10 films labellisés Cannes 2020 s’invitent à Deauville

Posté par vincy, le 28 juillet 2020

Les planches de Deauville, habituellement américaines, vont accueillir des films sélectionnés par Cannes 2020, provenant du Royaume-Uni, de Corée du sud ou de France.

"A circonstances exceptionnelles, édition exceptionnelle : le Festival du cinéma américain invite cette année le Festival de Cannes, dans sa nature de dimension internationale. 10 films ont été ainsi sélectionnés parmi les 56 titres de la Sélection officielle du Festival de Cannes. Un moment intense pour faire vivre et palpiter le plus grand festival du monde à Deauville. Tous les publics pourront découvrir ces films sur grand écran, en présence de son délégué général Thierry Frémaux et de son président Pierre Lescure" indique le communiqué. "Nous partageons avec Bruno Barde une exigence identique pour le cinéma, une même passion pour les artistes, une tradition semblable de générosité et d’ouverture au monde"  explique Thierry Frémaux, Délégué général du Festival de Cannes.

ADN de Maïwenn
Ammonite de Francis Lee
Des hommes de Lucas Belvaux
Les deux Alfred de Bruno Podalydès
A Good Man de Marie-Castille Mention-Schaar
Last Words de Jonathan Nossiter
Peninsula de Yeon Sang-ho
Rouge de Farid Bentoumi
Slalom de Charlène Favier
Teddy de Ludovic & Zoran Boukherma

Pour les amoureux du cinéma américain, en dehors de cette sélection cannoise, le festival proposera, 70 films. Les 14 films de la compétition ont déjà été annoncés:

First Cow de Kelly Reichardt
Giants Being Lonely de Grear Patterson
Holler de Nicole Riegel (1er film)
Kajillionaire de Miranda July
Lorelei de Sabrina Doyle (1er film)
Last Words de Jonathan Nossiter
Love is Love is Love d‘Eleanor Coppola
Minari de Lee Isaac Chung
Shiva Baby d’Emma Seligman (1er film)
Sophie Jones de Jessie Barr (1er film)
Sound of Metal de Darius Marder (1er film)
The Assistant de Kitty Green (1er film)
The Violent Heart de Kerem Sanga
Uncle Frank d’Alan Ball (2° film)

Cannes 2020: la sélection Cannes Classics, et un avant-goût du Festival Lumière

Posté par vincy, le 15 juillet 2020

La sélection Cannes Classics sera présentée, en grande partie, au festival Lumière de Lyon (10-18 octobre), puis aux Rencontres cinématographiques de Cannes (23-26 novembre).

25 longs métrages de fictions et sept documentaires qui composent un panorama éclectique du patrimoine cinématographique mondial, avec en exergue les 20 ans d'In the Mood for Love de Wong Kar-wai. mais aussi un Pasolini, le centenaire de Fellini, les 60 ans de deux grands classiques, et pas mal de films méconnus.

In the Mood for love (2000, 1h38, Hong Kong) de Wong Kar-wai, prix interprétation masculine en 2000 pour Tony Leung
Sortie en France le 2 décembre 2020.

Friendship’s Death (1987, 1h12, Royaume-Uni) de Peter Wollen, qui marque le premier grand rôle de Tilda Swinton au cinéma.

The Story of a Three-Day Pass (La Permission) (1968, 1h27, France) de Melvin Van Peebles

Lyulskiy dozhd (Pluie de juillet / July Rain) (1966, 1h48, Russie) de Marlen Khutsiev

Quand les femmes ont pris la colère (1977, 1h15, France) de Soizick Chappedelaine et René Vautier
Sortie en France en 2021.

Préparez vos mouchoirs (Get Out Your Handkerchiefs) (1977, 1h50, France) de Bertrand Blier

Hester Street (1973, 1h30, États-Unis) de Joan Micklin Silver

Ko to tamo peva ? (Qui chante là-bas ? / Who’s Singing Over There ?) (1980, 1h26, Serbie) de Slobodan Šijan
Sortie en France le 21 octobre 2020.

Prae dum (Black Silk) (1961, 1h58, Thaïlande) de R.D. Pestonji

Zhu Fu (New Year Sacrifice) (1956, 1h40, Chine) de Hu Sang

Feldobott ko (La Pierre lancée) (1968, 1h25, Hongrie) de Sándor Sára

Neige (1981, 1h30, France) de Juliet Berto et Jean-Henri Roger
Sortie en France au printemps 2021.

Bambaru Avith (The Wasps Are Here) (1978, 2h, Sri Lanka) de Dharmasena Pathiraja

Bayanko: Kapit sa patalim (Bayan Ko) (1984, 1h48, Philippines / France) de Lino Brocka
Sortie en France en février 2021.

