Patrimoine: à peine un film européen sur six numérisé

Posté par vincy, le 30 juin 2017

Seules 16 % des collections du patrimoine cinématographique d’Europe sont numérisées, selon l’Observatoire européen de l’audiovisuel.

Dans cette nouvelle étude (à télécharger) sur l’accès, à des fins d’éducation et de recherche, aux œuvres cinématographiques faisant partie des collections des archives cinématographiques d’Europe, le constat est rude.

Or, les taux de numérisation restent faibles, ce qui limite l'accès aux œuvres: 15 % seulement de l’ensemble des œuvres cinématographiques se trouvant dans les collections des archives cinématographiques (16 % pour les longs métrages, qui représentent pourtant 42% des collections).

L'étude point aussi que la grande majorité (76 %) des films figurant dans les collections des archives cinématographiques est protégée par droit d’auteur. Cependant le manque de sources d’information centralisées sur les droits peut rendre difficile l’évaluation du statut d’un film "au regard du droit d’auteur ainsi que l’identification des ayants droit." En fait, 1% seulement des œuvres est dans le domaine public. Les 23% restant sont sans statut clair sur leurs droits. Contraignant.

Accès limité

60 % des longs métrages protégés par droit d’auteur sont des œuvres orphelines ou indisponibles dans le commerce. Si l’accès en ligne semble être un moyen efficace d’améliorer l’accès aux collections de films et d’élargir les publics, cet accès est freiné par des restrictions légales et à des incertitudes juridiques.

Par conséquent, le patrimoine cinématographique se transforme en marché de niche. Les films du patrimoine cinématographique européen ont tendance à circuler moins largement que les films en général et moins que les œuvres du patrimoine cinématographique aux Etats-Unis.

La circulation des œuvres pose à la fois un problème culturelle (l'accès à celles-ci) et économique (l'économie d'échelle). Cela conduit à une insatisfaction des publics des Cinémathèques et centres d'archives. Un quart du public a été confronté à un problème de droits d'accès à une œuvre et un tiers du public ne trouve pas une œuvre. Pire, 69% du public a rencontré un problème technique pour consulter/voir une œuvre, notamment parce que le film n'était pas en format numérique.

L'OEA souligne que le patrimoine cinématographique nécessite un solide appui promotionnel pour rivaliser avec succès avec le contenu plus récent, ce qui n'est pas forcément le cas actuellement, rappelant que les reprogrammations en salles "peuvent jouer un rôle pour accroître leur visibilité" et constatant que la VOD n’est pas encore un canal de distribution indépendant viable. L'Observatoire préconise que la vidéo à la demande fasse partie d’une "stratégie de distribution plus vaste, incluant plusieurs canaux, pour maximiser les résultats promotionnels."

Une cinémathèque pour le documentaire

Posté par vincy, le 6 juin 2017

La nouvelle ministre de la Culture, françoise Nyssen, aux côtés de Frédérique Bredin, Présidente du CNC, Christine Carrier, DG de la Bpi du Centre Pompidou, Anne Georget, Présidente de la Scam, Laurence Engel, Présidente de la BnF, Delphine Ernotte Cunci, P-DG de France Télévisions, Jean-Claude Petit, Président de la Sacem, Patrick Bézier, DG du Groupe Audiens, Jean-Marie Barbe, Fondateur de Ardèche Images, Arnaud de Mézamat, Président de Film-documentaire.fr et Jean-Yves de Lépinay, Président d'Images en Bibliothèques (ouf!), ont signé durant le festival de Cannes une convention en vue de créer la Cinémathèque du documentaire. La création avait été actée en août dernier, par l'ancienne ministre de la Culture Audrey Azoulay, lors des Etats généraux du documentaire de Lussas.

