7 raisons d’aller au festival Lumière 2019

Posté par vincy, le 11 octobre 2019

Francis Ford Coppola. Le maître vient de changer d'agent et espère pouvoir réaliser prochainement son projet d'une vie, Megalopolis. En attendant, il recevra le prestigieux prix Lumière pour l'ensemble de son œuvre (6 Oscars, 2 Palmes d'or). Le cinéaste fera aussi une master classe le 18 octobre. Et plusieurs de ses films, dont la trilogie du Parrain, Conversation secrète et ses premiers films méconnus seront projetés.

Les invités. Grand écart cinéphile et cosmopolite puisque Lumière accueillera cette année des stars aussi différentes que Donald Sutherland (avec une rencontre le 13 octobre), Daniel Auteuil (rencontre le 14 octobre, présentation de La Belle époque en avant-première), la doublement oscarisée Frances McDormand (rencontre le 14 octobre), Marco Bellocchio (rencontre le 16 octobre et avant-première du Traître), le Palmé de l'année Bong Joon-ho (rencontre le 17 octobre et nuit en son honneur le 18 octobre), Gael Garcia Bernal (rencontre le 18 octobre) et Marina Vlady (rencontre le 19 octobre). Tous auront le droit à la présentation de plusieurs de leurs grands films.

Le marché et le 1er salon du dvd. L'Allemagne est le pays invité du Marché international du film classique. Une table ronde, des projections de films, une exposition d'affiches en plus de quelques festivités ponctueront ce rendez-vous. Ce sera aussi le lancement du premier Salon du DVD le 13 octobre, ouvert au public comme aux pros. Une conférence publique - "Le futur du DVD/BR: durable ou incertain?" - en sera le point d'orgue. A cela ajoutons plusieurs tables rondes et keynotes et études de cas, notamment sur les médias, l'édition, l'exploitation, les business models...

The Irishman. Martin Scorsese est de retour, avec la plus grosse production Netflix à ce jour. L'événement sera à la hauteur des attentes: ses retrouvailles avec De Niro et Pesci, sa première collaboration avec Pacino. Le 15 octobre au soir, The Irishman aura les honneurs de l'une des rares projections françaises sur grand écran (deux jours avant celle de la Cinémathèque française), en présence du réalisateur.

André Cayatte. "Le courage social", tel est le titre de la rétrospective du poète, romancier et réalisateur (1909-1989--, qui a dirigé Annie Girardot, Danielle Darrieux, Emmanuelle Riva, Serge Reggiani, Noël Roquevert, Marina Vlady, Marcel Mouloudji, Anouk Aimée, Bernard Blier, Jacques Brel. De La fausse maîtresse (1942) à Mourir d'aimer (1971) en passant Par Justice est faite (1950), Ours d'or à Berlin, Nous sommes tous des assassins (1952) et Le passage du Rhin (1960), Lion d'or à Venise, Lumière va faire redécouvrir ce cinéaste qui savait scruter son époque, sa société, notamment à travers la justice et les injustices, passant du mélodrame au réalisme social.

Lina Wertmüller. Peu de réalisatrices ont su s'imposer dans l'histoire du 7e art. Et souvent elles ont été les grandes oubliées de la fabrique des rêves. Rebelle, formée aux côtés de Fellini, la réalisatrice a été la première femme nommée dans la catégorie du meilleur réalisateur aux Oscars, en 1977, avec Pasqualino. On pourra aussi voir parmi ses œuvres qualifiées parfois de provocatrices Mimi métallo blessé dans son honneur, Film d'amour et d'anarchie et Vers un destin insolite, sur les flots bleus de l'été. De la satire italienne très seventies...

