« Elle » de Paul Verhoeven représentera la France aux Oscars

Posté par vincy, le 26 septembre 2016

C'était le meilleur choix possible. Face à Cézanne et moi, Frantz et Les innocentes, c'est Elle qui a été chargé par la Commission ad hoc du CNC de représenter la France dans la course à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. La réputation d'Isabelle Huppert, la notoriété hollywoodienne de Paul Verhoeven, les très bonnes critiques aux Etats-Unis comme en France en faisait le favori et le film ayant le plus de chance d'être parmi les finalistes.

Elle sortira le 11 novembre aux Etats-Unis, après une avant-première nord-américaine à Toronto. Le distributeur, Sony, fera sans doute du lobbying pour que Huppert et Verhoeven soient nommés dans les catégories meilleure actrice et meilleur réalisateur.

Ce seizième long métrage réalisé par Paul Verhoeven avait séduit 550 000 spectateurs en France. Cette coproduction franco-allemande est également interprétée par Laurent Lafitte, Virginie Efira, Anne Consigny, Charles Berling et Judith Magre. Le scénario est adapté du roman Oh de Philippe Djian, paru en 2012.

San Sebastian consacre les cinémas de l’Extrême-Orient et du monde hispanique

Posté par vincy, le 25 septembre 2016

Le 64e Festival du Film de San Sebastian qui se déroulait du 16 au 24 septembre s'est achevée avec la révélation du palmarès. Le jury présidé par Bille August (deux fois palme d'or) était composé de Anahi Berneri, Esther García, Jia Zhang-ke, Bina Daigeler, Matthew Libatique et Nadia Turincev. La compétition du plus grand festival espagnol souffre toujours d'un manque d'avant-première mondiale voire européenne. De nombreux films, et notamment parmi les lauréats, avaient déjà été présentés (et primés) à Toronto.

La Coquille d'or a récompensé le film chinois de Xiaogang Feng, I am not Madame Bovary, déjà primé à Toronto comme meilleur film dans la section Présentations spéciales. Le film reçoit également le prix de la meilleure actrice pour Fang Bingbing (aperçue dans X-Men: Days of Future Past et qui s'offre ainsi son premier grand prix dans un festival occidental).

Le cinéma asiatique n'est pas en reste puisque le vénérable cinéaste sud-coréen Hong Sang-soo, repart avec la Coquille d'argent du meilleur réalisateur pour son dernier film à date, Yourself and Yours.

Les films espagnols et latino-américains se sont partagés les autres récompenses: meilleur acteur pour l'espagnol Eduard Fernandez (déjà deux fois consacré aux Goyas) dans Smoke & Mirrors, prix spécial du jury pour l'Argentin El Invierno (L'hiver) d'Emiliano Torres (ex-aequo avec Jätten (The Giant) du Suédois Johannes Nyholm). El Invierno est aussi distingué pour son image avec le prix de la meilleure photo pour Ramiro Civita. Enfin le prix du scénario est revenu aux espagnols Isabel Pena et Ricardo Sorogoyen pour leur thriller Que Dios nos perdone (Que Dieu nous pardonne).

Notons, hors jury, quelques autres prix: la cinéaste grecque Sofia Exarchou a reçu celui du Nouveau Cinéaste pour Park tandis que le jeune français Morgan Simon héritait d'une mention spéciale pour Compte tes blessures (avec Kevin Azaïs).

Deux prix du public ont plébiscité deux films cannois: la Palme d'or pour commencer puisque Moi, Daniel Blake de Ken Loach a été choisi par les festivaliers. Dans la catégorie du film européen, le public a choisi Ma vie de courgette, le film d'animation de Claude Barras, déjà consacré à Annecy et Angoulême, candidat suisse aux Oscars et coup de cœur de la Quinzaine des réalisateurs en mai.

Le film de Maysaloun Hamoud, Bar Bahr (In Between), déjà honoré à Toronto en tant que meilleur film asiatique, a reçu deux prix: le prix de la jeunesse et le prix TVE d'un autre regard.

Finissons avec les prix honorifiques qui ont sacré Ethan Hawke et Sigourney Weaver. Gael Garcia Bernal a reçu le prix du cinéma latin Jaeger-Lecoultre.

