Guillaume Canet ne savait rien du scénario et a du improviser durant six jours pour interpréter le rôle d'un père devenu fou pour retrouver son Garçon. Après le succès correct de Rock n'Roll, le cinéaste retrouve ainsi le plaisir de jouer: on l'attend chez Gilles Lellouche, Cédric Anger et Olivier Assayas.



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L’AIGLE NOIR





Noomi Rapace est devenu en quelques années l’actrice scandinave la plus célèbre et la plus sollicitées dans le 7e art. Avant 2009, tout le monde ignorait qui était cette brune androgyne, suédoise trentenaire, loin des clichés féminins qui circulent autour des grandes blondes de Stokholm.

Pourtant, avec Daisy Diamond (2007), elle se fait remarquée (meilleure actrice aux prix Bodil, les César danois), dix ans après ses débuts. Ce drame sur une jeune femme obsédée à l’idée d’être actrice mais qui doit aussi offrir un avenir sécurisant à son bébé. C’est grâce à ce rôle qu’elle va décrocher celui très convoité de Lisbeth Salander dans la trilogie cinématographique (et la série télévisuelle) Millénium, adapté des best-sellers mondiaux de Stieg Larsson.

Littéralement, elle crée le personnage : look, attitude, ton, violence rentrée, sauvagerie apprivoisable, intelligence. Noomi Rapace est un rapace. A l’origine, elle s’appelle Noomi Norén. Rapace est un pseudonyme choisi avec son ancien mari. Hommage à la langue de Molière car elle s’identifie à cet oiseau de proie prêt à foncer toutes griffes dehors … Rapace et Salander ne pourraient faire qu’une. Même la talentueuse Rooney Mara qui reprendra le rôle de la geek tatouée la plus allumée de ces dernières années dans la version américaine de David Fincher ne pourra pas rivaliser avec la Noomi, qui possède cette dureté indissociable au personnage. Elle a beau être une forme d’antechrist empli de noirceur, elle capte la lumière comme personne. Les prix pleuvent. Le triomphe au box office lui offre toutes les opportunités.

Pourtant, durant 13 ans, depuis ses débits dans une série TV suédoise, l’actrice a surtout joué sur les planches, y compris au prestigieux Théâtre dramatique royal, sur le petit écran (qu’elle abandonnera après Millénium) et dans des courts métrages. Rien ne laissait présager qu’elle deviendrait l’une de ces « imports » européens dont Hollywood raffole. Elle est vite engagée par les studios. En principal rôle féminin d’un film très masculin tout d’abord : Sherlock Holmes II. Elle incarne une gitane (sic) avec aisance même si le scénario lui laisse peu d’espace. Peu importe, cette suite est un carton.
C’est surtout lorsque Ridley Scott l’embauche pour Prometheus, spin-off/prequel d’Aliens que tout bascule. L’homme qui aimait les femmes fortes (Sigourney Weaver, Susan Sarandon, Demi Moore, Cate Blanchett), ces insoumises et résistantes qui luttent contre le mal (et le mâle) la choisit pour être l’héroïne de son épopée de science-fiction au milieu d’un casting tout en testostérone. Mais, à coup sûr, c’est elle qui en a.

Elle poursuit son itinéraire américain avec Brian De Palma dans le remake de Crime d’amour d’Alain Corneau, Passion ; avec le premier film outre-Atlantique de Niels Arden Oplev, le réalisateur de Millénium, Dead Man Down ; ou encore en incarnant la chanteuse de cabaret Anita Lindblom, amante du boxeur suédois Bosse Högberg, interprété par son mari, Ola Rapace. Le film est réalisé par Catherine Hardwicke (le premier Twilight).

Il est vrai que depuis 2010, elle n’a rien tourné dans son pays. On note Beyond (Svinalängorna), présenté à Venise en 2010, drame de Pernilla Auguste sur l’alcoolisme et les abus, et Babycall, où elle est une mère mentalement confuse, et fut adoublé par le public et le jury de Gérardmer. Rapace semble adorer s’immerger dans les personnages troubles, au bord de la folie, naviguant entre ses dilemmes, prêts à tout par raison ou par passion. Une brune qui venait du froid, d’apparence en acier trempé, et finalement aussi fragile que l’argile. Noomi Rapace est l’une des comédiennes qui a su s’imposer rapidement depuis quelques années. Si elle parvient à imposer ses exigences, à séduire le public et à réussir le grand écart entre films d’auteurs et blockbusters, elle pourrait devenir la comédienne suédoise la plus célèbre depuis la blonde Anita Eckberg. Sinon, elle connaîtra un destin à la Lena Olin…

vincy


 
 
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