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Les reprises de l’été: Spike Lee et Mel Brooks

Posté par vincy, le 15 août 2018

Do the right thing de Spike Lee (1989)

L'histoire: À Brooklyn, c’est littéralement le jour le plus chaud de l’année. Mookie, un jeune afro-américain, est livreur à la pizzeria du quartier, tenue par Sal et ses deux fils, d’origine italienne. Chacun vaque à ses occupations, mais la chaleur estivale va bientôt cristalliser les tensions raciales.

Pourquoi il faut le voir? Avant la sortie le 22 août de son dernier film, Blackkklansman, Grand prix du jury à Cannes, il est indispensable de revoir l'un des meilleurs films du cinéaste, un pizza aux saveurs italo-afro-américaine. Ce qui est le plus triste en revoyant cette pépite c'est bien qu'elle est toujours d'actualité. La canicule new yorkaise n'aide pas: la tension grimpe au rythme du thermomètre. Spike Lee évoque déjà la discrimination positive, le whitewashing, le racisme, la violence qui l'accompagne, la brutalité policière évidemment. Déjà il politise son propos avec des citations de Martin Luther King le pacifiste et Malcom X le révolutionnaire. Il questionne la moralité des actes, la justification d'une émeute, et fait dialoguer apôtre de la non violence avec défenseur de la légitime offense. Film controversé pour son message ambivalent et ses dialogues crus (avant Tarantino, Spike Lee avait d'ailleurs abusé du mot Fuck dans ce film), il a quand même récolté pas mal de lauriers dont deux nominations aux Oscars et une sélection en compétition à Cannes. Car, au final, beaucoup considère que c'est le meilleur film du réalisateur. En tout cas son plus fondateur. Peut-être aussi parce que, pour la première fois, un cinéaste afro-américain filmait frontalement le cancer de l'Amérique.

Les producteurs de Mel Brooks (1968)  - sortie le 22 août

L'histoire: Jadis célèbre producteur à Broadway, Max Bialystock est désormais contraint de soutirer de l’argent à de riches octogénaires libidineuses en faisant le gigolo. Un jour débarque le timide et névrosé Leo Bloom, chargé de vérifier ses comptes. Constatant certaines irrégularités, le comptable fait remarquer qu’il y aurait beaucoup d’argent à se faire en montant un spectacle qui s’avérerait être un flop immédiat. Les deux comparses décident de s’associer et tombent sur le projet parfait : une comédie musicale intitulée Le Printemps d’Hitler, écrite par un certain Franz Liebkind, faisant l’apologie du Troisième Reich. Max et Leo sont persuadés qu’ils tiennent là un four assuré. Mais le public sera-t-il du même avis ?

Pourquoi il faut le voir? D'abord parce que c'est toujours un régal de voir un Mel Brooks, d'autant plus que c'est son premier long métrage. Avec son réalisateur inexpérimenté, le tournage connu pas mal de mésaventures. Et pourtant, c'est délirant, déjanté, fou, absurde, hors-limites. Influencé par le Dictateur de Chaplin, il va d'ailleurs très loin avec sa chanson-tube Springtime for Hitler. Pas étonnant que le film ait été censuré en Allemagne. Brooks a par ailleurs obtenu l'Oscar du meilleur scénario pour cette fantaisie parodique où il se moque de l'industrie de l'entertainment, des Nazis et d'une Amérique sans valeurs (il reproduira le même schéma avec le remake de To be or not to be). C'est aussi le plaisir de revoir Gene Wilder dans un de ses plus grands rôles. Le film, aujourd'hui considéré comme l'une des plus grandes comédies américaines, a failli passer à l'as. La première à été un échec. le studio voulait d'emblée s'en débarrasser. Il a fallu que Peter Sellers fasse un peu de pub pour que Les producteurs survive. Malgré tout, les critiques étaient divisées entre ceux qui haïssaient cette proposition et ceux qui l'adoraient. Avec le temps, ce film fou est rentré dans le patrimoine. Et une comédie musicale a été mise en scène à Broadway au début des années 2000. Mel Brooks a écrit une version pour la scène, avec Nathan Lane et Matthew Broderick, qui a tenu 2500 soirs et gagné 12 Tony Awards. Puis il a écrit une adaptation de la comédie musicale de Broadway pour le cinéma, toujours avec Lane et Broderick, et Uma Thurman en bonus, en 2005. C'est hystérique et dingue depuis le début cette histoire...

Vanessa Redgrave honorée à Venise

Posté par vincy, le 24 juillet 2018

L'immense comédienne britannique Vanessa Redgrave recevra un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière à la 75e Mostra de Venise. A 81 ans, l'actrice est honorée pour ses "performances sensibles, aux infinies facettes". "Son élégance naturelle, son pouvoir de séduction inné et son talent extraordinaire ont fait qu'elle est passé nonchalamment du cinéma art et essai européen aux productions hollywoodiennes" souligne Alberto Barbera, directeur artistique du festival.

