Dernière course d’obstacles pour Ad Astra

Posté par vincy, le 19 mars 2019

Brad Pitt deux fois à Cannes? L'acteur devrait monter les marches avec Once Upon A Time in Hollywood de Quentin Tarantino. Cet habitué du Festival de Cannes est déjà venu en compétition avec Babel d'Alejandro G. Inarritu, président du jury cette année, Inglorious Basterds, de Tarantino, The Tree of Life de Terrence Malick, Palme d'or, et Killing Them Softly (Cogan, la mort en douce) d'Andrew Dominik. Hors-compétition, la star a présenté Troy et Ocean's Thirteen.

Plutôt rare sur les écrans depuis Alliés en 2016 - il a été au générique de War Machine, sur Netflix, et s'est offert un caméo dans Deadpool 2 l'an dernier -, il a privilégié ses activités de producteur avec Plan B (Moonlight, Oscar du meilleur film, The Lost City of Z, Okja, My Beautiful Boy, Si Beale Street pouvait parler, Vice...).

Aussi mai 2018 devrait être son grand retour sur les écrans avec le si longtemps attendu Ad Astra de James Gray. Le film est pour l'instant prévu pour une sortie mondiale entre le 22 et le 24 mai, en plein Festival de Cannes. Le réalisateur et l'acteur vont enfin concrétiser leur rencontre puisque Pitt devait, à l'origine, être le héros de The Lost City of Z, sorti en 2017, lui aussi après une longue gestation, et d'un projet inabouti, The Gray Man.

Ad Astra (Vers les étoiles traduit du latin) est l'histoire d'un homme (Brad Pitt) qui traverse le système solaire pour retrouver son père (Tommy Lee Jones). Le cinéaste espère avoir un peu bousculé le genre avec cette histoire père-fils, thème transversal de son œuvre.

James Gray fait partie de ces cinéastes chouchous de la Croisette, avec quatre films en compétition (The Yards en 2000, We Own the Night en 2007, Two Lovers en 2008 et The Immigrant en 2013) sans avoir obtenu un seul prix du jury (ni avoir été nommé une seul fois aux Oscars, ce qui est pire).

Avec ce space-opéra de Science-fiction, qu'il promet spectaculaire, il vise pour la première fois la conquête du grand public avec une sortie calée pour le Memorial Day dans plus de 2500 salles aux Etats-Unis (dans sa carrière, seul We Own the Night a eu le droit à une sortie nationale, dans 2300 salles). Les spectateurs américains auront le choix entre ce Brad Pitt, la version en prises de vues réelles d'Aladdin, une comédie hype d'Olivia Wilde et un film d'horreur d'Elizabeth Banks.

En attendant, James Gray espère toujours présenter son film à Cannes. La Fox, désormais dans le giron de Disney, frapperait un grand coup marketing face à la concurrence. Mais, le studio peut aussi décider de décaler Ad Astra, face à Aladdin, priorité de Disney, et changer le calendrier du film en vue des Oscars. A Hollywood, l'hypothèse est estimée sérieuse tant on ignore comment Disney va digérer le catalogue de la Fox dans son planning des sorties.

Une autre inconnue s'invite dans l'agenda. Les effets spéciaux sont toujours en cours de fabrication et les sociétés qui en ont la charge ont jusqu'à fin avril/début mai pour rendre leur travail. Soit moins de trois semaines pour que James Gray finalise ensuire une copie acceptable à Cannes et aux multiplexes. James Gray révèle quand même dans une récente interview qu'il doit être prêt pour le Festival le 18 mai. Cependant, le réalisateur souligne qu'il souhaite que les effets visuels soient parfaits et que sa présence à Cannes est secondaire par rapport au résultat final du film.

Après Ad Astra, James Gray mettra en scène un opéra à Los Angeles, Le mariage de Figaro de Mozart, programmé pour juin 2020. Une toute autre aventure.

Cannes 2019 sans Netflix selon « Variety »

Posté par redaction, le 18 mars 2019

Ce sera la deuxième année consécutive sans productions Netflix au festival de Cannes. Selon les informations exclusives de Variety, Netflix n'aura aucun film en compétition ou hors-compétition sur la Croisette cette année. On savait déjà que The Irishman de Martin Scorsese ne serait sans doute pas prêt. Si l'information est juste, on peut désormais éliminer The Laudromat de Steven Soderbergh, le nouveau film de Noah Baumbach, The King de David Michôd et Uncut Gems des frères Safdie, pourtant en compétition il y a deux ans.