La Poupée (1962, 1h34, France) de Jacques Baratier
Sortie en France encore non communiquée.


Sanatorium pod klepsydra (La Clepsydre / The Hourglass Sanatory) (1973, 2h04, Pologne) de Wojciech J. Has
Sortie en France en mai 2021.

L’Amérique insolite (America as Seen by a Frenchman) (1959, 1h30, France) de François Reichenbach

Deveti krug (Neuvième cercle / The Ninth Circle) (1960, 1h37, Croatie) de France Štiglic

Muhammad Ali the Greatest (1974, 2h03, France) de William Klein

La Film Foundation de Martin Scorsese fête ses 30 ans

Accattone (Accatone) (1961, 1h57, Italie) de Pier Paolo Pasolini

Shatranje bad (The Game Chess of the Wind) (1976, 1h33, Iran) de Mohammad Reza Aslani

Federico: 100 ans !

La strada (1956, 1h48, Italie) de Federico Fellini

Luci del varietà (Les feux du music-hall) (1950, 1h37, Italie) d’Alberto Lattuada et de Federico Fellini

Fellini degli Spiriti (Fellini of the Spirits) d’Anselma dell’Olio (1h40, Italie / Belgique)

Les 60 ans d’À Bout de souffle et de L’Avventura

À Bout de souffle (Breathless) (1960, 1h29, France) de Jean-Luc Godard
Sortie en France en automne 2020. Sortie vidéo le 4 novembre 2020.

L’Avventura (1960, 2h20, Italie / France) de Michelangelo Antonioni
Sortie en France en novembre 2020.

Les documentaires 2020

Wim Wenders, Desperado d’Eric Friedler et Andreas Frege (2h, Allemagne)

Alida (Alida: In Her Own Words) de Mimmo Verdesca (1h45, Italie)

Charlie Chaplin, le génie de la liberté (Charlie Chaplin, The Genius of Liberty) de François Aymé et Yves Jeuland, réalisé par Yves Jeuland (2h25, en deux parties : 1h05 et 1h20, France)

Be Water de Bao Nguyen (1h44, États-Unis)

Belushi de R.J. Cutler (1h48, États-Unis)

Antena da raça de Paloma Rocha et Luís Abramo (1h20, Brésil)

Oscars: 819 votants de plus, dont la moitié non américains

Posté par vincy, le 4 juillet 2020

819 personnalités ont été invités par l'Académie des Oscars. Au total, le nombre de votants atteint les 9 300 membres. Toujours dans sa logique d'ouverture internationale et de diversification de son collège électoral, les nouveaux membres sont à 45% des femmes, 36 % issus des minorités et surtout 49 % ne sont pas américains. Les nouveaux membres proviennent de 68 nationalités différentes, dont la France qui envoie un contingent de 35 personnes de tous métiers.

Désormais, avec 3179 membres, il y a un tiers de femmes votantes dans les 17 catégories, contre un quart il y a cinq ans. Les non-blancs ont triplé passant de 554 en 2015 à 1787 en 2020, soit près d'un votant sur cinq. Quant aux non-américains, ils sont désormais 2100 étrangers, soit trois fois plus en cinq ans.

Cela amènera forcément à des changements structurels sur les nominations, avec davantage de films internationaux nommés dans diverses catégories, et des choix sans doute moins grand public.

Le cru cannes 2019 en vedette

Côté français, on notera les récents nommés aux Oscars comme Jérémy Clapin et Ladj Ly. Mais aussi l'arrivée de Thierry Frémaux, directeur général de Cannes, et de nombreuses personnalités fidèles, révélées ou sacrées à Cannes comme Mati Diop et Adèle Hanel, ou encore Rosalie Varda. De nombreux producteurs ont aussi été conviés: Toufik Ayadi, Christophe Barral, Bénédicte Couvreur, Jean Labadie, Jean-François Le Corre, Damien Megherbi, Justin Pechberty et Marc du Pontavice.
C'est la catégorie réalisateur qui accueille le plus de français: outre Ly, Diop et Clapin, il y a Bruno Collet, Jean-Loup Felicioli, Alain Gagnol, Delphine Girard, Yves Piat, Nicolas Philibert, et Yolande Zauberman, césarisé cette année avec son documentaire M.
Les autres invités sont scénaristes (Giordano Gederlini, Alexis Manenti), monteurs son (Katia Boutin, Julien Lacheray, Anne Le Campion), ingénieurs du son (Cyril Holtz, Jean Umansky), monteur (Benjamin Massoubre), costumière (Caroline de Vivaise), cascadeur (Dominique Fouassier), directrice de casting (Leïla Fournier), ou dans le marketing (Emmanuelle Castro, Olivier Mouroux, Béatrice Wechsberger).

