Cannes 2016 : Cannes Soundtrack Awards pour Cliff Martinez et Bruno Dumont

Posté par MpM, le 23 mai 2016

soundtrack

Si l'on récompense à Cannes les meilleurs acteurs, les plus grands scénaristes et même la prestation canine la plus convaincante, la musique, elle, était jusqu'à peu injustement exclue de ces multiples palmarès. Heureusement, depuis 2012, le prix Cannes Soundtrack décerné par un jury indépendant de journalistes internationaux permet de mettre en valeur le travail primordial des compositeurs et superviseurs musicaux qui font bien plus qu'habiller un film, mais lui apportent une dimension supplémentaire permettant d'exprimer d'une autre manière les émotions et la tonalité voulues.

Après Lim Gion pour The assassin de Hou Hsiao-Hsien, c'est donc Cliff Martinez (qui avait déjà collaboré avec Nicolas Winding Refn pour Only God forgives et Drive) qui a été récompensé cette année pour la musique très expressive de The neon Demon de Nicolas Winding Refn. Tantôt lancinante et ultra-rythmée, hallucinée et délicate, elle donne au film une identité sonore forte, entre étrangeté contenue et cauchemar anxiogène. L'apport de Martinez est d'ailleurs évidente dans l'esthétique choc du film et dans la recherche formelle quasi abstraite du réalisateur danois. A noter que la bande-originale du film sera éditée à partir du 3 juin prochain.

En parallèle, le jury a décidé de distinguer Bruno Dumont pour son utilisation d'un morceau préexistant de Guillaume Lekeu, Barberine : Prélude au 2e acte, dans Ma Loute. Cette musique orchestrale fait office de thème principal décliné tout au long du film, auquel elle apporte un lyrisme étonnant, en contraste permanent avec le ton à la fois potache et fantasmagorique de cette comédie souvent outrancière.

Palmarès Cannes Soundtrack 2016

"Coup de Cœur" de la Meilleure Musique de Film Originale
Cliff Martinez pour The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Award de la Meilleure Musique Synchronisée
Bruno Dumont pour Ma Loute

Cannes 2016: Ken Loach reçoit sa deuxième Palme d’or

Posté par vincy, le 22 mai 2016


Cette année, il y avait deux sortes de films en compétition au 69e Festival de Cannes: ceux qui observaient le monde, sans oublier de nous faire sourire ou de nous séduire, et ceux qui plombaient le moral avec une vision dépressive ou hystérique des rapports humains. Clairement, le jury a choisi la seconde catégorie, oubliant les amples, beaux ou audacieux Aquarius, Toni Erdmann, Elle ou encore Rester vertical.

Non cette année, le jury a aimé le drame social le plus sombre, les émotions manipulées, des scénarios très classiques et souvent balisés. On se félicitera de prix de la mise en scène pour Assayas (pas de jaloux dans son couple puisque Mia Hansen Love a remporté le prix équivalent à Berlin en février dernier). Deux prix pour Farhadi c'est aussi un film en moins de récompensé. Une deuxième Palme pour Ken Loach, grand monsieur et grand cinéaste, n'est pas honteuse mais son film est mineur et bien moins subtil que la dénonciation de la mondialisation dans Toni Erdmann ou la consécration de la résistance dans Aquarius.

Alors voilà, on vous aimait bien membres du jury. Votre délibération a été passionnelle, très très longue. Mais on préférera notre palmarès, car ce sont ces films qui nous resteront en mémoire, plus que les vôtres, à quelques variantes près.