Aucune solution n'aurait été trouvée malgré d'intenses discussions depuis plusieurs mois. Netflix n'enverra donc que ses acheteurs au marché pour faire ses emplettes (et pourra quand même s'enorgueillir du logo cannois si la société achète les droits de distribution d'un film en sélection officielle). Les exploitants européens seront rassurés de constater que leurs revendications sont écoutées. La chronologie des médias ne sera pas entamée. Les seuls perdants restent les cinéphiles et les festivaliers. Le grand gagnant, éventuellement, sera Venise qui récupèrera les films potentiels, comme l'an dernier la Mostra avait sélectionné un certain Roma ou l'inédit d'Orson Welles, The Other Side of the Wind.

Après tout, ce n'est pas si important. Il y a suffisamment de prétendants pour Cannes, et l'an dernier, avec des films comme Une affaire de famille, Cold War, Capharnaüm, Burning et Blackkklansman, le Festival de Cannes a su trouver sa place aux Oscars comme dans les palmarès de fin d'année. Cannes sera surtout le seul grand festival à ne pas avoir de productions Netflix cette année puisque même Berlin a placé un film de la plateforme de streaming dans sa compétition cette année.

Les prétendants américains ne manquent pas

Mais, contrairement à l'année dernière, le festival de Cannes ne manquera pas de poids lourds américains, répondant ainsi indirectement à la critique entendue (et infondée selon nous vu la qualité de la sélection globale). Outre Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino, quasiment sécurisé, on pourrait trouver les derniers films de James Gray, Jim Jarmusch, Richard Linklater, Ari Aster, James Mangold, Terrence Malick, Harmony Korine (pas en compétition puisque déjà présenté à SXSW), Kelly Reichardt, Ira Sachs ou encore Benh Zeitlin... On n'est pas non plus à l'abri d'une surprise comme Aladdin, Rocketman, Toy Story 4, Men in Black International en séances glam hors-compétition.

Cannes affichera un peu plus son statut de résistant dans une industrie qui cherche à distinguer la salle de cinéma au cinéma à la maison, malgré les milliards d'investissements que promettent Netflix, Amazon ou Apple pour des auteurs prestigieux, respectés, qui ne trouvent plus forcément de financement auprès des studios. Mais cannes reste une rampe de lancement incomparable pour un film d'auteur américain. Même sans Netflix au générique.

Le dernier Woody Allen pourrait-il sortir en France?

Posté par vincy, le 15 mars 2019

Verra-t-on le dernier Woody Allen en France? Selon Variety, Mars Films essaierait de distribuer A Rainy Day in New York en France. Le film est bloqué depuis plus d'un an, suite aux scandales sexuels liés au cinéaste qui ont ressurgit avec le phénomène #MeToo, dont son (beau?) fils Ronan Farrow avait été l'un des déclencheurs. D'autres réalisateurs et comédiens ont été mis au ban d'Hollywood. Brian Synger a vu son nom effacé des palmarès. Kevin Spacey a été gommé d'un film de Ridley Scott.

Tourné en 2017, le film de Woody Allen met en scène Timothee Chalamet, Jude Law, Rebecca Hall, Diego Luna, Liev Schreiber, Selena Gomez et Elle Fanning. Un sacré casting. A l'origine, Amazon Studios devait le distribuer aux USA. Finalement, la filiale du géant du e-commerce a rompu le contrat (qui comprenait aussi la production de ses 4 prochains films) et depuis aucun distributeur nord-américain n'a cherché à le diffuser.

Woody Allen a d'ailleurs attaqué Amazon, réclamant 68M$. Pour la première fois depuis 1982, le réalisateur est absent des écrans plus de deux ans.

Variety révèle que la société française Mars films pourrait distribuer le film en France. Mars a connu des hauts et des bas avec les récents films d'Allen : Whatever Works, Minuit à Paris, To Rome with Love, Blue Jasmine, Magic in the Moonlight, L'homme irrationnel, Café Society ou le dernier en date Wonder Wheel (2017). Trois d'entre eux ont dépassé le million d'entrées.

Il y a un an, le patron de Mars Films,, dans une longue tribune, Stéphane Celerier avait pris la défense du réalisateur, en invoquant la présomption d'innocence.

