« L’homme qui tua Don Quichotte » peut sortir en France le 19 mai

Posté par vincy, le 10 mai 2018

Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a accordé un visa pour la diffusion en salles de L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam, malgré la décision juridique toujours en attente concernant le conflit qui oppose le réalisateur et les producteurs du film au producteur Paulo Branco.

"Après avis de la Commission de classification, un visa tout public a été attribué ce jour au film de Terry Gilliam L’homme qui tua Don Quichotte. Le visa d’exploitation est le document officiel qui permet la diffusion d’un film dans les salles de cinéma", a indiqué l'organisme.

"La décision du juge des référés d’hier a confirmé qu’il serait disproportionné d’empêcher la diffusion de l’œuvre" à cause de ce conflit juridique entre les parties, qui "sera tranché définitivement" le 15 juin par le Tribunal, a précisé le CNC, qui ajoute: "Le contentieux qui oppose par ailleurs M. Branco (Alfama Films) à M. Gilliam, porte sur les conditions dans lesquelles il a été mis fin à leur collaboration, et sur les droits dont M. Branco serait encore titulaire en application de la convention conclue entre eux".

Le Tribunal de grande instance de Paris avait donné hier son accord à la projection du film en clôture de la 71e édition du Festival de Cannes prévue le 19 mai. Océan films sortira le film dans toute la France le même jour.

Netflix va-t-il tuer le Festival de Cannes ?

Posté par wyzman, le 6 mai 2018

Depuis avril 2017, le nom de Netflix est sur les lèvres de nombreux festivaliers et adeptes de la Croisette. Suite à la polémique sur la nature même des films qu'il produit et diffuse, Netflix a tout simplement été banni de la sélection officielle par les organisateurs du Festival de Cannes. Pas plus tard que le mois dernier, Thierry Frémaux rappelait néanmoins que le géant du streaming pourrait néanmoins proposer ses films hors-compétition. Mais rien y fait, Netflix ne sera pas de la partie cette année. Et il se pourrait bien que le premier à être pénalisé par cette absence ne soit pas l'abonné ou le festivalier mais bien ceux qui ont toujours soutenu les politiques et diverses règles du Festival !

Absence de stars

Les plus teigneux d'entre nous pourraient arguer que l'absence de Netflix va profiter aux autres films, leur permettre de gagner en visibilité médiatique. Mais ils auraient tort (enfin presque). La non-présence de films produits ou acquis par Netflix va très certainement permettre à d'autres sélectionnés d'avoir quelques jolis papiers dans la presse mais cela n'aide pas vraiment les organisateurs du Festival dont l'attitude ne cesse d'être critiquée par les médias américains. Cette semaine, le très sérieux Variety posait d'ailleurs la question "Avec Netflix out et les stars absentes, Cannes restera-t-il influent ?"

Cette dernière peut faire sourire mais elle s'avère extrêmement pertinente. L'année dernière, les deux films de Netflix présents en sélection officielle avaient permis d'amener Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Ben Stiller, Dustin Hoffman et Emma Thompson sur le tapis rouge. Rien que ça ! Cette année, les deux films américains à briguer la Palme d'or (Blackkklansman et Under the Silver Lake) devraient rameuter Adam Driver, Laura Harrier, Topher Grace, Riley Keough et Zosia Mamet. A l'exception d'Adam Driver, tous les autres sont loin, très loin d'être de stars de classe A. Et si vous espérez voir Andrew Garfield en smoking pour Under the Silver Lake, il faudra repasser : l'acteur de 34 ans joue actuellement dans le remake d'Angels in America à Broadway.

La presse française ravie

Bien évidemment, l'absence de grandes stars américaines n'est pas directement responsable du manque d'engouement outre-Atlantique pour cet événement. Mais à y regarder de plus près, on constate rapidement que cette 71e édition sera avant tout marquée par des montées de marches où les acteurs français seront plus qu'à l'honneur. L'an dernier, 120 Battements par minute nous avait apporté Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel et Yves Heck, Le Redoutable Louis Garrel et Bérénice Bejo, Rodin Vincent Lindon et Izïa Higelin et L'Amant double Marine Vacth, Jérémie Renier et Jacqueline Bisset.

Cette année, les Gala, Voici et autres VSD devraient se délecter des apparitions de Vincent Lindon, Mélanie Rover pour En guerre de Vincent Brizé, Vanessa Paradis, Kate Moran et Nicolas Maury pour Un couteau dans le cœur de Yann Gonzalez, Vincent Lacoste, Pierre Deladonchamps et Denis Podalydès pour Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré et enfin Golshifteh Farahani et Emmanuelle Bercot pour Les Filles du soleil d'Eva Husson.

