La Baleine, nouveau cinéma art & essai à Marseille

Posté par vincy, le 12 septembre 2018

Marseille accueille un nouveau cinéma art et essai, La Baleine. Mono écran équipé d'une salle de 90 places, il offrira 42 séances par semaine. Labellisé par le CNC (Jeune public, Recherche et Découverte, Patrimoine et Répertoire), La Baleine sera aussi un bistrot, nommé "Le ventre de la Baleine", soit un espace bar et restauration, qui comprendra une terrasse.

"La Baleine joue la carte de la combinaison et de la fusion entre cinéma et restauration : ciné-ateliers-goûter pour le jeune public les mercredis et les week-ends, ciné-brunch en matinée pour les plus grands, carte bistrot en lien avec les thématiques de la programmation cinéma, etc." explique le communiqué.

Pour son inauguration, le cinéma propose 8 avant-premières à compter d'aujourd'hui: Dans la terrible jungle, Amin, Un violent désir de bonheur, Ne travaille pas, La chasse à l'ours, Charlie mon héros, Pachamama et Diamantino.

Fondé par Thomas Ordonneau, créateur et directeur du label de cinéma Shellac, et Cyril Zimmermann, fondateur de plusieurs sociétés de l’économie numérique, mais aussi Juliette Grimont et Nicolas Grassset, La Baleine est situé Cours Julien, dans le 6e arrondissement de la ville. Il aura fallu quatre ans pour que le projet voit le jour.L'équipe assure aussi la programmation du Gyptis à la Belle-de-Mai.

Marseille est la métropole, avec Nice, la plus sous-équipée en cinéma art & essai en France. MK2 qui a eu longtemps un projet dans la ville a du abandonner le projet. Dans le vieux centre, on trouve entre autres Les Variétés, Le César, Le Prado, et le Videodrome 2, juste à côté de la Baleine.

Venise 2018 : Roma d’Alfonso Cuaron, Lion d’or réservé au petit écran?

Posté par kristofy, le 10 septembre 2018

Roma de par sa forme anti-commerciale semblait trop fragile pour remplir des salles de cinéma. Ce n'est pas ce qu'a pensé le jury de Guillermo del Toro. Le film, en compétition au 75e Festival de Venise, a raflé le Lion d'or. C'est donc la plateforme de streaming Netflix diffusera le film. Le même cas de figure s'est présenté pour Annihilation de Alex Garland, Anon d'Andrew Niccol, Wolf Brigade de Kim Jee-won ou Mowgli de Andy Serkis: les prédictions d'exploitation en salles étant synonyme de perte d'argent, les droits ont été achetés directement ou revendus à Netflix... Ce que craignait les professionnels à Cannes (une Palme d'or pas visible en salle de cinéma) vient donc de se produire à Venise : un grand film réservé à des abonnés de Netflix.

Depuis le refus de Cannes de prendre en compétition des films Netflix (dont Roma), la position de la plateforme de ne réserver 'ses' films qu'à ses abonnés a justement évolué vers une stratégie hybride, notamment en Corée du sud. Le producteur David Linde (Participant Media) assure que le contrat mixte une sortie en salles pour viser les Oscars et satisfaire le public art-et-essai et une diffusion mondiale sur Netflix.

Les Oscars dans le viseur

Car les cinéastes prestigieux, comme Alfonso Cuarón, veulent pouvoir concourir aux Oscar, ce qui exige que le film ait une sortie limitée dans certaines salles de New York et Los Angeles. De son côté, Netflix veut aussi être aux Oscars pour valoriser son catalogue. Dorénavant, certains films Netflix pourront bien être visibles dans certaines salles de cinéma, en dehors des festivals. Le jour où Roma sera disponible sur Netflix il y aura en même temps (dans certains pays en tout cas) une sortie "day and date", "in selected theaters". Par conséquent, Alfonso Cuarón sera en lice pour les prochains palmarès de fin d'année, ce qui arrange bien le Festival de Venise.

Cuaron est un habitué de la Mostra. Tout comme Cannes qui entretient ses cinéastes 'abonnés' ou chacun de leurs films y est sélectionné, Venise accueille régulièrement les oeuvres de certains fidèles, même si, de plus en plus, le festival ignore de nombreuses cinématographies, parie sur des valeurs sûres (en compétition) et choisit une stratégie hollywoodienne face à Toronto. Le cinéaste mexicain est presque chez lui à Venise depuis que Y tu mamá también avait été en compétition en 2001 en y remportant le prix du meilleur scénario, il y est de retour en 2006 pour présenter Les fils de l'Homme puis en 2010 où il fait l'ouverture de la Mostra avec Gravity. Enfin, en 2015, Alfonso Cuarón est le président du jury de Venise.