En tant que cinéphiles, voir le dernier film de Woody Allen sera bienvenue. Cela créera forcément une polémique. MaisTimothee Chalamet et Rebecca Hall ont déjà annoncé en janvier 2018 qu'ils avaient reversé leurs salaires à des associations. Ils n'assureront aucune promotion sur ce film.

Grosse bataille de PR et d'avocats en perspective, sans oublier l'opinion qui s'en mêlera, si le film sort un jour sur les écrans.

Le Palais des festivals de Cannes va être agrandi

Posté par vincy, le 14 mars 2019

Le maire de Cannes, David Lisnard a profité de la conférence de presse de Canneseries à Paris, hier, pour confirmer la transformation du "Bunker", surnom du Palais des Festivals, qui accueille, entre autre la sélection officielle du Festival du film.

Le palais a déjà subit pas mal d'évolutions, notamment en façade. Des dalles blanches, plus de vitres, tout le rend plus lumineux. Mais on y est à l'étroit avec la croissance constante du nombre d'accrédités.

Aussi le Palais va être agrandi. Le conseil municipal cannois a validé les aménagements (62M€) qui permettront d'installer une nouvelle salle de cinéma et de spectacle polyvalente de 500 places sur le toit-terrasse.

Plusieurs parties du Palais vont être rénovées. Mais il faudra patienter. Les chantiers ne devraient pas débuter avant 2021 pour une livraison en 2024. Ce sera le 77e Festival de Cannes.

Captain Marvel : Le blockbuster porté par Brie Larson s’offre un démarrage record

Posté par wyzman, le 10 mars 2019

Les chiffres du box-office mondial viennent de tomber et une chose est sûre : on n'a pas fini d'entendre parler de Brie Larson dans le rôle de Captain Marvel !

Who run the world?

Sans surprise, le film d'Anna Boden et Ryan Fleck débute son exploitation en tête du classement mondial. Si l'on en croit The Hollywood Reporter, le film cumulerait déjà à 455 millions de dollars de recettes à travers le monde. Captain Marvel s'offre ainsi le plus gros démarrage jamais réalisé par un film avec un personnage principal féminin. Brie Larson supplante ainsi Emma Watson qui totalisait 357 millions de dollars en quelques jours avec La Belle et la Bête.

En parallèle, Captain Marvel vient de réaliser le 2e plus gros démarrage pour un film de super-héros tout en restant loin des 640 millions de dollars amassés par Avengers : Infinity War durant le même lapse de temps. Aux Etats-Unis, Marvel peut encore se frotter les mains puisque son Captain Marvel y a rapporté plus de 153 millions de dollars en étant projeté dans 4310 salles d'après Variety. Le film déjà perçu comme une belle rampe de lancement pour Avengers : Endgame vient d'éclipser les 103 millions totalisés par Wonder Woman au moment de sa sortie en juin 2017.

A noter que Captain Marvel s'offre également le septième plus gros lancement pour un film Marvel après les trois Avengers déjà sortis, Black PantherCaptain America : Civil War et Iron Man 3. Le film qui réunit Brie Larson, Samuel L. Jackson et Jude Law réalise le 2e meilleur démarrage pour une origin story après que Black Panther a débuté son exploitation avec 202 millions de dollars récoltés en février 2018. De là à dire qu'une trilogie Captain Marvel est assurée, il n'y a qu'un pas !

Une forte hausse de films réalisés par les femmes, mais des inégalités fortes persistantes

Posté par vincy, le 8 mars 2019

Le CNC vient de publier une étude sur la place des femmes dans la réalisation de films en 2017. 23,3% des longs métrages agréés ont été réalisés par des femmes, soit une progression de 62,8% depuis 2008. Le chiffre monte à 31,8% pour les courts métrages (avec une baisse de 9,6% depuis 2009).

45 réalisatrices ont tourné 3 ou 4 films en 10 ans

Le CNC révèle aussi que 37% des films aidés sont des projets de réalisatrices (la moyenne sur 10 ans étant de 38,7% pour 32,6% de projets candidatés par des femmes). Globalement, en 2017, 31,9% des premiers longs concernent des réalisatrices (contre 27,5% pour des deuxièmes long métrages).