Ce groupement d'intérêt public sera en charge de fonder cette nouvelle institution culturelle, coordonnée par la Bpi. "La création de cette Cinémathèque marque la volonté des pouvoirs publics, associés à des partenaires privés, de permettre au documentaire d'investir l'espace public, et de jouer pleinement le rôle central qui est le sien depuis l'origine du cinéma : saisir le réel, éclairer le présent et libérer l'imaginaire" explique le communiqué. Cette Cinémathèque du documentaire sera basée à la Bibliothèque Publique d’Information du Centre Pompidou et devra donner une caisse de résonance aux nombreuses initiatives qui, partout en France œuvrent depuis des années en régions pour la conservation et la diffusion du documentaire.

"La Cinémathèque du documentaire aura pour mission de contribuer au recensement et à l'identification des oeuvres, de favoriser leur circulation en procédant à des acquisitions communes, de mettre en valeur les différentes actions du réseau et d'être force de propositions" ajoutent les signataires, qui veulent avant tout en faire "un réseau irriguant tous les territoires."

Un patrimoine à sauver et valoriser

Cette création est la concrétisation des recommandations du Rapport de décembre 2015 rédigé par François Hurard, de l'Inspection générale des Affaires culturelles du ministère. Il soulignait notamment que les coûts de numérisation et de conservation des catalogues ou des fonds constituaient "un frein pour l'exploitation et le rayonnement des œuvres documentaires", rappelant au passage le travail de l'ADAV, de la Bpi, de la BNF et du Forum des Images. Selon le rapport, "On peut chiffrer à près de 40 000 œuvres environ ce patrimoine francophone" documentaire. Il avait demander la création d'un lieu emblématique dédié à ce patrimoine, la contribution à la recherche et à l'élaboration d'outils permettant d'agréger ce patrimoine, de fédérer et de soutenir les initiatives de la mise en valeur du patrimoine sur tous les supports et dans tout le territoire.

Le marché du documentaire reste vigoureux en France avec en moyenne une grosse trentaine de films agréés chaque année pour le cinéma. Sur les vingt documentaires ayant attiré plus d'un million d'entrées dans l'histoire du cinéma français, 11 sont sortis après 2000, dont les récents Les saisons et Demain.

Le British Film Institute s’encanaille avec une collection érotique

Posté par vincy, le 19 mars 2017

Le vénérable British Film Institute a décidé depuis quelques semaines de vous chauffer les hormones. En effet, le BFI a mis en ligne une vingtaine de films érotiques anglais, tous réunis dans la collection "The Pleasure Principle". Ces films couvrent la période allant de 1896 au début du XXIè siècle, et ont été numérisés, dans le cadre du programme Britan on Film Project qui prévoit la numérisation de 10000 films archivés tous genres confondus.

Une femme nue batifolant dans  la mer, une autre plus distinguée s'amusant avec ses jupons, une princesse grecque et son esclave serbe, un documentaire sur les stripteaseuses de Soho, une comédienne (Fiona Richmond) répondant à une interview de 9 minutes entièrement nue et même un film d'animation où l'on fantasme sur les seins. L'érotisme est avant tout féminin. La plupart de ces films étaient diffusés dans les clubs anglais réservés aux hommes.

Le BFI souhaitait rendre ces films disponibles: "Nous voulons retracer l'histoire de ces films souvent interdits. C'est un voyage social et culturel à travers le XXe siècle, avec des œuvres qui ont souvent gêné les gens" explique le conservateur de l'institut Vic Pratt dans le Guardian.

Le plan de numérisation prévoit d'autres films comme Boys and Girls Together, qui montre la sexualité de plusieurs locataires d'une maison, en 1979. C'est d'ailleurs le premier film montrant deux homosexuels mâles faisant l'amour.

Malheureusement, il fallait bien une mauvaise nouvelle, même si la plupart des films sont gratuits, ils sont indisponibles quand on veut les voir à l'étranger. Un Brexit automatique.