C'est justement après Gravity, cette aventure hollywoodienne spatiale avec George Clooney et Sandra Bullock, qui a emmené Alfonso Cuarón au plus haut avec 7 Oscars. Cette année, il est revenu sur le Lido en compétition pour présenter Roma.

Une fresque intime et vécue

Ce nouveau projet revient sur terre et, dans la forme, semble presque l'exact opposé : aucune star, retour au parlé mexicain (plus précisément la langue mixtèque), en noir et blanc, d'une durée de 2h15, avec une histoire de famille inspirée de son enfance. Il fallait sans doute cette apparente austérité pour prendre le temps de regarder vivre cette famille, dont l'ampleur est soulignée par des longs plans séquences et des mouvements de travelling en ligne droite. Durant les années 1970 à Mexico et dans la région d'Oaxaca (sud du pays), on découvre d'abord la jeune Cleo dans son quotidien d'employée domestique d'une riche famille (nettoyer le sol, laver le linge, faire la cuisine...) puis au fur et à mesure l'ensemble de cette famille pour qui elle est servante : les enfants, leur mère et son mari. Celui-ci étant partant pour un long voyage, Cleo s'occupe beaucoup des enfants. Elle a des proches, qui comme elles travaillent au service de maisons. Durant son temps libre avec sa meilleure amie elle sort parfois avec des garçons pour aller au cinéma (voir Louis de Funès!). Elle va devoir annoncer qu'elle est enceinte à sa patronne, mais que le garçon ne veut plus la revoir...

La caméra à peine mobile de Alfonso Cuarón qui capte divers moments de vie est en surface une mise-en-scène simpliste. Mais dans le cadre de l'image, au second plan ou hors-champs, tout s'enrichit de gestes et de mouvements. Cette sobriété glisse toutefois vers plusieurs longs plans-séquences pleins de bravoure où des évènements-clés dramatiques se déroulent devant nos yeux : un accouchement éprouvant, un groupe armé qui envahit un magasin, une enfant qui risque de se noyer. A chaque film, le cinéaste aime défier le cinéma, entre audaces formelles et narration à tiroirs. Alfonso Cuarón présente Roma comme étant son film le plus personnel, l'histoire découlant de ses souvenirs. C'est, pour lui, une sorte d'hommage aux diverses femmes de son entourage d'enfance (Cleo est inspirée de sa babysitter) et ce à quoi elles ont dû faire face, comme justement faire un bébé toute seule pour l'une ou mentir à ses enfants en leur disant que leur père reviendra pour l'autre, durant une époque remplie de turbulences politiques (des nouvelles élections, des manifestations dans la rue).

Un récit intime pour lui, un film qu'il espère faire découvrir à un plus large public possible... sauf en France?

La Gaule réfractaire

Il y a de grandes chances que Roma ne soit pas diffusé dans l'Hexagone, soi-disant temple de la cinéphilie. Le blocage n'est plus du côté de Netflix (à condition qu'il trouve un distributeur), mais du côté de la Fédération Nationale des Cinémas Français (la FNCF, qui avait d'ailleurs fait annuler des séances d'avant-première gratuites de Okja, film Netflix en compétition à Cannes, à Paris en 2017) en lutte contre ce concurrent et perturbateur de la chronologie des médias. En France, la chronologie des média, actuellement en cours de renégociation, veut qu'un film sorti en salle ne soit disponible en SVOD que 3 ans après son exploitation (impensable pour Netflix, Amazon ou autres quand ils investissent des dizaines de millions d'euros dans les films des Coen, de Scorsese, Cuaron, Mackenzie, Greengrass ou Michod. La nouvelle réforme passerait le délais de 15 à 36 mois, ce qui n'a pas plus acceptable pour les plateformes de SvàD.

Tout le monde est finalement perdant dans cette histoire: les cinéphiles qui ne pourront pas voir le film sur grand écran, les salles de cinéma qui se privent à la fois d'un grand film qui peut séduire de fidèles spectateurs et qui poussent ces spectateurs à s'abonner à Netflix (donc à se détourner d'une sortie au cinéma), le cinéma qui va devoir s'adapter à un écran de 1m50, ...

