Eva Husson emmène Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot sur le front

Posté par vincy, le 8 octobre 2017

Un an et demi après la sortie de Bang Bang (Une histoire d'amour moderne), Eva Husson tourne depuis la fin septembre son deuxième long métrage.

Les filles du soleil réunit un duo inédit: Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot, prix d'interprétation féminine à Cannes en 2015. Le pitch est aussi très éloigné des amours adolescents de son premier film. Au Kurdistan. Bahar, sergente des Filles du Soleil, un bataillon composé de femmes soldates kurdes, est sur le point de reprendre la ville où elle avait été capturée par les extrémistes quelques mois auparavant. Une journaliste française, Mathilde, couvre les trois premiers jours de l’offensive. Cette rencontre entre les deux femmes dévoile le parcours de Bahar depuis que les "hommes en noir" ont envahit son pays et sa vie.

Eva Husson tourne son film entre la Géorgie et la France. Coproduit par Maneki Films, comme Bang Bang, Wild Bunch le distribuera l'année prochaine.

Laurent Lafitte en vedette dans le 2e film de Sébastien Marnier

Posté par vincy, le 12 juin 2017

Le Film Français annonce en exclusivité que Sébastien Marnier, le réalisateur d'Irréprochable, tourne depuis aujourd'hui un nouveau thriller psychologique, L’heure de la sortie. Le film est l'adaptation du roman de Christophe Dufossé, paru chez Denoël et Prix du premier roman en 2002.

Laurent Lafitte incarnera un professeur de collège, qui n'en finit pas d'écrire sa thèse, venu remplacer un jeune collègue. Ce dernier vient de se suicider devant une classe de troisième, dont les élèves sont particulièrement précoces et brillants. Il s'aperçoit que les élèves dégagent une violence sourde, une hostilité et prend la mesure de l'ascendant des enfants, trop disciplinés, et de leur savoir-faire manipulateur... C'est un groupe indéboulonnable, soudé. Dangereux?
Lafitte, qui sera à l'affiche le 21 juin de K.O., autre thriller paranoïaque, sera entouré de Emmanuelle Bercot, du rappeur et comédien Gringe, de Pascal Greggory et de Grégory Montel ("Dix pour cent"), en plus d'une demi-douzaine d'ados.

Le tournage s'achèvera débute août pour une sortie l'année prochaine, avec Haut et Court.

Le saisissant et intrigant Irréprochable, sorti en juillet dernier, avait valu une nomination à Marina Foïs pour le César de la meilleure actrice. Le film avait attiré 165000 spectateurs.

Deux réalisateurs français pour présider les jurys de Deauville

Posté par vincy, le 12 juin 2017

Michel Hazanavicius a été choisi comme Président du jury du 43e Festival du cinéma américain de Deauville (1-10 septembre 2017). Le réalisateur oscarisé pour The Artist, et qui vient de présenter Le redoutable en compétition à Cannes, a déclaré: "Je suis extrêmement touché et honoré de présider cette année le Jury du Festival du Cinéma Américain de Deauville. J'ai, comme la moitié de la planète, été en partie élevé par le cinéma américain et je me réjouis de passer ces dix jours à m'en nourrir à haute dose. In Cinema we trust!"

Il aura la responsabilité de deux prix attribués par son Jury : le Grand Prix et le Prix du Jury.

Le redoutable sera en salles le 13 septembre.

Pour le Jury de la Révélation, c'est la réalisatrice et actrice Emmanuelle Bercot (La fille de Brest, La tête haute) qui a été nommée. Son jury devra élire le Prix Kiehl’s de la Révélation. "Fervente américanophile, je me réjouis et m’estime honorée d’être appelée à présider le Jury de la Révélation du 43ème Festival du Cinéma Américain de Deauville. Dans mon imaginaire, depuis toujours, Amérique et Cinéma ne font qu’un. Ces dix jours feront de moi, avant toute chose, la plus heureuse des spectatrices" explique-t-elle.

