Festival des Séries: il y aura forcément des morts!

Posté par vincy, le 25 mars 2017

Lille a été sélectionnée pour accueillir le festival des séries voulu par le ministère de la Culture et de la Communication, après une sélection type "jeux olympiques" où, en finale, seule la ville nordiste et Paris étaient en concurrence.

Un événement à 4,4 millions d’euros (puis 5 millions selon Xavier Bertrand, président de la région), ce n'est pas inutile pour la métropole de Martine Aubry, qui a échoué depuis 20 ans à installer une manifestation culturelle internationale pérenne (si on ne compte pas la grande braderie).

Lille publique, Cannes privée

Pourtant, le choix officialisé hier laisse dubitatif. Ce Festival international des séries qui se veut le "Cannes" du genre, qui était convoité par Paris mais aussi Bordeaux, Nice et ... Cannes!, a beau avoir fait consensus auprès des organisations d'auteurs, de producteurs, de distributeurs ou encore des diffuseurs, on va émettre quelques doutes. Certes, la ville est très bien située en Europe (mais très mal reliée par l'aérien, dépendant de Paris et de Bruxelles). Certes, elle dispose de nombreux studios créatifs (jeux vidéos, publicité, infographies...) et d'une politique audiovisuelle dynamique (Le Fresnoy notamment), mais elle n'a jamais été identifiée comme une capitale européenne audiovisuelle ou de congrès.

Mais ne soyons pas rabat-joie: Lille est une ville formidable, attirante, généreuse humainement et festive. Le premier festival est prévu pour le printemps prochain. Rappelons que le printemps est chargé en événements cannois... "Il s’agit de mettre sur pied une grande compétition de référence internationale, qui donne à voir la diversité de la création de séries dans le monde comme le fait le Festival de Cannes pour le cinéma, mais qui soit également un projet culturel ouvert à tous les publics et qui puisse vivre toute l’année "explique-t-on au ministère. Ne nous leurrons pas: le festival marchera si des stars américaines de séries HBO-Netflix-Showtime-& co viendront. Le budget est confortable et l'Etat y contribuera à hauteur de 20%.

Canal + reste sur la Croisette

Malheureusement pour Lille, les Gaulois n'aiment plus forcément les décisions centralisatrices venues d'en haut. Et Cannes, dès son éjection avant la finale, a décidé de lancer un événement concurrent. En se payant, au passage, Fleur Pellerin, ancienne ministre de la Culture (priceless) comme présidente de son Festival et Canal + comme partenaire. Sans compter que la Croisette, qui accueille déjà le plus grand festival de film du monde, le MIP TV et le MIP com, dispose ainsi d'une notoriété mondiale auprès des professionnels de l'audiovisuel (en plus d'une offre hôtelière abondante). Récemment le maire LR David Lisnard, a indiqué que "Ce projet est un enjeu stratégique vital pour l'économie de la ville. Nous l'avons imaginé et nous le mûrissons depuis 2011. Il ne nous échappera pas."

La date? Le printemps 2018 aussi, en marge du Marché international des programmes de télévision (MIPTV), en collaboration avec le géant international des salons et congrès Reed Midem. Une conférence de presse de présentation se tiendra le 3 avril.

Séries Mania piégée

Cette bisbille pourrait à terme s'achever sur un match entre "public" et privé". Mais on s'étonne que l'Etat n'ait pas préféré labellisé son grand festival des séries sur un festival déjà existant. Que va-t-il se passer pour Séries Mania (Paris, en avril) et Séries Séries (Fontainebleau, en juin)? Le premier est unanimement reconnu par la profession et se paye même le luxe d'une couverture quotidienne dans les journaux professionnels américains. Le second a une légitimité historique.

Si le ministère et les collectivités territoriale autour du projet lillois espèrent aller chercher des compétences humaines au sein de ces deux événements, d'autres craignent surtout une vampirisation meurtrière. A l'AFP, Bruno Julliard, en charge de la culture à Paris, explique que la décision du ministère de la Culture va se "traduire par le résultat inverse à l'objectif recherché à l'origine, à savoir trois festivals de séries concurrents sur le territoire français." Traduisons: l'Etat ne pourra pas aider financièrement trois festivals, dont deux qui concurrencent son propre projet. Est-ce que Séries Mania (40000 spectateurs, 700000 euros d'aides du CNC) et Séries Séries (2500 spectateurs, 600 professionnels) peuvent se passer des aides de l'Etat? Car le ministère ne s'en cache pas: les crédits vont bien aller se concentrer sur le festival lillois, même si Séries Séries a soutenu la candidature de Lille.

Avec quatre événements, dont trois au printemps, sur le même thème et avec les mêmes ambitions, chacun avec ses atouts et ses handicaps, une chose est certaine: il y aura au moins un mort, si ce n'est deux ou trois.

