Europacorp pourrait être cédé à un fonds d’investissement américain

Posté par vincy, le 14 juillet 2019

Ce ne sera finalement pas Pathé. Pourtant le groupe français avait toutes les chances de reprendre Europacorp, le groupe de Luc Besson. Pathé avait déjà conclu un accord de distribution pour les trois films de la société qui étaient finalisés, dont le récent Anna de Luc Besson, et repris les multiplexes EuropaCorp.

En ce jour de fête national, l'ancien fleuron français, qui a déjà été pas mal déplumé suite au gouffre financier de Valérian, risque de passer sous pavillon américain l'année de ses 20 ans. En procédure de sauvegarde depuis le 13 mai, le groupe n'a plus d'autres choix que d'accepter l'offre de reprise du fonds d'investissement américain Vine Alternative Investments, l'un de ses créanciers. Selon le JDD, l’affaire s’est conclue le 3 juillet.

Lire aussi: EuropaCorp, le studio de Luc Besson, s’approche de la faillite

Pathé était pourtant en négociations exclusives depuis la fin mai, mais le groupe de Jérôme Seydoux ne serait pas parvenu à trouver un accord avec Vine notamment sur la restructuration des dettes. Pour Pathé, la pilule est amère: le catalogue d'Europacorp était une pépite alléchante.Selon Jérôme Seydoux, dans Le Monde, c'est un choix de Luc Besson qui a préféré l'offre de Vine à un partenariat avec Pathé. C'est d'autant plus paradoxal que c'était Luc Besson qui était venu chercher Pathé.

Vine n'a plus qu'à devenir un actionnaire incontournable. Mais on ne connait pas encore la fin de l'histoire puisque Besson doit présenter cette nouvelle offre dans le cadre d'un plan de sauvegarde au tribunal de commerce de Bobigny, qui avait donné six mois au groupe pour restructurer sa dette. Avec 340 millions d'euros de déficit cumulé depuis quatre ans et une dette de 140M€, il est encore possible qu'Europacorp disparaisse d'ici la fin de l'année si le tribunal rejette ce nouveau plan de sauvetage. Or, les comptes ne sont pas au beau fixe puisque et un film Anna ne devrait pas rentrer dans ses frais avec un box office qui risque de ne pas aller au dessus des 25M$ dans le monde.

Vine, deuxième partenaire financier d'Europacorp, apparait finalement comme la seule issue de secours possible pour que Luc Besson reste relativement indépendant. C'est sans doute là son choix: conserver un peu le pouvoir d'une société autrefois flamboyante.

Parasite bientôt en version doublée en français dans les multiplexes

Posté par vincy, le 11 juillet 2019

"Il y a quelques mois, Bong Joon Ho essayait de nous expliquer pourquoi #Parasite n’avait aucun potentiel en dehors de Corée. Merci au million de spectateurs français qui lui ont prouvé le contraire." Relayant ce message de Bong Joon ho sur twitter, le distributeur de Parasite, Palme d'or 2019, peut se réjouir.

Avec 1,11 million d'entrées mardi soir, le film de Bong Joon Ho est devenu le plus grand succès coréen en France (et le premier millionnaire en entrées). Il faut même remonter à 2005 pour trouver un tel succès pour un film venu d'Extrême-Orient. C'est aussi la Palme d'or la plus populaire depuis Entre les murs en 2008.

Logiquement The Jokers a annoncé qu'il travaillait actuellement une version doublée en français, chose très rare pour un film non anglophone. La sortie est calée pour début août, et qui va permettre au film, toujours dans le top 10 des entrées, de conquérir un public plus large, notamment dans les territoires où la vost est rarement diffusée. En ciblant les multiplexes, Parasite en VF pourrait viser les 2 millions de spectateurs.

En Corée du sud, Parasite a déjà récolté 71M$, et se classe déjà 3e du box office annuel.

Daniela Elstner remplace Isabelle Giordano à Unifrance

Posté par vincy, le 9 juillet 2019

Le 4 juillet, Serge Toubiana a été renouvelé à la présidence d'Unifrance, l’association en charge de la promotion du cinéma français dans le monde. Ce n'était pas vraiment une surprise puisqu'il n'avait qu'un candidat face à lui. En revanche, tout le monde s'interrogeait sur le nom du remplaçant ou de la remplaçante d'isabelle Giordano, à la direction générale de l'organisme.

