16 nominations pour La piel que habito aux prochains Goyas

Posté par vincy, le 12 janvier 2012

Dans la course aux prix Goyas 2012, Pedro Almodovar arrive, une fois de plus, en tête. La Piel que habito, présenté au Festival de Cannes l'an dernier, n'est ni le plus gros succès du réalisateur (même si c'est le 3e film espagnol le plus vu de l'année dans son pays) ni son film le plus primé à l'international, et pourtant, il fait figure d'incontournable dans le cinéma ibérique, malgré une forte concurrence : No habra paz para los malvados, thriller de Enrique Urbuzu, en récolte 14 et Eva, premier film de Kike Maillo en remporte 12.

Pour Pedro Almodovar, cela reste, cependant, une belle moisson. Dans sa filmographie, seul Femmes au bord de la crise de nerfs (1988), avait été autant de fois cité. La Piel que habito rejoint ainsi le club très fermé des films plus de 16 fois nommé, aux côtés de Dias contados, La niña de tus ojos, Belle époque et Celda 211. Son film le plus primé reste Tout sur ma mère (en 1999) avec 7 prix. Almodovar l'a reçu deux fois comme meilleur réalisateur (Tout sur ma mère, Volver). Avec La Piel que habito, il enregistre un record dans l'histoire des Goyas, avec 8 nominations comme meilleur réalisateur depuis la création du prix en 1986. Notons aussi qu'Antonio Banderas, nommé comme meilleur acteur, n'a jamais obtenu de Goya.

Le film d'Almodovar est cité dans 16 catégories sur 28 : film, réalisateur, actrice, acteur, révélation féminine, révélation masculine, scénario (adaptation), musique, image, montage, direction artistique, décors, costumes, maquillages, son, effets spéciaux.

Les trois autres oeuvres nommées dans les catégories du meilleur film et du meilleur réalisateur sont Black Thorn, La voz dormida et No habrá paz para los malvados. Ce dernier, beau succès critique et joli succès public pourrait créer la surprise. Notons, par ailleurs, que le triomphateur du box office espagnol, Torrente 4, repart bredouille.

Parmi les autres nommés, on notera la présence de l'allemand Daniel Brühl, révélé dans Good Bye Lenin!, pour Eva, Salma Hayek pour La chispa de la vida, Woody Allen pour le scénario de Minuit à Paris.

Dans la catégorie du meilleur film européen, Carnage, Melancholia, Jane Eyre auront face à eux le français The Artist. Dans celle du meilleur film latino-américain, le cubain Boleto al paraíso, le mexicain Miss Bala, le chilien Violeta se fue a los cielos devront rivaliser avec le favori, l'argentin Un cuento chino, gros succès de Sébastian Borestein avec Ricardo Darin.

Un Goya d'honneur sera remis à Josefina Molina Reig, réalisateur et Président d'honneur de la CIMA (Association de des femmes réalisatrices de cinéma et d'audiovisuel). Vénérable figure du cinéma espagnol (elle a 75 ans), son film Esquilache en 1989 avait été sélectionné à Berlin et elle avait été nommée au Goya du meilleur réalisateur.

La 26e cérémonie des Goyas se déroulera à Madrid le 19 février.

En Espagne, La Piel que habito séduit plus qu’Etreintes brisées

Posté par vincy, le 30 septembre 2011

La piel que habito ne sera certainement pas le plus grand succès de Pedro Almodovar en France. Avec près de 700 000 aficionados en 6 semaines, le film n'atteindra peut-être pas le score de son précédent opus, Etreintes brisées (924 000 spectateurs). Il fait cependant mieux que Kika (607 000 spectateurs), Femmes au bord de la crise de nerfs (600 000 spectateurs) et La fleur de mon secret (485 000 spectateurs). Mais beaucoup moins bien que La mauvaise éducation (1,1 million d'entrées), Talons aiguilles (1,49 million d'entrées) et surtout ses 3 plus gros succès Tout sur ma mère (2 millions d'entrée), Parle avec elle (2,2 millions d'entrées) et Volver.

En Espagne, le film, en un mois, a quand même dépassé les 580 000 spectateurs. Dans son pays, La piel que habito fera donc mieux qu'Etreintes brisées (690 000 entrées)  mais pas aussi bien que La mauvaise éducation (1,2 millions d'entrées). Il restera en dessous de Parle avec elle (1,4 million d'entrées), Volver (1,9 million d'entrées) et surtout loin de son plus gros succès, Tout sur ma mère (2,6 millions d'entrées).