Vanessa Redgrave a reçu un Oscar (meilleur second-rôle féminin pour Julia en 1977) et 5 nominations (Retour à Howard's end, The Bostonians, Mary Queen of Scots, Isadora et Morgan). Côté Golden Globes, elle a aussi été récompensée pour Julia, mais également pour la télévision pour If These Walls Could Talk 2. Les Golden Globes l'ont aussi citée pour Camelot, A Month by the Lake et Prick Up Your Ears et quatre fois dans la catégorie minisérie. Véritable légende britannique, elle a reçu deux fois un prix d'interprétation à Cannes (Morgan en 1966 et Isadora en 1969). Son documentaire, Sea Sorrow, a été en sélection officielle l'an dernier. A Venise, elle avait déjà re!u un prix d'interprétation pour son second rôle dans Little Odessa.

Le grand public l'a vu dans des films comme Deep Impact et Mission: Impossible, le premier film de la franchise où elle jouait la "méchante". Redgrave a tourné ces dernières années avec Bennett Miller, Jim Sheridan, Joe Wright, Sean Penn, Paul Auster, James Gray...

A 81 ans, cette grande dame (1m81 au passage), fille du comédien Michael Redgrave et sœur des acteurs Corin et Lynn Redgrave, a eu une vie mouvementée: ex-épouse du metteur en scène et cinéaste Tony Richardson (leur fille Natasha Richardson, mariée à Liam Neeson, est morte en 2009), qui la quitta pour Jeanne Moreau, ex-compagne de Timothy Dalton (qui fut James Bond deux fois) et actuelle femme de Franco Nero, tombeur d'actrices mondialement connues, acteur et metteur en scène italien, avec qui elle a eu un fils, Carlo Gabriel Nero, réalisateur et scénariste.

Une nouvelle équipe pour la Quinzaine

Posté par vincy, le 20 juillet 2018

Alors que la Quinzaine des Réalisateurs va changer de Délégué général avec l'arrivée de Paolo Moretti (lire notre article du 2 mars), celui-ci a recruté cinq nouvelles personnalités pour l'épauler pour la prochaine édition (15-25 mai 2019).

Le comité de sélection sera composé de Paolo Bertolin, Anne Delseth, Claire Diao, Valentina Novati et Morgan Pokée.

Paolo Bertolin a été membre du comité de sélection du Festival de Venise, puis son consultant régional chargé de territoires, tels l’Asie du Sud-Est, le sous-continent indien, l’Océanie, la Turquie et la Corée du Sud. Il a ausssi collaboré à différentes manifestations comme le Festival International de Rotterdam, le Doha Film Institute, le Festival de Locarno, Udine Far East Film Festival, Visions du Réel, la Semaine de la Critique à Cannes, et les Festivals Internationaux de Mumbai, Beijing, Hanoï et Bratislava.

Anne Delseth a débuté au Festival international de Films de Fribourg. Elle a également travaillé en tant qu’assistante de production pour des films d’Ursula Meier et de Jean-Stéphane Bron. En 2011 elle est chargée des ventes internationales pour Urban Distribution. Membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs depuis 2012, elle a rejoint le comité de sélection du Festival de Locarno pour l’édition de 2018. Elle est également consultante pour le Festival du film Fantastique de Neuchâtel et le Festival de Zürich. Enfin elle dirige aussi une salle de cinéma d’art et d’essai à Lausanne, le Cinema City Club.

Claire Diao a initié en 2013 le programme itinérant de courts métrages Quartiers Lointains diffusé entre la France, les États-Unis et plusieurs pays d’Afrique, et co-fondé en 2015 la revue panafricaine de cinéma Awotele avant de créer fin 2016 la société de distribution de films d’Afrique et de la diaspora Sudu Connexion. Auteure de l’essai Double Vague, le nouveau souffle du cinéma français, aux éditions Au Diable Vauvert, elle est aussi animatrice des Expressos du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand et chroniqueuse dans l’émission Le Cercle sur Canal + Cinémas, dans le JT Afrique de TV5 Monde et présentera les films de la chaîne France Ô à partir de septembre 2018.

Valentina Novati a travaillé dans la production, sur les films de Thierry Jousse, Erick Zonca, Eva Ionesco, entre autres. Elle crée en 2010 la société Independencia, qui à partir de 2014 se détachera en deux entités distinctes : Norte Productions et Norte Distribution. Elle a produit une quinzaine de films, dont ceux de Luc Moullet, André S.Labarthe, Antoine d’Agata, Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, et en a distribué une trentaine.

Enfin, Morgan Pokée, auteur à Critikat et à la revue bimestrielle La Septième Obsessio, a créé en 2012 de Répliques, revue d’entretiens autour du cinéma. Chargé d’enseignement à l’Université de Rennes 2 en 2016, il anime des ateliers autour de la critique et intervient régulièrement dans les salles pour des modérations et des rencontres. Depuis juin 2016, il est le programmateur du cinéma Le Concorde de La Roche-sur-Yon et conseiller de programmation pour le Festival International du Film de La Roche-sur-Yon.

Oscars: toujours plus de femmes et de minorités

Posté par vincy, le 26 juin 2018

Chaque année, les nouveaux membres sont plus nombreux. L'Académie des Oscars continue de bouleverser son collège de votants en ajoutant plus de femmes, plus de jeunes, et plus de personnalités issues des minorités (et plus d'étrangers aussi, devenant chaque année plus globale). Cette année ce sont 928 nouveaux électeurs qui ont été invités (contre 774 l'an dernier et 683 en 2016), de 14 à 86 ans. Parmi les invités, 92 ont été nommés à l'Oscar et deux ont reçu la Palme d'or.