Finalement, c'est Daniela Elstner qui aura cette responsabilité. Elle a d'ailleurs débuté chez Unifrance en 1996, avant d'intégrer les Films du Losange deux ans plus tard. "Durant 10 ans, Daniela Elstner y développe les ventes internationales, co-productions et sélections en festivals..." indique le communiqué. En 2008, elle s'en va diriger Doc & Film International. Tout son parcours a été lié à l'export. Depuis 2015, elle préside d'ailleurs l’Association des Exportateurs de Films (Adef): "Sous son impulsion, la société de distribution audiovisuelle s’ouvre aux longs métrages de fiction et de documentaire et constitue un catalogue de plus de 800 films vendus à travers le monde et reconnus par la critique internationale et les festivals (un Lion d’Or, deux Ours d’Or)." Elle est également trésorière de l’Association des Exportateurs Européens (Europa International) et du Syndicat des Entreprises de Distribution de Programmes Audiovisuels (SEDPA).

Isabelle Giordano avait annoncé il y a un mois qu'elle quittait ses fonctions. Elle occupait le poste depuis six ans et venait de célébrer les 70 ans d'Unifrance au Festival de Cannes. Dans un conteste difficile - où les films d'auteurs ont de plus en plus de difficulté à trouver un public - elle a su multiplier les rendez-vous (festivals, marché...) pour valoriser la diversité du cinéma français. Alors que le gouvernement actuel s'interroge sur la pertinence des aides du CNC, déplorant notamment la faible rentabilité des films et souhaitant davantage de films agissant comme arme culturelle diplomatique ("soft power"), Unifrance a su améliorer la visibilité des films dans des pays comme l'Australie, l'Inde, le Japon, ... en se calant notamment sur les stratégies exportatrices des professionnels français.

Le cinéma La Clef met la clé sous la porte

Posté par vincy, le 8 juillet 2019

Cela fait 15 mois que le cinéma indépendant La Clef lutte pour exister. Le cinéma parisien a annoncé hier "que l'aventure se termine". "Le Conseil Social et Économique de la Caisse d’Épargne d’île de France a décidé de mettre fin aux discussions" concernant le projet. "La complexité du projet dans son financement, les exigences posées pour la vente - que nous acceptions, auraient nécessité un délai supplémentaire qui ne nous a pas été accordé. Nous regrettons sincèrement ce choix mais il relève du droit du vendeur" expliquent les exploitants.

Le propriétaire du bâtiment - le Comité Social et Economique (instance qui remplace le Comité d’entreprise et dirigé par les syndicats majoritaires CGC et CFDT ) de la Caisse d'Epargne Ile-de-France - a finalement décidé (une fois de plus) de tuer ce cinéma indépendant qui était aussi un lieu d'échange culturel.

Malgré les soutiens et les partenaires engagés, la campagne de crowdfunding et le travail du collectif Laissez-nous la Clef, rien n'aura suffit. Et cette fois la Clef baisse le rideau. Rien ne dit que le CSE de la Caisse d'Epargne conserve l'activité culturelle du bâtiment dans un quartier où le prix du mètre carré avoisine les 13000 euros.

Seul cinéma associatif de la Capitale, La Clef disposait de deux salles de 120 et 65 places, tout en organisant de nombreuses manifestations. Il avait diffusé ses derniers films le 15 avril 2018.

La Fête du cinéma 2019 fait carton plein

Posté par wyzman, le 4 juillet 2019

Si l’on en croit la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), l’édition 2019 a attiré plus de 3,4 millions de spectateurs.

Gros chiffres et vague de chaleur

Dans son communiqué, la FNCF explique ainsi que la fréquentation de cette 35e édition de la Fête du cinéma qui s’est déroulée du 30 juin au 3 juillet était en hausse de 28% par rapport à l’édition 2018. Comprenez par là que s’ils étaient 3,4 millions à se presser au cinéma cette année, ils n’étaient « que » 2,7 millions en 2018.

