L’indomptable Xavier Dolan débarque en librairie

Posté par wyzman, le 18 avril 2019

Maître de conférences et spécialiste du droit public, Laurent Beurdeley est également un grand fan du cinéaste québécois. Voilà pourquoi il lui consacre tout un livre. Déjà disponible au Québec, Xavier Dolan - L’indomptable est désormais disponible dans les librairies françaises.

Un livre attendu

Tout premier portrait du réalisateur découvert à Cannes en 2009 alors qu’il n’avait que 20 ans, Xavier Dolan - L’indomptable propose une description minutieuse du principal intéressé. Plus encore, l’ouvrage tend à décortiquer ses films applaudis (Mommy) ou décriés (Juste la fin du monde) tout en mettant en lumière les multiples facettes de celui que l’on ne présente plus.

Au cours des 456 pages qui composent Xavier Dolan - L’indomptable, Laurent Beurdeley aborde tour à tour l’impressionnante culture du réalisateur de Laurence Anyways, son statut durement acquis d’icône pop, ses muses ainsi que ses engagements politiques et personnels. Portrait sans fard d’un garçon devenu homme, Xavier Dolan - L’indomptable a été écrit sans que son auteur ne rencontre jamais son sujet. Mais le 4 mars dernier, en amont de la sortie québécoise, Stéphane Bern est tout de même parvenu à changer la donne !

Dévoilé quelques heures avant l’annonce de la sélection officielle de la 72e édition du Festival de Cannes, Xavier Dolan - L’indomptable arrive au bon moment. En effet, après une sélection manquée l’an dernier avec Ma vie avec John F. Donovan, le réalisateur de 30 ans est particulièrement attendu sur la Croisette avec son huitième long métrage : Matthias & Maxime.

Cannes 2019: Alain Delon recevra une Palme d’or d’honneur

Posté par vincy, le 17 avril 2019

Le Festival de Cannes a décidé de décerner une Palme d’or d’Honneur à Alain Delon, "afin d’honorer sa magnifique présence dans l’histoire du septième art."

L'acteur, réalisateur et producteur français succède ainsi à Jeanne Moreau, Woody Allen, Bernardo Bertolucci, Jane Fonda, Clint Eastwood, Jean-Paul Belmondo, Manoel de Oliveira, Agnès Varda et Jean-Pierre Léaud.

Le comédien du Guépard de Luchino Visconti (Palme d’or 1963) est considéré comme l'un des monstres sacrés du 7e art. Il est né au cinéma en 1960 avec Plein Soleil de René Clément.

"Avec Pierre Lescure, nous sommes heureux qu’Alain Delon ait accepté d’être honoré par le Festival, déclare Thierry Frémaux, Délégué général. Il a pourtant longuement hésité, lui qui nous a longtemps refusé cette Palme d’or car il estimait ne devoir venir à Cannes que pour célébrer les metteurs en scène avec lesquels il a travaillé."

Une belle histoire

Antonioni, Cavalier, Verneuil, Visconti, Melville, Losey, Godard, Deray, Duvivier, Schlöndorff, Leconte, Blier, Enrico sont autant de grands noms qui émaillent dans sa filmographie.

"Magnétique chez Visconti, mystérieux dans les polars de Melville et Verneuil, Alain Delon a toujours fait des choix forts : en abandonnant rapidement le costume du jeune premier, il se consacre à des personnages complexes, ambivalents et tragiques, fragiles et rugueux, et façonne le rôle de policier taiseux ou d’animal à sang froid. Grande source d’inspiration pour John Woo ou Quentin Tarantino, Le Samouraï, où il est le film, fait de son jeu un « genre » : charisme, regard, tension…" rappelle le communiqué.

"Son histoire avec le Festival de Cannes a débuté en même temps que sa carrière. Le 13 mai 1961, sa première montée des Marches pour Quelle joie de vivre, présenté en Sélection officielle, est marquée par une grande ferveur où se mêlent photographes, journalistes et des centaines d’admirateurs. 30 ans plus tard : même enthousiasme lors de son arrivée spectaculaire en hélicoptère puis en bateau pour présenter Nouvelle Vague" précise le Festival. Delon c'est le mot STAR accroché à son veston ou des passages pour remettre une Palme ou accompagner un vieux film restauré.

S'il a abandonné le cinéma, il fait de temps en temps du théâtre et on murmure qu'il reviendrait à la chanson.

