Changement de formule pour la Rentrée du cinéma

Posté par vincy, le 19 août 2010

Avant, la Rentrée du cinéma, l'un des trois événements de la Fédération nationale des cinémas Français avec La fête du cinéma et Le printemps du cinéma, se déroulait sur 4 jours, mi-septembre.

Cette année, on change la formule : un jeune de moins de 27 ans, s'il achète un billet au plein tarif,  bénéficiera d'un tarif réduit pour une autre séance du même cinéma le même jour. 1max2ciné (ça fait jeune!) sera valable dans toute la France, mais seulement le samedi (4, 11, 18, 25 septembre). Avec BNP Paribas, l'opération est étendue aux dimanches (5, 12, 19, 26).

Pour les plus de 27 ans et ceux qui auraient voulu y aller en semaine, il faudra attendre le printemps ou prendre une carte d'abonnement. On peut comprendre la démarche marketing, la conscience du faible pouvoir d'achat de ce public, mais de là à ostraciser les cinéphiles plus âgés. Même dans la communauté "gay", la limite des "jeunes" est à 29 ans! La rentrée pour la FNCF,  ce n'est que pour les "enfants".

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Une grève timide pour les cinémas français

Posté par vincy, le 2 novembre 2009

On a du mal à comprendre pourquoi ils n'y vont pas plus violemment...

Le problème est réel et grave : les petites et moyennes salles de cinéma voient leur fréquentation baisser année après année. Les récentes lois gouvernementales ont raccourci les écarts entre la diffusion en salles et la sortie en DVD/VOD, ce qui met en péril les cinémas qui fidélisent leurs cinéphiles avec des films privilégiant le bouche-à-oreilles et la durée d'exploitation. Mais il y a aussi la révolution numérique qui s'annonce, inéluctable mais très coûteuse pour des petits cinémas. Le prix des équipements à presque doublé en dix ans. La situation économique se dégrade pour une grande partie des cinémas de proximité au profit des multiplexes, qui sont souvent plus accessibles en voiture qu'en transports en commun. Pas très "écologiquement correct".

La FNCF - Fédération nationale des cinémas français - a donc appelé 2 100 cinémas du territoire à éteindre leurs enseignes ce mercredi de 18h à 19h. Un cri d'alarme à l'intention des pouvoirs publics. Mais reconnaissons que le cri est timide : bien sûr les spectateurs ne sont pas pris en otages, et les exploitants ne perdront pas d'argent avec ce type d'actes. Cependant qui s'en souciera de ces néons éteints? Au mieux on peut considérer que cela diminuera infmement la consommation électrique nationale durant une heure.

Pourtant l'enjeu n'est pas à mépriser. Sans cinémas dans les centre-ville, sans salles art-et-essai, c'est toute la diversité des films proposés qui est en danger. Pour la FNCF, il est anormal que les salles soient plus taxées que les chaînes de télé ou les DVD, ou pire qu'elles reversent la moitié des recettes aux ayant droits quand les éditeurs vidéos n'en reversent que 20 % ou TF1 3%.

Les exploitations ont l'impression d'avoir beaucoup sacrifié, avec peu de consessions en leur faveur.

Ce cri d'alarme, espérons-le, ne sera pas un chant du cygne. Quand les salles ferment, c'est déjà trop tard.

Le cinéma fait sa révolution française

Posté par vincy, le 14 juillet 2009

Tout a changé lundi 13 juillet au matin avec la publication au Journal Officiel de l'arrêté sur les délais d'exploitation des films.

Une semaine après avoir arraché l'accord professionnel signé par 28 organisations et entreprises pour raccourcir le délai d'exploitation des films, tout est mis en place pour que le cinéma français fasse sa petite révolution à la veille du 14 juillet.