Locarno consacrera sa Rétrospective à Jacques Tourneur

Posté par vincy, le 19 janvier 2017

La Rétrospective du 70e Festival de Locarno (2-12 août 2017) sera consacrée au réalisateur français Jacques Tourneur (1904 – 1977). Cet hommage "s’intéressera à un réalisateur qui n’est encore pas reconnu à la hauteur de son talent" explique le communiqué du festival. "Tourneur a souvent tourné des films de série « B », des films qui nous semblent aujourd’hui plus incisifs, plus visionnaires et plus actuels que leurs aînés. Car le réalisateur a toujours su mêler dans son travail l’imaginaire puissant des récits de genre et une poésie visuelle unique, héritée sans doute de sa double identité, européenne et américaine."

La Rétrospective se déroulera dans le cinéma historique de Locarno, entièrement restauré et rebaptisé le GranRex, qui dévoilera son nouvel aménagement à l’occasion de la 70e édition du Festival. La Rétrospective, conçue par Roberto Turigliatto et Rinaldo Censi, en collaboration avec la Cinémathèque suisse et la Cinémathèque française, sera accompagnée par un ouvrage publié en anglais et en français aux éditions Capricci.

Fils du réalisateur Maurice Tourneur, l'un des pionniers du cinéma français, Jacques Tourneur est né à Paris en 1904.Après ses premiers films, Maurice quitte la France à la veille de la Première Guerre mondiale pour les États-Unis, où il devient un cinéaste confirmé, dont les films sont appréciés du public. La famille rentre en France en 1928, et Jacques fait ses premiers pas derrière la caméra en 1931 avec Tout ça ne vaut pas l'amour. Il tourne trois autres longs métrages puis décide de repartir pour les États-Unis. Sa rencontre avec le producteur Val Lewton à la RKO va donner vie à l’une des collaborations les plus fructueuses de l’histoire du cinéma: ensemble, ils travaillent sur des films fascinants et sombres, considérés aujourd’hui comme des pierres angulaires du cinéma: La Féline (1942), L’Homme – Léopard (1943) ou encore Vaudou (1943).

Des films policiers (Nick Carter, Master Detective) au western (Le passage du canyon, L’or et l’amour), des films de cape et d’épée (La flibustière des Antilles, La flèche et le flambeau), à ceux de guerre et d’espionnage (Berlin Express, Jours de gloire), en passant par le mélodrame (Angoisse, La vie facile), le film d’aventure (Les révoltés de la Claire-Louise, La Cité sous la mer) et le film noir (Nightfall, La griffe du passé), il a a touché à tous les genres.

"Considéré comme le maître du cinéma fantastique"

Carlo Chatrian, Directeur artistique du Locarno Festival, rappelle que « Le nom de Tourneur est connu des passionnés du 7e art et certains de ses films figurent même au rang des œuvres inoubliables de la grande saison du cinéma américain de l’après-guerre; il n’en va pas de même pour l’ensemble de son œuvre qui est néanmoins de très grande qualité. Cette Rétrospective, organisée avec les plus importantes et prestigieuses institutions, que je remercie ici, sera l’occasion pour les nouvelles générations de comprendre la force d’une œuvre cinématographique qui privilégie les choix visuels plus que les mots, qui trouve dans les cadrages, les mouvements de caméra, l’utilisation de la lumière, du son et des couleurs des instruments d’expression essentiels. Considéré comme le maître du cinéma fantastique, Tourneur a toujours cherché à aller au-delà du visible, en représentant les sentiments profonds qui jaillissent derrière la superficialité des choses. C’est pourquoi ses films ont résisté au temps et sont une source d’inspiration pour tant de cinéastes. »

Frédéric Bonnaud, Directeur de la Cinémathèque française, précise par ailleurs que la Rétrospective de l’œuvre de Jacques Tourneur sera programmée à la Cinémathèque française à partir du 30 août.

