Cannes 2017: deux versions des « Fantômes d’Ismaël »

Posté par vincy, le 17 mai 2017

Les Fantômes d’Ismaël est le film d'ouverture du Festival de Cannes. Il sort simultanément en salles en France. Etrangement, le film d'Arnaud Desplechin sort dans deux versions. L'une, officielle, présentée à Cannes et dans les cinémas, qui dure 1h54. L'autre de 2h10 qui sera distribué dans une dizaine de salles françaises, dont le cinéma du Panthéon à Paris, qui appartient au producteur, Why Not, et à l'étranger (même si le distributeur américain n'a pas encore choisi quelle version il diffusera). Sans aucun doute, on découvrira cette version allongée en DVD/VàD/Blue Ray.

C'est étrange car Arnaud Desplechin n'a jamais mégoté sur la durée de ses films, qui peuvent s'étirer de 2h15 à 3h. Et quand on voit la durée des blockbusters hollywoodiens, souvent au dessus des 2h voire des 2h30, on ne peut pas dire que le nombre de minutes cause un échec populaire.

C'est aussi étrange parce que les deux versions sont assumées par le réalisateur. La "version longue" donnerait des clefs aux nombreuses intrigues du film, et notamment au film dans le film (avec Louis Garrel). Il y a déjà eu des précédents, y compris à Cannes avec Grace de Monaco.

Arnaud Desplechin a confié que c'était une proposition de son producteur. Pour lui il n'y a pas deux films, mais une version originale, la plus logue, et une version en salles, l'une plus intellectuelle, l'autre plus sentimentale.

I am not your Negro : la fabrique de la discrimination raciale

Posté par vincy, le 9 mai 2017

Ce mercredi sort en salles I am not your Negro (Je ne suis pas votre nègre), documentaire maîtrisé et passionnant réalisé par Raoul Peck. En VO la voix est celle de Samuel L. Jackson, en VF, le spectateur aura celle de JoeyStarr. Sophie Dulcad distribution a prévu une sortie modeste sur moins de 20 copies, mais avec plusieurs séances événementielles (avec débats le plus souvent) dans des cinémas franciliens notamment à partir du 10 mai.

Une flopée de prix

Le documentaire vadrouille de festivals en festivals depuis sa première à Toronto en septembre dernier, ce qui lui a permis d'être nommé aux Oscars et aux Independent Spirit Awards en février dans la catégorie du meilleur documentaire. Depuis son prix du public dans la catégorie docu à Toronto, il a glané plusieurs prix. A la dernière Berlinale, il a remporté le prix du public dans la section Panorama et une mention spéciale du jury œcuménique. Le public l'a aussi récompensé au Festival de Chicago, au Festival des Hamptons, au festival de Portland et au Festival de Philadelphie (où le film a aussi reçu le prix du jury). Les critiques de Los Angeles, San Francisco et ceux de Dublin l'ont sacré meilleur documentaire. L'Association des documentaristes lui a décerné le prix du meilleur scénario. A Thessalonique, le film a été distingué par le prix Amnesty International. Aux USA, distribué par Amazon studios, il a récolté 7M$ de recettes, soit le 4e meilleur score pour un docu depuis début 2016.

Très bon score sur Arte

Arte a déjà diffusé le documentaire dans version française il y a deux semaines. La chaîne culturelle s'est ainsi offert la cinquième meilleure audience annuelle avec 650000 téléspectateurs, auxquels se sont ajoutés 380000 visionnages en rattrapage, soit le record mensuel pour Arte+7.

Pourquoi ce documentaire est-il si intéressant? Le pitch est assez sobre: "À travers les propos et les écrits de l’écrivain noir américain James Baldwin, Raoul Peck propose un film qui revisite les luttes sociales et politiques des Afro-Américains au cours de ces dernières décennies. Une réflexion intime sur la société américaine, en écho à la réalité française. Les mots de James Baldwin sont lus par JoeyStarr dans la version française et par Samuel L. Jackson dans la version américaine."

La suite d'un roman inachevé

En fait, Raoul Peck, maniant les archives comme un chef d'orchestre assemble les instruments pour rendre harmonieux une partition, décode la manière dont l'identité afro-américaine s'est construite, et comment elle s'est retrouvée marginalisée, discriminée, et attaquée dans une Amérique qui n'a pas su quoi faire de ses descendants d'esclaves. Pour cela il prend un témoin, James Baldwin, écrivain et intellectuel noir et homosexuel, et trois figures mythiques du combat des droits civiques: Medgar Evers, mort le 12 juin 1963, Malcolm X, mort le 21 février 1965 et Martin Luther King Jr., mort le 4 avril 1968. "Les trois ont été considérés comme dangereux parce qu’ils levaient le voile sur le brouillard de la confusion raciale" explique le réalisateur.

