Isabelle Adjani chez Virginie Despentes

Posté par vincy, le 21 juillet 2018

Isabelle Adjani, lectrice à Avignon et star du prochain film de Romain Gavras, Le monde est à toi (sortie mi-août) livre un entretien fleuve à l'hebdomadaire Les inrocks. Elle y confie qu'elle tournera l'an prochain un film réalisé par Virginie Despentes, auteur de la trologie Vernon Subutex, du roman primé par le Renaudot Apocalypse bébé, membre de l'Académie Goncourt, et réalisatrice (Baise-moi, Bye Bye Blondie, d'après ses propres romans).

L'actrice quatre fois césarisée explique: "Je vais l'an prochain tourner un film de Virginie Despentes explorant à nouveau le lien de souffrance entre une mère et son fils, (...) avec un scénario écrit par Virginie Despentes et Santiago Amigorena. C'est un projet sur un moment de la vie de Maurice Utrillo et de sa mère, la peintre Suzanne Valadon. Cette femme a mis son fils, déjà alcoolique à 14 ans, à la peinture et elle s'est battue pour qu'il survive à ce qui était le sens de sa vie, à savoir le goût de la chute. Elle a été capable d'un très grand abandon dans l'amour de son fils, sans s'abandonner elle-même, mais elle semble, malgré elle, l'avoir aliéné à cette protection qu'un enfant attend de ses parents pour la vie entière."

Deneuve, Dolan, Vallée et un film avec Maïwenn

Dans l'entretien, elle évoque aussi Catherine Deneuve: "J'ai été fascinée, longtemps, par le visage marmoréen de Catherine Deneuve. A mes yeux de jeune fille, elle était une pharaonne blonde, avec cette sorte de perfection stable, inamovible, le chic absolu." Elle partage son amour pour Xavier Dolan ("Toutes les actrices l'adorent, rêvent de tourner avec lui, c'est un peu soûlant, tout ce monde qui fait la queue. Ça n'empêche pas d'être fan"). Elle ne cache pas son admiration pour un compatriote de Dolan, Jean-Marc Vallée avec qui elle aimerait "beaucoup tourner".

Outre son projet avec Despentes, son actualité théâtrale (lectures de la correspondance entre Camus et Casarès, Opening Night de Cyril Teste), elle révèle qu'elle sera aussi dans le prochain film de Yamina Benguigui (Inch'Allah dimanche), avec Rachida Brakni et Maïwenn. Les trois comédiennes seront trois sœurs qui se retrouvent à la mort de leur père.

Bruno Dumont va tourner la suite de Jeannette

Posté par vincy, le 20 juillet 2018


Le 5 août, Bruno Dumont recevra un léopard d'honneur au Festival de Locarno. Il accompagnera également la projection de Coincoin et les z'inhumains, la première série dans l'histoire de la manifestation à être projetée sur la Piazza Grande.

Si Coincoin est la suite du P'tit Quinquin, la folle série diffusée sur Arte en 2014, le prochain film du cinéaste sera aussi une suite. Le Film Français annonce que Bruno Dumont démarrera le tournage de Jeanne, la suite de Jeannette, l'enfance de Jeanne d'arc, le 6 août. Le drame musical est toujours inspiré de l'œuvre de Charles Peggy et Lise Leplat Prudhomme reprend le rôle de "la Pucelle d'Orléans". Cette fois-ci, on retrouve l'héroïne au début de l'année 1429, en pleine Guerre de Cent ans. Elle a délivré la ville d'Orléans. Guerrière qui dérange, elle est faite prisonnière avant d'être livrée aux Anglais, qui vont la conduire au bûcher après son procès.

Le budget est modeste (1,2M€). Les films du Losange distribueront le film l'an prochain alors que Memento avait assuré la distribution du premier opus (qui a été nommé l'an dernier au Prix Louis-Delluc).

