6 événements de la rentrée à ne pas rater: le culte Harmony Korine

Posté par vincy, le 19 août 2017

Rétrospective et exposition "Harmony Korine"
Centre Pompidou, Paris 4e
du 6 octobre au 5 novembre 2017

En présence du réalisateur himself, le Centre Pompidou a décidé de consacrer sa grande rétrospective à un cinéaste à part, décalé, culte: Harmony Korine. Une grande exposition présentée pour la première fois dans une institution en France réunira un ensemble de ses peintures, photographies et installations créées depuis l'adolescence.

Korine sera également présent pour accompagner de nombreuses séances qui lui sont dédiées ainsi que des événements live, dont un DJ set durant la Nuit Blanche le 7 octobre et une rencontre le 8 octobre. Au programme, les spectateurs pourront revoir ses longs métrages - Gummo, Julien Donkey-Boy, Mister Lonely, Trash Humpers, Spring Breakers - les films qu'il a scénarisé pour Larry Clark - Kids, Ken Park -, ses courts et moyens métrages - A Bundle a Minute, Visual Mafia, Fight Harm, Korine Tap, Crutchnap, Mac and Plak, Blood of Havana, Act Da Fool, Curb Dance, Umshini Wam, Caput, Snowballs, The Lotus Community Workshop: The Fourth Dimension -, ses clips (Sonic Youth, Cat Power, Rihanna...), publicités et réalisations pour la télévision. Et bien entendu, comme pour chaque rétrospective à Beaubourg, un film de commande exclusif: "Où en êtes-vous, Harmony Korine?".

On peut ajouter au programme une carte blanche au réalisateur avec The Outsiders, Les nains aussi ont commencé petits, Pixote, la loi du plus faible, Les Amants du Pont-Neuf et Scum.

Un livre, coédité par les Éditions Rizzoli, la Gagosian Gallery et les Éditions du Centre Pompidou, abordera les différents aspects de son univers visuel.

"Ce que moi j’essaie de faire, c’est de vous faire ressentir quelque chose. Je n’essaie pas de dire quelque chose en particulier, peut-être que le film, lui, dit quelque chose et c’est très bien. À partir des personnages et de ce qu’ils racontent, ce que j’essaie d’obtenir est davantage une expérience physique : une sensation de malaise, de confusion, de transcendance, de stupéfaction, de gêne, d’humour. J’aime que ces sensations arrivent les unes après les autres, très rapidement de façon à ne jamais vous laisser en paix" rappelle le réalisateur.

Matthew McConaughey choisit une comédie d’Harmony Korine pour se relancer

Posté par vincy, le 7 février 2017

Matthew-McConaughey

Il était l'acteur le plus hot du moment il y a à peine deux ans et demi, après avoir enchaîné Magic Mike, Mud, Dallas Buyers Club (et un Oscar en poche), Le Loup de Wall Street et Interstellar, en plus de la série phare "True Detective". Matthew McConaughey traverse pourtant une mauvaise passe, même s'il peut s'enorgueillir d'être la voix principale de Tous en scène, hit mondial, et de Kubo et l'Armure magique, considéré pari les meilleurs films d'animation de l'année. Free State of Jones de Gary Ross a rapporté à peine 20 millions de $ (il a couté 50M$). The Sea of Trees (Nos souvenirs) de Gus Van Sant a été hué à Cannes et n'a pas dépassé les 2000 $ de recettes (autant dire que personne ne l'a vu aux Etats-Unis). Et son dernier film, Gold, de Stephen Gaghan, calibré pour les Oscars, a été boudé par les votants et cumule à date 6M$ de recettes.

Comment va-t-il rebondir? L'acteur vient de signer pour être la star de la comédie d'Harmony Korine (Spring Breakers), The Beach Bum. Le film suit les mésaventures hilarantes de Moondog, coquin, rebelle et adorable qui vit sa vie en grand. Korine promet une course sauvage et audacieuse, édifiante et sans issue. Le personnage est outrancier, charismatique et l'humour aussi noir que frais.

D'ici là, le comédien sera à l'affiche de La Tour sombre de Nikolaj Arcel, adaptation du best-seller de Stephen King, avec Idris Elba. le film est prévu en salles le 9 août. Et en janvier 2018, il sera au générique de White Boy Rick, de Yann Demange ('71).

Dans l'actualité, Matthew McConaughey a surpris tout le monde avec ses récentes déclarations sur Donald Trump: "Les Américains n'ont plus tellement le choix maintenant. Il est notre président. Et si les jours qui ont précédé et succédé à son investiture furent dynamiques et clivants, au regard de ses déclarations et de ses premiers décrets, il est peut-être temps de l'accepter et de se montrer constructif", a déclaré l'acteur dans l'émission The Andrew Marr Show, diffusé sur la BBC. "Peu importe les raisons de nos désaccords, il va falloir réfléchir à la manière dont on va pouvoir travailler avec lui au cours des quatre prochaines années, au moins."