James Baldwin voulait écrire sur ces trois hommes dans ce qui serait son dernier ouvrage, Remember This House, inachevé. Ecrivain prolifique et considéré comme un observateur précis et lucide de la société américaine, il avait anticipé la montée des communautarismes et des tensions sociales. Plus surprenant, il se désolait dans les années 1960 qu'il faille attendre au moins 40 ans pour avoir un Président noir à la Maison-Blanche (l'Histoire lui aura donné raison). Il pointait du doigts les gestes visibles et les non-dits de la société à l'encontre des minorités. Il parlait déjà d'identité.

L'image fantasmée des noirs d'Amérique

"J’avais honte d’où je venais. J’avais honte de la vie dans l’Eglise, honte de mon père, honte du blues, honte du jazz, et bien sûr honte de la pastèque. Tout ça, c’était les stéréotypes que ce pays inflige aux Noirs : que nous mangeons tous de la pastèque et que nous passons notre temps à ne rien faire et à chanter le blues, et tout le reste, j’étais vraiment parvenu à m’enfouir derrière une image totalement fantastique de moi qui n’était pas la mienne, mais l’image que les Blancs avaient de moi" expliquait-il au début des années 1960.

En mélangeant politique, histoire, psychologie et humanisme, sa réflexion, et on le constate tout au long du documentaire au fil de ses interviews ou en écoutant ses textes, n'est pas seulement visionnaire et ne résonne pas seulement avec justesse: elle décrypte minutieusement comment l'Amérique fabriquait une société discriminante, raciste, violente. Et ça n'a pas changé depuis 40 ans. Les incidents et accidents continuent. Les émeutes et les manifs sont toujours là. La fracture n'est pas résorbée. "Le plus consternant est que toutes ces choses ne seraient peut-être pas aussi terribles si, lorsque vous vous retrouvez devant des Blancs pleins de bonne volonté, vous ne vous rendiez pas compte qu’ils ne savent rien de tout cela, et n’en veulent rien savoir" résumait l'écrivain.

Un docu aussi visuel que politique

Raoul Peck démontre ainsi le chaos cyclique qui perturbe la bonne relation entre les communautés, revient sur les racines du mal et décortique l'aspect structurel toujours présent qui entraîne une défiance régulière entre l'Amérique WASP et les afro-américains. Le réalisateur expérimente ainsi un propos très politique avec un formalisme complexe. C'est un puzzle qu'il compose, explosant les codes narratifs classiques du documentaires pour en faire un film plus expérimental, très esthétique, qui met en valeur James Baldwin, ses opinions et leur liens avec l'Histoire américaine. Il s'autorise à insuffler une liberté de pensée, à inviter de la musique et de l'humour, à dramatiser en ne masquant rien de la brutalité, de l'exploitation, des assassinats et des injustices d'un peuple à la fois victime et combattant.

I am not your Negro est aussi visuel que philosophique, sonore que pédagogique. Il se réapproprie toute la culture "noire", des clichés aux malentendus, des icônes aux erreurs historiques. Il "monte" et "découpe" son récit emblématique tout en démontant et coupant les préjugés idéologiques. Il colorise des archives et passe en noir et blanc des images plus modernes. Il trouble notre vision chronologique pour mieux assumer l'unité de temps et de lieu d'un phénomène qui dure depuis plus de deux siècles. De la même manière, les archives sont diversifiées, de programmes télévisés populaires à des interviews et débats plus costauds en passant par des extraits de films hollywoodiens. Ce montage "kaléidoscopique, frénétique et poétique", comme un mix de DJ revisitant des airs connus, permet évidemment de ne pas rendre ce film ennuyeux. Loin de là. Une heure et demi, ça semble presque court.

Insécurité raciale

Outre l'intelligence de l'ensemble, le prosélytisme bienvenu, et la force de son propos, I am not your Negro fait indéniablement écho aux antagonismes sociaux actuels en Occident. "Ce n’est pas tout ce que vous avez pu me faire qui vous menace. C’est tout ce que vous avez fait à vous-même qui vous menace" écrivait-il. Il précisait même : "J’imagine qu’une des raisons pour lesquelles les gens s’accrochent à leurs haines avec tellement d’obstination, est qu’ils sentent qu’une fois la haine partie, ils devront affronter leurs souffrances." En renvoyant les bourreaux à leur propre misère, il avait compris que le problème des exclus était moins le leur que celui des excluants. Critique insatiable des pouvoirs dominants et supérieurs (religions, blancs, politiques...), il interpellait notre insécurité culturelle dans Le jour où j'étais perdu : La vie de Malcolm X:
"Pourquoi ne demandez-vous pas aux Blancs, qui sont vraiment entraînés à la violence, ce qu’ils pensent de tous les Noirs innocents qu’ils tuent ? Quand un jeune blanc tue, c’est un problème « sociologique ». Mais quand un jeune Noir tue, vous êtes prêts à construire des chambres à gaz. Comment se fait-il que vous ne vous inquiétiez jamais quand les Noirs se tuaient entre eux ? Tant que l’on massacrait les Noirs de sang-froid, tant qu’on les lynchait, vous disiez : « les choses s’arrangeront »."