Les rencontres animées de l’été (1/6) : Nara Normande, réalisatrice de Guaxuma

Posté par MpM, le 20 juillet 2018

A l'occasion de cette pause estivale, Ecran Noir part à la rencontre du cinéma d'animation. Six réalisatrices et réalisateurs de courts métrages parlent de leur travail, de leurs influences et du cinéma en général.

Pour ce premier épisode, nous avons posé nos questions à Nara Normande, réalisatrice brésilienne révélée dès son premier film Dia estrelado en 2011, puis sélectionnée à la Quinzaine des réalisateurs en 2014 avec Sem Coração, co-réalisé avec Tião.

Au dernier festival d'Annecy, elle présentait Guaxuma, un court métrage intime sur ses souvenirs d'enfance, et la profonde amitié qui la liait à son amie Tayra. Une oeuvre délicate qui donne toute sa mesure à l'animation de sable et évoque la douceur des paradis perdus, avant de se voiler peu à peu d'une mélancolie contagieuse et profonde.

Ecran Noir : Comment est né le film ?

Nara Normande : La plage où j’ai passé mon enfance m’inspire toujours. C’était à Guaxuma, où j’ai tourné mon court précédent (Sem Coração, co-réalisé par Tião). Après la mort de mon amie d’enfance Tayra, j’ai eu envie de parler de cette plage et de cette amitié avec un rapport plus personnel.

EN : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les choix esthétiques ? Comment se sont-ils faits ?

NN : La technique que j’utilise dans mes films dépend de l’histoire que je veux raconter. Guaxuma parle des souvenirs et des rêves, et pour moi le film est arrivé naturellement comme une animation. Utiliser le sable de différentes façons me semblait un bon choix. Je n’avais  jamais travaillé avec du sable, mais j'aime découvrir des nouveaux univers et les défis me motivent.

EN : Le film traite d'un sujet intime. Comment avez-vous abordé cet aspect-là tout au long du processus ?

NN : Au début c’était dur, c’est un sujet très émouvant pour moi.  Mais il y a eu des personnes essentielles dans le processus comme Tião (consultant scénario) - qui m’a suivie depuis la première version - et Eduardo Serrano (monteur) - qui a commencé à travailler au montage depuis les premiers dessins du story-board. Ils avaient une vision plus éloignée de l’histoire et ça m’a aidée. Mais avec le temps, j’ai pu laisser l’émotion de côté et penser plus objectivement au film. J’étais tranquille quand on a commencé la tournage. La décision de laisser ma propre voix (prise juste au dernier moment) était aussi difficile, et l'actrice Maeve Jinkings, qui a fait la direction de voix, a également été essentielle pour le processus.

EN : Quel a été le principal challenge au moment de la réalisation ?

NN : Avoir la persévérance et la patience pour finir le film comme il le méritait et ne pas laisser les animateurs et animatrices perdre leur motivation. C’est un film assez compliqué techniquement, l’animation de sable est une de plus difficiles à faire - chaque personne faisait une moyenne de 5 images par jour.

EN : Quel genre de cinéphile êtes-vous ?

NN : Mauvaise ! S’il y a un film qui m’inspire, je prends des notes, je le revois souvent… mais je ne vais pas nécessairement voir toute la filmographie du réalisateur ou de la réalisatrice. C’est arrivé quelques fois, bien sûr, mais ce n’est pas commun.  Il y a beaucoup de films que je veux voir, mais j’y vais doucement. Mon père, lui, il est un cinéphile! Il connait le cinéma beaucoup mieux que moi et il m’a clairement inspirée pour travailler dans le cinéma…

EN : De quel réalisateur, qu’il soit ou non une référence pour votre travail, admirez-vous les films ?