Chiara Mastroinanni, Emmanuelle Bercot et Jéremie Elkaïm dans un « When We Rise » à la française

Posté par wyzman, le 24 avril 2017

Après ses trois César 2016 reçus pour Fatima, Philippe Faucon revient au petit écran par la grande porte. En effet, le réalisateur de Dans la vie et La Désintégration prépare activement le tournage de la mini-série Fiertés, produite par Joëy Jaré (Clara Sheller, Kaboul Kitchen) pour une diffusion sur Arte.

Centrée sur "la vie d'une famille, les combats menés par les homosexuels autour du Pacs, du mariage et de l'adoption" comme indique Le Film Français, Fiertés sera composée de 3 épisodes de 52 minutes. Ceux-ci se dérouleront sur trois décennies, de l'arrivée de François Mitterrand à l'Elysée en mai 1981 jusqu'à l'adoption de la loi Taubira promulguée en mai 2013. Les scénarios sont l'oeuvre de José Caltagirone (Speakerines) et Niels Rahou (Derniers recours).

Le tournage de Fiertés se déroulera en région parisienne du 2 mai au 16 juin. Au casting de cette mini-sérié, on retrouvera Emmanuelle Bercot (La Tête haute), Chiara Mastroinanni (Poulet aux prunes), Jéremie Elkaïm (Marguerite et Julien), Fréderic Pierrot (Populaire), Loubna Abidar (Much Loved), Stanislay Nordey (N'oublie pas que tu vas mourir) et Samuel Théïs (Party Girl).

Bien que l'on ne connaisse pas encore la date de diffusion de Fiertés, l'annonce du début du tournage n'est pas sans rappeler l'autre mini-série LGBTQ de l'année : When We Rise. En 8 épisodes, la série de ABC retraçait la naissance du mouvement LGBT à la suite des émeutes de Stonewall en 1969 et allait jusqu'à l'abandon de la Proposition 8 et l'autorisation du mariage homosexuel en 2013. Entière écrite par Dustin Lance Black (Harvey Milk), When We Rise était réalisée par Gus Van Sant (Elephant) entre autres. Émouvante et importante, When We Rise est un bel exemple de mini-série audacieuse. Philippe Faucon et Arte auraient tort de ne pas s'en inspirer pour Fiertés !

Cannes 2015: un palmarès très socio-politique et un peu romanesque

Posté par redaction, le 24 mai 2015

Pas de Cate Blanchett (incompréhensible) aux côtés de Rooney Mara. Pas de Sorrentino ni de Moretti (favori de la critique française). Pas de Jia Zhang-ke. Bref, comme toujours, il y a de gros oublis, des choix étranges dans le classement, et même des injustices. On se félicitera de quelques récompenses pour The Lobster, Vincent Lindon (enfin!), Hou Hsiao-hsien, le premier film de Laszlo Nemes... Le cinéma français est arrivé en force ce soir. Le jury des frères Coen a surtout donné une tonalité socio-politique à son palmarès: l'immigration et les cités chez Audiard, les camps de concentration chez Nemes, la diplomatie plutôt que la guerre chez HHH, les chômeurs et précaires chez Brizé, la fin de vie chez Franco.

Trois parcours romanesques ont pu quand même séduire les jurés: dans un monde dicté par des normes tyrannique, on cherche le grand amour chez Lantimos, l'amour est transgressif et pudique chez Haynes, passionnel et douloureux chez Maïwenn.

Mais ce qu'on retiendra de cette 68e édition, c'est l'absence d'un très grand film et la multiplication de bons films aux regards acérés et esthétiques assumés. Quitte à prendre de forts risques qui ont souvent divisé les festivaliers.

Palme d'or: Dheepan de Jacques Audiard

Grand prix du jury: Le fils de Saul de Laszlo Nemes

Prix de la mise en scène: Hou Hsiao-hsien pour The Assassin

Prix d'interprétation masculine: Vincent Lindon pour La loi du marché. "C'est la première fois que je reçois un prix dans ma vie."