Ironiquement, on notera que le film de Cuaron sera projeté au prochain Festival Lumière, à Lyon, dirigé par Thierry Frémaux, patron cannois entravé dans sa liberté de programmer. Le film a déjà été présenté à Telluride. Il est déjà l'un des événements des festivals de Toronto, New York et Londres Il sera sur Netflix (et dans quelques cinémas américains et mexicains) le 14 décembre.

Le scénario de la Palme d’or bientôt en librairie

Posté par vincy, le 4 septembre 2018

Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda, Palme d'or au dernier festival de Cannes, fera l'objet d'une sortie en librairie. En effet, le scénario du film, traduit en français, sera disponible le 21 novembre chez l'éditeur JC Lattès. Le Pacte sortira le film le 12 décembre.

Depuis sa récompense suprême à Cannes, le mélodrame familial connaît un parcours glorieux. Pour la deuxième fois, Hirokazu Kore-eda représentera son pays aux Oscars, après Nobody Knows (2004). Le film a en effet été choisi pour représenter le Japon pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, malgré l'accueil plutôt froid du gouvernement de Shinzo Abe, régulièrement critiqué par le réalisateur. Le Premier ministre japonais voit plutôt d'un mauvais œil que le film nippon de l'année montre un Japon méconnu, celui des exclus et des marginaux.

Côté box office, le cinéaste est aux anges: le film a récolté 38M$ au box office japonais, ce qui en fait le 7e succès de l'année à date, surclassant les Avengers et à égalité avec Les Indestructibles 2 et Mission:Impossible - Fallout. En Chine, le film a rapporté 14M$ en un mois, soit un record pour un film japonais non animé.

Le film tourne désormais dans les festivals. Après Telluride cette semaine, il sera présenté à Toronto puis au Festival de New York. Il a aussi remporté le prix du meilleur film international au festival de Munich fin juin. Le réalisateur sera par ailleurs honoré au prochain Festival de San Sebastian.

Prolifique, Kore-eda va tourner cette automne son prochain film, La vérité sur Catherine (The Truth), avec Catherine Deneuve, Juliete Binoche, Ludivine Sagnier et Ethan Hawke.

Aretha Franklin: un biopic en préparation, un docu dans le maquis

Posté par vincy, le 28 août 2018

Tandis que les fans lui rendent un dernier hommage à Detroit depuis aujourd'hui, en attendant ses funérailles le 31 août, Aretha Franklin, décédée le 16 août dernier, pourrait enfin devenir une star de cinéma post-mortem. Si la Queen of Soul n'a joué que dans deux films (Les Blues Brothers et sa suite), elle avait accepté de son vivant l'idée d'un biopic.

Cela fait des années que le film sur sa vie est en développement. En 2000, Halle Berry était même pressentie pour le rôle, avant qu'on ne parle de la chanteuse et comédienne Audra McDonald (6 Tony Awards). La MGM a désormais les droits et Jennifer Hudson (Dreamgirls) a été choisie pour incarner la chanteuse dans sa jeunesse. Aretha Franklin aurait elle-même valider ce choix, voulant garder le contrôle total sur ce projet. Selon elle, le scénario racontait assez fidèlement sa vie, de manière chronologique, incluant des faits peu connus du public. La semaine précédent son décès, elle travaillait encore sur ce film, notamment avec les producteurs et l'actrice. Depuis 20 ans, Aretha Franklin évoquait ce projet, collaborant avec Taylor Hackford (Ray), cherchant un ton positif à son histoire. Elle rêvait d'un film populaire comme les biopics de Tina Turner, Ray Charles ou Johnny Cash. Mais il reste de nombreux obstacles. Il n'y a ni script, ni réalisateur et de nombreux droits, y compris musicaux, restent à négocier.