Laurent Lafitte est « K.O. » dans le nouveau film de Fabrice Gobert

Posté par vincy, le 25 septembre 2016

Après Simon Werner a disparu, son premier long métrage de cinéma et la série "Les Revenants", Fabrice Gobert, vient de commencer le tournage de son deuxième film , K.O.. Depuis le 5 septembre et jusqu'au 31 octobre à Paris et en région parisienne, Laurent Lafitte, Chiara Mastroianni, Pio Marmaï, Clotilde Hesme, Zita Hanrot, Jean-Charles Clichet et Sylvain Dieuaide partagent l'affiche de ce film qui s'apparente à un thriller.

L'histoire, coscénarisée par Fabrice Gobert et Valentine Arnaud suit un certain Antoine Leconte (Lafitte). Est-ce un homme de pouvoir arrogant et dominateur, un salarié menacé de licenciement, un ami sur qui on peut compter, un mari infidèle ? Ce qu est sûr, c’est qu’au terme d’une journée particulièrement oppressante, il se retrouve dans le coma. A son réveil, plus rien n’est comme avant : rêve ou réalité? Complot ? Cauchemar? … En tout cas, il est K.O.

Produit par 2.4.7 (qui produit également le prochain film de Pierre Jolivet) et distribué par Wild Bunch, le thriller devrait être prêt au printemps. Simon Werner a disparu, nommé au César du premier film, avait été remarqué à Un certain regard au Festival de Cannes en 2010. Le film, soutenu par la critique, n'avait hélas séduit que 80000 spectateurs.

Paul Dano passe derrière la caméra et enrôle Gyllenhaal et Mulligan

Posté par vincy, le 24 septembre 2016

Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan seront les vedettes du premier film de l'acteur Paul Dano, qui l'a écrit avec Zoe Kazan (qui avait scénarisé Elle s'appelle Ruby, dont Paul Dano était la tête d'affiche). Wildlife est l'adaptation d'un roman de Richard Ford (Prix Pulitzer, Prix Femina), traduit en France sous le titre Une saison ardente (paru en France il y a 25 ans). Le tournage débutera en novembre.

L'histoire se déroule durant l'été 1960. Le Montana est ravagé par des incendies. Un garçon a du mal à dormir: ses parents sont au bord de la séparation depuis que sa mère est tombée amoureuse d'un autre homme.

Jake Gyllenhaal coproduira le film à travers sa structure Nine Stories, tout comme Paul Dano. Ce dernier a expliqué que le livre de Richard Ford avait toujours été comme un miroir où il se voyait ocomme il pouvait y voir d'autres personnes. "J'ai toujours voulu faire des films et j'ai j'ai toujours su que je voulais faire des films sur la famille" ajoute-t-il.

C'est la première fois que Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan, amis dans la vraie vie, se donneront la réplique. C'est aussi la première fois qu'un roman de Richard Ford est porté à l'écran.

Paul Dano a récemment été vu dans Youth, Love & Mercy et Swiss Army Man ainsi que dans la série Guerre et Paix. Il vient de termine le tournage d'Okja, de Bong Joon-ho, qui sera diffusé sur Netflix.

Jake Gyllenhaal est attendu dans Nocturnal Animals, Grand prix du jury à Venise. Il est aussi du casting d'Okja, et a tourné Stronger de David Gordon Green, et le thriller SF Life de Daniel Espinosa.

Carey Mulligan, pas vue au cinéma depuis Les Suffragettes, sera de retour dans les salles l'année prochaine avec Mudbound, de Dee Rees.

______
Lire aussi notre entrevue avec Zoe Kazan

Gaspard Ulliel enchaîne les tournages

Posté par vincy, le 24 septembre 2016

A l'affiche de Juste la fin du monde depuis mercredi, et de La Danseuse, mercredi prochain, Gaspard Ulliel vient de terminer le tournage de 9 doigts de F.J. Ossang.

Poète, écrivain (une vingtaine de livres), chanteur (une douzaine d'albums), F.J. Ossang avait reçu le Prix Jean Vigo du meilleur court métrage en 2007 pour Silencio. Il a réalisé quatre longs: L'Affaire des Divisions Morituri, Le Trésor des îles Chiennes (grand prix du jury, festival de Belfort, Docteur Chance, en compétition à Locarno, Dharma Guns, en sélection dans la section Orizzonti à Venise.

Gaspard Ulliel a expliqué hier sur France Inter que que son cinéma "ressemble à un cinéma d'avant garde des années 20", une sorte de "poésie pure".