J’aime beaucoup Lucrecia Martel et Agnès Varda, par exemple. Dans Guaxuma,  j’ai fait un hommage direct à Agnès, à ces plages. Aussi, j’ai choisi de faire le mix du son avec Emmanuel Croset, qui est le mixeur de la plupart de films de Lucrecia. J’aime le cinéma des Dardenne aussi. Ici, au Brésil, il y avait Hector Babenco (Pixote) et Andrea Tonacci (Serras da Desordem). Il y a aussi des films d’animation qui m’ont inspirée pour Guaxuma, comme les courts The man with the beautiful eyes, de Jonathan Hodgson et This Could Be Me, de Michaela Pavlátóva. Dans les longs animés, j’aime bien Persepolis. Il y a pas mal de gens qui m’inspirent !

Quel film (d’animation ou non) auriez-vous aimé réaliser ?

La Cienaga de Lucrecia Martel.

Comment vous êtes-vous tournée vers le cinéma d’animation ?

J’ai toujours aimé le cinéma, mais je n’aimais pas les films d’animation que je voyais pendant l’adolescence (je ne suis pas très partisane de l’animation 3D). J’aimais aussi sculpter des poupées, dessiner. Peu à peu j’ai commencé à découvrir les courts métrages d’animation indépendants et j’ai été fascinée. Au lycée, j’ai fait mes premiers tests de cinéma en stop motion, c’était plus facile car je n’avais pas besoin d’une grande équipe. Après, j’ai écrit mon premier film professionnel en stop motion. J’ai eu un budget pour le faire et j’appris à le réaliser pendant la production avec beaucoup de recherches et d’efforts. En 2010, j’ai commencé à travailler dans un festival international d’animation,  j’étais en charge de la programmation du festival pendant 5 ans. Encore aujourd'hui je travaille dans la programmation de quelques festivals au Brésil (surtout les programmes animés) et cette expérience est super important pour ma formation comme réalisatrice.

Comment vous situez-vous par rapport au long métrage ? Est-ce un format qui vous fait envie ou qui vous semble accessible ?

J’ai un projet de long-métrage avec Tião, co-réalisateur de Sem Coração, qui sera produit par Emilie Lesclaux (Les Bruits de Recife, Aquarius). C’est un film en prise de vues réelles inspiré de l’univers de notre court-métrage Sem Coração. J’ai un projet d’un deuxième long que je vais réaliser toute seule, c’est aussi en prise de vues réelles, mais il y a un rapport avec un monde fantastique et l’univers artistique de l’animation. Je veux réaliser un long-métrage d’animation d’ici quelques années quand j’aurai plus d’expérience. Il faut avoir un bon budget et être encore plus persévérante pour le faire et je ne suis pas prête encore.

Comment voyez-vous l’avenir du cinéma d’animation ?

Je pourrais emprunter beaucoup de chemins pour répondre votre question. Mais je vais en choisir un : je vois aujourd'hui moins de préjugés et de barrières entre le cinéma en prise de vues réelles et le cinéma animé et je pense que c’est un bon signe.  Mais le cinéma animé est encore jugé comme un genre et pas comme un moyen de raconter une histoire, soit-elle fiction, documentaire ou expérimentale. Je pense qu’il faut séparer la façon de les produire et de les financer car c’est un processus technique assez différent, mais pas la façon de les voir.

Nara Normande sur Viméo

* Découvrir le film via Arte

* Découvrir le making-of via Arte

Une nouvelle équipe pour la Quinzaine

Posté par vincy, le 20 juillet 2018

Alors que la Quinzaine des Réalisateurs va changer de Délégué général avec l'arrivée de Paolo Moretti (lire notre article du 2 mars), celui-ci a recruté cinq nouvelles personnalités pour l'épauler pour la prochaine édition (15-25 mai 2019).

Le comité de sélection sera composé de Paolo Bertolin, Anne Delseth, Claire Diao, Valentina Novati et Morgan Pokée.

Paolo Bertolin a été membre du comité de sélection du Festival de Venise, puis son consultant régional chargé de territoires, tels l’Asie du Sud-Est, le sous-continent indien, l’Océanie, la Turquie et la Corée du Sud. Il a ausssi collaboré à différentes manifestations comme le Festival International de Rotterdam, le Doha Film Institute, le Festival de Locarno, Udine Far East Film Festival, Visions du Réel, la Semaine de la Critique à Cannes, et les Festivals Internationaux de Mumbai, Beijing, Hanoï et Bratislava.