Nymphomaniac et Salafistes: la justice donne raison aux plaignants (et tort au ministère)

Posté par vincy, le 15 juillet 2016

Après Baise-moi, la Vie d'Adèle et Love, l'association proche des milieux catholiquess traditionnalistes Promouvoir a encore réussi à censurer un film. Suite à une plainte déposée par l'association en 2014, le juge des référés du tribunal administratif de Paris avait à l'époque révoqué le visa d'exploitation en France de la version longue de Nymphomaniac vol. 1, alors interdit aux moins de 12 ans. Un deuxième visa avait été accordé en mars 2015 avec une interdiction aux spectateurs de moins de 16 ans (lire aussi notre actualité du 4 février). Or celui-ci vient d'être à nouveau annulé par la cour administrative d'appel de Paris, selon l'AFP, car jugée "insuffisante". La ministre de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, devrait réexaminer l'interdiction pour accorder un nouveau visa, , autorisation administrative nécessaire à toute exploitation dans les salles. L'objectif de Promouvoir est de le classer comme film pornographique. Cette décision de la cour administrative d'appel de Paris, rendue publique mardi, a en effet été prise à la suite d'une action engagée par deux associations dont Promouvoir.

Parallèlement, dans une toute autre histoire, le Tribunal administratif de Paris  a rendu son jugement et vient d’annuler totalement toute décision d’interdiction du film Salafistes qu’avait prise le 27 janvier la ministre de la Culture de l'époque, Fleur Pellerin, et déclare cette mesure "entachée d’illégalité". En février, la justice avait suspendu la décision de Fleur Pellerin d’interdire le film de François Margolin et Iémine Ould M Salem qui voulait que le documentaire soit interdit aux moins de 18 ans (lire aussi notre article du 18 février.

Dans son jugement, le tribunal affirme qu'"Un tel film documentaire, qui comporte des scènes de résistance ou de dissidence, permet au public, du fait même de sa conception d’ensemble et du réalisme de certaines scènes, de réfléchir et de prendre le recul nécessaire face à la violence des images ou des propos qui ont pu y être présentés". Ajoutant: "Contrairement à ce que soutient la ministre de la Culture et de la Communication, ledit documentaire ne peut être regardé comme véhiculant une propagande en faveur de l’intégrisme religieux ou incitant, même indirectement, des adolescents à s’identifier à des mouvements prônant l’action terroriste, pour les seuls motifs que sa narration laisserait une place trop importante à des personnes se réclamant du 'salafisme' et justifiant le terrorisme et qu’il serait dépourvu d’un commentaire rejetant explicitement les allégations de ces mêmes personnes."

La décision du ministère n'avait aucun précédent à l’encontre d’un film documentaire depuis la Guerre d’Algérie. La société de production espère désormais  que cette décision de justice "permettra de retrouver l’apaisement avec les partenaires du film et que France 3, qui l'a coproduit, le diffusera prochainement, à une heure de grande écoute, comme l’a fait récemment la Télévision Tunisienne, suivi d’un débat qui permettra aux uns et aux autres de s’exprimer sur ces questions essentielles pour l’avenir de notre pays : celle du salafisme et celle du terrorisme".

Le rapport Mary préconise une nouvelle classification des films

Posté par vincy, le 29 février 2016

loveAudrey Azoulay a hérité d'une patate chaude quand elle a succédé à Fleur Pellerin au ministre de la Culture et de la Communication. Ce lundi 29 février, elle a reçu le rapport commandé par Pellerin, et signé Jean-François Mary, Président de la Commission de classification des œuvres cinématographiques.

Ce rapport sur les conditions d'interdiction des œuvres de cinéma aux moins de 18 ans, dans le cadre de la procédure de délivrance des visas accordés aux œuvres cinématographiques, fait suite a plusieurs décisions judiciaires qui annulaient les visas émis pour des oeuvres violentes ou des oeuvres qui montraient des scènes de sexe explicite. L'Association Promouvoir a gagné presque toutes ses batailles, malgré deux récentes déconvenues pour Bang Gang et Les Huit salopards.

"Cette réflexion a porté sur l'automaticité de cette interdiction et sur la durée des procédures applicables" explique le ministère qui a "décidé d’engager une réforme des textes en vigueur afin d’assurer la meilleure protection possible du jeune public.

Deux axes sont retenus:

- adapter les critères qui encadrent actuellement l’interdiction aux mineurs de -18 ans pour conforter le rôle et élargir le pouvoir d’appréciation de la Commission de classification, qui représente l’ensemble des composantes de la société.

- engager une réflexion visant à simplifier les voies de recours pour réduire les délais de la procédure devant la justice administrative pour assurer la détermination de la classification d’un film.

Préalables

Le rapport de Jean-François Mary a prix en compte que "la classe d'âge entre seize et dix huit ans correspond à une étape importante du développement de l'individu sur le plan de l’autonomie personnelle et psychologique, et la classification appliquée doit respecter un équilibre entre la maturité et la fragilité des individus à cet âge de la vie."