Car du côté des films étrangers non-américains, seul Everybody knows devrait retenir toute l'attention. Le film d'Asghar Fahradi a été choisi pour faire l'ouverture du festival, permettant ainsi à Penélope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darín et Eduard Fernandez de laisser à penser que le glamour de celui-ci est intact. Mais personne n'est dupe !

L'intérêt est ailleurs

Parce que l'affaire Netflix a marqué un tournant pour le plus grand festival de cinéma au monde, il n'est pas vraiment étonnant de voir que les films les plus attendus à l'heure actuelle sont ceux qui devraient repartir bredouille. Parmi les films hors-compétition, il semble impensable de manquer Solo : A Star Wars Story de Ron Howard et The House that Jack Built de Lars Von Trier et L'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam.

Côté séances de minuit, le téléfilm de HBO et Ramin Bahrani Fahrenheit 451 ainsi que le documentaire Whitney de Kevin MacDonald devraient faire sensation. Et autant ne pas commencer à évoquer la curiosité que suscitent les nouveaux films de Romain Gavras, Gaspar Noé, Philippe Faucon, Guillaume Nicloux à la Quinzaine des réalisateurs et de Alex Lutz et Paul Dano en à la Semaine de la critique.

L'aura de Netflix intacte

L'avenir du Festival de Cannes n'est sans doute pas en danger à cause de Netflix mais il devient de plus en plus évident que son halo s'en est allée et qu'il devient jour après jour une simple devanture pour ses partenaires. Le festival survivra très certainement sans films américains en compétition officielle mais la question est de savoir s'il peut rester compétitif et pertinent sans la hype qui entoure tous les projets de Netflix. Plus qu'attachés à la chronologie des médias et à un certain cinéma, les organisateurs pourraient bien être en train de passer à côté de l'essentiel : l'ouverture sur le monde.

Malgré le bad buzz provoqué par la présence de son entreprise en compétition l'an dernier, le fondateur et PDG de Netflix, Reed Hastings demeure confiant pour la suite. Actuellement au festival Séries Mania, il a ainsi précisé : "Concernant le festival de Cannes, nous avons créé une controverse plus importante que nous ne le souhaitions. Nous n’avons pas l’intention de perturber le système cinématographique. Tout ce que nous voulons, c’est rendre nos souscripteurs heureux grâce à nos créations." Tout cela avant de démentir les rumeurs d'achat d'une chaîne de cinémas par Netflix.

Avec déjà 125 millions d'abonnés en poche, Netflix pourrait bien finir par devenir "le grand producteur mondial" que son fondateur ambitionne d'être, qu'il s'agisse de ses séries ou de ses films. En refusant de voir concourir ses productions en sélection officielle, le Festival joue un jeu dangereux et prend le risque de passer pour l'oncle archaïque trop obsédé par sa chronologie des médias obsolète pour voir ce que la révolution numérique a de meilleur à offrir. Enfin, en l'absence d'accord, les deux partis pénalisent celui qui a toujours soutenu le Festival : le distributeur indépendant !

Cannes 2018: le Festival soutient Terry Gilliam face aux menaces de Paulo Branco

Posté par vincy, le 30 avril 2018

Dans un premier temps, la semaine dernière, Paulo Branco, via sa société Alfama Films Production, avait "obtenu l'autorisation d'assigner en référé le Festival de Cannes", après la sélection de L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam. Le producteur veut demander au président du tribunal de grande instance de Paris de prononcer l’interdiction de la projection du film "en violation de ses droits, droits réaffirmés par trois décisions judiciaires". L’audience se tiendra le 7 mai, la veille de l'ouverture du Festival.

Le film de Terry Gilliam, distribué par Océan Films, doit sortir en France le 19 mai, soit le même jour que sa projection cannoise.

Rappelons quand même que le producteur Paulo Branco (Alfama Films) a déjà engagé plusieurs procédures en Europe contre les producteurs du film de Terry Gilliam (Tornasol, Kinology, Entre Chien et Loup et Ukbarfilmes) ainsi que distributeur français (Océan Films Distribution Int.), estimant qu’il détient toujours les droits du film. Un des jugements doit être rendu le 15 juin par la cour d’appel de Paris.

Branco braque Cannes

Bon. Avec un peu d'humour noir, on se dit que ce n'est qu'un obstacle de plus pour cette production démarrée il y a vingt ans....