3 raisons d’aller voir Alpha the right to kill

Posté par kristofy, le 17 avril 2019

Le pitch : Dans les quartiers pauvres de Manille, la lutte antidrogue fait rage. Un officier de police et un petit dealer devenu indic tentent coûte que coûte de faire tomber l’un des plus gros trafiquants de la ville, mettant en jeu leur réputation, la sécurité de leur famille… et leur vie.

Le retour de Brillante Mendoza
La plupart des films de Brillante Mendoza ont été sélectionnés dans différents festivals comme Cannes (prix de la mise en scène en 2009 pour Kinatay), Venise, Berlin ; ce qui a encouragé ensuite leur sortie en salles en France comme par exemple Serbis, Lola, Captive… Cependant, certains de ses films n’ont pas été distribués chez nous. Ce fut le cas de Thy Womb (pourtant à Venise, et très bon) et comme de Sapi (une incursion ratée dans le surnaturel). Son dernier film Ma' Rosa (prix d'interprétation féminine à Cannes) faisait le portrait d’une mère de famille qui devait trouver de l’argent pour sortir sa famille de garde-à-vue chez les flics pour une histoire de petit deal de drogue… Le drogue et les diverses ramifications de ses trafics sont cette fois au centre de ce nouveau film Alpha the right to kill : pistage d’un gros trafiquant, intervention armée des policiers, une partie de la drogue disparue, les curieuses relations entre un flic et son indic… Les amateurs de polars seront ravis.

Le style immersif de Brillante Mendoza
Cette impression de captation du réel ou de cinéma-vérité qui forment le style de Mendoza est ici encore à l’œuvre durant tout le film (sauf certains moments de l’assaut, au début, qui empruntent aux codes du polar/thriller classique). Nous assistons presque en temps réel à ce qui se passe. Au Festival de Vesoul, il nous avait expliqué sa façon de travailler si particulière (sur presque chaque film) : « Sur grand écran, tout semble être exactement comme on le voit dans la réalité. Mais pour obtenir ce résultat, et le rendre réaliste, comme un documentaire, cela demande beaucoup de travail et de patience. Il faut s’appuyer sur différents éléments de réalisation, comme le son, la direction artistique, la mise en scène, le montage, et même la musique. Même si on tourne en temps réel, il faut d’une certaine manière tout recréer lorsque l’on réunit tous les éléments. Comment procède-t-on concrètement ? Dès le casting : on mélange des acteurs professionnels avec des amateurs. Je les laisse improviser beaucoup. Je ne leur dis pas où sera placée la caméra pour ne pas les bloquer. Et pour ce qui est de la musique : je n’en utilise pas beaucoup. Si le film se suffit à lui-même, il n’y a pas besoin de musique. Mais j’utilise la musique comme un son naturel de l’environnement. Même chose avec la direction artistique : je veux que tout semble le plus vrai possible. Je n’aime pas que les acteurs portent des vêtements qui ne sont pas habituellement portés par les gens ordinaires. Parce que la plupart de mes personnages sont des gens ordinaires. »

La lutte (im)possible contre le trafic de drogue…
Alpha the right to kill montre presque chaque rouage du trafic de drogue : le gros bonnet, les petits vendeurs, les passeurs, les guetteurs, les indics, les policiers, les médias… Ce n’est pas seulement un bon sujet de film d’action mais aussi un sujet politique, aux Philippines la ‘guerre contre la drogue’ était une thématique forte pour son élection en 2016 du président Rodrigo Dutertre. Ainsi, lors d’une importante intervention, il y a dans le film-  comme dans le réel - certains policiers qui peuvent tirer et tuer des criminels ou des simples suspects… Après une première partie musclée typique d’un film d’action, Alpha the right to kill se recentre sur deux personnages en particulier : un policier respecté pour son efficacité et son rôle de bon père et mari ; et un petit dealer habile qui doit trouver de l’argent pour les besoins du bébé.

Mais on remarque surtout que les quantités de drogues saisies par les autorités ont beau être importantes, il y en aura toujours en circulation. Ce trafic profite à tellement de gens qu'on ne voit pas comment il peut prendre fin.