Cela influencera forcément les votes futurs. Les (désormais) 9226 membres (s'ils acceptent tous l'invitation) ne son plus si mâles, vieux et blancs. On compte dorénavant 16% de "personnes de couleur" (expression américaine pour toute personne non-caucasienne) contre 13% l'an dernier, 31% de femmes (contre 28% l'an dernier). 9 branches de l'Académie (interprétation, costumes, montage, production, ...) sont majoritairement féminines.

On notera la présence de nombreux européens (français et espagnols notamment) mais aussi l'influence du Festival de Cannes dans certains collèges où de nombreux cinéastes et techniciens sélectionnés font partie de la liste, et particulièrement du côté asiatique et français. Et si Polanski a été évincé de l'Académie malgré son Oscar, son épouse arrive parmi les membres invités.

Acteurs/Actrices: Hiam Abbass, Gemma Arterton, Eileen Atkins, Sofia Boutella, Alison Brie, Timothée Chalamet, Aurore Clément, Rossy De Palma, Taron Egerton, Isla Fisher, Eva Green, Jennifer Grey, Toby Jones, Daniel Kaluuya, Anil Kapoor, Shah Rukh Khan, Kim Min-hee, Diane Kruger, Andy Lau, Blake Lively, Jena Malone, Carmen Maura, Angela Molina, Eduardo Noriega, Tahar Rahim, Alba Rohrwacher, Amy Schumer, Emmanuelle Seigner, Léa Seydoux, Jada Pinkett Smith, Emma Suarez, Saïd Taghmaoui, Miles Teller, Juno Temple, Liv Tyler, Daniela Vega, Quvenzhané Wallis, Damon Wayans, Ben Whishaw, Evan Rachel Wood...

Directeurs/Directrices de la photo: Thimios Bakatakis, Christophe Beaucarne, Céline Bozon, Benjamín Echazarretta, Hossein Jafarian, Irina Lubtchansky, Claire Mathon, Sayombhu Mukdeeprom, Fredrik Wenzel, Alexis Zabé...

Costumes: Gabriela Diaque, Caroline Eselin, Jo Sang-gyeong, Fabienne Katany, Pierre-Jean Larroque, Virginie Montel, Isabelle Pannetier, Anaïs Romand, Luis Sequeira...

Décors: Paul Denham Austerberry, Aline Bonetto, James Chinlund, Douglas Harlocker, Hwarng Wern Ying, Deborah Jensen, Ilt Jones, Véronique Melery, Cecilia Montiel, Ryu Seong-hie...

Cinéastes: Sean Baker, Laurent Cantet, Ziad Doueiri, Michel Gondry, Luca Guadagnino, Hong Sang-soo, Jean-Pierre Jeunet, Wanuri Kahiu, Nadine Labaki, Lee Chang-dong, Lou Ye, Ruben Östlunf, Alice Rohrwacher, Béla Tarr, Chloé Zhao, Rebecca Zlotowski...

Montage: Laurence Bawedin, Valerio Bonelli, Walter Fasano, Jon Gregory, Anna Mass, Marion Monnier, Nelly Quettier, Elísabet Ronaldsdóttir, Hervé Schneid, Cristiano Travaglioli...

Musique: Joe Bonn, Ted Caplan, Benoît Charest, Sneha Khanwalkar, Kendrick Lamar, Lee Byung-woo, Lim Giong, Daniel Pemberton, Eric Serra, Rob Simonsen, Sufjan Stevens...

Production: Caroline Benjo, Saïd Ben Saïd, Graham Broadbent, Hugues Charbonneau, J. Miles Dale, Jeremy Dawson, Charles Gillibert, Marie-Ange Luciani, Sean McKittrick, Rebecca O’Brien, Oh Jung-wan, Jacky Pang Yee Wah, Sylvie Pialat, Carole Scotta, Antoun Sehnaoui, Vibeke Windelov...

Scénario: Roy Andersson, Sean Baker, Marco Bellocchio, Pablo Berger, Bertrand Bonello, Emmanuel Bourdieu, Robin Campillo, Stephen Chbosky, Arnaud Desplechin, Ziad Doueiri, Michael Green, Alain Guiraudie, Hong Sang-soo, Jeong Seo-kyeong, Guillaume Laurant, Rebecca Lenkiewicz, Gonzalo Maza, Valérie Müller, Jonathan Nolan, Ruben Östlund, Christian Petzold, J.K. Rowling, Fernando Solanas, Béla Tarr, Vanessa Taylor, Joachim Trier, Pierre Uytterhoeven, Chloé Zhao...

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Cannes 2018 : le prix Cannes Soundtrack décerné à Roma Zver et German Osipov pour L’été

Posté par MpM, le 30 mai 2018

Remis chaque année au compositeur d'un film en compétition officielle au Festival de Cannes, le prix Cannes Soundtrack 2018 a été décerné à Roma Zver et German Osipov pour le film Leto (L'été) de Kirill Serebrennikov. Les deux musiciens, membres du groupe russe Zveri fondé en 2001, sont partie prenante du film en tant que producteurs musicaux. En outre, Roma Zver interprète l'un des rôles principaux, celui de Mike Naumenko, leader du groupe de rock'n roll russe Zoopark dans les années 80.