Anne Delseth a débuté au Festival international de Films de Fribourg. Elle a également travaillé en tant qu’assistante de production pour des films d’Ursula Meier et de Jean-Stéphane Bron. En 2011 elle est chargée des ventes internationales pour Urban Distribution. Membre du comité de sélection de la Quinzaine des Réalisateurs depuis 2012, elle a rejoint le comité de sélection du Festival de Locarno pour l’édition de 2018. Elle est également consultante pour le Festival du film Fantastique de Neuchâtel et le Festival de Zürich. Enfin elle dirige aussi une salle de cinéma d’art et d’essai à Lausanne, le Cinema City Club.

Claire Diao a initié en 2013 le programme itinérant de courts métrages Quartiers Lointains diffusé entre la France, les États-Unis et plusieurs pays d’Afrique, et co-fondé en 2015 la revue panafricaine de cinéma Awotele avant de créer fin 2016 la société de distribution de films d’Afrique et de la diaspora Sudu Connexion. Auteure de l’essai Double Vague, le nouveau souffle du cinéma français, aux éditions Au Diable Vauvert, elle est aussi animatrice des Expressos du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand et chroniqueuse dans l’émission Le Cercle sur Canal + Cinémas, dans le JT Afrique de TV5 Monde et présentera les films de la chaîne France Ô à partir de septembre 2018.

Valentina Novati a travaillé dans la production, sur les films de Thierry Jousse, Erick Zonca, Eva Ionesco, entre autres. Elle crée en 2010 la société Independencia, qui à partir de 2014 se détachera en deux entités distinctes : Norte Productions et Norte Distribution. Elle a produit une quinzaine de films, dont ceux de Luc Moullet, André S.Labarthe, Antoine d’Agata, Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor, et en a distribué une trentaine.

Enfin, Morgan Pokée, auteur à Critikat et à la revue bimestrielle La Septième Obsessio, a créé en 2012 de Répliques, revue d’entretiens autour du cinéma. Chargé d’enseignement à l’Université de Rennes 2 en 2016, il anime des ateliers autour de la critique et intervient régulièrement dans les salles pour des modérations et des rencontres. Depuis juin 2016, il est le programmateur du cinéma Le Concorde de La Roche-sur-Yon et conseiller de programmation pour le Festival International du Film de La Roche-sur-Yon.

Arsène Lupin : Omar Sy sera la star de la prochaine série originale française de Netflix

Posté par wyzman, le 19 juillet 2018

Voilà sans l'ombre d'un doute la nouvelle la plus importante du jour : Omar Sy incarnera le gentleman-cambrioleur Arsène Lupin dans une série de Netflix centrée sur le personnage créé par Maurice Leblanc.

Une annonce atypique

Pour délivrer la bonne nouvelle à ses abonnés, le géant du streaming n'y est pas allé par quatre chemins. En effet, c'est sur Twitter que les 724.000 internautes qui suivent le compte français de Netflix ont découvert l'information via un échange de tweets entre la compagnie américaine et l'acteur français de 40 ans.

L'échange de tweets, retweeté plus de 200 fois, n'a pas manqué de générer un certain buzz. Par la suite, Omar Sy n'a pas caché sa joie à l'idée de participer à ce nouveau projet - qui doit en outre redorer le blason de Netflix suite aux critiques assassines de son autre bébé français, j'ai nommé Marseille. "Je suis enchanté à l'idée de jouer ce personnage charismatique qu'est Arsène Lupin dans cette adaptation moderne et inattendue. Rejoindre Netflix, qui a déjà accueilli tant de projets de qualité et de tout genre, que j’ai toujours plaisir à découvrir, m’inspire beaucoup" a-t-il déclaré.