Le centenaire de Danielle Darrieux

Posté par redaction, le 28 avril 2017

Il y a un mois Dominique Besnehard se plaignait sur France Inter que personne n'avait voulu le suivre pour produire et réaliser un documentaire sur la comédienne Danielle Darrieux.

Pourtant l'occasion aurait été belle puisque le 1er mai prochain, Danielle Darrieux aura 100 ans. Cela en fait l'une des doyennes du cinéma. Aux Etats-Unis, Olivia de Havilland et Kirk Douglas ont célébré leur centenaire l'an dernier. En France, seule Gisèle Casadesus, 102 ans, est plus âgée, etSuzy Delair aura 100 ans à la fin de l'année. Le club est très restreint.

Danielle Darrieux a commencé sa carrière au début des années 1930 pour ne s'arrêter qu'en 2010, tournant pour Billy Wilder, Maurice Tourneur, André Cayatte, Joseph Mankiewicz, Sacha Guitry, Marc Allégret, Henri Verneuil , Claude Chabrol, Jacques Demy, André Téchiné, etc... Le Grand Action à Paris lui rend hommage tout ce week-end, en partenariat avec le Festival International de Films de Femmes de Créteil.

Avec au programme samedi soir à 20h Huit femmes de François Ozon (2001). Dimanche s'enchaîneront Marie-Octobre de Julien Duvivier (1959) à 14h, une conférence sur la carrière de la comédienne à 15h30, Premier Rendez-vous d'Henri Decoin (1941) à 17h, et le mythique Madame de... de Max Ophuls (1953) à 19h30. Lundi, jour férié, on passera de Occupe-toi d'Amélie de Claude Autant-Lara (1949) à 14h, à En haut des marches de Paul Vecchiali (1983) à 16h30, au Jour des Rois de Marie-Claude Treilhou (1991) à 19h.

Toutes les séances commenceront par la projection du court métrage inédit Tournons ensemble, Mademoiselle Darrieux, réalisé par Emmanuel Vernières (2016). Ce dernier ajoute que l'actrice "se porte bien et continue à boire son petit whisky tous les soirs."

Et aussi...

Par ailleurs, Hors Collection a sorti cette semaine Danielle Darrieux, une femme moderne, biographie signée de Clara Laurent. Bonus: la 4e de couverture est un témoignage concis de Catherine Deneuve: "Je lui ai toujours trouvé une grâce infinie, une légèreté inquiète et cette voix de pleins et de déliés si particulière (...) Ne jamais peser, laisser souvent une interrogation, un dote dans son phrasé, le charme absolu."
En juillet paraîtra Madame de..., réflexions sur le film de Max Ophuls et sur l'évolution de la critique du personnage de Danielle Darrieux, de sa sortie jusqu'à aujourd'hui, par Dominique Delouche.

Enfin, un colloque est organisé à l’université Bordeaux Montaigne du 3 au 5 mai et la cinémathèque de Toulouse lui rendra hommage en novembre.

Edito: Cessez-le-feu ou allumez le feu?

Posté par redaction, le 20 avril 2017

On n'en peut plus de cette série de télé-réalité dont la fin de saison approche enfin. La France vote. Quatre demi-finalistes se disputent les deux dernières places. On aimerait qu'on se dispute pour des places de cinéma. Bien sûr, les films américains cartonnent. On prend son siège pour vrombir avec Fast & Furious 8. On s'amuse avec Boss Baby et Les Schtroumpfs, vacances oblige. On se laisse encore emporter par La Belle et la bête. Pour les autres, c'est un peu comme le parcours du candidat socialiste: rase campagne.

Les comédies françaises, trop nombreuses, trop similaires du pitch au marketing, pas assez abouties, ne font pas rire et ne fédèrent pas les masses. Les films d'ailleurs et d'auteurs peinent à trouver leur public. Tout le monde semble en vacances ou la tête dans le remue-méninges politique. Face à l'indécision, le risque, le spectateur choisit le ticket utile. Celui qui assure la promesse d'un divertissement formaté mais rassurant.

Une réforme art et essai utile mais incomplète

Alors que le CNC vient de rendre public une réforme de l'art et essai, afin de soutenir la diffusion de films labellisés comme tels, on s'inquiète. Les exploitants, notamment les plus petits, peuvent y gagner, certainement, stimulés par des avantages financiers. Mais les distributeurs survivront-ils? Il faudra quand même se pose la question de la chronologie des médias pour ces films fragiles, dont la salle de cinéma ne résoudra pas tout de l'équation financière impossible: un public de moins en moins nombreux et une profusion d'œuvres (moins de 500 nouveautés en 2002, plus de 700 aujourd'hui. La diversité est menacée par cette abondance de "contenus" elle-même en concurrence avec les autres écrans.