Il considère que "les mesures de classification les plus restrictives déterminent toute l’échelle des mesures de classification en aval" et que "le choix d’une classification à seize ans ou à dix-huit ans par le ministre chargé de la culture a des effets sur la projection du film en salles bien au-delà du public des mineurs." En effet, "nombre de distributeurs et d’exploitants renoncent purement et simplement à projeter le film dans leurs salles", ce qui "tue" le film commercialement. Enfin "le choix de la classification à seize ans ou à dix-huit ans étend ses effets sur la diffusion des films à la télévision et sur la sortie des films en DVD et sur les autres supports numériques ou analogiques", ce qui a un impact considérable aussi bien sur le financement que sur l'audience du film.

Le cinéma, un "objet" pas comme les autres

Le rapport conserve l'idée que les oeuvres cinématographiques doivent bénéficier "d'un régime d'exception" en matière de censure. Il propose l'ajout d'un alinéa: "(...) il est tenu compte de l’intention ou de la démarche artistiques de son auteur, ainsi que des éventuel les mesures administratives délivrées en vue ou à l’occasion de sa diffusion."

"Cette formulation serait donc le rappel utile d’une vérité qui est déjà acquise en jurisprudence. Elle aurait le mérite de consolider l’attitude du juge
en faveur du respect de la liberté de création
."

Les mineurs majeurs sexuellement

Personne n'a réclamé la suppression de la classification X  mais le rapport souligne que "la suppression de l’interdiction aux moins de dix-huit ans peut
s’autoriser des évolutions du droit pénal lui-même en ce qui concerne ce que l’on appelle d’une expression impropre la « majorité sexuelle ».
"

Sachant que l’évolution du droit pénal ne remet certes pas en question le principe de la protection des adolescents face à certaines images, une "solution pourrait être la réécriture de l’article R. 211-12", notamment, "en tenant compte de la récente jurisprudence du Conseil d’État sur les films Love et Saw 3D."

Nouveau système de classification

La nouvelle rédaction de l’article R. 211-12 pourrait donc être : "Le visa d'exploitation cinématographique s'accompagne de l'une des mesures
de classification suivantes, en fonction du trouble que l’oeuvre ou le document est de nature à produire sur la sensibilité des personnes mineures :

1° Autorisation de la représentation pour tous publics ;

2° Interdiction de la représentation aux mineurs de douze ans ;

3° Interdiction de la représentation aux mineurs de quatorze ans ;

4° Interdiction de la représentation aux mineurs de seize ans ;

5° Interdiction de la représentation aux mineurs de dix-huit ans, lorsque l'oeuvre ou le document comporte sans justification de caractère esthétique
des scènes de sexe ou grande violence qui sont de nature, en particulier par leur accumulation, à troubler gravement la sensibilité des mineurs, à
présenter la violence sous un jour favorable ou à la banaliser

6° Interdiction de la représentation aux mineurs de dix-huit ans avec inscription de l'oeuvre ou du document sur la liste prévue à l'article L. 311-2."

Il est donc envisagé "de créer une catégorie intermédiaire entre douze et seize ans. En effet, il est clair que les capacités de distance critique à douze ans sont inférieures à ce qu’elles peuvent être entre seize et dix-huit ans. L’introduction d’une restriction à quatorze ans permettrait d’introduire une plus grande liberté d’appréciation, car le choix est souvent délicat lorsque le risque est de viser trop bas à douze ans et trop haut à seize ans."

Trouble et sexe

Il appartiendrait toujours à la commission et au ministre chargé de la culture d’élaborer une doctrine pour les critères de classification des niveaux inférieurs, en "en fonction du trouble que l ’oeuvre ou le document est de nature à produire sur la sensibilité des personnes mineures."

On modifierait aussi l'intitulé définissant l'oeuvre: "Le remplacement du critère de « scènes de sexe non simulées » par celui de « scènes de sexe »: le critère de la « non simulation » des scènes de sexe a évidemment perdu son intérêt au cours des récentes années, avec le développement des techniques numériques de mise en scène. Une scène peut être tout à fait explicite à l’écran tout en ayant été simulée lors du tournage. Plus généralement, certains films justifient une interdiction aux moins de 18 ans quant à l’effet produit sur de jeunes spectateurs sans comporter de telles scènes, et le raisonnement inverse peut tout aussi bien être tenu dans le cas où un film comportant de telles scènes ne justifie qu’une interdiction de moindre sévérité. C’est d'ailleurs ce que le Conseil d'Etat avait relevé dans l’arrêt rendu à propos du film Le pornographe cité plus haut."

Incitation à la violence

Le rapport souhaite aussi modifier la définition de la "violence dans les oeuvres cinématographiques. "L'intégration de la prévention à « l'incitation » à la violence vient en en écho aux dispositions de l'article 227-24 du code pénal. Cet ajout vise à montrer qu’au regard de la psychologie des mineurs,
l’incitation à la violence est une question en elle-même qui revêt une importance particulière.
" Sans entrer "dans le débat controversé sur le
caractère addictif des images de violence extrême
," puisqu'il "est raisonnable de penser que la société souhaite à bon droit en prémunir les jeunes", le rapport constate "que dans la période actuelle, l’on prête à la fiction cinématographique plus de pouvoir sur les comportements individuels qu’elle n’en a sans doute et l’on entend proscrire dans les films toute incitation des mineurs à la drogue, à l’alcool, au tabac etc.."

