Last ride pour Peter Fonda (1940-2019)

Posté par vincy, le 18 août 2019

Fils de. Frère de. Peter Fonda a toujours été dans l'ombre de son père, Henry, légende hollywoodienne, et de sa sœur, Jane, star mondiale. Même sa fille, Bridget, lui a piqué la vedette. Pourtant, il a su être, à sa manière, une icône, celle de la contre-culture, égérie masculine des hippies, figure emblématique du Nouvel Hollywood. Il a suffit pour cela d'un film, le cultissime Easy Rider, réalisé par Dennis Hopper et présenté à Cannes en 1969 (et primé comme meilleure première œuvre). Co-scénariste du film, Fonda reçoit sa première nomination aux Oscars dans la catégorie scénario.

Biker à jamais, casque vissé sur la tête, filant vers sa destinée d'Est en Ouest, à la fois anticonformiste et sexy... Easy Rider est un hymne à la liberté, un film anti-réactionnaire, un manifeste à la Kerouac. Easy Rider peut-être aujourd'hui regarder comme une utopie contestataire, un point de bascule. Tarantino d'ailleurs évoquait le film dans ses récentes interviews. 1969, année où se déroule Once Upon a Time in Hollywood, c'est la fin des hippies, la fin de l'innocence, l'arrivée d'un nouveau cinéma et de cinéastes qui allaient transformer l'industrie. C'est le meurtre de Sharon Tate et le carton d'Easy Rider. C'est l'échec des rêves américains... Il s'apprêtait à fêter les 50 ans du film.

Né le 23 février 1940 à New York, Peter Fonda est mort des suites d'un cancer à Los Angeles le 16 août à l'âge de 79 ans. 50 ans après le surgissement de sa Captain America sur les grands écrans.

Peter Fonda n'a jamais eu la carrière de son père et de sa sœur. Il a tourné pour Roger Corman dans les années 1960, notamment Les Anges sauvages en 1966, une histoire de gangs de motards. Après un rôle de shérif dans The Last Movie de Dennis Hopper, il se lance dans la réalisation, avec un western, L’Homme sans frontière. En tant que comédien, on le croise dans Brève rencontre à Paris (Two People) de Robert Wise, Colère froide (Fighting Mad) de Jonathan Demme, L'Équipée du Cannonball (The Cannonball Run) de Hal Needham, où il parodie son personnage d'Easy Rider, Los Angeles 2013 (Escape from L.A.) de John Carpenter, L'Anglais (The Limey) de Steven Soderbergh, Le Livre de Jérémie d'Asia Argento, Ghost Rider de Mark Steven Johnson, 3 h 10 pour Yuma de James Mangold... Souvent des seconds-rôles, souvent dans des films oubliés. Il est néanmoins nommé pour l’Oscar du meilleur acteur et lauréat d'un Golden Globe du meilleur acteur dans L’Or de la vie de Victor Nuñez (1997), pour un personnage de père de famille apiculteur. Il était d'ailleurs militant écologiste et n'hésitait pas à produire le documentaire The Big Fix en 2012 sur la gigantesque marée noire du Golfe du Mexique.

"We Blew it" disait-il dans Easy Rider. Amer constat d'un homme qui n'avait jamais lâché ses convictions ni caché ses colères, que ce soit contre Obama ou Trump.

On le verra une dernière fois au cinéma dans The Last Full Measure, qui Lionsgate sort le 25 octobre aux USA, film de Todd Robinson, avec Samuel L. Jackson, William Hurt, Ed Harris, Sebastian Stan, Christopher Plummer, et Jeremy Irvine.

Quel futur pour DC Comics sur grand écran?

Posté par vincy, le 15 août 2019

On a beaucoup parler de Marvel avec l'annonce de la Phase IV du Marvel Cinematic Universe au Comic-con de San Diego. Mais qui s'est soucié de l'absence de DC Comics? Pour certains professionnels, le concurrent de Marvel ne sait plus trop bien où il en est. Après la trilogie flamboyante et sombre de Christopher Nolan autour du chevalier noir, les nouveaux films avec Batman et Superman n'ont jamais pu rivaliser avec ceux de Marvel, ni en qualité ni en dollars. Que ce soit Man of Steel, Justice League ou même le combo Batman v Superman, rien n'a égalé les éloges et le milliard de dollars de The Dark Knight et de The Dark Knight Rises.