Sur la période 2008-2017, 11 femmes ont réalisé au moins 4 films pendant les dix années étudiées, contre 71 hommes. 3 d’entre elles-dont deux actrices déjà installées-ont réalisé leur premier film (Valérie Donzelli, Mélanie Laurent, Marie-Castille Mention-Schaar). 39 femmes ont réalisé au moins 3 films entre 2008 et 2017. 14 d’entre elles ont réalisé leur premier film pendant cette période et plus d’un quart des femmes ayant réalisé au moins trois films : Sophie Letourneur, Amanda Sthers, Hélène Cattet, Fanny Ardant, Aida Bagic, Valérie Donzelli, Pelin Esmer, Katell Quillévéré, Rebecca Zlotowsky et Axelle Roppert. La championne toute catégorie este Anne Fontaine avec 6 films en dix ans.

La France derrière la Scandinavie mais devant l'Europe du sud

Globalement, en moyenne, depuis 5 ans, un film sur quatre est réalisé par une femme en France. C'est moins qu'en Suède (30,9%), en Norvège (27,9%), en Allemagne (25,9%) en Finlande (25,4%) et au Danemark (25%), mais bien plus qu'en Espagne (14,2%), au Royaume-Uni (12,1%) et en Italie (10,1%). Mais avec 370 films réalisés par des femmes sortis en salles entre 2012 et 2017, la France représente à elle seule plus du tiers (35,8 %) de l’ensemble des films réalisés par des femmes sortis sur la période dans les neuf pays européens étudiés.

Inégalités salariales encore fortes

Dans la production cinématographique de fiction, 15208 femmes ont travaillé à la production de fictions cinématographiques, soit une sous-représentation loin de l'égalité des sexes (43,2% de femmes, 56,8% d'hommes). Les métiers de scriptes, costumières, coiffeuses-maquilleuses, mais aussi les postes comptabilité-juridique-communication sont largement féminisés. Les stéréotypes sont persistants il y a ainsi peu de femmes chez les machinistes, électriciens-éclairagistes, mixeurs, preneurs de sons...). Pire, le salaire moyen d’une réalisatrice de long métrage, s'il a augmenté entre 2009 et 2017, reste inférieur de 42,3% à celui d’un réalisateur (un record tous postes confondus dans le cinéma). Et le tableau par métiers révèlent d'importants écarts chez les interprètes (8,8% en défaveur des femmes), les chargés de productions (38,9% d'écart) ou les directeurs/directrices de la photographie (13,2%).

Pourtant, 12 films réalisés ou coréalisés par des femmes ont dépassé le million d'entrées entre 2008 et 2017, avec en tête LOL de Lisa Azuelos, seul film de réalisatrice classé dans le Top 25 de la période, La rafle de Roselyne Bosch et Polisse de Maïween Le Besco. Ce sont les trois seuls succès au dessus de 2 millions d'entrées. Au total, 40 films de réalisatrices ont passé le cap des 600000 spectateurs, certaines cinéastes cumulant plusieurs titres entre 2008 et 2017 telles Maïwenn Le Besco, Anne Fontaine, Nicole Garcia, Lisa Azuelos, Carine Tardieu, Danièle Thompson.

Budgets et distribution toujours en faveur des réalisateurs

Malgré tout, avec un devis moyen de 3,47M€, les budgets des films des réalisatrices est inférieur de 37,1% par rapport à un film de réalisateur. Cependant, cet écart a tendance à diminuer. En dix ans le budget moyen des films d’initiative française réalisés par des femmes augmente très légèrement (+4,3 %) tandis qu’il a baissé de 24,1% pour les hommes. Sur dix ans, l'écart est visible par budgets de films: seulement 21 films de plus de 10M€ ont été filmés par des femmes, contre 211 (dix fois plus!) par des hommes. Plus généralement, au dessus de 7M€ de devis, les femmes sont largement sous-représentées.

On note la même inégalité sur la distribution. Entre 2008 et 2017, les coûts de distribution moyens des films d’initiative française réalisés par des femmes sont de 408,0 K€, soit 34,4 % de moins que ceux des films réalisés par des hommes. Sur la période, les films réalisés par des femmes sortent en moyenne dans 118 cinémas en première semaine, contre 170 établissements pour ceux réalisés par des hommes. En 2017, l'écart était plus dramatique avec 169 cinémas pour un film de femme contre 251 pour un film d'homme.