La piel que habito est déjà sorti dans 8 pays, dont le Royaume Uni où il fait une carrière sur la longueur, puisqu'il a multiplié par cinq son box office de sa première semaine. Au total, à date, le film d'Almodovar a rapporté 13 millions de $ de recettes dans le monde. C'est déjà plus qu'Etreintes brisées, mais très loin de son record de Volver (86 millions de $).

L’univers de Pedro Almodovar adopté par Broadway

Posté par redaction, le 17 août 2011

Outre la sortie de La piel que habito, Pedro Almodovar a déjà fait parler de lui cette année avec l’adaptation de son film culte Femmes au bord de la crise de nerfs, sorti en 1988, sur les planches de Broadway.

Avec 30 avant-premières, et 69 représentations, c’est donc tout l'univers de Pedro Almodovar, et aussi la culture espagnole, qui a été adopté et adapté par Broadway pendant deux mois entiers au Balasco Theatre (la dernière ayant eu lieu le 2 janvier). “Pedro pense d’une manière qu’il appelle ‘antipático’, qui est une façon de traiter les choses odieuses que je ne peux décrire que comme un certain dédain”, avoue le metteur en scène de la pièce, Barlett Sher. Le box office n'a pas été déshonorant la salle était remplie aux deux tiers environ en moyenne), mais la rude concurrence à New York a obligé les producteurs à baisser le rideau plus tôt que prévu.

C’était la première fois que le cinéaste travaillait sur un projet à Broadway et il y a mis tout son coeur. Ainsi, au début de la création du spectacle, il a réuni toute l’équipe dans sa chambre d'hôtel pour leur décrypter le film dont est tiré la pièce, en décrivant les choix qu’il avait fait pour chaque scène, chaque détail, et permettre ainsi aux auteurs de rester authentiques en transformant le film en comédie musicale. Ce qui est amusant, c'est que le cinéaste s’était inspiré de “comédies américaines loufoques comme référence” et qu’il avait “écrit le script du film pour qu’il ressemble à une adaptation cinématographique d’une pièce imaginaire”.

Jeffrey Lane (livret) et David Yazbek (musique et paroles) avaient déjà fait équipe pour la création de la comédie musicale Dirty Rotten Scoundrels, elle aussi adaptée d'un film (Le plus escroc des deux). Ils ont décidés de faire à nouveau équipe pour Almodovar, travaillant “mieux lorsqu' [ils ne sont] pas dans [leur] élément”, en occurrence sur un film européen.

Il leur aura fallu 18 mois pour mettre en place ce spectacle avec un Pedro Almodovar plus que présent pour accompagner au mieux cette aventure en 18 chansons (le disque est disponible sur iTunes depuis avril). Le premier atelier avait eu lieu en octobre 2009 avec Salma Hayek et Jessica Biel.

La comédie musicale, qui se déroule dans le Madrid des années 80, a reçu 3 nominations aux derniers Tony Awards (meilleur musique, meilleure actrice pour la grande Patti LuPone dans le rôle de Lucia et meilleure actrice pour Laura Benanti dans le rôle de Candela). Benanti a, par ailleurs, gagné le prix de la meilleure actrice dans un "musical" aux Drama Desk Awards.

Reste à savoir si la pièce voyagera à Londres, Madrid et Paris...

Le film attire aussi le petit écran puisque le cinéaste travaille, en collaboration avec la Fox, à une sitcom dérivée de cette histoire.

Antonio Banderas, acteur pour Almodovar et réalisateur en Solo

Posté par redaction, le 16 août 2011

Antonio Banderas, un nom qui résonne régulièrement dans nos têtes cette année !

De Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu (octobre 2010), au Chat Potté (30 novembre 2011), en passant par La piel que habito (en salles dès demain), et Or Noir (23 novembre 2011), l’acteur espagnol hante les écrans et les esprits. Mais le comédien est aussi réalisateur.

Après La tête dans le carton à chapeaux (1999) et Summer Rain (2006), il repasse donc derrière la caméra pour un troisième film, un thriller psychologique, dont le scénario, Frères d’armes, a été écrit par Erik Jendesen. Solo, racontera l’histoire d’un colonel espagnol souffrant d’un trouble post-traumatique d’après-guerre.

Pour raconter cette histoire, Antonio Banderas dispose d’un budget de 14 millions de dollars. Le film sera co-produit par sa société Green Moon.
En plus de réaliser le film, l’acteur-réalisateur sera également à l’affiche du film en incarnant le personnage principal.