Fière de son succès et de ses 130 millions d'abonnés présents dans 190 pays, Netflix compte m:arquer les esprits avec cette série dont première saison est attendue pour 2020. Gaumont, co-producteur de la série Arsène Lupin, a d'ores et déjà collaboré avec Netflix sur Narcos, la série centrée sur la traque de Pablo Escobar et et la montée en puissance du cartel de Medellin.

Pour rappel, Netflix a récemment délivré les hits La Casa de Papel et 13 Reasons Why - dont les saisons 3 sont d'ores et déjà très attendues pour 2019. Cet hiver, l'entreprise mettra en ligne les nouveaux épisodes de The Crown (avec un nouveau casting) après avoir offert à ses abonnés l'ultime chapitre de House of Cards.

Le nouveau film de Damien Chazelle ouvrira le 75e Festival de Venise

Posté par vincy, le 19 juillet 2018

On ne change pas une martingale qui gagne. La La Land avait commencé sa carrière à Venise en ouverture (avant d'emporter la Coupe Volpi de la meilleure interprétation à Venise pour Emma Stone). Damien Chazelle revient au lido avec son nouveau film, First Man, qui fera l'ouverture du 75e Festival de Venise le 29 août prochain.

First Man: le premier homme sur la Lune, avec Ryan Gosling, est l'histoire de l'astronaute Neil Armstrong lors des années qui précèdent la fameuse mission Apollo 11 où il a posé les pieds sur la Lune en 1969. Au générique, on retrouve également Claire Foy, en épouse de Gosling, Pablo Schreiber, Janet Shearon, Kyle Shandler, Jason Clarke, Ciaran Hands, Patrick Fugit, Christopher Abbott et Corey Stoll.

Le réalisateur oscarisé a expliqué qu'il s'agissait davantage d'un film sur une mission que d'un film biographique.

Rappelons que Gravity, autre film spatial, avait aussi ouvert Venise, tout comme Black Swan, Birdman, Everest ou Downsizing l'an dernier. Le Festival a toujours fait la part belle aux films américains (et oscarisables).

Cette année, Guillermo del Toro, Lion d'or en 2017 avec La forme de l'eau, préside le jury. Parmi les premières rumeurs sur la compétition (en attendant la révélation le 25 juillet), on pourrait retrouver les films de Jacques Audiard, Xavier Dolan, Lenny Abrahamson, Luca Guadagnino, Barry Jenkins, Pablo Trapero et Felix Van Groeningen. Il reste l'inconnue Roma d'Alfonso Cuaron, qui est déjà calé pour le Festival de New York en octobre. Tandis que High Life de Claire Denis a réservé sa place à San Sebastian fin septembre.

Les reprises de l’été: Dennis Hopper, Blake Edwards et Nicolo Ferrari

Posté par vincy, le 18 juillet 2018

The Last Movie (Director's Cut) de Dennis Hopper (1971)

L'histoire: Une équipe de cinéma est venue tourner un western dans un village péruvien niché dans les Andes. Une fois le film terminé, tous les Américains s’en vont, à l’exception de Kansas, l’un des cascadeurs, qui souhaite prendre du recul vis-à-vis d’Hollywood et s’installer dans la région avec Maria, une ancienne prostituée. Les choses dégénèrent lorsque les habitants décident de tourner leur propre film : les caméras, les perches et les projecteurs sont faux, mais la violence qu’ils mettent en scène est elle bien réelle. Kansas va se retrouver héros malgré lui de cette « fiction »…