Cannes 2019: le Festival met Agnès Varda en pleine lumière

Posté par vincy, le 15 avril 2019

Flore Maquin / Festival de Cannes

L'image est extraite de La pointe courte. L'affiche rend hommage à Agnès Varda, en pleine lumière, récemment disparue. Le 72e Festival de Cannes s'approche et son visuel est ensoleillé. "Tout en haut. En équilibre. Juchée sur un technicien impassible. Accrochée à une caméra qui paraît l’absorber. Une jeune femme de 26 ans tourne son premier film." Voilà pour le storytelling. "Agnès Varda, l’œil posé sur la plage de Cannes, jeune et éternelle, sera le phare inspirant de la 72e édition !"

Le montage et la maquette ont été assurée par Flore Maquin. On reste dans l'esprit des dernières années, où Godard, avec Piccoli ou Belmondo et Karina étaient célébrés, où la lumière semblait estivale, entre le rouge Cardinale et le sépia Mastroianni. On a quitté les bleus pour des couleurs plus chaudes.

"Nous sommes en août 1954, quartier de la Pointe Courte à Sète. Dans la lumière éblouissante de l’été, Silvia Monfort et Philippe Noiret promènent leur amour fragile parmi les pêcheurs en lutte, les femmes affairées, les jeux des enfants et les errances des chats. Décors naturels, caméra légère, moyens dérisoires : Agnès Varda, photographe au TNP de Jean Vilar, jette avec La Pointe courte (présenté dans une salle de la rue d’Antibes à Cannes pendant le Festival 1955), les prémices d’un jeune cinéma dont elle sera la seule réalisatrice" explique le communiqué.

"Tel un manifeste, cette photo de plateau recèle déjà tout d’Agnès Varda : la passion, l’audace, l’espièglerie. Les ingrédients d’une recette d’artiste en liberté qu’elle enrichira sans cesse. Soixante-cinq ans de création et d’expérimentation, presque autant que le Festival de Cannes, qui célèbre chaque année des regards qui montrent, osent et s’élèvent. Et qui sait se souvenir" précise l'institution qui rend hommage à une pionnière, Palme d'or d'honneur et femme engagée.

Elle fut sélectionnée 13 fois à Cannes, membre du jury, présidente du jury de la Caméra d'or. En recevant la Palme d’honneur, en 2015, elle évoqua "la résistance et l’endurance, plus que l’honneur" et la dédia  "à tous les cinéastes inventifs et courageux, ceux qui créent un cinéma original, de fiction ou de documentaire, qui ne sont pas dans la lumière mais qui continuent."

BIFFF 2019 : l’Espagne a son super-héros avec SuperLopez

Posté par kristofy, le 15 avril 2019

Le réalisateur Javier Ruiz Caldera est populaire en Espagne, mais aussi à Bruxelles en tant que fidèle du BIFFF. Du côté françai,s on est un peu à la traine côté distribution de ses films (comme pour de nombreux cinéastes espagnols d’ailleurs). En 2003 le Festival était surpris par sa comédie fantômatique Ghost Graduation :  il y rempote le Grand Prix (ce qui est plutôt rares pour une comédie) doublé du Prix du Public. Il y est revenu en 2006 avec Spy Time qui lui a valu encore une fois le Prix du Public. Cette année, il est l’un des favoris, une fois de plus, avec son SuperLopez.

Sur une planète lointaine où règne un dictateur, deux scientifiques ont conçu un bébé avec des super pouvoirs qui pourrait être une arme pour le contrer. Pour le cacher, ils l'envoient vers la Terre. Le dictateur réplique en envoyant sa propre fille qui doit capturer et neutraliser ce bébé. Cependant la capsule du bébé est accidentellement déviée vers l’Espagne où elle tombe dans un petit village. Les Lopez, un couple de garagistes, vont adopter cet enfant un peu particulier. Voila pour l’ouverture du film, 30 ans plus tard, il est devenu un employé de bureau. Il cache ses quelques pouvoirs de rapidité et de force et voit débarquer une nouvelle collègue, qui lui plaisait à l’université. Un problème de métro sans frein l’incite à intervenir pour la première fois comme super-héros, et il est désormais repéré par ceux qui le cherchaient depuis longtemps…