Il s'agit de la 8e édition de Cannes Soundtrack, créé dans le but de mettre en lumière la musique de film qui n'est actuellement pas récompensée par les jurys des différentes sections.  Parmi les lauréats des dernières années, on retrouve Mark Snow pour Vous n’avez encore rien vu, Lim Giong pour The Assassin, Cliff Martinez pour The Neon Demon et Daniel Lopatin, alias Oneohtrix Point Never, pour Good Time.

Il sera possible de découvrir le film de Kirill Serebrennikov le 5 décembre prochain sur les écrans français. Le réalisateur russe, lui, est toujours assigné à résidence, officiellement accusé d'avoir détourné des fonds publics, mais payant surtout pour ses nombreuses critiques à l’égard du régime et ses œuvres n’ayant pas l’heur de plaire au régime.

Cannes 2018: 10 choses à retenir d’un Festival pas comme les autres

Posté par vincy, le 21 mai 2018


Moins de monde et pourtant...

Aucune projection pour la presse n'affichait complet, pas même celle de Solo, A Star Wars Story. Aux projections officielles auxquelles nous avons assisté, y compris sur des films-événements, il restait pas mal de fauteuils vides. Des hôteliers se plaignaient du nombre de chambres pas occupées. Trois semaines avant le début du Festival, des dizaines d'appartement étaient encore disponibles. Hormis quelques soirs dans quelques restaurants, il était facile de trouver une table en soirée. Bref, on a eu l'impression qu'il y avait moins de monde, malgré deux jours fériés.

Et pourtant, le nombre d'accrédités a augmenté au marché comme au Festival. Beaucoup, cependant, restait moins longtemps (une partie notable des journalistes n'était plus là dès le deuxième mercredi). L'ajout de projections pour la presse a été une excellente idée, permettant à tous de voir tous les films. L'accès à Lumière, même en projection officielle, a été sous-exploitée, question d'habitudes pas encore prises. Il y avait moins de foule, mais il y avait aussi moins de temps perdu pour chacun.

Trop d'abus et pourtant...

Une des raisons à cette fréquentation perçue comme moins importante reste le coût d'un séjour cannois. De Gilles Jacob aux journaux professionnels américains, tous s'accordent à dire que la poule aux œufs d'or de l'hôtellerie est en train de se suicider: inflation des prix quand toutes les entreprises (des médias aux producteurs) contrôlent de plus en plus leurs budgets (quand elles ne licencient pas), réservation obligatoire sur la quinzaine dans certains hôtels, tarif de location exponentiel pour des petits appartements pas vraiment luxueux, un billet d'avion à 300€ minimum, un billet de train qui augmente chaque année... tous profitent de Cannes. Et à force, beaucoup se résignent à ne pas venir, ou quelques jours seulement, ou en faisant des sacrifices. Les supermarchés font ainsi le plein tandis que les restaurants font grise mine. Mais que dire quand un cocktail qui vaut 10-12€ dans une métropole européenne est facturé 16€ à Cannes? Ou trois déjeuners (avec un seul verre de vin et un café par personne) au Californie, en face du Palais, totalisent un montant astronomique de 190€ (sans que la nourriture et les portions soit exceptionnelles). Même à Paris, personne n'ose.

Et pourtant, on revient chaque année. Et tout le monde se débrouille pour faire Cannes. Pour l'instant. S'il est urgent que l'industrie touristique cannoise prenne conscience de ses excès néfastes pour eux-mêmes, on peut au moins se féliciter de voir que dans les soirées, l'alcool coule toujours à flot. Même si ça ne nourrit pas son festivalier.

Pas assez de stars et pourtant...

Oui le tapis rouge manquait peut-être de glamour, hormis le jury. Or, même si on est indifférent à ce défilé haute couture, le red carpet est un élément essentiel de Cannes (comparé aux autres festivals). Cela permet d'élargir le public d'intéressés. De faire de Cannes un événement "people" et populaire. Il est vital pour le Festival d'équilibrer la présence entre "stars" du moment, icônes du 7e art et vedettes du cinéma.

Et pourtant, on a au moins éviter les abus des années passées (télé réalité, sport, mode) où ce n'était plus le cinéma qui était sous les projecteurs. Et rappelons que les vraies stars restent quand même les films sélectionnés. Mais pour qu'un acteur russe ou qu'une jeune cinéaste française inconnus brillent il est vital que la montée des marches fasse l'événement, avec des personnalités que tout le monde reconnaît. L'impression de s'inviter à une grande réception demeure importante. Cette année, ce n'était pas les Oscars.

Trop de sécurité et pourtant...

Il était difficile de circuler sur la Croisette. Le préfet avait encerclé la Croisette de barrières du Majestic au casino. Autrement dit, impossible à cause des barrières, de traverser le boulevard sur 500 mètres. Une perte de temps considérable pour le festivalier. Mais surtout une grosse angoisse en cas de mouvement de foule: finir en compote écrasée sur ces barrières blanches.

Et pourtant il n'y a eu aucune alerte, aucune panique. Surtout, de l'accueil à la sécurité, le personnel était aimable, conciliant (les règles sur les objets tolérés en salles étaient claires) et l'entrée dans le Palais facilité et fluide. Une organisation en nette amélioration.

Pas assez d'éclats et pourtant...