Nouvelles voies judiciaires

Enfin, en cas de contestation, ce rapport suggère de "laisser le tribunal administratif de Paris juge en premier et dernier ressort de ces affaires et de supprimer la voie de l’appel pour n’ouvrir que la faculté de saisir le Conseil d’Etat, juge de cassation. Cette solution aurait l’avantage d’établir un parallélisme entre la procédure du référé suspension de l’article R. 521-1 du code de justice administrative et le règlement de l’affaire au fond. "

Les professionnels s’insurgent contre la censure

Posté par vincy, le 4 février 2016

Suite à une nouvelle décision judiciaire concernant le visa d'exploitation d'un film (Antichrist hier, Bang Gang et Ken Park à leur tour menacés), le Syndicat de la Critique de cinéma , l'ARP (Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs) et la SRF (Société des réalisateurs de films) ont décidé de réagir. Cela fait plusieurs mois que l'association Promouvoir, proche des milieux catholiques intégristes, gagnent les batailles judiciaires et imposent par voie de justice une règlementation beaucoup plus stricte sur les films, sous des prétextes moralistes. Les trois signataires interpellent la ministre de la Culture et de la Communication, qui, selon eux, ne peut pas attendre les résultats de la mission sur la modernisation du système de visa.

Le Syndicat français de la Critique de cinéma : "Après Baise-moi, Ken Park, Nymphomaniac, Saw 3D chapitre final, Love et La vie d'Adèle, Antichrist de Lars von Trier vient de voir, le 2 février dernier, son visa d'exploitation annulé par décision de la cour administrative d'appel sur une nouvelle requête de l'association Promouvoir, proche du milieu catholique intégriste. Bang Gang, une histoire d'amour moderne d'Eva Husson (photo) est à son tour menacé. Le Syndicat Français de la Critique de Cinéma en appelle à la ministre de la Culture, Madame Fleur Pellerin, et lui apporte tout son soutien dans l'objectif d'une modification des articles de loi qui contribuent à cet état de fait. Il faut que que cessent ce désaveu perpétuel des avis de la commission de classification et ces attaques répétées contre la création et les œuvres de cinéma."

Les cinéastes de l'ARP et de la SRF : "Nous sommes chaque fois atterrés de constater qu’un André Bonnet/Patrice André, représentant de « Promouvoir », association trouble, liberticide et extrémiste, peut décider seul de ce qu’on peut ou de ce qu’on ne peut pas voir en France.
Nous rappelons qu’il existe une Commission de classification, composée d’experts représentant les professionnels du cinéma, les familles, les enfants, la jeunesse, la justice, la santé et même l’intérieur. Cette Commission exerce déjà son rôle essentiel de garantir la protection des spectateurs. Il n’est plus tolérable qu’un seul homme puisse se servir de défauts existant dans nos textes au mépris de la légitimité et du travail de cette commission.

Antichrist hier encore, après La vie d’Adèle, Love, Nymphomaniac… et peut-être demain Bang gang (Une histoire d’amour moderne)… Il est ahurissant que tant de films, largement salués dans les plus grands festivals et qui n’ont heurté la sensibilité de personne, sinon les promoteurs d’un nouvel obscurantisme, puissent être interdits au public.
C’est notre vision du monde, et plus particulièrement de la France, qui est heurtée aujourd’hui, alors que la liberté de création est violemment bafouée.
Nous demandons donc à la Ministre Fleur Pellerin de prendre d’urgence les mesures issues des travaux confiés à Jean-François Mary sur la modernisation du système de visa. Elles permettront de rendre à la Commission de classification tout son sens et tout son poids.
Ce nouveau pas en arrière confirme encore une fois que l’urgence est bien réelle.
"

Saw 3D Chapitre final désormais interdit aux moins de 18 ans

Posté par vincy, le 1 juin 2015

Décision rare: le Conseil d'Etat a annulé aujourd'hui le visa d'exploitation du film d'horreur Saw 3D Chapitre final. Il y a 5 ans, le ministère de la Culture et de la Communication avait accordé ce visa, en n'interdisant le film qu'aux moins de 16 ans. le film avait attiré plus de 560 000 spectateurs en France.

Mais pour l'Association Promouvoir, le film aurait du être interdit à l'ensemble des mineurs. L'organisme a donc demandé l'annulation. Et après des années de procédure, le Conseil d'Etat a validé sa demande, considérant que Saw 3D Chapitre final comportait "de nombreuses scènes de très grande violence", soit "un grand nombre de scènes filmées avec un grand réalisme, montrant des actes répétés de torture et de barbarie et représentant de manière particulièrement complaisante les souffrances atroces, tant physiques de psychologiques, des victimes prises dans des pièges".

L'avis du Conseil d'Etat ajoute perfidement que "le ministère de la Culture a commis une erreur d'appréciation en interdisant la diffusion du film en cause aux seuls mineurs de moins de 16 ans".