Prix du jury: The Lobster de Yorgos Lanthimos

Prix d'interprétation féminine: Emmanuelle Bercot pour Mon Roi et Rooney Mara pour Carol

Prix du scénario: Michel Franco pour Chronic (Mexique)

Palme d'honneur: Agnès Varda, "Palme de résistance et d'endurance". "Cette palme dorée sera placée dans un placard à côté de celle de Jacques [Demy]".

Caméra d'or du meilleur premier long métrage: La tierra y la sombra de César Augusto Acevedo (Colombie)

Palme d'or du court métrage: Waves'98 de Ely Dagher (Liban)

Cannes 2015 – les télex du marché: Kristen Stewart chez Assayas, l’actrice de Borgen chez Bercot, Abd Al Malik et deux folles en Italie

Posté par vincy, le 16 mai 2015

marché du film - cannes

- Kristen Stewart avait annoncé qu'elle retournerait un film en France. C'est confirmé. L'actrice, césarisée cette année pour son second-rôle dans Sils Maria (Cannes 2014), retrouvera son réalisateur Olivier Assayas pour Personal Shopper. Après l'annulation de son projet américain, Assayas a décidé de se lancer rapidement dans un autre film. Personal Shopper est une histoire de fantômes qui se déroule dans le monde de la mode à Paris. Le tournage est prévu pour la fin de l'année.

- La Tête haute a déjà attiré 70000 spectateurs sur Paris et Périphérie, deux jours après avoir fait l'ouverture du 68e Festival de Cannes. Mais la cinéaste Emmanuelle Bercot a déjà la tête ailleurs, dans son prochain film. Elle adaptera le best-seller d'Irène Frachon, Mediator 150 Mg, qui a révélé le scandale du Mediator et s'est battue contre les laboratoires Servier. La fille de Brest, un "Erin Brokovitch à la française", sera incarné par Sidse Babbet Knudsen (After the Wedding et surtout Borgen). La comédienne danoise vient de jouer avec Fabrice Luchini dans L’hermine de Christian Vincent.

- Après son premier film, nominé aux César, Qu'Allah bénisse la France, l'écrivain-musicien-chanteur et réalisateur Abd Al Malik finalise le montage financier de son deuxième long métrage. Et ce sera un changement de style radical puisque Déshabillez-moi est l'histoire de la relation amoureuse entre la chanteuse Juliette Gréco, qui fait actuellement ses adieux à la scène en tournée, et le musicien Miles Davis. Le récit se déroule dans les années 50 à Paris et sera narrée par un rappeur noir américain d'aujourd'hui.

- Le réalisateur italien Paolo Virzi, tourne actuellement avec la star de son film les Opportunistes Valeria Bruni-Tedeschi et celle de La prima cosa bella, Micaela Ramazzotti. La Pazza Gioia (Like Crazy) suit deux patientes qui se rencontrent dans un hôpital alors qu'elles sont traitées pour des problèmes psychiatriques. Elles décident de s'évader et vont commencer un drôle de voyage qui les mènera à Rome. Le film est prévu dans les salles l'année prochaine. Les Opportunistes avaient récolté 7 prix David di Donatello, dont ceux du meilleur film, meilleur scénario et de la meilleure actrice.

Cannes 2015 : Catherine Deneuve, Julianne Moore, Benjamin Millepied lancent les festivités

Posté par kristofy, le 13 mai 2015

© LJ

Le 68e Festival de Cannes est officiellement lancé avec, devant le parterre de stars mondiales, un film français à l’honneur : La tête haute d'Emmanuelle Bercot.

Lambert Wilson qui avait été maître de cérémonie l’année dernière retrouve pour la deuxième fois dans ce rôle, son speech en français avec des "slices" d'anglais est tout aussi classe (tout comme son costume queue de pie). Une nouvelle fois, il n’est pas resté figé derrière un micro, s'octroyant un moment au milieu du public. L’année dernière, il avait fait valser Nicole Kidman, et cette année il a demandé à tous de fermer les yeux sur un souvenir de cinéma.