C'est finalement avec un environnement plus pop et moins poli que DC Comics a semblé trouver la martingale. Suicide Squad puis Wonder Woman et surtout Aquaman (recordman mondial des recettes de DC Comics avec 1,15 milliard de dollars) ont prouvé que la marque avait du potentiel, avec plus de fun et moins de psychologie. Wonder Woman est même, avec les deux Dark Knight, le seul non Marvel du Top 10 historique nord-américain.

On sent que la construction d'un univers étendu des super-héros de DC a du mal à se mettre en place. L'ordre des films est moins maîtrisé que chez Disney/Marvel.  La Justice League qui aurait pu être un lien entre les différents films n'a pas su s'imposer comme Avengers. Shazam!, au succès relatif mais prometteur, est le deuxième film consécutif avec un nouveau super-héros, sans qu'il n'y ait de débouchés pour lui dans un avenir proche.

A cela s'ajoute un nombre de films qui chaque année, et une faible fidélisation des spectateurs.

DC Comics expérimentateur, précurseur

Pourtant la Warner a bien l'intention vouloir combattre Disney. Et n'a peut-être pas envie de calquer le modèle DC sur celui de Marvel. Après tout, les Dark Knight ont été encensés et ont rarement été égalés en qualité (hormis par les Spider-Man de Sam Raimi , chez Sony, et Black Panther, chez Disney), tout en étant dans un registre esthétique très différent des Marvel.

C'est aussi DC Comics qui a initié la mort tragique d'un super-héros (en l'occurrence Superman dans Batman v Superman), bien avant que Thanos n'élimine la moitié d'entre eux dans Avengers Endgame.

Et on doit également à Warner/DC le premier mélange hybride animation/super-héros avec les Légo, bien avant l'excellent Spider-Man de Sony.

Ensuite le carton de Wonder Woman a été précurseur pour Hollywood, arrivant avant ceux de Black Panther et de Captain Marvel: c'est bien la Warner qui a prouvé qu'une super-héroïne était bankable et que l'ère du super-héros masculin blanc était révolue. Le film a aussi révélé une actrice. Idem pour Aquaman, le studio a imposé un "nouveau" nom, avec succès.

Mais ces deux cartons ont aussi changé l'orientation de Warner/DC Comics. Terminé le noir: la franchise DC se met au bling-bling et aux couleurs. Bref le spectateur veut du pop-corn, on va donc lui en donner, peu importe si les scénarios sont plus simplistes voire incohérents.

Ça part un peu dans tous les sens côté récit, comme côté stratégie, en apparence. On se demande comment tout les projets du studio vont s'imbriquer. Surtout que DC Comics, contrairement à Marvel, ne parvient pas à conserver ses acteurs. Will Smith a déjà abandonné la Suicide Squad. Et on ne compte plus le nombre de Batman et de Superman, qui, à chaque fois, provoquent l'hystérie des fans pro ou contre.

Les versions alternatives et arty

Le studio promet de rationaliser tout ça. En voyant le programme, on s'interroge malgré tout. Prochaine sortie : The Joker de Todd Phillips, en compétition à Venise, avec Joaquin Phoenix. On revient à l'esprit de Nolan mais avec un spin-off déconnecté des autres films. Bref, un épisode "arty" pour les Oscars plus que pour les dollars. Ou une version alternative, à la manière du film d'animation Spider-Man sorti en décembre dernier.

Dans le même registre, Warner a dégainé The Batman, réalisé par Matt Reeves. Robert Pattinson a été choisi pour être le chevalier noir dans ce film qui doit se concentrer sur sa jeunesse. Une autre version alternative. Ou un reboot en attendant un Justice League 2 convaincant? Pour l'instant rien de tout ça. Juste un Batman de plus où on reverra sans doute ses parents tués en sortant du cinéma. Ce sera le 25 juin 2021.