Les choses évoluent aussi dans les genres. Ainsi deux films d'animation agréés ont été réalisés par des femmes l'an dernier, et un troisième coréalisé avec une femme. C'est une première. 9 films documentaires ont été réalisés ou coréalisés par une femme. Sur dix ans, le drame (30,6%), le documentaire (23,1%), la comédie (22,8%) et la comédie dramatique (20,3%) restent les genres dominants pour les réalisatrices. Par rapport aux hommes, la proportion diffère. Plus présents dans le thriller/policier et l'animation, ils le sont surtout davantage dans la comédie (26,7%).

220000 places vendues avec la Ciné Carte des cinémas indépendants parisiens

Posté par vincy, le 6 mars 2019

Après 16 mois d'existence, les 21 salles de l’association des Cinémas Indépendants Parisiens (CIP) tire un premier bilan. Leur Ciné Carte CIP connaît un joli succès avec 33 300 cartes vendues à la fin décembre, soit 220 294 places de cinéma dont 166 853
ont été utilisées.

Le nombre de places débitées représente désormais 8% des ventes globales des salles et continue à progresser. Surtout, "les salles qui ont troqué leur carte personnelle pour la Ciné Carte CIP ont pour certaines vu leurs ventes doubler voire tripler" affirme le communiqué.

Nouvelles offres

A partir de ce mois de mars, de nouvelles offres apparaissent. La Ciné Carte CIP de 5 places (valables 6 mois- 30 €) ou de 9 places (valables 9 mois, 48 €) devient la Ciné Carte CIP "DUO". Elle est utilisable par une ou deux personnes à une même séance.
Une nouvelle Ciné Carte CIP "TRIBU" de 19 places (valables 12 mois- 98€) est lancée, destinée particulièrement aux cinéphiles qui sortent en groupe ou aux familles et peut êtredébitée jusqu’à 4 places pour une même séance.

Enfin, une offre spécifique est mise en place pour les collectivités et les comités d'entreprises. La Ciné Carte CIP "UNE PLACE"
(valable 12 mois- 7,40€ la place- vendue par lot de 20) est utilisable tous les jours à toutes les séances, dans toutes les salles participante.

Virage numérique et écologique

De plus, la Ciné Carte CIP se modernise. La vente et la recharge en ligne de la Ciné Carte sur le site cip-paris.fr ont été améliorées et seront privilégiées et les réservations de séances en ligne sont désormais possibles. Le lancement d’une application
dédiée permettant d’acheter ou de recharger sa carte, de visualiser son solde d’entrées et d’obtenir la programmation des salles les plus proches grâce à la géolocalisation est prévu cet année. Enfin, éditées actuellement sur support papier, les cartes seront bientôt dématérialisées,

Par ailleurs, 3 cinémas rejoignent le réseau:  le Lucernaire (6e), leChaplin Denfert (14e) et le Chaplin Saint-Lambert (15e) portant à 24 le nombre de salles acceptant la Ciné Carte dans Paris.

Les salles partenaires sont le Luminor Hôtel de Ville (4e), Cinéma du Panthéon (5e ), Grand Action (5e), Reflet Médicis (5e), Studio des Ursulines (5e), Studio Galande (5e), Épée de bois (5e), L’Arlequin (6e), Beau Regard (ex Etoile Saint-Germain, 6e), Le Lucernaire (6e), Nouvel Odéon (6e), Les 3 Luxembourg (6e), Le Balzac (8e), Max Linder Panorama (9e), L’Archipel (10e), Le Brady (10e), Majestic Bastille (11e), L’Escurial Panorama (13e), Le Chaplin Denfert (pas de vente, début seulement, 14e), Lieu
Secret (ex Entrepot,14e), Le Chaplin Saint-Lambert (pas de vente, débit seulement, 15e), Majestic Passy (16e), Cinéma des cinéastes (17e) et le Club de l’Étoile (17e).

Les films français les plus rentables en salles en 2018

Posté par redaction, le 28 février 2019

Chaque année, Le film français établit une liste des films quo ont le mieux amortis leur budget de production grâce à leurs recettes (hors taxes et commission exploitant) en salles. Autrement dit, la performance se situe au dessus de 25% en taux d'amortissement, sans calculer précisément ce que le film a rapporté aux producteurs. 38 films (majoritairement français) ont dépassé ce seuil.