Cosmopolite et éclectique

Sinon, on soulignera les arrivées (et la confirmation de Venise et Cannes comme pourvoyeurs de talents) de Yalitza Aparicio (Roma), Awkwafina, Lee Jung-Eun, Choi Woo-Shik, Park So-Dam et Jang Hye-Jin (Parasite), Ana de Armas, Pierfrancesco Favino (Le traitre), Eva Longoria, George MacKay, Ben Mendelsohn, Florence Pugh, John David Washington, Olivia Wilde, Constance Wu, Zhao Tao, Levan Akin, Ari Aster, Ici?ar Bolla?in, Cristina Comencini, Terence Davies, Robert Eggers, Samira Makhmalbaf, Matt Reeves, Michael Nyman, Bernie Taupin, Zeynep O?zbatur Atakan (producteur des films de Nuri Bilge Ceylan), Michel Franco, ou de Luis Urbano (producteur des films de Miguel Gomes).

Cannes 2020: 17 films sélectionnés pour la Cinéfondation

Posté par vincy, le 2 juillet 2020

Le Festival de Cannes a dévoilé aujourd'hui la Sélection 2020 de la Cinéfondation.

Depuis 1998, la Sélection de la Cinéfondation présente des courts métrages issus des écoles de cinéma du monde entier. Emmanuelle Bercot, Deniz Gamze Ergüven, Léa Mysius, Kornél Mundruczó, Claire Burger, Jessica Hausner, Corneliu Porumboiu ou encore Nadav Lapid ont été découverts à Cannes à cette occasion.

Pour sa 23e édition, le comité de Sélection dirigé par Dimitra Karya a choisi 17 films (13 fictions et 4 animations), réalisés par onze hommes et huit femmes, et sélectionnés parmi les 1952 œuvres qui ont été présentées par l’ensemble des écoles de cinéma. Cette édition 2020 est dédiée à la mémoire de David Kessler (1959-2020), qui soutenait et aimait la Cinéfondation.

La projection des films de la Sélection de la Cinéfondation, à l’issue de laquelle les Prix seront décernés par le Jury, se déroulera à l’automne prochain, à Cannes, dans le Palais des Festivals. La date de l’événement, ainsi que la composition du Jury, seront dévoilées très prochainement.

Shaylee ATARY NEURIM - 30’
The Steve Tisch School of Film & Television, Tel Aviv University, Israël

Toby AUBERG PILE - 4’
Royal College of Art, Royaume-Uni

Santiago BARZI MURALLA CHINA – 17’
Universidad del Cine, Argentine

Márk BELEZNAI AGAPÉ – 16’
Budapest Metropolitan University, Hongrie

Lucia CHICOS CONTRAINDICATII – 19’
UNATC "I. L. CARAGIALE", Roumanie

Tzor EDERY & Tom PREZMAN TAMOU – 10’
Bezalel Academy of Arts and Design, Israël

Ashmita GUHA NEOGI CATDOG – 21’
Film and Television Institute of India, Inde

Sarah IMSAND LE CHANT DE L'OISEAU – 19’
HEAD Genève, Suisse

Matjaž JAMNIK NIH?E NI REKEL, DA TE MORAM IMETI RAD – 18’
UL AGRFT, Slovénie

KEFF TAIPEI SUICIDE STORY – 45’
NYU Tisch School of the Arts, États-Unis

KIM Min-Ju SEONGINSIK - 22’
Soongsil University, Corée du Sud

Timothée MAUBREY CARCASSE – 33’
La Fémis, France

Yelyzaveta PYSMAK JA I MOJA GRUBA DUPA – 10’
The Polish National Film School in Lodz - Pologne

Afonso & Bernardo RAPAZOTE CORTE – 28’
Escola Superior de Teatro e Cinema - Portugal

Elsa ROSENGREN I WANT TO RETURN RETURN RETURN – 32’
DFFB - Allemagne

Mitchelle TAMARIZ EN AVANT – 4’ (photo)
La Poudrière - France

ZHANG Linhan DOU ZEOI GU SI – 14’
NYU Tisch School of the Arts - États-Unis

A Time to quit: Joel Schumacher (1939-2020)

Posté par vincy, le 22 juin 2020

Joel Schumacher, né le 29 août 1939, a succombé à un cancer le 22 juin à l^'age de 80 ans.