« Mala noche » à la Cinémathèque française: occupation politique et évacuation policière

Posté par vincy, le 7 mai 2016

© @JeromePasanauDe 60 à 100 de personnes ont occupé pendant quelques heures la Cinémathèque française à Paris, durant trois heures, dans la nuit de vendredi à samedi, avant d'être délogées par les forces de l'ordre.

Après une projection de Prête à tout de Gus Van Sant, auquel la Cinémathèque rend hommage à travers une exposition, un groupe d’une cinquantaine de personnes a décidé de ne pas quitter la salle, clamant qu'ils occupaient désormais l'institution.

Si l'on en croit Twitter, il s'agissait d'un mélange de revendications d'employés de la Cinémathèque, d'intermittents du spectacle, et du mouvement citoyen Nuit debout. Tous évoquaient une lutte contre le projet de loi travail et la précarisation de l’emploi dans la culture. La Cinémathèque est prise au piège dans une polémique depuis fin janvier quand on a appris que le personnel d'accueil était géré par une société externe, City One, qui impose des conditions de travail où harcèlement, chantage et pressions font mauvais ménage (lire l'article paru dans Libération à ce sujet et le témoignage d'une employée).

Lors de la Matinale de France Culture le 9 février (à réécouter ici), le nouveau directeur de la Cinémathèque française, Frédéric Bonnaud, ancien directeur de la rédaction des Inrocks où il était très soucieux des inégalités et très en colère contre le régime policier, expliquait qu'il n'avait pas à signer des CDI "pour que quelqu’un vende des billets” et souhaitaient que les postes de billetterie et d'accueil restent dévolus à “des jobs étudiants“. "Je pense qu’hôtesse d’accueil, caissier, guichetier ou ouvreuse, ça doit rester des petits jobs d’étudiants, au risque de choquer. Moi, je ne me vois pas signer un CDI à vie pour que quelqu’un vende des billets à la Cinémathèque" a-t-il expliqué précisément.

Reste le symbole lourd et gênant d'un établissement connu pour ses hauts faits d'armes durant Mai 1968. En effet, pour la première fois depuis la création de la Cinémathèque en 1936, et à la demande de la direction qu'on croyait plutôt du côté des victimes, à été évacuée de force par la police. Bref une "mala noche" pour ce temple de la cinéphilie.

15 films avec Pierre Richard à voir à la Cinémathèque

Posté par vincy, le 9 avril 2016

En avril, découvre des films. Pierre Richard appartient à notre mémoire cinéphilique collective. On le voit gamin, au premier degré, en maladroit burlesque, plus Harold Lloyd que Chaplin. Et puis, en revoyant ses films, cet anti-héros lunaire apparaît comme étrangement subversif, rebelle même dans des comédies qui dénonçaient les individualismes, le consumérisme, ou même le repli sur soi. La poésie se mêle au rire, l'absurde compromet les tenants de l'ordre. Il est un grain de sable, à la Chaplin, dans les Temps modernes.

Heureuse initiative, donc, de voir la Cinémathèque française lui rendre hommage, depuis mercredi et jusqu'au 27 avril.

15. La Course à l'échalote de Claude Zidi (1975), avec Jane Birkin, Michel Aumont.
Les banques coupables de malversations? Le film est une aimable comédie où le patronat est pourri jusqu'à la moelle.

14. Un nuage entre les dents de Marco Pico (1973), avec Claude Piéplu, Philippe Noiret.
Film très méconnu autour de deux journalistes de faits-divers qui démontre, notamment, la manipulation des médias, avides de scoops.

13. Le Retour du grand blond d'Yves Robert (1974), avec Mireille Darc, Jean Rochefort.
La suite du Grand Blond est moins percutante mais pas moins drôle. La séquence finale empruntée à L'homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock vaut à elle seule le détour.