Et puis, le Festival de Cannes, à travers un communiqué signé de son Président Pierre Lescure et de son Délégué général Thierry Frémaux, ont décidé de réagir: "M. Branco ayant jusque-là beaucoup occupé le terrain médiatique et juridique, il nous semble important de faire valoir les raisons qui nous ont conduits à sélectionner le film et à encourir l’attaque d’un producteur dont l’avocat, M. Juan Branco, aime rappeler que son image et sa crédibilité se sont essentiellement bâties sur ses innombrables présences à Cannes, et par sa proximité avec de grands auteurs consacrés par le Festival. "Ce qui est vrai, et ajoute à notre perplexité."

Car oui, Paulo Branco a profité largement du Festival : La Forêt de Quinconces de Grégoire Leprince-Ringuet, La Chambre bleue de Mathieu Amalric, Cosmopolis de David Cronenberg, Les Chansons d'amour de Christophe Honoré, pour ne citer que quelques uns des films récents qu'il a produit ont été en sélection officielle.

Soutien officiel aux artistes

Le Festival de Cannes "respectera la décision de justice à intervenir, quelle qu’elle soit, mais nous tenons à redire qu’il se tient du côté des cinéastes et en l’espèce du côté de Terry Gilliam dont on sait l’importance qu’a pour lui un projet qui a connu tant de vicissitudes. Provoquées une dernière fois par les agissements d’un producteur dont l’épisode fait définitivement tomber le masque et qui nous promet désormais, par la voix de son avocat, une « déshonorante défaite »".

Avec justesse, le Festival rappelle alors que "La défaite serait de céder à la menace". "Au moment où deux cinéastes invités en Sélection officielle sont assignés à résidence dans leurs propres pays (Jafar Panahi et Kirill Serebrennikov, ndlr), au moment où le film de Wanuri Kahiu, Rafiki, qui figure en Sélection officielle, vient de subir les foudres de la censure du Kenya, son pays de production, il est plus que jamais important de rappeler que les artistes ont besoin qu’on les soutienne, pas qu’on les attaque. Cela a toujours été la tradition du Festival de Cannes, et cela le restera" affirme le communiqué.

Risques connus

Cannes avait conscience du litige entre Gilliam et Branco. Le film a été présenté au comité de sélection par le réalisateur, le vendeur du film et le distributeur, durant l'hiver. "Les contentieux tels que celui qui oppose M. Branco à Terry Gilliam ne sont pas rares, le Festival en est régulièrement informé, mais il ne lui appartient pas de prendre position sur un sujet de cet ordre. Ainsi, après vision, et alors qu’une sortie simultanée du film semblait possible, nous avons décidé de faire figurer cette œuvre en Sélection officielle" précisent Lescure et Frémaux.

Les deux patrons du Festival indiquent que "Le Festival de Cannes a pour mission de choisir les œuvres sur des critères purement artistiques et une sélection doit se faire avant tout en accord avec le réalisateur d’un film. C’est le cas. Nous étions prévenus des recours possibles et des risques encourus, dans une situation déjà rencontrée dans le passé mais en l’occurrence, lorsque notre décision a été prise, rien ne s’opposait à la projection du film au Festival."

Si le Festival de Cannes attendra la décision du Tribunal avec "sérénité", la manifestation confirme que la projection en clôture reste soumise à la décision du juge des référés le 7 mai. Mais, le Festival se défend d'avoir "agi à la légère" ou "opéré le moindre « passage en force », comme M. Juan Branco le dit à la presse".

Diffamation(s)

Car à la fin du communiqué, Cannes touche le talon d'Achille du producteur. "Le « passage en force », chacun sait dans notre métier que cela a toujours été la méthode favorite de M. Branco dont il faut rappeler qu’il organisa il y a quelques années une conférence de presse pour dénoncer le Festival de Cannes qui n’aurait pas tenu une « promesse de sélection » sur un de ses films. Accusation qui fit long feu, le Festival ne faisant pas des promesses de sélection : il sélectionne ou non. Aujourd’hui, M. Branco laisse son avocat procéder à des intimidations ainsi qu’à des affirmations diffamatoires aussi dérisoires que grotesques, dont l’une vise l’ancien Président d’une manifestation dont il s’est servi toute sa carrière pour établir sa propre réputation."

