouveau un couple à l'écran devant la caméra d'Asghar Farhadi.

Depuis leur premier film ensemble, Jambon Jambon en 1992, les deux stars espagnoles ont collaboré à six films ensemble en tant que comédiens, dont Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen et En chair et en os de Pedro Almodovar. Ils ont un autre projet ensemble, Escobar, réalisé par Fernando León de Aranoa.

Almodovar co-producteur

Le tournage du nouveau film de Farhadi est prévu pour la fin de l'été ou le début de l'automne 2017 et se déroulerait dans le sud de l'Espagne. Le projet est porté par le partenaire français du cinéaste iranien, Memento films, et la société de Pedro et Agustin Almodovar, El Deseo.

A l'origine, Asghar Farhadi devait tourner ce film à l'automne dernier mais, selon les propos de son producteurs rapportés par Variety, il avait le mal du pays et et un conflit de planning avec les acteurs ont retardé le projet. Un acteur américain doit rejoindre les deux comédiens espagnols au générique. Penelope Cruz avait initié le projet en déclarant son souhait de vouloir travailler avec le réalisateur d'Une séparation.

Cannes 2018 ?

Le scénario est presque finalisé et les repérages devraient commencer le mois prochain. Il s'agirait d'un thriller psychologique autour d'une famille de viticulteurs, dans une Espagne rurale.

Ce sera le deuxième film du réalisateur dans une langue autre que le perse, après Le passé, en français, en 2013.

Prix du meilleur scénario et prix d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini au Festival de Cannes cette année, son dernier film Le client sortira le 9 novembre sur les écrans français.

Cannes 2016: Le quatuor féminin de Julieta

Posté par vincy, le 16 mai 2016

Dès qu'il s'agit d'un film de Pedro Almodovar, on évoque autant la mise en scène et le scénario que le choix de ses acteurs et actrices. Avec Julieta, en compétition à Cannes cette année, le réalisateur espagnol revient avec un film de femmes, dans la lignée des Tout sur ma mère et autres Volver. Mais là Pedro a été cherché ses femmes ailleurs que dans son cinéma, si l'on excepte la présence de Rossy di Palma dans le film.

Adriana Ugarte, 30 ans, incarne l'une des deux Julieta. C'est sa première collaboration avec le maître madrilène. Très populaire en Espagne pour ses nombreuses participations à des feuilletons comme La Senora, Hospital Central et El tiempo entre costuras, sa carrière cinématographique a commencé à décoller il y a dix ans avec Cabeza de pero, de Santi Amodeo, où elle nommée aux Goyas comme meilleur espoir. A l'affiche de nombreux films qui n'ont pas traversé les frontières, elle est souvent réduite à des rôles dramatiques pour lesquels elle a un talent inné et sa beauté, évidente. Thriller, mélos, comédies, action, Adriana Urgate se disperse dans tous les genres. Avec le téléfilm El Tiempo entre costuras, elle est vue par 5 millions de téléspectateurs. En Espagne, elle a été récemment à l'affiche de la fresque de près de trois heures, Palmeras en la nieve, de Fernando González Molina.

Emma Suarez, 51 ans, est l'autre Julieta. Sa carrière est évidemment plus fournie depuis ses débuts en 1980. Quatre fois nommée aux Goyas espagnols pour La mosquitera, Bajo las estrellas, La ardilla roja et Le chien du jardinier (pour lequel elle est récompensée en 1996), elle a tourné avec des cinéastes aussi différents que Miguel Hermoso, Isabel Coixet, Pedro Costa, Julio Medem, qui en fait sa muse, Mario Camus, Agustí Vila,... C'est aussi sa première fois avec Pedro. Actrice culte qui n'hésite pas à s'embarquer dans des films étranges avec des réalisateurs marginaux ou peu connus, elle est devenue très rapidement une comédienne incarnant des personnages tourmentés et turbulents. Elle aime se mettre en danger et a trouvé ces dernières années plus de plaisir au théâtre avec Genet, O'Neill et Tchekhov. 13 ans après Sansa, la voici de retour sur la Croisette.

Inma Cuesta, 35 ans, incarne Ava. Sublime et voluptueuse, la comédienne a d'abord séduit les foules sur le petit écran, avant d'être convoitée par le grand il y a quelques années. Elle enchaîne une comédie (Primos), un film d'aventures (Le Royaume de sang), un film de guerre multi-nominé aux Goyas (La voz dormida), un thriller populaire là encore multi-nominé aux Goyas (Groupe d'élite), et arrive en 2012 avec le superbe Blancanieves, film en noir et blanc de Pablo Berger où elle tient l'un des rôles féminins de cette oeuvre dix fois récompensée aux Goyas, mais aussi à San Sebastian, aux Arcs et même nommé aux César. De ce moment là, Inma Cuesta devient l'une des actrices espagnoles à suivre. Après sa nomination pour La voz dormida en 2012 comme meilleure actrice, elle les cumule: en 2014 avec son rôle comique dans Tres bodas de mas et en 2015, avec un personnage plus dramatique dans La novia.

Michelle Jenner, 29 ans, est l'autre nouvelle venue dans l'univers d'Almodovar. Depuis ses débuts en 2000, elle n'arrête pas. Comme toutes les actrices de sa génération, c'est par la télévision, dans des rôles récurrents de séries, qu'elle se fait découvrir. Côté cinéma, il faut attendre 2011, avec N'aie pas peur (No tengas miedo) de Montxo Armendáriz (et une nomination aux Goyas pour elle) pour qu'elle s'impose. En 2013, elle reprend son rôle de la série qui l'a fait connaître, Todas las mujeres, pour la version cinéma, qui remporte un joli succès. Mais c'est avec une autre série, Isabel, durant trois saisons, qu'elle va devenir une star espagnole. L'histoire d'Isabelle la Catholique est un événement tout autant qu'un phénomène dans le pays. Elle gagne une dizaine de prix d'interprétation dans le monde. Depuis, elle est l'une des comédiennes espagnoles les plus sollicitées...