Considéré avant tout comme un faiseur, doués pour respecter les commandes, le cinéaste, scénariste, producteur a pourtant insufflé un style pop dans des films de genre, dont certains ont connu un beau succès au box office.

Il a débuté au rayon costumes, notamment chez Woody Allen, avant de se lancer au début des années 1980, derrière la caméra. Dès son troisième film, St. Elmo's Fire, avec Emilio Estevez, Rob Lowe et Demi Moore, film générationnel, il séduit le public ado et se fait massacrer par la critique. Génération perdue, film teenager et de vampires, fait davantage consensus.

Touche à tout, il passe ainsi du fantastique au drame en passant par la comédie romantique et le thriller, et même le remake de Cousin, Cousine avec le très raté Cousins. Car Schumacher était un réalisateur inégal.

C'est avec les adaptations de John Grisham qu'il est sans doute le plus appliqué: Le client et Le droit de tuer s'imposent même grâce à lui comme un genre en soi, le thriller légaliste à gros casting (Susan Sarandon, Tommy Lee Jones, Matthew McConaughey, Sandra Bullock, Samuel L. Jackson, Kevin Spacey).

Il est alors choisi par la Warner pour remplacer Tim Burton sur la première franchise Batman. Il réalise donc Batman Forever et Batman & Robin. Les deux films souffrent de l'absence de Michael Keaton dans le rôle du chevalier noir, et, pire, du changement d'acteur pour le personnage principal d'un film à l'autre.

Les génériques restent flamboyants: Val Kilmer puis George Clooney en Batman, Jim Carrey, Tommy Lee Jones, Nicole Kidman, Chris O'Donnell, Uma Thurman, Arnold Schwarzenegger... Il transforme l'univers sombre et macabre de Burton en fantasy colorée et flashy, presque kitsch, avec une ironie pas désagréable et des allusions homosexuelles entre Batman et Robin salutaires (mais décriées à l'époque). Schumacher a tué Batman, il le confesse. Le quatrième film scelle la fin de cette première série de films autour du personnage, alors qu'un cinquième opus était prévue.

Il y a un malentendu autour de sa filmographie, qui est jugée sans personnalité. Si la plupart de ses films ne se distinguent pas des productions hollywoodiennes, Joël Schumacher, qui n'est pas un David Fincher (avec qui il est véritablement ami), a quand même réussi à intégré une forme de subversion et même d'opinions personnelles

Deux de ses films les plus singuliers et les plus intrigants sont à l'opposé de ce style star en costard. Avec Michael Douglas en forcené au bout du rouleau dans Chute libre (en compétition à Cannes) et Colin Farrell en victime d'un chantage moraliste dans Phone Game, il dépeint une Amérique hypocrite, cynique et intrinsèquement violente.

Dans Flawless, comédie dramatique habile et burlesque, il confronte deux monstres, De Niro et Philip Seymour Hoffman, abordant une fois de plus l'identité sexuelle  une amitié improbable entre un ancien flic très conservateur et un travesti plus fantasque. Manière d'affirmer sa propre homoseuxalité et son activisme pour les droits LGBTQI+.

Joel Schumacher fut un cinéaste insaisissable, auteur de séries B sans saveur mais pas forcément sans charme, comme L'expérience interdite (surnaturel), Le choix d'aimer (mélo), 8 millimètres (action, bizarrement en compétition à Berlin), Tigerland (guerre), Bad Company (espionnage), Véronica Guerin (biopic), films souvent dopés par des têtes d'affiche comme Julia Roberts, Nicolas Cage, Joaquin Phoenix, Anthony Hopkins, Cate Blanchett). A chaque fois, il essaie une autre forme de récit  mise en scène, du huis-clos en extérieur au flashback, du snuff movie dopé au buddy movie trans générationnel et interracial.

Durant la dernière décennie de sa carrière, il enchaîne les fiascos, à commencer par l'affreuse adaptation du musical Le Fantôme de l'opéra. Suivent Le nombre 23, Blood Creek, Twelve et Effraction. Ces thrillers du samedi soir, parfois avec quelques stars, ne convainquent plus. Avant sa retraite, il réalise deux épisodes de la première saison d'House of Cards.

Ancien de la mode, fan de David Lean et Lars von Trier, il se plaignait depuis plusieurs années du "lissage" des scénarios, lui qui aimait tant les controverses. Le business a changé, et lui ne voulait plus de cette pression de la rentabilité. Conscient d'avoir atteint largement plus que ses rêves, Schumacher laisse une œuvre un peu baroque, mais surtout le portrait d'une Amérique aussi perdue que frustrée.