"Cannes est une femme !" L’actrice de cinéma est le symbole de "l’amour au cinéma". Et le cinéma met en lumière la femme, une petite allusion politique à propos de certains endroits du monde où la femme est brimée ou pire encore. Dans son discours, Lambert Wilson réfute d’ailleurs l’expression "cinéma de femme", tout en saluant la réalisatrice Emmanuelle Bercot qui en fait la démonstration en ouverture.

"Est-ce que ça fait mal l’amour ?" La question de François Truffaut dans le film La sirène du Mississipi sera l’allusion pour que toute la salle témoigne à Catherine Deneuve son amour avec des applaudissements.

Avant la présentation du jury emmené par les présidents Ethan et Joel Coen, une scénographie autour du film La Sortie l'usine Lumière à Lyon avec la musique de Vertigo (Sueurs froides) et une chorégraphie de Benjamin Millepied, mari de Natalie Portman, soit un tableau de 5 minutes avec 17 danseurs.

C’est une femme qui dira enfin la traditionnelle formule "Je déclare le festival ouvert" : Julianne Moore était présente pour cette conclusion (et recevoir en même temps son prix d’interprétation que le jury de l’année dernière lui avait attribué pour Maps to the stars de David Cronenberg).

Une phrase en particulier fera rimer et résonner à la fois cinéma et actualité : "Lorsque la liberté aura déserté le monde, il restera toujours un ou une cinéaste pour en rêver."

Cannes 2015: Qui est Emmanuelle Bercot ?

Posté par MpM, le 12 mai 2015

emmanuelle bercot

Presque quinze ans que l’on attendait ça : voir Emmanuelle Bercot briller au firmament. Mais cela valait le coup d’attendre, puisqu’elle s’annonce d’ores et déjà comme la personnalité incontournable de ce 68e Festival de Cannes. Réalisatrice, scénariste et comédienne, elle défendra en effet ses trois casquettes durant la quinzaine en ayant les honneurs de l’ouverture avec son long métrage La tête haute et ceux de la compétition officielle avec celui de Maiwen, Mon roi, dans lequel elle tient le rôle principal.

Longtemps, pourtant, on a pensé qu’Emmanuelle Bercot se plaisait en marge du système. Immédiatement remarquée avec son premier court métrage (Les vacances, prix du jury à Cannes en 1997), confirmant la première impression avec son moyen métrage de fin d’études à la FEMIS (La puce, 1999) puis donnant toute la mesure de son talent avec son premier long métrage (Clément, présent à Un Certain regard en 2001 et distingué par le Prix de la jeunesse), elle semble pourtant rester un peu dans l’ombre. Pendant plusieurs années, elle tourne surtout des courts métrages et des téléfilms. Poursuit en parallèle une carrière d’actrice en dents de scie, commencée dans les années 90 (Etat des lieux de Jean-François Richet, Classe de neige de Claude Miller, Ca commence aujourd’hui de Betrand Tavernier…) Renoue avec son actrice fétiche Isild Le Besco à l’occasion de Backstage.

C’est paradoxalement lorsqu’elle décide de confier son scénario à une autre que les médias et le public semblent enfin la (re)découvrir. Polisse, qu’elle a coécrit avec Maïwenn, remporte le prix du jury à Cannes en 2011 ainsi que deux Cesar (meilleur espoir féminin et meilleur montage) et une foule de nominations. Coup double pour Emmanuelle Bercot qui, en plus de l’avoir écrit, joue dans le film. Le grand public se familiarise avec son nom et son visage et la plébiscite (sans forcément le savoir) dès l’année suivante en se rendant en masse dans les salles pour voir Les infidèles dont elle signe un des sketches les plus intéressants.

C’est toutefois avec son film suivant, Elle s’en va, que la réalisatrice prend définitivement son envol. Sélectionné à Berlin, le film attire presque 400 000 spectateurs et signe la première collaboration d’Emmanuelle Bercot avec l’une de ses actrices favorites, Catherine Deneuve, qu’elle retrouve deux ans plus tard dans La tête haute, et dont elle disait en 2013 : "Elle a été successivement la mère, la sœur, l’amie que je voulais avoir. Elle a participé à l’image que je me fais de ce que c’est d’être une femme."