Grands classiques et autres pépites. Les chefs d'œuvre en noir et blanc seront aussi au rendez-vous: Citizen Kane, M Le Maudit, La règle du jeu, La chevauchée fantastique, Voyage à Tokyo, Le Plaisir, La nuit du chasseur, Drôle de drame (accompagné d'un docu sur le duo Carné-Prévert), Miracle à Milan, Quand passent les cigognes.... On pourra aussi (re)découvrir La Beauté des choses de Bo Widerberg, La Femme aux cheveux rouges de Jack Conway, Rue des prairies de Denys de La Patellière, L’Affaire Cicéron de Joseph L. Mankiewicz, L’Âme des guerriers de Lee Tamahori ou les Courts métrages d’Émile Cohl...

Prix Lumière 2019 : Francis Ford Coppola au panthéon

Posté par wyzman, le 11 juin 2019

C'est aujourd'hui que se tenait la conférence de presse précédant le Festival Lumière de Lyon. L'occasion pour les organisateurs de répondre à la question que tout le monde se pose : qui pour succéder à Jane Fonda, lauréate 2018 du Prix Lumière ?

Légendes du cinéma

Et c'est donc Francis Ford Coppola qui recevra le Prix Lumière le 18 octobre prochain à Lyon. Auteur de films devenues cultes tels que Apocalypse Now et Conversations secrètes, la trilogie du Parrain ou encore Dracula, Francis Ford Coppola est ce que l'on appelle communément un réalisateur qui ne se présente plus. Double Palme d'or à Cannes, le réalisateur se verra consacré lors d'une soirée événement, la "Nuit du Parrain", qui se tiendra le 19 octobre à la Halle Tony Garnieret permettra à petits et grands de découvrir ou re-découvrir la trilogie qui a mené Francis Ford Coppola au panthéon des cinéastes.

Et Francis Ford Coppola ne sera pas le seul homme à l'honneur.  Thierry Frémaux a en effet annoncé un pré-programme chargé: Daniel Auteuil devrait également avoir son quart d'heure de gloire. La star de La Fille sur le pont et Le Huitième Jour aura droit à une rétrospective et donnera une master-class. L'actrice Marina Valdy sera également de la partie pour l’hommage rendu à André Cayatte. Récemment primé à Cannes d'une Palme d'or pour Parasite, Bong Joon-ho sera l'un des invités d'honneur et est attendu pour une master-class qui s'annonce déjà incontournable. De même pour Ken Loach qui, après avoir reçu le Prix Lumière en 2012, revient à Lyon le temps d'une master-class et de l'avant-première de Sorry we missed you.

Surprises en tout genre

Du 12 au 20 octobre, les festivaliers auront la possibilité de découvrir en avant-première mondiale et en copie restaurée Dans la nuit, l'unique réalisation de l’acteur Charles Vanel devenue un classique parce qu'il s'agit du dernier film français muet. Il en va de même pour La roue d’Abel Gance. Avant une ressortie prévue pour le 23 octobre, la trilogie Zombie de George A. Romero sera également projetée en copies restaurées.

Notons également la rétrospective "Forbidden Hollywood, les années Warner" qui célébrera l’âge d’or hollywoodien avec une sélection de films de 1930 à 1934, avant le code de censure Hays. Un hommage doit être rendu à l’actrice Dominique Laffin, en présence de sa fille Clémentine Autain qui lui consacre l'ouvrage Dites-lui que je l'aime (Grasset). Chez les enfants, la grande séance familiale s’articulera autour de Charlie Chaplin, avec le ciné-concert L’Émigrant et autres courts métrages le dimanche 13 octobre à la Halle Tony Garnier. Enfin, Deux livres seront l’objet de séances spéciales : Amis américains de Bertrand Tavernier (Institut Lumière / Actes Sud) et Sterling Hayden, l’irrégulier de Philippe Garnier (La Rabbia).

Petite nouveauté de cette année : Lumière Classics sera doté d’un jury invité à commenter et juger une sélection des restaurations de l’année ainsi qu'une compétition de documentaires sur le cinéma. Pour plus d'informations concernant le programme détaillé de cette 11e édition du Festival Lumière, il faudra s'armer de patienter et attendre septembre.