Les première minutes du film SuperLopez évoque un peu Superman, puis on bascule très vite dans l’univers habituel et rigolo de Javier Ruiz Caldera : c’est encore une fois un anti-héros qui devient un héros presque malgré lui, avec les complications que ça engendre vis-à-vis de ses proches. L’acteur Dani Rovira incarne ce héros qui doit gérer une vie secrète (comme dans Ghost Graduation et Spy Time), Alexandra Jimenez hérite du rôle de la fiancée avec du caractère, et c’est la géniale Maribel Verdu qui joue ici la méchante (elle est aussi l’héroïne de Crime Wave au BIFFF). L’histoire s’amuse autant avec des quiproquos romantiques (il y a un triangle amoureux) qu’avec la figure d’un super-héros espagnol que personne n’imagine croyable ("il va combattre quoi, la ponctualité ?"), tandis que la planète même serait menacée…

Pour Javier Ruiz Caldera,  "Le film s’inspire de la bande-dessinée SuperLopez mais ne se veut pas être en compétition avec elle, ce n’est pas une traduction de la BD mais beaucoup plus une adaptation très libre du personnage. Dans la BD on le découvre quand il a déjà 30 ans, pour le film on a décidé avec mes scénaristes de commencer par sa naissance et son origine, on a totalement inventé un passé à ce personnage. On a glissé dans le film notre humour à propos de certains clichés de l’Espagne, et puis des choses qui me sont plutôt personnelles. Par exemple pendant un tournage ma mère me demande si j’ai assez mangé, certaines choses de la mère dans le film viennent de ma maman. Je me suis aussi demandé qui avait fait le costume de super-héros et c’est donc la mère de SuperLopez qui le lui a fait."


"On voulait surtout développer le personnage qui dévoile ses pouvoirs avec ses rapports à sa famille et à ses amis, sans porter l’accent sur une accumulation de scènes d’action. Evidemment, on n’avait pas le budget pour en faire des dizaines mais on a pu faire plusieurs grosses séquences d’action qui sont très spectaculaires et un peu drôles aussi. Il y a quelques plans qui sont un hommage direct au film Superman. Superman dans la vie c’est un peu un loser mais quand il met son costume et sa cape c’est un vrai super-héros, SuperLopez même avec le costume il reste un peu un loser. En Espagne SuperLopez a eu du succès et on a même gagné un Goya pour les effets spéciaux, ça m’a fait plaisir que ce film reçoive un Goya. » En remportant ce Goya, Lluís Rivera & Laura Pedro, c'est aussi la première fois qu'une femme superviseur des effets visuels est récompensée dans cette catégorie technique, à 28 ans.

A la dernière cérémonie des Goya (les César espagnols) SuperLopez avait reçu deux autres nominations (meilleur scénario adapté, meilleure direction artistique). Pour découvrir le film en France il faudra se tourner vers Netflix

Muse d’Ingmar Bergman, Bibi Andersson s’éteint (1935-2019)

Posté par vincy, le 14 avril 2019

Bibi Andersson, de son véritable nom Berit Elisabeth Andersson, née à Stockholm le 11 novembre 1935, est morte aujourd'hui, 14 avril 2019. Formée comme Greta Garbo à l’Académie d’art dramatique de Stockholm, l'actrice suédoise fut l'une des muses de Ingmar Bergman, qui l'a engagée est engagée au théâtre de Malmö pour jouer du August Strindberg avant de l'enrôler au cinéma en 1955. Il lui offre alors un petit rôle dans Sourires d'une nuit d'été, puis en 1957 un rôle plus important, celui de la compagne de Jof, dans Le Septième Sceau. On la voit ensuite sous l'oeil du maître, infidèle ou guérisseuse, dans Les Fraises sauvages, Au seuil de la vie, Le visage, L'Œil du diable, Persona, Toutes ses femmes, Une passion Le lien, et Scènes de la vie conjugale, leur dernier film ensemble en 1973. Elle tourne Persona, où elle soigne Liv Ullmann, une actrice en crise qui a perdu la parole, juste après avoir tourné dans un western de Ralph Nelson, La Bataille de la vallée du diable. Eclectique.

Bibi Andersson a aussi tourné avec Alberto Sordi, John Huston (La Lettre du Kremlin), Sergio Gobbi, George Schaefer, André Cayatte, Robert Altman (Quintet, avec Paul Newman et Brigitte Fossey), Gabriel Axel (Le festin de Babette), Marco Bellocchio (Le rêve du papillon)... Sans oublier le film catastrophe avec Alain Delon, Airport 79.

La comédienne avait pris sa retraite il y a 9 ans. En 2009, un AVC l’avait laissée handicapée. Depuis elle ne prononçait plus un mot...