Elle qui a su filmer comme personne la pré-adolescence et les amours borderline (tarifiés, entre enfants et adultes, entre fan et idole…) en vient peu à peu à imposer son regard singulier dans le paysage cinématographique contemporain. On ne lui fera pas l’affront de juger son travail par le prisme de son genre, mais force est de reconnaître qu’elle est seulement la deuxième femme à "faire l'ouverture" du Festival de Cannes avec un film qu'elle a réalisé. C'est sûr, il faudrait plus de cinéastes comme Emmanuelle Bercot. Elle-même se semble pas vraiment se poser la question. Dans ses films, hommes et femmes se partagent l'affichent, souvent en duos peu orthodoxes. Un gamin avec une femme plus âgée dans Clément, l'inverse dans La puce, une différence d'âge encore plus importante entre les deux personnages d'Elle s'en va et de La tête haute... Inutile de chercher un système, des revendications cachées, ou pire, cet horrible "cinéma de femmes" que certains s'entêtent à étiqueter. Chez Emmanuelle Bercot, il y a une certaine forme de réel, une urgence inspirée de l'air du temps, des récits ancrés dans le quotidien, en un mot du cinéma (tout court), ni plus ni moins que chez ses collègues masculins.

Cannes 2015: La tête haute d’Emmanuelle Bercot en ouverture du Festival

Posté par redaction, le 13 avril 2015

Pour la première fois depuis 1987, le Festival de Cannes mettra à l'honneur une réalisatrice pour son Ouverture. Emmanuelle Bercot (Elle s'en va) présentera en avant-première mondiale La Tête haute le 13 mai prochain. Le film sortira le même jour en France.

Tourné dans le Nord Pas de Calais, en Rhône-Alpes et en Ile de France, le film réunit Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier, et le jeune Rod Paradot qui interprète le personnage principal.

La Tête haute raconte le parcours éducatif de Malony, jeune délinquant, de l’enfance à l’âge adulte, qu’une juge des enfants (Deneuve) et un éducateur (Magimel) tentent de sauver.

"Le choix de ce film pourra paraître surprenant au regard des codes généralement appliqués à l’Ouverture du Festival de Cannes . C’est évidemment le reflet de notre volonté de voir le Festival commencer avec une œuvre différente, forte et émouvante. Le film d’Emmanuelle Bercot dit des choses importantes sur la société d’aujourd’hui, dans la tradition d’un cinéma moderne, pleinement engagé sur les questions sociales et dont le caractère universel en fait une œuvre idéale pour le public mondial qui sera au rendez-vous à Cannes" a déclaré Thierry Frémaux, Délégué général du Festival.

© lux roux

A Cannes, Emmanuelle Bercot a reçu le Prix du jury pour son court métrage Les Vacances en 1997 puis un Deuxième Prix de la Cinéfondation pour La Puce, en 1999. En 2001, son premier long métrage, Clément, dans lequel elle tient le rôle principal, est sélectionné à Un Certain Regard. Elle est revenue à Cannes en tant que co-scénariste de Polisse de Maïwenn, Prix du jury en 2011.
En tant que réalisatrice, elle signe Backstage (2004), un segment de Les Infidèles et Elle s'en va, en compétition à Berlin en 2013. On l'a aussi vue comme comédienne dans des films tels que La Classe de neige de Claude Miller (Prix du jury à Cannes), Ça commence aujourd'hui de Bertrand Tavernier, À tout de suite de Benoît Jacquot, Carlos d'Olivier Assayas (hors -compétition à Cannes) et elle sera à l'affiche de Mon Roi, le prochain film de Maiwenn.

« French touch »: 10 films français qui aiment la musique

Posté par kristofy, le 24 novembre 2014

Avec Eden à l'affiche qui revient sur près de vingt ans de musique électronique, la fameuse « French Touch » musicale, à travers la vie d'un DJ, c’est l’occasion de (re)voir des films (mé)connus où la musique y est autant présente qu’un personnage principal.