Le tournage commencera au début de l’année prochaine et devrait comporter des éléments de science-fiction. Le long métrage sera tourné en anglais, malgré son casting hispanique, car cela permet “une meilleure diffusion” d’après Banderas. La sortie est prévu courant 2013.

Thriller sulfureux pour trois beaux gosses : Zac Efron, Tobey Maguire et Matthew McConaughey

Posté par vincy, le 27 mai 2011

Tobey Maguire, Zac Efron, Matthew McConaughey mais aussi Sofia Vergara formeront le quatuor vedette d'un thriller qu'on annonce érotique, The Paperboy. Lee Daniels (A l'ombre de la haine, Precious) scénarisera et réalisera cette adaptation du livre de Pete Dexter, qui a co-écrit le premier script avec Pedro Almodovar.

Un polar sexuel avec trois beaux mecs hollywoodiens, ça fait chauffer la température. L'histoire dans le roman prend place dans les années 60. L'intrigue est complexe : un salaud de shérif retrouvé mort après sa 17e bavure (un crime assez glauque), un coupable évident envoyé dans le couloir de la mort, une femme qui tombe amoureuse du présumé criminel en voyant ses photos qui fait appel à deux journalistes du Miami Times pour enquêter sur les véritables circonstances du meurtre.

Pete Dexter avait écrit son roman en 1995. On lui doit aussi les scénarios de Rush (1991), Michael (1996) et Les hommes de l'ombre - Mulholland Falls (1996). En France, Paperboy est publié aux éditions de l'Olivier et en format poche chez Points.

Cannes 2011 : Qui est Elena Anaya ?

Posté par vincy, le 19 mai 2011

Les spectateurs français la connaissent un peu : elle incarnait la femme de Gilles Lellouche dans A bout portant, thriller à succès sorti il y a quelques mois. Elena Anaya sera la vedette de la journée à Cannes. Pedro Almodovar la choisit pour incarner la femme parfaite de son polar noir, La piel que habito (La peau que j'habite).

Pourtant cela fait quinze ans que l'actrice espagnole, 36 ans, est présente à l'écran. D'abord dans des seconds-rôles et des comédies, quelques drames qui voyagent dans les festivals. Mais le cinéma espagnol est encore sous l'emprise des actrices almodovariennes, celles révélées dans les années 80 et 90...

En 2000, les choses évoluent. Elle obtient le premier rôle féminin dans El invierno de las anjanas, face à Eduardo Noriega. Ce mélodrame historique n'est que l'amorce de son décollage. Elle enchaîne deux gros succès, dans le registre de la comédie. Second rôle dans Lucia et le sexe, de Julio Medem, avec Paz Vega, le film va connaître une jolie carrière aux Etats-Unis. Onze nominations aux Goyas, dont une pour Anaya, qui reçoit, par ailleurs, le prix du syndicat des acteurs espagnols du meilleur second rôle féminin. Elle apparaît ensuite dans Sans nouvelles de Dieu, comédie théologique un peu barrée d'Agustin Diaz Yanes, avec Penélope Cruz et Victoria Abril. Là encore onze nominations aux Goyas.

Le doublé lui permet de prendre son envol. Elle est enrôlée par El Maestro Pedro pour jouer l'ex petite amie de Marco (Dario Grandinetti) dans Parle avec elle. L'étranger commence à la demander. Le Mexique d'abord (La habitacion azul) puis rapidement Hollywood. Elle sera Eleera dans Van Helsing, avec Hugh Jackman. La brune élégante s'inscrit dans un cinéma plus populaire que art et essai : Dead Fish (comédie policière britannique, avec Robert Carlyle), In the Land of Woman (joli petit succès américain avec Adam Brody et Kirsten Stewart), Savage Grace (drame sulfureux présenté à la Quinzaine des réalisateurs, avec Julianne Moore)... et même une participation à un clip de Justin Timberlake.

En 2006, elle est aussi de la distribution de la super-production et énorme hit Capitaine Alatriste, d'Agustin Diaz Yanes, où elle interprète le personnage féminin principal face à Viggo Mortensen. Le cinéma français s'y intéresse et Jean-François Richet l'intègre dans le casting de Mesrine - L'instant de mort, aux côtés de Vincent Cassel. Les prix vont alors commencer à remplir son appartement : au Festival Fantasporto et au Festival de Sitgès pour le thriller d'horreur Hierro ou encore aux prix Fotogramas de Plata pour son personnage de jeune femme troublé par une aventure lesbienne (Habitacion en Roma).