Elle a été Prix d'interprétation au festival de Cannes en 1958 pour Au seuil de la vie d'Ingmar Bergman, Prix d'interprétation au festival de Berlin en 1963 pour Alskarinnan (La Maîtresse) de Vilgot Sjöman et meilleure actrice aux National Society of Film Critics Awards en 1968 pour Persona de Bergman. Elle fut membre du jury de Cannes en 1972.

Rocketman prépare son lancement

Posté par vincy, le 12 avril 2019

Cela fait plusieurs jours que la rumeur court. Certains avançaient même la date du 16 mai pour sa projection. Et selon RTL, l'événement est sûr d'avoir lieu ce jour-là. Rocketman, biopic de la star pop Elton John, de Dexter Fletcher devrait être présenter lors de la 72e édition du Festival de Cannes, qui n'a toujours rien confirmé. Sir Elton John serait sur le tapis rouge pour la montée des marches. Rappelons qu'il avait tourné à Cannes (et à Monaco) le clip d'un de ses tubes, "I'm still standing".

Le film est prévu dans les salles le 29 mai, distribué par Paramount, qui compte bien faire aussi bien que Bohemian Rhapsody (20th Century Fox) et ses 4,4 millions de spectateurs. Dexter Fletcher avait d'ailleurs repris la réalisation de Bohemian Rhapsody après le renvoi de Bryan Singer.

Rocketman retrace la vie de la star britannique depuis son enfance jusqu’à son avènement en tant que star de stade, de son statut de gamin introverti, grassouillet et fils unique à celui de diva excentrique, génie du piano. Si on en croit la bande annonce, le film retrace son enfance anglaise, ses premiers cours de piano, ses débuts au club Troubadour à Los Angeles en 1970 et ses deux concerts géants au Dodger Stadium de la métropole californienne cinq ans plus tard.

Taron Egerton incarne le chanteur (note: il croisa d'ailleurs Elton John dans Kingsman: Le Cercle d'or) et interprète lui-même les tubes musicaux. Jamie Bell interprète son parolier Bernie Taupin, Richard Madden son amant et manager John Reid et Bryce Dallas Howard sa mère.

Dans une récente présentation aux Etats-Unis, Dexter Fletcher explique que le film "n'est pas une biographie officielle" mais plutôt une relecture de la vie d'Elton John par l'artiste lui-même. "Nous ne sommes pas limités par les faits, nous avons une liberté d'imagination, ce qui est très important lorsqu'on fait un film". Ajoutant: "Avoir Elton comme narrateur a été très libérateur de ce point de vue".

Fierté LGBT plutôt que recettes en Russie et censure en Chine

Cinq Grammy Awards, 300 millions de disques vendus (dont le single le plus vendu du monde: "Candle in the wind" ), Elton John est aussi l'un des producteurs du film, aux côtés de son mari, le cinéaste David Furnish. Ce qui devrait éviter le "bug" de Bohemian Rhapsody sur la sexualité de Freddie Mercury, largement estompée par le montage. Rocketman n'évitera pas le sujet de l'homosexualité.

Dans un récent entretien à GQ UK, Taron Egerton va beaucoup plus loin en s'offrant une belle colère à l'égard des "Les trucs que nous avons tournés sont assez explicites. C’est la raison pour laquelle j’ai joué dans ce film. Ces scènes sont désespérément importantes", rappelant que "En tant qu’acteur hétérosexuel, ne pas pousser le jeu le plus loin possible pour en faire une célébration sans réserve du fait d’être gay serait une erreur."

"Je me fous de savoir si le film marchera en Russie" affirme-t-il en pointant un pays qui peut rejeter sa distribution pour "atteintes au valeurs traditionnelles". "Ça n’a pas d’importance, poursuit-il. Ça ne veut pas en avoir. Qu’est-ce que 25 millions de dollars en plus au box office ? Pourquoi faire cela ? Pour ne pas dormir la nuit parce que tu as tout édulcoré ?"

Espérons que les scènes ne seront donc pas coupées pour viser un public le plus large possible. Autrement, le bad buzz des fans et des influenceurs LGBTQI+ pourrait être fatal. Mais il reste à savoir comme Rocketman sera projeté dans certains pays qui ne tolèrent pas l'homosexualité. Bohemian Rhapsody a été censuré en Malaysie, en Egypte, et en Chine (au point que les spectateurs ne comprenaient plus rien à l'histoire et au personnage).