12. Essaye-moi de Pierre-François Martin-Laval (2005), avec Pierre-François Martin-Laval, Julie Depardieu.
L'ex Robin des Bois rend hommage à Richard avec son personnage de rêveur romantique. La comédie se laisse regarder pour ceux qui doutent encore qu'il faut garder son âme d'enfant.

11. On aura tout vu de George Lautner (1976), avec Miou-Miou, Jean-Pierre Marielle.
Satire sur le monde du cinéma, avec en toile de fond, l'avènement et la puissance du film porno. On reconnaît là le goût de Pierre Richard pour les sujets de société, où l'idéal et le rêve se fracassent à une réalité cynique.

10. En attendant le déluge de Damien Odoul (2003), avec Anna Mouglalis, Damien Odoul.
Peut-être l'un des plus beaux personnages incarné par le comédien. Dans ce délire entre hurluberlus, où la mort se confronte à la vie, il y a une envie jouissive, à la Tati, de profiter du présent. Pierre Richard y est impérial.

9. Le Coup du parapluie de Gérard Oury (1980), avec Gert Froebe, Valérie Mairesse.
Entre potacherie et jamesbonderie, cette comédie policière sous le soleil de Saint-Tropez est un enchaînement de gags à la Blake Edwards, avec, en moment culte, une publicité pour de la nourriture pour chiens.

8. Juliette et Juliette de Remo Forlani (1973), avec Annie Girardot, Marlène Jobert.
Richard est entouré de deux des plus grandes actrices de l'époque. Entre portrait d'une société où la précarité est déjà là et féminisme affirmé, ce film oublié, qui passe parfois à côté de ses sujets, révèle déjà la vulnérabilité des mâles.

7. Je suis timide mais je me soigne de Pierre Richard (1978), avec Aldo Maccione, Mimi Coutelier.
Impossible de vivre quand on est timide à l'extrême. De ce constat, Pierre Richard va créer des situations rocambolesques et parfois de grands moments de cinéma comique (notamment la scène du resto et celle des pompiers).

6. Le Jouet de Francis Veber (1976), avec Michel Bouquet, Fabrice Greco.
Sans doute l'un de ses films les plus noirs, sous ses apparences très colorées. Véritable cri de révolte contre un monde trop cadré et critique du pouvoir sans âme, le film "s'amuse" avec perversité d'une relation masochiste entre un patron et un chômeur.

5. Les Malheurs d'Alfred de Pierre Richard (1971), Anny Duperey, Pierre Mondy.
Tout commence avec un suicide et tout finira avec un carnage. Se moquant de l'élite parisienne, de la télévision, de ses jeux débiles et de ceux qui se prennent trop au sérieux, cette comédie des petits contre les forts reste étrangement actuelle.

4. Le Distrait de Pierre Richard (1970), avec Marie-Christine Barrault, Bernard Blier.
Ode à l'imagination et à la rêverie. La distraction comme hymne à la vie: c'est le moteur d'une succession de scènes d'anthologie où là encore le système trop cadré (ici du milieu de la publicité) se voit dynamité à coups de gaffes.

3. Les Fugitifs de Francis Veber (1986), avec Gérard Depardieu, Jean Carmet.
Dernier film de la trilogie inégalée du trio Veber-Depardieu-Richard, cet immense succès des années 1980 compose avec un scénario bien ficelé et des situations cocasses, en finissant en famille recomposée se jouant des genres sexués.

2. Le Grand blond avec une chaussure noire d'Yves Robert (1972), avec Bernard Blier, Jean Rochefort, Mireille Darc, Jean Carmet.
L'une des plus grandes comédies du cinéma français: casting, dialogues, scénario. Tout y est. Les acteurs, au jeu volontairement désaccordé, sont en totale harmonie. Mais à y réfléchir de plus près, Le grand blond est aussi un film d'anticipation sur la société de surveillance et le peu de considération de l'autorité pour la liberté et l'individu.