Palme d'or: Moi, Daniel Blake de Ken Loach (Royaume Uni)

Grand prix du jury: Juste la fin du monde de Xavier Dolan (Canada)
Mise en scène: Cristian Mungiu (Baccalauréat, Roumanie) et Olivier Assayas (Personal Shopper, France)
Interprétation masculine: Shahab Hosseini dans Le client (Iran)
Interprétation féminine: Jaclyn Jose dans Ma'Rosa (Philippines)
Scénario: Asghar Farhadi pour Le client (Iran)
Prix du jury: American Honey d'Andrea Arnold

Palme d'or du court métrage: Timecode de Juanjo Gimenez (Espagne)
Mention spéciale Court métrage: A moça que dançou com o diabo de Joao Paulo Miranda Maria (Brésil)

Caméra d'or: Divines d'Houda Benyamina - Quinzaine des réalisateurs (France)

Cannes 2016: Notre palmarès idéal et celui de nos cauchemars

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Imaginons un anti-palmarès cannois. Ceux qu'on ne veut pas voir dans certaines catégories. Voilà ce que cela donnerait après une 69e édition sans grand favori évident et dont de nombreux films ont particulièrement divisé.

Anti-palmarès

Imaginons maintenant que nous soyons au jury. Comme nous avons aimé plusieurs films, ce sont ceux-là que nous aimerions voir au Palmarès ce soir. Et cette année, il y a une certaine unanimité de notre côté.

Palmarès de MpM

Palmarès de Vincy

[20 ans de festival] Cannes 2016 : 2014-2015 – Désaccords hiérarchiques

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Les deux dernières années, nous avons manifesté notre désaccord profond avec les choix du jury. Ce ne sera ni la première ni la dernière fois, mais généralement, ça s'alterne. L'enchaînement nous contrarie.

En 2014, Mommy de Xavier Dolan, Mr Turner de Mike Leigh, Les nouveaux sauvages de Damián Szifron, Timbuktu d'Abderrahmane Sissako et surtout Still the Water de Naomi Kawase restent parmi nos grands ou beaux souvenirs de spectateurs. Et pourtant, nous n'avons pas toujours défendu le cinéma de Kawase, mais là elle nous avait mis à terre, et en pleurs. Ignorée par le jury. Alors, certes, Mr. Turner et Mommy ont été au palmarès mais, pour le reste, on a vite compris que le jury de Jane Campion était adepte de films froids et grandiloquents à l'instar de cette tragédie shakespearienne boursoufflée (Winter Sleep de Nuri Bilge Ceylan) ou de cette fable naturaliste sans émotion (Les Merveilles d'Alice Rohrwacher).

C'est tout le problème que l'on vit à Cannes. Quels films défendre? Un cinéma pas forcément facile à aborder au nom du droit à exister ou un cinéma d'auteur qui peut devenir aussi populaire.

C'est souvent sur ce déséquilibre que nos avis divergent. Même si parfois, le formalisme pure, l'innovation de la narration (Oncle Boonmee par exemple) nous séduisent.

L'an dernier, cependant, nous n'avons pas mieux compris les choix du jury des frères Coen. Dheepan, sérieusement, Palme d'or, ça nous a fait presque rire. Le plus mauvais film de Jacques Audiard supplante Carol et son émotion tendue, Le fils de Saul (certes Grand prix) et son audace formelle (en plus de son sujet saisissant), The Assassin (certes prix de la mise en scène), plus beau film de la décennie, Au-delà des montagnes, qui en dit davantage sur notre monde que le parcours nihiliste du personnage de chez Audiard, The Lobster, portrait jouissif d'une société qui impose sa manière de vie avec des raisonnements binaires...

Il est trop tôt pour savoir ce qu'on retiendra réellement de ces deux éditions. Mais, au-delà des désaccord avec le jury, on sait qu'il y a peu de désaccords avec la sélection. Depuis 20 ans, on constate qu'à la fin de chaque année, parmi nos dix, quinze films préférés, une grande partie était à Cannes. Et c'est pour cela qu'on y revient chaque mois de mai. En mai, on voit ce qui nous plaît.