9 doigts, qui a obtenu l'Avance sur recettes, a été tourné entre le Sud-Ouest de la France et le Portugal. Outre Ulliel, on retrouve Paul Hamy (qu'on verra bientôt dans L'ornithologue de João Pedro Rodrigues), Damien Bonnard (Rester vertical d'Alain Guiraudie), Pascal Greggory, Lisa Hartmann (P'tit Quinquin de Bruno Dumont), Lionel Tua (la voix d'Owen Wilson en France) et Alexis Manenti (actuellement à l'affiche de Voir du pays des sœurs Coulin) au générique.

9 doigts suit un homme, Magloire, fuit un contrôle de police lors 'un arrêt dans une ville méditerranéenne surprise par la neige. Il est sans bagages et sans avenir...

Gaspard Ulliel tournera prochainement le remake d'Eva de Joseph Losey par Benoît Jacquot, avec Charlotte Gainsbourg, et Les confins du monde de Guillaume Nicloux avec Gérard Depardieu, une histoire d'amour sur fond de guerre d'Indochine adaptée du récit d'Erwan Bergot, Commandant Vandenberghe: le pirate du Delta.

Paris Comic Con 2016: Doctor Strange en clôture

Posté par cynthia, le 23 septembre 2016

Les fans présents à la prochaine Comic con de Paris (21-23 octobre) vont avoir l'immense honneur d'être parmi les premiers à découvrir le prochain Marvel, Doctor Strange.

Le Paris Comic-con terminera ses trois jours de folie avec le nouvel héros Marvel incarné par Benedict Cumberbatch. Né en 1963 sous la plume du super Stan Lee et de Steve Ditko, ce personnage a le pouvoir d'utiliser les dimensions parallèles (avec des effets à la Inception) après avoir subi un tragique accident de la route. Rappelons que Doctor Strange est un film qui fait partie de la troisième phase de l'univers cinématographique Marvel, dont l'objectif est de faire découvrir de nouveaux héros et que ce personnage rejoindra Captain America et sa bande dans le fameux Infinity of War.

Nul doute que le 23 octobre prochain, la Grande Halle de la Villette sera aussi pleine que la ligne 13 du métro en heure de pointe avec une telle surprise.

Autre événement de la Comic Con parisienne, la venue de l'actrice Rebecca Romijn alias Mystique dans les premiers X-Men (oui il y avait une Mystique avant Jennifer Lawrence). L'ancienne mannequin américaine fera escale dans notre capitale pour le plus grand plaisir des fans qui peuvent, d'ailleurs, se délecter de son joli minois avec la série Flynn Carson et les Nouveaux Aventuriers, diffusé sur Syfy.

Enfin, notons que les oscarisés Michel Hazanavicius, réalisateur de OSS 117 et The Artist, et Lorne Peterson, maquilleur pour Star Wars, Indiana Jones et E.T., seront conviés à parler avec le public lors de leur conférence respective.

Edito: Le cinéma et vous

Posté par redaction, le 22 septembre 2016

Une étude parue lundi montrait que le cinéma était indiscutablement lié à la culture. Comme la musique (mais loin derrière la littérature). 21% des Français pense au "cinéma" quand on leur évoque le mot "culture". Pour 92% des Français, "aller au cinéma" est une action culturelle dans tous les cas ou dans certains cas.

C'est assez frappant car dans de nombreux pays, le cinéma est avant tout un divertissement ou un loisir. En France, c'est culturel. Qu'on aille voir Camping 3 ou Toni Erdmann, qu'on regarde Mardi Cinéma sur France 2 ou qu'on écoute Le masque et la plume sur France Inter.

C'est aussi un acte fédérateur. Familial devrait-on dire. La dernière fournée de Médiamétrie (l'enquête cinéma des 75000), un spectateur sur 2 est allé au cinéma avec un enfant de moins de 15 ans au premier semestre 2016. Ce qui explique la très bonne forme des films d'animation, des comédies ou des Marvel. Ainsi pour des films comme Zootopie ou Le Livre de la jungle, un spectateur sur cinq avait moins de 14 ans.

Que les enfants aiment aller au cinéma, c'est une bonne chose pour l'avenir. Et d'ailleurs, puisqu'on a envie d'être optimistes, le plus intéressant est du côté des jeunes. On peut consommer la télévision en replay, être abonné à Netflix (plus que la moyenne): les jeunes urbains aiment aussi aller au cinéma. La consommation d'images à domicile ou en mode nomade ne vampirise pas le 7e art.