Et puisque la politique occupe les esprits, parlons d'éducation à l'image et d'accès à la culture. Il est urgent d'initier les jeunes à d'autres cinémas que les films patrimoniaux ou les productions historiques servant de prétexte à appuyer le programme scolaire en Français ou en Histoire. Montrer qu'un "petit" film n'est pas ennuyeux forcément sous prétexte qu'il vient d'un pays qu'on ne situe pas sur la carte. Abattre les préjugés sur le cinéma d'auteur, caricaturé durant plusieurs années par les Guignols quand ils étaient sur la Croisette (un comble quand on connaît le poids de Canal + dans le financement du festival de Cannes et de films sélectionnés).

Des candidats à l'Elysée aux choix nostalgiques

Pas sûr que les candidats à l'Elysée en aient vraiment conscience. Un portail web les a interrogés sur leurs goûts cinéphiliques. Les choix sont parfois surprenants au milieu de résultats plus convenus (La grande vadrouille, Les tontons flingueurs, quelques Francis F. Coppola et Stanley Kubrick) ou étranges (La vie dissolue de Gérard Floque). Wim Wenders (Nicolas Dupont-Aignan), Martin Brest (Marine Le Pen), Federico Fellini (Emmanuel Macron), Arthur Penn (Benoit Hamon), le docu Amy (Nathalie Arthaud), Charlie Chaplin (Philippe Poutou), Akira Kurosawa (Jacques Cheminade), Sergio Leone (Jean Lassalle), Orson Welles (François Fillon) sont cités parmi les films cultes des candidats (hormis Mélenchon qui n'a pas voulu se prêter au jeu). Peu finalement ont défendu un cinéma contemporain, ou même français, ou même européen. Pendant ce temps là Justin Trudeau au Canada fait la promotion du cinéma canadien sur les réseaux sociaux... Cherchez l'erreur.

Mais surtout, la plupart de ces films et de ces cinéastes connaîtraient peut-être aujourd'hui des difficultés à attirer le grand public dans les salles. Certains de ces films récents cités ont d'ailleurs souffert au box office. Où est le devoir de transmission? Comment pensent-ils que les futures générations pourront voir/découvrir/apprécier ces grands films? Le cinéma est une ouverture sur le monde. Mais ce n'est pas qu'une fenêtre parmi d'autres d'où l'on s'évade. C'est aussi un miroir, qui permet de comprendre notre temps et d'interroger nos sentiments et émotions. Comme tout art il est contemplatif, prospectif, introspectif, significatif, subjectif et éducatif.

Le cinéma, art de résistance?

L'an dernier, Cannes présentait des films comme Moi Daniel Blake, Toni Erdmann, Aquarius, Rester vertical, Sierranevada, Baccalauréat qui évoquaient le chômage, la fracture sociale et l'exploitation des individus, le logement, la famille et la ruralité, l'ouverture sur le monde et le repli sur soi, ou encore la corruption. Autant de sujets politiques traités de manière romanesque. Le cinéma en dit bien plus sur notre époque et sur nos problèmes que n'importe quel candidat à l'Elysée. On n'ose croire que la culture et l'art, avec leur vertu démocratique, leur regard critique, soient considérés comme un danger pour ces candidats. Qu'ils aient intérêts à ce que les masses soient abruties par des divertissements écervelés et distraites par des sensations primales. Il est loin le temps des Lumières où l'on voulait éclairer le peuple. Le cinéma est peut-être la dernière lucarne, dont la flamme semble vacillante ces temps-ci.

Cannes 2017: Netflix en compétition, ça ne plaît pas à tout le monde…

Posté par vincy, le 15 avril 2017

Ce n'est pas une surprise. Est-ce une polémique? Toujours est-il que la sélection en compétition du 70e Festival de Cannes de deux films qui seront diffusés sur Netflix provoquent des grincements de dents.

The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach a été acquis par Netflix en tant que simple diffuseur il y a une semaine, avant le dévoilement de la sélection. Okja de Bong Joon-ho est une production Netflix et prévu dès le départ un produit 5 étoiles (Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal au casting) pour la plateforme en SVOD.

Respect des règles

La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a envoyé un communiqué pour exprimer son inquiétude. "Si les salles de cinémas ne remettent pas en cause la liberté de programmation du premier festival de cinéma du monde, ni le fait que de nouveaux acteurs internationaux viennent légitimement, comme Amazon, contribuer au développement et au financement du cinéma, elles contestent ce choix qui a été fait sans concertation", déclare la FNCF. En fait, à travers cette remarque, la Fédération s'interroge sur la fameuse chronologie des médias: "Si des films du Festival de Cannes contrevenaient à la réglementation en vigueur sur la chronologie des médias, par exemple en étant diffusés sur Internet simultanément à une sortie en salle, ils seraient passibles de sanctions par le CNC ! Et qu’en sera-t-il demain, si des films du Festival de Cannes ne sortaient pas en salle, remettant ainsi en cause leur nature d’œuvre cinématographique ?".