Girl Power

Le 19 février prochain, c'est un autre spin-off autour de la badass girl Harley Quinn (Suicide Squad) qui va profiter de la notoriété de son actrice (Margot Robbie) qui déclenchera les hostilités avec Birds of Prey. Harley Quinn se battra aux côtés de Black Canary (Jurnee Smollett-Bell), Huntress (Mary Elizabeth Winstead), la détective Renée Montoya (Rosie Perez) pour sauver Batgirl (Ella Jay Basco, choix définitif?) des mains de Black Mask (Ewan McGregor) et le tueur Victor Zsasz (Chris Messina). Tout un programme au féminin.

Avant que Marvel ne démarre sa phase IV, le 1er mai, avec son longtemps attendu Black Widow. Mais le 5 juin, DC Comics pourrait emporter ce match féminin avec son autre super-héroïne, Wonder Woman 1984. On se demande juste comment Patty Jenkins va ressusciter Chris Pine. Et, en même temps, il ne s'agirait pas d'une suite (on va se perdre à force). Mais il n'est pas impossible que DC gagner la guerre du box office sur Marvel en 2020 grâce à Margot Robbie et Gal Gadot.

Aquaman 2 dans trois ans

En août l'année prochaine, on retrouvera un reboot de Suicide Squad (cinq ans après l'unique film de l'équipe) par James Gunn (transfuge Marvel), avec Margot Robbie, Joel Kinnaman, Jai Courtney, Viola Davis mais pas Will Smith. Idris Elba héritera d'un nouveau personnage, avec une fille incarnée par Storm Reid. Ce qui augure peut-être d'un revirement narratif pour construire (enfin) un univers DC au cinéma, surtout si le script prend en compte le personnage d'Harley Quinn. Pour l'instant le programme s'arrête à décembre 2022 avec la suite d'Aquaman, face à un Star Wars. Pari risqué. Aucun Justice League, pas de troisième Wonder Woman, nul Superman à l'horizon. On sait juste que le super-héros Black Adam, antithèse de Shazam!, est en préparation (il devait d'ailleurs apparaître dans Shazam). Dwayne Johnson a été enrôlé pour être le super-héros et Jaume Collet-Serra devrait réaliser ce film, sans date précise pour l'instant.

Mais Warner décline différemment son partenariat avec DC Comics. D'un côté des films pop-corns pour lui assurer des grosses recettes mondiales (et consolider son statut de 2e studio hollywoodien). De l'autre des films plus dramatiques, avec des acteurs de premier niveau, à la manière de "hors-série" classieux. Et enfin des spin-offs autour de super-héros plutôt bad-ass, moins sages que ceux de Marvel en tout cas.

Cependant, à l'instar de Disney/Marvel/Fox/Lucasfilms/Pixar avec Disney +, Warner Bros va aussi envisager ses super-héros pour sa future plateforme de streaming, HBO Max. Ainsi les Watchmen débarqueront sur HBO cet automne en série, avec Jeremy Irons, Regina King et Tim Blake Nelson. La nouvelle patronne du studio, Ann Sarnoff, a d'ailleurs reçu pour mission d'étendre le partenariat avec DC Comics et de développer tout azimut les franchises du studio, tous supports confondus.

Elle va devoir faire le ménage et trier dans les cartons du studio, qui a repoussé Justice League Dark, Flashpoint et Batgirl, pourtant annoncés il y a deux ans. Et Warner n'a jamais caché son intention de donner une suite à Aquaman, un spin-off sur Deadshot (Will Smith dans Suicide Squad), ou des films dédiés à la Fosse (Aquaman) et à Nightwing. Ava DuVernay travaillerait sur New Gods. Il y a un scénariste officiellement recruté pour Supergirl, sans date de pré-production. Gotham City Sirens est un peu dans les limbes. On ne sait pas ce qu'il advient de Blackhawk par Steven Spielberg. Enfin le projet Lobo a finalement été orienté en série TV.

Il faut s'attendre à des surprises: le studio a aniticipé six créneaux dans le calendrier entre 2020 et 2022, sans mentionner le titre du film.