Celle qui fut l'un des talents européens à suivre dès 2004 va monter les marches cannoises, aux bras de Antonio Banderas et de Marisa Paredes. Une actrice espagnole qui n'est pas désirée par Almodovar existe-t-elle vraiment?

Cannes 2011 : Almodovar revient dans la course

Posté par vincy, le 11 avril 2011

Dans trois jours, nous saurons (presque) tout du prochain Festival de Cannes (11-22 mai). 64e édition qui promet quelques rebondissements et qui suscitent de nombreuses rumeurs.

Première d'entre elle, qui nous ravira : le nouveau film de Pedro Almodovar, qui sort exceptionnellement en septembre en Espagne (et en novembre en France) serait finalement dans la compétition. Le réalisateur espagnol se serait laissé convaincre, selon le magazine professionnel Variety, par Thierry Frémeaux, en charge de la sélection officielle du Festival. Venise n'aurait donc pas le droit aux honneurs de l'autre Roi d'Espagne. Almodovar rejoindrait ainsi les habitués - et souvent primés - déjà confirmés (non officiellement) : les frères Dardenne, Lars Von Trier, Nuri Bilge Ceylan, Aki Kaurismäki, Lou Ye, Nanni Moretti et Paolo Sorrentino (voir actualité du 25 mars dernier).

Terrence Malick, sans doute à cause de sa sortie avancée en Grande Bretagne (voir actualité du 31 mars dernier), devrait être hors compétition.

Autres cinéastes fortement pressentis : la japonaise Naomi Kawase, Grand prix du jury en 2007 avec La forêt de Mogari, le grec Yorgos Lanthimos (Canine avait fait sensation à Un certain regard) avec Alpes, et le russe Andrei Zvyagintsev qui avait séduit avec Le retour et Le bannissement et qui revient avec Elena. Pour ce dernier film, convoité aussi par Venise, il faudra cependant attendre que les sélectionneurs puissent le voir... On évoque de plus en plus la réalisatrice écossaise de Lynne Ramsay, avec We need to Talk about Kevin, qui retrace l'histoire d'un massacre dans un école.

Cela rappellera Elephant, Palme d'or de Gus Van Sant. Etrangement, toujours selon Variety, le nouveau film du réalisateur de Portland, Restless, irait à Un certain regard. C'est d'autant plus étonnant qu'il n'y a, pour le moment, aucun grand nom américain en compétition.

Parmi les autres candidats à la sélection officielle, les noms de Nikolai Khomeriki, Victor Ginzburg, Brillante Mendoza, Pen-ek Ratanaruang, Na Hong-jin, Antonio Vampos, Ruben Ostlund reviennent rituellement.

Côté français, Christophe Honoré (voir actualité du 28 juillet 2010), Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, Maïwenn Le Besco, Xavier Durringer, Roschdy Zem et Mathieu Kassovitz (voir nos articles sur L'ordre et la morale) semblent bien partis pour aller grimper les marches, les rouges comme les bleues.

Cannes 2011 : les membres VIP du cinéma européen seront présents

Posté par vincy, le 21 février 2011

Festival de grands noms. Cannes 2011 ne devrait pas échapper à la règle : les habitués sont abonnés.

Qui peut encore douter que Pedro Almodovar, avec La piel que habito, adaptation du roman français Tarantula, ne soit pas en compétition? Le film marque ses retrouvailles avec Antonio Banderas et la sortie est calibrée par rapport à sa venue sur la Croisette.

Mais Almodovar n'est pas un palmé, contrairement aux Frères Dardenne qui viendront avec Le gamin au vélo, Nanni Moretti et son Habemus Papam et Lars Von Trier qui nous réserve son Melancholia.

Outre ces cinéastes "cannois", d'autres déjà primés au Festival devraient être sélectionnés : Paolo Sorrentino, et son This Must be a Place (avec Sean Penn), Andrea Arnold (Fish Tank) qui a réalisé sa version des Hauts de Hurlevent, Aki Kaurismäki et un film délocalisé en France (ce n'est pas sa première fois), Le Havre, Alexander Sokourov et une revisitation de Faust.

Déjà venus en compétition, Paradise d'Ulrich Seidl pourrait encore provoquer le Festival.