BIFFF 2019 : hommage à Udo Kier, prince du fantastique

Posté par kristofy, le 11 avril 2019

udo kier © ecran noir

Cette année le BIFFF rend hommage à l’acteur Udo Kier, dont le hasard de la programmation fait qu’il est au générique de quatre films du festival cette année.

Il a les yeux d’un bleu revolver et un regard qui tue, son visage est inquiétant malgré lui, alors il en a joué pour incarner divers personnages de monstre, de savant fou, de tueur : c’est ce qui explique que l’on retrouve son nom dans environ 200 films. Il s’est fait connaître dans sa jeunesse pour des rôles de vampire et la tendance du moment est aux rôles de nazi. Udo Kier est celui qui joue souvent un tortionnaire dans des dizaines de films fantastiques.

Le parcours de Udo Kier est émaillé de rencontres importantes avec certains réalisateurs dramatiques, mais c’est le cinéma fantastique qui le fera connaître dans des films plus populaires. Udo Kier se fait remarquer devant les caméras de Paul Morrissey déjà comme vampire (Chair pour Frankenstein en 1973, Du sang pour Dracula en 1974), puis dans divers rôles pour Rainer Werner Fassbinder (La troisième génération en 1979, Lili Marleen en 1981, Lola une femme allemande). Ensuite il devient ami avec Lars Von Trier qui le fait apparaître dans 8 films (de Epidemic à Nymphomaniac vol.2 en passant par Breaking the waves, Dancer in the dark, Manderlay…), et c’est Gus Van Sant qui le fait tourner (My own private Idaho en 1991, Even cowgirls get the blues en 1993). Dès lors l’acteur européen s’installe aux Etats-Unis et va participer à certains gros films portés par les plus grosses vedettes…

En ce qui concerne le fantastique en général Udo Kier se retrouve donc aux génériques de Histoire d'O de Just Jaeckin, Suspiria de Dario Argento, Ace Ventura détective pour chiens et chats avec Jim Carrey, Johnny Mnemonic avec Keanu Reeves, Barb Wire avec Pamela Anderson, Armageddon de Michael Bay, La Fin des temps avec Arnold Schwarzenegger, BloodRayne de Uwe Boll, Halloween de Rob Zombie, Brawl in Cell Block 99 de S. Craig Zahler, Iron Sky de Timo Vuorensola…

C’est justement pour la suite en avant-première Iron Sky: The Coming Race - en présence du réalisateur Timo Vuorensola - que Udo Kier a été fait Chevalier de l’ordre du Corbeau, l’hommage du BIFFF. Outre cet évènement le festival fait découvrir avec lui les films American animals, le fameux Dragged Across Concrete de S. Craig Zahler (applaudi déjà aux festival de Venise et de Beaune, avec Mel Gibson en tête d’affiche) et Puppet Master: The Littlest Reich (d’ailleurs scénarisé aussi par S. Craig Zahler).

Hitler sur un dinosaure

Iron Sky doit sa renommée surtout pour la première moitié du film : en 2011 des américains qui reviennent sur la Lune y découvre sur sa face cachée une base secrète de nazis, et ces nazis de la Lune vont attaquer les nations terrestres, la guerre aura aussi lieu dans l’espace. Ce film complètement fou aux décors incroyables et plein de dérision politique se terminait quasiment dans une guerre nucléaire qui dévastait la Terre. Les quelques survivants de l’humanité ont dû trouver refuge sur la colonie de la Lune. C’est là, environ 20 ans plus tard, que débute cette suite Iron Sky: The Coming Race : un vaisseau russe arrive plein de réfugiés et avec eux l’infâme Wolfgang toujours vivant… Cette suite est deux fois plus folle, Udo Kier qui endosse une fois de plus le costume nazi, interprète d’ailleurs deux rôles. En toile de fond, on se moque encore de certains de nos défauts (le Jobisme soit les adeptes de Steve Jobs et de ses téléphones blancs…) et encore plus de politique (tous les dirigeants très à droite ou tendance dictateur et les chefs religieux…). Cette fois l’histoire est carrément une relecture des origines de l’humanité avec les Vrils, une race de reptiliens qui détient un Graal d’énergie immortelle, soit une ressource dont on aurait besoin pour la colonie sur la Lune : il va falloir aller au centre de la Terre où il y a encore des dinosaures…