Les cinq premiers

L'amour flou, premier de Romane Bohringer et Philippe Rebbot (195000 spectateurs), domine le classement devant Les Tuche 3, plus gros succès de l'année avec 5,7 millions d'entrées, Tout le monde debout (2,4 millions de spectateurs), Mademoiselle de Jonquières (825000 entrées) et Le Grand bain (4,25 millions de spectateurs). Soit trois films au dessus de 10M€ de budget, un film du milieu à 3,6M€ et un film indépendant à 440000€. Que ce soit le film le moins cher des 35 films les plus rentables qui soit finalement le plus profitable ne peut que réjouir. Mais c'est un peu l'arbre qui cache le désert. Si on prend les petits budgets (moins de 2M€), on retrouve deux autres films dans le Top 40: Sofia de Meryem Benm'Barek et Retour à Bollène de Saïd Hamich.

Les comédies reines

Les Tuche 3 (2e), Tout le monde debout (3e), Le grand bain (5e), La ch'tite famille (6e), Le jeu (7e), Taxi 5 (8e), Les vieux fourneaux (10e), Neuilly sa mère, sa mère (11e): la comédie est bankable indéniablement, qu'elle coût 5-6 millions d'euros ou 18-26 millions d'euros. Même des films comme Les déguns, Alad'2, Ma reum ou Larguées tirent leur épingle du jeu en se classant dans les 25 premiers. Le rire reste une valeur sûre. Les Tuche 3 en sont la preuve: chaque épisode est de plus en plus rentable. Cela explique sans doute aussi pourquoi c'est dans ce genre que les investissements sont les plus massifs: 7,2M€ pour Neuilly, 8M€ pour Le jeu, 10M€ pour Tout le monde debout, 13M€ pour Les Tuche 3, 19M€ pour Le grand bain, 20M€ pour Taxi 5, 27M€ pour La ch'tite famille. Et en plus ils fédéreront un large public lors des diffusions et rediffusions télévisées.

Les autres bonnes performances

Outre Mademoiselle de Joncquières qui surprend à un tel niveau, plusieurs films, dramatiques ou animés, familiaux ou plébiscités par la critique, ont réussi à limiter les risques financiers. C'est le cas de Première année (9e), Sauver ou périr (12e), Belle et Sébastien 3 (14e, et l'un des gros budgets de l'année), Jusqu'à la garde (17e), I feel good (18e), Pupille (20e), Les chatouilles (25e), En liberté (27e)...  Côté animation, l'un des plus gros budgets tous genres confondus, Astérix - le secret de la potion magique (33,7M€) s'est avéré rentable (et peut compter sur son exportation) grâce à ses 3,8 millions d'entrées (il finit 24e), devançant Dilili à Paris (28e). Les films du milieu s'en sortent finalement plutôt bien, dès lors qu'ils dépassent les 500000 spectateurs.

Les fiascos

Il y a deux sortes de flops: les gros budgets qui n'ont pas trouvé leur public. C'est le cas notamment de Croc-blanc et Rémi sans famille, deux adaptations familiales de classiques littéraires, qui peuvent cependant être moins désastreuses avec leurs résultats à l'export, tout comme Les Frères Sisters (35M€) ou Dans la brume (11M€). Le flic de Belleville avec Omar Sy (15M€), L'Empereur de Paris avec Vincent Cassel (22M€), Gaston Lagaffe (19M€), Un peuple et son roi (17M€), Les aventures de Spirou et Fantasio (16M€), L'extraordinaire voyage du Fakir (11,5M€) sont les gros échecs de l'année 2018.

Il y aussi ceux qui, sans avoir coûté trop chers (3-5M€), ont été des bides avec moins de 200000 spectateurs: Volontaire, Abdel et la comtesse, Gaspard va au mariagen, Frères ennemis, Comment tuer sa mère, Razzia, ... Le bas du tableau comprend aussi les films de Samuel Benchetrit, Guillaume Nicloux, Eva Husson, Mia Jansen-Love, Diane Kurys, Mahamat Saleh-Haroun, Patricia Mazuy, Abdellatif Kechiche et Yann Gonzalez.

Mais le cancre c'est Braqueurs d'élite de Steven Quale, production Europacorp, qui avec 47000 entrées pour 66,2M€ est bon dernier du classement.

L’Association Française des cinémas Art et Essai interpelle les réalisateurs pactisant avec le diable Netflix

Posté par redaction, le 22 février 2019

Dans une tribune parue dans Le Monde du samedi 23 février, François Aymé, Président de l’Association Française des cinémas Art et Essai, interpelle dans un long texte les frères Coen et Alfonso Cuaron, dont les récents films ont été diffusés sur Netflix, et absents des salles de cinéma, malgré leurs prix au Festival de Venise en septembre dernier.

