Cannes 2019: Claire Burger, marraine de Visions sociales

Posté par vincy, le 26 mars 2019

Cette semaine, la réalisatrice Claire Burger sort son premier film en solitaire, cinq ans après Party Girl, coréalisé avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis, Caméra d'or au Festival de Cannes. C'est ça l'amour arrive au cinéma auréolé de quatre prix aux Arcs (dont meilleur film) et un prix à Venise (Meilleur film aux Venice Days).

Elle reviendra à Cannes cette année en tant que marraine de la sélection Visions sociales, dont ce sera la 17e édition. Elle y présenetra ses deux films.

Cette année, la sélection, qui se déroule à Mandelieu-La Napoule, proposera une rencontre avec Robert Guédiguian et un focus sur le cinéma méditerranéen comportant 16 films.

Sofia de Meryem Benm’Barek
Ceux qui travaillent d’Antoine Russbach
Sibel de Ça?la Zencirci et Guillaume Giovanetti
Fiore gemello de Laura Luchetti
Le jour où j'ai perdu mon ombre de Soudade Kaadan
Chjami è rispondi d’Axel Salvatori-Sinz
Amal de Mohamed Siam
Le silence des autres d’Almudena Carracedo et Rober Bahar
Tel Aviv on Fire de Sameh Zoabi
Hawaii de Jesús del Cerro
Before Father Gets Back de Mari Gulbani
Makhdoumin, chacun sa bonne de Maher Abi Samra
The Reports on Sarah and Saleem de Muayad Alayan
Her Job de Nikos Labôt
Benzine de Sarra Abidi
Wardi de Mats Grorud

Les Arcs 2018: Claire Burger au sommet du palmarès

Posté par vincy, le 21 décembre 2018

La 10e édition des Arcs Film Festival s'achève avec succès - plus de 1500 personnes accréditées, près de 80 longs métrages et 40 courts métrages projetés, plus de 20 000 entrées.

Le palmarès décerné ce soir sacre C'est ça l'amour de Claire Burger. Le film obtient la Flèche de Cristal, le prix le plus important du Festival du cinéma européen, le Prix d’Interprétation Masculine pour Bouli Lanners et le Prix du jury presse.

Mars films le sortira le 27 mars. Dans cette histoire, Mario tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve d'indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Quatre ans après Party Girl, Claire Burger confirme son statut de cinéaste à suivre. Avec C'est ça l'amour, elle avaitdéjà  reçu le principal prix de la sélection Venice Days à la Mostra de Venise en septembre.

Le Grand Prix du Jury a récompensé Joy de Sudabeh Mortezai. Le film a déjà été sacré à Chicago, Londres, Vienne, après deux prix à Venise. Le public a préféré Smuggling Hendrix de Marios Piperides, qui avait triomphé à Tribeca en avril.

Deux autres films ont été particulièrement distingués. Aniara de Pella Kagerman et Hugo Lilja a été distingué par le Prix d'Interprétation Féminine pour Emelie Jonsson, une mention spéciale du jury presse et une mention spéciale du jury jeune ainsi que le Prix Cineuropa. In Fabric de Peter Stickland a reçu de son côté le Prix 20 Minutes d’Audace et le Prix de la Meilleure Photographie pur Ari Wegner.

Les autres récompenses sont le Prix de la Meilleure Musique Originale a été remis à Bernhard Fleischmann pour L’Animale (de Katharina Mückstein), le Prix du Meilleur Court Métrage est allé à The girl with two heads de Betzabé Garcia (avec une mention spéciale pour Bonobo de Zoel Aeschbacher) et le Prix du jury jeune a été décerné à Mug de Malgorzata Szumowska.

Venise 2018: Deux films français récompensés dans les sélections parallèles

Posté par vincy, le 7 septembre 2018

Claire Burger est la lauréate de la 15e édition des Giornate degli Autori (les Venice Days) de la Mostra de Venise avec son premier long métrage (en solitaire), C'est ça l'amour. La coréalisatrice (avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis) de Party Girl (Caméra d'or à Cannes il y a quatre ans) raconte l'histoire d'un père, dont l'épouse est partie, qui doit gérer le foyer et ses deux filles adolescentes.

Le film doit sortir cet automne.

Le jury, présidé par le réalisateur Jonas Carpignano, a souligné qu'il s'agissait d'un "film extrêmement personnel de la réalisatrice, une œuvre très pertinente sur les différentes situations auxquelles nous sommes confrontées dans nos vies, que nous soyons au prise avec une relation décevante, ou que nous ayons le cœur brisé pour la première fois."