D'ici là, il y a un autre film sur Aretha qui pourrait ressurgir sur les écrans. Le documentaire Amazing Grace. Ce docu-concert date de 1972. Il a été sauvé et achevé en 2010. Mais la chanteuse a traîné le film en justice pour de sombres histoires de droits, l'empêchant ainsi d'être diffusé. Désormais, Amazing Grace est entre les mains des avocats, agents, managers, juges et autres intermédiaires. A l'origine, Sydney Pollack filme durant deux nuits dans une église de Watts (Los Angeles) une performance de la chanteuse. Cet enregistrement sonore et cinématographique aboutit à un disque (le plus gros succès historique dans la catégorie Gospel) et à un docu dont les rushs cumulent 20 heures de durée. Mais le montage s'avère impossible techniquement et la Warner décide d'abandonner le projet. Pollack revient alors à la fiction, et ne retournera plus aucun documentaire. Il n'abandonne pas pour autant: il se remet en contact avec Aretha dans les années 1990. C'est le producteur Alan Elliott qui décide au milieu des années 2000 de finir le travail en achetant les droits à la Warner et en recevant l'accord de Pollack, qui est en phase terminale (il meurt en 2008).

Ce qui n'était pas possible dans les années 1970 le devient avec le numérique: la synchronisation du son et de l'image est enfin possible à partir des rushs. Quand une bande annonce sort en 2010, la chanteuse lance une procédure pour empêcher la sortie du film, considérant qu'elle ne l'a pas validé. Acharnée, elle poursuit les festivals, comme Telluride, qui veulent le diffuser. Il est quand même présenté à Toronto en 2015. Lionsgate accepte de le distribuer. A ce moment là, Aretha Franklin est prête à signer le contrat (1 million de dollars). Mais elle ne le signe pas. Concord remplace Lionsgate, propose la même somme. Elle ne signe toujours rien.

De l'avis de tous, c'est un documentaire oscarisable. Qui attend toujours d'être montré. Ses ayant-droits auront peut-être moins de mal à empocher la somme.

Weinstein Company, Disney-Fox, ATT-Warner: Hollywood dans un chamboule-tout

Posté par vincy, le 31 juillet 2018

Ça bouge à Hollywood. Les studios changent de mains.

La Weinstein Company (TWC) a finalement été cédée après des mois de rebondissements et tergiversations. La société d'investissement Lantern Capital (hôtellerie, industrie) a mis la main sur la boîte d'Harvey Weinstein pour 289 millions de $, soit beaucoup moins que prévu. Bob Weinstein, ainsi que quatre des cinq membres du conseil d'administration ont démissionné. 20 employés sont partis. Il n'en reste plus qu'une quarantaine.

Il reste cependant pas mal de problèmes à régler: des films déjà tournés qui n'ont pas encore trouvé de nouveaux distributeurs, des films en développement, dont les droits ont donc été achetés par TWC, qui sont suspendus et autant de stars (Quentin Tarantino, Meryl Streep ou George Clooney entre autres) lésées qui réclamaient leur dû.

Le principal écueil reste le dédommagement des victimes d'Harvey Weinstein et la responsabilité des cadres éventuellement complices.

>> Lire aussi: 500M$ pour la reprise de The Weinstein Company

C'est d'ailleurs ce point qui a retardé longuement la transaction. Le bureau du procureur de l'Etat de New York avait bloqué une première tentative de rachat car il jugeait insuffisantes les dispositions pour indemniser les victimes présumées. Harvey Weinstein a été inculpé à New York pour des agressions sexuelles, y compris un viol, sur trois femmes différentes.

Reste que Lantern met la main sur un catalogue prestigieux de près de 280 films.

Les actionnaires de 21st Century Fox ont approuvé l’acquisition des actifs de la Fox par Disney pour 71 Milliards de $.

Après des semaines de guerre de communiqués et de pression sur les marchés, c'est bien le groupe Disney qui va mettre la main sur 21st Century Fox, qui comprend les studios de cinéma 20th Century Fox, la chaîne de télévision National Geographic et la participation de Fox dans le service de streaming Hulu, pour 71 milliards de dollars. La fusion devrait être actée début 2019, donnant naissance au plus gros studio américain (les deux réunis représentent par exemple 46% du box office depuis le début de l'année, transformant les autres en nains).

>> Lire aussi: Disney avale la Fox: c’est la souris qui mange le renard

Annoncé depuis décembre, ce rapprochement n'a pas été si facile. Le groupe Comcast (NBC et Universal) a voulu surenchérir sur Disney, avant de renoncer pour se concentrer sur un autre actif du groupe 21st Century Fox, la chaîne TV Sky. La famille Murdoch, actionnaire de la Fox, conserve Fox News, le Wall Street Journal et l'agence DowJones.