NTM: un film et une série en préparation

Posté par vincy, le 14 août 2019

Ils se sont quittés mais le groupe NTM, figure emblématique du rap français, ont été récupérés par le cinéma et la télévision. Le long métrage Suprêmes (du nom de leur énorme carton Suprême NTM, 1998) retracera les débuts du duo composé par JoeyStarr et Kool Shen. Starr sera incarné par Théo Christine (SKAM, La dernière vague, Play, La finale) et Shen par Sandor Funtek (La vie d’Adèle, Dheepan, Nos vies formidables).

Le biopic est écrit par la réalisatrice Audrey Estrougo (Une histoire banale, La taularde) et Marcia Romano. Joey Starr et Kool Shen ont aidé au scénario.

Le récit se déroulera entre la formation du duo en 1988 et leur première grande salle parisienne en 1992. Le tournage de cette production Nord-Ouest est prévu début 2020.

Mais NTM va aussi faire l'objet d'une série et, réjouissons-nous: Katell Quillévéré (Suzanne, Un poison violent, Réparer les vivants) et Hélier Cisterne (Vandal) sont derrière le projet. Là encore Joey Starr et Kool Shen collaboreraient au scénario. Kool Shen a même confié qu'il n'était pas exclu qu'ils fassent une apparition. Netflix et Arte, selon le Parisien, seraient les diffuseurs.

Raoul Peck s’intéresse à Frantz Fanon

Posté par vincy, le 13 août 2019

Raoul Peck prépare son prochain film, Les cris, qu'il devrait tourner en 2020. Il s'agit d'un film historique sur Frantz Fanon. Le casting est en cours. Le scénario a été écrit par Pascal Bontizer. Le projet a obtenu l'avance sur recettes.

Le réalisateur du documentaire I'm not your Negro sur l'écrivain et poète James Baldwin s'intéressera ici à une figure emblématique de la lutte contre l'oppression coloniale. Frantz Fanon (1925-1961) a aussi été un écrivain engagé, écrivant notamment Peau noire, masques blancs, Les Damnés de la terre, L'an V de la révolution algérienne, Pour la révolution africaine, ainsi que de nombreux articles psychiatriques et scientifiques puisqu'il était également psychiatre en Martinique. Né à Fort-de-France, il a exercé en tant que médecine-chef d'un hôpital en Algérie, durant la guerre, où il soignait les malades mentaux. Proche du FLN, il prend la nationalité algérienne, mais meurt précocement d'une leucémie.

Raoul Peck s'est toujours intéressé à l'Afrique comme aux révolutionnaires, filmant, notamment, Lumumba et Le Jeune Karl Marx. Les cris sera sa 6e fiction pour le grand écran.

Jean-Pierre Mocky: un dernier film pour la route…

Posté par vincy, le 12 août 2019

Décédé jeudi dernier, Jean-Pierre Mocky a été célébré ce matin à Paris lors de ses obsèques. L'église Saint-Sulpice a accueilli le ministre de la culture Franck Riester, le fidèle, Michael Lonsdale, Dominique Lavanant, Agnès Soral, Dominique Pinon, Daniel Russo, Benoit Magimel, Henri Guybet, Bernard Menez, Daniel Prevost, Elsa Zylberstein, Tom Novembre, ou encore le compositeur Vladimir Cosma.

L'AFP rapporte que sa fille, qu'il a eu avec la mannequin Marisa Nuxen, Olivia Mokiejewski, au nom de tous les enfants du cinéaste, a salué "un regard critique qui réveillait d'un monde aseptisé". "Il nous avait convaincu qu'il vivrait cent ans pour faire des films. Rien n'était normal avec lui". S'il n'était "pas vraiment un père et un mari", il était "génial". Elle a relevé qu'ils "ne s'étaient pas habillés en noir" et que, dans son cercueil, lui-même avait voulu qu'on lui mette "une veste orange, un chapeau, un pantalon treillis et un caleçon Playboy".

Sur RTL, vendredi dernier, elle expliquait : "À la maison, on avait les mêmes coups de gueule, les mêmes indignations qu'il poussait sur les plateaux télévisés", espérant même que sa mort allait "lui rendre justice" car de nombreux films qu'il a réalisés ces dernières années sont restés inconnus et peu distribués.