Francis Ford Coppola relance son vieux rêve de Megalopolis

Posté par vincy, le 4 avril 2019

coppola megalopolis

Francis Ford Coppola, absent des écrans depuis 7 ans (Twixt), devrait bientôt réaliser un vieux projet, le film de SF Megalopolis, qu'il annonce aussi ambitieux qu'Apocalypse Now. Deadline a révélé l'information cette nuit. Si aucun casting n'est confirmé, le journal en ligne évoque Jude Law parmi les têtes d'affiche.

Ce vieux rêve - le projet avait été annoncé en 2001 à Cannes - se déroulerait à New York et mettrait en opposition un architecte désirant créer une ville utopique dans une New York dévastée par un cataclysme, face à un maire décidé à combattre ce projet. Un film aussi mégalomane que ses personnages. "Oui, je prévois cette année de réaliser ma longue ambition de faire un travail majeur en utilisant tout ce que j’ai appris au cours de ma longue carrière, qui a commencé à 16 ans au théâtre, et ce sera une épopée à grande échelle" explique le cinéaste. "C'est inhabituel: ce sera une production à grande échelle avec un grand casting. Il met à profit toutes mon expérience dans différents styles et genres, aboutissant à ce que je pense être ma propre voix et mes aspirations. Ce n’est pas dans la veine de ce qui est produit maintenant, mais j’ai l’intention et je souhaite, dans le fait d'être encouragé, commencer la production cette année."

Le script s'inspirerait de l'univers d'Ayn Rand. Le projet a été arrêté brutalement à cause des attentats du 11 septembre qui touchèrent New York.  Il avait officiellement abandonné le projet quelques années plus tard, décidé à revenir à des productions plus modestes et hors-système.

Coppola, 80 ans ce week-end, a récolté au cours de sa carrière deux Palme d'or et deux Oscars du meilleur film en plus de quatre autres Oscars (réalisateur, scénario).

Martin Landau (1928-2017) s’éclipse

Posté par vincy, le 17 juillet 2017

Martin Landau est mort samedi 15 juillet à Los Angeles, à l'âge de 89 ans. Né le 20 juin 1928 à New York, il avait débuté comme dessinateur pour le Daily News durant les années 1940 et 1950.

Admirateur de Charlie Chaplin, il se tourne vers le théâtre et le cinéma. Il s'inscrit à l'Actor's studio en 1955. Parmi les 2000 prétendants aux cours de Lee Strasberg, seuls Steve McQueen et lui ont été retenus.

Deux ans après ses premiers pas au théâtre, il débute sur le grand écran, en 1959, avec un second-rôle dans La mort aux trousses d'Alfred Hitchcock, en homme inquiétant. Au cinéma, pendant plusieurs années, sa (grande) dégaine élégante reste cantonnée aux seconds rôles: Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz, La Plus Grande Histoire jamais contée (The Greatest Story Ever Told) de George Stevens, Nevada Smith de Henry Hathaway, Sur la piste de la grande caravane (The Hallelujah Trail) de John Sturges, Les Brutes dans la ville (A Town Called Bastard) de Robert Parrish...

Mais c'est sur le petit écran qu'il se fait connaître, en maître des déguisements, dans la série télévisée Mission:Impossible, durant les trois premières saisons, puis dans les deux premières saisons de Cosmos. Cela le met à l'écart du grand écran, ou, en tout cas, de grands rôles.

Finalement le cinéma ne commencera à lui proposer de grands personnages que vers le milieu des années 1980. On le voit ainsi en vieux capitaine dans L'Île aux trésors de Raoul Ruiz, avant de retrouver sa fabuleuse prestance et sa voix rauque dans Tucker de Francis Ford Coppola, qui lui vaut une première nomination aux Oscars (catégorie second-rôle) puis dans Crimes et délits de Woody Allen (deuxième nomination).

Il décroche l'Oscar grâce à Tim Burton quand il incarne sublimement un charismatique et spectral Bela Lugosi dans Ed Wood. Par la suite, Martin Landau tourne sans cesse: City Hall de Harold Becker, The X Files de Rob Bowman, Sleepy Hollow de Tim Burton, En direct sur Edtv de Ron Howard, The Majestic de Frank Darabont, ou le récent Remember d'Atom Egoyan.