Lors de la cérémonie, deux autres prix ont distingué Sudabeh Mortezai pour Joy, qui reçoit le Hearst Film Award (Meilleur film réalisé par une femme) et le Label Europa Cinemas (Meilleur film européen).

Le public a plébiscité quant à lui Ricordi? de Valerio Mieli.

La Semaine internationale de la Critique a de son côté décerné le Verona Film Club Award à un autre film français Bêtes blondes d'Alexia Walther et Maxime Matray. Le film suit une éphémère vedette de sitcom dans les années 1990, Fabien, qui a sombré aujourd'hui dans l'alcoolisme. Jusqu'au jour où il croise la route de Yoni. Même pas surpris de découvrir dans le sac du jeune militaire en larmes, la tête d'un autre jeune homme, beau comme un rêve, comme un souvenir, comme un reproch

Le Sun Film Group Audience Award a distingué Still Recording de Saeed Al Batal et Ghiath Ayoub, qui repart également avec le Mario Serandrei – Hotel Saturnia Award pour la meilleure contribution technique.

Le prix du meilleur réalisateur est revenu à Domenico De Orsi pour Gagarin, Mi Mancherai.

Venise 2018: la sélection des 15e Venice Days (et les trois finalistes du Prix Lux)

Posté par vincy, le 24 juillet 2018

Le programme de Venise s'enrichit avec la révélation de la section parallèle des Venice Days. Claire Burger, Joachim Lafosse, Rithy Panh sont en compétition. La France est présente à travers 7 productions ou coproductions et la francophonie signe une entrée en force dans cette 15e sélection très éclectique.

A ces films s'ajoutent les trois finalistes du Prix Lux du parlement européen: The Other Side of Everything de Benedikt Erlingsson, Styx de Mila Turajlic et Woman at War de Wolfgang Fischer.

Sélection
Pearl d’Elsa Amiel (Suisse), avec Peter Mullan, Julia Föry
C’est ça l’amour de Claire Burger (France), avec Bouli Lanners, Justine Lacroix
Ville neuve de Félix Dufour-Laperrière (Canada) - animation
Mafak (Screwdriver) de Bassam Jarbawi (Palestine), avec Ziad Bakri
Continuer de Joachim Lafosse (Belgique), avec Virginie Efira, Kacey Motter-Klein
José de Li Cheng (Guatemala), avec Enrique Salanic
Domingo de Clara Linhart et Fellipe Barbosa (Brésil), avec Itala Nandi
Riccordi ? De Valerio Mieli (Italie), avec Luca Marinelli, Linda Caridi
Joy de Sudabeh Mortezai (Autriche), avec Joy Anwulika
Les tombeaux sans noms de Rithy Panh (Cambodge) - OUVERTURE - documentaire
Three Adventures Of Brooke de Yuan Qing (Chine), avec Xu Fangyi, Pascal Greggory
Le suicide d’Emma Peteers de Nicole Palo (Belgique) - CLÔTURE (Hors compétition), avec Monia Chokri, Fabrice Adde

Evénements spéciaux
Dead Women Walking de Hagar Ben-Asher (USA)
Goodbye Marilyn de Maria Di Razza (Italie) - animation
Happy Lamento d’Alexander Kluge (Allemagne)
The Ghost Of Peter Sellers de Peter Medak (Chypre) - documentaire
Il bene moi (My Own Good) de Pippo Mezzapesa (Italie)
Why Are We Creative ? de Hermann Vaske (Allemagne) - documentaire
As We Were Tuna de Francesco Zizola (Italie) - documentaire

Women’s Tales
Hello Apartment de Dakota Fanning (Italie, USA), avec Eve Hewson - 15e court de la série
The Wedding Singer’s Daughter de Haifaa Al-Mansour (Italie, USA) - 16e court de la série

Venice Nights
One Ocean d’Anne de Carbuccia (Italie)
I Villani de Danieli De Michele (Italie)
L’Unica Lezione de Peter Marcias (Italie)
Il teatro al lavoro (Theatre At Work) de Massimilano Pacifico (Italie)

Claire Burger (« Party Girl ») filme en solitaire

Posté par vincy, le 2 juillet 2017

C’est ça l’amour sera le prochain film de Claire Burger (et son premier long métrage seule derrière la caméra). La coréalisatrice de Party Girl (Caméra d’or 2014 au Festival de Cannes), avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis, commencera son tournage à la mi-août dans la région de Forbach.