Son dernier film, Tous flics, tourné au printemps à Dreux, est en fin de montage a-t-elle alors déclaré. Mocky y incarne un flic centenaire dans une farce autour des gilets jaunes.

Toujours selon sa fille, il devait aussi reprendre le tournage d'Un drôle de Président avec Gérard Depardieu le 15 septembre.

Benedict Cumberbatch, Claire Foy et Andrea Riseborough tournent « Louis Wain »

Posté par vincy, le 9 août 2019

Le tournage du biopic sur Louis Wain va démarrer demain à Londres, avec, sur le plateau Benedict Cumberbatch, Claire Foy, Andrea Riseborough et Toby Jones.

Produit par StudioCanal, SunnyMarch, Shoebox, Film4 et Amazon Studios, Louis Wain va être réalisé par Will Sharpe (la série "Flowers"), qui a coécrit le scénario avec Simon Stephenson, qui signe là son premier long métrage en solo.

Louis Wain (1860-1939) était un artiste connu pour ses dessins d'animaux anthropomorphes, et notamment ses chats qui se comportaient comme des humains. Son enfance ne fut pas très heureuse, entre un bec de lièvre le défigurant, une sœur admise en asile, les autres qui vécurent toute leur vie avec la mère... Ado errant, il devient malgré tout professeur de dessin, épouse la gouvernante de ses sœurs (qui décède rapidement d'un cancer), et commence à publier ses premières illustrations de chatons (qui financèrent la vie de cette famille de femmes.

Son épouse sera incarnée par Claire Foy. Le mariage fut considéré comme scandaleux puisqu'elle avait 33 ans, lorsqu'il n'en avait que 23. Durant la maladie de sa femme, il découvre qu'il peut la divertir en apprenant des tours à leur chat, ce qui deviendra son obsession créative. Mais, instable mentalement, Wain sera interné durant les quinze dernières années de sa vie. Mais auparavant, ses dessins de chats, parmi les premiers comic-strips, connurent un grand succès. Cependant, à cause de sa naïveté, il cédait ses droits pour une bouchée de pain ou se faisait avoir par les éditeurs.

Benedict Cumberbatch et Claire Foy ont déjà travaillé ensemble en 2011 dans le drame de Dictynna Hood, Wreckers.

Jean-Pierre Mocky, le béni maudit, s’en va geler en enfer (1933-2019)

Posté par vincy, le 8 août 2019

Le cinéaste, exploitant, producteur, acteur et auteur Jean-Pierre Mocky est mort, a annoncé sa famille. Il avait 90 ans officiellement, son père ayant modifié sa date de naissance en 1942, qui devient le 6 juillet 1929, pour qu'il puisse voyager seul et rejoindre son oncle en Algérie, durant l'Occupation allemande.

Il a filmé plus de 60 longs métrages entre 1959 et 2017, certains bricolés avec des bouts de ficelle, d'autres dotés de castings prestigieux: Michel Serrault, Jacqueline Maillan, Catherine Deneuve, Bourvil (son "frère"), Charles Aznavour, Anouk Aimée, Michel Galabru, Sabine Azéma... Sa carrière est fluctuante entre fiascos et films populaires, mais son cinéma reste assez constant, flirtant parfois avec le surréalisme, toujours assez fidèle à l'esprit de la Nouvelle Vague, et avant tout colorés par un humour noir et corrosif, un style acerbe et une vision un peu anar du monde.

Je vais encore me faire des amis !

Il tourne beaucoup, tutoie le gotha du cinéma français, a la langue bien pendue. Parfois, lorsqu'il évoque ses souvenirs, on pourrait le prendre pour un mythomane. Mocky était presque plus connu pour ses révélations et son franc-parler que pour ses films, ces vingt dernières années. Cet artisan, qui peut réaliser un film en moins de deux semaines, parie sur l'efficacité plutôt que les effets de style. La caméra doit raconter l'histoire, à base de plans fixes et de courte focale.