Cannes 2016: La Queer Palm pour « Les vies de Thérèse »

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Le jury de la Queer Palm, présidé par les réalisateurs Oliver Ducastel et Jacques Martineau, entourés de la réalisatrice Emilie Brisavoine, du directeur du festival MixBrasil Joao Federici, et journaliste Marie Sauvion, a décerné la 6e Queer Palm à un documentaire, Les vies de Thérèse, réalisé par Sébastien Lifschitz (césarisé pour Les invisibles), présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Les prix ont été décernés samedi soir au Silencio de Cannes, avant que la fête se prolonge avec Miss Coca au Vertigo.

Pour consacrer une année où "les films du festival ont offert une grande diversité de personnages féminins, forts, indépendants, différents, résistants", en évoquant "le désir féminin, si longtemps nié et réprimé", le jury a donc opté pour une oeuvre se concentrant sur "une femme et ses combats, mêlant vie privée et engagement politique, balayant les époques, questionnant la sexualité, bousculant les rôles que la société nous impose." Les vies de Thérèse raconte en effet les multiples facettes de l'existence Thérèse Clerc, décédée le 16 février 2016, une "femme qui a su, en traçant son propre chemin, nous ouvrir la voie, nous rappelant sans cesse combien notre désir et notre sexualité peuvent et doivent nourrir notre combat pour une société plus juste."

La Queer Palm du court-métrage a de son côté été attribuée à Gabber lover d'Anna Cazenave-Cambet, un film de coming out "où l'on apprend à faire face à son désir, à lui donner enfin libre court. Gabber lover est un film dont nous ne doutons qu'il apportera un message libérateur aux jeunes spectateurs."

Le jury a tenu à rappeler que la 69e édition du festival a "beaucoup montré de cunnilingus et le jury de la Queer Palm à l'unanimité tient à saluer les réalisatrices et réalisateurs qui ainsi contribuent à la promotion d'une pratique sexuelle nettement plus agréable à regarder que les rapides et franchement machistes coïts auxquels la sexualité des personnages de cinéma s'est longtemps cantonnée. Les beaux personnages féminins du festival nous ont rappelé qu'il fallait toujours faire face et souvent affronter les autres, la société et soi-même pour se construire et façonner autant que faire se peut notre propre destin."

Cannes 2016: les 10 phrases à retenir

Posté par cynthia, le 22 mai 2016

Cannes et sa Croisette ce n'est pas que le glamour, les strass et les films mais c'est aussi les célébrités et leur franc parlé. Ne dit-on pas que les paroles s'envole et les écrits restent? Que nenni les cinéphiles! À Cannes toute parole est éternelle et si vous avez fait les sourds d'oreilles, voici le top 10 des phrases à retenir...

10) Elle de Paul Verhoeven

Anne Consigny citant Virginie Efira: "Ah mais moi Isabelle [Huppert] elle peut me demander ce qu'elle veut!" (Qui a dit qu'il n'y a que le bleu qui est une couleur chaude? Le rouge aussi...)

9) The Last Face de Sean Penn

Sean Penn : "Je pense que ce film avait tous les ingrédients nécessaires…"  (La confiance en soi...voilà la clef du succès!)

8) Mal de Pierres de Nicole Garcia

Marion Cotillard: "J'ai mis deux mois avant de dire Oui [à Nicole Garcia]. J'avais pas envie de dire Non mais j'avais pas envie de lui dire Oui." (Ou Marion Cotillard l'indécise... si vous avez prévu de l'inviter en soirée, la prévenir deux mois à l'avance...).

7) Café Society de Woody Allen

Woody Allen: "Pourquoi je ne suis jamais en compétition? Parce que je ne crois pas à la compétition dans le domaine artistique!" (C'est vrai Woody les Oscars, les Golden Globes, tout ça on s'en fiche...).

6) The Nice Guys de Shane Black

Ryan Gosling: "Je suis Batman et [en regardant Russell Crowe] il est Robin!"

5) Personal Shopper d'Olivier Assayas

Kristen Stewart: "Ce serait plus facile pour moi de vous écrire un mail pour expliquer ce que je suis en train de vous dire!" (On te comprend Kristen, les conférences de presse sont souvent effrayantes! Trop de monde, trop de question!)