Produit par Dharamsala, le film met en scène Bouli Lanners et Justine Lacroix. Le film fera le portrait d'un homme un peu lunaire, Mario, terrassé par le départ de sa femme, et qui se trouve rapidement débordé par ses deux filles, en pleine crise d'adolescence. Frida, 14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki, 17 ans, rêve de quitter la maison. De son côté, Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme.

Cannes 2014 : un palmarès bien vu pour Un Certain regard

Posté par vincy, le 23 mai 2014

white god cannes 2014Présidé par Pablo Trapero, le Jury d'Un Certain regard du 67e Festival de Cannes n'a pas récompensé de mise en scène ou une actrice en particulier. Mais le palmarès de cette section ne comporte aucun faux pas. Le Jury se dit "honoré et ravi d’avoir pu visionner pendant 10 jours tant d’excellents films témoignant de la diversité et de la vitalité de la cinématographie mondiale d’aujourd’hui" et se dit "impressionné par la force et l’originalité des œuvres présentées".

De fait, d'Hongrie, de Suède, de France, d'Allemagne ou d'Australie, comédiens amateurs ou véritable aborigène, fiction politique ou exercice de style séduisant autour du couple, les films récompensés sont un condensé d'un cinéma mondial non formaté, tout en étant divertissant et intéressant.

PRIX UN CERTAIN REGARD : White God de Kornél Mundruczó (qui avait reçu le prix de la Critique internationale pour Delta en en 2008 alors qu'il était en compétition).

PRIX DU JURY : Force majeure (Turist) de Ruben Östlund.

PRIX SPECIAL DU CERTAIN REGARD : Le sel de la terre de Wim Wenders et Juliano Ribeiro Salgado.

PRIX D’ENSEMBLE : Party Girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis (un premier film).

PRIX DU MEILLEUR ACTEUR : David Gulpilil pour Le pays de Charlie (Charlie's Country) de Rolf de Heer

Cannes 2014 : Qui sont Marie Amachoukeli et Claire Burger ?

Posté par vincy, le 14 mai 2014

Marie Amachoukeli et Claire Burger EN PASSANT PAR LA LORRAINE

Elles ouvrent Un certain regard. Marie Amachoukeli et Claire Burger grimpent les échelons cannois un par un. Le binôme de la Fémis est en fait un trouple puisque Samuel Theis, ami d'enfance de Claire Burger, est également co-réalisateur du film Party Girl, présenté cette année à Cannes. Si Claire et Samuel sont de la même région, Marie Amachoukeli, d'un père géorgien et d'une mère française, a un itinéraire différent, diplômée en histoire.

Party Girl est le premier long métrage des ces trois beaux jeunes talents : l'histoire d'une entraîneuse, Angélique, la soixantaine, mère de quatre enfants qu'elle a choisi de ne pas élever, décide d'épouser un de ses clients. Angélique existe vraiment, et l'un de ses fils n'est autre que Samuel Theis.

Avec un cinéma proche des Dardenne, très réaliste et ancré dans un contexte social souvent dur (la Lorraine des déshérités), le duo, engagé sur des valeurs humanistes, a déjà récolté de beaux lauriers grâce à leurs courts métrages. Forbach (2008), qui s'inspire de la vie de la famille Theis, reçoit le Grand prix du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, quelques mois après leur deuxième prix de la Cinéfondation au Festival de Cannes. Le très réussi C'est gratuit pour les filles (2009) est sélectionné à la Semaine de la critique au festival de Cannes avant d'être couronné par le César 2010 du meilleur court-métrage.

Claire Burger a étudié le montage, Marie Amachoukeli, qui manie l'humour parfois absurde, le scénario. Elles ne sont pas de la même promotion de la Fémis et pourtant, elles ont eu le coup de foudre. Il faut une bonne dose de confiance, d'amour, d'amitié pour surmonter les obstacles. Car, malgré Cannes et le César, Marie et Claire ont galéré pour pouvoir financer leur premier long métrage, sans stars. Le réalisme ne souffre d'aucun compromis : les acteurs sont des non professionnels. Cette absence de concessions ne les a pas empêchées d'avoir l'avance sur recettes.

Parallèlement, elles travaillent sur d'autres projets. Claire Burger a fait quelques montages (les courts de Bojina Panayotova) et réalisé Toute ma vie j'ai rêvé en 2009. Marie Amachoukeli a participé à des scénarios de courts métrages, notamment La femme à cordes, de Vladimir Mavounia-Kouka, nommé au César du meilleur film d'animation en 2012, et à l'écriture du premier long métrage de Cyprien Vial, Bébé Tigre qui pourrait être sélectionné à Locarno cet été.