Dans son livre Voir Cannes et survivre, Les dessous du festival (2017), Carlos Gomez écrivait dans son livre: "Matthieu Amalric qui riait en me racontant que son producteur Paulo Branco était allé au casino pour tenter de regagner l'argent qu'il avait réuni pour un film de Wim Wenders, perdu la veille sur la même table de jeu." Si Paulo Branco risque de ne pas être le bienvenu à Cannes, il pourra toujours se consoler au casino.

Fermeture du cinéma La clef à Paris: amenez votre bouteille pour noyer le chagrin!

Posté par vincy, le 15 avril 2018

Rien n'y a fait. Le cinéma associatif La Clef projettera ses derniers films aujourd'hui, dimanche 15 avril. Ironiquement, le dernier film projeté s'intitule Avant que nous disparaissions, à 20h30. Toute la journée se succèderont Fortunata, Kedi, des chats et des hommes, Blancanieves, L'ordre des choses, Nostalgie de la lumière, Moi, Tonya et Ceci est mon corps, film ayant attiré le plus de spectateurs dans l'histoire du cinéma (devant Demain).

Depuis plusieurs mois, le cinéma se bat contre le comité d'entreprise de la Caisse d’Epargne d’Ile-de-France, propriétaire des murs. Un comité de défense s'était créé (Laisseznouslaclef). La maire du Ve arrondissement Florence Berthout a tenté une négociation, sans résultats. L'adjoint à la culture, et premier adjoint d'Anne Hidalgo, Bruno Julliard, a interpellé (tardivement) la ministre de la Culture Françoise Nyssen. Si la ville de paris n'a pas fait plus, le ministère, de son côté, n'a carrément pas répondu. L'équipe a essayé de racheter les murs, en vente, depuis un an.

Mais le 15 avril, le CE de la CEIDF a exigé que la place soit libre. La culture a finalement peu d'intérêt pour le Comité d'entreprise et la banque. Tout le monde s'est finalement "heurté à un mur de silence" comme l'explique La Clef. C'est d'autant plus surprenant que le Comité d'entreprise est dirigé par des syndicalistes étiquetés à gauche (SUD, CGT).

La culture ne vaut rien contre la valeur des murs parisiens

"Dans son ultime communication le propriétaire, le Comité d’Entreprise de la Caisse d’Epargne d’Ile de France (CECEIDF) finit par justifier son refus de nous vendre les murs de La Clef d’un définitif « le CECEIDF est libre de vendre, ou pas, son bien à qui il veut et comme il veut »" explique La Clef. "Bien sûr, juridiquement c’est inattaquable. Mais quand on est propriétaire d’un lieu culturel qui accueille du public, et que ce public s’est approprié ce lieu et sa programmation si spécifique pendant des années, moralement n’y a-t-il pas un devoir de tout mettre en oeuvre pour le pérenniser ?" interroge l'exploitant.

Cependant, les salariés permanents du Cinéma La Clef se sont constitués en collectif, indépendamment de la direction de l'association afin de pouvoir engager "un dialogue constructif avec les élus du CECEIDF, d’aujourd’hui ou de demain" et "d’évaluer la possibilité de faire converger nos valeurs et nos intérêts : la sauvegarde du Centre Culturel La Clef." Ils proposent "un projet de reprise en adéquation avec l’histoire du lieu". Le collectif a lancé une campagne de financement participatif sur WeJustice avec un objectif de 10 000 € à capter en 30 jours.

Rien ne dit que cela suffira. Car, plus prosaïquement, on voit bien que le Comité d'entreprise veut réaliser une belle opération financière, plutôt que de soutenir un cinéma qui a organisé près de 25000 séances en diffusant 2500 films de 130 pays différent, 1200 débats, et 150 festivals en sept ans et demi. Soit 370000 spectateurs et aucun pop-corn vendu aucune publicité

On ignore ce qu'adviendra de ce bâtiment. Mais Isabelle Buron, présidente de l’association du Cinéma La Clef et Raphaël Vion, directeur et co-programmateur veulent un enterrement joyeux: "Pour nous aider à passer ce cap douloureux, nous vous proposons, pour celles et ceux qui ne seraient pas encore sur les pistes ou sous les cocotiers, de venir avec nous noyer notre tristesse dans la boisson (alcoolisée ou non), à partir de 19h. Merci d’apporter une bouteille, on s’occupe du reste. Et merci à toutes et tous, à celles et ceux qui pourront venir / à celles et ceux qui seront avec nous par la pensée."

Les super-pouvoirs de Guillermo del Toro

Posté par vincy, le 5 avril 2018

Un effet Oscar indéniable pour Guillermo del Toro. La forme de l'eau, Lion d'or à Venise en Septembre, Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur début mars, a entraîné une série de "deals" et d'annonces qui font du cinéaste mexicain un super-héros pour les jeunes réalisateurs/réalisatrices et le cinéma de genre.