La fédération enfonce le clou avec l'argument juridico-fiscal: "Netflix, qui vient de fermer ses bureaux en France, montre qu’il contourne depuis plusieurs années la réglementation française et les règles fiscales (TVA et TSA). Ces règles fondent le cycle vertueux et le financement d’un écosystème exemplaire pour le cinéma dans notre pays, qui permet aujourd’hui à la plupart des films français et étrangers de la sélection officielle d’exister".

Autrement dit, Netflix ne joue pas le jeu, et ne respecte aucune règle du système français, qu'il soit légal ou financier. Ce que réclame la FNCF est simple: la garantie que The Meyerowitz Stories et Okja sortent bien en salles en France, avant leur diffusion sur Netflix.

Chronologie des médias, saison 20

Cette interpellation est légitime, mais nous semble mal posée. Cette chronologie des médias, dont la directive célèbre ses 20 ans, pose problème depuis quelques années avec le surgissement de la SVOD, de la VàD et du piratage. Le modèle actuel semble déjà dépassé. D'ailleurs, le Festival de Cannes sélectionne chaque années des films qui n'ont pas l'assurance de sorties en salle (et n'ont même pas de distributeurs au moment de leur sélection voire de leur projection cannoise). Et certains de ces films connaissent des sorties en salle si réduites qu'on peut se demander si une diffusion simultanée en SVOD ou en prime-time sur Arte ne serait pas plus profitable (on ne dit pas que c'est mieux, car l'expérience d'une salle de cinéma reste irremplaçable pour voir un film). Enfin, il est arrivé par le passé que des films produits par la télévision soient en sélection officielle. Prenons trois exemples.

Elephant de Gus Van Sant, Palme d'or en 2003, était un film produit par HBO. Sans sa Palme, d'ailleurs, il ne serait jamais sorti en salles aux Etats-Unis, visant ainsi, en vain, les Oscars. Ma vie avec Liberace, de Steven Soderbergh, est aussi un téléfilm coproduit par HBO. Présenté en compétition, le téléfilm avait bien un distributeur en France (ARP) mais n'est jamais sorti sur les grands écrans américains : la chaîne payante HBO l'a même diffusé sur le petit écran américain quelques jours après sa projection cannoise. Enfin, Carlos, d'Olivier Assayas, qui avait déclenché une polémique similaire à celle d'aujourd'hui.

Initialement prévu pour la télévision, le film, sélectionné hors-compétition, était produite par Canal +, et a été présenté dans sa version intégrale, en trois parties, tout en étant diffusé simultanément sur la chaîne cryptée (fin mai/début juin). Le film sera vendu sous une version cinématographique dans les autres pays. Et finalement, cette version raccourcie à 2h45 est sortie le 7 juillet en France, dans une centaine de salles, distribué par MK2. Cette solution était d'autant plus baroque que le DVD était disponible juste après sa diffusion télé début juin. "Bizarre chronologie des médias" écrivait-on à l'époque.

Un débat sain

Par conséquent, la polémique Netflix du jour n'est qu'une nouvelle petite secousse sismique dont on a déjà ressenti les premiers effets au début des années 2000. Le Festival de Cannes a d'ailleurs une vertu sur ce registre: en anoblissant des films produits pour la télévision, il les conduit généralement dans les salles de cinéma.

La FNCF souhaite avoir les garanties que les deux films Netflix sortent en salle en France. Au nom de l'exception culturelle. Ce n'est qu'une stratégie défensive. Cela ne résoudra rien au problème de fond: dès lors que des plateformes comme Netflix entrent dans la production de films signés de grands cinéastes, il faudra sans doute revoir notre façon d'aborder la chronologie des médias et la définition même d'un film de cinéma.

Les deux films seront diffusés sur Netflix en 2017 pour les abonnés de la plate-forme dans les pays où le service est disponible. Cela touche 93 millions de personnes dans le monde. Si pour Okja, une sortie en salles n’est pas exclue, qu'en est-il de The Meyerowitz Stories? Et cela ne concernerait-il que la France, ou des pays comme la Corée du sud (pour Okja) et les Etats-Unis (pour que Meyerowitz vise les Oscars)? Ce genre de débats en tout cas n'a jamais lieu dans les autres festivals...

D'autant, Netflix ne cache pas vouloir proposer ses films simultanément en salles et en ligne. Là il s'agit d'instaurer un dialogue équitable entre la plateforme américaine qui veut faire plier un écosystème (gaulois) et un pays qui refuse le diktat d'une transnationale. Cette "uberisation" a un impact certain puisque ce ne sont pas seulement les films "Netflix" qui sont en jeu. En court-circuitant les salles qui pourraient diffuser les deux films sélectionnés à Cannes, ce ne sont pas les grands groupes de distribution qui sont menacés mais bien les exploitants indépendants, bien plus dépendant de ce genre de films, qui seraient ainsi un peu plus fragilisés.