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Lire aussi: Les critiques des films avec Martin Landau

Berlin 2017: La splendeur et l’obsession selon James Gray

Posté par vincy, le 14 février 2017

On ignore pourquoi The Lost City of Z n'est pas en compétition à la Berlinale. Un manque de confiance des producteurs? Ou la volonté de Dieter Kosslick, le directeur du Festival, de ne pas écraser la concurrence avec cette œuvre épique et magnifique?

Changements de casting

Hors compétition, l'adaptation du livre de David Grann arrive enfin sur les écrans. Sept ans que le projet serpentait. En 2010, Brad Pitt confirmait qu'il allait s'embarquer dans cette aventure. Trois ans plus tard, sa société de production, Plan B, qui possède les droits d'adaptation, annonçait un changement d'acteur : Benedict Cumberbatch était désormais chargé d'incarner l'explorateur Percy Fawcett. La production se lance en fin en 2015, mais Cumberbatch n'est plus disponible, occupé à jouer les Doctor Strange. Charlie Hunnam le remplace.

Il est frappant de voir à quel point l'acteur ressemble à Brad Pitt dans ses premiers films (Et au milieu coule une rivière, Sept ans au Tibet). Même blondeur, même charme, même candeur, même fêlure.

A l'ombre des Maîtres

James Gray lui aussi a mis ses pas dans ceux de ses pairs. David Lean, Stanley Kubrick, John Huston... A chaque plan, sublimé par Darius Khondji (Fincher, Jeunet, Haneke, Allen, ...), un de leurs vieux films nous revient en mémoire. On ne boudera pas ce plaisir cinéphilique mais cela resterait un film à références plutôt qu'un film de référence.

Hors, si le cinéaste nous éblouit avec cette histoire qui mêle le portrait d'une caste anglaise, l'horreur de la première guerre mondiale et l'aventure exploratrice en terre inconnue, avec ce qu'il faut d'action, de périls mais aussi d'anthropologie et d'ouverture aux autres, c'est parce qu'il transcende d'autres confrères qui ont essayé ce genre de film. Citons Bob Rafelson avec Aux sources du Nil ou Roland Joffé avec son Mission. Plus proche de nous, on pourrait évoquer Martin Scorsese et son Silence, où une certaine pesanteur et surtout un discours unilatéral plutôt en faveur des Jésuites occidentaux nous conduisaient à avoir des réserves. James Gray a su bien mieux manier les séquences intimistes et d'autres plus contemplatives, la longue durée des multiples voyages et le sens du spectacle.

Vingt ans de quête

On se doit alors de trouver une autre filiation: le cinéaste britannique Hugh Hudson. Car avec Greystoke (1984) et Altamira (2016), plusieurs thèmes similaires (jusqu'aux débats houleux entre savants sur ces ethnies "primitives" qu'on déclassaient de l'échelle de la civilisation) se croisent dans The Lost City of Z. Là où Hudson échouait à chaque fois à flirter avec une grande œuvre faisant dialoguer la nature et l'Homme, les différences et les ressemblances, l'esprit de curiosité et le désir de conquête, James Gray y parvient.

Le spectateur pourra toujours se laisser envoûter par les décors somptueux, se laisser séduire par ce personnage hors-du-commun, prêt à tous les sacrifices pour atteindre son rêve, se laisser porter par ce récit sur vingt ans où la mort, l'amour et la vie s'entremêlent. The Lost City of Z est bien plus que cela.

Existentiel

L'obsession presque égoïste de Percy Fawcett, motivée par sa capacité à comprendre la jungle et à être humble devant ses habitants d'un autre temps, révèle à quel point un désir peut mener à une forme de folie qui faut mériter de vivre. Peu importe l'issue, c'est bien le parcours qui compte. Faire un film, peindre un tableau, composer une musique, écrire un livre suffit à rendre l'existence plus intense, et ce, même si le résultat n'est pas à la hauteur des attentes ou ne vaut aucune reconnaissance.