Cannes 2020: 11 courts en lice pour une Palme d’or

Posté par vincy, le 19 juin 2020

Le Festival de Cannes a annoncé les onze films pour sa compétition court métrage, issus de 12 pays différents, pour un programme cumulé de 2h24. Cinq réalisatrices font partie de cette Sélection officielle 2020.. La Palme d’or sera remise cet automne. La date et le jury seront dévoilés plus tard.

Cette année, le comité de sélection du Festival de Cannes a reçu 3810 courts métrages, en provenance de 137 pays différents.

I am afraid to forget your face de Sameh Alaa (Égypte) - 15’ - Egypte, France, Belgique, Qatar
Filles bleues, peur blanche de Marie Jacotey & Lola Halifa-Legrand (France) - Animation - 10’ - France (photo)
Motorway65 de Evi Kalogiropoulou (Grèce) - 14’ – Grèce
Sudden Light de Sophie Littman (Royaume-Uni) - 14’ - Royaume-Uni
Son of Sodom de Theo Montoya (Colombie) - Documentaire - 15’ - Colombie, Argentine
Camille sans contact de Paul Nouhet (France) - 15’ - France
O Cordeiro De Deus (L’agneau de Dieu) de David Pinheiro Vicente (Portugal) - 15’ – Portugal, France
Shiluus de Lkhagvadulam Purev-Ochir (Mongolie) - 13’ – Mongolie, Royaume Uni
Benjamin, Benny, Ben de Paul Shkordoff (Canada) - 7’ - Canada
Stéphanie de Leonardo Van Dijl (Belgique) - 15’ - Belgique
David de Zachary Woods (États-Unis) - 11’ - États-Unis

Cannes 2020 : un programme d’accompagnement Hors Les Murs pour la Semaine de la Critique

Posté par MpM, le 4 juin 2020

L'impossibilité de tenir une édition physique du Festival de Cannes n'a pas empêché la Semaine de la Critique de poursuivre son travail d'accompagnement des jeunes cinéastes à travers un "programme d’accompagnement Hors Les Murs" consistant en une sélection réduite de cinq longs et dix courts métrages.

Les longs métrages qui ont reçu le label « Semaine de la Critique 2020 » seront ainsi accompagnés lors de leur présentation en avant-première et de leur sortie dans les salles françaises. Les films francophones (4 sur les 5) seront présentés dans le cadre d’une carte blanche Semaine de la Critique au Festival du Film Francophone d’Angoulême qui se tiendra du 28 août au 2 septembre prochain.

Les courts bénéficieront d’avant-premières à la Cinémathèque française ainsi que de projections à la Cinémathèque tchèque et à New York, et seront également diffusés en ligne du 19 au 25 octobre 2020 sur la plateforme Festival Scope. Les réalisatrices et réalisateurs sélectionné.e.s auront par ailleurs la possibilité de participer au programme "Next Step" qui a pour but de les accompagner dans leur passage au long métrage.

Parmi les films sélectionnés, que l'on a hâte de découvrir dans les mois à venir, on retrouve le premier long métrage d'une réalisatrice dont on suit le parcours depuis longtemps : Chloé Mazlo, César du meilleur court métrage d'animation en 2015 avec Les Petits cailloux, et dont on avait notamment beaucoup aimé le film Diamenteurs. Son film Sous le ciel d'Alice, écrit une nouvelle fois en duo avec Yacine Badday, réunit Alba Rohrwacher et Wajdi Mouawad et mêle prise de vues continues et animation.

On retrouve également dans ce "programme d’accompagnement" Nuée, le premier long métrage de Just Philippot, dont le court Acide avait beaucoup impressionné en 2018 ; le deuxième long métrage de Naël Marandin (La Marcheuse), La Terre des hommes, avec notamment Olivier Gourmet et Jalil Lespert ; et De l'or pour les chiens, le premier long d'Anna Cazenave Cambet qui avait été révélée à Cannes en 2016 avec son court Gabber lover.

Le cinquième et dernier film "labellisé" est britannique : After love de Aleem Khan, dont le court métrage Three Brothers avait été nommé aux BAFTA en 2014.

Côté courts métrages, beaucoup de promesses, et quelques noms déjà repérés ailleurs comme Aya Kawazoe (The elephant died, We don't go home), Jan Roosens & Raf Roosens (Copain sélectionné à Cannes en 2015), Teymur Hajiyev (The Wound, Shanghai, Baku, Salt, pepper to taste ) et Ismaël Joffroy Chandoutis (Ondes noires, Swatted).