Cannes 2014 : un premier film français ouvrira Un Certain Regard

Posté par MpM, le 11 avril 2014

PARTY GIRLParty girl, réalisé par Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, ouvrira la Sélection officielle Un Certain Regard le 15 mai prochain.

Il s'agit du premier long métrage des réalisatrices Marie Amachoukeli et Claire Burger, César du meilleur court métrage en 2010 pour C'est gratuit pour les filles, et de l'acteur et réalisateur Samuel Theis, qui avait travaillé avec elles sur Forbach, 2e Prix de la Cinéfondation au Festival de Cannes  2008 et Grand Prix du Festival de Clermont-Ferrand 2009.

Dans la lignée de Forbach, qui racontait librement l'histoire de la famille de Samuel Theis, Party girl s'inspire de la vie de sa mère. Il met en scène Angélique, soixante ans, "entraîneuse dans un bar de nuit, qui aime encore la fête et les hommes mais qui, devenue la doyenne, se sent en fin de course". C'est la véritable Angélique qui interprète le personnage principal.

Le scénario du film avait été sélectionné aux Ateliers Jeanne Moreau du Festival d'Angers 2012 où il a été développé pendant 8 jours en compagnie d’Oliver Ducastel, Jacques-Henri Bronckart, Bence Fliegauf, Catalin Mitulescu, Raphaël Nadjari et Vincent Poymiro.

A noter, en cette période de forte vigilance sur la représentation des femmes cinéastes au Festival de Cannes, qu'après The Bling Ring de Sofia Coppola en 2013, c'est la deuxième année consécutive que la section Un Certain regard choisit un film d'ouverture (notamment) réalisé par une femme.

10 films français à attendre pour 2014

Posté par kristofy, le 3 février 2014

une histoire banaleComme chaque année, on peut se féliciter du fait que plus de 250 films produits en France vont arriver dans les salles. Cependant, comme d’habitude, il y aura une grande disparité entre les gros films qui occuperont plus de 500 écrans pendant plusieurs semaines, et ceux qui seront vus dans moins d’une cinquantaine de villes et qui ne resteront à l’affiche que quelques jours avant d’être remplacés par une autre nouveauté…

C'est pourquoi nous vous proposons d'ores et déjà une sélection de 10 films français qu’il faudra soutenir cette année. Il s’agit pour la plupart de premiers films fragiles avec souvent des acteurs encore méconnus. La diversité des nouveaux talents qui feront peut-être le cinéma français de demain est là :

- Angélique, réalisé par Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis : les deux premières avait eu le César 2010 du meilleur court-métrage pour C’est gratuit pour les filles, et le trio avait obtenu le grand prix à Clermont-Ferrand pour Forbach en 2009. Angélique est leur premier long-métrage. Une femme travaille depuis longtemps comme entraîneuse dans un cabaret à la frontière franco-allemande, son tempérament déluré s‘accommode bien de cette vie nocturne de fêtes. Un ancien client propose de l’épouser, ce mariage serait pour elle l’occasion de changer de vie…

- L’année prochaine, réalisé par Vania leturcq : premier film avec Constance Rousseau (Tout est pardonné, Un monde sans femmes) et Jenna Thiam (la série Les Revenants, bientôt dans le nouveau film de Claude Lelouch), mais aussi Julien Boisselier, Frédéric Pierrot, Anne Coesens, Kevin Azaïs... Quand l’été arrive vient l’heure des grandes décisions pour deux meilleures amies qui ont maintenant 18 ans : que vont-elles faire, où, et avec qui ? En quittant leur petit village de province pour Paris, ce nouveau départ sonne peut-être le glas de leur amitié…

- Les combattants, réalisé par Thomas Cailley : premier film avec la toujours parfaite Adèle Haenel (Suzanne) et la révélation qui monte Kevin Azaïs (Vandal). Arnaud, 17 ans, rencontre Madeleine, 19 ans, qui elle se prépare pour une guerre qu'il n'est pas sûr de comprendre. Jusqu'où Arnaud doit-il aller pour elle puisqu'elle ne lui a rien demandé, et où la suivre puisqu'elle est la seule à connaître la voie qu'elle se trace ?