Suite à cette décision, le ministère de la Culture devra réexaminer le dossier afin de délivrer un nouveau visa d’exploitation plus restrictif que le visa initial. Mais, comme le signale l'avis: "La décision du Conseil d’État n’implique cependant pas que le ministre de la culture prenne les mesures nécessaires pour retirer le film litigieux des salles." Pour un film sorti il y a 5 ans, ce genre de commentaires est ironique et montre à quel point le combat était assez vain.

L'Association Promouvoir avait déjà obtenu gain de cause en 2012 avec Antichrist de Lars von Trier. Le Conseil d'Etat avait là aussi annulé le visa d'exploitation du film, pour l'assortir d'une interdiction aux moins de 16 ans. Promouvoir avait été déçu de la décision, espérant un classement en oeuvre pornographique. Il faut dire que l'association a pour objet "la promotion des valeurs judéo-chrétiennes, dans tous les domaines de la vie sociale", de la lutte contre la pornographie à la défense de la vie et la vigilance sur la bioéthique.  Baise-moi avait subit le même sort en 2000, tout comme Ken Park.

Changer la chronologie des médias pour résister à Netflix?

Posté par vincy, le 21 juillet 2014

aurélie filippettiL'arrivée de Netflix en France fait-elle vraiment peur? On se demanderait bien pourquoi. Le modèle économique n'est pas vraiment nouveau (abonnement mensuel pour visionnages illimités) puisqu'il est déjà exploité dans la bande dessinée numérique (Izneo) ou la musique (Spotify). La Vidéo à la demande et les chaînes en replay fonctionnent bien et sont assurées de contrats pluri-annuels de diffusions de programmes solides, ce que ne propose pas, a priori, Netflix ou éventuellement Amazon, YouTube et autres. Mais Netflix fait quand même peur puisque le ministère de la Culture et de la Communication est prête à révolutionner la chronologie des médias.

Dans Le Figaro d'aujourd'hui, la ministre, Aurélie Filippetti, avance donc une proposition choc pour essayer de résister à ce nouveau venu numérique américain (qui évidemment payera ses impôts ailleurs).

"La salle de cinéma doit dans ce nouveau cadre continuer à primer pour les films"

Constatant que depuis 5 ans, l'environnement numérique a changé les règles en matière de diffusion de films (et pas seulement : il est de plus en plus rare qu'un film tienne l'affiche plus de quatre semaines dans des combinaisons de salles importantes), Aurélie Filippetti considère qu'il est temps "d'en tenir compte et de donner un nouvel élan à nos industries culturelles, tout en favorisant les offres légales en ligne". Elle propose donc "un nouvel équilibre" pour la chronologie des médias. "La salle de cinéma doit dans ce nouveau cadre continuer à primer pour les films", rejetant ainsi l'idée "d'une diffusion simultanée sur Internet". "Des dérogations encadrées devraient être prévues pour des films qui auraient très vite épuisé leur potentiel en salles". Dispositions qui ont déjà été assouplies en 2009, mais qui ne suffisent plus apparemment.

Par conséquent, la ministre souhaite que les films soient diffusés en VàD par abonnement non plus 36 mois après la sortie en salles mais 24 mois. "La fenêtre d'exclusivité des chaînes de télévision pourrait être resserrée" ajoute-t-elle. Par ailleurs, elle veut réduire de deux mois le délai pour qu'une chaîne de télévision diffuse un film. Canal + pourrait ainsi diffuser un film sorti en salles il y a 8 mois au lieu de 10, TF1 ou M6, si elles sont coproductrices du film, n'attendrait plus 22 mois mais seulement 20 mois, et plus généralement n'importe quelle chaîne hors cinéma pourrait inscrire dans son programme un film sorti il y a 28 mois au lieu de 30.

Enfin, la ministre voudrait que "la diffusion de courts-métrages soit libre".

Tout cela ne résout pas le plus gros problème du moment : face à l'encombrement des salles en nouveautés chaque semaine, et à la fragilité des films qui sortent sur moins de 50 copies, comment faire pour ne pas ouvrir la porte à des diffusions simultanées entre quelques salles et le web pour des oeuvres plus vulnérables (documentaires, art et essai)?

Développer la VàD pour limiter le piratage?

Nous "sommes engagés dans une stratégie de souveraineté culturelle et numérique de la France" explique-t-elle. Comprendre : on veut protéger le modèle économique français (qui, il est vrai, permet à l'industrie audiovisuelle nationale de mieux se défendre face aux concurrents américains, contrairement aux autres pays européens).

"Il faut promouvoir et développer l'excellence des acteurs hexagonaux dans le domaine de la vidéo à la demande. Il faut faciliter l'accès des internautes aux offres légales, en travaillant sur leur visibilité et leur disponibilité" affirme la ministre. De fait la VàD et la SVàD ont fait de nets progrès en matière d'ergonomie depuis un an. Mais combien de films, y compris des blockbusters ou des grands films d'auteurs, ne sont pas encore disponibles à la demande. Ainsi, Django Unchained de Quentin Tarantino n'est toujours pas visible sur le portail Numéricable, un an et demi après sa sortie. Pas étonnant que ce soit l'un des films les plus piratés en France.