Avec ce rachat, Disney espère pouvoir rivaliser avec Apple, Amazon, Facebook, Google et Netflix qui se lancent tous dans l'entertainment et l'information, avec en bonus les données personnelles de leurs utilisateurs, affinant ainsi leur marketing en fonction de leurs goûts.

L'opération a reçu un feu vert sous condition des autorités américaines de la concurrence. La justice américaine a en effet demandé au groupe Disney de vendre les 22 chaînes sportives de la Fox "de façon à préserver la concurrence et éviter une hausse des tarifs", et ce "dans les trois mois suivant le rachat."

Pendant ce temps là, AT&T, leader des télécoms aux USA, a acquis le groupe Time Warner, rebaptisé Warner Media. Le 12 juin un juge à accordé son feu vert à la fusion entre les deux groupes, rejetant ainsi tous les arguments des autorités de la concurrence. C'est d'ailleurs à partir de ce jugement que Comcast avait décidé de tenter sa chance sur la Fox.

Tout remonte à octobre 2016, quand AT&T annonce son intention d'acquérir Time Warner pour 85 milliards de $. En Novembre 2017, le ministère de la Justice des États-Unis annonce son intention d'entamer une procédure en justice pour bloquer la fusion. La décision du 12 juin dernier a rebattu les cartes, même si le ministère de la Justice a décidé de faire appel. Il faut dire que dans le lot du groupe Warner, il y a CNN, premier média opposant à l'administration Trump. Avec AT&T aux commandes, on imagine les synergies possibles entre le premier opérateur télécom et les contenus d'infos et de divertissements de Warner, HBO, Time et CNN. Déjà, le patron d'AT&T veut faire de HBO un nouveau Netflix.

Un bel été pour les cinémas UGC

Posté par vincy, le 29 juillet 2018

UGC va pouvoir agrandir deux de ses cinémas en Ile-de-France. La commission nationale d'aménagement cinématographique a autorisé l'extension de son UGC Ciné Cité de Créteil qui passera de 12 à 18 écrans et de 2860 fauteuils à plus de 3700 et l'extension de l'UGC Maillot (Palais des Congrès de paris, à deux pas de son siège social). Ce petit cinéma de quartier (4 écrans, 764 sièges) deviendra un multiplexe (12 écrans, 1148 sièges). Il passerait sous l'enseigne Ciné Cité. Ce cinéma pourtant bien localisé souffre d'une chute de sa fréquentation depuis plusieurs années (163 143 en 2017), loin des standards du réseau.

UGC s'apprête à rouvrir son cinéma Gobelins, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Avec sa façade vitrée aux allures de Times Square, le nouveau multiplexe offrira 11 salles et 1173 places. L'écran de la façade accueillera par ailleurs un programme d'art vidéo de Hector Castells Matutano.

Promise pour fin juillet, on constate toujours que le bâtiment est en chantier. Une affaire de jours sans doute.

Enfin, soulignons qu'une étude américaine du cabinet ComScore a couronné l'UGC Cité Ciné Les Halles comme multiplexe le plus fréquenté du monde avec 3,27 millions de spectateurs en 2017. Avec 70000 séances par an, 492 films de 85 pays différents, le cinéma est aussi le plus diversifié dans sa programmation.

Mowgli passe de Warner à Netflix

Posté par vincy, le 28 juillet 2018

C'est un transfert inattendu. Le Mowgli d'Andy Serkis pour la Warner passe chez Netflix! La sortie est désormais prévue en 2019, mais sur le petit écran, dans le monde entier. C'est aussi une révolution : alors que Netflix commence à accepter l'idée de diffuser certains de ses films dans les salles, c'est la première fois qu'il récupère un film prévu pour les cinémas.

Netflix a donc obtenu les droits mondiaux de cette version du Livre de la jungle, adapté des histoires de Rudyard Kipling. Il y a un sacré casting : Christian Bale pour la voix de la panthère Bagheera, Cate Blanchett pour celle du serpent Kaa, Benedict Cumberbatch pour celle du tigre Shere Khan, Naomie Harris pour la louve Nisha et Andy Serkis lui-même pour l'ours Baloo. Sans oublier Peter Mullan, Jack Reynor, Eddie Marsan et Tom Hollander. Pour les personnages réels, le générique se complète de Matthew Rhys, Freida Pinto et Rohan Chand qui incarne Mowgli.