L’occasion de constater que la musique en tant que phénomène de société avec ses rites et ses personnages a été trop rarement un sujet de film en France. Bien évidemment notre cinéma produit des biopics sur nos voix les plus célèbres comme Edith Piaf et La Môme (d’ailleurs Marion Cotillard était déjà devenue chanteuse dans Les jolies choses), Serge Gainsbourg et Gainsbourg vie héroïque, Claude François et Cloclo, et prochainement Dalida (avec Nadia Farès dirigée par Lisa Azuelos). Certes, la chanson de variété arrive dans 8 femmes, un voyou découvre le piano dans De battre mon cœur s’est arrêté, on joue au sosie d’une vedette dans Podium, mais la musique a très rarement le premier rôle.

10 films français qui aiment la musique :

Cléo de 5 à 7 de Agnès Varda : Cléo est une jeune chanteuse qui craint d'être atteinte d'un cancer, le film la suit dans son errance avant d’aller chercher le résultat d’un examen médical, durant presque deux heures presque en temps réel. 4 chansons du film ont été écrites par Agnès Varda et mises en musique par le compositeur Michel Legrand, qui y fait également l'acteur.

Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy : C’est la Palme d’or du Festival de Cannes en 1964. Les dialogues en chanson sont de Jacques Demy mises en musique par (toujours) Michel Legrand. On y entend peu la véritable voix des acteurs principaux (Catherine Deneuve, Nino Castelnuovo,...) qui sont doublées par de véritables chanteurs. Le film est entièrement chanté, en-chanté même selon Demy, et témoigne de l’époque du début des années 60 avec les situations conflictuelles d’un jeune homme qui a dû partir faire la guerre en Algérie et une jeune-fille enceinte avant d’être mariée… A noter que Catherine Deneuve s’impose là comme une actrice de premier plan, et que bien plus tard, elle chantera et dansera de nouveau dans un autre film musical qui gagnera une autre palme d’or : Dancer in the dark de Lars Von Trier.

Désordre de Olivier Assayas : Le premier long-métrage d'Assayas (récompensé au festival de Venise en 1986) est aussi son film le plus imprégné de musique. Les jeunes membres d’un groupe de rock pénètrent par effraction dans un magasin pour voler des instruments mais ils provoquent la mort du gérant. En même temps que les personnages grandissent et deviennent adultes, on assiste à la fin de leur passion de jouer ensemble. Olivier Assayas parvient à capter l’esprit des années 80 en pleine mutation musicale, et on peut y voir le chanteur Etienne Daho, symbole de la nouvelle pop française de l'époque.

On connaît la chanson de Alain Resnais : Le scénario est l’œuvre du couple Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, également acteurs dans le film en compagnie de la bande habituelle de Resnais : Sabine Azéma, André Dussollier, Pierre Arditi, Lambert Wilson… L’histoire de différents couples qui se cherchent alterne entre dialogues de fiction et dialogues chantés en play-back. Ils reprennent les refrains les plus populaires de la chanson française. Les paroles les plus connues d'Aznavour, Dutronc, Gall, Sardou, Bécaud, Bashung, Sheila, Bashung, Souchon, Gainsbourg, Hallyday deviennent donc les dialogues des acteurs. Le film a gagné plusieurs César: meilleur film, meilleur scénario, meilleur acteur, meilleur acteur dans un second-rôle, meilleure actrice dans un second-rôle, meilleur montage, meilleur son ; cette compilation de tubes a fait un carton.

Héroines de Gérard Krawczyk : C’est devenu un film culte surtout parce qu’il est devenu quasiment introuvable en vidéo, mais le revoir aujourd’hui montre surtout ses imperfections. Jeanne compose à la guitare et chante avec sensibilité et Johanna l'accompagne. Mais les circonstances font qu’elles ne peuvent se présenter en tant que duo à un concours de talents. C’est la belle extravertie Johanna qui sera sur scène tandis que en coulisse c’est Jeanne qui chante vraiment. Enregistrement d’un disque, passage à la télévision, tournées de concert, et toujours Johanna dans la lumière en tant que starlette alors qu'elle fait semblant de chanter en playback. Leur amitié va devenir de plus en plus fragile au fur et à mesure que Johanna se prend au jeu de la célébrité tandis que leur entourage fera tour pour cacher le secret de leur imposture… On est en 1997 bien avant le phénomène de télé-réalité, et voici un film qui préfigure le star-system people des années 2000. La vedette c’est Virginie Ledoyen et dans l’ombre une véritable chanteuse Maïdi Roth. À noter un petit rôle pour le chanteur Serge Reggiani.