Pourquoi il faut le voir? Après le succès d'Easy Rider en 1969; Dennis Hopper se lance dans une production beaucoup plus ambitieuse, qui sera récompensée au Festival de Venise, mais qui connaîtra un fiasco commercial suffisamment énorme pour que le comédien ne tourne plus pendant 9 ans. Universal avait laissé le "Final Cut" au cinéaste. Désorientés par le film, les pontes du studio ont abandonné la distribution et tous les droits du film, qu'ils ont cédé au réalisateur, qui ne peut tirer que quelques copies pour le présenter dans des festivals. Film rare, c'est ici la version originale qui ressort. Avec 40 heures de rush, il lui avait fallu une année pour monter son film. C'est aussi ici qu'on voit pour la première fois Jris Jristofferson. Et on remarque la présence de Samuel Fuller dans l'un des rôles principaux. Le film maudit n'est pas un chef d'œuvre mais son côté expérimental, chaotique, violent, confus et les splendides paysages péruviens, peuvent aussi être vius comme une mise en abyme d'une Amérique et d'un Cinéma condamnés à l'extinction.

The Party de Blake Edwards (1968)

L'histoire: Hrundi V. Bakshi est figurant d'une importante production hollywoodienne. Mais il met un temps inifini à mourir sous les balles de l'ennemi, ce qui provoque l'ire du réalisateur. A la fin de la séquence, la production se met en place pour l'explosion d'un décor imposant : un fort reconstitué. Mais ce serait sans compter le lacet d'Hrundi. celui-ci le refait en appuyant son pied sur le déclencheur de dynamite. Le fort explose sans qu'on ait pu tourner une seconde de film. Il est viré.
Le cinéaste appelle son producteur et lui demande de ne plus jamais employer ce maladroit. Celui-ci lui promet et note son nom sur un bout de papier, que sa secrétaire va prendre pour le patronyme d'un invité oublié à sa fameuse party.

Pourquoi il faut le voir? "Film quasi expérimental (y compris dans sa réalisation), il s'agit sans doute d'un délire les plus fous et les plus absurdes du 7ème art". Ainsi commence notre critique du film, excellent antidépresseur dopé par un Peter Sellers prodigieux. Là aussi il s'agit d'une destruction de cinéma (juste le décor) et d'un cataclysme qui cause gags et farces cultes. Blake Edwards est à son top avec cette comédie démente qui parodie Antonioni et copie Tati. Contrairement aux drôleries de l'époque, celle-ci se base sur un humour où l'image vaut milles répliques (même si certaines sont cultissimes). Improvisées et filmées en plans séquences, les scènes s'emboitent ainsi dans un grand capharnaüm, pour ne pas dire un joyeux bordel dévastateur. The Party est devenue au fil des années une référence, sans doute aussi la quintessence du génie de Sellers (avec Dr Folamour). De nombreux sketches ou films font référence à un des ingrédients de ce cocktail explosif de la comédie américaine.

Laura nue de Nicolo Ferrari (1961)

L'histoire: Laura, belle et jeune Italienne, épouse Franco pour se plier aux convenances. Très vite, elle s'ennuie dans son ménage et, n'éprouvant aucun amour pour son mari, va chercher le bonheur auprès d'autres hommes. C'est ainsi qu'elle rencontre Marco, un jeune professeur qui devient rapidement son amant...

Pourquoi il faut le voir? La version restaurée de ce film permet aussi de découvrir un cinéaste, âgé de 90 ans aujourd'hui, oublié du cinéma italien. A l'époque, Laura nue avait subit les critiques virulentes de l'église catholique face à ce portrait de femme plutôt politique. Outre la beauté de Giorgia Moll (Le Mépris de Godard, deux ans plus tard), on remarque avant tout son personnage qui hésite à rentrer dans l'âge adulte (autrement dit, mariage, maternité etc...), malgré un petit ami bellissimo (Nino Castelnuovo, amoureux transi de Deneuve dans Les parapluies de Cherbourg trois ans plus tard). Si elle se marie logiquement avec lui, elle devra se confronter à un dilemme, en rencontrant un autre bello ragazzo (Tomas Milian, qu'on verra aussi bien chez Antonioni, Bertolucci, Audiard, Reed, et The Last Movie de Dennis Hopper), dont elle devient la maîtresse. On comprend que ce ne soit pas très catholique. Mais c'est en fait sublimement sensible et assez sensuel. Nicolo Ferrari met ainsi en face à face une société conventionnelle ennuyeuse et une liberté amoureuse stérile, l'amour et le désir, l'émancipation féminine et l'indépendance sexuelle. C'est finalement un regard sur une détresse existentielle, si on voit au delà des plans fortement érotisants de l'héroïne.