Il n'y a pas eu d'emballements sur un ou deux films. Tout juste quelques coups de cœur, poussées d'adrénaline. Mais rien qui enthousiaste ou qui fasse débat. Chacun avec ses chouchous. On le sait depuis des années: les débats cinéphiliques se raréfient. Pire, on ne voyait plus les festivaliers lire les quotidiens print divers et variés dans Lumière avant la projection du matin.

Et pourtant, on parle toujours de cinéma le matin, le midi, le soir. On croise un ami, un confrère? On parle de films. On échange les impressions. On nuance le propos ou on accentue la qualité ou la médiocrité de l'œuvre. Il n'y avait pas de sensations cette année, mais il y avait ce sentiment que le cinéma était toujours important. Le reste du monde n'existe toujours pas dans la bulle cannoise.

Des fêtes moins fun et pourtant...

Cela fait longtemps que l'extravagance des fêtes cannoises a disparu. Ce qui distingue Cannes des autres festivals c'est justement la fête. Or celles-ci sont de plus en plus banales. Entre la Villa Schweppes qui a les allures d'une boîte de nuit élitiste, queue comprise, et les fêtes sur la plage, qui passent toutes la même musique, on a du mal à distinguer les soirées selon si elles sont celles d'un film, d'une sélection ou d'un distributeur. Les listes d'invités n'étant pas mises à jour : on y retrouve toujours les mêmes professionnels, se mélangeant peu entre français et étrangers.

Et pourtant, cette année, il était assez facile de rentrer un peu partout, l'alcool coulait à flots, et peu d'incidents ont été notés. Trop sages les festivaliers?

Pas de Netflix et pourtant...

L'absence de Netflix et dans une moindre mesure le désintérêt des plateformes de streaming pour les films cannois était palpable. On peut blâmer les exploitants français, qui pèse au conseil d'administration de Cannes. On peut regretter que le Festival ait une position rigide à l'encontre de ces nouveaux modes de diffusion. On peut souligner la contradiction du Festival de projeter un film de HBO, et d'avoir dans le passé diffusé des films produits pour le petit écran (Elephant, Ma vie avec Liberace, Le P'tit Quinquin, La chambre bleue...). Il est certain qu'en se coupant de ces nouveaux producteurs sous prétexte que leurs films ne sortent pas en salles, alors que les plus grands auteurs (Cuaron, Scoresese, etc...) n'ont pas d'autres choix pour financer leurs projets, le Festival passe à côté d'une mutation des usages. Pire, on sait que les films d'auteurs cannois, berlinois, vénitiens ont de moins en moins de publics en salles. Face à cette tendance, il devient vital de trouver ceux qui leur donneront une exposition nécessaire pour qu'ils puissent continuer d'exister.

Et pourtant, nombreux sont les films vus à Cannes qui trouveront, selon nous, leur public en salles. Cannes n'est plus un refuge pour des films pointus ou radicaux (il y en a même de moins en moins). De Capharnaüm (qui s'est arraché à prix d'or au marché) à En liberté, de Girl à BlacKkKlansman, de Climax à Cold War, le public sera au rendez-vous. Et nombreux sont les films qui seront aux César ou aux Oscars l'an prochain.

Un agenda perturbant et pourtant...

L'une des raisons du manque d'emballement et d'une impression d'un Festival atone est sans aucun doute le changement de calendrier des projections. Il y avait une distorsion de concurrence entre ceux qui avaient pu voir le film avant la projection presse (à Paris, Los Angeles ou tout simplement en projection officielle) et les autres. Cela a créé un effet secondaire plutôt attendu: l'absence de buzz sur les films. Ce fameux bruit qui parcourait la Croisette tout au long de la journée et qui donnait de l'élan à la montée des marches d'un film. Mais aussi cela donnait des billes aux vendeurs au marché du film pour faire de la surenchère sur les droits de distribution.

Et pourtant, qui en a vraiment souffert au quotidien, dans son travail? Après tout il était assez facile d'aller voir le film en projection officielle (si on connaissait la méthode) et hormis les films qui sortent simultanément (il y a là une vraie réflexion à faire), aucune critique n'est réellement attendue par le public. A l'époque où la vitesse dicte nos vies, prendre son temps pour écrire une critique n'est pas plus mal. Sauf à vouloir faire la course aux clics sur un film égyptien ou colombien. L'important est plutôt de partager un coup de cœur, qui ne s'étiole pas au bout de 24 heures.

Un gros renouvellement et pourtant...

C'était l'année où il y avait peu d'abonnés à la Croisette. Pas de Mike Leigh, aucun Nanni Moretti, nul Xavier Dolan, zéro Pedro Almodovar. Le grand chambardement permettait à de nombreux cinéastes de faire leur entrée en compétition ou même en sélection officielle. Le spectre était large entre cinéastes confirmés voire vétérans, mais rares à Cannes, et nouveaux talents surexposés mais parfois audacieux, passés par les sélections parallèles ou d'autres festivals. De multiples premiers ou deuxièmes films ont été soutenus et applaudis. On reconnaît aussi que les films les plus risqués étaient peut-être surestimés mais hormis un ou deux films, avaient leur place sur les marches de Lumière ou Debussy.