Pour cette suite, Timo Vuorensola avait annoncé à Udo Kier qu'il y aurait une scène où Hitler chevauche un dinosaure en disant 'Sieg Heil Mutterfickers', ce à quoi Udo Kier lui avait répondu que ça deviendrait une de ses répliques préférées. Attention les yeux :

Cannes 2019: Ciro Guerra (Les oiseaux de passage) présidera le jury de la Semaine de la Critique

Posté par vincy, le 9 avril 2019

Le réalisateur colombien Ciro Guerra a été choisi comme président du jury de la 58e Semaine de la Critique. Auteur de quatre courts métrages et quatre longs métrages, le réalisateur a offert une nouvelle vision de son pays et s'est fait remarqué auprès des critiques comme des festivals. Après son premier films La sombra del caminante (L'Ombre de Bogota), Ciro Guerra est sélectionné au Certain Regard du Festival de Cannes en 2009 avec son deuxième film Los viajes del viento (Les Voyages du vent). Mais c'est son troisième long métrage El abrazo de la serpiente (L'Étreinte du serpent), prix du cinéma art et essai à la Quinzaine des réalisateurs et premier film colombien nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère qui marque les esprits. L'an dernier, Pajaros de verano (Les Oiseaux de passage), est présenté en Ouverture la Quinzaine des Réalisateurs 2018. Il sort demain dans les salles françaises. On devrait le revoir bientôt (à Cannes? à Venise?) avec son nouveau film, Waiting for the Barbarians, adapté du roman de J.M Coetzee, avec Johnny Depp, Mark Rylance et Robert Pattinson.

Ciro Guerra sera entouré de l'actrice Amira Casar, de la productrice Marianne Slot, de la journaliste et critique de cinéma Djia Mambu et du scénariste et réalisateur italien Jonas Carpignano.

La Semaine de la Critique se tiendra à Cannes du 15 au 23 mai. La sélection sera dévoilée, en ligne, le 22 avril.

Late Blues pour Seymour Cassel (1935-2019)

Posté par vincy, le 9 avril 2019

De John Cassavetes à Wes Anderson, Seymour Cassel aura traversé 60 ans de cinéma. L'acteur, né dans la populaire Detroit en 1935, s'est éteint dans la glamour Los Angeles hier.

Fils d'une chanteuse et d'un propriétaire de boîte de nuit, Seymour Cassel est né une deuxième fois en rencontrant John Cassavetes à la fin des années 1950. Il rentre alors dans un clan, apparaissant dans le premier film du cinéaste, Shadows, tout en s'associant à la production. Dux ans plus tard, il est nommé à l'Oscar du meilleur second-rôle dans l'un des grands films de son ami, Faces. Ensemble, ils tournent Too Late Blues, Minnie and Moskowitz, The Killing of a Chinese Bookie, Opening Night, Love Streams.

Mais l'acteur est aussi régulièrement choisi par Don Siegel (The Killers, The Hanged Man, Coogan's Bluff), tout comme il apparaît chez quelques films mineurs de grands cinéastes tels The Last Tycoon d'Elia Kazan, Valentino de Ken Russell, Convoy de Sam Peckinpah. A la mort de Cassavetes, Seymour Cassel, qui n'aura jamais trouvé d'autres grands rôles et d'autres grands films, se perd dans de multiples films oubliables. De temps en temps, il brille dans un second-rôle (Tin Men de Barry Levinson, Colors de Dennis Hopper, Dick Tracy de Warren Beatty, Proposition indécente d'Adrian Lyne).

Il faut attendre 1998 pour qu'il renaisse. Grâce à Wes Anderson. D'un artisan à l'autre. Le cinéaste l'embauche pour son film Rushmore, qui pose toutes les fondations de son cinéma. Ils se retrouvent pour The Royal Tenenbaums et The Life Aquatic with Steve Zissou.

Si sa filmographie est très inégale, il avait ce talent de faire exister un rôle par son seul charisme. Soutien fervent du cinéma américain indépendant, donnant de sa personne pour des premiers films d'inconnus, passant faire une tête dans une comédie, un film de prison, un polar ou un western, pour toucher un cachet, Seymour Cassel a quand même trouvé son plus beau personnage dans In the Soup d'Alexandre Rockwell (1992), aux côtés de Steve Buscemi. Il y incarne un petit mafioso occasionnel, qui achète un scénario de 500 pages à un jeune metteur en scène dans la misère.