Il est réjouissant de constater que le grand écran reste toujours aussi attractif.Et de Kubo à Juste la fin du monde, de Cézanne et moi à Brooklyn Village, la force d'un pays comme la France est de proposer chaque semaine une diversité enrichissante de films, pour tous les publics.

La campagne anti-Trump de Joss Whedon

Posté par cynthia, le 22 septembre 2016

Joss Whedon, le papa de Buffy et plus récemment celui des Avengers, a réuni son équipe Marvel et une pléiade d'acteurs de la TV et du septième art dans une vidéo anti-Trump pleine d'humour.

Homophobe, misogyne, islamophobe, raciste, fanatique des armes et mal coiffé, Donald Trump est le cauchemar de l'Amérique. Plus les mois avancent, plus sa côte de popularité augmente...oui cela fait peur! Il n'est pas étonnant que les stars Hollywoodiennes se mobilisent afin d'influencer les votes. Alors que Jennifer Lawrence parle de fin du monde si Trump devient président, que Miley Cyrus menace de quitter le pays ou encore que Leonardo Dicaprio s'en prend à lui indirectement lors d'une conférence de presse à Tokyo pour son film The Revenant, Joss Whedon, lui, a décidé de mettre les bouchées doubles.

Le réalisateur américain a réuni certains membres des Avengers et d'autres acteurs connus du petit et grand écran afin de pousser les américains à voter intelligemment. Toute les personnalités confient les raisons de contrer Donald (shit) Trump avant de miser sur l'humour pour capter davantage l'attention. Robert Downey Jr joue de son charme, Nathan Filion (Castle) révèle qu'il est immigré tandis que le reste de l'équipe promette un film avec Mark Ruffalo entièrement nu en guise de récompense (l'acteur ne semblait pas d'accord).

D'autres acteurs tels que Julianne Moore ou encore James Franco ont répondu présents.

Espérons que les USA auront les mirettes attentives à cet appel. Réponse au mois de novembre prochain.

Paramount trouve un accord financier avec Tom Cruise pour le 6e épisode de Mission:Impossible

Posté par vincy, le 21 septembre 2016


Tout était calé. Dès la sortie de Mission Impossible : Rogue Nation, Tom Cruise et son réalisateur Christopher McQuarrie avaient confirmé le tournage dès l'été 2016 pour une sortie en 2017) du sixième film de la franchise M:I, lancée il y a 20 ans. Paramount sautait de joie à travers un communiqué qui rassurait les investisseurs. Le studio compte peu de franchises: Star Trek, Lara Croft (qu'il reboote), les Jack Ryan (dont le reboot n'a pas fait fonctionné), Indiana Jones et Transformers. Mission:Impossible est l'une de ses plus performantes avec 927M$ de recettes en Amérique du nord et 1,78 milliard de $ de recettes dans le reste du monde. Le cinquième film a assuré à lui seul 613M$ de recettes dans le monde. En France, Ethan Hunt a attiré 15 millions de spectateurs dans les salles.

Autant dire qu'une telle pépite est profitable.

Mais voilà, la production a d'abord été retardée par des divergences sur le scénario, qui a été réécrit. On parlait désormais d'un tournage en novembre (pour une sortie inscrite au deuxième semestre 2017). Puis, pour cause de planning, le tournage a été décalé à janvier 2017 (Cruise, entre temps, a décidé de tourner The Mummy).

Gourmand

Mais surtout, la pré-production du film a été brutalement interrompue au début de l'été pour une autre raison. En cause, Tom Cruise et les producteurs qui ne s'entendaient pas sur le chèque à verser à l'acteur. A priori, selon la presse professionnelle américaine, le cachet n'était pas en jeu. La star reste l'un des acteurs les mieux payés du système avec environ 20M$ par film. Là où il s'enrichit insolemment, c'est avec son pourcentage sur les profits de chacun de ses blockbusters. Il peut ainsi gagner de 50 à 80M$ par an.

Et c'est là que ça a bloqué. Cruise a été très gourmand, réclamant un pourcentage supérieur à celui qu'il a demandé pour The Mummy (Universal). Après tout, il est Ethan Hunt et s'il en a besoin pour conserver son statut de superstar, le studio n'a pas encore décidé de le remplacer.

Dorénavant, on parle d'un tournage au printemps 2017. La date de sortie a disparu des radars. On peut imaginer que ce sera pour l'été 2018.