Russie: Kirill Serebrennikov toujours assigné à résidence, Oleg Sentsov toujours emprisonné

Posté par vincy, le 18 juillet 2018

La justice russe a prolongé mercredi 18 juillet de plus d'un mois l'assignation à résidence du metteur en scène et cinéaste russe Kirill Serebrennikov, accusé de détournements de fonds, rapporte l'AFP. Le cinéaste était en compétition à Cannes cette année avec son film Leto. L'assignation à résidence a été prolongée jusqu'au 22 août. Le tribunal a aussi prolongé jusqu'au 19 septembre l'assignation à résidence de la directrice du Théâtre académique de jeunesse (RAMT) Sofia Apfelbaum, arrêtée dans le cadre de l'enquête visant Serebrennikov.

"Ce qui se passe avec moi et les autres personnes dans cette affaire peut être qualifié d'un seul mot: absurde", a réagi lors de l'audience le réalisateur, cité par l'agence RIA Novosti. Arrêté fin août 2017, il est accusé d'avoir détourné à travers son théâtre près d'un million d'euros de subventions publiques grâce à un système de devis et factures gonflés entre 2011 et 2014.

De son côté le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov est toujours emprisonné, alors qu'il vient d'entamer son 66e jour de grève de la faim. Il est détenu depuis 2014. Il avait été condamné à 20 ans de camp pour "terrorisme" et "trafic d'armes" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" et de "parodie de justice" par Amnesty International. Les présidents russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Petro Porochenko, cherchaient une solution en mai dernier, soit un éventuel "échange de prisonniers" entre les deux pays.

Serebrennikov comme Sentsov bénéficient d'appels et de soutiens internationaux, dans les journaux ou lors des festivals (Cannes, Avignon...).

> Lire aussi :  19 grands noms du cinéma européen se mobilisent pour un cinéaste Ukrainien et Mobilisation pour le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie

C'est sans effet. Malgré cette mobilisation médiatique d'auteurs, d'acteurs, d'artistes renommés, Serebrennikov et Sentsov sont toujours à la merci du pouvoir russe. Le Président français Emmanuel Macron, à l'occasion de la finale de la Coupe du monde de football, aurait évoqué le cas de Sentsov auprès du Président russe, Vladimir Poutine. Ce serait la deuxième fois, après la visite en Russie en mai de Macron, que le cas du réalisateur ukrainien s'inviterait dans la discussion entre les deux chefs d'Etat.. Sans résultat.

Wolf Brigade : Netflix diffusera le film de Kim Jee-woon

Posté par wyzman, le 18 juillet 2018

Il y a quelques heures, le très sérieux magazine Variety a annoncé la nouvelle : c'est Netflix qui a acquis les droits internationaux de Illang : The Wolf Brigade, le nouveau film du Coréen Kim Jee-woon jusque-là appelé Inrang et qui est le remake en live-action du film d'animation japonais Jon-Roh : The Wolf Brigade.

Une acquisition complexe

Déjà présenté comme un thriller d'action, Illang : The Wolf Brigade de Kim Jee-woon se déroulera en 2029, alors que l'on suit différentes équipes des forces spéciales mises en place pour réprimer une secte terroriste qui s'oppose à la formation d'un gouvernement commun entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.