Et pourtant, en regardant le palmarès, le jury de Cate Blanchett a choisi des vétérans: Kore-eda, Lee, Pawlikowski, Godard, Panahi, ... Rohrawacher et Garrone sont des habitués des palmarès cannois. Nadine Labacki ne fait que confirmer sa côte avec son troisième film. Bref, c'est un palmarès étonnement senior qui a été délivré. Les Gonzales, Husson, Robert Mitchell, Hamaguchi n'ont pas su, pas pu lutter. D'autant, qu'à bien y regarder, le jury a fait un choix plutôt consensuel, préférant un Cold War grand public à la maestria d'un Serebrennikov, le récit mystico-allégorique d'un Heureux comme Lazzaro à l'histoire plus subtile et intense d'un Lee Chang-dong.

Des histoires d'amour et pourtant...

Du love partout. C'était l'une des grandes tendances des films cannois. L'amour hétéro, homo, parental, filial, fraternel. Toutes les composantes de l'amour étaient représentées. Trahisons, infidélités, passions, amitiés. Les cinéastes restent de grands romantiques.

Et pourtant côté sexe, cette année, Cannes était plutôt frigide. C'est finalement le cinéma gay et lesbien qui s'en sort le mieux, c'est-à-dire qu'il a été moins pudique que les autres. Quelques culs, quelques corps à poil, peu de pénis. Mais pour le reste on reste sur notre faim. Tout le monde a gardé son pantalon, on a caché les seins qu'on ne saurait voir. L'amour était verbal, gestuel, mais pas plus. Rien de torride. Il y avait bien quelques paires s'accouplant. Mais la plupart du temps, les histoires étaient platoniques, pour ne pas dire asexuées. Montrer l'amour sans montrer le désir, c'est un peu comme filmer la guerre sans filmer la mort. Et justement, la tendance c'était plutôt la petite mort. A la main, en solitaire. Triste époque.

Cannes 2018: changement d’ère, exploitation, colères, disparitions et amours

Posté par vincy, le 20 mai 2018

On oublie le palmarès, qui reste comme tous les ans un tri sélectif et subjectif (plus ou moins en phase avec la critique). Penchons-nous plutôt sur ce qu'on voulu nous montrer du monde les 21 cinéastes sélectionnés, du Japon à l'Egypte, des Etats-Unis à la Pologne, en passant par l'Italie, le Liban ou la Russie.

Changement d'ère
Plusieurs films se déroulaient à un moment clé de l'histoire de leur pays ou constatait que nous étions à ce moment de basculement. Dans le premier cas, Leto montre l'occidentalisation de la Russie au début des années 80, Cold War suit la montée d'un communisme dur après la guerre, Les éternels observe les mutations de la Chine en moins de vingt ans, Heureux comme Lazzaro passe d'une société rurale à un monde urbain, BlacKkKlansman est un pamphlet politique qui décrypte l'émergence de l'extrême droite et la cristallisation du racisme aux Etats-Unis, 40 ans avant l'arrivée d'Obama puis de Trump, En guerre plaque sa caméra sur un mouvement politique et syndical désarmé face au libéralisme triomphant, et Le poirier sauvage dévoile par petites touches une Turquie où la religion et le business prennent plus d'importance que l'éducation et la culture.

Exploitation
Sans doute que la thématique majeure de cette compétition fut le réveil de la lutte des classes. Une lutte inégale tant les puissants semblent dominants. Exploités, marginaux, chômeurs, esclaves, sans abris: tous les mis à l'écart étaient les "héros" de ces histoires diverses, révélant un monde de plus en plus injuste et inégal. Dans Everybody Knows, les rancœurs et les envies conduisent au kidnapping d'une jeune fille et révèlent des situations personnelles où l'argent et le statut social crispent les relations humaines . Dans Yomeddine, lépreux et orphelins sont ghettoïsés loin des villes. Dans Les éternels, on préfère basculer du côté de la mafia que d'être envoyé à l'autre bout de la Chine pour cause de fermeture de mines de charbon. Dans Trois visages, les habitants du nord-ouest de l'Iran sont ignorés par le pouvoir, et subissent coupures d'eau et d'électricité. Dans Heureux comme Lazzaro, les paysans sont les esclaves d'une aristocrate, qui leur refuse l'éducation, puis, une fois "affranchis" deviennent des clochards égarés dans une grande ville. Dans Une affaire de famille, un groupe compose une famille qui survit dans un taudis, loin des richesses du pays. Dans En guerre, des salariés d'une usine, qui ont sacrifié leurs acquis sociaux, doivent se battre ou se résigner pour sauver leur emploi, variable d'ajustement trop chère pour une multinationale allemande. Dans Burning, la jeunesse sud-coréenne est condamnée aux petits jobs et à l'endettement. Dans Dogman, le petit commerçant est manipulé et exploité par une brute épaisse qui terrorise le quartier. Dans Capharnaüm, immigrés, gamins, miséreux n'existent pas dans le système, qui tolère tout juste ces "parasites". Dans Ayka, la jeune femme est sans papiers et sans boulot, capable de tout accepter pour pouvoir rembourser une dette dans un pays sans pitié pour les exclus.

Colères
Quand il n'y a pas une forme de résignation ou de soumission, tout cela se traduit par la rage, la colère, la guerre. Elle peut-être musicale (Leto), lacrymale (Everybody Knows), criminelle (Les éternels), sanglante et revancharde (Les filles du soleil), humaine (Yomeddine), rhétorique et politique (BlacKkKlansman), sociale, médiatique et violente (En guerre), passionnelle (Burning), judiciaire (Capharnaüm), misanthrope et critique (Le poirier sauvage), bouillonnante et égoïste (Ayka) ou purement abstraite (Le livre d'image).