Plusieurs facteurs expliquent cette excellente santé de la Fête du cinéma. A commencer par les fortes chaleurs qui ont réconcilié les spectateurs de l’Hexagone avec les salles climatisées. Ajoutons à cela les présences à l’affiche des blockbusters Toy Story 4, Aladdin, Men In Black: International, X-Men : Dark Phoeni ainsi que des cannois Parasite, Le Daim et bien évidemment Rocketman. N’oublions pas de mentionner les avant-premières exceptionnelles d’Anna de Luc Besson organisées par Pathé et la sortie du très attendu Spider-Man: Far From Home et le tour est joué.

Dans le détail, ce sont donc 979.000 spectateurs comptabilisés le dimanche 30 juin et 1,14 million rien que le mercredi 3 juillet. Dans son communiqué, la FNCF remercie bien évidemment ses différents ambassadeurs (Marilou Berry, Frédéric Chau, Hafsia Herzi et Raphaël Personnaz entres autres) ainsi que tous les distributeurs qui ont participé à l'opération. Pour rappel, cette 35e édition était notamment l’occasion de gagner des voyages à Hollywood, au Festival de Cannes 2020, au Warner Bros. Studio Tour de Londres ou encore un an de cinéma grâce au fameux « Fauteuil Gagnant » !

Oscars 2020 : Le CNC modifie les conditions d’éligibilité des candidats français

Posté par wyzman, le 3 juillet 2019

Cette année, la France ne va pas manquer de candidats sérieux pour la représenter dans la catégorie meilleur film en langue étrangère des Oscars 2020. Mais avant de se lancer dans l’éternel casse-tête du "Qui nous représentera ?", le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) est en train d’opérer quelques changements afin d’élargir le nombre de candidats possibles.

Une exploitation bouleversée

Selon le média américain Variety, le CNC serait en train de modifier ses critères d’éligibilité. Jusqu’ici, pour qu’un film puisse représenter la France aux Oscars de l’année suivante, il fallait qu’il ait été exploité en salle sur plusieurs dizaines d’écrans avant le 30 septembre. Avec son nouveau système, un film français pourra déposer sa candidature dès lors qu’il aura connu une exploitation en salle (même limitée) avant le 30 septembre. Si certains détails doivent encore être peaufinés, ces sorties limitées pourraient être de l’ordre d’au moins 6 projections sur une durée d’au moins sept jours, confie une source au magazine américain.

En plus d’offrir de nouvelles possibilités d’exploitations aux différents acteurs du secteur cinématographique, ces modifications laissent la possibilité à des films dont la sortie est prévue à l’hiver d’avoir leur chance. Car il convient de rappeler qu’auparavant, les films présentés à la Mostra (Venise), au TIFF (Toronto) ou au Zinemaldia (Saint-Sebastien) se retrouvaient systématiquement hors-course pour les Oscars. Voilà pourquoi personne ne semblait plus surpris de voir les films sélectionnés au Festival de Cannes toujours présents dans la shortlist. Pour rappel, 7 des 10 derniers candidats français ont été présentés sur la Croisette !

D’autres changements à venir

Petit bouleversement pour les exploitants de salles, la nouvelle éligibilité des candidats français pour les Oscars n’est pas le seul sujet d’interrogations. Et cela notamment parce que le CNC pourrait bien surprendre la presse en dévoilant les noms des nouveaux membres de la Commission chargée de la sélection de notre représentant. Pour assurer un meilleur équilibre, il se dit de plus en plus fort que Thierry Frémaux, l’actuel délégué général du Festival de Cannes et président de l’Institut Lumière de Lyon, devrait annoncer prochainement qu’il quitte son siège.

En attendant, le premier semestre désormais écoulé, certains candidats semblent déjà très sérieux. Il y a tout d’abord Les Misérables de Lady Ly qui fait la part belle aux violence policières et dont la sortie en salle est prévue pour le 20 novembre. Malheureusement, l’achat des droits américains par Amazon Studios pourrait faire grincer des dents le comité de sélection comme ce fut au cas au moment de l’annonce, à Cannes.

Ce qui laisse le champ un peu plus libre pour Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma. Le film visible dès le 18 septembre au cinéma évoque le désir ardent et la passion amoureux de deux femmes respectables au 18e siècle. Mais le François Ozon n’a pas dit son dernier mot. Dans le déjà sorti Grâce à Dieu, le cinéaste s’intéresse au combat des victimes d'abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise avec pour source d’inspiration, l’affaire Barbarin.