Dans un échange de tweets passionnant entre Jean Labadie (Le Pacte) et Vincent Maraval (Wild Bunch, qui avait déjà expérimenté la projection cannoise en off d'un film qui sortait en VàD), on constate que le dialogue semble dans l'impasse. Pourtant c'est bien un autre débat qu'ils soulèvent, l'un en défendant l'exploitation et la distribution, l'autre en privilégiant la création (les deux n'étant pas incompatibles). Dans cette histoire, ce qui est en jeu c'est davantage la liberté d'accès au cinéma. La démocratisation, est-ce le fait que tous pourront voir les films dans une salle de cinéma près de chez soi ou que tous les films pourront être vus, chez soi ou en salle, par le plus grand nombre?

A la tête de Fidélité productions, Marc Missionnier préfère y voir une ouverture avec ces films et séries prévus pour le petit format. Une ouverture "en grand".

La palme d’or, un Disney et Omar Sy forment le trio gagnant de l’année 2016 selon le sondage annuel de Médiamétrie

Posté par vincy, le 30 mars 2017

L'Etude annuelle 75000 Cinéma de Médiamétrie explore les habitudes cinéphiles des Français, entre autres. L'année 2016 est, selon l'institut, un succès.

41,5 millions de personnes, soit 1,5 million de plus que l’année précédente, ont fréquenté les salles de cinéma l'an dernier "Le pouvoir du cinéma ne se dément pas et résulte d’une combinaison de facteurs qui attirent toujours plus de spectateurs. Nous analysons dans notre étude, toutes les composantes qui font du cinéma un média toujours plus dynamique", déclare Marine Boulanger, Directrice du Pôle Cinéma de Médiamétrie.

Les spectateurs occasionnels en force: incluant notamment les familles, ces spectateurs n’ont jamais été aussi présents en représentant 68% des spectateurs (soit 28,3 millions de Français) et 30,4% des entrées de l’année.
Les habitués (32% des spectateurs par conséquent) sont essentiellement des 50 ans et +, des 15-24 ans et des étudiants.
Les deux catégories de spectateurs sont "particulièrement satisfaits de leur salle de cinéma à qui ils attribuent en moyenne une note de 7,6 sur 10". Les deux tiers fréquentent un seul complexe, par fidélité ou proximité. Ainsi les parisiens, plus cinéphiles que la moyenne française, fréquentent près de trois établissement à l'année, en moyenne.

La salle de cinéma reste le premier lieu d'information, avec les supports promotionnels et les bande annonces. Viennent ensuite Internet et la télévision. Ce résultat est à relativiser: pour le cinéma d'art et d'essai, qui est peu promu sur le petit écran, la presse écrite doit encore avoir un rôle à jouer, tout comme les radios publiques.

En 2016, les spectateurs ont accordé un score moyen de satisfaction de 76% aux films de l’année, avec, en tête Moi, Daniel Blake (95%), Zootopie (94%) et Demain tout commence (90%). Et à voir ce qui motive les spectateurs en salles, ce n'est pas étonnant: l'histoire, le genre et la bande annonce sont les facteurs déterminants. La critique n'est incitative que pour 16% des sondés.

Gaumont cède ses cinémas à Pathé

Posté par vincy, le 2 mars 2017

Petit tremblement de terre dans l'exploitation. Gaumont a vendu pour 380M€ ses 34% dans Les Cinémas Gaumont Pathé. Autrement dit, la marque à la marguerite ne sera plus exploitant, laissant Pathé gérer l'intégralité de leur réseau. Par ailleurs, le groupe Gaumont propose à ses actionnaires minoritaires de céder leurs parts à Paté.

Sidonie Dumas, Directrice Générale de Gaumont a déclaré lors de la publication des résultats annuels de la société: "Nous nous félicitons de la coopération fructueuse avec Pathé au cours de ces seize dernières années qui a permis aux Cinémas Gaumont Pathé de devenir un des leaders européens de l'exploitation cinématographique. La réalisation de cette cession va permettre à notre groupe d'accélérer le développement prometteur de ses activités de production de séries télévisées aux Etats-Unis et en Europe, de renforcer la production de films de cinéma et d'envisager l'expansion des activités de Gaumont en Europe. "

Renforcer la production et la distribution

Pour Gaumont, c'est avant tout un changement de stratégie. Le groupe souhaite se renforcer sur la production et la distribution, que ce soit dans le cinéma ou la télévision. Et surtout il peut envisager quelques acquisitions et un développement dans des pays comme le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les Cinémas Gaumont Pathé sont de loin le premier réseau français avec 380M€ de chiffre d'affaires. Gaumont, avec son activité cinéma a généré 189M€ de chiffre d'affaires (en recul de 13%) et un résultat net de 18,9% (+6%) en 2016. La production cinématographique est en hausse avec 114M€ de C.A. (contre 71M€ en 2015), avec une forte hausse de l'activité distribution (12,2M d'entrées) et celle des ventes de droits de diffusion.