Le film est ainsi une glorification de l'ethnologie et de l'anthropologie, avec sa part de mystère et de mystique, où l'homme est seul face à lui-même, préférant risquer sa vie à avoir vu l'invisible plutôt que de se laisser vivre dans le confort du vécu. L'homme est pareil, partout, qu'il soit Indien ou Anglais, géographe ou soldat, pourri par les honneurs, les richesses ou sincère dans sa quête illuminatrice.

Jungle Fever

James Gray a du expurger de la violence pour des questions de classification américaine. Il a retiré du scénario les conséquences de la dernière expédition des Fawcett. Il nous laisse dans la brume tropicale de cette jungle (avec ce formidable plan de son épouse sortant de la Royal Geographical Society, par une serre, où les plantes rappellent la jungle).

Le cinéaste avait demandé à Francis Ford Coppola des conseils pour tourner dans la jungle (si le film se déroule entre la Bolivie et le Brésil, le tournage a eu lieu en Colombie): "N'y vas pas" lui a répondu le réalisateur d'Apocalypse Now, répétant ainsi le conseil que lui avait donné Roger Corman.

On ne peut-être qu'heureux de voir que Gray, comme son héros Fawcett, a désobéi. Sans doute poussé par un rêve obsessionnel et splendide qui le dépassait et dont il a su retranscrire toute la démesure. La cité d'or et de maïs est perdue, mais le réalisateur y a trouvé son plus joyau: l'inspiration.

Le scénariste d’Apocalypse Now et Full Metal Jacket, Michael Herr, est mort

Posté par vincy, le 27 juin 2016

Michael David Herr, né le 13 avril 1940, est mort le 23 juin dernier à l'âge de 76 ans. Journaliste et écrivain, il a initié, aux côtés de Truman Capote, Tom Wolfe et Norman Mailer un genre littéraire, le roman documentaire.

Mais Michael Herr a aussi collaboré à des scénarios, et pas des moindres. Fort de son expérience de de correspondant au Vietnam pour Esquire à la fin des années 1960, qu'il a décliné dans un livre, Putain de mort, il a contribué à rédiger la structure narrative d'Apocalypse Now, Palme d'or, de Francis Ford Coppola. Il a également coécrit avec Stanley Kubrick et l'auteur Gustav Hasford, le scénario de Full Metal Jacket. Réalisé par Kubrick, cette adaptation d'un roman de Hasford, Le merdier, le film a d'ailleurs reçu une nomination à l'Oscar du meilleur scénario non-original. Il a aussi écrit avec Richard Stanley l'adaptation de L'île du Dr. Moreau (1996), mais les réécritures successives l'ont éliminé du générique. Enfin, il a travaillé sur le scénario de L'idéaliste, de Francis Ford Coppola, adaptation du best-seller de John Grisham.

Pour Vanity Fair, il a écrit deux articles sur Stanley Kubrick, qui ont été regroupés sous la forme d'un livre, Kubrick, paru en 2000, sans doute avec une once de regret puisque le maître lui avait proposé de travailler sur le script de Eyes Wide Shut.

Francis Ford Coppola se donne cinq ans pour réaliser son projet de film « expérimental »

Posté par vincy, le 23 avril 2016

Cinq fois oscarisé, double Palme d'or, Francis Ford Coppola planche actuellement sur son prochain long métrage, Distant Vision. Le film suivrait une famille d'italo-américain sur quatre générations. Lors d'une interview au Festival du film de Tribeca à New York, le réalisateur du Parrain et d'Apocalypse Now, désormais à l'écart des studios hollywoodiens, a confirmé qu'il s'agirait, une fois de plus d'une production indépendante, qu'il qualifie même d' "expérimentale". Distant vision prendrait plus de cinq ans pour être finalisée.