Les films seront désormais disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici. Un délai qui pourra être ramené à trois mois, dans des conditions assez strictes. En effet seuls les films ayant réalisé moins de 200 entrées au cours de leur 4e semaine d'exploitation en salles pourront bénéficier d'une telle dérogation. Conclu pour une durée de deux ans tacitement reconductible par périodes d'un an, cet accord réaménage la fameuse chronologie des médias qui organise la diffusion des oeuvres sur différents supports et à la télévision. Cela veut dire qu'un film comme Harry Potter et le Prince de sang-mêlé qui sort demain en salles pourra être en vente en DVD dès la mi-novembre contre janvier auparavant. Idéal pour en faire un cadeau des fêtes.

Les services de télévision payants pourront montrer les films en première diffusion 10 à 12 mois après leur sortie en salles, contre 12 mois minimum aujourd'hui, puis 22 à 24 mois en 2e diffusion (24 mois aujourd'hui).

Les chaînes de télévision en clair pourront les programmer 22 mois (contre 24 mois) après leur sortie en salles lorsqu'elles sont coproductrices, 30 mois dans le cas contraire (contre 36 mois).

Avec un délai de 36 mois à compter de la sortie des films en salles, la VoD par abonnement arrive en fin de chaîne. Seule la VoD gratuite, interdite avant 48 mois, lui est postérieure.

Un bilan régulier de son application sera organisé sous l'égide du Centre national de la cinématographie (CNC) tous les six mois.

L'accord a réussi à être signé in extremis. La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a d'abord voulu obtenir des mesures de rééquilibrage en faveur du secteur de l’exploitation, notamment des mesures liées au prix d’achat des films, des mesures au soutien à l’exploitation, et des mesures fiscales susceptibles de bénéficier à l’ensemble de la filière. La FNCF jugeait en effet que les salles de cinémas sont les seules, parmi tous les diffuseurs, à voir réduire leur durée d’exclusivité d'un tiers de sa durée.

Mais dans un contexte où tout va de plus en plus vite, y compris la consommation des films, le gouvernement avait décidé de s'adapter aux usages déjà en cours dans des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume Uni. Il va être de plus en plus difficile de rattraper un film au cinéma deux mois après sa sortie et cela va sans doute conduire à une rotation encore plus rapide. Cela peut aussi inciter de nombreux cinéphiles à attendre la diffusion en VoD pour des films moins marketés, plus risqués ou audacieux. Le genre de films qui a besoin de temps pour s'installer dans un marché saturé. Le public a de plus en plus tendance à choisir des films fédérateurs, et l'augmentation du prix du billet ne va pas inverser le phénomène.

Le Ministère en avait fait un pilier de sa lutte contre le piratage, persuadé qu'en améliorant l'offre légale de films sur internet le piratage allait se réduire. Cela impliquait de bouleverser toute la chronologie des médias. Un accord, le premier qui est aussi global, a été trouvé entre une vingtaine de signataires : organisations professionnelles du cinéma (exploitants, distributeurs, réalisateurs et producteurs), les chaînes (France Télévisions, TF1, Arte, Canal+, M6), les diffuseurs de films en VoD, ou encore Orange et SFR.

Et si la plupart des points sont rendus obligatoires, Ccrtains points de l'accord ne le sont pas. En particulier, celui affirmant la nécessité de règles en matière de rémunération minimale garantie des ayant droits, ou encore celui ayant trait aux pratiques en matière de promotion des oeuvres.

Du coup, tout le monde n'est pas satisfait. La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (ARP) et la Fédération Française des Télécoms ont stigmatisé le manque d'ambition d'un texte qu'ils n'ont pas signé. La SACD persiste à demander des "initiatives audacieuses pour mettre en place une offre légale, novatrice, générale et sécurisée". La Société souhaite une "réflexion réellement approfondie sur la construction de la nouvelle économie de la création et de son financement à l'ére numérique" et propose notamment de "favoriser, au-delà des périodes d'exclusivité, l'exploitation permanente et suivie des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques". Le SEVN (éditeurs de DVD) s'est abstenu jugeant trop restrictives les règles instaurées sur la publicité pour les sorties de films en DVD.