Ainsi Fox Searchlight Pictures, qui a coproduit La Forme de l'eau (190M$ de recettes mondiales), vient de signer un pacte global avec le cinéaste pour produire les films en prises de vues réelles, écrit ou/et réalisé ou/et produit par Del Toro.

La filiale "art et essai" de la Fox créé un label spécifique pour les films de genre (horreur, SF, Fantasy), incluant ceux soutenus, produits ou portés par Del Toro. Tous ces films seront financés et distribués par Fox Searchlight.

"Pendant longtemps, j’ai espéré trouver un environnement dans lequel je puisse distribuer, et produire de nouvelles voix à travers des films de genre intelligents et inventifs. Et par la même occasion canaliser mes propres projets. Avec Fox Searchlight, j’ai trouvé un vrai foyer pour la production de ce type d’œuvres – un partenariat basé sur le travail acharné, la compréhension de l’autre et, surtout, la foi" a expliqué le cinéaste.

Un premier projet déjà en développement

Autant dire que le réalisateur s'offre un mini-studio au sein d'une structure déjà solide (qui sera peut-être rachetée par le groupe Disney). Le premier projet lancé avec cette structure, et produit par Guillermo del Toro, devrait être Antlers, qui raconte l'histoire d'une enseignante qui accueille un étudiant perturbé chez elle alors qu'il porte en lui un secret de famille mystérieux aux conséquences fatales. Le film doit être réalisé par Scott Cooper, et il est adapté d'une nouvelle de Nick Antosca, The Quiet Boy.

Une salle de cinéma à son nom, une bourse pour les nouveaux talents

Guillermo del Toro ne s'arrête pas là. Au récent 33e Festival du film de Guadalajara (Mexique), sa ville d'origine, il a inauguré une salle de cinéma qui porte son nom au Centre culturel / Cinémathèque de l'Université publique de Guadalajara. Il a aussi donné trois masterclasses - la première a enregistré 30000 demandes d'inscription en une demi-heure - devant un total de 12000 personnes. Enfin il a annoncé qu'il lancerait une bourse pour les aspirants cinéastes mexicains. The Jenkins-Del Toro International Grant sera doté de 60000$ et décerné chaque année au festival de Guadalajara à un étudiant en cinéma mexicain.

Producteur de deux réalisatrices mexicaines

Del Toro a enfin révélé qu'il produirait les prochains films des réalisatrices Issa Lopez (Vuelven) et Karla Castaneda, qui travaille sur son premier long métrage animé en stop-motion. Il a bien l'intention de soutenir l'industrie du cinéma mexicain, qui, malgré sa vitalité, ses succès aux Oscars comme au box office nord-américain, et sa forte présence dans les festivals internationaux, reste mal aimé dans son pays. L'an dernier, seul Hazlo Como Hombre (Do It Like An Hombre), une comédie familiale et "gay", a réussi à se classer dans le Top 30 annuel du box office mexicain. Il n'y en avait que trois en 2016.

Nul ne doute que Guillermo Del Toro, prochain président du jury de Venise, va vouloir, avec ces nouveaux moyens, résister à l'envahisseur hollywoodien.

Ikea au cinéma Max Linder

Posté par vincy, le 3 avril 2018

Du 21 au 29 avril, le Max Linder Panorama, dans le IXe arrondissement de Paris, va être réaménagé  avec des canapés, des tables basses, des fauteuils et une déco IKEA, pour une quarantaine de séances gratuites.

L'idée est de faire vivre à un nombre limité de participants des projections "comme à la maison". 14 salons de 2 à 8 personnes seront disponibles le temps d'une séance.

La programmation de cette opération marketing a été soumise à un vote en ligne durant trois jours. Parmi les catégories proposées (César ou Oscar, Gendarme ou Voleur, Biopic ou Docu, Nuit romantique ou musicale, Humour des années 90 ou Humour des années 2000, Trembler de peur ou Trembler de froid, etc... ), 27 seront projetés: Les visiteurs, Le diner de cons, Birdman, Les infiltrés, Fargo, The Revenant, Volver, 8 femmes, Place publique, Comme des rois, La dame de fer, Jackie, Le discours d'un roi, Les heures sombres, Mesrine, Les tontons flingueurs, La Reine des neiges, Tron L'héritage, Seul sur Mars, La forme de l'eau, Le sens de la fête, Au revoir là-haut, 3 Billboards, Iron Man, Blade Runner, The Dark Knight, et X-Men le commencement.