Le conflit continue donc. Il souligne plusieurs craintes de la part des exploitants qui voient Netflix (et les plateformes de SVàD) et ses milliards d'euros d'investissements dans les contenus comme une menace à plusieurs visages. Celle de détourner les gens des salles au profit de leur salon. Celle de d'ôter aux salles de cinéma plusieurs films signés d'auteurs populaires. On pourrait rétorquer que Netflix & co ne sont pas les seuls concurrents au cinéma puisque le temps de loisirs, pas forcément extensible, et le pouvoir d'achat, pas plus croissant, contraignent de faire des choix, avec notamment la capacité du jeu vidéo (Fortnite en premier lieu cette année) à être chronophage et parfois coûteux. Qu'il n'y a pas forcément de salles de cinéma ou de diversité de films à proximité. Qu'une sortie au ciné coûte aussi très chère, ce qui amène souvent à une concentration du public sur quelques films qui "rassurent".

Toujours est-il que l'Afcae regrette "que cette longue relation de confiance et de mise en valeur de vos oeuvres sur grand écran, devant un public d’aficionados, s’arrête, comme ça, brutalement".

"Les temps changent, c’est tout, répondez-vous en substance dans de multiples entretiens. Oui mais la question est de savoir, dans quel sens et pourquoi ? Pour le bien des diffuseurs ? Des auteurs ? Du public ? Des oeuvres elles-mêmes ?" poursuit le texte.

L'Afcae souligne que les films, quand ils n'étaient pas exclusivement réservés à Netflix, avaient plusieurs vies - la salle, la VàD, le DVD, la télévision -, et plusieurs supports, du smartphone à Canal + en passant par l'ordi ou le grand écran. "Ce n’est pas vous qui vous adaptez au public mais l’inverse : le public doit s’adapter aux choix que vous avez faits : confier l’exclusivité durable de votre dernière œuvre à une plate-forme. Le choix que vous laissez à votre public, c’est : ou bien vous vous abonnez à Netflix et vous pouvez découvrir notre film sur un petit écran, ou bien vous ne le voyez pas. Ce n’est pas un choix, c’est une obligation, en tout cas pour vos fans" explique François Aymé, qui ajoute: "Cela s’appelle la privatisation d’une œuvre."

La tribune, sous forme de publicité dans Le Monde, souligne "que toutes les évolutions, adaptations, mutations du cinéma se sont faites dans le sens d’un progrès concret, technique, objectif : passage au parlant, à la couleur, au cinémascope, au Dolby, confort des salles… À chaque fois, il s’est agi d’améliorer la qualité du spectacle cinématographique et la valorisation des œuvres, quand bien même la diffusion décalée de cette œuvre se démultipliait au fil des ans sur d’autre supports."

Le constat est qu'il ne s'agit pas d'un "progrès" mais d'une "régression". "En faisant ce choix, vous assumez un double renoncement. Vous renoncez à la valorisation optimale et technique de votre œuvre sur un grand écran et via une chaine sonore qui restituent les subtilités, les nuances de votre travail. Et vous renoncez à la dimension collective de la découverte de votre œuvre. Vous renoncez au fait que votre film soit un spectacle public." Tout en ayant conscience que "le visionnement d’une œuvre cinématographique se fait très majoritairement sur un autre support que le grand écran, est-ce une raison valable pour s’en passer complètement ? Est-ce qu’un compositeur, un musicien, un chanteur renoncerait aux concerts sous prétexte que la plupart des gens écoutent ses oeuvres sur Youtube ou bien sur une plateforme dédiée ?" s'interroge François Aymé.

Mais le vrai problème est ailleurs. Si des auteurs aussi prestigieux que les Coen, Cuaron, Coixet, Bier, Michod, Scorsese vont chez Netflix (ou autres Apple, Amazon et cie), c'est parce qu'ils ne trouvent plus forcément le financement pour leurs films, à l'écart des blockbusters ou trop chers / audacieux pour la niche du cinéma art et essai. Cette crise du "cinéma du milieu" a déjà été constatée et expliquée en France. Aux Etats-Unis, le box office de ces films atteint rarement les 100M$ en salles (la moyenne étant plutôt autour de 40M$).