Le scénario actuel ferait, selon ce qu'il a exprimé, 500 pages. Il veut le réduire à 70 pages d'ici l'été. Le cinéaste souhaiterait mélanger des prises de vues captées en direct en tournant dans des conditions cinématographiques. "Ne serait-ce pas formidable si on pouvait faire du cinéma en direct?" s'enthousiasme-t-il, ajoutant ou se persuadant qu'il s'agissait ainsi de l'avenir du 7e art. Pour cela, selon lui, il lui faut cinq ans, car il s'agit de trouver les moyens techniques afin de produire et de tirer une performance en direct avec l'aspect visuel d'un film.

Depuis 1997, date de son dernier film de studio, le patriarche de la dynastie Coppola a réalisé trois films, L'Homme sans âge (2007), Tetro (2009) et Twixt (2012).

Edito: la panne américaine

Posté par redaction, le 18 février 2016

Qu'on ne se méprenne pas: le cinéma américain n'est pas mort. Mais on ne peut que constater son sur place depuis quelques années. A force de formatage, il a du mal à se renouveler. S'il n'y avait pas des cinéastes australien, mexicain, sud-coréen ou européen, on observerait un cruel sentiment de déjà vu aussi bien parmi les blockbusters qui répète les recettes de leurs prédécesseurs que parmi le cinéma dit indépendant qui a un aspect de plus en plus convenu. Cette impression de déjà vu permanente est inquiétante. A Berlin, les Coen et Jeff Nichols n'ont pas convaincu, sans doute parce que les deux ressassaient un cinéma "disparu", celui des années 1950 mélangé à du Mel Brooks pour les premiers, celui des années 1970-1980 teinté de Spielberg pour le second. A voir les deux leaders du box office de l'an dernier, Star Wars épisode VII et Jurassic World, on est davantage dans la réhabilitation du film culte (avec une touche de goût du jour), entre nostalgie et volonté de cibler plusieurs générations. Mais ce n'est en rien un gage d'innovation. Sur les 10 films en tête du box office 2015, seulement deux sont des films qui ne sont ni des suites, ni des reboots, ni des remakes, ni des spin-off. Il faut descendre à la 18e place pour trouver un film qui n'est ni d'action, ni une comédie, ni un dessin animé. Le premier film indépendant est 44e!

Certes, les recettes explosent, mais Hollywood paresse. La prise de risque est minimale. Les scénarios sont écrits avec des canevas pré-établis. L'image s'uniformise selon le standard de l'époque, ce qui singularise un The Revenant ou un Mad Max Fury Road. Et à chaque carton, on se dit que les studios vont exploiter le filon. Ainsi l'humour décalé et grivois des Gardiens de la Galaxie et l'humour noir de Deadpool vont sans doute entraîner de nombreux producteurs à mixer l'autodérision à l'action dans les prochaines adaptations de comics, comme la noirceur psychologique du Dark Knight avait poussé les décideurs à tourmenter un peu plus les superhéros qu'ils avaient dans leur catalogue.

Et ce n'est pas les succès moyens de bons films comme Spotlight, Sicario, Black Mass ou Le Pont des espions qui peut changer la donne, bien au contraire. Le divertissement pour adulte semble ne pas résister aux "tentpoles" pour adolescents. Le problème n'est pas une question de recettes ou de palmarès ou même de qualité (après tout Vice-Versa, 356M$, est excellent). Le souci provient surtout d'une lassitude. Difficile de faire le buzz, de faire monter le désir quand tout se ressemble, quand on sait ce que l'on va voir. Il faut déployer des trésors d'imagination marketing et signer de gros chèques pour la publicité afin d'être sûr que la visibilité du film sera optimale à défaut de créer une attente. De Gravity à Deadpool, c'est bien l'originalité du projet qui a conquis différentes strates de cinéphilie. Dès l'origine, c'est le traitement particulier à une banale histoire SF ou une énième adaptation de comics qui a fait la différence. Idem pour le cinéma "dit indépendant" qui ne parvient plus à se démarquer de son image "Sundance/Weinstein", autrement dit "drame social hérité de la nouvelle vague/films en costumes avec stars".