1. La Chèvre de Francis Veber (1981), avec Gérard Depardieu, Corynne Charbit.
Summum de l'art comique de Pierre Richard, l'alchimie avec Depardieu (il faut voir la tête du monstre face au distrait-timide-maladroit) fonctionne à merveille, entre aventures improbables, répliques cultes, humour décalé, usant aussi bien des gags du cinéma muet que de situations atemporelles. Assurément le chef d'oeuvre de la filmographie de Richard (et de Veber), parvenant à montrer que la folie douce est un moyen de trouver le bonheur et l'amour dans un monde violent.

Frédéric Bonnaud sera le nouveau Directeur général de La Cinémathèque française

Posté par vincy, le 11 décembre 2015

C'était l'une des nominations les plus attendues depuis cet été. Depuis, précisément, que Serge Toubiana avait annoncé son départ de la direction de La Cinémathèque française, avant la fin de son mandat. Costa-Gavras, président de La Cinémathèque française a mis fin au suspens en nommant, avec l'accord de a ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin, Frédéric Bonnaud au poste de directeur général. Le conseil d'administration a donné "un avis unanime" ce vendredi 11 décembre. Il prendra ses fonctions le 1er février 2016.

C'est aussi la fin d'un cycle. Serge Toubiana, ancien rédacteur en chef et directeur des Cahiers du Cinéma,  avait été nommé en 2003 à la direction de La Cinémathèque afin de préparer l'emménagement dans ses nouveaux locaux à Bercy. Le lieu est devenu un rendez-vous majeur de la cinéphilie avec des expositions populaires, un festival du film restauré, et une programmation éclectique qui fait référence. C'est un autre homme des médias qui lui succède.

Frédéric Bonnaud, 47 ans, a commencé comme assistant de programmation Cinéma au Jeu de Paume  (1993 à 1995), avant de devenir pigiste puis coresponsable des pages Cinéma au sein de l’hebdomadaire Les Inrockuptibles (1995-2002), dont il deviendra le directeur de la rédaction en février 2013 après le départ d'Audrey Pulvar. Il a aussi été producteur d’émissions radiophoniques à France Inter  (2002 à 2007), chroniqueur à Europe 1  (2007 à 2010), producteur d’une émission quotidienne au Mouv’  (2010-2013), animateur des Live mensuels de Mediapart  (2012 à 2015), coréalisateur et coauteur de l’émission "Personne ne bouge !"  sur Arte  (depuis 2012).

« Je suis heureux et fier de succéder à Serge Toubiana au poste de directeur général. En douze ans, sous sa direction, La Cinémathèque est devenue un véritable musée moderne du cinéma, qui assume pleinement ses missions de conservation et de diffusion du patrimoine cinématographique. En duo avec notre président, Costa-Gavras, j’aurai à coeur de poursuivre l’oeuvre déjà accomplie et d’ouvrir en grand La Cinémathèque à des publics toujours plus divers. Très attaché à notre mission de service public et à nos devoirs de transmission, je mettrai tout en oeuvre pour attirer et fidéliser de nouvelles générations de spectateurs, les cinéphiles et les cinéastes de demain, tout en m’efforçant d’inventer de nouveaux modes de diffusion » a-t-il déclaré après avoir été confirmé à son poste.

Frédéric Bonnaud avait l'habitude de signer des éditoriaux ancrés à gauche et souvent en opposition avec le gouvernement actuel. Les Inrockuptibles est un hebdomadaire mélangeant politique, société et culture, vendu à 40 000 exemplaires en 2014/2015 contre 60000 exemplaires en 2012.

Martin Scorsese s’affiche dans une station de métro de Paris

Posté par vincy, le 8 octobre 2015

Martin Scorsese est partout. A la Cinémathèque française dès la semaine prochaine, avec une grande exposition qui lui est consacrée, au Festival Lumière où il recevra demain vendredi 16 octobre un Prix pour l'ensemble de sa carrière... et dans une station de métro parisienne. Alma-Marceau, ligne 9, accueillera du 12 au 18 octobre sur ses 103 emplacements publicitaires et promotionnels des photos de Taxi Driver, Les Affranchis, Casino, Shutter Island et Le Loup de Wall Street, ainsi que des créations graphiques reprenant des répliques cultes de ces films comme "You talkin' to me" ou "What do you mean I'm funny?".