"Dès la rentrée, je lancerai un appel à propositions pour un dispositif de référencement des sites de vidéos qui contribuent au soutien et à l'exposition de la création française et européenne" annonce-t-elle.

Reste que toutes ces évolutions ne se feront cependant que par un accord interprofessionnel.  Pour l'instant, le débat est ouvert : certains jugent le dispositif actuel archaïque et inadapté, d'autres militent pour favoriser des exceptions quand il ya  une légitimité éconoique à le faire, et puis il y a évidemment ceux qui sont farouchement contre (notamment les exploitants) et d'autres qui veulent une réflexion plus globale sur les nouvelles technologies.

En 2009, les professionnels de la profession avaient accouché dans la douleur d'évolutions comme l' avancement de la fenêtre vidéo à 4 mois, la création de nouvelles fenêtres à la demande en plus de celles de la TV (VOD et SVOD), le repositionnement des fenêtres des chaînes de TV payantes et en clair.

Aurélie Filippetti, toujours ministre de la Culture et de la Communication

Posté par redaction, le 2 avril 2014

L'annonce du premier gouvernement de Manuel Valls a confirmé Aurélie Filippetti au poste de ministre de la Culture et de la Communication.

Nommée rue de Valois à l'arrivée de François Hollande à l'Elysée (lire notre actualité du 16 mai 2012), récemment victorieuse aux élections municipales de Metz, Filippetti a initié de nombreux chantiers dans le cinéma, notamment la modification de la loi Hadopi, la gestion de la nouvelle convention collective, la baisse de la TVA sur les billets de cinéma, la charte de l'égalité hommes-femmes dans le secteur, ses combats sur l'exception culturelle (l'an dernier à Cannes) et sur le régime des intermittents...

Des réformes sont encore en cours, suite, entre autres au rapport Bonnell remis en début d'année. Le financement du cinéma, récemment aligné par la Cour des comptes, la chronologie des médias, et l'arrivée de nouveaux opérateurs comme Netflix dans l'univers numérique seront autant de défis à relever dans un secteur qui souffre de plusieurs maux, à commencer par la dépendance des contributions publiques de plus en plus grandes des films à petits et moyens budgets depuis le retrait d'Orange cinéma et l'éventuelle baisse des crédits de Canal + dans les devis des productions.

Fusion douloureuse entre la Cinémathèque de la danse et le Centre national de la danse

Posté par vincy, le 17 février 2013

La Cinémathèque de la danse et le Centre national de la danse fusionnent. Si la niche semble étroite, l'enjeu est important et concerne aussi bien la recherche, la conservation, la sauvegarde et la diffusion des films et documents filmés relatifs à la danse - toutes les danses -, que le développement de la culture chorégraphique et l’élargissement des publics de la danse. Les membres de l’Assemblée Générale de l’association de la Cinémathèque de la danse et du conseil d’administration du Centre national de la danse ont voté à l’unanimité, "leur volonté de donner un cadre renouvelé pour le développement des missions à caractère public de la Cinémathèque de la danse depuis trente ans."

Depuis le 1er janvier 2013, l’équipe de la Cinémathèque de la danse (9 salariés) est donc accueillie dans un nouveau département « Cinémathèque de la danse » au sein du CND. Le Centre national de la danse, dont le siège (rénové) est à Pantin (près de Paris), a ouvert des espaces dédiés à la Cinémathèque de la danse pour le stockage et le traitement des documents audiovisuels mais aussi pour l’accueil du public, notamment avec l’ouverture d’une salle de projection de cent places. Les travaux ont été financés par le Ministère de la Culture et de la Communication, qui indique par ailleurs avoir "prévu dans le Projet de loi de finances 2013 le transfert au Centre national de la danse de l’intégralité de la subvention précédemment allouée à l’association et l’inscription des emplois nécessaires."

Choix cornéliens

Pourtant, il y a encore trois mois, la fusion n'allait pas de soi. Le 13 novembre, le Conseil d’administration de la Cinémathèque de la Danse devait décider de la dissolution ou non de l’association qu’il contrôle. En cas de dissolution, cela signifiait une perte de son autonomie, de son nom, et même de son identité. En cas de refus, le Ministère avait prévenu que les subventions seraient coupées dès le 1er janvier 2013. Autant dire que le choix n'existait pas vraiment.

Clairement, la Cinémathèque a préféré la survie, même en situation de dépendance. Créé en 1998, le CND était logiquement programmé pour accueillir la Cinémathèque de la Danse, créée en 1982 au sein de la Cinémathèque française (elle est indépendante depuis 2005). Mais, selon le directeur de la Cinémathèque et ses nombreux soutiens, le CND est mal desservi (l'accès s'est amélioré depuis l'arrivée du Tramway à proximité, en plus du métro et du RER) et le lieu ne parviendrait pas à attirer les parisiens (ce qui est démenti par le Centre et qui n' aucun sens à un moment où l'on imaginele Grand Paris). Voilà pourquoi la Cinémathèque de la Danse était très réticente à y emménager : une cinémathèque sans public, ça n'a aucun sens. A ce déménagement qui ne soulevait aucun enthousiasme, il fallait ajouter un manque de fonds, des crédits en berne et une administration indécise... Certains craignaient même que le budget de la Cinémathèque (800 000 €) sera amputée pour combler les déficits du CND. Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, avait alerté en avril dernier les pouvoirs publics d'une telle annexion.