Venise 2012 : Spring Breakers, le bad trip de Harmony Korine

Posté par kristofy, le 5 septembre 2012

En compétition à Venise, Spring Breakers s’annonçait sulfureux avec les "teen-idols" en bikini et James Franco en "gansta" devant la caméra de Harmony Korine : il y allait sûrement y avoir quelque chose de l’ordre de la perversion de l’adolescence... Pourtant Spring Breakers brille comme un sapin de noël auprès duquel on trouve pas le cadeau souhaité.

Les premières minutes :

“Let’s fucking do it!” Le générique s’affiche en rose fluo, c’est la fête sur la plage où l’alcool coule à flot dans la bouche des filles en maillot de bain qui sucent aussi des glaces de manière sexy (comprendre suggestive), beaucoup sont topless, et une paire de seins occupe tout l’écran sur une musique "dubstep"... La séquence d’ouverture ‘sexe drogue et rock n’roll’ montre en quelques minutes ce qu’est la fête durant le spring break, cette cassure où les étudiants américains se lâchent entre l'hiver et la dernière ligne droite avant les examens. Trois étudiantes trainent leur ennui dans la fumette, une autre préfère rejoindre un groupe religieux : elles constatent qu’elles n’ont pas assez d’argent pour partir en vacances. Et si elles faisaient un hold-up ?  Nos héroïnes vont déchanter, et les spectateurs avec.

Un casting all-stars :

“You can change your life, you can change who you are.” Les actrices - Selena Gomez, Vanessa Hudgens et Ashley Benson - sont devenues stars très jeunes. La majorité de leurs fans est mineure, et elles incarnent certaines valeurs familiales made in Disney Channel. Avec ce film, elles apparaissent comme des filles au comportement dépravé , presque tout le temps en petite tenue. C’est la bonne idée aguicheuse de Spring Breakers de les faire jouer ce genre de personnages (auxquelles il faut ajouter Rachel Korine, la compagne du réalisateur).

Face à elle l’acteur caméléon, tombeur de filles et fantasme des gays, James Franco, apparait ici en gangster tatoué, les cheveux tressés et les dents dorées. La musique est assurée à la fois par Skrillex, la révélation du "dubstep" (dont l’influence va jusqu’à Korn et Muse) et Cliff Martinez qui a oeuvré sur la B.O.F. culte de Drive (et plusieurs films de Steven Soderbergh). Le directeur de la photo n’est autre que Benoît Debie (le collaborateur de Fabrice Du Welz et de Gaspard Noé).

Harmony Korine a écrit les scénarios les plus audacieux sur l’adolescence (Kids et Ken Park de Larry Clark) et ses films en tant que réalisateur (Gummo, Julien Donkey-Boy) en ont fait une figure majeure du cinéma américain indépendant. Spring Breakers était donc sur les meilleurs rails.

Un film pas assez abouti ?

“It can’t be the end of the fun.” Le montage est assez clippé avec des contrastes de couleurs "flashy". Ici le réalisateur est loin de son esthétique naturaliste habituelle. Des bouts de scènes sont rattachés à d’autres pour plusieurs séquences en voix-off, les transitions se font plusieurs fois avec le bruit de la détonation d’un pistolet, ce qui accentue une forme de suspens. Le premier tiers du film nous plonge dans une ambiance du type ‘girls gone wild’ où les ‘interdits’ liés à la nudité ou la consommation de drogue sont franchis. Mais un des problèmes de Spring Breakers est qu’il ne contient que le début d’une idée de film (les 4 étudiantes rencontrent un jeune gangster). Ensuite il ne se passe plus grand-chose. Alors, on se rend compte de la signification de ce montage façon clip : les images se succèdent sans scénario solide.

Le meilleur est déjà passé : un hold-up vu de l’intérieur d’une voiture qui tourne à l’extérieur puis ensuite vu de l’intérieur du bâtiment. Le pire est à venir quand James Franco commence au piano une chanson de Britney Spears entouré par les filles qui portent une cagoule rose. Tout est artificiel (même une scène de triolisme dans une piscine, c'est dire). Le cinéaste ne sait plus trop quoi faire de ses personnages (les jumeaux ATL sont oubliés, d’autres s’en vont en bus), ni quoi raconter (la voix-off arrive comme une béquille).

Spring break forever, bitches !