Finalement, le cinéma européen gagnerait à être représenté d'une manière ou d'une autre par des nouveaux talents ou des regards singuliers moins connus. On pense à La Fée du trio Abel / Godron / Romy, Les géants de Bouli Lanners, La femme du Ve de Pawel Pawlikowski (prix MEDIA du talent européen l'an dernier à Cannes), Halt auf Freier Strecke d'Andreas Dresen (prix du jury Un certain regard en 2008) ou, s'il est prêt et rien n'est moins sûr, au nouveau film de Steve McQueen (The Hunger, qui avait fait sensation à Un certain regard), Shame.

Dans les sélections autres que la compétition, les oeuvres de Maxi Valero (El hombre de las Mariposas), Sergio Caballero (Finisterrae), James Marsh (Project Nim), Juan Antonio Bayona (L'impossible), Paddy Considine (Tyrannosaur), Tomas Alfredson (Tinler Tailor Soldier Spy même si Venise semble plus probable) ou encore Cary Fukunaga (Jane Eyre par le cinéaste de Sin Nombre) peuvent dénoter et amener un peu de sang neuf. Si la tendance de ces dernières années se maintient, le cinéma espagnol et le cinéma allemand seront boudés, tandis que le cinéma d'Europe de l'Est aura de nombreux ambassadeurs.

Si le documentaire de Fatih Akin, Garbage in the Garden of Eden, semble davantage calé pour aller à Venise, la surprise qu'il soit à Cannes nous ravirait. de même le Jim Sheridan, Dream House, avec Daniel Craig, Rachel Weisz et Naomi Watts, semble préférer faire son lancement à Toronto. Plus probable, le Michael Winterbottom cru 2011, The Trip, pourrait combler l'absence des grands noms britanniques.

Pedro Almodovar retrouvera Marisa Paredes, en chanteuse italienne

Posté par vincy, le 27 janvier 2011

Elle s'appelle Mina Anna Mazzini. Cette chanteuse populaire italienne a briller sur les différentes scènes du pays durant 20 ans et continue, à 70 ans, d'enregistrer des disques. "Mina" a été l'une des figures de proue du pop-rock italien dans les années 60, avant de devenir animatrice de la chaîne de télévision publique. Mina a aussi joué dans quelques films, et s'est offert le luxe de refuser une proposition de Fellini. Son contrat sera interrompu brutalement quand elle avoue attendre un enfant de l'acteur (marié) Corrado Pani (Rocco et ses frères). Elle est exclue des programmes télévisés et radiophoniques durant deux ans. Elle créera sa propre maison de disques en 1967. Et quittera la scène en 1978, au sommet de sa gloire, devenant une sorte de Garbo mystérieuse pourchassée par les paparazzi. Cette "diva" est aussi une icône gay en Italie. Son album Mina Cenletano s'est vendu à 1,6 millions d'exemplaires. Elle a été reprise par Catherine Ringer, Françoise Hardy, Shirley Bassey, Dionne Warwick, Dalida, Sarah Vaughan et même Céline Dion (en duo avec Pavarotti). Une trentaine de livres lui sont consacrés.

Et justement, tout ça pour vous informer que Pedro Almodovar, qui vient d'adapter le polar français Mygale (La piel que habito devrait être à Cannes cette année) a choisi de transposer le livre sur Mina rédigé par Paolo Limiti (inédit en France), parolier, animateur et producteur de TV. Le film ne se concentrerait que sur les années 60, les plus tumultueuses de la chanteuse. Intitulé Mina, il aura pour vedette, dans le rôle de l'artiste, Marisa Paredes. Celle-ci, chez Almodovar, avait déjà incarné une chanteuse dans Talons Aiguilles, une comédienne de théâtre dans Tout sur ma mère. Ils ont tourné cinq films ensemble.

Plus étrange : Paredes est née en 1946 (Mina en 1940). Comment jouer une chanteuse de 20 ans quand on en a 65? Une adaptation librement inspirée, façon Pedro? En tout cas son premier biopic.

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Site officiel de la chanteuse Mina

Philippe Hellmman : le Grand Rex, UGC et Walt Disney endeuillés

Posté par vincy, le 21 novembre 2010

raiponce pleure philippe hellmannAvec 5 458 entrées mercredi dans la seule salle du Grand Rex, Raiponce est arrivée en deuxième place du box office premier jour de Paris et Banlieue, devant six films disposant d'une combinaison de 10 salles et plus.

C'est à la fois la magie du Disney de Noël mais aussi celle de la grande salle de 2 700 fauteuils du Grand Rex, classé monument historique (depuis 1981). Ce lieu mythique  accueille depuis des années le traditionnel film familial des fêtes, deux semaines avant sa sortie nationale.