Polémique et inquiétudes

Quand le précédent Ministre de la culture, Frédéric Mitterrand décrète que la Cinémathèque doit perdre son statut d'association pour devenir un simple département du CND, la polémique enfle. La profession s'inquiète de l'avenir de la Cinémathèque puisque le CND n’a soi-disant aucune expérience en matière cinématographique, d’acquisition de films, de programmation, de diffusion et même de relations internationales (la Cinémathèque de la danse a une antenne à Pékin et une autre en cours de réalisation à Rio de Janeiro) ... Le Centre réfute ses arguments en affirmant disposer de 4100 titres dans la collection principale, 80 fonds d’archives riches en document vidéos, 1500 heures de programmes captés à Pantin depuis 2005 et les vidéos déposées par les compagnies depuis 1998.

Après huit mois de négociations et, reconnaissons-le devant l'évidence et la céessité d'un tel rapprochement, la fusion s'avère inéluctable. Tout dépendait de savoir dans quelles conditions. Et si cette fusion était actée dès novembre, ce n'est seulement que le 15 février 2013 que le Ministère de la Culture s'est félicité de "l'heureux dénouement". Coûteuse issue aussi puisque les travaux du siège de Pantin s'élèvent à 6 millions d'euros.

Reste à attirer le public

La Cinémathèque de la danse conserve son nom et devient donc le département Cinémathèque du CND. Et le budget sera inscrit en tant que tel dans l’analytique du CND pour le département Cinémathèque, autrement dit il este autonome. La Cinémathèque gardera son nom et son logo. Le Ministère de la culture et celui de l'Economie ont tout fait pour déminer le terrain, jusqu'à maintenir les 8 membres de la Cinémathèque de la danse. Arriveront-ils à travailler avec les équipes du CND?

Toutes les inquiétudes ont donc été effacées. Toutes? Non : il reste à savoir si le public sera au rendez-vous.

Le CND a mis en place une importante programmation cinéma/danse pour la saison en cours. Une nuit de la danse et du cinéma allemand le 21 juin est même prévue. Mais pour l'instant, les deux sites internet sont toujours distincts... et la Cinémathèque s'affiche toujours dans le 12e arrondissement de Paris. Le temps des synergies est venu...

La liquidation de Quinta industries : un effet papillon

Posté par vincy, le 22 décembre 2011

C'est un feuilleton quotidien, avec ses rebondissements. Depuis la mise en liquidation il y a une semaine du groupe Quinta Industries, les nouvelles se suivent. Et se ressemblent.

1) Liquidation judiciaire décidée

Quinta industries, détenue à 83% par l'homme d'affaires franco-tunisien Tarak Ben Ammar et à 17% par Technicolor, était en cessation de paiement depuis le 1er septembre et avait été placé début novembre en redressement judiciaire. Les 115 salariés de LTC, une filiale à 100% du groupe, s'étaient mis en grève le vendredi 9 décembre, ce qui avait entraîné comme première conséquence le blocage de la livraison des copies de Hugo Cabret et du réassort de quelques films (voir actualité du 13 décembre).

Le processus de numérisation des salles, qui s'est accéléré ces derniers mois (voir actualité du 26 septembre), aura eu raison des activités photochimiques.

LTC, ScanLab, SIS, les Audis de Boulogne : toutes ont été liquidées en attendant les offres de reprises début janvier. La continuation de l'activité a été accordée jusqu'à la mi-janvier seulement. On peut ajouter à cela l'absence de proposition pour reprendra Duran et le studio Duran Duboi (voir actualité du 2 décembre), qui "plantent" ainsi les effets spéciaux de plusieurs grosses productions. La continuation de l'activité est prévue jusqu'à fin janvier. Cela va notamment entrainer les producteurs à trouver d'autres solutions, coûteuses.

2) Des films menacés, reportés...

Warner Bros a annoncé aujourd'hui que la sortie du film Les Seigneurs, d'Olivier Dahan, serait reportée d'avril à septembre 2012. Fidélité Films a voulu rassurer. Pour Astérix 4, ils examinent différentes solutions, comme "la reprise de l'ensemble des effets spéciaux par des sociétés tierces. Cette reprise va s'accompagner de surcoûts importants, que nous n'avions évidemment pas prévus, mais qui sont gérables dans le cadre d'une production comme Astérix."