Disparitions et évasions
Mais le plus surprenant dans cette compétition est ailleurs: le nombre de disparitions et d'évasions. Asghar Farhadi fait disparaître la fille de Pénelope Cruz (kidnapping) dans Everybody Knows. Il est aussi question d'une enlèvement d'une gamine (maltraitée par sa mère) dans Une affaire de famille de Kore-eda Hirokazu. Et Jafar Panahi prend comme point de départ à Trois visages la disparition d'une jeune fille, peut-être suicidée, ou pas. Lee Chang-dong fait de la disparition de son héroïne dans Burning le moteur de son histoire. De même David Robert Mitchell fait disparaître une jolie voisine attachante, qui va entraîner Andrew Garfield dans une drôle d'enquête dans Under the Silver Lake. Dans Asako de Ryusuke Jamaguchi, la jeune fille ne se remet pas de la mystérieuse disparition de son grand amour, avant de rencontrer un jeune homme qui semble en être le sosie. Le personnage de Zhao Tao recherche aussi son grand amour, aux abonnés absents, après une longue peine de prison, dans Les éternels. Dans Les filles du soleil, la combattante incarnée par Golshifteh Farahani s'évade de ses oppresseurs et cherche son fils enlevé par Daesch. Un lépreux et un orphelin quittent leurs refuges, comme s'il signait une grande évasion, pour s'embarquer dans une grande traversée dans Yomeddine. Pawel Pawlikowski complique la liaison amoureuse entre un musicien et sa chanteuse quand le premier passe à l'Ouest. Quant à Ayka, elle s'évade de l'hôpital, abandonnant son bébé tout juste né. Sinon le jeune Zain dans Capharnaüm fuit le foyer familial quand sa sœur est "vendue" pour un mariage arrangé. Il disparaît aux yeux de ses parents. Enfin, Alice Rohrwacher fait disparaître temporairement son éternel Lazzaro pour bondir de vingt ans dans le temps.

Amours
Comme on le voit, plusieurs films tournent autour du thème indémodable de l'amour. Petit passage en revue des relations amoureuses, qui parfois finissent mal.
- Everybody Knows: une femme, son époux, son ex et son actuelle compagne. Jalousie et désirs font mauvais ménage.
- Leto: une femme amoureuse de son époux, éprise de son rival musical. Dommage, elle fait le mauvais choix.
- Plaire, aimer et courir vite: un homme, dont la fin de vie approche amoureux d'un autre homme, qui a toute la vie devant lui. Mais on se dit qu'un seul des deux était vraiment raide dingue vu la fin. Sinon il y a quelques plans cul et quelques plans de cul.
- Cold War: une passion amoureuse entre un musicien et une chanteuse. L'un part (à l'Ouest), l'autre pas. Et la passion reste.
- Les éternels: une femme et le chef de la mafia locale, dont la relation va être interrompue par une peine de prison. Forcément, il ne l'a pas attendue. Mais elle ne s'avoue pas vaincue.
- Les filles du soleil: deux veuves qui n'ont plus que leur enfant. Du coup elles en parlent souvent.
- Une affaire de famille: tout est amour dans cette famille "composée".
- Asako: une jeune fille amoureuse de son fantasme de jeunesse puis d'un homme qui en a tous les atours.
- BlacKkKlansman: un jeune flic qui cherche à s'intégrer dans une société WASP et une étudiante révolutionnaire et idéaliste.
- Under the Silver Lake: un voisin qui passe son temps à observer les blondes de son voisinage. Il se branle, baise une ex, et finalement va finir avec l'une des deux, même si ce n'était pas son premier choix. Affreusement pas #metoo.
- Burning: un aspirant écrivain et un richissime écrivain se "disputent" l'intérêt d'une jeune femme triste et belle. Le premier se masturbe en pensant à elle. Le second paraît platoniquement psychopathe.
- Dogman: un toiletteur pour chiens qui n'a que sa fille et ses animaux comme source d'affection. Ça ne l'empêche pas de prendre la décision la plus conne du festival.
- Capharnaüm: incontestablement Zaïn, enfant de 12 ans, aime beaucoup sa sœur et adore Yonas, bébé d'un an. Sinon, c'est plutôt une histoire de détestation.
- Un couteau dans le cœur: Une grande histoire sur sa fin entre une productrice et sa monteuse et une autre inassouvie, achevée tragiquement il y a plus de 15 ans. Les deux conduisent la productrice et le survivant à la folie. Tout ça n'empêche pas un certain érotisme et de jolies fesses.
- Le poirier sauvage: ici c'est un amour amer filial qui occupe toute l'histoire. Le fils étant trop plouc et trop fauché pour avoir une fiancée.