Les six premiers films de Jim Jarmusch en version restaurée

Posté par vincy, le 3 juillet 2019

Une rétrospective des six premiers films de Jim Jarmusch débutera le 3 juillet dans les salles avec leur ressortie en versions restaurés grâce au distributeur Les Acacias.

Permanent Vacation (1980, mais sorti en France en 1984), film d'une heure et quart, est sans aucun doute le moins connu, même s'il pose les bases du cinéma "jarmuschien". La collection comprend Stranger Than Paradise (1984), Caméra d'or à Cannes, à peine plus long, Down by Law (1986), en compétition à Cannes, avec Tom Waits, son fidèle John Lurie et Roberto Benigni, Mystery Train (1989), film à segments primé pour sa contribution artistique à Cannes, avec Tom Waits, Steve Buscemi, Nicoletta Braschi et Masatoshi Nagase.

Les deux autres films sont Night on Earth (1991) au casting étoilé (Gena Rowlands, Winona Ryder, Armin Mueller-Stahl, Rosie Perez, Isaach De Bankolé, Béatrice Dalle ) et Dead Man (1995, compétition cannoise), son film le plus spirituel, avec Johnny Depp, Gary Farmer, John Hurt, Robert Mitchum, Iggy Pop et Gabriel Byrne.

Si Jim Jarmusch est un cinéaste culte, certains de ces films otn aussi séduire un public plus large. Down by Law a ainsi attiré 635000 cinéphiles français et Stranger than Paradise a enregistré 380000 entrées (soit plus que son dernier film The Dead don't Die, qui a séduit 330000 zombies).

Cette ressortie de ces premiers films est l'occasion d'en finir avec les clichés sur son cinéma, dont la tonalité et l'esthétique sont beaucoup plus variées qu'on ne le croit, même si la poésie et l'errance restent ses fils conducteurs.

Anna : Luc Besson profite de la Fête du cinéma pour présenter son nouveau film

Posté par wyzman, le 1 juillet 2019

Deux ans après Valérian et la Cité des mille planètes, Luc Besson est de retour avec un nouveau film, Anna, qui n’est pas sans rappeler certains de ses précédents projets, Nikita (1990) et Lucy (2014) en tête !

Des avant-première dans toute la France

Depuis le 30 juin dernier et jusqu’à ce mercredi 3 juillet, la place de cinéma ne coûte que 4 euros dans le cadre de la Fête du cinéma. Et si cette dernière est généralement l’occasion pour de plus petits films, distributeurs et exploitants de sortir la tête de l’eau, c’était sans compter sur l’arrivée de Luc Besson à la fête. Car bien qu’Anna ne sorte pas avant le 10 juillet en France, le film sera tout de même projeté en avant-première un peu partout dans l’Hexagone dès ce mardi 2 juillet.

Evénement incontournable de ce début d'été, Pathé ne pouvait pas ne pas se joindre. Le studio a donc décidé de mettre en place une journée d’avant-premières ce mardi 2 juillet afin que le nouveau film écrit et réalisé par Luc Besson puisse élargir considérablement son audience. Pour rappel, le film porté par Sasha Luss, Helen Mirren, Luke Evans et Cillian Murphy est un thriller d’action dans lequel une espionne particulièrement douée se retrouve traquée de tous les côtés.

Si sur le plan financier, Luc Besson est loin d'être tiré d'affaire, ses derniers n'ont pas démérité. Valérian et la Cité des milles planètes (2017) a attiré plus de 4 millions de Français en salle, Lucy (2014) en a captivé plus de 5 millions tandis qu'ils étaient près d'un million à se laisser emporter par Malavita (2013).

Cannes 2019: Sciamma, Guzman, Pariser, Dumont et Breitman en avant-première au Louxor

Posté par vincy, le 25 juin 2019

Une semaine d'avant-premières de films du Festival de Cannes 2019 et de nombreuses rencontre se tiendront au cinéma Le Louxor à Paris du 26 juin au 2 juillet.