4) Money Monster de Jodie Foster

Jodie Foster: "Le choix du casting est la chose la plus importante pour un film!" (Au vu du casting de ton film on peut te dire Jodie que tu as fait du bon travail!)

3) Paterson de Jim Jarmusch

Golshifteh Farahani: "Je disais à chaque fois à Jim [Jarmusch] mais pourquoi tu m'as choisie? Il y a des milliers d'actrices formidables..." (Ah magnifique et talentueuse Golshifteh! Toi, tu as fais l'école de la vie *private joke*)

2) Ma loute de Bruno Dumont

Fabrice Luchini et sa voix haut perchée: "Il [Bruno Dumont] m'a même demandé d'être heureux face à l'apéritif... JE HAIS les apéritifs! Moi ça me fout le bourdon les apéros! Je déteste les apéritifs car ça déplace le moment du dîner! Moi j'aime bien dîner direct!!" (Fabrice va au McDo tu manges "direct"!)

1) The Nice Guys de Shane Black

Ryan Gosling, Russell Crowe et Joel Silver à propos des questions légèrement idiotes de certains journalistes:

Russell Crowe: - "Nous ne sommes pas vraiment des policiers!

Ryan Gosling: - Vous êtes au courant que c'est un film?

Joel Silver: - Je crois que la Police est différente dans ce pays!"

Cannes 2016: Un film finlandais remporte le Grand Prix Un Certain Regard

Posté par vincy, le 21 mai 2016

La diversité du palmarès ne cache pas aussi une étonnante année mineure pour la section Un Certain Regard. Le jury présidé par Marthe Keller, a réparti les prix entre différents films radicalement différents, provenant d'Amérique, d'Europe et d'Asie. L'animation n'est pas oubliée. On peut regretter quelques oublis, des films qui, nous, nous ont plus marqués.

Le Grand prix est revenu à un cinéaste finlandais, qui concoure aussi à la Caméra d'or puisqu'il s'agit de son premier long métrage (en noir et blanc). L'action de The happiest day in the Life of Olli Mäki, se déroule durant l'été 1962, quand Olli Mäki prétend au titre de champion du monde poids plume de boxe.  De la campagne finlandaise aux lumières d’Helsinki, on lui prédit un avenir radieux. Pour cela, il ne lui reste plus qu’à perdre du poids et à se concentrer. Mais il y a un problème - Olli est tombé amoureux de Raija. Le film est distribué en France par Les films du Losange.

Grand prix Un Certain Regard : The happiest day in The Life of Olli Mäki de Juho Kuosmanen

Prix du jury : Harmonium de Koji Fukada

Prix du meilleur réalisateur : Matt Ross pour Captain Fantastic

Prix du meilleur scénario : Voir du pays de Delphine et Muriel Coulin

Prix spécial Un Certain Regard : le film d'animation La tortue rouge de Michael Dudok de Wit

Cannes 2016: Cinema Novo remporte le Prix de L’Oeil d’or du meilleur documentaire

Posté par vincy, le 21 mai 2016

Le 2e prix de l'Œil d’or, qui récompense le meilleur documentaire toutes sélections confondues, a été décerné à Cinema Novo du brésilien Eryk Rocha. Présenté à Cannes Classics, ce film-essai explore poétiquement le mouvement le plus important de l'Amérique latine au cinéma, à travers les pensées de ses principaux auteurs: Nelson Pereira dos Santos, Glauber Rocha, Leon Hirszman, Joaquim Pedro de Andrade, Ruy Guerra, Walter Lima Jr., Paulo César Saraceni, entre autres. L'an dernier, c'était un film chilien, Allende, mi abuelo Allende (Au-delà d'Allende, mon grand-père), qui avait remporté le prix. 17 documentaires étaient sélectionnés cette année.