Mardi 13 octobre, sur la page Facebook de la RATP, un concours permettra aux fans de gagner des places pour l'exposition l'un des nombreux lots (catalogue, BOF...).

Serge Toubiana annonce son départ de la Cinémathèque française

Posté par vincy, le 6 juillet 2015

Sur son profil Facebook et son blog de la Cinémathèque, Serge Toubiana, directeur général de la Cinémathèque française, annonce qu'il quittera ses fonctions le 31 décembre. Ile ne fêtera donc pas les 80 ans de l'institution.

"C'est le fruit d'une longue réflexion, sereine, et prenant en considération plusieurs éléments" explique-t-il sans véritablement les préciser. Avec le sentiment du devoir accompli, Toubiana affirme qu'il "reste beaucoup à faire", "convaincu qu'un autre, homme ou femme, pourra à [sa] place poursuivre cette aventure, mieux qu'[il] ne saura le faire [lui]-même."

"Il entre dans ma décision le désir de passer à autre chose. Cela se résume pour moi à écrire sur le cinéma. J’en ressens le besoin, le temps passe. J’aurai ainsi passé près de treize années à la tête de la Cinémathèque française" ajoute-t-il. "Il a fallu ce temps pour réorienter la Cinémathèque française, insuffler une dynamique, en moderniser le fonctionnement, réussir l’implantation en 2005 dans son nouveau siège rue de Bercy, élargir son public, donner du sens et de la cohérence à l’ensemble de ses missions. Et faire en sorte qu’elle rayonne en France comme dans le monde entier. Surtout, ne renoncer à rien en termes d’exigence cinéphilique : combien de visiteurs étrangers nous disent à quel point ils admirent cette institution, se collections, ses programmations et ses expositions, ses activités en direction du jeune public ! Impressionnant pour une institution qui fêtera ses 80 ans en 2016".

Marius de Marcel Pagnol à Cannes Classics

Posté par vincy, le 26 février 2015

marius de marcel pagnol

Pour le 120e anniversaire de la naissance de l'écrivain et cinéaste Marcel Pagnol, le Festival de Cannes diffusera la version restaurée de Marius (1931), dans la sélection Cannes Classics. Marius est le premier film de la trilogie qui comprend Fanny (1932) et César (1936), également en cours de restauration. Ces travaux de restauration se dérouleront sous la supervision de Nicolas Pagnol et de Guillaume Schiffmann, chef opérateur des récents films de Michel Hazanavicius.

Marius sortira également en salles dans cette version et sera diffusé sur Arte.

Le travail de restauration a été rendu possible grâce aux aides d'Arte, du CNC, du Fonds culturel franco-américain et de la Cinémathèque française. Par ailleurs, un appel aux dons avait été lancé en décembre dernier. Il manquait 50000€, et finalement CMF-MPC (présidé par le petit-fils Nicolas Pagnol) a récolté 75400€ sur Ulule
.
A terme, les 17 films de Marcel Pagnol devraient connaître la mêle cure de jouvence... Les négatifs de Marius sont tachés, avec des moisissures, des déchirures, des collures endommagées. Fanny n'a jamais été restauré et César est très abimé. C'est la version longue de césar qui bénéficiera de ce travail de restauration. Les négatifs seront aussi numérisés.

Marius est le premier film tiré de l'œuvre théâtrale de Marcel Pagnol. Il fût produit par Paramount et réalisé par Alexander Korda. Premier "grand" film parlant français, son succès fut considérable et "starisa" Raimu, Pierre Fresnay et Charpin.