Les réalisateurs d'aujourd'hui sont tellement inféodés aux exigences racoleuses de leurs producteurs qu'ils finissent par y perdre leur âme.

Ce qui frappe chez lui, c'est évidemment l'esprit de satire, le goût de la moquerie, la défiance aux systèmes - politiques, économiques, religieux, sport (A mort l'arbitre, sans doute l'un de ses films les plus noirs) - et un appétit pour le libertinage, et notamment la liberté sexuelle des femmes. Lui-même a su en profiter, n'étant pas très #MeToo en apparence, et fanfaronnant qu'il avait 17 progénitures. Il aimait provoquer et même choquer jusque dans ses affiches, comme celle d'Il gèle en enfer qui avait fait scandale en présentant deux anges sexués.

Son cinéma, romantique et révolutionnaire, anarchiste et presque punk, féministe tout en étant assez binaire dans les genres, reposait sur l'art habile de mélanger des vedettes et des gueules, des personnalités plutôt que des comédiens techniquement parfaits. Il aimait employer les gros cachets pour pas grand chose et surtout pour un contre-emploi (Deneuve en frisée rousse et vieille fille en est le meilleur emblème dans Agent Trouble, 630000 curieux au compteur). Pour lui, tout est dans le jeu, en rappelant : "Je suis un comédien qui est devenu metteur en scène parce qu’il n’avait pas de rôle. Nous étions toute une cuvée, dans les années 50, qui sortait du Conservatoire, Marielle, Girardot, Belmondo. Tous ont réussi. Il faut dire qu’on avait Louis Jouvet comme prof."

Mocky soit qui mal y pense

Il y a dans le cinéma de Mocky la même aspiration (et inspiration) que pour un caricaturiste: il grossit le trait. Ce n'est pas du cinéma réaliste, même si son univers est très réel, et souvent du côté des "petites gens". Il peut en faire une comédie ou un polar, cela reste des fables, des nouvelles, des contes visuels influencés par le cinéma américain des années 1930 ou d'Hitchcock.

Par exemple, c’est Hitchcock qui m’a donné le goût de tourner vite : lorsqu’en 1962 je l’ai rencontré à Los Angeles, chez Maurice Jarre, il m’a confié que douze à quinze jours lui suffisaient pour mettre un film en boîte.

Depuis quelques années, son œuvre, si singulière, si impressionnante, faisait l'objet de rétrospectives ou de prix honorifiques. Evidemment aucun César, même pour l'honneur. Trop décalé? Trop marginal? L'ancien propriétaire du cinéma Le Brady à Paris (durant 17 ans) et propriétaire du Despérado (l'ancien Action Ecoles) a pourtant essayé de transmettre en tant qu'écrivain (avec ses Mémoires, qui se vendaient bien) et en tant qu'exploitant sa passion pour le cinéma. Lui qui avait commencé comme acteur en Italie, stagiaire chez Fellini et Visconti, n'était sans doute pas reconnu à sa juste valeur, même si la moitié de sa filmographie est oubliable. Il a, malgré tout, connu de gros succès comme Les dragueurs en 1969 (1,5 million d'entrées), La bourse et la vie (625000 spectateurs), La grande frousse (680000 spectateurs), Un drôle de paroissien (2,3 millions d'entrées), Y-a-t-il un Français dans la salle? (800000 français dans la salle) ou Les saisons du plaisir (770000 spectateurs) ou Le miraculé (820000 fidèles)....

M. le Mocky

On se souviendra surtout de ses conflits récurrents avec la profession, qui ne lui a pas facilité la vie. Il s'est progressivement fâché avec tout le monde, y compris avec son ami Godard, à force de ne mélanger personne. Il considérait le ministère de la Culture comme son ennemi. Il balançait sur le sexe et les femmes. Bref, Mocky se plaignait d'être maudit, tout en étant béni par les journalistes qui se régalaient à l'avance du buzz qu'il allait produire. Et lui-même adorait parler devant un micro, tout en se plaignant de ne plus pouvoir avoir l'argent nécessaire pour faire ses films.