Harmony Korine délaise son univers white-trash pour se perdre dans un film chic et toc. En tout cas, il n’a aucun doute sur le fait que son film va attirer l’attention quand il sortira en salles : « Cette nouvelle génération d’adolescent sont les enfants de la télévision, des jeux-vidéo, de Youtube », clame-t-il, et avec un grand sourire amusé « all Disney’s fans gonna love this shit ! »

Venise 2012 : une compétition sans réelles surprises

Posté par vincy, le 26 juillet 2012

69e clap pour le Festival de Venise le 29 août prochain. 17 films sont en course pour le Lion d'or, auxquels viendra s'ajouter un "film-surprise" (on murmure que ce sera The Master de Paul Thomas Anderson, retiré de la liste publiée sur les journaux professionnels américains après l'annonce de la sélection * voir fin d'article).

Le directeur du Festival, Alberto Barbera, a annoncé que "le thème principal de cette Mostra sera la crise économique actuelle, mais aussi la crise de valeurs, de modèles ainsi que celle des rapports humains et sociaux, notamment à travers la solitude".

Deux cinéastes français (mais 8 productions ou coproductions françaises!) sont en compétition avec quatre américains et trois italiens. Géographiquement, on note une forte présence de l'Europe avec 9 réalisateurs du vieux continent (5 pays seulement), 4 venus d'Asie, et 4 américains : l'Amérique latine, le Canada, le Royaume Uni, l'Espagne, l'Afrique, l'Océanie, la Chine, l'Inde, le Moyen orient, la Turquie, l'Europe de l'Est ou la Scandinavie sont ainsi complètement absents.

Pied de nez ou provocation au Festival de Cannes, cette édition de 2012 est très féminine avec quatre réalisatrices en compétition.

Mais, si de grands noms (Malick, Bellochio, De Palma, Kitano, Kim Ki-duk) côtoient des habitués des festivals (Assayas, Gianolli, Mendoza, Comencini, Bahraini, Seidl, Korine), on note peu de surprise ou de nouveaux talents dans cette compétition qui sera jugée par Michael Mann et son jury en vue de rendre leur palmarès.

La compétition

Après Mai de Olivier Assayas - France. Avec Clément Métayer, Lola Créton, Félix Armand.

At any price de Ramin Bahraini - USA/GB. Avec Dennis Quaid, Zac Efron, Kim Dickens, Heather Graham.

La belle endormie (Bella Addormentata) de Marco Bellocchio - Italie/France. Avec Toni Servillo, Isabelle Huppert, Alba Rohrwacher, Michele Riondino, Maya Sansa, Pier Giorgio Bellocchio.

La cinquième saison de Peter Brosens et Jessica Woodworth - Belgique/Pays-Bas/France. Avec Aurélia Poirier, Django Schrevens, Sam Louwyck, Gill Vancompernolle.

Lemale Et Ha'Chalal (Fill the void) de Rama Burshtein - Israël. Avec Hadas Yaron, Yiftach Klein, Irit Sheleg, Chaim Sharir.

E stato il figlio de Daniele Cipri - Italie/France. Avec Toni Servillo, Giselda Volodi, Alfredo Castro, Fabrizio Falco.

Un giorno speciale de Francesca Comencini - Italie. Avec Filippo Scicchitano, Giulia Valentini.

Passion de Brian de Palma - France/Allemagne. Avec Rachel McAdams, Noomi Rapace, Paul Anderson, Karoline Herfurth.

Superstar de Xavier Giannoli - France/Belgique. Avec Kad Merad, Cécile De France.

Pieta de Kim Ki-duk - Corée du Sud. Avec Cho Min-soo, Lee Jung-jin.

Outrage Beyond de Takeshi Kitano - Japon. Avec Tomokazu Miura, Ryo Kase, Fumiyo Kohinata, Toshiyuki Nishida.

Spring Breakers de Harmony Korine - USA. Avec James Franco, Selena Gomez, Vanessa Hudgens, Ashley Benson, Heather Morris.

To the wonder de Terrence Malick - USA. Avec Ben Affleck, Rachel McAdams, Rachel Weisz, Javier Bardem, Olga Kurylenko

Sinapupunan (Thy Womb) de Brillante Mendoza - Philippines. Avec Nora Aunor, Bembol Rocco.

Linhas de Wellington de Valeria Sarmiento - France/Portugal. Avec Nuno Lopes, Soraia Chaves, John Malkovich, Marisa Paredes, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric.

Paradies: Glaube (Paradise: Faith) de Ulrich Seidl - Autriche/France/Allemagne. Avec Maria Hofstätter, Nabil Saleh.

Izmena (Betrayal) de Kirill Serebrennikov - Russie. Avec Franziska Petri, Dejan Lilic, Albina Dzhanabaeva, Arturs Skrastins.

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Le 7 août The Master de Paul Thomas Anderson a rejoint la liste. USA. Avec Philip Seymour Hoffman, Joaquin Phoenix, Amy Adams.