- Une histoire banale, réalisé par Audrey Esturgo : avec Marie Denarnaud que l’on retrouve enfin dans un premier rôle, sortie le 9 avril. Une jeune femme de 30 ans joyeuse et rêveuse,  avec une vie active simple et agréable, se prépare à emménager bientôt avec son fiancé. Mais un soir tout va basculer en quelques minutes, une histoire banale qui va laisser des traces... Le film a déjà été présenté au festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz.

- Ker Salloux, réalisé par Olivier Jahan ker salloux: C’est son second long-métrage, attendu depuis 14 ans, depuis Faites comme si je n’étais pas là (Quinzaine des Réalisateurs à Cannes en 2000). La scénario est co-écrit avec Diastème, et au casting on retrouve de nouveau Emma De Caunes (elle aussi trop rare) et Yannick Renier.

Éléonore, la trentaine, vient de perdre son père qui lui a légué sa maison en Bretagne qu'elle doit absolument vendre. Elle demande à Samuel, son ancien compagnon dont elle s'est séparée quelque mois auparavant, de l'accompagner là-bas, parce qu'il a son permis et parce qu'elle ne veut pas retourner seule dans cette maison. On verra un week-end riche en émotions, souvenirs, engueulades, en moments mélancoliques et absurdes, dont Éléonore et Samuel sortiront changés...

- Les Métamorphoses, réalisé par Christophe Honoré : après ses fresques sentimentales (Les chansons d’amour, La belle personne, Les bien-aimés…) avec les plus célèbres actrices, Christophe Honoré a tourné un petit film bien plus modeste avec un casting d’inconnus (venus du théâtre). Il s’agit de l’adaptation très libre d’un long poème latin d'Ovide (environ 12000 vers avec 250 récits) : les métamorphoses d'êtres humains en plantes, animaux ou minéraux ; avec Europe, Jupiter, Bacchus, Junon et Orphée. Dans son film, on verra une adolescente séduite par un homme devant son lycée, qui va l’enlever et lui raconter des histoires étranges de jeunes gens métamorphosés en animaux après l’avoir rencontré. L’adolescente curieuse va pénétrer peu à peu un monde de légendes où la frontière entre les mortels et les dieux n’existe plus…

- Les nuits d’été, réalisé par Mario Fanfani : avec Jeanne Balibar, Guillaume de Tonquédec et Nicolas Bouchaud, premier film co-écrit avec Gaëlle Macé (co-scénariste de Grand Central). En 1959. Michel notaire ambitieux et Hélène qui partage son temps entre des œuvres caritatives et l'éducation de leur fils forment un couple exemplaire. Mais Michel dissimule un lourd secret...

- Terre battue, réalisé par Stéphane Demoustier : Un père (Olivier Gourmet) connaît toutes les défaites : il est licencié, sa femme le quitte. Son fils de 11 ans brille dans les tournois de tennis de la région, il ne veut pas renoncer à ses rêves de champion... Soit les destins parallèles d’un père et de son fils qui ont l’obsession de réussir. Avec également Valeria Bruni Tedeschi et le jeune Charles Mérienne, le scénario est co-écrit avec Gaëlle Macé. C’est le premier film de Stéphane Demoustier (frère de l’actrice Anaïs Demoustier) déjà connu depuis plusieurs années comme réalisateur et producteur de brillants courts-métrages.

tristesse club- Tristesse Club, réalisé par Vincent Mariette : avec Laurent Lafitte, Ludivine Sagnier, Noémie Lvovsky, et Vincent Macaigne (déjà acteur de son court-métrage Les Lézards), premier film qui sort le 25 juin. Deux frères reviennent à Valloires, la ville où ils ont grandi et où doit se dérouler la crémation de leur père détesté. Sur place, pas de cérémonie, une fille qui se présente comme leur demi-sœur et qui leur avoue que leur père n’est pas mort mais disparu : elle a tout manigancé pour poursuivre sa quête de le retrouver…

- Vincent, réalisé par Thomas Salvador : La force, les réflexes et l'agilité de Vincent décuplent au contact de l'eau. Il ne l'a jamais révélé à personne. En s'installant dans un village, il fait la rencontre de Lucie, tombe amoureux et se dévoile... Après plusieurs courts-métrages, c’est le premier film de Thomas Salvador, co-écrit par lui avec Thomas Cheysson et Thomas Bidegain (le co-scénariste de Audiard), avec au casting Vimala Pons, Samir Guesmi et Eric Cantona.