Gaumont prévoit de sortir 15 films et de livrer 7 séries cette année.

La marguerite ne disparaîtra pas tout de suite

Actuellement Gaumont appartient à une holding de Nicolas Seydoux, CinéPar, frère de Jérôme Seydoux, patron de Pathé, dont les salles de cinéma vont devenir le cœur de l'activité. La transaction, après accord des autorités financières, devrait être finalisée en mai. La marque Gaumont restera accrochée au fronton des cinémas jusqu'en 2023.

Le regroupement des cinémas Gaumont et Pathé n'a que 17 ans d'existence. Il rassemble 108 multiplexes et 1076 écrans, pour 67 millions de spectateurs l'an dernier. Le réseau est présent en France, en Suisse, aux Pays-Bas et en Belgique.

César / Oscars: Moins d’audience à la TV mais plus de salles pour les lauréats

Posté par vincy, le 28 février 2017

jerome commandeur jimmy kimmelIls ont été césarisés ou oscarisés: Elle, Divines et Moonlight vont essayer de profiter de leur statut de lauréat dès demain dans les salles. Même si dans les deux cas, l'audience TV n'était pas au rendez-vous.

Côté César, Canal+ n'est que 4e de la soirée (retransmise en clair et sur Dailymotion) avec 1,9 million de téléspectateurs, soit 10,5% du public. On est loin du score de l'an dernier (2,5 millions de téléspectateurs, 11,9% de PDA). C'est l'audience la plus faible depuis 2010.

Côté Oscars, pour ABC ce n'est pas mieux. Avec 32,9 millions de téléspectateurs et une PDA d'environ 22%, c'est la plus faible audience depuis 2008. Selon Nielsen, c'est principalement les habitants des grandes métropoles qui ont regardé la cérémonie (New York, Chicago et la Californie).

Dans tous les cas, français comme américain, la formule semble s'user. Après tout, combien attendent le lendemain pour voir les "meilleurs moments" (gaffes ou gags) sur leur smartphone?

Cependant, les lauréats vont quand même essayer de profiter de cet effet d'aubaine.

Elle de Paul Verhoeven, César du meilleur film et de la meilleure actrice, sorti le 25 mai dernier et déjà disponible en vidéo à la demande, avait déjà bénéficié d'une ressortie en salles mi-janvier à l'occasion du festival Télérama, pile-poil au moment des révélations de ses nominations aux César et aux Oscars. Grâce à cette sortie, il s'était ajouté 50000 spectateurs en plus dans son escarcelle. Le film totalise aujourd'hui 603000 entrées, toujours diffusé dans 80 salles. Dès le mercredi 1er mars, Elle sera projeté sur 125 écrans.

Divines d'Houda Benyamina, César du meilleur premier film, du meilleur espoir féminin et du meilleur second-rôle féminin, lui aussi disponible en vidéo à la demande. Tout comme Elle, il est ressorti en salles lors du festival Télérama. Avec seulement 321000 entrées au compteur, c'est sans doute lui qui a le plus à gagner. Le film devrait passer de dix salles à une quarantaine de copies.

Enfin, Moonlight, Oscar surprise du meilleur film, mais également Oscar de la meilleure adaptation et Oscar du meilleur second-rôle masculin, va doubler son nombre de copies en passant de 148 salles à 346. Il a déjà séduit 280000 spectateurs. Il peut espérer dépasser les 500000 entrées. C'est, malgré tout, la troisième année consécutive qu'un lauréat de l'Oscar du meilleur film ne dépassera pas le million de spectateurs en France. Ce film produit pour 1,5 million de $ (le plus petit budget récompensé par un Oscar du meilleur film dans l'histoire de la cérémonie!) a rapporté 22M$ au box office nord-américain. Par anticipation, le distributeur A24 avait ajouté 130 copies dès vendredi dernier. Pour l'instant Moonlight est avant-dernier sur les 40 dernières années: seul Démineurs, en 2009, avait récolté moins de recettes (17M$ au total). Le tout est de savoir si cet Oscar permettra au film de Barry Jenkins de dépasser Birdman, The Artist et Spotlight, tous autour de 40-45M$ (et bons cancres dans la liste des films oscarisés).

Le cinéma s’invite dans la Nuit des idées

Posté par vincy, le 26 janvier 2017

Pour la 2e Nuit des Idées, qui se déroule ce soir en France et dans 40 pays , le cinéma s'invite dans cet événement festif et philosophique. De Tokyo (pour l'ouverture) à Los Angeles (pour la clôture), les débats auront pour thème "Un monde commun". Initiée par l’Institut Français, ce sont plus de 70 événements qui auront lieu.