Pour participer à l'événement, il suffira de s'inscrire sur la Page Facebook dédiée à l'événement, à partir d'aujourd'hui à l'une 4 séances quotidiennes gratuites (plus 2 séances supplémentaires en matinée le mercredi 25 avril et une nocturne exceptionnelle le samedi 28 avril pour une nuit thématique inédite). Le public sera invité à choisir son jour, son film et son salon. Et pourra réserver, gratuitement, pour 2, 4, 6 ou 8 personnes. Les salons seront ensuite attribués par tirage au sort.

MK2 reprend un multiplexe de Montréal

Posté par vincy, le 17 mars 2018

Le groupe français MK2 a annoncé jeudi qu'il reprendrait dès le 1er septembre la gestion du multiplexe Quartier Latin, jusqu'ici opéré par Cinéplex Odéon. Le complexe est situé en plein coeur de Montréal, à deux pas de l'Université du Québec à Montréal. C'est Nathanaël Karmitz, président du directoire de MK2, qui a annoncé la nouvelle. Il a aussi promis d'investir près de 3 millions de dollars pour rénover le cinéma, en y ajoutant  un restaurant, une libraire et un espace dédié à la réalité virtuelle.

Le Quartier Latin comprend dix sept écrans. MK2 changera certainement la programmation éditoriale. Au Québec, a part de marché des films québécois représentaient 6% en 2016, celle des films français 3,7. En 2012, elle était respectivement de 5,2% et 6,1%. Le cinéma québécois a connu son âge d'or entre 2003 et 2009 avece une pdm oscillant entre 9 et 18%. Aucun film québécois n'a dépassé le million de spectateurs depuis 2009 (De père en flic). Depuis dix ans, la part de marché des films américains est en hausse.

L'arrivée de MK2, réputé pour son mix entre productions grand public et films art et essai, est donc une bonne nouvelle pour donner davantage de visibilité aux films extra-hollywoodiens.

Le bail du complexe arrivait à son terme. A proximité de la Cinémathèque québécoise, Le Cineplex Odeon Quartier Latin avait perdu la moitié de sa clientèle en cinq ans, faute d'une cinéphilie disparue. En 2016, c'est l'eXcentris qui a fermé le rideau, faute de fréquentation. MK2 avait d'ailleurs cherché à le reprendre.

Le groupe créé par Marin Karmitz a déjà un pied sur le sol québécois, puisqu'il s'est associé à un distributeur pour fonder MK2 Mile End, en plus de distribuer les films de Xavier Dolan en France. Malgré son dynamisme culturel (du cirque au jeu vidéo), ses grands noms du cinéma (Dolan, Villeneuve, Arcand, Falardeau...) qui font le tour des festivals, et ses atouts dans le numérique (c'est une société montréalaise qui a remporté l'Oscar des effets spéciaux cette année), l'exploitation en salle n'est pas à la hauteur de la métropole. Tous les acteurs du secteur conviennent que la ville manque de cinémas.

Dans le quotidien la Presse, Nathanaël Karmitz indique: "C'est ce qui est perturbant au Québec par rapport au cinéma: il y a des gens qui font extrêmement bien leur travail, des festivals, mais il manque des écrins pour donner une résonance plus grand public et une potentialité économique plus grande à ce cinéma. On arrive pour essayer de donner une ampleur à cette autre idée du cinéma." Et d'ajouter: "C'est un retour aux sources à la vocation d'origine du Quartier latin. On a l'intention de proposer une autre idée du cinéma, très large, de Black Panther au documentaire asiatique, en passant par du patrimoine, des conférences, du court métrage et, bien sûr, beaucoup de cinéma québécois."

Un 4e Pathé à Nice

Posté par vincy, le 12 mars 2018

Les Cinémas Gaumont Pathé prennent un peu plus de poids à Nice. Il y a deux semaines, le groupe a ouvert un multiplexe de neuf salles, qui s'ajoute aux trois autres existants: le Pathé Lingostière, le Pathé Massena et le Pathé Paris, soit un total de 25 écrans et près de 5000 fauteuils.

Le 6 mars, le Pathé Gare du Sud a ouvert dans le quartier Libération, avec neuf salles, dont une en Dolby Cinéma, et 1500 sièges. C’est le designer français Ora Ïto qui a réalisé l’intérieur et la décoration. Le nouveau Pathé se situe dans un quartier en pleine réhabilitation, traversé par la ligne de tramway T1.

