Sara Forestier passe derrière la caméra pour son premier long métrage M, un film bancal, imparfait, naïf, fragile mais empli d'une irrépressible envie de faire du cinéma. La jeune comédienne a fait du chemin depuis L'Esquive et son prix de jeune espoir féminin en... 2004.



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MAGIC FATE





Channing Tatum n’est-il qu’un beau gosse de plus dans le panel de jeunes stars et de chair fraîche hollywoodien ? Pas si sûr. Certes, incontestablement, ses innombrables heures de gym l’ont rendu sculptural. Ses origines irlandaises, françaises et amérindiennes lui confèrent un charme indéniable. II est athlétique (et sportif), comme l’exigent les critères homoérotiques de notre époque. Tatum ce n’est pourtant pas qu’un physique de football américain ou une agilité d’expert en arts martiaux. Ni sa voix profonde et chaude. C’est aussi un passé mouvementé, retracé dans Magic Mike. Sa vie d’avant filmée par Steven Soderbergh n’a pas seulement révélé ses galères : pour une fois, il quittait les uniformes de flic ou de soldat. Littéralement, le strippeur se foutait à poil. A l’écran aussi d’ailleurs (de quoi faire pâmer les fans attirés par les fessiers musclés).

Un pas vers le cinéma

Tatum a enchaîné les petits jobs (vendeur de tout), maçon et donc « chippendale » charismatique. A 20 ans, il devient mannequin pour des marques très masculines glorifiant les corps de statues grecques, avec sous-vêtement publicisant la marque. L’Américain typique. Mais pour lui, juste un job alimentaire. Il improvise alors un virage dans la comédie, à 25 ans. Rapidement, il passe de figurant à rôle principal. Dans She’s the Man, comédie shakespearienne revisitée où il incarne un étudiant plutôt romantique (et en clair le fantasme des midinettes). La même année, il connaît son premier gros succès avec Step Up (Sexy Dance en Français, titre plus explicite). Il démontre ses talents d’ex gogo dancer dans ce Fame cheap mais moderne. Il jouera également dans la suite.

Les producteurs le remarquent. Le voici vite propulsé dans des productions mineures pour casting majeur comme Il était une fois dans le Queens, aux côtés de Robert Downey Jr., Shia LaBeouf, Dianne Wiest et Rosario Dawson. Il incarne Eric Roberts jeune. Le film, un énorme fiasco financier, est distingué à Sundance. Il obtient même une nomination aux Independent Spirit Awards.
Dans Stop-Loss, avec Ryan Philippe et Joseph Gordon-Levitt, autre four au box office, il ne brille pas en vétéran. Dans Bataille à Seattle, choix intéressant mélangeant une véritable actualité à la fiction, il est logiquement le policier, au milieu de manifestations assez radicales. Et dans Public Enemies, de Michael Mann, il n’incarne qu’un modeste second rôle, nommé Pretty Boy. Comme s’il n’était que ça.

Les biceps avant tout

Hélas pour le brave Tatum, on commence à l’enrôler pour des films où ses biceps sont plus sollicités que son jeu de regard. Il accepte le rôle central d’une méga production estivale, G.I. Joe. Le blockbuster est médiocre mais triomphe au box office. Autant dire qu’on croit tenir le nouveau héros qui sauve l’Amérique, comme en leur temps Stallone, Bronson, Schwarzenegger, Willis… Tatum, futur Expandable ?

Pourtant, il n’a pas tant de films de ce genre dans son C.V. Tatum est plus « versatile » qu’on pourrait le croire. Plus proche d’un Whalberg que d’un Butler. Pour Dito Montiel, il joue avec densité les Rocky dans Fighting et avec un peu plus de noirceur Un flic pour cible (avec Pacino et Binoche tout de même). Il s’aventure dans le mélo, dans une adaptation du romancier sirupeux Nicholas Sparks, Cher John, qui emporte un joli succès en salles aux Etats-Unis. Là aussi il est un sergent de l’armée américaine, mais il est hanté par un amour perdu. Malgré tous ses efforts, son jeu trop intérieur ne parvient jamais à nous toucher. Pourtant sa notoriété croit. Qu’il soit dans une pure comédie comme Le dilemme, dans le rôle de l’amant, ou légionnaire romain dans l’Antiquité dans L’Aigle de la neuvième légion, il impose son nom, davantage qu’il ne convainc les cinéphiles.

Trois hits à la suite

Cette sensation qu’il est l’acteur du moment plutôt que la grande star de demain s’accentue avec l’année 2012. La suite de G.I. Joe est repoussée d’un an, car les producteurs voulaient le voir davantage à l’écran (alors qu'il meurt au début du film). Normal, quand on aligne en moins de deux mois deux leaders au box office. Je te promets, mélo avec Rachel McAdams, qui fait fondre les spectatrices américaines. Et 21 Jump Street, où il a la lourde charge de faire oublier Johnny Depp. Pas malhabile dans le comique, Tatum va surtout surprendre dans le dramatique. Steven Soderbergh va ainsi le diriger trois fois : Piégée, Effets secondaires et bien entendu Magic Mike, et ce en moins de deux ans. Coqueluche du cinéaste à cette période là, le comédien montrera son potentiel dramatique, mais pas seulement. Sans être un Matt Damon, il en jette autant si ce n’est plus qu’un Ben Affleck. Capable de davantage de nuances sans avoir l’obligation de faire « actor’s studio ». Il réussit même à ne pas se faire bouffer les scènes par des acteurs aussi brillants que Matthew McConaughey ou Michael Fassbender. Avec trois films au dessus du cap de 100 millions de $ en 2012, Tatum prend l’ascendant sur ses rivaux, en moins de sept ans.

Control-Freak

Touchant à différents styles, travaillant avec des réalisateurs très variés, il passe de Emmerich (qui n’hésite pas à réécrire les cènes pour lui afin de densifier son personnage et de le rendre plus sensible) aux Wachowski. On l’attend surtout chez Bennett Miller, dans le biopic Foxcatcher. « Le défi le plus difficile de ma vie » selon Tatum. L’acteur vise plus haut. Désormais producteur de la plupart de ses films, résolu à ne pas être décideur sur ses projets, cet hyperactif légèrement dyslexique, a une vie saine et conventionnelle (marié, un enfant), sans doute hérité de ses racines sudistes. L’homme le plus sexy de l’année 2012 veut rester lucide même s’il avoue être « chanceux » comme s’il « avait gagné au loto ». Il se méfie cependant de la gloire, qui annonce toujours une chute. Et son physique ne le rassure pas plus : « plus vous voulez être sexy, plus c’est bancal à l’image ». Pendant ce temps, il fait fructifier son business : Magic Mike devient une comédie musicale. Un de ses documentaires qu’il a produit a été sélectionné à Tribeca. Et entretient sa célébrité sur les réseaux sociaux (citant Goethe, Wilde et Chaplin sur Instagram). Tatum dévoile là sa philosophie typiquement américaine : positivisme, seconde chance, bonheur accessible à tous, carpe diem et tout ce qui fait vendre les livres de bien être. L’idée qu’un mec qui exhibe son entrejambe pour quelques billets puisse devenir une star du 7e art, ce n’est rien d’autre que l’American Dream comme l’Amérique en rêve.

Vincy


 
 
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