Lettre à Xavier Dolan

Posté par wyzman, le 21 septembre 2016

Cher Xavier,

Avec toi, c'est toujours la même chose. A chaque passage à Cannes, tu fais un malheur. Certains t'adorent, d'autres te détestent. Mais rares sont ceux qui, après avoir vu l'un de tes films, se disent "Mouais… Bof… Ça passe !" Il y a deux ans, Mommy faisait le job comme personne. Je m'en souviens comme si c'était hier. Tu étais partout, tout le monde te citait, tu allais gagner. Jusqu'à la dernière minute, tout le monde te voyait remporter la Palme d'or… Et puis finalement non. Ce n'est pas grave. Ton nouveau bébé, Juste la fin du monde, est la preuve que ton meilleur film (à ce jour !) allait sortir deux ans plus tard.

Alors oui, nombreux sont ceux qui t'ont reproché et vont continuer à te reprocher la mise-en-scène de cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Mais on s'en fiche. Comme tout metteur en scène, tu t'es approprié l'oeuvre de J.-L. L., quitte à la modifier légèrement. C'est tant mieux. En modernisant un peu le tout, tu m'as donné envie de découvrir le travail de ce dramaturge. Et ce n'était pas gagné d'avance. Comme avec Tom à la ferme à l'époque, il est évident que ton nouveau film va diviser et déranger. N'est-ce pas ce que les grands artistes sont censés faire ? En n'allant là où tu n'étais pas franchement attendu, tu nous as prouvé (si c'était nécessaire) que tu étais seul maître de ta carrière. Et je ne te remercierai jamais assez pour cela.

Dramatique au possible et sincèrement prenant, Juste la fin du monde m'a réconcilié avec ma famille (j'y reviendrai plus tard) et avec cette belle et grande famille du cinéma français. Parce que cela mérite d'être dit : ton casting cinq étoiles est une merveille. Oui, l'interprétation de Léa Seydoux risque d'en agacer certains. Oui, Nathalie Baye aurait dû forcer encore un petit peu le trait. Mais en face, impossible de résister au jeu de Gaspard Ulliel (un bonheur qui mérite une nomination aux César), de Marion Cotillard (plus juste que la justesse elle-même) et de Vincent Cassel (parfait au possible).

Parce que tous tes acteurs sont incroyables, je suis d'autant plus content que tu n'aies pas lésiné sur les gros plans. Si pour certains spectateurs et internautes, ce n'est que du cadrage, pour moi, cela a fait toute la différence. Et ne me lance même pas sur ces regards qu'Ulliel et Cotillard s'échangent ou sur tes ralentis ! En mettant en scène et de manière brillante mais osée une pièce de théâtre essentiellement basée sur les non-dits, tu as réussi un véritable exploit. Et au cas où tu ne le saurais pas, tu es officiellement l'un des meilleurs réalisateurs de cette décennie et de notre génération.

Mais assez parlé de ton excellent travail (tu méritais plus qu'un Grand Prix, ça reste entre nous), parlons maintenant de moi et de toutes les personnes qui vont aller voir ou revoir ton film dès aujourd'hui. Évoquons brièvement tous ceux qui vont être pris par les tripes, songer à leur famille pendant de longues minutes et se baisser sur leur siège de cinéma pour pleurer discrètement. Car oui, Juste la fin du monde est d'une telle beauté que j'en ai pleuré. Bon d'accord, j'ai pleuré devant chacun de tes films, mais celui-ci m'a vraiment laissé en PLS pendant plusieurs heures. D'ailleurs, je ne m'en suis toujours pas remis. D'où cette lettre.

Après avoir vu Juste la fin du monde, j'ai presque changé d'avis sur les repas de famille. Presque. Je les déteste toujours autant parce que tout le monde semble y être en pleine représentation, mais je les tolère davantage. J'y communique et y partage également plus. Avec la puissance d'un électrochoc, ton nouveau film m'a fait comprendre que ce sont ces petits moments passés autour d'une table qui font les familles et pas juste les liens du sang.

Alors merci. Merci pour ces 95 minutes absolument flamboyantes. Merci d'être toujours toi-même (talentueux, franc, sensible et parfois mal compris). Merci de partager ton regard sur le monde et ta maturité avec le public (même les purs haters). Mais plus encore, merci de ne jamais avoir cédé sous la pression des critiques.