En plus de la casse sociale (près de 200 employés licenciés d'ici la fin de l'année) à la veille des Fêtes, ce sont en effet 36 longs métrages qui sont impactés. 36 films qui étaient en cours de post-production dans ces différents laboratoires, parmi lesquels, Astérix au Service de sa Majesté, La Vérité si je mens 3, Les Seigneurs, le nouveau film d'Olivier Dahan, Les Infidèles de Jean Dujardin et Gilles Lellouche, le prochain Leos Carax, Holly Motors, ou encore Thérèse Desqueyroux de Claude Miller. Les films de Gilles Bourdos, Pierre Jolivet, Frédéric Forestier, Régis Roinsard sont également concernés.

La Fédération des industries techniques du cinéma, de l'audiovisuel et du multimédia (Ficam) explique que
"toutes saisies et déplacements des serveurs informatiques entraîneraient la perte irrévocable des éléments", soit près de 300 millions d'euros d'investissements de production. Les serveurs des sociétés feraient déjà l'objet de saisies. La perte des données est sans doute le risque le plus grave actuellement. Au delà des films en cours, il y a aussi le transfert des oeuvres du patrimoine (depuis 1935) qui doit être envisagé. La Ficam propose de former un comité d'experts pour trouver des solutions à court terme mais aussi la mise en place d'un Fonds spécial de compte de soutien.

3) Les issues de secours

Il faut donc un plan de sauvetage urgent. Et là, nous ne pouvons être que circonspects face à la réponse publique. Le CNC a immédiatement réagit. Une réunion se tient aujourd'hui avec les organisations professionnelles en vue de trouver les bonnes solutions. Mais le Ministère de la Culture a attendu près d'une semaine pour faire valoir sa position. Le mépris à l'égard de cette situation surprend. Et la réponse ne rassure pas complètement.

Après la formule de politesse qui convient (Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture et de la Communication fait part "de la très vive attention qu’il porte à la situation des industries techniques du cinéma, suite à la liquidation judiciaire dont fait l’objet le groupe Quinta industries et les sociétés qui le compose"), il fixe une priorité (qui paraît évidente) : "permettre dans les meilleures conditions la finalisation et la sortie en salle des films actuellement traités par Quinta industries, et à moyen terme de garantir la conservation des œuvres stockées par le groupe."

Mais dans son communiqué, le ministre considère que l'urgence ne concerne que les films qui doivent sortir d'ici fin janvier (très peu des 36 films concernés), ignorant sans doute qu'une phase de post-production est engagée plusieurs mois avant la sortie du film. Erreur de raisonnement.

Pour les autres oeuvres, qui sont prévues après janvier, le Ministère délègue au CNC le dialogue avec les parties concernées. Manière de ne pas trop se mouiller en cas d'échec.

Enfin, maladroitement, le Ministère indique que la liquidation de Quinta industries était prévisible. Il y a eu ces dernières années une volonté publique de numériser les salles (notamment "par l’intermédiaire de dispositifs de soutien déjà existants, mais également dans le cadre des programmes de numérisation des films de patrimoine, afin de faire du numérique non seulement un moyen de valoriser et diffuser les œuvres, mais également une opportunité pour nos industries"). Manière d'annoncer que l'Etat ne sauvera pas le savoir-faire des techniciens licenciés et que les salles n'ont plus d'autres choix que de passer au numérique... La liquidation judiciaire de ces sociétés est donc une opportunité et l'Etat les enterre sans ménagement. On ne s'étonnera pas que dans ce communiqué, on ne trouve pas un seul mot pour les employés.

David Kessler, nouveau président du Forum des Images

Posté par vincy, le 4 octobre 2008

david kessler (c) christophe AbramowitzIl y a quelques semaines David Kessler quittait la direction de France Culture, qu'il occupait depuis 2005. Désormais, directeur général délégué, chargé de la stratégie et des contenus auprès du Président-directeur général de Radio France (pas facile à placer sur une carte de visite), il vient, en plus, d'être élu Président du Forum des Images (à Paris). Il remplace Pierre Tchernia, Monsieur Cinéma, dorénavant Président d'honneur, qui occupait la place depuis 1993. Au moins, cette nomination, contrairement à la récente de Cinéma du réel, s'est faite sans heurts.

Kessler a eu de nombreuses fonctions dans l'audiovisuel et l'institutionnel : Directeur de cabinet puis Directeur délégué auprès du Directeur général de France 2, Directeur général du Conseil supérieur de l’audiovisuel, Conseiller pour la Culture et la Communication auprès du Premier ministre Lionel Jospin, puis, de 2001 à 2004, Directeur général du Centre national de la cinématographie (CNC).

Parallèlement à ces fonctions, il est depuis septembre 2007 chargé par la ministre de la Culture et de la Communication d’une mission sur les rapports entre diffuseurs et producteurs de télévision.

Le Forum des Images, dont les travaux de rénovation ont pris de nombreux retards suite à des incidents techniques et juridiques, devrait réouvrir le 5 décembre prochain. La Ville de Paris a financé à hauteur de 8 millions d'euros ce chantier dédié au 7e art. David Kessler inaugurera ainsi un tout nouvel ensemble, a priori plus convivial et tourné vers le cinéma du futur, mais aussi la rue du cinéma et la bibliothèque François Truffaut.