Les étoiles des critiques ?
On se croirait à une distribution de prix à la fin de l'année.
Les critiques sont-ils des profs et nous des élèves ?
Quelle connerie !
Comment expliquer ce paradoxe : un film sort et il est aussitôt étoilé :
une, deux, trois étoiles, comme dans le Guide Michelin. Et même des quatre étoiles.
Quand il passe à la télé, le film de quatre étoiles n'en a plus que deux ou une ou pas du tout.
Je ne vois pas d'autre explication : on met une cotation d'office quand le film
sort en salle pour faire venir les gens, et quand il passe à la télé, on note pour ce que ça vaut, ces cons de téléspectateurs vont avaler le navet cuit de toute façon.

Son cinéma épuré, ses dialogues très travaillés et ses comédiens toujours bien dirigés pourraient, pourtant, mériteraient qu'on s'attarde un peu plus sur sa filmo. Le cinéaste, résolument indépendant et sûrement très fier d'être le canard noir du métier (ça le distinguait), restait finalement le symbole d'une époque révolue où une certaine liberté de ton et d'expression étaient encore possibles, quitte à passer sur la fin pour un vieux schnock. Tout était un peu défraîchi, poussiéreux. Mais il n'avait rien perdu de sa verve. Cela lui a permis de devenir comique cathodique et radiophonique et conférencier. Cet homme d'images a finit avec l'art de la parole, faute de moyens. Nostalgique sans doute de ce 7e art qu'il a toujours vénéré mais qui lui échappait de plus en plus.

Bradley Cooper et Cate Blanchett dans le prochain Guillermo del Toro?

Posté par vincy, le 7 août 2019

Guillermo Del Toro, Lion d'or et Oscar du meilleur réalisateur pour La Forme de L'eau, a inauguré son étoile sur le Walk of Fame d'Hollywood. Mais son acyualité est plutôt du côté de son prochain film derrière la caméra. Fox Searchlight, pour l'instant rescapée de la fusion Disney-Fox, a confirmé qu'il s'agirait de Nightmare Alley.

A l'origine, Leonardo DiCaprio devait en être le rôle principal. mais la star hollywoodienne semble opter pour le nouveau film de Martin Scorsese comme prochain projet. Bradley Cooper aurait été choisi pour le remplacer selon la presse américaine. A ses côtés, Cate Blanchett est en discussions pour incarner le rôle principal féminin, qui était convoité par Toni Collette. Willem Dafoe et Richard Jenkins ont également été pressentis au générique.

Il s'agit de l'adaptation du roman de William Lindsay, traduit en France sous le titre Le Charlatan. Le roman noir avait déjà fait l'objet d'une adaptation au cinéma en 1947, réalisée par Edmund Goulding, avec Tyrone Power. Dans l'univers underground de l'industrie du divertissement des années 1940, un petit escroc pourri et une psychiatre pas très nette s'amusent à manipuler les gens pour leur extorquer leur fric. Ce qui fait leur petite fortune, jusqu'à ce que la manipulation se retourne contre l'arnaqueur.

Le tournage doit commencer d'ici quelques mois. Avant que le réalisateur ne se lance dans son Pinocchio en stop-motion pour Netflix.

Une Sirène à Paris : Mathias Malzieu réunit Nicolas Duvauchelle, Marilyn Lima et Rossy de Palma dans l’adaptation de son roman

Posté par wyzman, le 6 août 2019

Chanteur dans le groupe de rock Dionysos et écrivain, Mathias Malzieu tourne cet été son second long métrage adapté de son dernier roman, Une Sirène à Paris.

Adaptation conforme

Pour son premier film en prise de vues réelles, Mathias Malzieu a donc décidé d’adapter un autre de ses romans, le plus récent, publié cette année aux éditions Alvin Michel. Déjà auteur des bouleversants Journal d’un vampire en pyjama et La Mécanique du cœur, le Valençois de 45 ans n'est en effet pas à son premier coup d'essai côté cinéma. Après avoir co-réalisé le film d'animation Jack et la mécanique du coeur (2013), il s'était attelé au court-métrage fantastique avec Le Distributeur automatique d'aurores boréales (2016).