Demandez le programme de "Cannes au Louxor":

- MERCREDI 26 JUIN - 20H / SORRY WE MISSED YOU
Ken Loach - Sélection Officielle / Compétition

- JEUDI 27 JUIN - 20H / LA CORDILLÈRE DES SONGES
Patricio Guzman - Sélection Officielle / Séance spéciale - Prix de L'œil d'or du meilleur documentaire
séance suivie d'une rencontre avec Patricio Guzman

-VENDREDI 28 JUIN - 20H / LES HIRONDELLES DE KABOUL
Zabou Breitman, Éléa Gobbé-Mévellec - Sélection officielle / Un Certain Regard
séance suivie d'une rencontre avec Zabou Breitman et Éléa Gobbé-Mévellec

- SAMEDI 29 JUIN - 16H / J'AI PERDU MON CORPS
Jérémy Clapin - Semaine de la Critique - Grand prix de la Semaine de la Critique

- 18H / ALICE ET LE MAIRE
Nicolas Pariser - Quinzaine des Réalisateurs - Label Europa Cinémas
séance suivie d'une rencontre avec Nicolas Pariser

- 20H30 / JEANNE
Bruno Dumont - Sélection Officielle / Un Certain Regard - Mention spéciale du Jury Un Certain Regard
séance présentée par Bruno Dumont

- DIMANCHE 30 JUIN - 15H / CHAMBRE 212
Christophe Honoré - Sélection Officielle / Un Certain Regard - Prix d'interprétation pour Chiara Mastroianni

- 17H / BACURAU
Kleber Mendonça Filho - Sélection Officielle / Compétition - Prix du Jury

- 20H / FIRST LOVE
Takashi Miike - Quinzaine des Réalisateurs

- LUNDI 1er JUILLET - 20H / PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU
Céline Sciamma - Sélection Officielle / Compétition - Prix du scénario
séance suivie d'une rencontre avec Céline Sciamma

- MARDI 2 JUILLET - 20H / LE TRAÎTRE
Marco Bellocchio - Sélection Officielle / Compétition

Mark Rylance, William Shakespeare et une sale odeur de pétrole

Posté par vincy, le 23 juin 2019

Le comédien britannique Mark Rylance (Le Pont des espions, Dunkerque, Ready Player One) va quitter la Royal Shakespeare Company. En soi, pas une nouvelle extraordinaire. Excepté qu'il le fait pour une raison politique: il refuse de joindre son nom à une troupe aussi prestigieuse soit-elle qui se vend au mécénat de la compagnie pétrolière BP (British Petroleum). Il jouait au sein de la RSC depuis plus de 37 ans. De 1995 à 2005, il a également été le directeur artistique du Shakespeare's Globe Theatre.

L'acteur - Prix Laurence Olivier Awards en 1994 pour Beaucoup de bruit pour rien de William Shakespeare et en 2010 pour Jerusalem de Jez Butterworth, trois fois récompensé par les Tony Awards (Boeing Boeing, Jerusalem, La nuit des rois, toujours de Shakespeare), et meilleur acteur dans un second rôle pour Le Pont des espions de Steven Spielberg aux Oscars et aux Baftas - en a fait une cause engagée.

Engagé

"J'ai informé la Royal Shakespeare Company que je pensais devoir démissionner car je ne souhaite pas être associé à BP, comme je ne souhaiterais pas l'être à un marchand d'armes, un vendeur de tabac ou toute personne qui détruit délibérément la vie de personnes vivantes et à naître. William Shakespeare ne le voudrait pas non plus, je crois", écrit le comédien dans The Guardian.

Opposé de longue date à ce mécénat, et ne voyant pas la direction de la compagnie changer sa position, il a dramatisé la situation: "Je suis sûr que la RSC veut être du côté des jeunes qui changent le monde, pas des entreprises qui détruisent le monde".

La RSC voit là une mauvaise publicité et a répondu laconiquement qu'elle reconnaissait l'importance du débat face à l'urgence environnementale et climatique, qu'elle ne conteste pas (il manquerait plus que ça). Quant au mécène, il rappelle que ce soutien financier permet à 10000 jeunes d'acheter des billets à bas coûts.

BP et les autres compagnies pétrolières sont sous les feux des artistes et des militants environnementaux, qui critiquent leurs liens financiers avec des institutions culturelles alors qu'elles détruisent la planète. Tous réclament la fin de ces mécénats toxiques et anti-climatiques.