Malgré son importante population, Nice et son agglomération (1 million d'habitants) est l'une des métropoles les moins cinéphiles de France, se situant au niveau de Rennes et de Nancy, loin derrière Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Toulouse.

Les trois multiplexes actuels de Pathé accueillent environ 1,7 million de spectateurs. Le Lingostière a accueilli 1 041 163 spectateurs l'an dernier (22e cinéma de France, 4e de la région) tandis que le Pathé Massena a reçu 420 894 spectateurs.

Outre les multiplexes de Pathé, Nice dispose d'autres cinémas davantage art et essai (le Mercury, le Rialto, la Cinémathèque...).

Tunisie: Call me By Your Name censuré

Posté par vincy, le 3 mars 2018

Call me by your name est interdit de cinéma en Tunisie. Le film, quatre fois nommé aux Oscars et qui vient de sortir en France, a vu son visa d'exploitation refusé par le ministère tunisien de la Culture, a annoncé mercredi l'un des principaux distributeurs du pays, Goubantini Groupement, habitué à diffuser des films aux sujets parfois tabous dans le pays.

Selon l'AFP, le long-métrage devait être projeté mercredi soir au Colisée, une grande salle de Tunis qui a annoncé sur Facebook que l'évènement avait été "annulé" faute de visa d'exploitation.

Le film "a été interdit", a affirmé à l'AFP le distributeur Lassaad Goubantini, en dénonçant "une atteinte aux libertés" et en jugeant que l'interdiction était "sûrement due au sujet du film", une histoire d'amour entre deux hommes.

Une telle interdiction est "en contradiction avec la Constitution tunisienne", a-t-il ajouté. Bien sûr ce n'est pas le seul film à être confronté à une censure toujours présente. On se souvient aussi que Wonder Woman, avec Gal Gadot avait été interdit suite à une plainte du parti nationaliste Al-Chaab sous prétexte que l'actrice principale était israélienne,

L'Homosexualité toujours un délit pénal

Mais en Tunisie, l'homosexualité reste une problème soumis à plusieurs contradictions. Elle est devenue depuis quelques années, grâce à l'action de plusieurs ONG, un sujet de société régulièrement abordé dans les médias, même si les pratiques homosexuelles restent punies de trois ans de prison ferme par l'article 230 du code pénal. Sans compter l'hostilité sociale toujours très présente. Plusieurs crimes homophobes ont lieu chaque année. Des dizaines de citoyens LGBT fuient le pays pour fuir ces persécutions.

Quelques films tunisiens récents ont mis en scène l'homosexualité ou la bisexualité comme Le Fil de Mehdi Ben Attia (2008) ou Histoires tunisiennes de Nada Mezni Hafaiedh (2012). Le Fil n'a d'ailleurs pas été diffusé en Tunisie.

Des résistances, des éclaircies

Pourtant, en novembre dernier, lors des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), un documentaire tunisien sur la situation des LGBT dans le pays, Au-delà de l'ombre, avait connu un immense succès, faisant salle comble. La réalisatrice Nada Mezni Hafaiedh avait été surprise qu'il y ait eu aussi peu de protestations. Lors de la projection, elle rappelait: "Jamais je n'aurais imaginé que mon film serait en sélection et que les Tunisiens pourraient le voir, parce que je sais que malheureusement en Tunisie être homosexuel c'est une abomination, c'est être criminalisé."

Et mi-janvier s'est déroulé à Tunis le premier festival pour défendre les droits des LGBT : le Mawjoudin Queer Film Festival (Tunis), organisé par Mawjoudin, une association tunisienne qui défend les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBTQ+), a présenté quinze longs et courts métrages du monde arabe et d'Afrique, parlant de sexualité, d’identité et de l’expression du genre.

Si le festival a commencé à l’Institut français pour des raisons de sécurité, la suite a eu lieu dans un espace culturel public (El Teatro). La bonne nouvelle est qu'il n'y a pas eu d'incidents.

L'autre éclaircie est venue début février de la justice tunisienne. Celle-ci a prononcé un non-lieu pour 3 hommes arrêtés pour homosexualité, en décembre dernier, à Hammam-Sousse. Le procureur de la république les avait libérés, après leurs refus de se soumettre au test anal (pratique contraire aux Droits de l'Homme mais encore utilisée en Tunisie), censé prouver leur homosexualité. Ils ont finalement été acquittés pour absence de preuves. C’est une première en Tunisie.