Cette semaine, le distributeur Sony révèle par ailleurs que le tournage d'Une Sirène à Paris aura lieu du 29 août au 17 octobre en France ainsi qu’en Macédoine. Prix Babelio Imaginaire 2019, l’adaptation sur grand écran d’Une Sirène à Paris sera portée par Nicolas Duvauchelle (Un beau soleil intérieur) et Marilyn Lima (Bang Gang) dans les rôles principaux. Compositeur de la bande originale, Mathias Malzieu officiera également comme co-scénariste sur Une Sirène à Paris, aux côtés de son collaborateur de longue date Stéphane Landowski.

Attendu en salle pour le 11 mars 2020, Une Sirène à Paris raconte la rencontre hasardeuse entre Gaspard (Nicolas Duvauchelle), un crooneur au coeur brisé qui s'est juré de ne plus retomber en amour et Lula (Marilyn Lima), jolie sirène qui n'a que le chant pour se défendre des hommes, en faisant s’emballer leur coeur jusqu’à l’explosion. Lorsque la Seine en crue vient déposer Lula eu pied du Flowerburger, la péniche-cabaret où chante Gaspard, c’est un mini-tsunami qui va bouleverser leur existence. Lui, l’homme qui a souffert d’avoir trop aimé, et elle, la créature qui n’a jamais connu l’amour, vont apprendre à se connaître. Et à chanter d’une même voix.

Le musée Louis de Funès déménage à Saint-Raphaël

Posté par vincy, le 5 août 2019

Un deuxième musée sur Louis de Funès a été inauguré mercredi 31 juillet à Saint-Raphaël. Le Musée de Louis de Funès a ouvert ses portes le lendemain. A 40 kilomètres du musée de la Gendarmerie, déjà consacré à l'acteur français, ce musée grand public a été conçu à très grande vitesse, à deux pas du lieu de la scène de son dernier film Le Gendarme et les Gendarmettes, sorti en 1982.

Pour célébrer cette ouverture, la ville de Saint-Raphaël organise un cycle Louis de Funès en plein air, avec 7 de ses grands films. Et à partir de demain jusqu'au 6 août, au Centre culturel de la ville, est organisée une exposition temporaire, "Louis de Funès : regardez-moi là !".

350 pièces peuplent ce parcours. Des documents de l'INA, des collections de Gaumont, des photographies personnelles et d'autres de tournages, des films personnels en super 8, des dessins, des scénarios annotés de la main de l'acteur, des affiches, des lettres, des accessoires de films comme le chapeau de Rabbi Jacob, le casque de la Grande Vadrouille ou la bourse de l'Avare, son César d'honneur, et même des jeux pour les enfants s'ajoutent à des extraits de films et leurs séquences cultes. Il y a aussi de vieux téléphones où l'on peut entendre le comédien raconter sa vie, son travail, ses anecdotes, au gré des interviews ressuscitées.

De l'Atlantique à la Méditerranée

Toute la collection est issue de la famille, et autrefois hébergée par le musée de Louis au château de Clermont, à Cellier, en Loire-Atlantique. Le musée a fermé en 2016 quand le bâtiment fut vendu. Un musée à Nantes fut alors envisagé. On aurait pu croire alors que Saint-Tropez allait le récupérer, puisque la ville du "Gendarme" est déjà doté (depuis 2016) du Musée de la gendarmerie et du cinéma, dédié à la célèbre franchise (mais pas seulement).

Dans Var Matin, Olivier de Funès explique la raison: "Lorsque le musée du Cellier a fermé, on a pensé en faire un autre à Nantes qui n’est qu’à 25 km. Par rapport au parcours de mon père, cela aurait eu du sens. Mais la municipalité s’en moquait, tout autant que la Région. J’ai écrit à la mairie de Saint-Tropez qui… ne m’a jamais répondu. Puis ma fille Julia a été en contact avec Grégory Bozonnet, le directeur de cabinet du maire de Saint-Raphaël, et ça a tout de suite accroché! Du coup, je suis très content que le musée soit ici. Mon père était un fils d’immigrés espagnols qui ont su s’adapter à leur nouveau pays?; Louis saura s’intégrer à Saint-Raphaël!"