Le Grand Rex est pourtant en deuil. Philippe Hellmann, son propriétaire, est mort à l'âge de 68 ans d'une maladie foudroyante, samedi 13 novembre. Il a été inhumé jeudi 18 novembre en présence de nombreuses personnalités du cinéma. Ce "Monsieur Cinéma" avait hérité de cette salle mythique à 24 ans, quand son père était décédé. Jean Hellmann gérait depuis 1939 cette salle construite sept ans plus tôt.

Le Grand Rex est un des rares grands cinémas indépendants de la capitale. Il en fut souvent le plus innovant. Pour exemple, en 1988, il inaugure son écran le Grand Large (21 x 11 mètres), à l'époque le plus grand d'Europe, avec le film de Luc Besson, Le Grand Bleu.

Hellmann a tout transformé au fil des années, jusqu'à lui annexer le Rex Club à la fois boîte de nuit et salle de concert. Au Grand Rex, on peut voir des comédies musicales familiales (Franklin) et générationnelles (Joe Dassin). Une centaine d'artistes se produisent chaque année, de Jacques Higelin à Jeff Mills. Dans les sous-sols du Rex Club ou dans la grande salle, il peut accueillir des artistes "underground" majeurs ou des vedettes du pop et du rock, et même du One Man Show. Il avait, en effet, diversifié son offre bien avant qu'on ne diffuse de l'opéra et du football dans les salles de cinéma, en 3D.  Il voulait reprendre une autre tradition, celle du Music-Hall, à quelques stations de métro de l'Olympia. "A l'origine, c'était le Théâtre Rex. Dans les années 1930, il y avait ici à demeure un orchestre de 80 musiciens et 30 girls qui donnaient un spectacle avant chaque séance", expliquait en mars dernier au journal Le Parisien ce propriétaire jamais à court d'idées.

Seul échec majeur du propriétaire : il avait perdu la bataille de l'agrandissement de son lieu. La mairie du IIe arrondissement, seule mairie d'arrondissement dirigée par un élu Vert, lui refuse le principe d'un parking, ce qui fait sombrer le projet global : 14 salles, un jardin, trois restaurants. Une erreur majeure de la municipalité face à la désaffection des cinémas du quartier Opéra-Grands Boulevards.

Sa structure UGC Ph a financé les premiers films de Christopher Nolan et Ang Lee

Au début de sa carrière, Philippe Hellmann avait intégré UGC , touchant ainsi à tous les métiers du cinéma. À l'époque, le groupe n'avait que 52 salles, il en possède aujourd'hui 400. Puis il avait créé une structure spécifique : le distributeur/producteur UGC Ph (Philippe Hellmann) à qui l'on doit Memento (Christopher Nolan), les meilleurs films de Kenneth Branagh (Les amis de Peter, Beaucoup de bruit pour rien) et les oeuvres d'Ang Lee (de Garçon d'honneur au Secret de Brockeback Mountain). Des textes de Nolan et Lee furent d'ailleurs lus lors des funérailles. UGC Ph a aussi distribué Gilliam, Cronenberg, un documentaire de Cameron et Almodovar, entre autres.

Walt Disney n'a pas manqué de rendre hommage à celui qui a lancé de nombreux dessins animés dans sa salle, avec le triomphe que l'on sait. En plus d'une pleine page dans le journal professionnel Le Film Français où il a été demandé au superviseur de l'animation de Raiponce, Glen Keane, de dessiner l'héroïne pleurant un "ami" perdu. "Je me souviens de l'incroyable succès d'Aladdin ou du Roi Lion. Ce dernier a en effet vu défiler 130 000 spectateurs alors qu'il était seul à l'affiche du Grand Rex" déclare Jean-François Camilleri P-DG de Walt Disney Pictures France. Un record qui tient toujours.

En 2007, Philippe Hellmann avait racheté les murs du Grand Rex aux Galeries Lafayette, qui les possédaient. Depuis Le Grand Rex organise aussi des  avant-premières nationales, comme L'Arnacœur, au printemps, ou Salt, en août. Des festivals (Chéris-Chéries, Pariscience, Jules Verne) s'y déroulent.
Le Grand Rex est aujourd'hui composé de 7 salles, pouvant accueillir 4 200 spectateurs simultanément. Il est dirigé depuis plus de vingt ans par Bruno Blanckaert.