D'après le média américain, Netflix a ainsi acquis les droits à l'international de Illang : The Wolf Brigade tandis que les droits de diffusion sur le sol coréen devraient revenir à Warner Bros, ce qui prend en compte les sorties en salle de cinéma. Pour rappel, le dernier film de Kim Jee-woon, The Age of Shadows avait été distribué par Warner Bros. Déjà sélectionné pour l'édition 2018 du festival international de San Sebastian qui se tiendra du 21 au 29 septembre prochains, Illang : The Wolf Brigade doit sortir sur le sol sud-coréen le 25 juillet.

Doté d'un budget de 18 millions de dollars d'après les médias coréens, Illang : The Wolf Brigade disposait d'un feu vert depuis 2013. Mais il aura fallu attendre août 2017 pour que le tournage débute finalement. Le film a nécessité un grand travail au niveau des effets spéciaux. Ce qui a notamment plu à Netflix qui continue de vouloir percer sur les marchés internationaux grâce à des projets ambitieux et innovants.

Grâce à Illang : The Wolf Brigade, le géant du streaming poursuit donc son incursion dans le cinéma coréen. En effet, Netflix a d'ores et déjà acquis les droits de Love Alarm, une série créée au début de l'année, et commandé deux saisons de Kingdom, une série historique mêlée à de la science-fiction derrière laquelle sa cache Kim Seong-hun, le directeur du film Tunnel. Enfin, personne a oublié l'arrivée d'Okja dans la compétition cannoise en 2017.

en 2017.

3 raisons d’aller voir The Guilty

Posté par vincy, le 18 juillet 2018

The Guilty, thriller danois de Gustav Möller, est l'histoire d'une femme kidnappée qui contacte la police. Mais la ligne est coupée. Le policier qui a reçu l'appel ne peut compter que sur ses intuitions, son imagination et le téléphone: chaque son peut avoir son importance pour sauver son interlocutrice.

De multiples récompenses. Prix de la critique au Festival de Beaune, prix du public et de la jeunesse à Rotterdam, prix du public à Sundance, ce film danois a déjà fait parler beaucoup de lui depuis janvier. Et si c'était le polar "sleeper" de l'été, ce succès inattendu qui survient chaque année à la même période? Il y a en effet tous les ingrédients pour captiver l'audience en 85 minutes chrono. Le film peut d'ailleurs faire penser à l'excellent Buried de Rodrigo Cortes. Un huis-clos (unité d'espace) anxiogène et suffocant. Mais, en filmant en temps réel (unité de temps), le cinéaste s'offre une deuxième contrainte, qui rappelle Victoria de Sébastien Schipper. Deux formes de cinéma qui donnent à une histoire banale son aspect fascinant.

Palpitant. Pas besoin de beaucoup d'effets pour nous faire palpiter. On ne peut pas dire que The Guilty soit un film d'esbrouffe. Il a cette épure et cette austérité toute scandinave. C'est le scénario, jusqu'au dénouement, qui produit la meilleure énergie à ce film immersif qui stimule notre propre imagination. Nous sommes le flic. Nous cherchons aussi à savoir ce que nous avons entendu, compris, deviné. Non exempt de sueurs froides et de suspens, le polar a un autre atout majeur, techniquement: le travail sur le son est d'une précision millimétrée. Au passage, le cinéaste rappelle que le cinéma est un art de l'illusion fondé sur des techniques accentuant au moins deux sens: la vue et l'ouïe.

Hors-champ. C'est peut-être là ce qu'il faut retenir du film. Le spectateur interagit avec l'histoire parce que l'essentiel du récit se déroule hors-champ, c'est-à-dire dans ce qu'on ne nous montre pas. Ainsi quand la victime appelle, on sent bien la frénésie qu'il y autour d'elle. Pourtant, nous ne voyons que le visage propret du policier dans son centre d'appel. Au contraire du son qui est analysé, décrypté, décodé, l'image est laissée à notre imaginaire. Un peu comme lorsqu'on nous lit une histoire. Chaque bruit a son importance et nous projette un monde nouveau. C'est maîtrisé, tendu, efficace. Sous son apparence manipulatrice, The Guilty est surtout psychologique, voire mentale. Pour le spectateur.