Longs métrages labellisés

After love de Aleem Khan
De l'or pour les chiens d'Anna Cazenave Cambet
La Nuée de Just Philippot
Sous le ciel d'Alice de Chloé Mazlo
La Terre des hommes de Naël Marandin

Courts métrages labellisés

August 22, This Year de Graham Foy
Towards Evening de Teymur Hajiyev
Dustin de Naïla Guiguet
Forastera de Lucía Aleñar Iglesias
Good Thanks, You? de Molly Manning Walker
Humongous! de Aya Kawazoe
Maalbeek de Ismaël Joffroy Chandoutis
Marlon Brando de Vincent Tilanus
Menarca de Lillah Halla
White Goldfish de Jan Roosens et Raf Roosens

La sélection Cannes 2020

Posté par vincy, le 3 juin 2020

En direct sur Canal +, Thierry Frémaux, dans une salle vide, a présenté sa sélection officielle un peu particulière. Le Festival de Cannes 2020 sera un label, sans festival, mais pour soutenir 56 films lors de leur sortie en salles. Durant cette présentation, Pierre Lescure a confirmé qu'il avait été confirmé pour un troisième mandat.

4 films d'animations, 3 documentaires, 5 comédies, un film à sketches, 15 premiers films, 14 nouveaux venus et 14 fidèles: le label Cannes 2020 se dispatchera dans plusieurs festivals du monde entier tout au long de l'année, et même dans les compétitions de Toronto et San Sebastian.

The French Dispatch de Wes Anderson
Ete 85 de François Ozon
True Mothers de Naomi Kawase
Lovers Rock et Mangrove de Steve McQueen
Druk de Thomas Vinterberg
Last Words de Jonathan Nossiter
ADN de Maïwenn
Des Hommes de Lucas Belvaux
Peninsula de Yeon Sang-ho
Heaven : To The Land of Happiness d’Im Sang-soo
El olvido que seremos de Fernando Trueba
In the Dusk (Au crépuscule) de Sharunas Bartas
The Real Thing de Koji Fukada
Passion simple de Daniele Arbid
Souad d’Ayten Amin
Limbo de Ben Sharrock
February de Kamen Kalev
Ammonite de Francis Lee
Un médecin de nuit d’Elie Wajeman
Enfant terrible d’Oskar Roehler
Nadia (Butterfly) de Pascal Plante
Here We Are de Nir Bergman
Septet : The Story of Hongkong, d’Ann Hui, Johnnie To, Tsui Hark, Sammo Hung, Yuen Woo-Ping, Patrick Tam et Ringo Lam
Goodman de Marie-Castille Mention-Schaar
Les Choses qu'on dit les choses qu'on fait d’Emmanuel Mouret
Rouge de Farid Bentoumi
Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma
Falling de Viggo Mortensen
Pleasure de Ninja Thyberg
Slalom de Charlène Favier
Casa de antiguidades (Memory House) de Joao Paulo Miranda Maria
Broken Keys de Jimmy Keyrouz
Beginning (Au commencement) de Dea Kulumbegashvili
Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh
16 printemps de Suzanne Lindon
Ibrahim de Samir Guesmi
Vaurien de Peter Dourountzis
Garçon Chiffon de Nicolas Maury
Si le vent tombe (Should The Wind Fall) de Nora Martirosyan
John and The Hole de Pascual Sisto
Striding into The Wind (Courir au gré du vent) de Wei Shujun
The Death of Cinema and My Father Too (La Mort du cinéma et de mon père aussi) de Dani Rosenberg
Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal
Les deux Alfred de Bruno Podalydès
Un triomphe de Emmanuel Courcol
Le discours de Laurent Tirard
L'origine du monde de Laurent Laffite
Aya to Majo (Earwig and The Witch) de Goro Miyazaki (animation)
Flee de Jonas Poher Rasmussen (animation)
Josep d’Aurel (animation)
Soul de Peter Docter (animation)
En route pour le milliard de Dieudo Hamadi (documentaire)
The Truffle Hunters de Michael Dweck et Gregory Kershaw (documentaire)
9 jours à Raqqa de Xavier de Lauzanne (documentaire)

Le Festival de Cannes va accompagner 56 films

Posté par vincy, le 3 juin 2020

"Décider de livrer une Sélection officielle est surtout la meilleure façon d’aider le cinéma, de mettre l’accent sur les films qui sortiront en salles dans les prochains mois. La réouverture des cinémas, après des mois de fermeture, est un enjeu crucial. Le Festival de Cannes entend être présent pour accompagner ces films et en soutenir la carrière en France et à l’étranger". Thierry Frémaux a envoyé une longue lettre d'explications et de remerciements avant qu'il ne dévoile sa sélection 2020 pas comme les autres.