Le cinéma La Clef menacé de fermeture à la fin de l’hiver

Posté par vincy, le 10 février 2018

Le Cinéma La Clef, à Paris, est menacé. Au départ tout allait bien: le propriétaire des murs, le Comité d’Entreprise de la Caisse d’Epargne d’Ile de France (CECEIDF) veut vendre et les exploitants actuels veulent acheter. Tout le monde tombe d'accord en juin 2016 sur le prix et les termes du contrat. L'offre est astronomique - près de 100% plus élevée que les expertises - mais moins élevée que celle d'un géant de l'immobilier ou un fonds d'investissement, dans un quartier hors de prix (près de la rue Mouffetard et de Jussieu, à deux pas de l'université Censier). L'acceptation orale ne suffira pas.

En effet, 20 mois plus tard, le CECEIDF n'a toujours pas signé l'acte de vente et refuserait même de l'écrire. Pire, à la mi-décembre, il annonce la fin des négociations. Il bloque la discussion sur la vente et ne renouvelle pas le contrat de location, qui s'achève le 31 mars prochain.

Les employés et fondateurs de l'association - Raphaël Vion, Isabelle Buron, attachée de presse reconnue dans le 7e art, Nicolas Tarchiani, et Derek Woolfenden, Sébastien Liatard, et Camille Divay, Antoine Marais et Dounia Baba-Aïssa - ont lancé une pétition, qui a déjà recueilli plus de 4700 signatures. Dont celle d'Ecran Noir.

On a déjà vu ce genre de situations conflictuelles, souvent sans issue, entre un propriétaire et un exploitant ces dernières années à Paris, de La Pagode au Musée Art Ludique.

7 ans et demi après le début de leur contrat, le CECEIDF, qui, selon l'édito publié sur le site de La Clef, est constitué principalement de représentants syndicaux de SUD et de la CGT, et l’association du Cinéma La Clef ne s'entendent plus. Le CECEIDF ne voulait pas que ce lieu soit « commercial ». Un cinéma est à vocation culturel et La Clef, avec sa programmation éclectique et exigeante et ses événements, correspond parfaitement aux critères.

La Clef accueille plus de 50000 spectateurs chaque année et organise plus de 250 événements par an, que ce soit le salon de l'édition DVD indépendante, des festivals (Paris Banlieues Tango, Nouveaux Cinémas, Autres Brésils....), des conférences et débats, en plus d'une programmation reconnue pour le jeune public ainsi que pour les documentaires.

"Pour garantir que Le Cinéma La Clef ne réalisera pas une opération spéculative pour son propre compte, le CECEIDF est légitime à demander une affectation des lieux pérenne à l’activité de cinéma avec des garanties" explique l'association. "Nous présentons donc un projet d’exploitation qui garantit moralement et juridiquement la pérennité de l’activité de cinéma art et essai sur 18 ans, la création d’une troisième salle, et que tous les espaces du bâtiment actuel qui ne peuvent être transformés en salles de projection soient affectés à "des activités annexes et complémentaires traditionnellement liées aux cinémas indépendants" (café culturel etc…)."

Non respect de la parole donnée, surenchère absurde

En juin 2017, après plus de six mois de silence et un an après avoir accepté oralement l’offre financière, l'avocat du CECEIDF "a soudainement exigé de son futur acheteur des contraintes dont certaines vont bien bien au-delà de la garantie du maintien de l'activité cinéma, notamment, un droit de préférence en cas de cession des parts sociales de la société exploitante ou du fonds de commerce et un partage de la plus-value sur ces transactions pendant 20 ans."

Autant dire, que le CE, des syndicats de gauche quand même!, est cupide. "L’avocat du CE, leur notaire et le trésorier du CE ont reconnu la légitimité de nos remarques", à savoir que "ces exigences dépassaient la volonté légitime du CECEIDF de se protéger en cas d'abandon de l'activité cinéma art et essai".

Une promesse de vente est quand même rédigée à l'automne dernier. Elle ne convient pas au vendeur qui cesse les discussions fin novembre. Le 14 décembre, le CECEIDF refuse tout et "affirme que leurs contraintes n'étaient pas négociables (bien que jamais écrites en termes juridiques) et signifie la fin définitive du contrat du Cinéma La Clef au 31 mars 2018."

Depuis, la communication est interrompue. Le Conseil de la Mairie du 5ème arrondissement (à droite) et le Conseil de Paris (à gauche) ont voté à l'unanimité, chacun de leur côté, un vœu pour le maintien du Cinéma La Clef.