Et les absents...
Pour conclure, si certains regrettaient l'absence de stars (alors que fondamentalement, Cannes n'est pas qu'un tapis rouge avec des marches, rappelons-le), ce qui frappait c'était l'absence des talents en compétition à Cannes. Kirill Serebrennikov et Jafar Panahi, qui n'avaient pas le droit de sortir de leur pays. Les comédiens de Yomeddine, a priori bloqués dans le leur. Andrew Garfield, occupé à Broadway. Et bien sûr Jean-Luc Godard, qui a quand même réussi à être présent en conférence de presse grâce à Facetime.
Heureusement, Terry Gilliam, contre qui tout a été fait pour qu'il ne puisse pas venir, était bien présent, et debout, pour la clôture du Festival.

Cannes 2018: Kore-eda et Spike Lee sacrés par le jury de Cate Blanchett

Posté par vincy, le 19 mai 2018

Le 71e Festival de Cannes s'achève ce samedi avec son palmarès dont voici les lauréats. Il est forcément différent du notre (lire notre palmarès). Mais on y retrouve quelques films communs pour notre plus grand plaisir... Il y a des évidences (le prix d'interprétation féminine par exemple et dans une certaine mesure le prix du jury), des facilités un peu contestables (prix de la mise en scène, prix d'interprétation masculine), un drôle de partage (prix du scénario), une audace salutaire (une Palme d'or spéciale).

Mais on ne peut que se féliciter le jury pour le grand doublé Spike Lee (Grand prix du jury) / Kore-eda Hirokazu (Palme d'or), deux de nos films favoris à Cannes. C'est la cinquième Palme d'or japonaise (et la première depuis 1997).

Notons que la Caméra d'or a été décernée à Girl, déjà lauréat d'un prix d'interprétation par le jury Un certain regard, du prix Fipresci Un certain regard et de la Queer Palm. Un carré d'as.

Compétition

Palme d'or: Une affaire de famille de Kore-eda Hirokazu
Palme d'or spéciale: Jean-Luc Godard (Le livre d'image)
Grand prix du jury: BlacKkKlansman de Spike Lee
Mise en scène: Pawel Pawlikowski pour Cold War
Interprétation féminine: Samal Yeslyamova (Ayka)
Interprétation masculine: Marcello Fonte (Dogman)
Scénario: Alice Rohrwacher (Heureux comme Lazzaro) et Jafar Panahi & Nader Saeivar (Trois visages)
Prix du jury: Capharnaüm de Nadine Labacki

Court métrage
Palme d'or du court métrage: Toutes ces créatures de Charles William
Mention spéciale Court métrage: On the border de Wei Shujun

Caméra d'or (meilleur premier film toutes sélections confondues)
Girl de Lukas Dhont, "qui a su allier une immense délicatesse et une puissance."

Cannes 2018: les trois lauréats de la Critique internationale

Posté par vincy, le 19 mai 2018

La FIPRESCI a rendu son verdict. Trois films cannois ont été récompensés cet après-midi, à quelques heures du palmarès officiel.

Burning de Lee Chang-Dong a reçu le prix pour la compétition, le jury saluant "Un film visuellement époustouflant et un commentaire émotionnellement complexe sur la société contemporaine."

Déjà primé au palmarès d'Un certain regard et lauréat de la Queer Palm, Girl de Lukas Dhont a remporté le prix pour la section Un certain regard, "pour son intégrité audacieuse dans la lutte contre les problèmes de genre tout en affichant un équilibre incroyable de la part d'un primo-réalisateur qui décrit le rapport délicat et touchant dans une relation père-fille magnifiquement dépeint par les deux acteurs."

Enfin, pour le prix sacrant un film issu des sélections parallèles, c'est la semaine de la critique qui est récompensée avec Egy nap (One Day) de Zsofia Szilàgyi. "Le travail précis de la caméra et la mise en scène puissante traduisent l'intensité et la tension extraordinaires d'une situation tout à fait ordinaire par le sentiment, l'humour et le drame. Un début remarquablement confiant" explique le jury.

Cannes 2018: L’Oeil d’or et le Prix de la citoyenneté décernés

Posté par vincy, le 19 mai 2018

Le Jury de l’Œil d’Or, présidé par le cinéaste Emmanuel Finkiel a remis son prix à Samouni Road de Stefano Savona (Quinzaine des Réalisateurs). Le film qui revient sur l’opération "Plomb durci" menée par l’armée israélienne à Gaza en 2009, le réalisateur restitue le quotidien d’une famille pendant et après le deuil, mêlant prises de vues réelles et animation.

"Le jury a décidé de décerner L’Œil d’or – Le Prix du documentaire au film Samouni Road de Stefano Savona, pour l’intelligence de son dispositif, la juste distance du point de vue, la délicatesse de son regard, la brillante et subtile utilisation de l’animation et pour la force de sa proposition narrative. Autant d’éléments qui contribuent à nous plonger dans une proximité exceptionnelle avec des êtres pris dans la réalité insupportable du conflit israélo-palestinien" a déclaré le jury.

Le jury a aussi distingué deux autres documentaires avec une mention spéciale ex-aequo pour The Eyes of Orson Welles (Sélection Officielle - Cannes Classics) de Mark Cousins et Libre (Sélection Officielle - Séances Spéciales) de Michel Toesca.

Pour sa première édition, le Prix de la Citoyenneté, initié par Laurent Cantet et dont le jury était présidé par Abderrahmane Sissako, a récompensé l'un des favoris pour la Palme d'or: Capharnaüm de Nadine Labaki, qui l'errance d'un enfant et d'un bébé livrés à eux-mêmes dans les zones misérables de Beyrouth.