On ne sait rien (sauf en cas de record) du nombre de visionnages des films sur Netflix. La société californienne investit sur du prestige, comme un grand magasin a besoin de Louis Vuitton et Chanel pour séduire les clientèles haut-de-gamme. Ce n'est pas la France qui va résoudre ce problème. Mais, comme s'interroge le texte: "Est-ce que le fait d’avoir acheté un film mexicain en noir et blanc est le signe d’une stratégie volontariste de défense de la diversité qui ira au-delà des seules productions anglo-saxonnes ? Est-ce que Netflix (comme d’autres) envisage de respecter les règles de fiscalité des pays où il diffuse, contribuant ainsi à la vie commune d’un territoire dont il tire des profits ? Est-ce que Netflix est susceptible de produire ou d’acheter des films critiques envers l’Iran, la Chine, la Russie, le Brésil, l’Arabie saoudite, la Turquie ? Si Netflix montre un vrai empressement à financer les films de grands auteurs confirmés, aura-t-il la même motivation à suivre des nouveaux talents [c'est le cas, ndlr] ? Continuera-t-il même à financer ces grands talents s’il atteint ses objectifs d’abonnés ? Est-ce que vraiment la contribution de Netflix à la production et/ou à la diffusion était indispensable à votre film ou bien s’agit-il d’un choix délibéré et assumé de votre part ?"

"Ainsi, confier votre film à Netflix, c’est non seulement renoncer à la possibilité offerte de voir vos titres en salles de manière collective, mais aussi apporter votre nom et, de ce fait, cautionner un opérateur puissant qui sait profiter d’un système et ne pas s’y conformer quand cela est contraire à ses intérêts. Comment jouer avec quelqu’un qui change les règles du jeu à son seul profit ? En tentant de lui faire respecter les règles ou bien en rejoignant son camp ? À chacun sa réponse."

Et bien malin celui qui a des certitudes aujourd'hui. Une chose est sûre: cette mutation des comportements et des technologies (qui bousculent le marché comme Uber a transformé le transport local véhiculé) n'a pas finit d'opposer défenseurs de l'art cinématographique partagé en salles et ceux qui plaident pour une démocratisation culturelle coûte que coûte. Ce glissement s'accompagne d'ailleurs du déclin de la cinéphilie et de la réduction de la place laissée à la critique. Le film devient un produit de consommation, qu'on consomme chez soi, plutôt qu'une aventure collective choisie qu'on partage avec les autres. Il ne s'agit pas forcément de les opposer. mais pour l'instant personne n'a la solution pour les faire coexister en paix.

« Grâce à Dieu » pourra sortir le 20 février dans les salles

Posté par vincy, le 18 février 2019

Grâce à Dieu de François Ozon, Grand prix du jury à Berlin samedi, a été autorisé par la justice à sortir en salles mercredi 20 février, selon les avocats de la défense.

Le réalisateur avait été assigné en référé par l’un des avocats du père Preynat, homme d'église suspecté d’avoir abusé d’enfants dans le diocèse de Lyon, pour obtenir un report de la sortie du film. Le prêtre est suspecté d’avoir abusé de dizaines de jeunes scouts dans les années 1980 et 1990 mais il n’a pas encore été jugé pour les faits qui lui sont reprochés (et filmés comme avérés dans Grâce à Dieu). La date du procès n'est pas encore connue et la présence de messages au début et à la fin du film rappelant l'absence de jugement "suffit à garantir" les droits des présumé innocents.

Selon le juge, "la demande de report n’était « pas proportionnée » à l’atteinte à la présomption d’innocence du père Preynat que pouvait représenter le film."

Quand François Ozon a commencé le tournage du film l'an dernier, tout le monde pouvait penser que le verdict tomberait avant sa sortie. Le litige est dans l'usage des vrais noms de trois présumés innocents. En effet, cette fiction basée sur des faits réels n'a pas modifié le nom de trois "accusés" le cardinal Barbarin, dont le jugement pour « non-dénonciation d’atteintes sexuelles » sera rendu le 7 mars par le tribunal correctionnel de Lyon, le père Preynat et Régine Maire, ex-membre du diocèse de Lyon. Tous les autres noms ont été changés.

L'accusation avait demandé que le film sorte après le procès du père Preynat, ce qui retardait de plusieurs mois la sortie du film.

Celui-ci met en valeur le rôle de l’association La Parole libérée. C'est la construction des liens entre les victimes, de la constitution de cette communauté d'hommes abusés sexuellement qui est au cœur de Grâce à Dieu.

Le film devrait sortir dans plus 300 salles, distribué par Mars films.