La seule hypothèse valable sur ce transfert insolite est la peur d'être comparé au carton de Disney récent autour de la même histoire. Sorti en 2016, Le Livre de la jungle avait rapporté 966M$ dans le monde. Le film, prévu à l'origine le 19 octobre prochain dans les salles, disparaît donc du "line-up" de la Warner pour devenir un événement Netflix en 2019, sans doute reformaté.

Serkis a toujours évoqué un film plus sombre, plus adulte et plus réaliste, plus fidèle à Kipling finalement. Possible que le studio Warner n'ait pas voulu prendre de risques en ratant la cible familiale. Mowgli promettait de ne pas être un conte de fée fantaisiste mais bien un film sur un enfant marginal en quête d'identité dans un monde cruel.

A l'origine, en 2013, les deux studios - Disney et Warner - ont lancé le projet d'adaptation en parallèle. Disney était dans sa logique de transposer en prises de vues réelles ses classiques animés tandis que Warner était dans la stratégie de "rebooter" pour un public plus actuel les classiques comme King Kong. Disney a été le plus rapide à dégainer le film. Le projet de Serkis nécessitait plus de travail technique, notamment en post-prod. D'abord programmé pour 2016, le film fut décalé rapidement à 2018.

Andy Serkis assume ses choix artistiques et techniques. Et affirme que Netflix est le bon partenaire. "Ce n'est vraiment pas un film pour les enfants. En salles, il aurait été interdit aux moins de 13 ans non accompagnés" explique-t-il. Comme pour Okja, il est persuadé que le diffuseur sait "vendre" ce genre de fables noires. Implicitement, il confirme qu'il va aller plus loin: "Cela va nous permettre d'aller encore plus profondément dans ce récit, avec des thèmes plus sombres, des sensations plus fortes et des moments plus effrayants. La violence entre les animaux n'est pas gratuite, mais elle existe. Cela va nous permettre de faire un film sans compromis."

"Netflix me permet de faire le film que je veux faire"

On comprend que Warner Bros risquait gros sur ce coup là, même si selon le réalisateur c'est un blockbuster dans la veine de l'Odyssée de Pi ou de La Planète des singes. Mais on saisit aussi que Serkis aurait du faire des concessions artistiques, ce que Netflix, apparemment, n'exige pas. "Netflix me permet de faire le film que je veux faire".

Jusque là Netflix avait acquis les droits pour des suites (Cloverfield) ou les droits internationaux pour les marchés étrangers (le reboot de Shaft, Annihilation d'Alex Garland).

Là, on entre dans un autre univers... Warner Bros peut toujours compter sur A Star is Born, Les Animaux fantastiques 2 et Aquaman cet automne. Mais dans l'histoire, c'est bien Netflix et autres Amazon qui deviennent le refuge pour des cinéastes qui veulent garder la maîtrise de leurs projets.

Warner Bros envisage un téléphérique vers les lettres « HOLLYWOOD »

Posté par vincy, le 14 juillet 2018

Le studio Warner Bros a proposé cette semaine de construire un téléphérique (sans doute sponsorisé) pour aller voir de plus près les célèbres lettres géantes "Hollywood" accrochées à flanc de collines à Los Angeles.

Pour environ 100M$, le studio construirait un centre d'accueil touristique à proximité du "panneau" Hollywood. L'idée de "The Skyway", le nom du projet, serait d'en faire une attraction touristique familiale.

Il faut dire que les studios Warner Bros sont juste en bas des lettres. Propriétaire d'un immense terrain sur Forest Lawn Drive, la route qui sépare la montagne de la ville, la Warner a un accès court, rapide et direct sur le "panneau" à partir de ses studios.

Ce ne serait pas un mal puisque, inaccessible en voiture, ce panneau engendre des nuisances. Le communiqué explique que "Sa renommée a eu des effets négatifs, comme l'augmentation de la circulation dans les quartiers résidentiels alentour et des problèmes de sécurité". "L'idée d'un téléphérique a déjà été proposée par le passé et s'est récemment imposée comme une solution potentielle" rappelle le texte.

Le téléphérique serait long d'un mile (1,6 km) et le trajet durerait à peine 6 minutes dans chaque sens. Le studio compte demander l'approbation de la ville, des résidents alentours et des associations environnementales.

Les lettres géantes ne sont pas accessibles au public. On peut s'en approcher en empruntant un sentier sur le mont Lee, où vivent de nombreuses stars, et les atteindre "par l'arrière.