Jeanne et le Garçon formidable de Olivier Ducastel et Jacques Martineau : Depuis une trentaine d’années et Jacques Demy, il n’y avait plus eu de film en forme de comédie musicale, l’acteur ici est d’ailleurs son fils Mathieu Demy , face à Virginie Ledoyen, décidément inspirée quand elle joue les chanteuses (ici en playback doublée par une autre, elle chantera plus tard réellement dans 8 femmes de François Ozon). L’histoire est celle de Jeanne qui rencontre Olivier, ils s’aiment mais lui est séropositif… Le film dramatique est traversé de multiples scènes chorégraphiées et chantées, tout en abordant la maladie du Sida et les manifestations de l’association Act-up.

Foon de Les Quiches : Les Quiches sont une bande de 5 actrices et 3 acteurs qui faisaient tous ensembles des courts-métrages et des sketchs. Une parodie de la comédie musicale West side story les amènent à ce long-métrage écrit à 8 et co-réalisé à 4. Être foon ou pas foon, that is the question, les dialogues et chansons du film ont pour originalité d’être en franglais avec de nombreuses expression english. Foon est une comédie délirante qui parodie les codes des films américains de lycées avec en ligne de mire le fameux bal de promo de fin d’année et de nombreux numéros dansés et chantés. Le succès n’a pas été au rendez-vous au ciném,a malheureusement pour eux. A noter que depuis une actrice est devenue chanteuse du duo Brigitte, que le compositeur des musiques du film est aujourd’hui derrière le groupe Lilly Wood and the The Prick, et que l'un des réalisateurs vient de faire un clip pour la chanteuse Hollysiz

Backstage de Emmanuelle Bercot : Une adolescente est fan d’une célèbre chanteuse, qu’une émission de télé va faire arriver chez elle quelques minutes. La rencontre se passe mal, mais la fan va aller  chez la chanteuse et devenir une proche assistante dans son entourage… La fan c’est la troublante Isild Le Besco et la chanteuse, c’est Emmanuelle Seigner en clone de Mylène Farmer. Le film (sélectionné au festival de Venise) montre la curieuse frontière du phénomène entre une fan et son idole, entre une chanteuse et ses fans, avec une dépendance plutôt nocive. Emmanuelle Seigner, depuis, a enregistré des albums et s'est imposée parmi les chanteuses françaises reconnues.

Quand j’étais chanteur de Xavier Giannoli : Un chanteur de bal populaire, qui se produit ici ou là, rencontre une jeune mère célibataire…, ou comment le titre d’une chanson de Michel Delpech et le chanteur de bal Alain Chanone vont inspirer un film avec Gérard Depardieu et Cécile de France (en compétition au Festival de Cannes). Les scènes de bal font entendre des chansons Julio Iglesias, Sylvie Vartan, Serge Gainsbourg, Daniel Guichard, Dalida, Michel Fugain… avec le pouvoir de rapprocher des cœurs. Un hymne à la variété.

Les chansons d’amour de Christophe Honoré : La plus émouvante association entre Christophe Honoré derrière la caméra et Alex Beaupain à la composition des musiques. Ismaël aime Julie et Alice. Un ménage à trois qui se complique quand Erwan tombe amoureux de Ismaël… Les chansons sont autant de récits de différents troubles amoureux dont elles sont le fil conducteur. Le film (en compétition au festival de Cannes) fait de multiples clins d’œil à ceux de Demy dont Les Parapluies de Cherbourg, évidemment...