Il y a trente ans, le box office américain avait Platoon, La folle journée de Ferris Bueller, Stand by Me, La couleur de l'argent et Peggy Sue s'est mariée dans son top 20. Il n'y avait que 5 suites et aucun remake dans ce même Top 20. En trente ans, Hollywood a industrialisé son processus de création au point de lui faire perdre un peu de son âme, mais surtout de son génie. Coppola et Lucas l'ont souligné. Mais comme à chaque fois, le cycle va mécaniquement décliner et contraindre les "boss" californiens à se réinventer. Mais on n'en est loin: il est à craindre que, qualitativement, le cinéma américain, toujours le plus puissant du monde, se contente de son savoir-faire. Après tout, il reste le cinéma le plus fédérateur dans le monde. Et il n'a aucun rival à l'horizon. Pas étonnant alors que les Coen ou Jeff Nichols, Eastwood ou Damien Chazelle, Scorsese ou Charlie Kaufman fassent figure de résistants.

Melissa Mathison, la scénariste de « E.T. », meurt à l’âge de 65 ans

Posté par vincy, le 5 novembre 2015

Melissa Mathison est morte mercredi 4 novembre, à l'âge de 65 ans. Connue surtout pour avoir été la scénariste de E.T. L'extra-terrestre, qu'elle avait écrit en deux mois, Melissa Mathison était aussi l'auteure des scripts de L'étalon noir (1979), L'Indien du placard (1995) et Kundun de Martin Scorsese (1997), qu'elle avait également co-produit. Elle venait de refaire équipe avec Steven Spielberg en signant le scénario de son prochain film, Le Bon Gros Géant (The BFG), d'après le roman de Roald Dahl, qui sera en salles en juillet 2016.

Outre son métier de scénariste, Melissa Mathison avait travaillé comme assistante de production sur Le Parrain II et Apocalypse Now de Francis Ford Coppola. De 1983 à 2004, elle avait été l'épouse d'Harrison Ford. Ils ont eu deux enfants.

Francis Ford Coppola remporte l’un des prix espagnols les plus prestigieux

Posté par vincy, le 10 mai 2015

Francis Ford Coppola a été choisi mercredi pour recevoir le prix espagnol Princesse des Asturies des Arts (Prix Prince des Asturies des Arts jusqu'à l'an dernier), l'un des honneurs plus prestigieux du monde hispanophone.

"Les explorations du pouvoir, des horreurs et de l'absurdité de la guerre ont porté son oeuvre artistique", au point que ses films sont des "icônes collectives et universelles culture contemporaine", a expliqué le jury de cette 35ème édition du Prix.

"Au cours de sa carrière il a lutté sans cesse pour maintenir une indépendance entrepreneuriale et créative totale, en tant que réalisateur, producteur et scénariste", a ajouté le jury qui l'a choisi parmi 31 candidats de 19 pays.

Ce prix, doté de 50000 euros et d'une statuette imaginée par Joan Miro, a rarement récompensé des personnalités issues du cinéma. Coppola rejoint parmi les étrangers primés le brésilien Oscar Niemeyer, le cubain Roberto Matta, l'acteur italien Vittorio Gassman, l'américaine Barbara Hendricks, le polonais Krzysztof Penderecki, le cinéaste américain Woody Allen, la russe Maya Plisetskaya, l'américain Bob Dylan, le britannique Norman Foster, l'américain Richard Serra, l'italien Riccardo Muti, l'autrichien Michael Haneke (lire notre actualité) et le canadien Frank Gehry. Les metteurs en scène espagnols Fernando Fernán Gómez et Pedro Almodóvar ont également été honorés par ce prix.

Le réalisateur de la trilogie du Parrain, d'Apocalypse Now et de Conversation secrète ajoute ce prix à ses 6 Oscars, ses 4 Golden Globes, ses 2 Palmes d'or cannoises, sa Coquille d'or de San Sebastian, son Lion d'or à Venise, sa Berlinale Camera de Berlin, etc...