Dans ce courrier envoyé hier, le directeur du festival de Cannes précise: "Certains des titres qui sont révélés en ce mercredi 3 juin 2020 figuraient dans les pronostics établis par les commentateurs. Ils concernent des cinéastes reconnus dont on savait le travail prêt cette année. D’autres films, également attendus, visionnés et aimés par le comité de sélection, seront absents car leurs auteurs et producteurs ont choisi de repousser leur sortie à l’hiver ou au printemps 2021 et de postuler ainsi aux festivals de l’année prochaine – dont Cannes. Il ne sera donc pas étonnant de ne pas les trouver en Sélection officielle cette année. Nous leur donnons rendez-vous en 2021."

Cette Sélection 2020 reflètera donc la "volonté de porter notre attention sur des films qui vont à la rencontre du public. En deux mots, au critère habituel, aussi indéfini qu’évident (et parfois pas !), de : "Est-ce un film pour Cannes ?", on aura ajouté parfois celui de : "N’est-ce pas un film parfait pour le retour en salles ?"."

56 films sélectionnés. Trois de moins qu'en 2019, mais autant qu'en 2018.

2067 longs métrages reçus. Contre 1845 en 2019, 1916 en 2018 et 1885 en 2017. C’est donc la première fois que le nombre de films soumis à Cannes dépasse 2000 unités. En 2020, ils viennent en effet de 147 pays, contre 138 en 2019, soit une augmentation de 6,5%.

909 premiers long métrages, dont 258 ont été réalisés par des femmes (28,4%) et 651 par des hommes (71,6%). 15 premiers films sélectionnés (soit 26,7% du total), contre 10 en 2019 (17%).

532 réalisatrices ont soumis leur film à la Sélection soit 25,7% du total, contre 575 réalisatrices inscrites en 2019, un chiffre en légère baisse. 16 réalisatrices  ont été sélectionnées contre 14 en 2019, 11 en 2018, 12 en 2017, 9 en 2016, 6 en 2015 ; en pourcentage : 28,5%, chiffre plus élevé que l’année dernière (23,7%) et, surtout, supérieur au pourcentage de réalisatrices postulant à la Sélection. Il est à noter que le même chiffre monte à 38% pour le seul cinéma français figurant en sélection officielle.

Une sélection élargie, en particulier du côté des films français. Le cru 2020, s’il fait la part belle aux pays habituellement bien représentés sur la Croisette (USA, Corée, Japon, Angleterre) et s’il accueille des territoires rares ou en introduit de nouveaux (Bulgarie, Géorgie, Congo), se distingue par une forte sélection française avec 21 films, soit 5 de plus qu’en 2017, 11 de plus qu’en 2018 et 8 de plus qu’en 2019. 8 films français sont réalisés par des femmes, soit 38% du total et 9 sont des premiers films (42%).

San Sebastian. "Nous nous sommes entendus avec Jose-Luis Rebordinos, le directeur du festival de San Sebastian, pour que les films inclus en Sélection officielle 2020 puissent également concourir en compétition, ce que les règles habituellement empêchent. À situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle" explique Thierry Frémaux. Traditionnellement, les films de la Sélection Officielle seront aussi invités par les festivals qui lui succèdent comme Telluride, Toronto, Deauville, San Sebastian, Busan, Angoulême (pour le cinéma français), Morelia, New York, Lyon, Rome, Rio, Tokyo, Mumbaï ou Mar del Plata et même Sundance en janvier prochain. Le Festival présentera un ou deux films en commun avec l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), une des sections parallèles du Festival qui proposera également une sélection, comme la Semaine de la critique.

Les sélections de la compétition des courts métrages et des films de la Cinéfondation seront dévoilées dans les jours qui viennent, comme la composition du programme de Cannes Classics au sommet duquel on retrouvera In the Mood for Love, le chef-d’œuvre de Wong Kar-wai, annoncé en février dernier et qui sortira en décembre prochain.

#BlackoutTuesday : 4 films inspirés de faits divers

Posté par kristofy, le 2 juin 2020

Les Etats-Unis s'embrasent de nouveau, encore une fois. Une fois de plus, un afro-américain est mort de violence policière : George Floyd dont les images insoutenables de son agonie sous le poids du genou d'un policier réputé violent ont enflammé la toile, le monde, les rues. Ce décès a ravivé le mouvement #BlackLiveMatter.

Ce mardi 2 juin c'est le mouvement #BlackoutTuesday avec pour seule image un carré noir sur les réseaux sociaux... C'est d'abord le monde de la musique (artistes, mais aussi maisons de disques comme Atlantic Records, Universal, Warner, Sony...) qui a initié un arrêt d'activité ce jour avec #TheShowMustBePaused, avant que, plus largement, d'autres figures de la culture et les internautes ne partagent ce carré noir devenu viral avec plusieurs millions de hashtag #BlackoutTuesday à travers le monde...