Pour ces 10 films, deux seulement ont déjà une date de sortie prévue (9 avril pour Une histoire banale, 25 juin pour Tristesse Club) et certains espèrent être dans l’une ou l’autre sélection du Festival de Cannes.

Rencontre avec deux nouveaux talents : Claire Burger et Nassim Amaouche

Posté par Benjamin, le 10 décembre 2009

Arrivés le mardi 8 décembre, Claire Burger et Nassim Amaouche, membres du jury et jeunes cinéastes français, connaissent bien les Rencontres Henri Langlois pour y avoir participé et reçu des prix. Tout deux ont en effet été récompensés par le Prix spécial du jury (en 2004 pour Nassim et en 2008 pour Claire) et ils étaient également au dernier festival de Cannes à la Semaine de la Critique. Le court métrage de Claire précédait la projection du long de Nassim. Après une rencontre avec des lycéens et des étudiants en cinéma, ils ont bien voulu nous accorder un petit moment en totale décontraction et autour d'une tasse de café...

Regard sur les festivals.

Le ton est amical, les blagues circulent (surtout de la part de Nassim Amaouche) mais cela n'empêche pas le propos d'être sérieux. Et même s'ils sont encore de jeunes cinéastes, Claire et Nassim ont l'expérience des festivals et s'expriment sur ce type de manifestation. Sans parler des Rencontres Henri Langlois dans un premier temps, ils abordent leur présence dans de nombreux festivals. Tout deux insistent par exemple sur le fait que si un festival est un lieu d'échange, un réalisateur ne doit pas y passer sa vie: "notre métier c'est de faire du cinéma [...] On se perd à aller dans tous les festivals" confie Claire Burger. Non pas qu'ils n'apprécient pas d'y être conviés, bien au contraire, mais c'est parfois une tentation à éviter pour eux s'ils veulent garder leur concentration intacte.

Cependant, Nassim Amaouche déclare avoir "besoin des festivals" car "quand on fait des courts métranges, [c'est] le seul endroit où on peut les montrer" et que "gagner un prix, ça fait de l'argent". Il est vrai que pour des jeunes cinéastes qui débutent, les festivals sont l'occasion de pouvoir partager et discuter de leur oeuvre, notamment avec des professionnels et donc d'avoir l'opportunité de faire des rencontres qui peuvent leur être bénéfique pour l'avenir. Toutefois, le réalisateur d'Adieu Gary tient à rappeler (c'est son côté "engagé" qui s'exprime) que les festivals de courts métrages souffrent ces derniers temps. Des festivals "militant qui croient à l'éducation par l'image" mis à mal par le gourvenement (il cite celui de Clermont-Ferrand qui a eu des déboires avec le ministre Brice Hortefeux): "on a fait passer des équipes qui organisaient [des] festivals plus ou moins ambitieux pour des exploitants de bénévols. On est dans une période de résistance en terme de culture".

En acceptant d'être jurés pour les Rencontres Henri Langlois, Claire et Nassim ont exprimé leur envie "d'aider" ces petits festivals et ce  cinéma discret. De rendre, quelque part, ce que ces derniers leur avaient offert.

Les Rencontres Henri Langlois.

Les deux réalisateurs nous font part de leur joie, de leur plaisir d'être à Poitiers. Pour des raisons personnelles (Nassim Amaouche y a par exemple rencontré sa femme) mais aussi pour des raisons plus professionnelles, parce que Poitiers est un festival plus ouvert au public que d'autres, plus axé sur l'échange et le partage. Un festival véritablement vivant qui apporte "des rencontres qui encouragent" déclare Claire Burger, et qui "contrairement à d'autres festivals, nous propose de rencontrer des scolaires, d'aller montrer les films en prison, de rencontrer différents types de publics".

Il est vrai que le festival de Poitiers met 'accent sur cette participation des plus jeunes qu'ils soient collégiens, lycéens, étudiants voire maternelles (puisqu'un programme, Piou-piou, a été mis en place spécialement pour eux). Des jeunes à qui il est permis d'aller vers un autre cinéma (d'auteur, asiatique) et de rencontrer des cinéastes (tels que Rithy Panh) qui leur offrent de véritables leçons de cinéma. C'est sans doute ce savant mélange entre professionnalisme et amateurisme qui les charme tant.

Il ne leur reste plus désormais qu'à juger (une mission qu'ils prennent à la fois avec sérieux et détachement) les 40 films en compétition pour rendre leur palmarès samedi à 18h30. Un palmarès qu'ils disent déjà subjectif et très modeste...