Unifrance et MK2 proposeront ainsi une Nuit des Nouvelles Images pour débattre du futur du cinéma. À 18h, au mk2 Bibliothèque (Paris), on y discutera de l’émergence de nouvelles images et de nouveaux modes de diffusion, à l’heure où mk2 ouvre une nouvelle salle consacrée à la Réalité virtuelle et où UniFrance organise la 7e édition de son festival en ligne MyFrenchFilmFestival. Cette soirée se déroulera en présence des cinéastes Rebecca Zlotowski et Clément Cogitore, du DG de mk2 Agency Elisha Karmitz et du commissaire de l'exposition à la Cinémathèque française Laurent Mannoni. Le public sera invité à intéragir avec les intervenants sur Twitter avec le hashtag #NDNI. l'éntre est libre et le débat sera retransmis sur Facebook Live.

Au Forum des Images, l'écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière, le photographe Vasantha Yogananthan, l'ethnoscénologue Amiane Béranger et la conteuse et danseuse Nathalie Le Boucher évoqueront  "Ramayana et Mahabharata : a persistance des mythes au coeur de la culture indienne", deux grands textes indiens sacrés. La soirée est accompagnée de la projection Gita Govinda du réalisateur expérimental Amit Dutta, transposition cinématographique du poème hindou (2014), présentée à Cinéma du réel en 2015.

A Nantes, au Lieu unique, dans le cadre de la programmation Doc a LU - focus  sur le cinéma allemand, sera projeté le film de Philip Scheffner, Révision (2012), qui rouvre une sordide affaire de l'été 1992 où deux roumains ont été retrouvés morts à la frontière germano-polonaise. A travers ses films, le documentariste "met en œuvre une pensée politique qui opère une redistribution entre ce qui est manifeste et ce qui ne l’est pas".

La cinémathèque de Grenoble et le cinéma Le Dietrich à Poitiers participeront aussi à cette Nuit pas comme les autres.

A l'étranger, l’Institut National Audiovisuel polonais (NINA) à Varsovie projettera la projection du dernier film (en exclusivité en Pologne) d'Andrzej Wajda Les fleurs bleues (sortie en France le 22 février), le Cinéma Andorra à Helsinki diffusera le documentaire Human de Yann Arthus-Bertrand, en plus d'un débat en sa présenceet à Pinamar en Argentine, le vieil hôtel d'Ostende programmera des fictions et documentaires en continu en plus d'une séance de cinéma sur la plage.

L’un des plus vieux cinémas du monde bientôt transformé en école maternelle?

Posté par vincy, le 22 janvier 2017

La ville de Puteaux vient d'acheter le Casino, un bâtiment vieux de 122 ans, ancienne salle des fêtes transformée en salle de cinéma au début du XXe siècle. La première séance au Casino daterait de 1905, selon l’association d’histoire locale « Racines en Seine ». Situé près du pont de Puteaux, cet ancien cinéma va être reconverti en école afin d'agrandir l'établissement scolaire voisin, une maternelle, qui passerait de 200 à 350 enfants. L'extension est prévue pour la rentrée 2019.

La mairie rappelle qu'il n'est pas classé aux monuments historiques (donc il était possible de le démolir tout simplement si la vente avait été faite à une société privée). En le rachetant, la municipalité s'engage à conserver la façade et les éléments historiques. Le bâtiment est est inscrit au patrimoine culturel du département des Hauts-de-Seine.

L’opposant historique de la mairie, l'une des plus citées par Le Canard Enchaîné pour des abus de biens sociaux et des affaires de népotisme, Christophe Grébert (MoDem), a décidé de sauver le lieu, arguant qu'on peut le restaurer et lui redonner sa dimension artistique (Puteaux dispose déjà d'une salle de cinéma, Le central, et d'un multiplexe, l'UGC Ciné Cité La Défense). Il lance un compte Facebook et un compte Twitter dédiés à la défense de ce bâtiment, l'illustrant avec de vieilles photos.

Cela fait près de 60 ans que le Casino ne projette plus aucun film. Mais c'est aussi l'un des plus vieux cinémas du monde encore debout. Christophe Grébert a donc lancé une opération "Sauvons le vieux cinéma de Puteaux", demandant "à la municipalité d'engager les démarches pour obtenir le classement de notre vieux cinéma aux Monuments Historiques" et en redonnant "une nouvelle vie à ce lieu, qui fait partie de l'histoire de notre commune et du patrimoine de la cinématographie française." "Cette salle de quartier pourrait être à nouveau dédiée à la fête, aux rencontres entre habitants et à la culture populaire, comme il y a 122 ans" explique-t-il.

Quant à l'agrandissement de l'école maternelle Parmentier, il rappelle que "la municipalité possède et possédait d'autres terrains et immeubles à proximité immédiate de l'école, où sont extension peut être tout autant envisagée. Par exemple, la ville était propriétaire encore récemment d'une vaste maison au 5 rue Gerhard. Mais celle-ci a été revendue à une connaissance du maire." De plus, selon lui, "la ville possède aussi un immeuble au 3 rue Gerhard, ainsi qu'un terrain libre entre le 3 et le 5, où l'extension de l'école pourrait se faire. La justification de la municipalité tombe donc à l'eau."