Michelle Yeoh a été Miss Malaisie, surnommée la "Jackie Chan au féminin", une James Bond Girl, et a aligné les gros hits internationaux entre 1997 et 2008. Elle revient sur les plateaux de cinéma en 2016, avec quelques films sans éclats. Elle brille davantage dans les séries Marco Polo et Star Trek Discovery. Le carton de Crazy Rich Asians la remet en selle. Elle va enchainer les films d'action ou fantasy chinois et un blockbuster hollywoodien, Boss Level. A 56 ans, elle est toujours au top.



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BOY ANDREW





Il a l’étoffe du comédien prodigieux. Pas encore 30 ans, à peine dix films à son actif, une carrière qui n’a pas encore dix ans et pourtant, Andrew Garfield a déjà reçu le BAFTA du meilleur acteur (l’équivalent des César britannique) et décroché le rôle plus que convoité de Peter Parker dans la nouvelle formule de Spider-Man. À cela ajoutons qu’il a tourné pour Redford, Gilliam et Fincher.
Décollage à la verticale. En espérant pour lui qu’il ne se crame au contact de la stratosphère qui le sépare (encore) des étoiles du 7e art.

Comme tout comédien anglais, il commence par les planches. Le romantique Roméo dans Shakespeare ou le manipulareur Jim dans Chatroom, en passant par des créations modernes, il travaille à Londres et en province. Il avait fait ses armes dans une version pour jeunes de Bugsy Malone à 15 ans. Avec l’adaptation théâtrale de Kes (un roman devenu un des plus grands films de Ken Loach), il obtient ses premiers prix, à 21 ans.

La profession le remarque précocement. Il devient vite l’un des acteurs européens à observer. Robert Redford lui offre son premier rôle au cinéma, dans le raté Lions for Lambs. Il y est un étudiant brillant qui s’engage sur le front afghan. En effet, Garfield capte très bien la lumière, joue avec subtilité. L’agneau qui l’est ne se fait pas croquer par les lions hollywoodiens. La même année, il tourne Boy A. Le film qui lui fera obten ir le prix du meilleur acteur anglais. Il épate avec ce personnage d’ex-taulard tourmenté où il doit faire face à ses fantômes (le crime qu’il a commis quand il était mineur) et aux regards des autres. Impossible rédemption.

De là, les propositions affluent. Il accepte, avec l’incertitude que cela comporte et la malédiction qui va frapper le film, le nouveau délire de Terry Gilliam. Assistant du Docteur Parnassus dans son drôle d’Imaginarium, un peu loser et belle âme, il créé une figure de clown triste fabuleuse.
Dans la Red Riding Trilogy, projet cinématographique ambitieux, adaptations des romans noirs et violents de David Peace. À partir de faits réels - les attentats de l'IRA, le mouvement punk, l'ascension des conservateurs, ou encore la guerre des Malouines – de sombres histoires dépourvues de sentiments, les anges déchus évoluent ici dans un décor apocalyptique, obscur et sanglant. Nous écrivions sur sa prestation qu’Andrew Garfield était « fragile, encaissant les coups, candide et survivant, casse-cou et sensible », qu’il apportait humanité à ce cauchemar.

Fincher le fait entrer dans le club de la jeune génération montante avec The Social Network. Il est l’ami du fondateur de Facebook, celui qui va lui apporter les premiers financements et qui va être trahi. Costard cravate et toujours sa chevelure gonflée à l'extravagance, il marie l’élégance et la colère à la percetion. Garfield aime les rôles ambivalents. Qu’ils soient un peu rêveurs, et il va les abîmer. Qu’ils soient un peu salauds, et il va les rendre aimable.

Son physique aide beaucoup. Ni vraiment beau gosse, ni « gueule » de cinéma, séduisant et charmeur, il endosse les costumes les plus divers comme pour mieux se détacher de lui-même.
Son apparente banalité peut lui permettre de se glisser dans un drame comme dans un blockbuster. Il se dégage une intensité dans son regard, qui peut-être féroce, sauvage, ou désespéré. Idéal pour incarner un super-héros malgré lui, un peu schizo. Que Sony investisse sur ce talent pour être le nouveau Peter Parker, succédant ainsi à un autre comédien autrefois réputé incroyable, Tobey Maguire.

Andrew Garfield n’a plus qu’à garder la tête sur les épaules, ne pas se laisser bercé par les sirènes faciles des studios, et conserver cet équilibre précieux entre films indépendants, réalisations de grandes signatures et quelques succès au box office pour que l’avenir soit radieux.

vincy


 
 
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