Un film américain récent a retracé un fait divers dans la lignée de celui de George Floyd, Fruitvale Station. Grand prix à Sundance, présenté à Cannes en 2013, il s'agit de l'histoire d'Oscar Grant qui croise des agents de police dans la station de métro Fruitvale à San Francisco. La cruauté et la sauvagerie transforment un malentendu en dérapage ignoble, où le flic raciste, conscient de son acte horrible, cherche quand même s’excuser.

Le cas n'est pas qu'américain. En France comme en Europe, on a répertorié quelques brutalités policières à caractère raciste dans le cadre de traques individuelles ou de manifestations même pacifistes. Et, s'il n'y a pas de racisme, n'oublions pas des partisans de la démocratie à Hong Kong qui ne sont que des cibles pour les autorités chinoise armées jusqu'aux dents.

La Haine (1995) : Makomé M’Bowolé, 17 ans, est tué d'une balle dans la tête par un policier durant son interrogatoire dans un commissariat. Mathieu Kassovitz imagine alors une histoire où un pistolet d'un policier serait retrouvé par des jeunes d'une cité... La Haine vient de fêter ses 25 ans et Mathieu Kassovitz déplore que rien à changé puisque dans l'affaire Adama Traoré (2016), en quatre ans de procédure, la responsabilité judiciaire des policiers est toujours esquivée (jusqu'à lui trouver un problème cardiaque pour se deresponsabiliser) :  « Les seuls responsables sont les politiques. Nous acceptons que les policiers fassent des erreurs mais nous demandons la justice, et les politiques ne la rendent pas » La Haine a reçu prix de la mise en scène au Festival de Cannes, et trois César (dont celui du meilleur film).

De l'amour (2001) : avec son troisième film, Jean-François Richet apporte une sorte de conclusion à sa trilogie amorcée avec Etat des lieux et Ma 6-T va crack-er . Plus fort et plus nuancé, le film s'intéresse à la police, à la fois protectrice et dangereuse... Pour le motif idiot du vol d'une culotte dans un magasin, une jeune femme se retrouve au commissariat, elle y sera alors violée par un policier. C'est presque un film d'anticipation car des affaires semblables seront médiatisées à partir de 2014 à Paris ou à Toulouse. On se souvient du cas d'Emily Spanton une touriste canadienne, qui a subit un viol en réunion par des policiers dans leur bâtiment du 36 quai des Orfèvres. Encore une fois les autorités ont voulu 'se couvrir' et affaiblir le témoignage de la victime (elle était alcoolisée, habillée court, hystérique...). Mais il y a eu procès et condamnation à de la prison.

Les Misérables (2019) : Abdoulaye Fofana, 20 ans, est tabassé par des policiers, mais cette fois ça a été filmé : avec les images comme preuve, il y a eu procès, les policiers ayant eu juste quelques mois de prison avec sursis et une mutation dans un autre département. Le 'copwatching' est ce qui a inspiré à Ladj Ly cette histoire où un policier a tiré, dans une scène de panique, avec son pistolet sur un enfant... Filmer un policier sur la voie publique est bien autorisé par une circulaire de décembre 2008. En 2018, une note de la Police Nationale rappelle que les policiers n'ont pas le droit de s'y opposer. En 2019 et 2020 les multiples débordements de policiers (sans leur matricule RIO d'identification pourtant obligatoire) contre les 'gilets jaunes' (et contre des habitants du 93 et du 91) filmés et diffusés sur internet se multiplient (dont des tirs interdits visant les visages). Les affaires n'entrainent aucune sanction de l'IGPN, le gouvernement nie le problème, Eric Ciotti et d'autres députés de droite veulent une loi contre ces images pour protéger les policiers en faute, au lieu de protéger plutôt les victimes. Une tribune de protestation contre cette proposition (parue dans Libération) est signée par diverses personnalité de la culture, comme Adèle Haenel, Aïssa Maïga, Camélia Jordana, Leïla Bekhti, Omar Sy, Marina Foïs, Ladj Ly, Vincent Cassel, Audrey Dana, Nicolas Duvauchelle.... Elle rappelle que "Le pouvoir de ces graves images a réveillé bon nombre de consciences sur la réalité de ces pratiques policières et a permis d’expliquer le nombre extraordinaire de blessés et de mutilés." Les Misérables a reçu prix du jury à Cannes, une nomination à l'Oscar du meilleur film international, et quatre César (dont celui du meilleur film).