Le panneau avait été installé à l'origine, en 1923, afin de faire la promotion du projet immobilier "Hollywoodland", mais les quatre dernières lettres ont été retirées dans les années 1940. Elles ont été rénovées et repeintes en 2012. C'est, avec le Golden Gate de San Francisco, le lieu le plus photographié de Californie.

Le Champo fête ses 80 ans

Posté par vincy, le 24 juin 2018

Le cinéma Le Champo -Espace Jacques Tati célèbre ses 80 ans à partir du 26 juin et ce pendant une semaine. Cet anniversaire, sous le parrainage d'Isabelle Huppert et de Bertrand Tavernier, sera l'occasion de festivités spéciales avec près de 50 films, des avant-premières, des soirées-rencontres et une "master class" avec Juliette Binoche le 1er juillet !

Les invités des soirées-rencontres honorées seront Alexandra Stewart, Justine Malle, Claduia Vardinale, Margarethe von Trotta, Pierre Arditi, Jérôme Deschamps, Philippe Garrel, Louis Garrel, Francis Huster, Marin Karmitz ou encore Bertrand Tavernier,... Une programmation jeune public avec Michel Ocelot et Serge Bromberg est également à l'agenda. Sans passer à coté d'une Nuit Tarantino samedi 30 juin de minuit à l’aube, avec trois films (Kill Bill 1 et 2, Django Unchained en salle 1 ; Jackie Brown, Pulp Fiction, Inglourious Basterds en salle 2) et un petit déjeuner offert.

Les films proposés sont éclectiques: Chabrol, Losey, Kaurismäki, Guitry, Jacquot, Bertolucci, Rohmer, Renoir, Hitchcock, Visconti, Pialat, Ophuls, Carné, Burton, Godard, Antonioni, Fellini... de quoi réviser son histoire du 7e art.

Situé en plein Quartier Latin, à deux pas de la Sorbonne, le Champollion est devenu Le Champo en 1988 et a été inscrit aux monuments historiques en 2000. Sa première séance s'est tenue le 22 juin 1938. Il possède deux salles qui ont une capacité totale de 250 places.

Changement de têtes à la Berlinale

Posté par vincy, le 22 juin 2018

C'est un gros chambardement à la tête du Festival International de Berlin. Dieter Kosslick, âgé de 70 ans, ne souhaitait pas renouveler son mandat, qui prend fin en mai 2019. Pour le remplacer, le conseil de surveillance du Kulturveranstaltungen des Bundes in Berlin a décidé de diviser la fonction en deux postes pour 2020. Carlo Chatrian sera directeur artistique de la Berlinale tandis que Mariette Rissenbeek a été choisie comme directrice exécutive.

Carlo Chatrian, italien de 46 ans, est le directeur artistique du Festival de Locarno depuis 2012. Il aura pour tâche de redonner de l'élan à la compétition berlinoise, tout en s'ouvrant à des films plus singuliers. Locarno va devoir partir en quête d'un nouveau directeur. La néerlandaise Mariette Rissenbeek est surtout connue pour avoir dirigé German Films.

Près de 80 cinéastes allemandes, parmi lesquels Fatih Akin, Maren Ade ou encore Volker Schlödorff, avaient demandé en décembre dernier un profond renouvellement du Festival de Berlin en nommant à sa tête une personnalité "passionnée de cinéma et qui dispose des meilleurs contacts dans le monde et soit en mesure, à l'avenir, de porter le festival au même niveau que Cannes et Venise".

Le Festival créé en 1951, considérant comme l'un des trois plus importants artistiquement dans le monde, n'a pourtant pas démérité sous l'ère Kosslick, débutée en 2001: Hayao Miyazaki, Paul Greengrass, Fatih Akin, Claudia Llosa, Asghar Farhadi, Jafar Panahi ont tous reçu l'Ours d'or. Mais la compétition est souvent très inégale, avec de nombreux films jugés assez faibles. Berlin est davantage renforcé par ses sélections parallèles : Panorama et Forum.

Christoph Terhechte, directeur de la section Forum, a prévu de partir en juillet, après 17 ans à son poste. Un remplaçant intérimaire doit être bientôt nommé. Tandis que Wieland Speck, directeur de la section Panorama depuis 1992, avait quitté son poste il y a deux ans, remplacé l'an dernier par le trio Paz Lázaro, Michael Stütz et Andreas Struck, trois de ses collaborateurs et collaboratrices depuis plusieurs années.