L'Œil d’or a aussi décerné une mention spéciale à The Cinema Travelers (Inde), de Shirley Abraham et Amit Madheshiya, et également présenté à Cannes Classic. Une fois par an, les cinémas itinérants apportent la magie des films jusque dans les villages reculés de l’Inde. Sept décennies plus tard, tandis que leurs camions et leurs projecteurs tombent en ruine et que les bobines de films se font rare, leur public a été détourné par une technologie numérique enjôleuse. Filmé sur cinq années, Les Cinémas voyageurs accompagnent un exploitant astucieux, un forain bienfaisant et un réparateur de projecteurs non-conformiste, qui portent un magnifique fardeau – continuer de faire marcher les derniers cinémas itinérants au monde.

L’Œil d’or - Le Prix du documentaire a été créé en 2015 par la Scam avec la complicité du Festival de Cannes et en partenariat avec l’Ina.

[20 ans de festival] Cannes 2016 : 2013 – déferlement de cinéma sensuel et hypnotique

Posté par MpM, le 21 mai 2016

On s’en souvient bien, de cette édition 2013, parce qu’elle avait très mal commencé. Des films moyens, des sensations mitigées. "Mauvaise année" déclaraient déjà les festivaliers défaitistes. Il faut reconnaître que les films attendus comme c’est parfois le cas, faisaient pschiiiit les uns après les autres : Jeune et jolie de François Ozon, Le passé d'Asghar Farhadi, Jimmy P. d'Arnaud Desplechin, The immigrant de James Gray, Tel père, tel fils de Kore-Eda Hirokazu…

Mais au fond, peut-être était-ce pour mieux nous submerger d’œuvres fortes et puissantes car on est finalement reparti de Cannes cette année-là avec une impression de dynamisme exceptionnel, presque KO devant la diversité et la qualité des propositions. Des films qui non seulement allaient marquer l'année cinématographique, mais aussi leur époque. A commencer par La vie d'Adèle d'Abdellatif Kéchiche, très sensible histoire d'amour lesbienne qui fait chavirer le jury de Steven Spielberg. On y retrouve condensé, et dans une forme enfin captivante, tout le cinéma du réalisateur, de l'observation sociale à la mise en scène clinique, en passant par le portrait fulgurant d'une génération.

En parallèle, Alain Guiraudie présente en section Un certain regard un film qui restera pour toujours dans les esprits comme le pendant masculin de La vie d'Adèle, L'inconnu du lac, polar ironique et sombre sur fond de communauté homosexuelle naturiste. C'est le triomphe d'un cinéma sensuel, libéré et non normatif qui prend pour acquis les avancées de la société, et valide la loi sur le mariage pour tous qui vient d'être votée dans le plus grand chaos. On se souvient d'ailleurs que l'affiche de L'inconnu du lac sera censurée à Versailles et Saint-Cloud tandis que la tristement célèbre association promouvoir s'en prendra elle au visa de censure de La vie d'Adèle (interdit aux moins de 12 ans).

Il y a aussi une histoire d'amour hors normes et ô combien sensuelle dans le dernier opus de Jim Jarmusch, Only lovers left alive, qui met en scène deux vampires esthètes et centenaires traînant leur spleen dans notre monde obscurantiste. Une fable ultra chic et terriblement romantique qui illumine la compétition et repart injustement bredouille. Même chose pour La grande Bellezza de Paolo Sorrentino, autre hymne à la vie et à la beauté, qui ne séduit pas le jury, mais nous laisse hypnotisés et ravis, sous son charme brillant et ironique, magnifié par une mise en scène tourbillonnante.

On aime aussi l'univers romanesque et tragique de Michael Kohlhaas d'Arnaud des Pallières, perpétuelle recherche de vérité où tout est affaire de justice et de pardon ; le très explosif Touch of sin de Jia Zhang-ke qui livre des relations sociales en Chine une vision au vitriol ; l'épopée loufoque et touchante de Nebraska d'Alexander Payne ; le film noir inondé de rouge, à la beauté vénéneuse, d'Only God forgives de Nicolas Winding Refn... ou encore Inside Llewyn Davis, nouvelle comédie farfelue, absurde et facétieuse des frères Coen.

Peut-être la plus belle édition de notre (courte) histoire de festivaliers, qui rappelle à la fois pourquoi on aime inconditionnellement le cinéma, et pourquoi Cannes restera toujours notre festival de cœur.

[L'instant Glam'] Cannes 2016 – Jour 10: Les feux de l’amour

Posté par cynthia, le 21 mai 2016

Oyé oyé cinéphiles, dixième jour sur la Croisette, le temps passe aussi vite que la langue de Miley Cyrus sur son marteau dans le clip Wrecking ball, les films s'enchaînent et nous déchaînent, et le tapis rouge continue de nous faire rêver.

Hier soir on a aperçu Juliette Binoche avec un livre ouvert sur la tête (casquette originale), Milla Jovovich et ses yeux revolver, Vanessa Paradis tout de blanc vêtu, Lambert Wilson classe et surtout l'équipe de The Last Face de Sean Penn.

Imaginez, vous sortez avec votre collègue de travail... Au début entre les mots d'amour en cachette et les parties de jambes en l'air à côté de la photocopieuse, c'est génial, mais après... Si vous vous séparez... Quel genre d'ambiance il y aurait au bureau? Et bien c'est exactement ce qu'a dû ressentir le (feu) couple Sean Penn/Charlize Theron sur les marches.

Venus présenter The Last Face, les deux compères étaient bien éloignés l'un de l'autre durant le photoshoot, la pauvre Adèle Exarchopoulos se retrouvant souvent au milieu. Je dis la pauvre car j'ai déjà été à sa place et ce n'est jamais joyeux de faire bonne figure au milieu d'un couple séparé. Et dire que l'année dernière encore ils s'aimaient à la folie sur la Croisette... Rien n'est éternel. Ce qui l'est en revanche, c'est leur beauté : Charlize Theron a mis le paquet avec son smoking et sa chemise ouverte laissant place à l'imagination (voulait-elle dégoûter le petit Sean) montrant ainsi qu'elle mérite sa place dans le classement des plus belles femmes du monde. Comme Dior, on l'adore. Sortir avec Charlize Theron doit faire ressentir le même sentiment qu'a eu Leonardo Dicaprio en tenant son Oscar dans les mains pour la première fois. Le Saint Graal, bordel ! Autre beauté, moins flamboyante, de la Croisette, Adèle Exarchopoulos avec son top crop et un jupe longue blanche : sexy, elle a agité les organes reproducteurs de ses fans, fixés sur son nombril exhibé. N'oublions pas Javier Bardem, plutôt cravate que nœud pap, qui respire le sexe à chacun de ses mouvements (le mâle...le vrai) et Jean Reno qui représente le swagg à la Française. Ou pas.

Plus tard dans la soirée pour la projection de l'étrange The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, on a croisé Mads Mikkelsen et sa beauté vampirique aux côtés de la douce Kirsten Dunst avant de perdre notre âme devant la sublime Elle Fanning. Il n'est pas étonnant que la jeune actrice ait incarné la Belle au bois dormant... Elle a l'air d'une princesse tout droit sorti d'un conte de fées Disney. Aux côtés de la belle, Nicolas Winding Refn en smoking est monté tel un guerrier viking prêt au combat, afin de supporter les critiques négatives sur son film (un peu comme tous les ans à Cannes). Nous avons aussi été subjugués par Bella Heathcote, la partenaire d'Elle Fanning, qui a montré son penchant pour le sang (demi-spoiler) avec une robe rouge qui, de loin, faisait penser à la texture d'un oiseau effrayé (Black Swan is back?).

Après tout, c'est ça la magie cannoise... Se fringuer en fonction du film que l'on présente intentionnellement.